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Activités de la SIDI

et de ses partenaires en 2004

Solidarité
Internationale
pour le Développement
et l’ Investissement
Sommaire
Message du Président 3
Glossaire
ACAD : Arab Center for Agricultural Development (Palestine)
La finance solidaire et les réalités ADER : Association pour le Développement Economique Régional (Mali)
ADI-Kivu : Association pour le Développement intégré au Kivu
de l’accompagnement et du AFD : Agence Française de Développement (France)
ADIE : Association pour le Droit à l’Initiative Economique (France)
ALTERFIN : Coopérative Financière (Belgique)
financement des partenaires 8 AMSSF : Association Marocaine Solidarité Sans Frontière (Maroc)
AMRET : Nouvelle appellation d’EMT «Ennatien Moulethan Tchonnebat » (Cambodge)
AOPP : Association des Organisations Professionnelles Paysannes (Mali)
Au fil des métiers de la SIDI 10 ASPRODEB : Association Sénégalaise pour la Promotion du Développement à la Base
(Sénégal)
Le métier de financement au service de nos partenaires 10 BANCOSOL : Banco Solidario (Bolivie)
BANCO SOLIDARIO : Banque Solidaire (Equateur)
Le métier d’accompagnement au service de nos partenaires 16
BMS : Banque Malienne de Solidarité (Mali)
L’identification des partenaires, la recherche CAC La Florida : Cooperativa Agraria Cafetalera (Pérou)
de financements et de mécanismes de couverture CCFD : Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (France)
des risques, l’analyse de la viabilité sociale 19 CCG : Coopérative de cautionnement et de gestion (Haïti)
CCRD : Caisse de Crédit Rural pour le Développement (RD Congo)
CCSP : Coopérative de Crédit pour le Soutien aux Société Paysannes (Laos)
CDC : Caisse des Dépôts et Consignations (France)
Mobiliser la chaîne de solidarité pour CEP : Capital Aid fund for Employment of the Poor (Vietnam)
CERUDEB : Centenary Rural Development Bank (Ouganda)
échanger, innover et capitaliser 22 COD-EMH : Coordination des Opérations de Développement - Eglise Méthodiste (Haïti)
CONFIANZA : Entidad de Desarrollo para la pequeña y micro empresa (Pérou)
CONSOLIDAR : Cooperativa Corfas de Crédito Solidario(Colombie)
COODEFI : Coopérative Financière et de Développement Economique (RD Congo)
Etats financiers de la SIDI 26 CORDAID : Catholic Organisation for Relief and Development (Pays-Bas)
CRG : Crédit Rural de Guinée (Guinée)
EDAPROSPO : Equipo de Aseroramiento a Actividades Productivas de Sectores Populares (Pérou)
ESD : Association Epargne Solidarité Développement (France)
ESF : Epargne Sans Frontière (France)
FAEF : Fonds d’appui à l’Entrepreunariat Féminin (Nord-Kivu)
FAPECAFES : Federacion Regional de Asociaciones de Pequenos Cafetaleros Ecologicos del sur
(Equateur)
FENACOOP : Fédération Nationale des Coopératives de Producteurs (Nicaragua)
FC : Fonds Coopératif (Laos)
FENAGIE Pêche : Fédération Nationale des Groupements d’intérêt Economique de Pêche
(Sénégal)
FID : Fond d’Incitation au Développement (France)
FONHSUD : Fonds Haïtien d’appui au développement du Sud (Haïti)
GRET : Groupe de Recherches et d’Echanges Technologiques (France)
HIVOS : Humanist Institute for Development Cooperation (Pays Bas)
IMOFOR : Institut Mobil de Formation (Haïti)
INDES : Inversiones para el Desarrollo (Chili)
INDEPCO : Institut National pour le Développement et la Promotion de la Couture (Haïti)
IRAM : Institut de Recherches et d’Application des Méthodes de développement rural (France)
Activités de la SIDI JEMENI : Union des Caisses Mutuelles d’Epargne et de Crédit (Mali)
et de ses partenaires en 2004 KNFP : Conseil National pour le Financement Populaire (Haïti)
KRK : Kreditimi Rural I Kosoves LLC (Kosovo)
Solidarité
KOKARI : Coopérative de services d’intermédiation en crédit rural (Niger)
Internationale
pour le Développement
et l’ Investissement
LA-CIF : Latin American Challenge Investment Fund (Amérique du Sud)
LIDE : Ligue pour le Développement (Nord-Kivu)
MAF : Microfinance Alliance Fund (Asie)
MAE : Ministère des Affaires Etrangères (France)
MAIN : Microfinance African Institution Network
MICROFUND : Institution mutualiste de droit togolais (Togo)
S OLIDARITÉ MISEREOR : Aktion Gegen Hunger Und Krankheit In Der Welt(Allemagne)
MUFED : Mutuelle Femme et Développement (Burkina Faso)
I NTERNATIONALE MUSO : Mutuelles de Solidarité
POUR LE D ÉVELOPPEMENT OIKOS : Danish Cooperative Bank Investing microcredit schemes (Danemark)
OMIPA : Oruchinga Microfinance Promotion Agency (Ouganda)
ET L’I NVESTISSEMENT PROFUND : Fondo de Inversiones incorporado en Panamá
PREFED : Programme Régional de Formation et d’Echanges pour le Développement (Rwanda)
ROPPA : Réseau des Organisations Paysannes de l’Afrique de l’Ouest
12, rue Guy-de-la-Brosse SAINDESUR : Inversiones para el desarrollo (Uruguay)
SAPCA-EGAS (ex UGIE) : Société d’Approvisionnement, de Production, de Commercialisation
75005 Paris et de Conseil Agricole des Ententes des Groupements Associés du Sénégal (Sénégal)
Tél. : 33(0) 1 40 46 70 00 SFP : Structure de Financement de Proximité
Fax : 33(0) 1 46 34 81 18 SIDA : Swedish International Development Agency
SIPEM : Société d’Investissement pour la Promotion de l’Entreprise à Madagascar
site : www.sidi.fr (Madagascar)
TEMBEKA : Social Investment Company Limited (Afrique du Sud)
TIMPAC : Tous Impliqués dans la mobilisation des ressources locales et la promotion des
actions communautaires (Togo)
TITEM : Union des Mutuelles d’Epargne et de Crédit (Madagascar)
Conception et réalisation : SIDI TRIODOS : Banque Sociale (Pays Bas, Angleterre, Belgique)
Poussières d’Étoiles - Courtabœuf (91) UE : Union Européenne
UGPM : Union des Groupements Paysans de Meckhe (Sénégal)
01 60 92 42 72 WAGES : Women Association for both Gain Economic and Social (Togo)
ACTIVITÉS D E LA SIDI ET D E S E S PA R T E NA I R E S E N 2004
2
Le message
du Président du Directoire
D eux années du plan de développement
2003-2005 viennent de s’écouler.
Avons-nous rempli notre mission
financières, ces cinq dimensions, la SIDI occupe une
position tout à fait originale dans le paysage de la finance
solidaire. Grâce à chaîne de solidarité pour le financement,
de renforcer l’appui aux services c’est dans la durée et dans la perspective d’un développement
financiers de proximité ? Avons-nous durable et juste que nous pouvons mettre en œuvre notre
fait évoluer le portefeuille de la SIDI, mission de consolidation des SFP (cf. chapitre 2).
pris en compte les nouveaux besoins Ici, au Nord, des mécanismes alternatifs innovants se sont développés
et consolidé les innovations finan- dans plusieurs directions : finance solidaire, investissement éthique,
cières de nos partenaires ? Avons-nous opérateurs d’appui à la microfinance… Dans ce paysage, la SIDI
œuvré pour assurer le renforcement occupe une position originale, car ce n’est :
institutionnel de notre outil de travail ? - ni une banque qui découvre l’étendue du marché des pauvres,
Oui, et cela aux côtés, et grâce au soutien, de - ni un bailleur de fonds octroyant des financements publics,
nombreux partenaires, actionnaires et alliances qui partagent notre - ni un bureau d’études élaborant et définissant des projets,
vision de l’économie solidaire. Nous avons renforcé et démultiplié mais c’est une chaîne d’acteurs solidaires. Notre engagement au
les pratiques de financement solidaire, mises en œuvre par des service de la finance solidaire est fondé sur des valeurs plus que sur
organisations locales. Nous avons soutenu la capacité des acteurs des outils. Il est basé sur la confiance, les liens sociaux et la
économiques populaires à entreprendre et produire, dans leur cohésion sociale et la recherche d’une maximisation de la solidarité
environnement. Nous avons renouvelé notre attention particulière et non du profit. Il cherche à respecter les conditions et la culture
au monde rural. locales, à partir des besoins des bénéficiaires et à s ‘appuyer sur les
En 25 ans, la microfinance a permis l’accès aux services financiers pratiques locales (cf. chapitre1).
de proximité pour des millions de familles exclues des services Nous sommes convaincus que c’est en alliance, à partir de nos
bancaires. Dans les années 90, la microfinance est même devenue expériences sur le terrain avec nos partenaires, que nous pourrons
un outil emblématique de la lutte contre la pauvreté. construire un système viable et international.
Les catastrophes de l’année 2004 ont fait retentir l’écho et Tous les acteurs solidaires qui mettent en œuvre ces innovations
l’étendue de la pauvreté dans le monde. Plus de la moitié de sont déjà fortement reliés les uns aux autres, grâce au développement
l’humanité n’a pas accès aux systèmes financiers formels et les des réseaux d’acteurs et aux nouveaux moyens de communication. Christian SCHMITZ
inégalités entre les riches et les pauvres progressent de jour en jour. Grâce à ces réseaux, il est possible de mettre en commun les efforts Président du Directoire
La microfinance n’est pas une solution universelle à la réduction pour apprendre des autres et les transferts de savoirs et de de la SIDI
de la pauvreté mais une approche dont l’utilité et l’intérêt sont compétences qui peuvent se faire entre Nord et Sud, Sud et Sud, Paris, 8 juin 2005
reconnus au plan international. Proclamée l’année de la microfinance Sud et Nord.
par les Nations Unies, 2005 doit voir la microfinance servir encore Depuis 2002, la SIDI veut accompagner encore plus loin la Chaîne
plus de personnes dans le monde. de Solidarité pour le Financement et renforcer la relation entre
En offrant un crédit, en sécurisant l’épargne, la microfinance ouvre la mobilisation d’une épargne solidaire au Nord et son utilisation
l’espérance pour des milliers de personnes à faible ressources de par des institutions du Sud et de l’Est soucieuses du mieux-être des
pouvoir se projeter dans l’avenir. populations qu’elles servent. Pour cela, l’équipe SIDI s’est fixé un
Toutefois, il est encore difficile aujourd’hui de mesurer et enjeu de "Viabilité Sociale et Développement" de ses partenaires
apprécier les impacts quantitatifs de la microfinance en matière afin de comprendre l’impact des services financiers sur la vie
de lutte contre la pauvreté. C’est pourquoi il faut continuer à de l’institution locale et de ses clients. L’accent est mis sur les
inventer des solutions nouvelles pour accroître l’impact social de préoccupations sociales, environnementales et éthiques afin de
la finance solidaire : répondre aux différents besoins d’une donner du sens à l’argent investi.
exploitation agricole familiale, rendre possible l’investissement Malgré la diversité, la complémentarité et la richesse
dans des équipements productifs, favoriser la commercialisation actuelles des maillons de la chaîne de solidarité pour le
pour les organisations paysannes, l’accès au logement, aux financement, nous ne sommes jamais trop nombreux, trop
médicaments … L’ingénierie de la finance solidaire n’a pas enco- compétents, trop ouverts pour permettre à la SIDI et à ses
re épuisé ses possibilités. partenaires de jouer un rôle de «poisson pilote » dans le
Afin de couvrir les différents besoins en services financiers, une monde de la microfinance.
multitude d’initiatives innovantes se sont mises en place auxquelles Au terme du plan en cours (2003/2005), les encours prévisionnels
la SIDI est déjà connectée. La SIDI travaille en partenariat avec des totaux des investissements réalisés devraient atteindre un volume
Services de Financement de Proximité (SFP) au Sud et à l’Est, de l’ordre de 5,8 millions € (réalisable avec un capital actuel de
véritables acteurs de l’économie solidaire locale - coopératives 5,3 millions € et des emprunts en cours de 0,5 million €).
d’épargne et de crédit, institutions de microfinance, mutuelles de Le besoin de ressources financières nouvelles s’impose donc dès à
solidarité, ONG, banques populaires, organisations de producteurs, présent et les actionnaires de la SIDI vont proposer au cours de
associations -, qui offrent des services financiers à un public exclu leur assemblée générale du 8 Juin 2005, et conformément aux
des circuits bancaires. Elle s’efforce d’apporter à ses prévisions, la mise en place en 2005 d’une augmentation de
partenaires, à la fois un soutien financier, un suivi capital pour la mise en œuvre d’un nouveau plan de consolidation
institutionnel, un appui technique, un travail en réseaux et de développement des partenariats pour les trois prochaines
dans les différents continents et une analyse de leur années (2006-2008).
viabilité sociale. En couvrant, avec ses propres ressources Nous poursuivrons notre mission grâce à vous et à vos côtés.

