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So be it.

Il y a peu (le détail n’importe pas), un membre du gouvernement français s’exprimant


sur les ondes d’une radio nationale clôt l’entretien qu’il accorde par ces mots : “So be it.”
L’homme de radio enchaîne, à l’intention des auditeurs (francophones) : « Ainsi soit-il. »

Les vrais bilingues (dont je ne suis pas) sont rares ; les faux sont pitoyables.
Que Son Excellence daigne répandre la bonne parole en marquant sa supériorité (sa diffé-
rence ?), cela ne regarde que sa chère personne ; on trouvera bon que je souligne que son
exposé — et comme il a l’éclat du verre, il en a la fragilité — n’y a pas gagné en clarté ni en
efficacité pour autant : le réparateur de porcelaine a fait de son mieux en glosant le pro-
pos dans la langue qu’il pratique, mais c’était présumer de ses capacités.

« Ainsi soit-il » a une connotation religieuse ; “So be it” plus la moindre (sauf pour qui confon-
drait avec “Let it be”) et la clausule était évasive : « Acceptons-en l’augure. »

King John, III, IV (Pandulph/Pandolphe s’adresse à Lewis/Louis) :

“That John may stand, then Arthur needs must fall ;


So be it, for it cannot be but so.”

« Afin que Jean soit à même de se soutenir,


Il faut à tout prix provoquer la chute de Louis.
Passons-en par là, puisqu’il n’y a pas d’autre solution. »
La libertà non ha pizzo.

Une chaîne de télévision française diffuse un reportage consacré à un groupe de commer-


çants de Reggio Calabria qui organise la résistance face aux extorsions de la mafia cala-
braise, la ’ndrangheta (ἀνδραγαθία « bravoure »). On y apprend que les voyous exigent en
contrepartie de leur prétendue protection une contribution financière baptisée pizzo (du
sicilien pizzu « bec », dans la locution fari vagnari u pizzu [laisser qqn baigner/tremper
son bec] « laisser qqn faire un petit prélèvement »). D’où le slogan :

Il ne semble pas être venu à l’idée du correspondant de la chaîne en Italie qu’il serait
peut-être bon d’expliquer aux téléspectateurs francophones qu’il s’agit du démarquage
de la formule La libertà no ha prezzo « la liberté n’a pas de prix » ; on répète depuis le XIIe
siècle :
Non bene pro toto libertas uenditur auro.
On aurait tort de vendre sa liberté, même pour tout l’or du monde
ou bien
On ne vend pas avantageusement sa liberté, même pour tout l’or du monde.

La moralité, sous cette forme provient de Gautier Ophamil, Gualterio Offamilio, Gualte-
rus Anglicus ou Walter l’Anglais que Léopold Hervieux (Les fabulistes latins depuis le siècle
d’Auguste jusqu’à la fin du moyen âge, I, 1884 : Phèdre et ses anciens imitateurs, p. 449) a
réussi à identifier avec Walter of Mill, chapelain d’Henri II Plantagenêt, envoyé à Palerme
en tant que précepteur du futur roi et gendre d’Henri, Guillaume II le Bon.
Caudebec-en-Caux

Église Notre-Dame de l’Assomption

© ILP

Dans la travée droite de la nef.


On remarquera les vestiges de fresque polychrome.
L’inscription n’est pas signalée aux visiteurs.
© ILP

Voici un essai de lecture et d’interprétation de l’inscription.

Lan • mil • cccc • xxvi


fu • ceſte • nef • cy • cõmencie
ſãte dieu • doĩt • i • bõne • vie
ax • bṅffaicteurs • i • *pndis

● Deux premières lignes : L’an mil quatre cent vingt-six


fut cette nef-ci commencée.
Dans « cõmencie » le -o- est surmonté d’un tilde et il faut développer en conmencie.

● Deux dernières lignes : Très-Saint Dieu donne une bonne vie


aux bienfaiteurs au plus haut [des cieux]
« ſãte » pour ſantiſſime
« doĩt » doint (subjonctif de donner, à la 3e pers. du sing., sans « que » introducteur ou
béquille)
« bõne » bonne
« ax » (conjectural) = aux
« bṅffaicteurs » avec ligature, le premier jambage du -n- étant surmonté d’un point pour
amener une lecture in
le déchiffrement de la fin est hypothétique : « i • *pndis » in profundis (?)
Si un(e) chartiste veut bien m’éclairer, par avance merci.
Mers-les-Bains (Somme),
à côté du Tréport (Seine-Maritime)

© ILP

Vue prise de l’Esplanade du général Leclerc

Accès interdit aux chiens des Antipodes ?


Rik Wouters à Malines

© ILP
Le peintre et sculpteur Rik Wouters [1882-1916] n’est pas oublié à Malines/Mechelen
(Région Flamande, Province d’Anvers), ce qui n’est que justice : il est un enfant du pays.
Alles is schoon als men het maar zien kan.
« La beauté de tout apparaît à mesure qu’on accumule les regards »

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