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LE SEXE MASCULIN,

C’EST FAIT ET CA MARCHE


COMMENT ?

Carl H...

2009
INTRODUCTION

L’ignorance de la plupart des hommes vis-à-vis de leur propre


sexualité a quelque chose d'extraordinaire. La plupart d'entre eux ne savent
généralement rien de précis sur leur anatomie intime, ni sur sa physiologie.
En d'autres mots, ils ne savent pas vraiment comment ils sont faits, ni
comment cela fonctionne. Pire : non seulement ils se gargarisent de tout
connaître en ce domaine alors qu'ils se nourrissent de leur propre ignorance,
mais ils admettent pour certaines et véridiques les plus énormes sottises.

Le mâle occidental est plongé, dès sa naissance, dans un bain d'idées


fausses et de tabous qui l'entraînent lentement mais sûrement sur les
chemins de l'ignorance sexuelle. Tout petit, on lui interdit de jouer avec ses
organes génitaux. On lui dit qu'il est "sale" d'exhiber son sexe, de le
manipuler ou de chercher à voir le sexe des autres enfants. Le mâle
occidental se trouve ainsi rapidement dans l'incapacité d'assouvir sainement
ses pulsions et de trouver des réponses simples à ses questions. Adolescent,
il s'enferme dans ses complexes, se persuade que ses copains sont mieux
faits que lui et plus capables, sexuellement. Il prête alors une oreille
attentive aux vantardises des autres et se délecte de revues et de films
pornographiques qui proposent une information sexuelle très éloignée des
réalités physiologiques et psychologiques humaines. Devenu adulte, il croira
en savoir assez sur le sujet pour ne pas devoir faire l'effort de lire de bon
livres où il pourrait trouver des informations utiles. Encore existe-t-il peu de
tels ouvrages, écrits dans un style clair et simple.

Le mâle occidental se trouve donc généralement sevré très tôt d'une


information sexuelle objective et réaliste. Cette carence, conjuguée aux

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fausses connaissances qu'il accumule au fil du hasard des rencontres, font
souvent de lui, à l'âge adulte, un être fruste, ignorant et maladroit au point
de vue sexuel.

Quoi d’étonnant à ce que ces hommes soient incapables de satisfaire


correctement leur(s) partenaire(s), qu’ils ne puissent atteindre une certaine
plénitude sexuelle tout au long de leur vie ou qu’ils demeurent ignorants à
jamais de la véritable extase sexuelle ? Quoi d’étonnant aussi à ce que
certains d’entre eux dissimulent leur ignorance et leurs incapacités sous le
masque du machisme ?

Il est rare que l'ignorance sexuelle masculine soit clairement dénoncée.


Elle constitue, elle-même, un tabou qu'il sied de ne point bousculer sous
peine de faire trembler tout l'édifice des conventions sociales. Comment se
pourrait-il que les mâles soient si ignares dans ce qui semble être leur
domaine de prédilection ? Cela paraît impensable !

Parce que l'ignorance sexuelle est peut-être la pire et la plus


dramatique des ignorances et parce qu'il est pourtant aisé de la vaincre
grâce à quelques explications claires ; j’ai décidé d’écrire ce qui suit... Je vais
y dénoncer, sans détours, les exagérations, les vantardises, les erreurs et
les sottises qui se colportent au sujet de la sexualité masculine. Le machisme
en sera pour ses frais !

Volontairement, j'ai adopté un style clair et précis, afin d'être compris


de tous. En effet, je n'ai pas voulu que le présent ouvrage soit réservé à une
élite intellectuelle. Il est destiné à tous ceux et à toutes celles qui auront le
courage de se secouer de la torpeur des idées reçues afin d'améliorer leur
vie sexuelle.

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TROMPEUSES APPARENCES (I)

La gent masculine occidentale a de toute évidence un sujet de


préoccupation "essentiel" que, fort curieusement, les sexologues et les
psychologues ne prennent pas assez en compte quand ils raisonnent au sujet
des troubles de la psychologie sexuelle des mâles. Je veux parler de la taille
du pénis.

Ce sujet importe tant aux hommes (et parfois même aux femmes) qu'il
a été, de tous temps, à la base de plaisanteries d'un goût douteux, ce qui
masque souvent, dans le domaine de la sexualité, l'ignorance et la gène. A
une époque où l'on ne parlait pas encore du SIDA, la taille du pénis fut à
l'origine d'un quiproquo très fréquent. Dans les pharmacies, lorsqu'un
homme venait acheter une boîte de préservatifs, il était courant qu'on lui
demandât : "Quelle taille? Grande ou petite?" La réponse variait
généralement selon que le client se croyait fortement membré ou non. Or,
il n'était question là que de la taille de la boîte, c'est-à-dire du nombre de
préservatifs quelle contenait !

Au moment de l'adolescence, le jeune homme s'inquiète souvent pour


la première fois sérieusement de son apparence physique. Il se trouve trop
petit, trop grand, trop maigre, trop gros; pas assez musclé ou, tout
simplement, d'une façon générale, "plutôt moche". Une grande inquiétude
l'envahit. Mais surtout surgit dans son esprit une terrible interrogation : son
sexe n'est-il pas ridiculement petit ? Est-il assez grand pour inspirer le
respect des autres hommes et se garantir l'attachement d'une âme soeur ?
A cette question angoissante, suscitée par les extravagances que véhiculent

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les plaisanteries et la pornographie, il lui est impossible de trouver
immédiatement une réponse certaine ou même simplement satisfaisante...

C'est donc dans les vestiaires sportifs que, dans un premier temps,
l'adolescent essayera d'assouvir à ce sujet sa légitime curiosité. Hélas, bien
souvent, ses observations ne le conduiront à aucune conclusion définitive.
Il ne lui faudra pas longtemps, en effet, pour constater qu'au départ d'une
structure en apparence relativement simple, les organes génitaux masculins
peuvent avoir une infinité d'apparences différentes. En outre, en s'observant
lui-même, l'adolescent remarquera que le pénis d'un même individu peut
présenter de considérables variations d'aspect d'un moment à un autre,
suivant les circonstances, et ce, en l'absence même d'érection. L'érection!
Le mot est lâché. C'est elle, précisément, que l'adolescent voudrait pouvoir
observer chez d'autres garçons afin de pouvoir effectuer des comparaisons
quant à lui-même. Avec un peu de chance et de persévérance, il finira bien
par en apercevoir quelques-unes. A cet âge, en effet, tandis que la plupart
des garçons font preuve de beaucoup de discrétion quand ils doivent se
dévêtir en commun pour la simple raison qu'ils sont inquiets de la façon dont
les autres pourraient juger leur anatomie intime ; il en est un petit nombre
qui n'hésitent pas à se montrer en érection devant les autres, quand
l'occasion de le faire sans courir le risque d'une réprimande se présente. De
ces fugitives visions érotiques qui sont en général provoquées par des
garçons (trop ? ) persuadés que leurs dimensions intimes en imposeront,
l'adolescent inquiet ne retiendra souvent qu'une chose : la taille de ces sexes
qui, dans son imagination, prendra des proportions énormes. Il en concevra
tout naturellement un grand sentiment d'infériorité.

Ce n'est pas l'examen des revues spécialisées, des sites internet ou


des DVD pornographiques qui le dissuadera de cette opinion. Les
pornographes recourent en effet plus volontiers à des hommes fortement
membrés qu'à d’autres se situant simplement dans une honnête moyenne.
Ils savent que les grands pénis sont non seulement un argument de vente,
mais aussi un véritable centre d'intérêt pour beaucoup de leurs clients.

L'adolescent puisera aussi quelques informations -mais quelles


informations ! - dans les joutes oratoires pseudo-intimistes auxquelles les
jeunes se livrent, en groupe, au sujet de leurs capacités sexuelles
prétendues. Dans ces concerts de vantardises, les chiffres s'envolent : d'un
honorable 16 centimètres, on passe rapidement à 18, 20, 25 et même 30 !
Et, quand la mesure semble devenir si absurde qu'elle risquerait d'imposer
à celui qui s'en vante d'en fournir les preuves immédiates, il se trouve
souvent un petit malin pour affirmer, crânement, qu'il connaît quelqu'un qui
en a encore une bien plus grande ou une bien plus grosse. Car il est vrai
aussi que lorsque l'on parle de la taille du sexe, beaucoup font un savant
mélange entre longueur et grosseur...

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Après cela, il ne restera plus à l'adolescent qu'une seule planche de
salut : celle des véritables conversations intimistes qu'il pourra avoir avec
des copains qu'il estimera sérieux assez pour pouvoir discuter
raisonnablement de ce sujet. "Tu as déjà mesuré ta queue, toi ? "
hasardera-t-il sans doute un jour ou l'autre à son meilleur copain. Quelle
question ! Ils l'ont tous fait. Alors s'échangeront des chiffres peut-être plus
honnêtes que les précédents, mais pas nécessairement plus fiables. Car les
méthodes de mesurage varient autant que les résultats qu'elles fournissent.
Nous y reviendrons.

Tôt ou tard -du moins dans bien des cas- l'adolescent se trouvera en
situation de pouvoir effectuer une bonne comparaison visuelle -voire même
manuelle- avec un ou plusieurs autres individus. S'il n'a pas cette chance ou
s'il n'a cette chance qu'une fois ou deux, il y a fort à penser qu'il restera, en
ce qui le concerne, sur une fausse impression. Mais s'il peut multiplier les
comparaisons, en vertu des lois du hasard, il tombera sans doute à la fois
sur moins bien et sur mieux que lui, ce qui, d'une certaine façon, lui
montrera qu'il se situe dans une bonne moyenne. Une minorité se découvrira
bien dotée par la nature et une autre plutôt mal pourvue. Les premiers y
puiseront souvent un orgueil bien mal placé et les autres se résoudront à
"faire avec" en cultivant désormais à ce propos une discrétion qui leur
semblera aller de mise.

Devenu adulte, l'homme reste profondément occupé par sa taille


pénienne. Cela saute au yeux de quiconque se penche sur les petites
annonces de rencontres érotiques. Ainsi y rencontre-t-on souvent
l'expression "homme fortement membré". On y trouve aussi, de façon à
peine voilée, l'expression du complexe de l'homme s'estimant, à tort ou à
raison, mal membré : "homme soumis, petit sexe..." Fréquemment, on peut
lire ce genre d'annonce : "Homme 35 ans, 180x75x21, cherche..." Dans ce
cas, l'annonceur se décrit avec une précision étonnante : il est âgé de trente-
cinq ans, mesure 1 mètre 80, pèse 75 kilogs et son pénis mesure 21 cm en
érection. Ce détail montre à quel point la taille du pénis paraît essentielle à
certains hommes pour se définir en tant qu'individu et se démarquer,
éventuellement, par rapport aux autres. D'aucuns, mélangeant tout ou
voulant détourner l'attention sur la faible longueur de leur membre ajoutent
: "...gros pénis...". Quelques-uns veulent même donner une idée précise de
leurs attributs en donnant un diamètre, mais ils n'indiquent jamais l'endroit
où celui-ci fut mesuré, ce qui empêche d'imaginer l'apparence réelle de
l'organe. Pire : certains hommes confondent diamètre et circonférence, ce
qui a pour effet de tripler, de façon monstrueuse, la taille réelle de l'organe.

Selon de multiples études scientifiques réalisées par des sexologues


compétents, on peut déduire que la taille moyenne du pénis humain en
érection est de 14 à 15 cm. Cette moyenne statistique n’est qu’une donnée
mathématique qui ne représente pas du tout un idéal anatomique ni, surtout,

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une norme biologique au départ de laquelle on puisse juger si un individu est
bien adapté ou non à la vie sexuelle. Toute taille située au-delà ou en-deçà
de cette moyenne ne doit en effet pas être considérée comme anormale de
prime abord. Ce qui compte, en effet, c’est la manière dont le pénis d’un
homme sera adapté par rapport aux partenaires qu’il rencontrera tout au
long de sa vie.