3
Un éclairage sur le positionnement

La finance solidaire et les réalités de l’accomp


Regard historique La finance solidaire
sur la microfinance au cœur de la mission
A la fin des années 70, la microfinance s’est développée de la SIDI
pour permettre aux populations, exclues des services ban-
caires d’accéder à des services financiers (crédit, Le positionnement de
épargne et autres services financiers). En vingt cinq la SIDI parmi les acteurs
ans, des projets, des ONG, des associations, des mutuelles, de la microfinance3
des coopératives d’épargne-crédit ont fleuri aux quatre
coins du monde … et servent actuellement plus de 60 mil- Historiquement, le démarrage de ces institutions locales a
lions de personnes dans le monde. La microfinance a eu souvent été initié par des subventions publiques ou privées
une trajectoire remarquable par sa portée - environ d’agences d’aide au développement4 ainsi que par un
7 000 organisations de microfinance sont identifiées appui technique d’ONG spécialisées, tant internationales
aujourd’hui1 - et surtout par son utilisation en tant qu’un que locales, qui ont fortement contribué au lancement
des instruments de la lutte contre la pauvreté. Elle a aussi d’initiatives (cas de la création du CRG en Guinée,
réussi à prouver que les prêts aux populations défavorisées d’AMRET au Cambodge, de TIMPAC au Togo, d’AL
pouvaient être octroyés de manière efficace et pérenne. AMANA au Maroc…). Dans d’autres cas, tels que la
SIPEM à Madagascar, INDES au Chili, quelques entrepre-
Créée en 1983 par le CCFD, il y a plus de 20 ans, la neurs privés locaux porteurs d’une vision forte se sont
SIDI a participé aux débuts des premières initia- engagés dans la création d’une structure de financement
tives qui permettaient l’accès aux services finan- afin de répondre à la demande. Ailleurs, ce sont des orga-
ciers pour les exclus du système bancaire, d’abord nisations populaires fortes, telles que des associations
sous la forme de prises de participations directes locales, des organisations paysannes qui ont initié des ser-
dans des micro-entreprises au Sud, puis, à partir de vices financiers pour leurs membres.
1994 par un appui sous forme de prêts et de parti-
cipation au capital des institutions de microfinan- Afin de pérenniser les programmes de microfinance, finan-
ce, afin d’augmenter la portée de ses interventions. cés jusqu’alors par des subventions publiques et privées, et
de les transformer en structures locales capables d’oc-
Les retombées positives de la microfinance sont aujour- troyer des services financiers dans la durée, leur autonomie
d’hui identifiées et confirmées, et représentent des progrès financière est devenue nécessaire : apparaît alors le besoin
réels en termes d’augmentation des revenus, d’accès aux de ressources stables pour consolider les opérations et atti-
soins, à l’éducation, au logement… Toutefois, des études rer des financements supplémentaires en accompagne-
montrent que ce n’est pas forcément les populations les ment de la croissance. Ces structures locales de microfi-
plus défavorisées qui peuvent utiliser au mieux un crédit. nance sont dénommées collectivement structures de
En effet, les personnes qui en tirent le meilleur bénéfice financement de proximité (SFP) ou institutions de microfi-
sont celles ayant un projet économiquement viable. nance (IMF).
Parmi les premiers à reconnaître le besoin en res-
Avec l’année mondiale du microcrédit en 2005, les sources longues, et à s’y risquer, la SIDI a fait le
Nations Unies affichent des objectifs quantitatifs ambi- pari d’apporter sa contribution aux fonds propres
tieux : de 60 millions de personnes ayant accès aux services des institutions locales de microfinance5, ou bien
de la microfinance aujourd’hui, il s’agirait d’atteindre 200 de leur octroyer un prêt à moyen ou long terme
millions de personnes dans les cinq prochaines années2. afin de leur permettre d’augmenter leur volume
L’enjeu reste donc une plus large couverture en matière de d’activités.
services financiers, en particulier dans le milieu rural.
La SIDI, un acteur
La SIDI situe précisément son intervention au confluent de de la finance solidaire
ces deux tendances : contribuer à donner accès aux ser- La finance solidaire s’adresse à des personnes exclues et
vices financiers à un grand nombre de personnes, tout en marginalisées sur le plan économique et social. Elle vise à
ciblant les personnes défavorisées. réduire les inégalités d’accès aux services financiers.
ACTIVITÉS D E LA SIDI ET D E S E S PA R T E NA I R E S E N 2004
4
et les activités de la SIDI en 2004

agnement et du financement des partenaires


Les SFP du Sud sont au cœur de la finance solidaire : leur fonction de la rentabilité de l’institution et de
principal atout réside dans leur connaissance et leur proxi- notre investissement. Nous avons la conviction,
mité avec leur clientèle ainsi que dans les relations de partagée avec le CCFD, que nos partenaires sont
confiance qui se construisent avec elles. les acteurs les plus à même de promouvoir notre
mission de développement.
La SIDI soutient l’émergence d’acteurs locaux
capables de fonctionner de façon autonome, et Des investisseurs socialement
d’apporter des produits et des services financiers responsables
durables à une population défavorisée. La
construction de relations de partenariat, basées Au total, ce sont 500 actionnaires - le CCFD, des action-
sur la confiance, la transparence, le respect des naires institutionnels, des congrégations religieuses, mais
valeurs de chacun, fonde la vision de la SIDI. aussi des personnes privées8 - qui ont réuni un capital de
5,3 millions d’€, au profit de structures de financement de
proximité, dans les pays en développement.

La SIDI, un investisseur Une chaîne de solidarité pour

solidaire le financement humaine et engagée

Le partenariat solidaire promu par la SIDI s’ancre le long


On dénombre aujourd’hui 436 fonds d’investissements d’une chaîne de solidarité pour le financement du Nord
dédiés au financement de la microfinance (38 existants et au Sud.
5 en cours de création en 2005) totalisant un capital de Au Nord, les actionnaires, individuels ou institutionnels,
700 millions d’€. Ces fonds apportent une contribution et plus de 6000 épargnants solidaires, qui ont réuni
essentielle aux SFP sous forme de prêts ou de prises de une épargne de près de 50 millions d’€ au sein d’un pla-
participation, aux côtés des agences bilatérales ou multila- cement solidaire de partage, contribuent à rendre possible
térales ou de fondations privées qui contribuent égale- les opérations de la SIDI. Ils constituent la base finan-
ment à la capitalisation des SFP. Si une partie de ces fonds cière mais aussi morale de la SIDI.
cherche à procurer une certaine rentabilité financière, Au Sud, les structures de financement de proximité utili-
d’autres agissent avant tout dans une perspective de via- sent cet investissement solidaire afin d’octroyer des ser-
bilité sociale forte. vices financiers aux populations défavorisées.
La SIDI est un « investisseur responsable et
patient » qui a pour objectif de rendre des capi- En 2004, la SIDI travaille avec 58 institutions par-
taux disponibles pour les SFP afin de soutenir leur tenaires réparties dans 30 pays du monde, dont
développement et leur croissance. « Solidaire » quatre institutions à dimension régionale (le
car elle apporte ces fonds avant tout dans une réseau MAIN en Afrique, PROFUND et LACIF en
perspective de viabilité sociale et non pas simple- Amérique Latine et le MAF en Asie).
ment financière.
Une maturité institutionnelle
Aux côtés d’autres investisseurs solidaires, la SIDI relève de
spécificités qui méritent d’être soulignées aujourd’hui7. Créée en 1983, la SIDI fait figure d’institution pionnière
dans ce domaine, la majorité des fonds d’investissement
Des fondateurs qui garantissent sont nés à la fin des années 90 ou plus tard9.
une vision sociale et de développement
Des fonds « patients » et « adaptés »
La SIDI a été créée par le CCFD, avec lequel elle partage qui couplent prêts, prises
des valeurs communes, notamment en termes de de participations et garanties
vision/mission.
Des fonds patients sont des fonds engagés à long terme au
Le choix de nos partenaires se fait d’abord en profit des SFP, dans une perspective de générer un impact
fonction de la qualité des hommes qui les compo- social. La SIDI allie les trois outils classiques de financement
sent, de leurs motivations et visions, et non en - prêts, prises de participation et garanties - ce qui lui offre

5
Un éclairage sur le positionnement

la possibilité de travailler avec des partenaires diversifiés Un fonds de petite taille mais un nombre
(cf. chapitre 2), selon des modalités diversifiées. conséquent de partenaires financés
L’engagement financier de la SIDI au 31 décembre
2004 auprès des partenaires du Sud et de l’Est La SIDI, avec son capital de 5,3 millions d’€, figure parmi
atteint 4,6 millions d’€ (soit + 18%/2003) : 4,5 mil- les fonds de petite taille. Mais son originalité vient du fait
lions d’€ pour le portefeuille de prêts10 et prises de que son capital est investi dans un nombre important
participation (dont 2,6 millions en prises de parti- d’institutions locales.
cipations et 1,9 million en prêts) et 0,1 million d’€ Fin 2004, 41 SFP bénéficient d’un financement de
en garanties. la SIDI : 21 sous forme de prises de participation
(dont 4 bénéficient conjointement d’un prêt et
Dans un souci d’adapter son offre aux réels besoins de d’une prise de participation) et 20 sous forme
développement des institutions, la SIDI a développé entre d’un prêt. De plus, 3 partenaires - OMIPA en
2001 et 2004 les prêts en monnaie locale, grâce à la mise Ouganda, partenaire de la SIDI depuis 2002, la
en place d’un mécanisme de couverture des risques de Fédération des Paysans du Fouta Djallon en
change (FID). Les deux tiers de notre portefeuille sont Guinée et COODEFI au Congo - ont bénéficié
engagés en monnaie locale au 31/12/2004. d’une garantie SIDI en 2004.