Très tôt, les médecins qui se sont occupé de sexologie ont pu constater
que la plupart des hommes dotés de pénis relativement courts ou minces
pouvaient avoir des rapports sexuels normaux et satisfaire pleinement leurs
partenaires. La taille du pénis ne pose un réel problème que lorsqu'elle rend
impossible toute pénétration ou qu’elle rend cette pénétration douloureuse.
Soit le pénis est trop court pour pénétrer, soit il est trop gros ou trop long
et occasionne au mieux une gêne ou au pire des douleurs insupportables.
Les pénis si petits qu’ils sont incapables de pénétrer sont si rares que, d’une
manière générale, on pourrait conclure qu’il est plus ennuyeux d’avoir un
trop grand pénis qu’un trop petit. Et cela va, évidemment, à rebrousse-poil
de tout ce qu’une littérature machiste aimerait faire croire. Un trop long
pénis présente de sérieux dangers : soit il cogne contre le col de l’utérus et
provoque douleurs, tuméfactions et saignements ; soit il risque de perforer
l’intestin lors des relations anales. Quant au trop gros pénis, il distend de
manière anormale le muscle de l’anus et peut aboutir au mieux à des
déchirements ou au pire à une perte de contrôle musculaire qui peut se
traduire par des défécations non désirées.

La sensation d'être pénétrée par un grand pénis est plus agréable pour
un certain nombre d’hommes ou de femmes ; mais cela relève
principalement du fantasme puisque cela ne semble s'inscrire dans aucune
réalité physiologique objective. Chez la femme, par exemple, le clitoris, qui
est la source essentielle du plaisir, est ébranlé de la même manière par un
petit pénis que par un grand. Quant au fameux "point G" fort discuté, il se
trouve si proche de l’entrée du vagin qu’il peut lui aussi être ébranlé par un
pénis de taille fort modeste.

Seule la longueur et le diamètre du pénis en érection restent


invariables chez un individu quand elles sont mesurées dans des conditions
rigoureuses décrites plus loin. A l’inverse, la longueur du pénis flaccide d’un
même individu varie considérablement d’un moment à l’autre selon la
température ou d’autres facteurs physiques (ex : température),
physiologiques (ex : rythmes biologiques) ou psychologiques (ex : peur).

Il faut savoir en outre qu'il n'existe aucun rapport mathématique


constant entre la taille du pénis au repos et celle qu'il aura en érection.
Autrement dit, ce n'est pas parce qu'un homme a un grand sexe, par rapport
à d'autres, quand il est au repos, qu'il aura nécessairement un grand sexe,
par rapport à la moyenne, quand il sera en érection. L'inverse est tout aussi

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vrai : un petit sexe au repos ne reste pas nécessairement petit, par rapport
à la moyenne, quand il est en érection. D'une façon générale, on peut même
souvent observer qu'un grand pénis flaccide augmente peu de taille au
moment de l'érection alors qu'il est fréquent que de petits pénis flaccides
deviennent grands à très grands dans la même circonstance. Dans les faits,
il n'y a donc aucun moyen de "deviner" quelle sera l'apparence d'un sexe en
érection quand on ne le voit qu'à l'état flaccide. Les "divinations" et
supputations auxquelles certains recourent à ce propos en se basant sur la
taille et la forme du nez, des doigts ou de quoi que ce soi d'autre, sont
particulièrement absurdes car il n'y a aucun rapport logique, du point de vue
morphologique, entre l'apparence du pénis et celle de tout autre appendice
du corps humain.

Avant même de m'avoir suivi jusqu'ici, quelques-uns de mes lecteurs


masculins auront peut-être déjà cédé à la tentation de s'enfermer dans une
pièce afin d'y effectuer quelques mesures intimes. C'est qu'il a été question,
plus haut, de "normes" et que chaque homme aime savoir à quoi s'en tenir !
J'ai bien peur, hélas, que ceux qui croient maintenant connaître leur
"classement" soient contraints d’aller se mesurer à nouveau d'ici quelques
minutes... En effet, la plupart des hommes se trompent de méthode quand
il s'agit d'effectuer ces mesures intimes et, sans qu'ils le veuillent vraiment,
leur erreur se fait généralement à leur avantage.

Les sexologues qui s’occupèrent des premières études statistiques


concernant la taille moyenne du pénis humain durent évidemment choisir
une méthode précise et irréprochable pour réaliser leurs mesures. Ils
constatèrent qu'il n'était pas possible de mesurer le pénis en posant sur le
gland un mètre souple qu'il suffisait de descendre jusqu'au niveau des
testicules. La limite entre ces derniers et la verge n'était guère nettement
marquée et, en conséquence, les résultats variaient en fonction des critères
personnels de chacun de ceux qui effectuaient les mesures. Une méthode
plus scientifique consiste à mesurer le pénis tendu à l'horizontale en posant
dessus une règle semi-rigide qui est enfoncée dans la chair jusqu'à l'os
pubien, ce dernier formant une frontière naturelle intangible. Chaque homme
peut vérifier par lui-même que cette méthode de mesurage est bien moins
"optimiste" que la précédente. La mesure obtenue est en effet souvent de
3 à 4 centimètres -et même davantage- en dessous de la mesure "fausse"
que la plupart des hommes, d'instinct, ont tendance à effectuer. La mesure
est à effectuer debout, les jambes légèrement écartées.

D'autres sexologues ont suggéré une troisième méthode : elle consiste


à glisser une règle solide entre l'abdomen et le pénis redressé complètement
à la verticale, de descendre cette règle jusqu'à ce qu'elle bute sur la base du
pénis, et de lire ensuite le chiffre qui apparaît au niveau du sommet du
gland. Cette méthode défavorise nettement les pénis fortement courbés car
il est clair, d'un point de vue strictement géométrique, que la distance

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mesurée en ligne droite entre deux points d'un arc est toujours inférieure à
la longueur de l'arc lui-même.

Voilà pourquoi la seconde méthode est la plus couramment employée,


bien que la troisième le soit également. Le malheur, c'est qu'on ne sache pas
toujours au départ de laquelle sont calculées certaines "moyennes"... ce qui
leur ôte une grande part de leur intérêt éventuel !

Par suite d'une erreur de méthode fort largement répandue, beaucoup


d'hommes se croient donc faussement avantagés par la nature lorsqu’ils
prennent leurs mensurations intimes. D'autres, victimes des fables et de
leurs angoisses personnelles à ce sujet, se croient erronément désavantagés
alors que, s'étant mesurés d'une façon quasi adéquate, ils ont un pénis d'une
taille fort respectable. Encore n'ai-je rien dit des vantards constitutionnels
qui, bien qu'ayant employé la première méthode fort avantageuse, croient
bon d'ajouter deux ou trois centimètres au résultat obtenu afin de faire
meilleure impression auprès des copains ou des conquêtes ! Ils mentent
parce qu'ils savent bien qu'il y a bien peu de chance que quiconque vérifie
un jour.

La taille du pénis, mesurée selon les méthodes "rigoureuses" décrites


plus haut, ne correspond cependant pas à sa taille réelle, ni surtout, loin s'en
faut, à sa taille apparente ou à son volume global. On doit en effet tenir
compte de la forme générale de l'organe. Plus la courbure d'un pénis est
forte, plus il aura des chances d'être mesuré petit par rapport à un autre de
même longueur réelle qui serait moins courbé. Certaines illusions d'optique
peuvent également influencer le jugement. Ainsi, il est bien évident que si
l'on observe deux pénis de même taille et de même forme générale, le plus
mince aura l'air d'être plus long, quoique moins imposant, que l'autre.
Certains pénis, très larges à la base, s'amincissent très rapidement, ce qui
leur donne un peu la forme d'un cône volcanique. De par cette forme même,
ils auront toujours l'air plus petits, plus "râblés" qu'un pénis de même taille
simplement cylindrique ou qu'un autre en forme de massue dont le gland
sera plus large que la base. L'angle d'érection peut également donner une
idée fausse sur la taille du pénis : le membre dressé verticalement aura l'air
moins long que celui qui restera plus ou moins horizontal.

Les distinctions que l'on peut donc faire entre la longueur apparente
(fut-elle illusoire), la longueur à peu près scientifiquement mesurée et la
longueur réelle dans l'absolu, montrent quelles sont les limites des chiffres
avancés ici et là à propos de la taille "moyenne" du pénis humain.

Pour résumer en quelques mots, on peut dire que tout ce qui relève
des chiffres et tout ce qui est affirmé sans nuance au sujet de la taille du
pénis en érection est, sinon complètement faux, du moins très contestable
ou douteux.

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Chacun a entendu dire que ce sont les noirs et les arabes qui sont les
plus fortement membrés. Et la plupart des braves gens sont convaincus que
cette affirmation constitue une vérité évidente. Or, ni les arabes, ni les noirs
n'ont de plus grands pénis que les hommes blancs. Cette légende, car c'en
est une, repose sur un fond de racisme qu'il faut dénoncer. Il semble bien
que dans les temps anciens, certains se soient plu à imaginer que les noirs
et les arabes, prétendument moins "civilisés" que nous (!) étaient donc aussi
plus proches des animaux et qu'à la façon des ânes et des chevaux ils
devaient être formidablement membrés. Pareilles conceptions ne sont pas
neuves puisqu'on les rencontre, par exemple, dans un livre sacré et
prétendument inspiré, à savoir le Livre d'Ezechiel, qui figure dans la Bible.
Aussi vieilles que soient ces idées, elles n'en sont pas moins fausses,
ridicules et... insultantes. Et l'extraordinaire paradoxe, c'est bien qu'elles
soient arrivées jusqu'à nous, en plein XXe siècle.

Ce qui précède conduit à une autre observation étonnante. Comme le


juif Ezechiel qui disait que les Egyptiens, qu'il méprisait, étaient "montés
comme des chevaux", les grecs considéraient qu'un grand pénis était
l'apanage des êtres inférieurs. Et c'est bien pourquoi, excepté pour des
motifs symboliques en rapport avec les dieux et leur religion, ils
représentaient toujours les hommes avec d'assez petits pénis. A l'inverse,
l'homme d'aujourd'hui s'enorgueillit sottement d'être fortement membré. Cet
étonnant retournement d'opinion pose, à lui seul, bien des questions quant
à la manière dont les hommes considèrent leur pénis dans notre société...

A l'inverse de ce qu'on dit généralement au sujet des arabes et des


africains, on entend souvent dire que les hommes de race jaune ont de petits
pénis, adaptés aux organes génitaux des femmes asiatiques. Certes, les
femmes orientales ont souvent une stature nettement inférieure à celle des
femmes occidentales. Mais même si leurs organes génitaux sont en
proportion de cette stature, ils ne sont pas pour la cause beaucoup plus
petits que ceux des femmes occidentales puisqu'ils sont en proportion du
volume qu'ils occupent par rapport à l'ensemble du corps. La petitesse du
sexe des hommes de race jaune relève donc d'une certaine exagération.
Encore faudrait-il pouvoir préciser par rapport à quelle "moyenne
mystérieuse" le sexe d'un homme de race jaune pourrait être considéré
comme petit !

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TROMPEUSES APPARENCES (II)

Il n'a été question, jusqu'ici, que de la taille du pénis. Les hommes


sont cependant aussi très soucieux de la taille ou plutôt du volume de leurs
testicules. L'idée est en effet largement répandue que plus le volume des
testicules est important, plus grande est la virilité de l'homme.

L'observation des mammifères montre pourtant qu'il n'existe aucune


corrélation entre la taille des testicules et la vigueur du mâle. Ainsi, par
exemple, l'étalon n'a, par rapport à son extraordinaire pénis, que des
testicules assez moyens. Quant au taureau, dont les testicules sont fort
volumineux, il n'a qu'un pénis fort moyen comparé à ceux de l'âne ou du
cheval.