La prise de participation est privilégiée Le montant moyen de l’encours des prêts


octroyés par la SIDI s’élève à 80 000 € et celui
La prise de participation permet aux SFP de bénéficier d’une prise de participation à 122 000 €, mon-
d’une source de financement durable. Elle leur permet tants relativement faibles par rapport aux autres
également de lever davantage de ressources sous forme fonds. Ils témoignent d’une volonté de la SIDI de
d’emprunts (effet de levier). diversifier son portefeuille, et de sa philosophie
Fin 2004, 58% de notre capital était investi sous de ne pas être l’actionnaire le plus important
forme de participation au capital et 42% sous d’une SFP (sauf exception comme pour TEMBEKA
forme de prêts. en Afrique du Sud afin que cette jeune structure puisse
trouver des investisseurs).
En participant au capital de SFP, souvent d’institutionnali-
sation récente, la SIDI accepte une prise de risque Des engagements financiers
importante. Elle participe ainsi au capital de jeunes ins- au profit de partenariats diversifiés :
titutions qui ont un fort potentiel au moment où elles s’ins- une illustration en 2004
titutionnalisent et ont besoin de fonds sur le long terme
(ex : parmi les investissements récents de la SIDI : Crédit La SIDI a fait le choix de soutenir une diversité d’approches
Rural de Guinée, Kokari au Niger,AMRET et HATTHA KAK- et de partenaires qui apportent une réponse adaptée au
SEKAR au Cambodge, Caja Rural San Martin et Confianza contexte socio-économique de leur zone d’intervention.
au Pérou, MAF aux Philippines, KRK au Kosovo, TEMBEKA En 2004, la SIDI a octroyé 13 financements pour
en Afrique du Sud, Fonds Coopératif au Laos). un montant total de plus d’1 million d’€ : 9 prêts
et 4 prises de participation, au profit de 13 parte-
La nécessité de redéployer notre capital naires dont 6 bénéficient pour la première fois
d’un financement SIDI. 5 de ces partenaires per-
Pour l’actionnaire SIDI, une participation au capital mettent l’accès au financement dans les villes11
implique une gestion spécifique, en matière de risques, (SIPEM à Madagascar, CERUDEB en Ouganda,
de revenus et surtout d’affectation de ressources JEMENI et NIAKO au Mali, MICROFUND au Togo),
(cf. étude page 13 « la problématique de désengage- 6 œuvrent en milieu rural (UGPM au Sénégal,
ment à la SIDI »). KOKARI au Niger, TIMPAC au Togo, CAJA RURAL
En 2004, trois cessions de capital ont abouti en SAN MARTIN au Pérou, FAPECAFES en Equateur,
Amérique Latine : deux cessions partielles chez HATTHA KAKSEKAR au Cambodge), et 2 sont des
INDES (Chili) et chez PROFUND (instrument régio- institutions de refinancement (le MAF en Asie du
nal pour l’Amérique Latine) et une cession de la Sud-Est, TEMBEKA en Afrique du Sud).
totalité de la participation, chez Bancosol, en (Cf. tableau n° 1 pour la répartition géographique des nou-
Bolivie. veaux investissements de 2004).
ACTIVITÉS D E LA SIDI ET D E S E S PA R T E NA I R E S E N 2004
6
et les activités de la SIDI en 2004

Faire évoluer ses outils financiers est un objectif que la SIDI 6 000 épargnants solidaires partagent le produit de leur
a inscrit dans sa planification triennale 2003-2005. épargne, ce qui contribue à donner des moyens à la SIDI pour
En 2004, trois garanties ont été émises en faveur de financer en partie sa mission de développement.
partenaires ruraux : OMIPA en Ouganda, COODEFI
au Congo (au profit des Mutuelles de Solidarité de En 2004, les activités de la SIDI ont nécessité
la région du Nord Kivu au Congo) et la Fédération 1,8 millions d’€ pour le fonctionnement et l’ac-
des Paysans du Fouta Djalon en Guinée. compagnement de nos partenaires.
Ces ressources proviennent :
Une évolution significative - du CCFD et des revenus partagés des placements
des investissements SIDI en Afrique solidaires (1,1 million d’€) couvrant 61% des
charges,
Sur l’ensemble des fonds d’investissement dans la microfi-
nance, seulement 6% des investissements sont consacrés à Total en 2004 Total en 2003 Tableau n° 1 :
l’Afrique12.A l’inverse,depuis 2003 le continent africain béné- en K€ en K€ destination
ficie du plus fort engagement financier de la SIDI (prêts et Afrique 604 274 des finance-
prises de participation), à hauteur de 45% en 2004 (contre Amérique Latine 181 227 ments SIDI :
34% en 2003), suivi de l’Amérique Latine à hauteur de 27% Asie 233 100 les nouveaux
(contre 31% en 2003, conséquence de la cession de notre Bassin Méditerranéen 0 100 investissements
capital de trois IMF de cette région). (cf. graphique n° 1). Caraïbes 0 0
L’Afrique représente aussi le continent où le montant Europe de l’Est 0 25
moyen investi par pays est le plus élevé (224 000 €), consé- Total 1 019 728
quence d’une stratégie active de multipartenariat, en parti- dont prêts 620 489
culier au Togo et au Mali en 2004, et le montant moyen dont participation 400 237
investi par partenaire le plus important (126 000 €), consé-
quence de montants « lourds » en prise de participation en
Graphique n° 1 :
particulier auprès de SIPEM à Madagascar, TEMBEKA en K€ portefeuille de
Afrique du Sud et CERUDEB en Ouganda (cf. tableau n°2). 2 500 la SIDI au
2 020 31/12/2004 par
La création d’effets de levier 2 000
continent (prêts,
par les fonds de refinancement participations
1 500
et créances
La SIDI a investi dans trois fonds régionaux de refinancement 1 186
rattachées)
: Profund et Lacif en Amérique Latine et le MAF en Asie. Ceci 1 000
lui a permis d’aller dans des pays où elle n’intervient pas 561
actuellement et d’avoir un effet de levier très significatif pour 500 347
210 136
certains partenaires tels que Bancosolidario en Equateur…
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Af

Ca

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teur solidaire
Montant moyen investi Montant moyen investi Tableau n° 2 :

Une mission de développement couplée par pays en K€ par partenaire en K€ montant

à une mission d’investissement Afrique 224 16 partenaires 126 moyen des


Bassin méd. 173 3 partenaires 116 investisse-
Là réside l’originalité la plus forte de la SIDI par rapport Amérique latine 169 11 partenaires 108 ments SIDI
aux autres investisseurs sociaux. L’octroi d’un financement Haïti 210 3 partenaires 70
à un partenaire s’accompagne toujours d’une mission d’ac- Asie 140 6 partenaires 94
compagnement de son développement. Cette spécificité Europe 68 2 partenaires 68
est possible grâce à la chaîne de solidarité pour le financement: Total 164 41 partenaires 109

7
Un éclairage sur le positionnement

- de partenaires financiers internationaux (0,5 mil- financiers dans des zones enclavées (l’UGPM au
lion d’€) couvrant 28% des charges, Sénégal, le Fonds Coopératif au Laos, OMIPA en Ouganda),
- des revenus de son portefeuille (0,2 millions d’€) dans les zones en crise (Palestine, Liban, Haïti, Grands
couvrant 11% des charges. Lacs…) ainsi que des organisations de producteurs
qui offrent des services financiers à leurs membres
Seconde année de son plan d’action, l’année 2004 s’est (AOPP au Mali, FAPECAFES en Equateur, CAC La Florida,
caractérisée par un renforcement des engagements en FPFD en Guinée…).
Afrique de l’Ouest avec l’ouverture de partenariats au
Mali, au Togo, et également en Equateur et au Pérou et L’accompagnement de la SIDI
des missions d’identification au Bénin, en Amérique Latine pour contribuer à un développement
(Equateur, Pérou, Nicaragua), dans les PECO (Moldavie) et institutionnel durable grâce
dans le Bassin Méditerranéen. à un partenariat de qualité
En 2004, l’Afrique a bénéficié de 44% des ressources
d’accompagnement de la SIDI (cf. tableau n°3). La mission de développement de la SIDI, loin d’une
logique de prestataire de services, se concrétise par des
Une mission d’accompagnement activités d’appui technique, de suivi conseil et d’accompa-
qui permet d’appuyer des institutions gnement institutionnel sur un moyen/long terme. Le cha-
de petite taille pitre 2 détaillera les différentes composantes des métiers
de l’équipe SIDI en 2004.
La mission d’accompagnement de la SIDI consiste à
apporter un appui technique à ses partenaires. Elle lui offre Une équipe aux compétences
aussi les moyens d’accompagner des institutions de petite diversifiées au service des partenaires
taille, dans des zones en crise, la SIDI n’ayant d’autres
garanties possibles que son suivi régulier et assidu de leur L’équipe salariée de la SIDI est composée de seize per-
évolution. sonnes dont sept responsables géographiques qui consa-
crent près de la moitié de leur temps en mission sur place
Les partenaires de la SIDI ont ainsi des profils dif- auprès des partenaires, une chargée des partenariats ins-
férenciés : depuis des institutions de taille impor- titutionnels, un chargé de viabilité sociale et un chargé
tante qui mettent en oeuvre une mission d’accès d’appui à l’Afrique de l’Ouest, qui effectuent aussi des mis-
aux services financiers auprès d’un grand nombre sions régulières à l’étranger. L’équipe administrative est
de clients (ex : AL AMANA au Maroc avec composée d’un Responsable chargé de la promotion des
140 000 clients, CERUDEB en Ouganda avec produits de placement solidaires, d’une comptable, d’une
52 000 emprunteurs et 400 000 déposants, BANCO SOLI- secrétaire de Direction et de deux assistantes aux opéra-
Tableau n° 3 : DARIO en Equateur qui touche plus de 100 000 clients, tions. Des consultants bénévoles, sollicités en fonction de
dépenses JEMENI au Mali avec 34 000 sociétaires et 10 000 emprun- leurs compétences spécifiques (gestionnaires et comp-
réalisées en teurs, Hattha Kaksekar et AMRET au Cambodge, le Crédit tables, bancaires, juridiques, ressources humaines,…) et
2004 pour l’ac- Rural en Guinée …) jusqu’à des institutions de taille partageant la vision de la SIDI permettent de renforcer le
compagnement plus petite, véritables acteurs de changement travail effectué par les responsables géographiques et
des partenaires social : institutions qui offrent des services d’apporter un appui important à nos partenaires.

Total en 2004 Total en 2003 L’organisation de l’équipe SIDI est rythmée par la vie des
en K€ en K€ missions et des temps de capitalisation. Par exemple, en
Afrique 581 624 2004: capitalisation et réflexion relative aux systèmes de
Bassin Méditerranéen 96 84 financement de la santé, des systèmes d’information et de
Europe centrale 81 38 gestion…
Asie 221 178
Amérique latine 124 63 La prise en compte de la viabilité sociale
Caraïbes 136 137
Appui transversal 95 72 A la différence d’une banque, l’institution de microfinance,
Total 1 307 1217 se fixe une responsabilité sociale vis-à-vis de ses clients, et
respecte l’engagement moral d’atteindre de bonnes per-
ACTIVITÉS D E LA SIDI ET D E S E S PA R T E NA I R E S E N 2004
8
et les activités de la SIDI en 2004

formances sociales. Le concept de viabilité sociale permet tions, l’équipe de la SIDI s’engage aussi dans l’appui aux
de renforcer l’objectif de lutte contre la pauvreté qu’en- réseaux (cf. chapitre III, page 22) : appui au réseau MAIN,
tend poursuivre la finance solidaire. Il concilie les enjeux organisation d’un séminaire d’échanges Asie au
d’accessibilité aux services financiers par les différentes Cambodge, participation au réseau Sanabel et au réseau
catégories de population et de lutte contre la pauvreté Foro Lac…
avec une dimension d’équité - les services financiers sont- 1
Sources : Elizabeth Littlefield, CGAP, conférence à la SIDI, avril 2004. Sur ces
ils équitablement partagés par les différentes catégories 7000 organisations de microfinance, 15 institutions couvrent plus de la moitié
de population ? -. La prise en compte de la viabilité socia- des clients en nombre et les autres touchent, individuellement, moins de
1000 clients.
le a été introduite au sein de l’équipe SIDI et est en lien 2
On estime que la demande se situe autour de 600 millions, voire un milliard
aussi avec la mission des responsables géographiques, que de clients non encore servis, soit dix fois plus que la portée actuelle.
ce soit dans le domaine de la viabilité interne (gouvernan- 3
La microfinance concerne la gestion de petites sommes d’argent à travers
une offre de produits et de services.
ce, plans d’affaires..) et externe (innovation et adaptation 4
AFD, MAE, USAID, ACDI, Rockdale Fundation…
des services offerts à la population, relations extérieures 5
ONG locales avec volet microcrédit, institutions de microfinance, banques
avec les communautés,…) de la SFP. commerciales, réseaux de coopératives ou de mutuelles d’épargne et de crédit,
organisations paysannes offrant des services financiers à leurs membres, etc..
6
Sources : « Fonds d’investissements internationaux, mobilisation des inves-
La recherche d’effets de levier tisseurs vers la microfinance ». Patrick Goodman, Appui au Développement
Autonome, Luxembourg, Novembre 2003. Suivie de « Microfinance
pour nos partenaires Investment Funds, key features ». Publication ADA/KFW, février 2005.
7
Spécificités qui peuvent d’ailleurs être communes à d’autres fonds d’investis-
L’équipe de la SIDI joue également un rôle au niveau de la sements sociaux (tels que Alterfin, Oïkocrédit, Luxmint…)
recherche de financements complémentaires en vue de 8
Pour plus de précisions, on pourra se reporter à la cassette de présentation
consolider et d’accroître les capacités d’intervention de ses de la SIDI, « donnons du sens à notre argent », production SIDI, mars 2005,
réalisation Guy Spica.
partenaires (cf. chapitre III). 9
ibid. 2.
10
La durée moyenne des prêts SIDI décaissés en 2004 est de 3,5 ans.
La participation à la vie des réseaux 11
En fonction de la typologie de nos partenaires qui avait été établie dans le
rapport d’activités de la SIDI et de ses partenaires en 2003.
12
Extrait de « Financing Microfinance Institutions : the context for transitions
Convaincue que la professionnalisation de ses partenaires to private capital ». Marc de Sousa-Shields, Cheryl Frankiewicz, USAID,
et la sienne propre passe par des échanges et des forma- décembre 2004.