L'apparence des testicules varie beaucoup d'un homme à l'autre et,


chez un même individu, elle se modifie beaucoup d'un moment à l'autre en
fonction des circonstances. Ces différences d'aspect sont dues, pour
beaucoup, au scrotum, à savoir ce petit sac de peau qui renferme les
testicules. C'est l'ensemble des testicules et du scrotum que l'on désigne
habituellement par le terme "bourses".

Disons tout de suite que certains hommes ont le scrotum presque


complètement glabre alors que d'autres l'ont fortement poilu, ce qui, déjà,
peut engendrer certaines illusions quant au volume réel. Autre source
d'illusion : chez certains hommes les testicules tombent très bas et leur
forme est bien visible au bout d'un fin scrotum étiré en longueur. Chez
d'autres, en revanche, les testicules se tiennent beaucoup plus haut et sont
comme serrés dans un scrotum quasi sphérique. A volume égal, les
testicules des premiers peuvent paraître plus "maigres" que ceux des
seconds.

Le scrotum est constitué d'une peau dont l'aspect peut se modifier très
rapidement : tantôt fine, lisse et distendue, elle devient, l'instant d'après,
épaisse et comme ramassée sur elle-même. Ces changements d'apparence
interviennent principalement en réaction contre les variations de

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température. Le rôle essentiel du scrotum est en effet d'agir de telle sorte
que les testicules soient maintenus en permanence à une température
légèrement inférieure à celle du corps. Sans cela, les spermatozoïdes ne
survivraient pas. Si, par exemple, la chaleur s'élève trop, le scrotum se
distend et, grâce à l'activation des nombreuses glandes sudoripares dont il
est pourvu, un abaissement de température se produit à cet endroit. Si, à
l'inverse, un homme plonge dans l'eau froide, il peut constater que son
scrotum se rétracte aussitôt et que ses testicules remontent vers l'abdomen
qui leur fournit alors la chaleur dont ils ont besoin à ce moment-là.

Les testicules remontent également fort haut et peuvent même


sembler complètement disparaître dans la cavité abdominale lorsque
l'homme est fortement excité sexuellement. Il s'agit là d'un double acte
réflexe commandé, d'une part, par de petits muscles qui ne peuvent
maintenir leur action fort longtemps et, d'autre part, par la rétractation du
scrotum lorsqu'il est caressé. En l'absence de rétractation du scrotum, si
l'excitation se prolonge, les testicules finissent par redescendre pour
éventuellement remonter un peu plus tard après que leurs muscles
élévateurs se soient reposés.

L'ensemble de ces mécanismes est donc complexe. Il en résulte que


chez un-individu normalement constitué, non seulement l'aspect mais aussi
le volume apparent des bourses ne cessent de varier en fonction de
paramètres très divers. Tel homme qui, au repos et au chaud, semble avoir
de gros testicules, peut passer pour n'en avoir que de minuscules s'il se
trouve plongé dans un froid important ou s'il vient d'être caressé
intimement.

Le volume réel des testicules, qu'on ne peut donc apprécier


correctement que par palpation, varie d'un homme à l'autre, au même titre
que le volume de n'importe quel organe. Mais, de même qu'un gros nez ou
de grandes oreilles ne permettent pas de mieux sentir ou de mieux
entendre, de gros testicules ne garantissent en rien une activité génésique
supérieure à la moyenne. Sans évidement tomber dans des limites
anormales, on peut dire qu'un testicule de taille ordinaire peut se montrer
aussi actif, sinon plus actif qu'un autre qui serait d'une taille double. Il faut
savoir en outre que certains testicules n'apparaissent gros que parce qu'ils
sont entourés d'une sorte de varice qu'on nomme "varicocèle". Cette
anomalie est extrêmement répandue et ne présente d'ordinaire aucun
danger. Dans certains cas, cependant, et plus particulièrement quand elle
frappe de façon importante les deux testicules, on peut craindre une
diminution de la production des spermatozoïdes et, donc, une perte du
pouvoir fécondant. Cette anomalie peut se corriger par une intervention
chirurgicale simple.

Arrivés ici, certains hommes, pris d'un doute, se demanderont peut-

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être s'ils n'ont pas un varicocèle. Il leur est facile de le vérifier en se palpant.
Pour plus de facilité je leur recommande de faire cela dans un bain chaud.
Les testicules sont durs et douloureux à la pression. A l'inverse, toute masse
molle et qui peut être écrasée sans douleur est certainement un varicocèle.
Une masse dure non douloureuse est, quant à elle, plus inquiétante.
Consultez dans ce cas sans attendre votre médecin et sachez que les
cancérologues souhaitent vivement que les hommes se palpent
régulièrement les testicules au même titre qu'ils encouragent les femmes à
se livrer à un examen périodique des seins. Mais voilà ; ici encore, les
préjugés, le machisme et certaines idées moralistes s'opposent à ce qu'on
organise des campagnes publicitaires au sujet de la palpation systématique
des testicules en vue de la prévention de leur cancer. Est-il donc si difficile
de parler de ce sujet et d'expliquer aux messieurs les gestes simples qu'ils
peuvent accomplir pour échapper, éventuellement, à une mort affreuse ou
à une mutilation chirurgicale ? Si l'on ne s'offusque plus, aujourd'hui, des
campagnes publicitaires et des émissions télévisées faites en faveur du
dépistage du cancer du sein, on parle beaucoup moins du cancer du col de
l'utérus ou du duodénum et pratiquement jamais du cancer du testicule ou
de la verge. On parle certes un peu du cancer de la prostate ; mais on reste
fort discret, habituellement, sur le type d'examen que son dépistage
nécessite...

Les préoccupations des hommes -et des femmes- au sujet de


l'apparence des organes génitaux ne se limitent pas aux questions de taille
et de volume dont j'ai traité jusqu'ici. Depuis plus de vingt-cinq siècles, en
effet, des foules de gens se sont répandus en vives controverses, en folles
théories et en actes insensés, non au sujet d'un problème d'importance
cosmique, mais bien à propos de quelques centimètres de peau. Je veux
évidemment parler de la circoncision.

La plupart des gens pensent que la circoncision est un rite propre aux
juifs et qu'on leur doit son invention. C'est complètement faux. En fait, la
circoncision fut appliquée dès la plus haute antiquité dans une grande partie
du Moyen-Orient ainsi que dans d'autres parties du monde, comme par
exemple l'Océanie. Si on ne saurait dire où cette pratique apparut pour la
première fois, on devine aisément par contre pourquoi elle fut inventée. A
l'origine, cette intervention chirurgicale avait certainement un but
strictement hygiénique et prophylactique : elle visait à empêcher les
inflammations qui peuvent se produire quand une substance grasse naturelle
s'accumule en trop grande quantité entre la peau du pénis et le bord
inférieur du gland qu'on appelle également "la couronne du gland". La
circoncision qui consiste à enlever la partie de peau en-dessous de laquelle
pouvait s'accumuler cette substance était le moyen le plus radical pour
empêcher de telles inflammations dans des pays et des peuplades où
l'hygiène n'était pas toujours un soucis constant. Pour s'assurer que cette
opération hygiénique soit systématisée, beaucoup de peuples l'érigèrent en

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rite religieux. Ce fut le cas chez les anciens hébreux qui copièrent en cela,
probablement, les égyptiens.

D'autres principes hygiéniques furent ritualisés pour la même raison.


Ce fut par exemple le cas de toutes sortes d'ablutions, intimes ou non.

Bien que le Coran de Mahomet n'en dise mot, l'islam emprunta le rite
de la circoncision aux hébreux. Par contre, après avoir longuement débattu
du sujet, les premiers chrétiens rejetèrent ce rite mais préconisèrent une
hygiène rigoureuse afin de conserver au corps, qui était pour eux le temple
de l'âme, une propreté et une santé parfaite. Ces notions n'eurent, hélas,
qu'un temps car, plus tard, sous l’influence de quelques auteurs, le corps
humain apparut, pour les chrétiens, comme la porte de tous les vices et il
devint l'objet d'une si grande honte qu'on finit par n'en prendre plus aucun
soin d'ordre hygiénique.

De nombreux siècles après avoir été érigée en rite religieux, la


circoncision redevint, ici et là, une simple pratique hygiénique. C'est ainsi
qu'aux Etats-Unis et dans d'autres pays occidentaux, elle finit par s'imposer
dans certains milieux hospitaliers. Entre-temps on avait découvert que le
manque d'hygiène et les inflammations au niveau du gland semblaient
favoriser le cancer de la verge.

En l'absence de circoncision, d'une manière générale, le gland est


recouvert d'une peau identique à celle de la hampe du pénis. Les adversaires
de la circoncision affirment que l'ablation du prépuce -c'est-à-dire la partie
de la peau qui recouvre le gland lorsqu'il est flaccide- rendrait le gland moins
sensible du fait de l'épaississement de sa fine membrane par suite du
frottement contre les vêtements. Les partisans de la circoncision objectent
que ce phénomène d'épaississement de la membrane du gland n'a jamais
été observé et que, même s'il se produisait, il n'en serait que bénéfique
puisque l'homme devenu moins sensible pourrait sans doute plus facilement
retarder son éjaculation.

Les partisans de la circoncision ont d'autres arguments : ils font par


exemple remarquer que chez certains hommes le prépuce est si étroit qu'il
ne se retire pas spontanément en arrière au moment de l'érection et qu'il
faut alors procéder au décallotage manuel du gland avant tout rapport
sexuel, ce qui peut être douloureux si le gland augmente alors fortement de
taille. Dans certains cas -on parle alors de phimosis- le prépuce est si étroit
qu'il est nécessaire d'intervenir chirurgicalement pour l'élargir afin qu'il
puisse coulisser derrière la couronne du gland au moment de l'érection. Pour
prévenir ou corriger de telles anomalies, malgré tout assez répandues, la
circoncision est évidemment la solution la plus simple et la plus radicale.
Mais il faut savoir qu’un phimosis peut parfaitement être traité
chirurgicalement sans qu’une circoncision doit réalisée.

-14-
D'autres partisans de la circoncision font intervenir un argument
d'ordre esthétique : ils disent que la vue d'un pénis dont le gland est
toujours visible est nettement plus agréable, voire plus érotique que celle
d'un pénis à l'extrémité "renfrognée". C'est une question de point de vue et
cela ne se discute donc pas.

Enfin, il existe une catégorie d'hommes qui donnent l'apparence d'être,


en quelque sorte, naturellement circoncis. Chez eux, le prépuce existe bel
et bien, mais il est d'ordinaire en permanence rétracté derrière la couronne
du gland qui reste donc en permanence visible. Chez ces hommes, le
prépuce peut être étiré manuellement sur le gland, mais il ne le recouvrira
généralement que l'espace d'un moment avant de se rétracter à nouveau.
Cette particularité, rarement signalée et étudiée, a fait dire aux adversaires
de la masturbation qu'elle était -on l'aurait deviné avant eux ! - le résultat
d'habitudes masturbatoires déplorables dans la prime jeunesse. On peut leur
rétorquer que si de telles habitudes engendraient effectivement la
particularité que je viens de signaler, cette dernière serait bien plus
répandue qu'elle ne l'est !

Au vu des précisions données ci-dessus et qui résument le sujet, on a


peine à croire que la circoncision fut à l'origine d'un débat -non clos- qui dure
depuis des milliers d'années ! Tout a été dit sur ce sujet, y compris les
choses les plus insensées. Ainsi, jadis, de brillants théologiens dissertèrent
sur le fait que le prépuce de Jésus avait dû repousser puisque, après avoir
été circoncis, le Fils de Dieu était remonté au ciel dans un corps transfiguré,
nécessairement parfait et donc complet. Plusieurs reliques du "saint prépuce
de Jésus" semblaient d'ailleurs accréditer, aux yeux de ces théologiens, la
repousse périodique ou permanente du divin lambeau de peau...

Il existe un mince filet de chair qui assure la jonction optimale entre


le gland et la peau du pénis. C'est pourquoi ce filet de chair est appelé "le
frein". Chez beaucoup d'homme, ce mince filet de chair passe pour la partie
la plus sensible de leurs organes génitaux et ils recherchent donc les
caresses manuelles et bucco-génitales à ce niveau précis. Il peut arriver que
ce frein soit trop court. Dans ce cas, lorsque se produit l'érection, le gland
a tendance à être tiré en arrière au moment où le prépuce se rétracte. Cette
anomalie entraîne généralement une éjaculation précoce, voire des rapports
sexuels douloureux. Elle se traite le plus simplement du monde par une très
banale intervention chirurgicale.

Arrivé ici, et avant de poursuivre, je voudrais déjà souligner à quel


point l'ignorance sexuelle et la honte sexuelle sont parmi les pires maux qui
soient.

J'ai montré que l'ignorance de certaines vérités bien mal diffusées dans
notre société peut persuader certains hommes qu'ils sont mal bâtis, mal

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conformés ou peu virils. Les troubles psychologiques qui résultent de cela
peuvent engendrer certaines obsessions sexuelles qui, mal contrôlées,
pourraient aboutir à des violences sexuelles. A tout le moins, ces troubles
psychologiques et ces complexe influenceront forcément de façon
désastreuse l'épanouissement personnel et la vie sexuelle.

J'ai montré aussi que faute de campagnes d'éducation dans la presse


et à la télévision, des hommes et des femmes peuvent encore mourir de
cancers dont on préfère ne pas parler, par honte ou, pire, par respect de
certaines traditions et du code de moralité. Seul de tous les cancers touchant
les organes du plaisir sexuel, celui du sein a trouvé grâce aux yeux des
moralistes, ce qui a permis d'organiser à son sujet d'intenses campagnes
d'information. Encore ne dit-on presque jamais qu'il peut aussi toucher
l'homme, bien qu'il soit assez rare chez lui. Bien qu'on en parle encore peu,
le dépistage du cancer du col de l'utérus est devenu pratique courante, du
moins pour les femmes qui se rendent régulièrement aux consultations
gynécologiques. Quant aux autres -et elles sont encore nombreuses- rien
n'est généralement fait pour elles par leurs médecins généralistes. Le
dépistage du cancer de la prostate est routinier chez les andrologues et les
urologues ; il reste malheureusement rare chez les médecins généralistes.
Quant au dépistage systématique du cancer des testicules ou de la verge, il
est quasi inexistant.

J'ai enfin montré que de simples examens physiques peuvent


permettre de détecter certaines anomalies -assez fréquentes- aisément
curables, telles que le frein trop court ou le prépuce trop étroit (phimosis).
A ce propos, il est désolant de constater que dans notre société des hommes
adultes souffrent encore, en croyant cela naturel, d'un phimosis douloureux
ou demeurent des éjaculateurs précoces parce qu'ils ont un frein trop court.
Comment de telles anomalies n'ont-elles jamais été détectées lors des
nombreuses visites médicales de dépistage qu'ils ont passées tant durant
leur scolarité qu'après celle-ci ? La réponse est, hélas, très simple : c'est que
jamais ils n'ont été examinés en état d'érection, alors qu'il découle du simple
bon sens qu'un tel type d'examen devrait être organisé systématiquement.
Ici, j'entends déjà les moralistes se récrier: "comment peut-on suggérer
qu'un médecin effectue sur des enfants les attouchements honteux
nécessaires à pareils examens ? " Je réponds à cela qu'un grand nombre
d'enfants, pubères ou non, pourraient eux-mêmes se mettre dans l'état
nécessaire à ces examens si la chose leur était demandée et s'il était
reconnu qu'elle fait partie, normalement, d'un examen médical général qui
devrait intervenir à deux reprises au moins : bien avant la puberté et
pendant celle-ci. Des circonstances favorables à un tel examen pourraient
être aisément obtenues si on expliquait au jeunes qu'ils ont à faire cela pour
montrer qu'ils "sont des hommes". Aux plus timides d'entre ces jeunes, qui
n'arriveraient pas à se mettre en état d'être examinés de la sorte, il suffirait
de prodiguer quelques paroles rassurantes et de rechercher les

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renseignements nécessaires au diagnostic par un questionnaire fort précis.
Bien organisés, par des médecins correctement formés à cet effet, de tels
examens pourraient aussi servir de support à une rapide éducation sexuelle
d'ordre pratique. En deux minutes de temps, tout en opérant les vérifications
nécessaires, le médecin pourrait enseigner aux adolescents quelques vérités
essentielles les concernant et, surtout, les rassurer quant à leur "normalité".
Ainsi préviendrait-on, chez eux, bien des questions angoissantes, bien des
obsessions et tout es sortes de complexes non fondés.

Quel bienfait général notre société pourrait tirer de l'application d'un


tel mode d'examen médical dans le milieu scolaire ! Quand donc les milieux
médicaux et politiques réfléchiront-ils à l'instauration d'une telle mesure
sanitaire ? Certes, les esprits étroits imagineront que si d'aventure les
enfants étaient livrés à des médecins quelque peu déséquilibrés, on pourrait
faire alors plus de tort que de bien. Sans doute. Mais pour prévenir un tel
risque, il suffirait d'appliquer une mesure depuis longtemps en vigueur ici et
là en milieux hospitaliers dans le domaine de l'urologie ou de la gynécologie :
instaurer des équipe médicales mixtes. Cela rassure les patients et concourt
à prévenir certains incidents fâcheux.

Tout ce qui précède m'invite à poser la question fondamentale que


voici : combien de temps encore les moralistes stricts et les esprits étroits
exigeront-ils qu'on accorde la priorité à leurs concepts ridicules par rapport
aux questions de santé physique et mentale touchant à la sexualité ? D'où
découle une autre question, aussi fondamentale que la précédente : combien
de temps encore les gens évolués et responsables accepteront-ils que des
esprits étriqués imposent à notre société une conduite et des principes
aberrants qui font obstacle au libre épanouissement des êtres et les plongent
bien souvent dans la misère sexuelle et la déchéance physique ?

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-18-
CONFUSIONS D'IDEES ET DE MOTS

Autour d'une table, lorsque des hommes parlent entre eux de sujets
touchant la sexualité, on entend souvent le père d'un ou de plusieurs enfants
lancer à d'autres qui n'ont pas encore de progéniture : "moi, j'ai fait mes
preuves ! " Ce qui sous entend : j'ai prouvé que j'étais un homme, j'ai
démontré ma virilité.

La capacité d'engendrer est-elle vraiment une preuve de virilité ?


Evidemment non ; et ce, pour plusieurs raisons. D'une part, ce n'est pas
parce qu'on a pu engendrer un jour qu'on peut encore pouvoir le faire
ensuite. D'autre part, grâce aux progrès de la médecine, chacun sait qu'un
homme impuissant et peu fécond peut parfaitement devenir père. Peuvent
même devenir pères, aujourd'hui, des hommes incapables de produire des
spermatozoïdes sains et matures. Ces quelques remarques soulignent déjà
un défaut de raisonnement chez ceux qui affichent leur paternité comme
preuve de leur virilité. Mais surtout, il y a chez eux confusion d'idée entre
fécondité et virilité.

En quoi consiste donc la virilité ? Les définitions que les dictionnaires


en donnent sont aussi nombreuses et diverses que vagues. On peut en
déduire à peu près ceci : la virilité se rapporte à l'homme et plus
spécialement à celui qui a atteint la maturité. Elle concerne à la fois son
caractère (actif, courageux, énergique) et ses capacités physiques (force et
puissance sexuelle). Concrètement, voilà à la fois beaucoup de choses et
quasi rien. Le dictionnaire Robert, en voulant aller plus loin, s'égare. Il dit en
effet : "qui a l'appétit sexuel d'un homme normal." Cela revient par exemple
à dire, erronément, qu'un prêtre catholique, parce qu'il refoule ses instincts
sexuels, n'est pas viril ! Certains sexologues, tentés par une définition
scientifique de la virilité, s'en rapportent aux dosages hormonaux. Mais ils
confondent, dans ce cas, virilité et masculinité. En effet, certains
homosexuels mâles passifs, qu'un dosage hormonal ne différencie
absolument pas de certains hommes très virils, adoptent pourtant des
comportements aussi peu virils que possible. D'autres sexologues, plus
proches sans doute de la vérité, admettent que si la virilité résulte d'un
ensemble de caractères moraux et physiques, elle se traduit cependant

-19-
principalement, au niveau sexuel, par la capacité de conserver longtemps
une érection. Cette dernière précision est importante puisqu'elle tient compte
de la capacité d'un individu masculin à satisfaire -théoriquement- pleinement
une partenaire qui, du strict point de vue physiologique, est bien plus lente
que lui à atteindre l'orgasme.

Ce qui précède montre que la caractéristique la plus importante qui


détermine la virilité sexuelle est aussi la plus mal connue, ou du moins celle
dont on parle le moins. Il y a d'excellentes raisons à ce silence puisqu'on sait
que la durée de l'érection peut varier chez les hommes de quelques instants
à plusieurs heures ! Un tel critère de virilité, s'il était systématiquement
utilisé, ôterait bien des illusions à certains hommes et montrerait, une fois
de plus, que les apparences et les discours sont bien trompeurs.

Il faut se méfier des apparences : ce ne sont pas les hommes les plus
fortement membrés ou les plus poilus qui sont les plus virils et l'on peut
même soupçonner, dans certains cas, qu'une forme d'exhibitionnisme des
caractères sexuels secondaires (poils, moustache et barbe) masque, chez
certains, une sexualité fort peu triomphante...

Voilà donc pour l'extraordinaire confusion qui règne au niveau de mots


aussi courants que virilité et fécondité. La sexualité humaine offre
cependant, on va le voir, d'autres exemples de confusions aussi
étonnantes...

Dans le langage commun, l'expression"pédé" désigne aujourd'hui


n'importe quel type d'homosexuel. Il y a là encore une grave confusion qui
risque d'entraîner de singulières erreurs de jugement. Le mot "homosexuel"
désigne en fait tout individu, quel que soit en principe son âge, qui éprouve
un attrait sexuel pour des personnes de son sexe ayant atteint plus ou moins
son âge ou l'âge adulte. Ce terme peut être également employé au féminin
(homosexuelle) bien que dans ce cas on parlera plutôt de "lesbienne". Un
adolescent qui s'éprend d'un autre adolescent peut être qualifié
d'homosexuel de même qu'un adolescent s'éprenant d'un homme plus âgé.
A l'inverse, l'adulte qui s'éprend d'un jeune adolescent est qualifié de
pédéraste.

D'un enfant, n'ayant pas atteint l'âge de la puberté, on ne dira jamais


qu'il est homosexuel pour la simple raison que jusqu'alors ses tendances
sexuelles ne sont pas clairement ou nettement établies.