Carte des
partenaires
TISE
(POLOGNE) de la SIDI
KRK
(KOSOVO)

NAJDEH
ACAD (LIBAN)
AMSSF (PALESTINE)
COD/EMH AL AMANA
FONHSUD (MAROC) BMS
KNFP NIAKO
FENAGIE PECHE AOPP JEMENII FONDS COOPÉRATIF CCSP
INDEPCO KOKARI (LAOS)
(HAITI) ASPRODEB - UGPM (MALI) CEP - WUSOP
SAPCA/EGAS (NIGER)
FENACOP MAIN (VIETNAM) AMRET
(SENEGAL) MUFEDE
(NICARAGUA) CRG (BURKINA-FASO) NETWORK HATTHA KAKSEKAR
PROFUND (AFRIQUE) (CAMBODGE)
(COSTA-RICA) CONSOLIDAR FPFD WAGES
(COLOMBIE) (GUINEE-CONAKRY) TIMPAC CERUDEB - OMIPA
MICROFUND (OUGANDA)
FAPECAFES INTAMBWE (TOGO) AKIBA MAF
BANCO SOLIDARIO (RWANDA) FAEF - LIDE (TANZANIE) (PHILIPPINES)
(EQUATEUR) ADIKIVU - COODEFI
CSRM
EDAPROSPO - LA-CIF (RDCONGO)
CONFIANZA - CAC LA FLORIDA
(PEROU)
BANCOSOL SIPEM - TITEM
(BOLIVIE) (MADAGASCAR)

SAINDESUR TEMBEKA
(URUGUAY) (AFRIQUE DU SUD)
INDES
(CHILI)

9
Au fil des métiers de la SIDI

Le métier de financement au
Notre métier d’investisseur solidaire de prêts ou de participation au capital. Elle privilégie la
nécessite des compétences dans le prise de participation afin de partager les risques des par-
domaine du financement et de l’accom- tenaires et mettre à leur disposition des ressources de long
pagnement technique de nos parte- terme. La participation au capital des SFP revêt en consé-
naires. De plus, notre objectif de quence des caractéristiques spécifiques : immobilisation
construire des partenariats dans la des ressources financières de la SIDI sur un long terme,
durée et la promotion d’une mission de absence de revenus pendant plusieurs années, et adapta-
développement, en lien avec celle de tion au contexte interne (vision) et externe (cf. éclairage sur
nos fondateurs, nous amène aussi à « la problématique de désengagement à la SIDI, pourquoi
mettre en œuvre des initiatives de capi- et comment se désengager » page 14).
talisation, de réflexion et de recherches
de financements pour mieux appuyer Octroyer des ressources moyen terme
nos partenaires. pour nos partenaires
Cette partie de notre rapport d’activités Jemeni au Mali, Niako au Mali,
présente les principaux traits du métier AMRET au Cambodge, UGPM au Sénégal
de l’équipe technique SIDI. A partir de
quelques faits illustratifs de l’année On a constaté que la microfinance s’adapte mieux aux
2004, elle vise à décrire notre démarche besoins d’activités à cycle court telles que le commerce, la
de financement et d’accompagnement. petite restauration, les services, voire l’artisanat et qu’elle
Elle ne s’attache pas à présenter l’en- ne s’avance qu’avec prudence dans le financement de
semble de nos partenaires mais contri- l’agriculture. Celle-ci présente des caractéristiques et des
bue à forger quelques repères significa- contraintes spécifiques qui expliquent la difficulté de
tifs pour comprendre notre métier. répondre à cette demande. La difficulté de mobilisation de
l’épargne en milieu agricole et rural est une contrainte
forte pour la création d’une offre de financement durable.
Consolider les fonds propres des SFP La microfinance au Mali, comme dans beaucoup d’autres
Nouveaux partenaires en 2004 : pays, est un secteur dynamique et innovant mais qui reste
MAF - Microfinance Alliance Fund, fragile et ne peut innover qu’avec prudence. JEMENI, une
et Caja Rural San Martin (Pérou) institution financière mutualiste de 35.000 membres inter-
Renforcement de SIPEM (Madagascar), vient principalement en milieu urbain mais, suite à la forte
La gérante CERUBED (Ouganda) demande des populations rurales organisées, a fait le choix
d’une caisse d’ouvrir des caisses en milieu rural. Grâce aux prêts
de Niako, Kayes,
Mali. A vec les ressources de ses actionnaires du Nord, la SIDI
consolide financièrement ses partenaires, sous forme
octroyés en 2004 par la SIDI pour cinq ans, JEMENI à
Bamako et NIAKO à Kayes peuvent octroyer des crédits
pour la construction de logements en faveur des popula-
tions défavorisées1 de Bamako et pour financer les équipe-
ments agricoles.
Le crédit de 5 ans octroyé par la SIDI a un impact impor-
tant sur JEMENI et NIAKO, car il signifie aux yeux de la
population que l’institution est en bonne santé, solide et
confiante dans l’avenir.

Pour la SIDI, une politique massive de crédits à moyen


terme est plus difficile à mettre en œuvre en raison des
montants moyens plus importants (la construction d’une
maison au Mali nécessite un prêt de 2 000 € par bénéfi-
ciaire) et de la faible rotation des capitaux. Elle nécessite
alors la recherche de financements complémentaires, afin
de répondre aux besoins de financement de nos parte-
naires (concrétisation d’une alliance avec CORDAID en
Photo SIDI.

complément de notre prêt octroyé à JEMENI).


ACTIVITÉS D E LA SIDI ET D E S E S PA R T E NA I R E S E N 2004
10
service de nos partenaires
Renforcer l’offre de financement
aux agriculteurs

Le financement du monde rural a été un axe fort de réflexion


et d’engagement de la SIDI en 2004. Plusieurs financements
ont été accordés en 2004 à des anciens et nouveaux parte-
naires spécifiquement pour le financement rural : Pérou,
Equateur, Guinée, Kosovo, Grands Lacs, Sénégal, Mali, Maroc.

La SIDI est convaincue de la nécessité de renforcer l’offre


de financement aux agriculteurs, dont l’accès au finance-
ment reste relativement faible.
Dans un contexte économique devenu plus complexe, plus
instable et plus concurrentiel, les organisations paysannes
Photo SIDI.

jouent un rôle essentiel dans les services - financiers et non


financiers - octroyés aux producteurs. Elles sont confron-
tées à la question du financement avec une acuité parti-
culière puisqu’elles doivent à la fois : Elle fédère 380 groupements paysans (13 500 producteurs), Chargement de
- financer les initiatives économiques et techniques organisés en 18 unions de zones spécialisées par filières.Afin marchandises,
qu’elles développent au service de leurs adhérents d’augmenter les revenus des producteurs, la FPFD travaille à Fouta Djalon,
- améliorer l’accès des exploitations agricoles aux services améliorer les rendements de trois filières (pomme de terre, Guinée.
financiers oignon et tomate), essentiellement par la maîtrise de l’appro-
- générer des ressources pour couvrir les frais de fonction- visionnement en intrants et le conseil en techniques agricoles,
nement de leur structure. et à aider la commercialisation.
Si L’UGPM et SAPCA-EGAS au Sénégal, l’AOPP au Mali, la
CAC la Florida au Pérou ont ouvert la voie en 2002-2003, Pour chaque saison de culture,la Fédération doit mobiliser des
l’année 2004 a permis à la SIDI de renforcer son engage- fonds pour financer l’achat collectif des intrants (semences,
ment financier auprès de deux nouvelles organisations engrais...), qu’elle fournit à crédit, en nature, à ses membres.
paysannes : la fédération des Paysans du Fouta Djalon La SIDI a garanti un prêt en monnaie locale octroyé à la
(FPFD), en Guinée, la fédération des paysans producteurs FPFD par la banque locale BICIGUI (filiale de la BNP).
de café (FAPECAFES) en Equateur. De plus, la réflexion sur L’émission de cette garantie a été réalisée rapidement et a
le financement de l’agriculture a incité la SIDI à faire évo- permis d’engager un premier pas dans la construction
luer ses outils de financement au profit de l’émission de d’une relation financière qui pourra être développée au
garanties afin de faciliter l’émission de lignes de crédit cours des années suivantes.
auprès des banques locales.
Mieux connaître l’effet des services financiers
Sécuriser le crédit à l’agriculture offerts par les organisations paysannes
La Fédération des Paysans du Fouta Djalon (Guinée) AOPP au Mali

Le financement de l’agriculture est caractérisé par un Le financement de l’agriculture par les organisations de
degré élevé de risques, de nature externe (instabilité des producteurs est une démarche complexe qui nécessite un
prix, conditions climatiques…) ou interne (faible structura- renforcement de leur professionnalisme, l’appropriation
tion des organisations, outils de gestion insuffisants…). Il par les membres de la démarche « crédit »… processus
nécessite souvent de trouver un moyen de sécurisation des coûteux en temps et en énergie.
risques que prend le prêteur. L’AOPP, une fédération nationale de producteurs maliens,
a choisi de mettre en place une activité de crédit à ses
La Fédération des paysans du Fouta Djalon (Guinée) a sollici- membres pour la production et la commercialisation de
té la SIDI en 2004 pour l’aider à financer sa campagne d’achat semences certifiées. Suite à un financement octroyé en
de semences et d’engrais pour le compte de ses adhérents. 2003, la SIDI et l’AOPP ont engagé en 2004 une analyse
de terrain afin de bien identifier les effets de ce finance-
1
Familles gagnant moins de 115 € par mois ment sur les membres, l’organisation en général et tirer

11
Au fil des métiers de la SIDI

les leçons sur les difficultés rencontrées afin d’engager les Développer des liens entre les SFP et les banques
réajustements nécessaires (cf. éclairage page 15 : « Avec locales
l’AOPP au Mali, financer un programme de production et CCRD/COODEFI au Congo, FPFD en Guinée
de commercialisation de semences certifiées »). et CERUDEB/OMIPA en Ouganda

Participer au financement de la commercialisation L’intermédiation vise à créer une relation de confiance


FAPECAFES en Equateur, CAC La FLORIDA au entre deux parties. Elle peut prendre différentes formes :
Pérou, SAPCA EGAS au Sénégal, mission commerce mise en relations, production d’informations, caution
équitable (Afrique du Sud et Madagascar) apportée par un fonds de garantie… La SIDI a avancé
concrètement sur l’utilisation de l’outil garantie dans deux
Le financement des activités économiques des OP2,telles que la nouveaux pays : en Ouganda, avec une garantie émise
commercialisation,requiert des volumes de financement élevés. pour faciliter un prêt de CERUDEB à OMIPA (cf. éclairage
En Equateur, FAPECAFES, la fédération régionale des asso- «la garantie SIDI en Ouganda » page 14 ) ; au Congo, avec
ciations de petits producteurs de café biologique du sud, la mise en place d’une garantie au profit de CCRD pour le
travaille au bénéfice des petits agriculteurs qui en sont éga- refinancement des MUSO via COODEFI et en Guinée avec
lement les fondateurs. Créée par 4 associations régionales, la FPFD comme décrit précédemment.
avec l’appui organisationnel de VECO (une ONG belge), la
Fédération s’est vue confier l’objectif de donner naissance Consolider les fonds de refinancement
à une structure de commercialisation indépendante, effica- Profund (Amérique Latine), LA-CIF (Amérique
ce et compétitive, tant au niveau national (achat auprès des Latine), TEMBEKA (Afrique du Sud),
producteurs) qu’international (exportation), avec des Nouveau en 2004 : MAF (fonds pour l’Asie
volumes suffisants pour lui conférer un bon positionnement du Sud Est)
dans les négociations avec les acheteurs. En 2004, la SIDI a
octroyé un crédit pour le financement de la campagne de
café de FAPECAFES, en complément du prêt d’ALTERFIN, La SIDI bénéficie aujourd’hui d’une expérience, d’un savoir-
tout comme elle a poursuivi son engagement financier faire et de relations dans la gestion financière et l’accompa-
auprès de la CAC la Florida au Pérou également pour la gnement institutionnel de fonds de refinancement. En avril
commercialisation de café. Le financement de la SIDI et 2004, elle a réuni l’ensemble des actionnaires de
d’ALTERFIN permet à FAPECAFES d’effectuer des avances PROFUND3 à Paris. A cette occasion, elle a organisé un ate-
aux associations de producteurs (en avril-mai) et de payer lier d’information avec la participation d’intervenants
les producteurs dès la livraison de la récolte (de juin à août), proches de la SIDI, pour partager l’expérience de PROFUND.
sans attendre l’encaissement des ventes (en septembre).
L’expérience reconnue de la SIDI dans l’accompagnement
Au Sénégal, le processus de privatisation de la filière ara- institutionnel des fonds de refinancement l’a amenée à
chide, engagée par l’Etat, s’est poursuivi. SAPCA EGAS au participer au projet MAF, un fonds de refinancement et
Sénégal n’a pas encore réussi à se relever de ses difficul- d’assistance technique dédié à l’Asie du Sud Est. CORDAID
tés, qui nécessiteraient la mise en place d’un plan de sau- et CRS, les fondateurs du projet, ont invité la SIDI à parti-
vetage important. ciper à l’étape d’institutionnalisation du projet. Etape
importante, puisque c’est au cours de celle-ci que va être
Fonction stratégique essentielle pour les organisations de pro- décidé le sort de l’initiative qui devrait se concrétiser par la
ducteurs, la commercialisation nécessite certes des volumes création d’un fonds juridiquement autonome, auquel les
de financement importants mais parfois aussi la recherche de fondateurs de MAF transfèreront leur participation.
débouchés qui permettront aux agriculteurs d’écouler leur Cette participation dans MAF permet à la SIDI d’être asso-
production au meilleur prix. En 2004, suite à des contacts ciée à une initiative nouvelle, d’améliorer sa connaissance
préalables identifiés, la SIDI a organisé, une mission en Afrique de la région et d’accompagner le financement de nou-
du Sud et à Madagascar avec le CCFD et SOLIDARMONDE, velles IMF en lien avec d’autres investisseurs.
afin de mettre en relation des organisations de producteurs
avec SOLIDARMONDE et de chercher des complémentarités 2
Organisations paysannes
entre la SIDI et le CCFD.Cette mission a permis d’identifier des 3
PROFUND est une structure internationale de financement créée en 1995
pour appuyer le développement des micro-entreprises (MPE) via la consolida-
perspectives mais plusieurs difficultés restent à résoudre pour tion des fonds propres des IMF qui financent ces MPE en Amérique Latine. Cf.
déboucher sur des résultats concrets. article dans revue TFD d’Epargne Sans Frontière, n° 78, mars 2005.

ACTIVITÉS D E LA SIDI ET D E S E S PA R T E NA I R E S E N 2004


12
Eclairage
La problématique de désengagement à la SIDI.
Pourquoi… et dans quelles conditions ?
La SIDI s’engage dans le capital Cette dernière particularité est au cœur de la investissements que des investisseurs. Ayant
des institutions de microfinance réflexion de la SIDI en matière de désengagement. démarré ses opérations en 1995, PROFUND s’ap-
Bien entendu, le but de la SIDI n’est pas de se prête à les clôturer, fin 20052. La plupart des désin-
Depuis sa naissance, il y a plus de 20 ans, les por- désengager à tout prix mais bien de vérifier si son vestissements de PROFUND a donc été, soit pré
teurs de l’aventure « SIDI » - le CCFD soutenu par investissement reste conforme à sa mission et à sa négociée avec les actionnaires locaux (rachat par
d’autres institutions et individus – étaient attentifs vision et si son appui profite aux IMF qui en ont le un groupe de référence, à une valeur relative au
à la problématique de la pérennisation de son plus besoin. bilan, avec facilités de paiement), soit vendue à de
action. Tout au long des années qui ont suivi, cet Qu’en est-il pour la SIDI après son parcours de vingt nouveaux investisseurs, y compris par le biais de
aspect a continué d’occuper une place dans la ans ? La SIDI a-t-elle réussi à mettre en place des RES3.
réflexion commune : « Concevoir la manière la plus désengagements « satisfaisants » - en termes
appropriée et la plus efficace de mettre en place un financier et social ? 3. Un accord et des négociations spécifiques
appui – financier et d’accompagnement – aux La SIDI aborde la problématique de désengage-
micro-entreprises des pays en développement, pour Les expériences ment dans le cadre d’un partenariat idéal. Elle n’est
contribuer à leur insertion dans le tissu écono- de désengagement de la SIDI pas soumise au respect d’un cadre temporel rigide.
mique, tout en veillant à sauvegarder l’existence de Les conditions économiques, l’autonomie opéra-
la SIDI. » Parmi les désengagements effectués, ou en cours, tionnelle et financière du partenaire, et l’accès aux
C’est ainsi que, depuis les dix dernières années, la trois typologies se dégagent : ressources de « renouvellement » étant les points
SIDI fut amenée à modifier la trajectoire de ses de référence auxquels la SIDI reste particulièrement
interventions pour concentrer son appui vers des 1. Des divergences sur la mission peuvent attentive.
institutions de micro-finance (IMF), plutôt que vers apparaître, au fil du temps.
les micro-entreprises elles-mêmes. Dans le sens le Dans un petit nombre de partenariats, parmi les Fin 2004, la SIDI s’est désengagée de sa participa-
plus large du terme, les IMF partenaires de la SIDI plus anciens, le temps s’est révélé être un facteur à tion directe dans BANCOSOL, en Bolivie ; partici-
revêtent toutes les formes – mutuelles, coopéra- l’origine de changements dans la vision initiale. Les pation qui, avec les années, ne représentait plus
tives, ONG, banques ou institutions financières – années passent, l’environnement se modifie, les que 0,87 % des fonds propres de l’IMF. Cette insti-
qui s’efforcent d’apporter des services financiers de personnes changent (tant du côté des partenaires, tution – emblématique du monde de la microfinan-
proximité et de qualité aux populations habituelle- qu’à la SIDI), et avec elles, la vision et la conduite ce – est bien connue de tous4. La SIDI a cédé sa par-
ment exclues des circuits financiers formels et, sor- des opérations sur le terrain. La perception de la ticipation dans BANCOSOL dans une opération
tir leurs initiatives économiques du « sous-dévelop- mission n’est plus la même, entre la SIDI et le par- conjointe avec deux autres actionnaires (PROFUND
pement » auxquelles elles sont généralement tenaire local. Comment poursuivre une collabora- et ACTIS), avec l’assurance que la relève serait assu-
condamnées, faute de moyens. tion, dans ce nouveau contexte ? Ce fut notam- rée financièrement, bien sûr, mais également dans
Parmi les premières structures à reconnaître le ment le cas avec Rural Capital Partners (RCP), en la mission institutionnelle par la qualité des nou-
besoin en capital et à s’y risquer, la SIDI a fait le pari Thaïlande, la SMED au Laos et SERFINDES, en veaux investisseurs : MIBANCO, banque péruvien-
d’apporter sa contribution aux ressources dures Colombie. ne de microfinance, des investisseurs internatio-
(fonds propres) des IMF. Celles-ci ont en effet Grâce à de bonnes relations historiques, la SIDI est naux, y compris Acción Internacional, des per-
besoin de ressources stables et d’une durée sortie de ces partenariats, avec l’accord des autres sonnes physiques boliviennes et des membres du
« longue », pour consolider leurs opérations, et atti- actionnaires et a gardé avec les partenaires concer- personnel de direction.
rer des financements supplémentaires pour accom- nés des relations d’échanges très positives.
pagner leur croissance. INDES, au Chili figure parmi les plus anciens parte-
2. Un Désengagement « programmé » nariats de la SIDI. Cette société a été constituée
La SIDI …se désengage ? Dans d’autres cas, tels que PROFUND et LACIF, en sous la forme d’une « SLI5» avec la mission d’entre-
Amérique Latine, le désengagement est statutaire- prendre elle-même des apports de capital aux
Une participation au capital démontre un engage- ment « programmé ». Pour LACIF – un fonds de micro- et petites entreprises, et de leur fournir un
ment fort de la SIDI et revêt des caractéristiques crédit – le terme des opérations dans leur forme appui technique. INDES a bénéficié de la participa-
importantes : actuelle ne posera pas de difficulté (les crédits étant tion d’actionnaires locaux, dont Fundacion para el
• En matière de risque – politique, financier (déva- remboursables à une date prédéterminée). desarrollo6, Inversiones Norte Sur (INS)7, ainsi que
luation), opérationnel, réglementaire… PROFUND – un fonds d’investissement – participe des personnes physiques. (Suite page 14)
• En matière de revenus – A la différence d’un prêt à la consolidation des fonds propres des IMF1, et est
qui génère un flux régulier de trésorerie, par les confronté à des contraintes similaires à celles de la En plein investissement : 13 participations dans 10 pays, pour
1

intérêts versés selon un échéancier établi, les SIDI. Par contre, à la différence de la SIDI – notam- un montant total proche de US$ 20 millions.
ment par (i) la taille et la maturité institutionnelle Juillet 2005-Juin 2006, sera l’ultime exercice
2
actionnaires ne reçoivent généralement pas de
Rachat d’entreprises par les salariés (RES)
3

dividendes, surtout les premières années de la vie des IMF, (ii) le poids de l’investissement, et (iii) les Chiffres à fin février 2004 : fonds propres – USD 17.678.000 ;
4

d’un institution… exigences statutaires imposées par les bailleurs encours brut – US$ 89.666.000 ; nombre de clients – 59.085.
multilatéraux ayant participé à sa naissance – Société Locale d’Investissement
5
• En matière de ressources – quand et comment
Un fonds de l’église catholique chilienne
6

récupérer les sommes investies, pour permettre PROFUND dispose de peu de souplesse pour rallon- Fonds d’investissement privé détenant le contrôle de Banco
7

un redéploiement vers de nouveaux partenariats. ger la durée de son actionnariat, tant du côté des del desarrollo (BDD), une banque commerciale chilienne