Certains sexologues ont tendance à soutenir qu'au moment de la


puberté, chacun, et spécialement les garçons, traverse une phase
homosexuelle. Cette opinion, largement répandue, est probablement fausse.
Elle semble s'appuyer sur des observations correctes qui sont
vraisemblablement mal interprétées. En fait, au moment de la puberté, les

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adolescent(e)s cherchent à se rassurer sur les changements qui se
produisent au niveau de leurs corps. Les garçons, surtout, se tournent tout
naturellement vers les jeunes de leur sexe pour tenter d'effectuer des
comparaisons susceptibles de les rassurer. C'est durant cette courte période
que certains d'entre eux peuvent être amenés à avoir des contacts sexuels
plus ou moins complets avec d'autres adolescents de leur âge et de leur
sexe. Au lieu d'une phase homosexuelle transitoire, les sexologues devraient
plutôt parler, en la circonstance, d'une phase pubertaire de recherche
d'identité personnelle au cours de laquelle des contacts homosexuels
peuvent se produire en fonction du hasard des rencontres. C'est au cours de
cette phase, vis-à-vis de laquelle les éducateurs ne sont certainement pas
assez vigilants, qu'une orientation homosexuelle définitive peut se
concrétiser. A un moment où il est encore fort ignorant de sa propre
sexualité, l'adolescent peut en effet croire ou se laisser persuader qu'il a une
orientation réellement homosexuelle. S'il tombe alors sous la coupe d'un
véritable homosexuel, mieux informé que lui parce que plus mûr ou plus âgé,
il est fort possible qu'il s'écarte alors d'une orientation hétérosexuelle qu'il
aurait prise s'il n'avait pas fait cette rencontre. Certaines études d'ordre
ethnologique peuvent faire penser que si les jeunes étaient mieux informés
par les adultes et s'ils avaient davantage l'occasion de comparer les
transformations qui s'opèrent entre eux à la puberté -grâce au nudisme
collectif, par exemple- l'inquiétude sexuelle s'estomperait pour une grande
part et les contacts apparemment homosexuels diminueraient sans doute
dans une grande proportion.

Le mot "homosexuel" s'oppose à "hétérosexuel" qui définit l'individu


qui éprouve un attrait sexuel pour les êtres de l'autre sexe. On parle souvent
à tort de "bisexualité" en désignant ainsi l'attrait indifférencié d'un individu
pour des individus des deux sexes. Si cet attrait est réellement indifférent,
la bisexualité réelle. Mais, beaucoup plus souvent, on est en présence d'une
fausse bisexualité. Ainsi, l'homosexuel masculin qui vit avec une femme par
souci des convenances ou par peur du qu'en dira-t-on, n'est jamais un
bisexuel vrai. Dans son cas, la femme ne l'attire pas réellement ; elle n'est
pour lui qu'un paravent commode. De telles unions sont généralement
catastrophiques. Autre cas : l'hétérosexuel masculin qui, à l'occasion, dans
certains endroits particuliers comme les saunas ou les hammam, ne
repousse pas certaines caresses intimes qui lui sont proposées, mais qui, en
d’autres lieux, n'éprouve aucune attirance pour les hommes. Cet homme-là
n'est en aucun cas un vrai bisexuel. C'est plutôt un sensuel qui, par largesse
d'esprit ou par curiosité, ne dédaigne jamais l'occasion de se livrer à un jeu
sexuel anodin.

Le mot "pédéraste" vient d'une racine grecque qu'on pourrait traduire


par "amoureux des enfants". En fait, ce terme, dont le diminutif a donné
"pédé", désigne communément l'adulte masculin qui éprouve un attrait
sexuel pour les très jeunes adolescents et qui a, avec eux, des rapports

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anaux et bucco-génitaux. De nombreux chapitres des ouvrages de l'écrivain
Roger Peyrefitte sont consacrés à ce type de relation sexuelle.

Le mot "pédophile" vient également d'une racine grecque que l'on


pourrait traduire par "ami ou amoureux des enfants". Pour les experts, ce
terme désigne en fait l'homme adulte qui éprouve un vif attrait pour les
enfants des deux sexes, non pubères. Cet attrait est certes d'ordre sexuel,
mais il reste souvent strictement platonique. Le vieux monsieur, andropausé,
qui s'installe dans un parc pour regarder jouer les enfants, leur prodigue
souvent une caresse dans les cheveux et leur offre des bonbons, est souvent
un pédophile inoffensif qui s'ignore. Il est alors, selon une traduction de la
racine grecque qui a forgé le mot pédophile, "l'ami des enfants". Mais cet
ami peut fort bien devenir "celui qui en est amoureux", autre traduction
possible de la même racine grecque. Cet homme va alors essayer de
circonvenir les enfants. Par toute une série d'attentions charmantes, de
paroles gentilles et flatteuses, il tentera de les emmener à l'écart ou chez lui.
Il leur offrira des cadeaux et s'en fera remercier par des baisers. Lentement,
il créera entre eux et lui un climat de privauté particulier et il s'enhardira
ensuite à leur faire des caresses intimes. Si les enfants qu'il réussit à
circonvenir ont reçu un mode d'éducation qui les rend honteux de raconter
ce qu'il se passe entre eux et le "gentil monsieur trop entreprenant", le
pédophile usera alors d'une pression psychologique toujours plus grande et
toujours plus malsaine pour obtenir de ces enfants ce qu'il voudra. Il en
obtiendra peut-être, sur lui-même, des caresses manuelles ou bucco-
génitales. Plus que certainement, il finira par les pénétrer au moins d'un
doigt. Beaucoup plus rarement, si son anatomie le lui permet sans trop
infliger des souffrances aux enfants, il finira par avoir de vrais rapports
sexuels avec les petites filles ou sodomisera les petits garçons. On le voit,
il y a chez les pédophiles toute une hiérarchie dans la gravité de leurs actes,
à commencer par les plus anodins pour finir par les plus graves.

Fondamentalement, le pédophile n'est pas un sadique. Il aime


réellement les enfants et, pour rien au monde, ne voudrait leur faire du mal.
Il n'a cependant pas conscience de la réelle portée de ses actes. Sans cesse,
il balancera entre les cajoleries et la menace dissimulée : "n'en parle pas à
tes parents, ils te puniraient." Toujours il essayera de convaincre les enfants
que tout cela n'est que des jeux sans conséquence entre eux et lui, des jeux
qu'il faut garder secrets parce que les parents ne peuvent pas comprendre
qu'on aime à ce point leurs enfants.

Bien sûr, au-delà d'une certaine limite, variable d'un enfant à l'autre,
les victimes de tels agissements se rendent compte qu'il ne s'agit pas de
jeux anodins. Mais dans la plupart des cas, ces victimes ont déjà trop
accepté de choses et elles se taisent par peur des sanctions que leurs
parents pourraient leur infliger. Cela explique que certains pédophiles
puissent si longtemps abuser d'enfants avant que ceux-ci les dénoncent ou

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alertent leurs parents par un comportement anormal à l'égard des adultes.

A la suite d'événements tragiques s'étant produits en Belgique (affaire


Dutroux), les médias et les braves gens ont tout mélangé. Dutroux était un
psychopathe, c’est-à-dire quelqu’un qui s’attaque à n’importe qui pour autant
que cela puisse lui fournir un avantage ou du plaisir. Au-delà de la confusion
entre ce psychopathe et les pédophiles, on a également confondu les
pédophiles avec d'autres pervers, sadiques, qui font souffrir des enfants pour
en retirer un plaisir personnel.

Si les relations homosexuelles entre adultes consentants ont été


dépénalisées dans beaucoup de pays occidentaux, il n'en est pas de même,
heureusement, des pratiques pédérastiques ou pédophiliques. Hélas, un
gouffre immense existe entre la théorie et la pratique ! Un grand nombre de
pédophiles dangereux qui devraient être enfermés à vie ou pour très
longtemps dans des instituts spécialisés, se retrouvent souvent en liberté
après avoir été condamnés à une peine de prison et avoir bénéficié d'une
remise de peine pour "bonne conduite". Or, ces gens-là récidivent toujours,
d'autant plus que ce n'est pas en prison qu'on s'occupe beaucoup de leur
santé mentale. Il y a là un vrai problème dont les hommes politiques
semblent seulement prendre conscience aujourd'hui. Mais quand modifiera-t-
on complètement le système en écoutant ce que les spécialistes (médecins
psychiatres, psychologues, sexologues et criminologues) ont à dire sur le
sujet ? Mon but, ici, étant simplement de dénoncer et d'expliquer certaines
confusions et méprises touchant la vie sexuelle, je ne m'étendrai pas
davantage sur le problème social que posent certaines perversités, voire
même, tout simplement, certains comportements sexuels particuliers.

Pour en revenir aux confusions qui sont le sujet de ce chapitre,


j'aimerais en citer d'autres qui proviennent de l'usage trop généralisé d’un
terme mal adapté et trop vague.

Le mot "exhibitionniste" fait aussitôt surgir, dans l'esprit, l'image d'un


homme qui, devant une femme ou un enfant, ouvre brutalement son
imperméable pour montrer son sexe, en érection ou non. Pourtant, le terme
"exhibitionnisme" reflète une réalité beaucoup plus floue, beaucoup plus
vaste. Essayons d'y voir clair...

L'homme à l'imperméable est un malade, un déséquilibré souffrant


généralement d'un énorme complexe. Il est de ceux dont l'inquiétude
sexuelle relative à la virilité a pris des proportions telles qu'il ne pense plus
qu'à affirmer sa masculinité par rapport à une société qui pourrait, croit-il,
en douter. En principe, cet homme n'est pas dangereux, en ce sens qu'il n'y
a pas à craindre qu'il se précipite sur ses victimes pour les violenter. Son
geste (hautement sacralisé dans son esprit) une fois accompli, il s'en va
généralement heureux et satisfait pour recommencer un peu plus tard, et ce,

-23-
sans fin. Ce type de déséquilibre ne se rencontre que chez les hommes
puisqu'il dépend du rapport absurde que font les hommes entre l'apparence
de leurs organes génitaux visibles et leur intégration, voire leur acceptation,
au sein de la société.

Une célébrité comme Madonna, lorsqu'elle posait nue de façon


provocante ou lorsqu'elle mimait les gestes du coït dans un clip vidéo, faisait
aussi de l'exhibitionnisme ; mais elle n'était pas déséquilibrée pour la cause.
Son exhibitionnisme était savamment calculé: il était d’une sorte qui attirait
les billets verts !

Certains mannequins ou certaines actrices n'en font plus mystère de


nos jours -encore que cela puisse faire partie d'un plan destiné à provoquer
dans le but de gagner plus d'argent- : la nudité, devant les objectifs, n'est
pas seulement une chose nécessaire professionnellement, c'est avant tout
quelque chose qui leur fait plaisir. Quel mal y a-t-il à ce qu'un homme bien
fait ou qu'une femme bien roulée prenne plaisir à affirmer sa sensualité en
posant ou en tournant, intégralement nu, de façon provocante, devant
l'objectif d'un appareil photo ou d'une caméra ? Pour autant que cela
s'adresse à un public consentant, chacun y trouve son compte. Pareil
spectacle, même s’il est à caractère exhibitionniste, peut non seulement être
considéré comme sain, mais pourquoi pas, d'une certaine manière, éducatif.

Envisageons à présent le cas des modèles académiques qui posent,


nus, devant un peintre, un sculpteur, un photographe ou même une classe
entière d'élèves des deux sexes appartenant à une école artistique. Ces gens
s'exhibent certes sans honte, mais cependant, le plus souvent, avec
beaucoup de retenue dans leurs attitudes. Pour eux, la nudité n'a pas la
même signification que pour la plupart des gens. Elle est en quelque sorte
transcendée par l'art et n'est plus que l'expression pure de la beauté et de
l'esthétique. Qu'on demande à de tels modèles d'adopter des attitudes
provocantes et, dans la plupart des cas, ils se sauveront scandalisés. Il en
est cependant qui accepteront et qui iront jusqu’à obtenir une forte
excitation sexuelle devant l’artiste qui le leur demandera. Là encore il y a de
l’exhibitionnisme, mais un exhibitionnisme sain, semblable à celui de
l’heureux propriétaire d’une voiture neuve qui la montre à ses voisins pour
partager avec eux un plaisir qui est plus intellectuel que physique.

Le mannequin qui défile sur un podium en portant toutes sortes de


vêtements ou de sous-vêtements s'exhibe aussi. Mais qui condamnerait son
narcissisme sous prétexte qu'il est pervers ?