13
Eclairage
La problématique de désengagement à la SIDI.
Pourquoi… et dans quelles conditions ?
Cinq ans après sa création, INDES avait (crédit moyen/long terme, et leasing). Un sou- un investisseur social européen est également
« consommé » ses fonds propres avec des tien logistique indispensable lui a été fourni par intéressé ; un groupe de personnes physiques
prises de participation dans divers projets éco- le Banco Del Dessarrollo (BDD), banque du proches d’INDES ont également exprimé leur
nomiques. Dans l’environnement réglementaire groupe d’INS. Par conséquence, dès le début de intérêt.
relativement sophistiqué du Chili, sauf injection la décennie 2000, INDES a réussi à (i) négocier Pour INDES, le rapprochement avec INS/BDD
de capitaux additionnels, INDES aurait alors été un soutien financier important pour son déve- ouvre de nouvelles perspectives à savoir l’ac-
contrainte de déposer le bilan, ne disposant loppement institutionnel, auprès de FOMIN9, cès aux ressources locales et un élargisse-
d’aucun revenu régulier pour faire face à ses (ii) attirer des financements additionnels, avec ment de ses opérations, notamment dans le
charges. C’est alors que l’« engagement » des le concours de la SIDI, et, (iii) dégager des domaine de micro-leasing. Pour la SIDI, ce
promoteurs chiliens d’INDES s’est révélé pré- bénéfices – condition nécessaire pour attirer de désengagement progressif permet le redé-
cieux. Ils ont relevé le défi de trouver des finan- nouveaux investisseurs. ploiement des ressources vers de nouveaux
cements locaux8, pour créer une dynamique ins- partenariats dans la zone et conforte la vision
titutionnelle vers le financement des entre- En 2003, la SIDI a débuté la cession partielle de ses promoteurs.
prises (SFL). INDES a élaboré des produits de sa participation, étalée sur une durée de
financiers pour satisfaire les besoins des trois ans. Les nouveaux investisseurs sont 8
Auprès de CORFO – établissement financier public de
développement social
micros- et petites entreprises, en fonds de rou- variés : le premier intéressé est un fonds d’in- 9
Fonds multilatéral d’investissements, géré par la Banque
lement (crédit court terme) et d’équipement vestissement chilien (Inversiones Norte Sur) ; Interaméricaine de développement

La garantie SIDI en Ouganda

F aire évoluer ses outils financiers est un objec-


tif que la SIDI a inscrit dans sa planification
triennale 2003-2005. La mise en place d’une
d’Administration de la Banque depuis 1997,
s’attache à maintenir l’objectif social de la struc-
ture, partagée entre la volonté d’augmenter sa
années diversifier ses activités et son portefeuille
dans le milieu rural. Toutefois, les populations
rurales défavorisées restent une clientèle difficile
garantie en Ouganda, en 2004, s’inscrit dans ce rentabilité financière et le souhait d’innover à gérer pour la banque commerciale en raison de
projet. auprès d’une clientèle défavorisée. volumes d’affaires trop restreints ou de garanties
Pourquoi ? Parce qu’il fallait répondre à un En 2001, la SIDI a choisi de développer un par- matérielles inexistantes. La SIDI a alors engagé de
double souhait, celui d’une banque commerciale tenariat avec OMIPA, une organisation rurale de façon volontariste un rapprochement entre
intéressée par une collaboration avec des entre- microfinance, située à une heure de piste de CERUDEB et OMIPA, dont le prêt auprès de la
preneurs ruraux et celui d’une organisation loca- Mbarara (à 300 km au sud de la capitale SIDI arrivait à échéance et qui avait besoin d’une
le, OMIPA, qui devait accéder à un refinance- Kampala). Réseau de caisses rurales, OMIPA est ligne de crédit supplémentaire.
ment pour augmenter son portefeuille de prêts. née de l’institutionnalisation d’un programme de La SIDI a ainsi proposé que le prêt sollicité par
Mais aussi parce que la SIDI voulait avoir une l’Organisation Internationale ACORD (dont le OMIPA soit débloqué par CERUDEB, aux mêmes
approche financière novatrice et favoriser une CCFD est membre). En Janvier 2002, la SIDI a conditions que celles conclues initialement entre
complémentarité entre acteurs locaux dans un octroyé un prêt de 56 000 US$, d’une durée de OMIPA et la SIDI. Pour faciliter cet octroi, la SIDI
pays où les innovations en matière de microfi- deux ans, pour augmenter le portefeuille de prêt a sécurisé la totalité du prêt, en effectuant un
nance fleurissent chaque jour. d’OMIPA, exclusivement orienté vers une popu- dépôt auprès de CERUDEB, d’un montant équiva-
lation rurale. Grâce aux efforts et à la motivation lent à la contrepartie du prêt débloqué en shil-
A l’origine, de son équipe, grâce à la volonté et à l’implica- lings ougandais par CERUDEB à OMIPA.
deux partenaires ougandais tion de ses membres, au cours de ces trois La SIDI joue le rôle de garant et assume une double
années, OMIPA a augmenté le nombre de caisses responsabilité :
En Ouganda, la SIDI entretient une relation privi- membres, qui s’élève maintenant à 35 (au lieu de
légiée de longue date avec deux institutions 20 initialement) et a maintenu une croissance • d’une part, la responsabilité du bon choix de l’or-
locales : avec CERUDEB, une banque commercia- constante de son portefeuille de prêts. ganisation OMIPA qui devient par là le client de
le d’envergure nationale spécialisée dans la CERUDEB. Les relations de qualité que la SIDI
microfinance, et avec OMIPA, une organisation L’objectif de la SIDI : entretient avec OMIPA, la régularité des rembour-
de caisses locales rurales. permettre le rapprochement sements des échéances d’intérêt et de capital ont
Créé par les services sociaux des diocèses catho- entre ces deux partenaires permis d’engager cette relation dans une totale
liques, CERUDET, à l’origine une fondation loca- confiance.
le, est devenue un établissement bancaire en Avec une intervention en milieu rural reculé, une
1994. En 2004, avec ses 22 agences, CERUDEB clientèle agricole et une méthodologie mutualis- • d’autre part, la couverture pour CERUDEB de
compte plus de 52 000 emprunteurs et te, OMIPA est en fait complémentaire à CERU- 100% du capital, en cas de défaillance de rem-
425 000 déposants. La SIDI, membre du Conseil DEB. Or cette dernière souhaite depuis plusieurs boursement d’OMIPA.
ACTIVITÉS DE LA SIDI ET DE S E S P A R T E N A I R E S E N 2004
14
Eclairage
Les points forts …. • Une certaine méfiance de la banque commerciale ment. L’acceptation aussi
et les points faibles… CERUDEB vis-à-vis d’une organisation locale d’une durée de rembourse-
comme OMIPA. ment plus longue (sur trois ans).
Même s’il est encore trop tôt pour tirer un bilan de • La création d’une collaboration entre CERUDEB
cette démarche, plusieurs points méritent d’être … que des points forts : et OMIPA qui pourrait prendre d’autres formes
soulignés tant du côté des points faibles : dans le futur.
• Les longs délais de négociation nécessaires, entre • L’absence de répercussion du coût de cette • Et surtout, la mobilisation de capitaux locaux en
CERUDEB et la SIDI, pour engager cette transaction. garantie sur OMIPA, qui est à taux 0 pour faveur d’une institution de microfinance qui n’y
• La SIDI s’implique dans l’examen et le suivi des OMIPA. aurait probablement pas eu accès sans cette
états financiers alors que CERUDEB réduit son • L’acceptation par CERUDEB du taux d’intérêt garantie. L’avenir permettra de dire si cette rela-
intervention au minimum en fonction de l’exis- initialement conclu entre la SIDI et OMIPA, tion perdurera au-delà de la garantie consentie
tence de garanties solides. inférieur à celui qu’elle pratique habituelle- par la SIDI.

Un programme de production et de commercialisation de semences certifiées,


avec l’AOPP au Mali
Un engagement pour un rapprochement entre les paysans et la • La diversité des interlocuteurs de la SIDI
le financement rural Recherche afin que les variétés produites répondent Diversité qui induit des attitudes et des façons de
effectivement aux besoins des paysans et d’assurer parler adaptées ainsi que des compétences variées
Depuis quelques années, la SIDI s’est engagée sur la formation des paysans à la multiplication des (en matière d’animation, d’élaboration de produits
un axe de travail fort dirigé vers le financement du semences améliorées. Sur la base d’un test effectué financiers etc.)
monde rural, notamment en Afrique de l’Ouest. auprès de quelques paysans, en 2002, l’AOPP a
Au Mali, la SIDI travaille depuis 2003 avec sélectionné 40 paysans en 2003 afin de promou- • Le financement de l’agriculture par les organisa-
l’Association des Organisations Professionnelles voir plus largement le programme de semences tions paysannes elles-mêmes.
Paysannes (AOPP), qui regroupe aujourd’hui plus améliorées, avec un appui de la SIDI. Les organisations paysannes sont confrontées à
de 140 organisations paysannes locales soit près cette question avec une acuité particulière puis-
de 800.000 membres. Cette fédération d’envergu- En effet, en 2003, la SIDI innove en accompagnant qu’elles doivent faire face au financement de leur
re nationale représente une force de proposition l’AOPP dans sa maîtrise de la production et de la propre développement et de leurs activités écono-
dans le débat public pour défendre les intérêts et commercialisation de semences améliorées, certi- miques, mais aussi aux besoins de financement des
le devenir du monde paysan au Mali. fiées par un laboratoire public et octroie un premier activités agricoles de leurs membres. La métier de la
prêt de 15.000 €. Ce montant a permis de financer SIDI se diversifie avec l'élaboration d'outils finan-
Le développement rural nécessite la première campagne de production et de com- ciers à destination des organisations paysannes,
des semences produites localement mercialisation de semences pour 4 produits locaux qu'ils soient gérés ou non par celles-ci en fonction
qui entrent dans l’assiette quotidienne du Malien : de leurs capacités et des possibilités de collabora-
L’AOPP met en œuvre des activités au service de le mil, le sorgho, le maïs et l’arachide. tion avec les structures de financement local exis-
ses membres afin de contribuer à relever le défi de tantes.
la sécurité et la souveraineté alimentaire du pays. Un éclairage sur le métier de la SIDI
Dans un contexte de désengagement de l’Etat dans • Un savoir-faire en matière de montage d’outils
le domaine de l’agriculture, l’enjeu aujourd’hui La SIDI, associée à un animateur de l’AOPP, a financiers
pour les paysans maliens est de disposer en perma- conduit en 2004 une évaluation de ce programme. Le financement rural en particulier, ne peut se résu-
nence d’un stock de semences sélectionnées et cer- Certes la dernière campagne de production de mer au seul financement du petit commerce, objet
tifiées. Ce positionnement politique fonde les acti- semences n'a pas permis de répondre à toutes les principal de la plupart des institutions de microfi-
vités de l'AOPP en faveur des paysans, notamment attentes en matière de rendements, de certifica- nance. Les besoins de financement du monde rural
par la mise en place d’un programme de produc- tion, de commercialisation, et d’atteinte de la via- et agricole sont nombreux, et il faut pouvoir appor-
tion de semences améliorées. bilité financière. Néanmoins, les rendements ont ter une réponse diversifiée et adaptée, élaborée
fortement progressé par rapport aux années précé- conjointement avec les partenaires.
L’AOPP a fait le choix de valoriser le producteur : dentes. Par ailleurs, les paysans se sont fortement
elle cherche à mettre en place un système d’auto- appropriés et engagés dans ce processus, ce qui • La capitalisation d’une expérience
production de semences qui soit viable et pérenne. augure d'une viabilité sociale forte. Sur la base des Le travail de la SIDI avec l’AOPP illustre un aspect
Des paysans sélectionnés et organisés au préalable recommandations formulées, la dynamique du financement solidaire et du travail de dévelop-
multiplient et commercialisent des semences amé- enclenchée devrait se renforcer dans les pro- pement : la nécessité d'un accompagnement,
liorées produites par la recherche. Ces semences chaines années. dont un travail de capitalisation, dans la phase de
permettent d'améliorer les rendements, ou de rac- développement d'une institution ou d'un produit.
courcir le cycle de production, afin de limiter les Cet engagement de la SIDI aux côtés de l'AOPP met La SIDI a capitalisé cette expérience qui pourra
risques liés à la sécheresse. Le défi auquel devait en lumière différents aspects du métier de la SIDI et être reproduite par elle-même ou par d'autres
répondre l’AOPP est de contribuer à un dialogue et de son positionnement : partenaires.

15
Au fil des métiers de la SIDI

Le métier d’accompagnement
O utre le financement, le cœur de métier de la SIDI
est l’accompagnement et le conseil auprès de ses
partenaires
Réfléchir à des propositions stratégiques concrètes
sur un long terme

L’aptitude d’une organisation à se développer et à évoluer


Participer aux conseils d’administration repose sur ses capacités d’analyse critique, sur son habileté
des SFP à gérer des problèmes et sur sa faculté à prévoir l’avenir. Ce
Profund, Lacif, Sipem (Madagascar), Confianza travail prend généralement la forme de concertations préa-
(Pérou), AMRET et HATHHA KASEKAR, (Cambodge), lables avec les administrateurs, la rencontre de clients, la par-
Fonds Coopératif (Laos), KRK au Kosovo, ticipation à des discussions avec l’équipe de salariés, la par-
CERUDEB (Ouganda), Al Amana (Maroc), CRG ticipation à des ateliers stratégiques, à des commissions...
(Guinée), KOKARI (Niger)
Nouveau partenaire en 2004 : Participer à la mise en œuvre du plan d’affaires
Caja Rural San Martin (Pérou)
Pour l’équipe SIDI, la participation à la mise en œuvre de
La participation au capital d’une SFP constitue le mode la stratégie définie peut signifier la recherche de finance-
d’investissement privilégié de la SIDI car il est l’expression ments pour accompagner la croissance, la recherche
d’une forme de solidarité poussée : engagement sur un d’autres investisseurs potentiels (au profit de la SIPEM en
long terme (8 à 10 ans), absence de frais financiers pour la 2004 par exemple), l’analyse des taux d’intérêts et des
structure … Lorsque la SIDI participe au capital d’une SFP, coûts… Par exemple, la commission finances d’Al Amana,
elle sollicite un poste d’administrateur. Il constitue une dont la SIDI est membre depuis 2003, travaille sur la mise
Les producteurs forme de garantie du capital que la SIDI a mis à disposi- en œuvre des projections financières élaborées par la
de café, tion de la SFP. Elle s’engage ainsi à participer régulière- Direction, sur la définition des profils des postes, etc.
Fapecafes, ment aux conseils d’administration (de 2 à quatre par an).
Equateur. La SIDI doit donc mobiliser des compétences afin d’assu- Rechercher et mobiliser un actionnariat local
mer activement ces fonctions d’orientation, de SIPEM à Madagascar, HATTHA KAKSEKAR
surveillance et de régulation de la gestion. Le au Cambodge, KRK au Kosovo,
temps nécessaire et les frais engagés pour s’in- TEMBEKA (Afrique du Sud)
vestir dans cette fonction font partie de l’inves-
tissement au service de ces partenaires. La « bonne gouvernance » a pour objectif d’assurer la mis-
sion sociale de l’institution, dans la durée. Pour la SIDI, la
Participer au Conseil d’administration d’une construction de cette bonne gouvernance s’enracine dans
SFP signifie concrètement pour l’équipe SIDI la construction d’une capacité locale – financière (action-
(les responsables géographiques, le Directeur naires locaux) et technique (membres du CA) (Cf. éclairage
ou les consultants bénévoles fréquemment « la participation de la SIDI à la gouvernance d’une SFP au
sollicités pour cet exercice du fait de leur géné- Kosovo », page 20). En 2004, la SIDI a favorisé la participa-
reuse disponibilité et de leur expérience dans tion au capital des employés de la SIPEM, en collaborant à
ce domaine) : la rédaction des statuts et en se portant garant du proces-
sus auprès de CORDAID qui y a apporté un appui financier.
Assurer un suivi-conseil
Consolider la gouvernance des SFP
Ce suivi concerne tant les performances Crédit Rural de Guinée (Guinée), KOKARI (Niger),
financières et opérationnelles que le respect HATTHA KAKSEKAR (Cambodge), TEMBEKA
de la vision et mission sociales, que les rap- (Afrique du Sud)
ports d’audit, l’exécution budgétaire, le por- Nouveau en 2004 : TIMPAC (Togo)
tefeuille… Il est essentiel afin de pouvoir :
• être en situation d’interlocuteur actif de la La gouvernance peut être définie « comme le processus
Direction de la SFP. utilisé par le Conseil d’administration pour aider une insti-
• anticiper les risques et proposer des solu- tution à remplir sa mission et protéger l’actif de cette ins-
Photo FAPECAFES.

tions. titution au fil des années (Rock, 1998) ». La gouvernance


• exercer la mission de contrôle effective de des SFP est un facteur déterminant du succès ou de l’échec
la SFP par son Conseil d’administration. des institutions.
ACTIVITÉS D E LA SIDI ET D E S E S PA R T E NA I R E S E N 2004
16
au service de nos partenaires
Aider au renforcement des compétences Cordaid, GRET, IRAM…) contribue à renforcer la solidité des
SFP. Il permet notamment d’accompagner l’institution dans
Au delà de sa participation au Conseil d’administration, la une période de forte croissance et de fortes sollicitations.
SIDI peut engager un travail de renforcement de la gouver-
nance qui nécessite de prendre en compte l’ensemble des Contribuer au suivi du portefeuille
acteurs en jeu (salariés, dirigeants, administrateurs…). La et à la méthodologie d’octroi des prêts
SIDI peut ainsi organiser des ateliers de réflexion et des
formations d’appui à la gouvernance. Suivre l’évolution du portefeuille
TIMPAC, un nouveau partenaire de la SIDI au Togo, permet Wages (Togo), Kokari (Niger), AMSSF (Maroc)
d’illustrer cette démarche. Pour mobiliser les ressources
humaines de TIMPAC autour des valeurs de l’institution, la Le suivi du portefeuille des crédits octroyés (en nombre,
SIDI et la Direction de TIMPAC ont organisé un atelier qui montant, par caisses/agences, qualité …) et de l’épargne
a réuni pour la première fois tous les salariés et les collectée, représente un point essentiel dans la solidité
membres du CA. La vision/mission d’une SFP est en effet d’une SFP. Il constitue, à ce titre, une part importante du
sous-tendue par des valeurs qui doivent être partagées et travail de suivi de l’équipe SIDI. En 2004, la SIDI s’est atta-
inspirer au quotidien l’exercice de la mission de chacun. chée à travailler sur l’articulation entre l’atteinte de la via-
Les effets positifs du processus sur la cohésion de l’équipe bilité financière par AMSSF au Maroc et le maintien de la
et sa mobilisation semblent fructueux. qualité des services (avec notamment une analyse autour
de la baisse des taux d’intérêts pratiqués). Avec Kokari au
Participer à la construction d’un CA qui s’implique Niger, à partir d’un plan d’affaires réalisé par un cabinet
réellement extérieur, le travail a porté sur l’analyse de l’équilibre finan-
cier, à partir des produits du portefeuille, afin de construire
Sur le plan de la gouvernance, Kokari, partenaire de la SIDI une autonomie progressive par rapport aux subventions
depuis 2000, a un statut de coopérative de services dont des projets extérieurs. Au Togo, pris dans l’engrenage
les associés et les administrateurs sont les salariés. Ce sta- d’une urgence de l’efficacité et de la rentabilité, souvent
tut, qui évite les conflits pouvant survenir entre une équi- imposée par des financeurs étrangers,WAGES a obtenu de Une cliente
pe de salariés et les élus, a cependant des limites puis- très bons résultats financiers mais au prix d’une réorienta- d’AMRET,
qu’un tel Conseil d’administration manque d’acteurs exté- tion du portefeuille avec une prise de risque importante sur Cambodge.
rieurs à l’équipe. Depuis 2003, la SIDI et Alterfin sont deve-
nus membres de la coopérative, avec un siège au Conseil
d’administration.

En Guinée-Conakry, le Crédit Rural de Guinée s’étend sur


tout le pays avec 100 000 clients. Clients qui sont des
associés des caisses, puisque le CRG a fait le choix de les
impliquer ainsi que les salariés dans la gestion de la cais-
se et la gouvernance de l’institution. La SIDI est, avec
l’IRAM et l’Etat guinéen, un administrateur du troisième
collège, celui des partenaires extérieurs, qui apportent une
vision externe indispensable. Au Niger, comme en Guinée,
la SIDI joue un rôle dans la construction d’un CA qui soit
réellement acteur, c’est à dire un conseil qui soit capable
de prendre des décisions « éclairées » pour orienter l’ave-
nir de l’institution. La SIDI, aux côtés de l’IRAM, a ainsi mis
en place une journée de préparation préalable à chaque
Conseil d’administration, qui associe l’ensemble des admi-
nistrateurs (des paysans pour la plupart), sans la Direction,
afin de travailler ensemble sur les documents transmis
pour le conseil (états financiers…).
Photo AMRET.

L’appui de la SIDI à la gouvernance des IMF, aux côtés


d’autres partenaires institutionnels (comme Alterfin,

17
Au fil des métiers de la SIDI

certains crédits. La SIDI réfléchit actuellement avec différents aspects de la gestion d’une SFP. Le caractère
WAGES, au maintien de la vision initiale en lien avec l’évo- durable et l’adaptabilité de notre relation, grâce à l’auto-
lution du portefeuille. nomie financière dont bénéficie la SIDI, est déterminante
dans notre réseau de partenariats et dans la relation de
Concevoir des produits financiers confiance entre la SIDI et ses partenaires.
au service des ruraux
UGPM (Sénégal), TITEM (Madagascar), MUSO Apporter un appui à la gestion :
dans les Grands Lacs, formation MUSO au Mali, comptabilité, audit, construction d’outils
IMOFOR (Haïti) de suivi, gestion des ressources humaines

Depuis plusieurs années, la SIDI a développé une ingé- Produire des outils de suivi du portefeuille
nierie importante autour de la conception et la promo- Kokari (Niger), MUSO dans les Grands Lacs,
tion d’un produit financier adapté aux situations iso- UGPM (Sénégal), FONHSUD (Haïti),
lées, qui permet la disponibilité d’un service financier FENACOOP (Nicaragua)
avec l’implication des bénéficiaires de crédits dans la
gestion et le suivi des opérations d’épargne et de cré- En 2004, la SIDI a conçu l’outil de suivi de portefeuille,
dit afin d’en réduire les coûts : les mutuelles de solida- MUSO SIG, un outil Excel pour piloter un groupe de
rité - MUSO4. 300 MUSO sur environ 10 ans, un outil de suivi du porte-
Outre un appui régulier fourni à ses partenaires qui ont feuille pour KOKARI et FONHSUD et a travaillé à produire
développé des MUSO, la SIDI a finalisé en 2004 le un logiciel d’analyse des exploitations familiales au
guide pédagogique MUSO. Sur la base de ce guide Sénégal qui est utilisé par l’UGPM.
pédagogique, la SIDI a formé l’AOPP au Mali à la mise
en place de mutuelles de solidarité dans les zones Réaliser des missions d’audit et d’appui à la
rurales enclavées du Mali. comptabilité
Fonds coopératif au Laos, Kokari au Niger
D’autre part, la SIDI participe à la conception de pro-
duits financiers adaptés à la demande des populations Au Laos, la SIDI appuie la mise en place d’une fonction
rurales : avec TITEM à Madagascar, il a été conçu un comptable permettant le suivi des prêts et le contrôle
produit sous forme de Greniers Communautaires rigoureux des dépenses, avec des données fiables, afin de
Villageois, dont la diffusion a été renforcée grâce au consolider le réseau des CCSP. Cette activité est essentiel-
soutien du CCFD et du programme SAHA de le pour plusieurs raisons : appuyer la transparence des
l’Intercoopération Suisse. Au Sénégal aussi, où le finan- comptes, détecter et comprendre les causes des problèmes
cement rural constitue l’axe de travail principal de la de non-remboursement, former le personnel, permettre
Une formation SIDI avec l’UGPM, la SIDI a collaboré à la production des innovations.
MUSO organi- de monographies des exploitations villageoises, afin de
sée pour l’AOPP comprendre l’articulation entre les ressources d’une Accompagner la formation des ressource humaines
au Mali. famille villageoise et ses projets économiques. CRG (Guinée), HATTHA KASEKAR (Cambodge),
Fonds Coopératif (Laos)
Avec TITEM à Madagascar,
Photo SIDI.

l’UGPM au Sénégal, Le renforcement de la solidité d’une SFP nécessite une


HATTHA KAKSEKAR au claire répartition des responsabilités et des pouvoirs
Cambodge - avec lequel ainsi que des systèmes d’incitation positifs (primes, pro-
nous avons une convention motions..) et négatifs adaptés (sanctions) adaptés et
d’appui technique avec appliqués. Comme elle l’a fait avec le CRG, la SIDI peut
l’AFD - TEMBEKA en mobiliser des compétences pour appuyer les SFP dans
Afrique du Sud, KOKARI au le renforcement de la politique des ressources
Niger… la SIDI s’est enga- humaines et des rémunérations.
gée dans une démarche de
« compagnonnage » qui 4
Une mutuelle de solidarité est un groupe de personnes qui se connaissent et
décident de cotiser ensemble en vue de transformer les sommes collectées en
fait appel à plusieurs crédit pour les membres. La gestion de la caisse est simplifiée et s’appuie sur
compétences touchant à un système de trois caisses de couleur différente (verte, rouge et bleue).