Les nudistes s'exhibent aussi à leur façon. Si la plupart d'entre eux


aiment à se retrouver en famille, au sein de clubs qui leur sont spécialement
réservés, ils dissocient cependant complètement la nudité et la sexualité,
cette dernière étant exclusivement réservée pour eux à l'intimité. D'autres

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nudistes, plus libérés, adoptent ce mode de vie en dehors des clubs et
dissocient complètement la pudeur des sentiments avec la honte du corps
et de ses manifestations érotiques. Ceux-là n'hésitent pas à faire l'amour
devant témoins, s'ils en ont envie, parce qu'ils considèrent que rien de ce qui
est naturel et agréable ne devrait être accompli avec un sentiment de honte.
Ils pensent que leur plaisir ne peut qu'encourager au bonheur et à la félicité
ceux qui retiendront de ce spectacle un sentiment d'harmonie esthétique et
érotique.

On le voit, il y a cent raisons de s'exhiber et mille façons de le faire.


Le vêtement, d'ailleurs, d'un strict point de vue historique, fut moins créé par
les humains pour cacher le corps ou le protéger que pour se différencier des
autres en attirant sur soi l'attention. Le vêtement et la mode sont et
resteront encore longtemps la meilleure façon de paraître original et "mieux"
par rapport à d'autres. A ce titre, nous sommes donc tous peu ou prou
exhibitionnistes. Il faut y songer avant de condamner l'exhibitionnisme des
uns ou des autres au nom de grands principes moraux ou religieux...

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L'ERECTION

De tous temps, l'érection du pénis a fasciné les humains. Symbole de


virilité et de fécondité chez les anciens, elle était considérée comme un
véritable bienfait des dieux. Le phallus érigé fut longtemps représenté sur
des bas-reliefs ou même sculpté sous forme de monuments et célébré tel un
dieu de la fécondité. Porté autour du cou des dames de jadis, il était une
amulette porte-bonheur. Planté dans un champ, sous forme de menhir, il
était censé y garantir d'excellentes récoltes...

Or, autant l'érection a toujours fasciné les humains, autant son


mécanisme reste un mystère profond pour la plupart des gens. Etonnant
paradoxe.

Beaucoup d'hommes pensent que leur pénis est un muscle qui se


gonfle et durcit comme n'importe quel muscle soumis à un effort important.
Cette idée est si largement répandue que l'usage a fini par imposer
l'expression "bander" pour désigner, vulgairement, le fait d'être ou d'entrer
en érection. A proprement parler, ce verbe ne saurait se rapporter à autre
chose qu'à un effort musculaire : on bande en effet ses muscles pour lancer
une flèche à l’aide d’un arc. Le pénis n'a cependant rien de commun avec un
muscle et, rien que ceci, permet de mesurer à quel point l'ignorance sexuelle
est considérable.

Le pénis est principalement formé de deux tubes accolés l'un contre


l'autre un peu à la manière des deux canons d'un fusil de chasse. Ces deux
tubes, appelés "corps caverneux", sont constitués de cellules capables de se
distendre en se gorgeant de sang. Il est aisé de se représenter la manière
dont fonctionnent ces deux tubes. Il suffit d'imaginer un tuyau de caoutchouc
ou de silicone mince, très souple, fort modérément rempli d'eau. Un tel
tuyau peut être plié dans tous les sens sans la moindre difficulté. Tel quel,
il donne une excellente image du pénis flaccide. Si on relie un tel tuyau à un
robinet d'eau et qu'on ouvre ce dernier, la pression du liquide distend le
tuyau qui devient si raide et dur qu'il s'avère désormais quasi impossible de
le plier. Voilà, d'une façon imagée, ce qu'il se passe quand le sang afflue

-27-
dans les deux corps caverneux du pénis.

Il n'est pas difficile de repérer ces deux corps caverneux. Il suffit de


presser, du bout des doigts, la partie du pénis en érection qui est opposée
à l'abdomen. Là, tout le long de l'axe central reliant le gland aux testicules,
les doigts s'enfoncent légèrement en écrasant des tissus mous dont il va être
question dans un instant. De part et d'autre de ces tissus mous, deux bords
durs sont aisément identifiables: ce sont les bords des deux corps caverneux
qui, à l'opposé, du côté de l'abdomen, sont si soudés ensemble qu'il n'est
possible que de palper une surface dure semblant être faite d'une seule
pièce.

Je viens de parler de tissus mous s'écrasant sous les doigts. Tout au


long de l'axe vertical reliant le sommet du pénis à sa base, du côté opposé
à l'abdomen, apparaît généralement un renflement constitué de tissus mous
appelés "corps spongieux". Comme son nom l'indique, cette structure
cellulaire peut se gorger d'eau tout en restant souple. Le corps spongieux
entoure complètement l'urètre tout au long de la hampe du pénis puis
s'étale autour des sommets des corps caverneux pour former un énorme
bourgeon qu'on appelle le gland. En pressant ce dernier entre deux doigts,
on peut facilement sentir, en dessous, les sommets, durs, des deux corps
caverneux qui assurent la rigidité du pénis en érection.

A l'état de repos, le pénis est irrigué par le sang sous une faible
pression. L'érection se déclenche lorsque cette pression augmente
brutalement. Le sang afflue alors dans les corps caverneux qui se distendent
et durcissent. La façon dont les corps caverneux sont constitués fait que le
pénis, une fois raide, a tendance à se courber. Chez la plupart des hommes,
cette courbure reste faible. Chez un petit nombre, elle est assez forte. Chez
une infime minorité, elle est inversée par rapport à la normale, de telle sorte
que le gland du sexe en érection plonge vers le sol.

Les corps caverneux ne prennent pas naissance à la base apparente


du pénis, c'est-à-dire au niveau de l'os pubien ; ils s'enfoncent profondément
dans le bassin jusqu'à l'anus. En pressant fortement sur la zone qui s'étend
entre les testicules et l'anus, un homme en érection peut constater que son
pénis se gonfle davantage et se déplace vers la droite ou la gauche selon
qu'il presse davantage d'un côté ou de l'autre par rapport à l'axe indiqué par
le pénis. Ceci est du au fait que, d'une manière artificielle, davantage de
sang est envoyé dans le pénis tandis que les corps caverneux sont déformés.
Tout homme attentif aura immédiatement saisi l'opportunité de la chose : il
est donc possible d'augmenter le volume du pénis en écrasant la zone dont
je viens de parler.

Il s'agit là d'une technique amoureuse peu connue. Elle se révèle


surtout pratique en position assise ou à genoux. Il suffit alors de coincer un

-28-
objet entre les fesses, le poids du corps suffisant à écraser la zone visée.
Dans la position à genoux, le talon d'un des pieds peut tout aussi bien
réaliser cette opération. Cette technique a néanmoins un gros désavantage :
elle empêche que l'éjaculation se fasse normalement. Dans ce cas, il se
produit ce qu'on appelle une éjaculation rétrograde, c'est-à-dire que le
sperme, incapable de s'échapper par l'urètre, reflue vers la vessie où il se
dilue et d'où il sera ensuite évacué lors d'une prochaine miction. Cette
manière d'éjaculer se révèle souvent douloureuse, surtout les premières fois.
Ensuite, il paraît qu'on peut s'y habituer. Pour éviter cet inconvénient, il suffit
toutefois de cesser de comprimer la zone dont j'ai parlé au moment où l'on
sent que va se produire l'éjaculation. Pour ce faire, si l'on est assis ou à
genoux, il suffit de se redresser légèrement.

Il existe une autre méthode pour augmenter le volume du pénis en


érection. Elle consiste à glisser autour du pénis flaccide et des testicules un
anneau qui, au moment de l'érection, exerce une pression continue sur la
base visible du pénis, juste devant le pubis. Ainsi, les vaisseaux par lesquels
le sang reflue du pénis se trouvent garrottés et, de façon artificielle, la
pression du sang dans le pénis s'en trouve augmentée ce qui a un heureux
effet sur le volume du membre. Cette méthode présente cependant le triste
inconvénient des garrots : une sclérose des tissus ! Voilà pourquoi je n'hésite
pas à la déconseiller formellement. Surtout qu'il existe un moyen tout aussi
efficace, bien que nettement moins risqué, pour obtenir le même résultat.
Chacun sait qu'un garrot n'est dangereux que s'il est maintenu en
permanence d'une façon prolongée. Un garrot intermittent ne présente, en
revanche, aucun risque. Or il est très facile d'effectuer un garrottage de ce
genre au niveau du pénis : il suffit de presser légèrement, du bout du pouce
ou d'un autre doigt, un endroit que tout homme regardant son propre pénis
découvrira exactement à la base de son pubis, légèrement à gauche de la
racine du membre viril. A cet endroit passe une veine importante qu'il est
très facile de "fermer" à l'aide d'une pression minime. Cette pression peut
s'effectuer par l'homme en érection comme par la personne avec laquelle il
a un rapport sexuel, et ce, aux moments opportuns.

J'ai montré que l'érection n'était pas un phénomène musculaire et que,


par conséquent, l'expression "bander" est plus que mal choisie puisqu'elle
conforte implicitement les hommes dans une erreur largement répandue.
Néanmoins, toute une série de muscles interviennent dans le cadre de
l'érection et de l'éjaculation. J'ai déjà dit un mot, plus haut, des petits
muscles élévateurs des testicules. A la base du pénis, au niveau du pubis,
d'autres muscles assurent un certain soutien au pénis. Mais surtout il y a les
muscles éjaculateurs, plus ou moins reliés à d'autres, comme par exemple
le puissant muscle constricteur de l'anus.

L’érection étant produite par un afflux de sang dans les corps


caverneux et, dans une moindre mesure, dans le corps spongieux du pénis,

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on comprend mieux pourquoi le tabac et le cholestérol peuvent engendrer
une perte partielle ou totale de l'érection. S'il advient que les vaisseaux
sanguins par lesquels le sang afflue dans les corps caverneux se rétrécissent
ou se bouchent, l'érection deviendra moins forte ou ne se produira plus du
tout. Voilà peut-être une des causes les moins bien connue, des hommes, de
l'impuissance qui menace certains d'entre eux. Quand on pense que la
cigarette reste, pour beaucoup, un symbole de virilité...

L'impuissance peut avoir bien d'autres causes, physiologiques ou


psychologiques. Lorsque les érections nocturnes -forcément involontaires-
persistent, le médecin spécialiste soupçonne habituellement que son patient
est frappé d'une impuissance d'origine psychologique. Dans le cas contraire,
il songera plutôt à une cause physiologique.

Compte tenu que l'érection n'est pas un phénomène fondamen-


talement musculaire, il découle évidemment quelle n'est en aucun cas limitée
en durée par une prétendue question de fatigue musculaire. Ceci risque
d'être une révélation bouleversante pour beaucoup d'hommes et de
femmes...

De tous temps, on a parlé d'hommes dont l'érection était permanente.


Considérés dans les temps jadis comme des êtres bénis des dieux, puis
ensuite comme des phénomènes de foire, on sait aujourd'hui que ces
hommes -heureusement rares- souffrent d'une anomalie physiologique qu'on
nomme le priapisme (du dieu Priape). Néanmoins, il n'est pas anormal, pour
un homme, de pouvoir conserver une érection plusieurs heures s'il le désire
vraiment. Force est cependant de constater que ces hommes ne sont pas
nombreux. Si la durée des érections peut être formidablement prolongée par
rapport à la moyenne qui est plutôt faible, il n'en est malheureusement pas
de même de la fréquence qui varie nettement avec l'âge et la vigueur
sexuelle de chacun.

Dans son berceau, non seulement bébé a des érections involontaires,


mais il apprend très tôt qu'en se touchant d'une certaine manière il peut
déclencher ce phénomène agréable. Certains enfants, plus que d'autres,
multiplient ainsi ces caresses afin d'avoir un grand nombre d'érections
consécutives. Au moment de l'adolescence, quand surviennent les premières
éjaculations, la plupart des garçons adoptent l'habitude de se masturber
jusqu'à ce qu'ils éjaculent. Selon les tempéraments, on dénombre alors
quelques éjaculations par semaines, une éjaculation par jour ou même
plusieurs éjaculations quotidiennes. En dehors des érections volontaires qui
précèdent ces éjaculations, on dénombre encore plusieurs érections
involontaires tant le jour que la nuit. Avec l'âge, les érections involontaires
diminuent, surtout le jour. Elles perdurent cependant longtemps la nuit et
surtout le matin, au réveil. Enfin, ce sont les érections volontaires qui se
raréfient de plus en plus pour, un jour, devenir exceptionnelles. Ces

-30-
phénomènes caractérisent l'andropause, pendant masculin de la
ménopause...

-31-
-32-
LA MASTURBATION

La plupart des gens, et plus particulièrement les hommes, parlent de


la masturbation masculine avec dégoût, mépris ou commisération. Il est de
bon ton, en effet, dans notre société prétendument moderne et "libérée", de
la considérer comme une pratique honteuse et dégradante...

A la fin des années 40, quand parut le célèbre rapport statistique


Kinsey, il fut établi que presque tous les hommes se masturbaient, y compris
ceux qui pouvaient avoir des rapports sexuels complets aussi souvent qu'ils
le désiraient. Il fut également établi que les très rares hommes qui ne se
masturbaient pas avaient des besoins sexuels extrêmement réduits.
C'étaient donc eux qui étaient "hors normes" (a-normaux). La même étude
montra enfin que, statistiquement, le pourcentage des masturbateurs
croissait en proportion du degré d'instruction des individus.

Ainsi, pour la première fois, il fut prouvé scientifiquement que la


masturbation masculine n'était en aucun cas une habitude vicieuse frappant
les attardés ou les pervers. Pratiquée par des mâles ayant la capacité d'avoir
régulièrement des rapports sexuels complets, elle témoignait même plutôt
de leur forte vigueur virile. De nombreux sexologues prouvèrent ensuite, de
la façon la plus formelle, que la masturbation n'était en rien dangereuse d'un
point de vue physique et qu'elle constituait, au contraire, l'exutoire le plus
naturel qui soit à certaines tensions. Dès lors, logiquement, la masturbation
masculine aurait dû, depuis longtemps, trouver sa place parmi les pratiques
sexuelles saines et hygiéniques. Si, d'une manière générale, l'attitude des
médecins et des sexologues a évolué favorablement en ce sens, il n'en a
rien été, ou presque, au niveau de l'opinion publique. Au nom de la morale
et du bon sens (!), les braves gens continuèrent à condamner la
masturbation et à brocarder de plus belle ceux qui étaient suspectés de s'y
adonner. Aujourd'hui encore, la "sagesse populaire" affirme que la
masturbation rend sourd, voire muet et, bien entendu, impuissant ! Ces
idées ridicules, héritées d'un autre âge, restent universellement répandues
dans notre société dite civilisée. Les spécialistes du comportement animal
ont établi que tous les animaux évolués (dont évidemment les singes) se
masturbent, qu'ils soient mâles ou femelles. On peut donc tenir pour certain
que la masturbation masculine est aussi ancienne que l'apparition de
l'homme sur la Terre. Cette activité sexuelle a d'ailleurs été représentée très

-33-
tôt dans l'art de toutes les civilisations. Tant dans les oeuvres rupestres les
plus frustres que sur les bas-reliefs les plus admirables de l'Antiquité, on
peut voir des hommes manipulant leur sexe raide et parfois disproportionné.
Des scènes de masturbation en duo ou de fellation ne sont pas rares non
plus...

A l'aube des temps, les primitifs humains durent considérer la capacité


érectile des organes génitaux mâles comme le symbole même de la force
virile. Dès qu'ils eurent compris le rapport de cause à effet qui existait entre
l'éjaculation et la fécondation des femmes, ils sacralisèrent les organes
génitaux mâles et femelles et créèrent successivement un culte et des
cérémonies axés sur l'acte sexuel et le pouvoir générateur.

En usant d'une logique simpliste dont un grand nombre de nos


contemporains ne se sont pas encore départis, nos lointains ancêtres
considérèrent que la puissance virile devait être en rapport avec la taille des
organes génitaux. D'où ces représentations d'hommes dotés de pénis
monstrueux et l'implantation, ici et là, de monuments représentant
d'énormes phallus.

Dans le cadre des conceptions magico-religieuses touchant à la


sexualité, une idée importante s'imposa rapidement : la semence virile étant
un don divin, une liqueur sacrée, il fallait éviter de la gaspiller.

Certains peuples prirent rapidement des mesures adéquates pour


éviter ce gaspillage. Lors de rites très secrets, auxquels les femmes n'étaient
pas admises, le sperme des jeunes mâles était recueilli (par masturbation ou
fellation) et bu par d'autres mâles. De cette façon, les forces viriles, au lieu
d'être perdues, profitaient à d'autres mâles. Ainsi apparut une sorte de
pédagogie et d'initiation à une homosexualité sacrée. Pour ces peuples, il
paraissait évident que les hommes devaient échanger entre eux leur sperme
afin d'éviter de perdre leur virilité. Dans cette perspective, les rapports
hétérosexuels finirent par être considérés comme un mal nécessaire à la
perpétuation de l'espèce et tout homme perdant inconsidérément son
sperme dans de tels rapports passait pour courir un danger d'éfféminisation.
Dans d'autres peuples, les esprits les plus religieux considérèrent que toute
"perte inutile" de liqueur séminale constituait à la fois un crime social et une
faute commise à l'encontre de la loi divine qui n'aurait prévu la reproduction
des êtres que dans un but strictement utilitaire. Les plus radicaux estimèrent
même que tout acte sexuel, solitaire ou non, réalisé dans le seul but
d'obtenir du plaisir ou d'échapper à la nécessaire reproduction de l'espèce,
était un acte contre nature et, par conséquent, un grave péché. Ainsi donc,
si la masturbation masculine fut condamnée par certains peuples comme un
acte contre nature, elle fut au contraire prônée par d'autres comme moyen
de récolter la précieuse liqueur qui aidait à forger des hommes vigoureux.

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Entre ces deux opinions extrêmes se place celle qui considérait la
masturbation masculine comme une activité quelconque, ni bonne ni
mauvaise. Chez les musulmans, par exemple, la doctrine tend à encourager
activement les relations sexuelles et, dès lors, la masturbation n'a guère
d'importance statistique. Elle est néanmoins permise au fidèle qui voyage
seul. Hippocrate, décédé en 375 av. J.C., condamna la masturbation
simplement parce qu'à son avis, comme toutes les autres activités sexuelles,
elle épuisait l'organisme et dégradait la moelle. A l'inverse, Galien, mort en
199 ap. J.C., conseillait la masturbation au même titre que toutes les
activités sexuelles, parce qu'à son avis elle entretenait la santé alors que la
continence pouvait entraîner des convulsions et même la folie. Avicenne,
mort en 1037, s'appuya sur Galien pour conseiller la masturbation chaque
fois que l'union sexuelle n'était pas possible. En 1479, Johann Von Wesel,
doyen de la cathédrale de Mayence, dut abjurer ses écrits et fut condamné
par le tribunal des hérétiques à être enfermé dans un couvent parce qu'il
avait soutenu, en s'appuyant également sur Galien, que les moines
pouvaient se servir de la masturbation pour purifier leur organisme d'une
semence viciée. Quand bien même y auraient-ils pris du plaisir, avait-il
ajouté, cela ne pouvait certes être assimilé à un péché puisque cette
purification de l'organisme se faisait dans un soucis de santé. Enfin, au début
du XVIème siècle, l'illustre anatomiste Faloppe conseillait aux parents de "se
donner quelque mal pour grandir le membre de leur petit garçon étant donné
qu'un beau membre est toujours bienvenu."

On en était là, dans nos contrées, quand, en 1710, un médecin


protestant puritain, Bekkers, de Londres, publia un petit livre intitulé Onania
ou l'horrible péché de la masturbation (Onania, or the Heinous Sin of Self-
pollution, and its Frightful Consequences in both sexes, Considered, with
Spiritual and Physical Advices...). Il y stigmatisait cette pratique sexuelle en
affirmant qu'il s'agissait d'un vice propre à entraîner les pires maux :
nausées, vomissements, douleurs diverses, paralysie, troubles de la vue et
de l'ouïe, affaiblissement de plusieurs organes, perte de mémoire, accès de
rage, idiotie, épilepsie, fièvres, etc., l'ensemble pouvant conduire à la folie
ou au suicide !

En fait, cet ouvrage n'était pas un traité médical sérieux, mais bien une
publicité déguisée pour une "teinture fortifiante" que l'auteur avait lui-même
mise au point afin de guérir l'immense majorité de ses contemporains de ce
qu'il définissait dès lors comme le "vice solitaire". Les éditions successives
(il y en eut 80, tant en Angleterre qu'à l'étranger !) de ce pamphlet
publicitaire furent peu à peu augmentées de nombreuses lettres que l'auteur
reçut de jeunes gens hypocondriaques trop timides pour lui rendre visite afin
d'obtenir sa potion.

Bekkers fut le premier qui utilisa le terme "onanisme" pour nommer


ce qu'on avait désigné jusque-là, en fonction de l'évolution de la langue :

-35-
manustupration, mastupration, puis enfin, masturbation. Pourquoi Bekkers
fit-il ce choix ? Tout simplement parce qu'il voulait donner à sa thèse
l'apparence d'une vérité révélée par Dieu dans la Bible. Chacun savait en
effet confusément qu'Onan avait commis un péché d'ordre sexuel pour lequel
Yahvé l'avait mis à mort. Cependant, le péché d'Onan n'avait rien de
commun avec la masturbation...

Pour bien comprendre le tour de passe-passe de Bekkers, il faut se


reporter à la Bible. Au temps où Onan fut censé avoir vécu, les Israélites
étaient très préoccupés par la nécessité d'assurer une postérité à chaque
homme, tant les guerres, nombreuses, décimaient la population. Dans le cas
où un homme marié venait à décéder avant même d'avoir eu une
descendance, la coutume prévoyait que l'aîné, parmi les frères du défunt,
devait assurer lui-même la descendance du disparu en faisant un enfant à
sa belle-soeur. Plus tard, cette coutume fut fixée sous forme d'une
prescription religieuse dite du lévirat (de lévir qui signifie beau-frère).

Voici ce que stipulait la loi du lévirat : Si des frères demeurent


ensemble et que l'un d'eux vienne à mourir sans enfant, la femme du défunt
ne se mariera pas en dehors avec un homme d'une famille étrangère. Son
lévir viendra à elle, il exercera son lévirat en la prenant pour épouse et le
premier-né qu'elle enfantera relèvera le nom de son frère défunt, dont ainsi
le nom ne sera pas effacé d'Israël (Deutéronome 25,5 et suiv.). Onan, fils
de Juda, se trouva dans ce cas avec Tamar, femme de son frère défunt Er.
Juda commanda donc à Onan de remplir son devoir en couchant avec Tamar.
Mais Onan qui savait que la postérité qu'il assurerait à Tamar ne serait pas
considérée comme sienne, accomplit l'acte sexuel de façon que cette femme
ne puisse pas être enceinte de lui : à chaque fois qu'il s'unit à elle, il prit soin
de se retirer juste avant d'éjaculer. Cette pratique anticonceptionnelle,
courante dans l'Antiquité, et qu'on appelle aujourd'hui le coït interrompu,
allait évidement à l'encontre de la prescription religieuse du lévirat. En bonne
logique, donc, le Dieu d'Israël punit Onan de mort. Voici ce que la Bible dit
à ce sujet : "cependant, Onan savait que la postérité ne serait pas sienne et
chaque fois qu'il s'unissait à la femme de son frère, il laissait perdre à terre
pour ne pas donner postérité à son frère. Ce qu'il fit déplut à Yahvé qui le fit
mourir (Genèse 38, 9 et suiv.). Le péché d'Onan, ou onanisme véritable, est
donc le coït interrompu qui fut condamné non pas en tant que vice, mais
comme un crime social allant à l'encontre d'une loi divine édictée en vue
d'assurer une postérité aussi nombreuse que possible au peuple élu de Dieu
et le maintien d'une lignée.

En 1758, Simon-André Tissot, médecin à Lausanne, publia en latin puis


en français(1764) son Traité de l'onanisme - Dissertation sur les maladies
produites par la masturbation. C'était un petit livre qui contenait une grande
quantité de témoignages anciens ou contemporains qui tendaient tous à
démontrer que la masturbation rendait malade physiquement et

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mentalement. Pour Tissot, qui rejoignait en cela Hippocrate, n'importe quelle
activité sexuelle était dangereuse car cela se traduisait par une perte
d'énergie vitale. De toutes les activités sexuelles, la masturbation était la
plus dangereuse puisqu'elle pouvait être souvent répétée et ce, depuis le
plus jeune âge. Par son action sans cesse renouvelée, elle détruisait le
système nerveux, engendrait la folie et l'imbécillité. Elle épuisait le corps au
point que tous les organes étaient atteints et que le cerveau lui-même se
desséchait jusqu'à résonner dans la boîte crânienne (!). Dans l'intérêt même
de l'espèce humaine, Tissot recommandait donc que la masturbation fut
sévèrement réprimée. Il ajoutait encore que pour faire recouvrer des forces
à ceux qui avaient été affaiblis par cette effroyable habitude, il convenait de
leur faire boire du quinquina...

Ce petit ouvrage, rempli de divagations et de témoignages si absurdes


qu'on les croirait inventés de toutes pièces, connut un grand nombre
d'éditions jusqu'au début de notre siècle. Il fut le détonateur d'une véritable
folie collective anti-masturbatoire. En 1764, à l'article "Onanisme" de son
Dictionnaire Philosophique, Voltaire cita Bekkers et Tissot puis ironisa au
sujet d'Onan en ces termes : "Or il reste à savoir si c'était dans la copulation
avec sa femme qu'il trompait ainsi la nature, ou si c'était au moyen de la
masturbation qu'il éludait le devoir conjugal ; la Genèse ne nous apprend
point cette particularité. Mais aujourd'hui ce qu'on appelle communément le
péché d'Onan, c'est l'abus de soi-même avec le secours de la main, vice
assez commun aux jeunes garçons et même aux jeunes filles qui ont trop de
tempérament."

Voltaire mentait en disant qu'Onan évitait le devoir conjugal avec sa


femme. Ce n'est pas du tout ce que la Bible, très claire en la circonstance,
décrit. Hélas, l'opinion de Voltaire passa dans l'histoire et il se trouve encore
aujourd'hui des gens, n'ayant jamais vérifié le texte biblique, pour prétendre
ou croire qu'Onan se livrait bel et bien à la masturbation et fut puni en
conséquence.

En 1836 et 1842, le français Lallemand publia un gros ouvrage en trois


volumes intitulé Les pertes séminales involontaires. Disciple de Tissot, ce
médecin affirmait que les "pollutions nocturnes" constituaient le symptôme
évident d'une maladie grave qu'il nomma spermatorrhée. Selon Lallemand,
ces pertes épuisaient complètement le malade qui, à la longue, devenait
totalement impuissant puis mourait anémié. On peut aisément imaginer quel
effet cette théorie eut sur un grand nombre d'éducateurs, de parents et
surtout d'adolescents. Ceux qui avaient été élevés selon les principes de
l'idéologie anti-masturbatoire avaient forcément des pollutions nocturnes et
se retrouvèrent donc persuadés qu'ils étaient frappés d'une maladie
honteuse (car sexuelle) qui finirait par les entraîner dans la mort après les
avoir rendus impuissants. Les autres, qui n'avaient pas de pertes séminales
involontaires parce qu'ils se masturbaient, étaient par contre avertis qu'ils

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iraient en enfer après avoir ruiné leur santé physique et mentale.

Pour tous ces prétendus malades ou tous ces prétendus vicieux, il


n'existait forcément qu'un remède efficace et sûr : le mariage. Aussi les
parents essayaient-ils de marier au plus tôt leurs enfants mâles, "avant qu'il
ne soit trop tard", comme on disait alors...

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la folie anti-masturbatoire fit


de tels ravages dans le monde de la médecine et de la pédagogie qu'il n'était
pas rare que les enfants des internats fussent ligotés, la nuit, dans leurs lits,
entravés par des espèces de camisoles de force, ou même qu'on attachât à
leur pénis des objets destinés à provoquer de violentes douleurs à la
moindre érection. De jeunes garçons furent même infibulés, leur prépuce
étant cousu, quasi complètement refermé, par-delà le sommet du gland. Les
moyens par lesquels on cherchait à prévenir la masturbation chez les filles
n'étaient pas moins révoltants puisque certains médecins recoururent à
l'ablation pure et simple du clitoris ou à sa cautérisation par le fer rouge ou
des substances chimiques. Ces "remèdes" ne disparurent qu'aux alentours
de 1905, grâce aux Trois essais sur la théorie de la sexualité de Freud.

La fin du XIXe siècle avait vu paraître le début des remarquables


travaux du premier sexologue sérieux : Havelock Ellis. Ce pionnier analysa
pour la première fois le comportement sexuel humain à la lumière des
témoignages historiques, ethnologiques et médicaux. En s'appuyant sur de
telles données, il montra que la masturbation n'était pas un vice et
qu'aucune preuve de son danger n'existait. Hélas, les travaux d'Ellis
restèrent longtemps réservés à une certaine élite alors qu'un livre écrit par
le baron Richard von Krafft Ebing qui parut en 1886, fut un véritable succès
littéraire qui toucha une très large couche de la population. Pour ce baron,
il n'y avait guère, en matière de sexualité, que des comportements
anormaux. C'est pourquoi son livre, intitulé Psychopatia sexualis, se
présentait comme une sorte de catalogue d'agressions sexuelles, de
meurtres rituels et d'obsessions de toutes sortes dont on devine que les
honnêtes gens se délectèrent ! A lire toutes ces horreurs, on ne pouvait être
convaincu que d'une chose : supprimer le sexe, sous toutes ses formes,
aurait sans doute contribué au bien-être de toute l'humanité !

L'ouvrage du baron von Krafft Ebing fut un désastre pour la sexologie


naissante. En effet, toutes les absurdités encore répandues de nos jours à
propos de comportements sexuels réputés anormaux y trouvèrent soit un
fondement, soit une illusoire confirmation. Pour cet auteur, on l'aura deviné,
la masturbation était bel et bien un vice ; et quel vice, puisqu'il conduisait
automatiquement à l'homosexualité !

Les heureux travaux de Magnus Hirschfeld, puis de Kinsey et enfin de


toute une série de sexologues modernes, ont dédramatisé la question. Les

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spécialistes admettent aujourd'hui que la masturbation constitue, dans un
premier temps, un excellent apprentissage du coït en ce sens quelle favorise
la maturation sexuelle et prépare au contrôle naturel de l'orgasme. La
plupart des sexologues l'encouragent comme un moyen de rééducation chez
des individus souffrant de certains problèmes sexuels. Elle est aussi le
moyen le plus efficace pour canaliser l'énergie sexuelle et obtenir, par des
orgasmes puissants et répétés, un bien-être physique et des états de
conscience proches de ceux qui caractérisent les extases mystiques.

Tout ceci n'empêcha pas l'Eglise catholique romaine de persister à


condamner la masturbation qui, selon les principes de la théologie moderne
(!) continue d’être considérée comme un vice contre-nature. En 1967, l'abbé
Petitmangin publia à Paris un ouvrage préfacé par le Dr Chauchard et qu'il
intitula La Masturbation - Etudes clinique, morale et pastorale. Dans les
première pages de ce livre, ce prêtre reconnaissait, chiffres et exemples à
l'appui, que la masturbation était une pratique universelle qui, dans les
temps anciens était même considérée comme parfaitement anodine. Il allait
même jusqu'à dire qu'elle était "un fait massif appartenant à la série des
grands phénomènes universels et permanents". Or, contre toute logique,
après avoir dressé semblable constat, il concluait: "Toutefois, nous aurons
à nous mettre en garde contre certaines affirmations tendancieuses en
même temps que pseudo-scientifiques qui viseraient à faire considérer la
pratique onanistique comme un phénomène normal et naturel. De telles
allégations impliquent l'abolition de tout jugement de valeur sur des
pratiques soi-disant moralement indifférentes." Et de poursuivre en arguant
que s'il ne s'agissait que d'un geste exonérateur que l'on tenterait de justifier
par l'hypertension des vésicules séminales, la masturbation n'avait aucune
raison scientifique d'être puisque les pollutions nocturnes suffisaient à libérer
l'organisme. Oubliée, donc, pour le "bon motif", la prétendue spermatorrhée.
Mais rappelé, une fois de plus, le terme "onanistique" ! On pourrait objecter
à l'abbé Petitmangin qui se souciait de "raison scientifique", que ses
raisonnements relevaient d'affirmations gratuites basés sur des jugements
de valeur, lesquels n'ont rien à faire dans une démonstration scientifique qui
ne saurait prendre en compte que des faits avérés.

La même année, chez l'éditeur catholique Desclée de Brouwer, parut


La masturbation chez l'adolescent d'André Alsteens. Dans ce livre, publié
avec l'Imprimatur, la masturbation était décrite comme une forme
inachevée et imparfaite de la sexualité et l'on mettait en garde contre son
habitude qui pouvait, via certains fantasmes, cristalliser toutes sortes de
barrières psychologiques vis-à-vis de la sexualité adulte. En langage
apparemment savant, l'auteur expliquait que le jeune masturbateur risquait
de ne pouvoir jamais se livrer à des activités sexuelles adultes. Ainsi
ressuscitait, sous une forme plus subtile, le spectre de la masturbation
causant l'impuissance. L'auteur -suprême habileté- ne jugeait plus, ne
condamnait plus : il mettait en garde, dans l'intérêt même du masturbateur,

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dépeint comme un "adulte en gestation"...

En 1975, Paul VI publia sa fameuse Déclaration sur quelques questions


d'éthique sexuelle. Il y condamnait la masturbation comme une faute grave
faisant perdre à l'homme l'amour de Dieu, et ce, quand bien même il
reconnaissait qu'il n'était "pas possible d'apporter des preuves irréfutables
que les Saintes Ecritures rejettent expressément ce péché en tant que tel."
Ainsi donc, pour la première fois, un pape reconnaissait que la Bible ne
contenait aucune condamnation de la masturbation. Néanmoins, il continuait
à condamner cette pratique en fonction d'une simple tradition historique. Et
cette tradition fut perpétrée par son successeur, Jean-Paul II.

N'est-il pas aberrant que l'on condamne une pratique sexuelle en


fonction d'une tradition, alors que les études historiques et scientifiques en
la matière ont démontré que cette pratique était naturelle, commune à tous
les mammifères évolués et semblait constituer le meilleur apprentissage
possible d'une vie sexuelle épanouie ?

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CONCLUSION

Je pense avoir atteint mon but en dénonçant toutes sortes d’idées


fausses qui sont autant d’entraves à de saines activités sexuelles de la part
des hommes. Ces entraves rejaillissent bien entendu sur leurs partenaires
et, donc, sur l’ensemble de notre société.

Au nom de croyances, de superstitions, de traditions et de rites, on


continue à condamner les choses les plus saines et les plus naturelles.
L’ignorance sexuelle y aide pour une bonne part.

Que chacun ose se secouer du joug de cette ignorance, s’informe et


réfléchisse aux conséquences évidentes de ce qu’il découvrira ainsi. Tel est
mon voeu le plus cher !

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