ACTIVITÉS D E LA SIDI ET D E S E S PA R T E NA I R E S E N 2004


18
L’identification des partenaires, la recherche
de financements et de mécanismes de couverture des risques,
l’analyse de la viabilité sociale
L’identification des partenaires

Photo SIDI.
En 2004 : en Egypte (en lien avec le CCFD), au
Nicaragua (également en lien avec le CCFD), au
Bénin et au Togo (en lien avec Alterfin), au
Burkina Faso, dans la région des Grands Lacs
(en lien avec la stratégie Grands Lacs menée
avec le CCFD), en Haïti (filière mangue), en
Moldavie, au Mali (Banque Malienne de
Solidarité).

Une partie importante (environ 25%) du travail des


responsables géographiques est consacrée à l’identi-
fication et à l’analyse de nouveaux partenaires afin
de pouvoir répondre aux demandes de partenariat
reçues à la SIDI ou suite à des sollicitations d’al-
liances. Ce travail intervient soit dans des nouveaux
pays d’intervention (en fonction de notre planifica- La recherche de mécanismes de Scène de
tion stratégique ou en lien avec une alliance), soit couverture des risques : le financement marché, HaÏti.
dans des pays où la SIDI travaille déjà afin de concré- de partenaires dans les zones en crise
tiser notre stratégie dite de « multipartenariat ». Ce ACAD en Cisjordanie, NAJDEH au Liban,
travail d’identification, qui concerne aussi bien des Région des Grands Lacs, Haïti, Colombie
petites structures que des structures plus impor-
tantes, engendre des charges pour la SIDI et ne Les situations de conflits que vivent certains pays, outre
débouche pas forcément immédiatement sur un par- leurs conséquences désastreuses en termes humains,
tenariat financier ou technique. affectent le fonctionnement des institutions de microcré-
dit. Les contextes de travail avec des SFP situés dans des
L’identification initiée par la SIDI en Egypte s’est effec- zones de conflit (Liban, Palestine..) ainsi que dans des
tuée suite à sa participation à la deuxième assemblée zones instables (Grands Lacs, Haïti, Colombie) impliquent
annuelle de SANABEL, réseau de microfinance des pays que les modalités de travail soient adaptées, avec généra-
arabes, qui s’est tenue au Caire du 6 au 8 décembre lement la construction d’outils financiers solidaires adap-
2004. Suite à un travail d’analyse documentaire sur la tés (cf. éclairage « le travail de la SIDI dans une zone de
situation socio-économique du pays et le secteur de la conflit » page 21).
microfinance, la SIDI a pris connaissance des parte- Le Fonds d’Intervention au Développement (FID), créé en
naires de la société civile égyptienne appuyés par le 2000 suite à une réflexion conjointe entre le CCFD, la SIDI
CCFD, ainsi que de ceux appuyés par d’autres interve- et les congrégations religieuses actionnaires de la SIDI,
nants du développement international (Cordaid, permet de couvrir les principaux risques de pertes encou-
CRS…) et a pu, sur place, entamer les premiers contacts rus par l’investisseur solidaire, liés aux conditions écono-
avec les institutions appuyées. Une prochaine mission miques et politiques des pays d’intervention.
en 2005 permettra de réaliser un diagnostic, tant finan-
cier, économique que social, selon le cadre de cohéren- L’analyse de la viabilité sociale
ce défini par la SIDI auprès de ces institutions. En 2004 : UGPM (Sénégal), Pérou (la Florida),
Guinée (CRG)
La recherche de financements et d’effets
de leviers pour nos partenaires Depuis 2003, avec l’introduction d’une nouvelle fonction
au sein de son équipe, la SIDI s’est engagée dans l’analy-
Une part significative du travail des responsables géogra- se de la viabilité sociale de ses partenaires qui s’inscrit
phiques, avec l’appui d’un membre de l’équipe spécialisée dans le renforcement de notre démarche de solidarité. Ce
dans ce domaine, est consacrée à la recherche de finan- travail est piloté par une personne de l’équipe spécialisée
cements complémentaires pour les partenaires de la SIDI sur cette thématique et se fait en coordination avec les
(cf. chapitre III, page 23). autres membres de l’équipe. (cf. chapitre III, page 24).

19
Eclairage
La participation de la SIDI à la gouvernance d’une SFP au Kosovo

L ’année 2004 a marqué la première année


de fonctionnement de KRK (Kreditimi
Rural i Kosoves), une institution de microfi-
plusieurs villages et plusieurs centaines d’ha-
bitants. Au sein de ces associations, un comi-
té de crédit est élu. L’agent de crédit de KRK
ments se font via le système bancaire, limitant
ainsi les transferts physiques de fonds.

nance dédiée au financement rural au y participe et dispose d’un droit de veto. Dès l’origine, l’objectif des promoteurs est
Kosovo. Le comité se charge d’évaluer la qualité mora- de promouvoir une institution de microfi-
le de l’emprunteur et de son insertion dans le nance autonome. L’idée de créer une socié-
Un partenariat village alors que l’agent de crédit de KRK ana- té par actions s’est rapidement imposée. En
avec l’ADIE International lyse les aspects économiques et financiers du 2003, ADIE International a contacté la SIDI
projet. Ce double système d’évaluation, tant afin d’évaluer dans quelle mesure la SIDI
Peu après la fin de la guerre en 1999, il est technique que sociale, assure la qualité des pourrait participer à la transformation insti-
apparu urgent de relancer l’économie du promoteurs et des projets, puisque le porte- tutionnelle du programme RFPK en une
Kosovo et notamment l’agriculture qui occu- feuille à risque (> 30 jours) s’élève à seule- entité autonome et reconnue légalement. La
pe 60 % de la population active. L’European ment 0,2 %. Plus de 50 % des crédits sont SIDI a été sollicité pour participer à l’action-
Agency for Reconstruction (EAR) a alors inférieurs à 2.000 € soulignant ainsi la voca- nariat de KRK, aux côtés d’ADIE
chargé ADIE International de mettre en tion de KRK d’offrir des produits financiers aux International et de FIEK, la fédération des
œuvre un programme de microfinance inti- populations à revenus modestes. Fin 2004, associations de crédit.
tulé RFPK (Rural Finance Programme for KRK a financé 26 associations qui ont octroyé La qualité du travail effectué, les bons résul-
Kosovo). ADIE International est une filiale 3800 crédits pour un montant global de près tats financiers obtenus et la mission de KRK
d’ADIE, une institution de microfinance opé- de 4 millions d’ Euro. L’année 2004 a aussi consistant à octroyer des crédits aux
rant essentiellement en France. marqué la première année d’autonomie finan- ménages les plus modestes ont rapidement
Avec l’appui financier de l’EAR, de l’AFD1 et cière, KRK ayant dégagé un bénéfice net après convaincu la SIDI d’entrer au capital de KRK
du SIDA2, ADIE International a développé un impôt de 65.000 €. à hauteur de 25.000 €, à égalité avec les
système original reposant sur un réseau En raison de la faible superficie du territoire et deux autres actionnaires.
d’associations de crédit pouvant regrouper d’un réseau bancaire dense, tous les décaisse-
Une implication de la SIDI
dans la définition stratégique
Des clients de des enjeux de KRK
KRK au Kosovo.
L’objectif stratégique de la SIDI est d’ac-
compagner le développement de KRK sur
le moyen terme afin de consolider ses
fonds propres et permettre le développe-
ment de l’institution sur une base solide
afin de faciliter la prise de contrôle pro-
gressive de KRK par FIEK et d’appuyer KRK
dans la diversification de ces produits
financiers.

L’essentiel de l’appui de la SIDI consiste à


assurer un suivi régulier des activités et le
« back office » en étroite collaboration avec
ADIE International. Cet appui technique
consiste notamment à participer à l’orienta-
tion stratégique de KRK, à assurer la mise
en relation de KRK avec d’autres parte-
naires financiers et à appuyer KRK dans la
recherche et la négociation de nouvelles
lignes de refinancement. La SIDI apporte
également son soutien dans le domaine de
la communication : rédaction du rapport
d’activités, réalisation d’un site web et pro-
duction d’un CD-Rom de promotion.
Photo SIDI.

1
AFD : Agence Française de Développement
2
SIDA : Swedish International development Agency

ACTIVITÉS D E LA SIDI ET D E S E S PA R T E NA I R E S E N 2004


20
Eclairage
Le travail de la SIDI dans une zone de conflit
Au Liban et en Cisjordanie
La SIDI a reconnu depuis de nombreuses années cours de 60 000 US$. Grâce à l’obtention de l’obtention d’un aval d’un salarié du secteur for-
l’implication des acteurs locaux qui oeuvrent dotations au capital, le projet espère atteindre à mel, que tous les petits entrepreneurs ne sont
dans la Palestine occupée et auprès des réfugiés la fin de l’année 2005 700 clients et un encours pas en mesure d’apporter. La SIDI et ACAD tra-
palestiniens, afin de permettre aux familles de de 110 000 US$ et prévoit également de vaillent sur la mise en place d’un mécanisme de
vivre de leur travail tant dans les territoires s’étendre dans des villages de la Beqaa pour garanties financières qui feraient intervenir
ruraux et urbains. servir une population de réfugiés et de per- d’autres formes de solidarité.
sonnes défavorisées libanaises.
Un quotidien difficile • Pérennisation du service
dans un contexte de conflit Inutile de mentionner toutes les contraintes aux- L’insécurité liée à la possible reprise des
quelles doivent faire face les réfugiés : interdic- combats rend toute planification difficile.
Ces quatre dernières années ont été difficiles tion d’exercer 76 professions, interdiction d’ac- Fonctionner comme une ONG ne permet pas
dans les territoires palestiniens. L’intifada1 est la quérir des biens immeubles, contraintes de suc- d’assurer la longévité attendue des services. Il
démonstration d’une colère contre l’occupation, cession entre Libanais et Palestiniens dans le cas faut s’institutionnaliser, c’est-à-dire se transfor-
la violence subie, la confiscation des terres, le de mariages mixtes, difficultés d’obtention de mer en une entité juridique dont le statut soit
déni de souveraineté et les humiliations quoti- visas pour rentrer au Liban après un séjour à cohérent avec les activités développées. Outre
diennes. Elle a reçu, en guise de réponse, la l’étranger… l’évolution du cadre légal de microfinance au
construction d’un mur de huit mètres de haut niveau du pays, cela suppose aussi la redéfini-
qui isole encore davantage la population pales- La vie dans les camps s’écoule très difficile- tion des objectifs opérationnels qui doivent inté-
tinienne et rogne son territoire, sous prétexte de ment : surpopulation, déficit d’infrastructure de grer la crise devenue structurelle. Les agents de
sécurité… Tous les Palestiniens n’ont pas quitté base, détérioration de la qualité de l’enseigne- crédits doivent se tenir au plus près des besoins
leur pays, même si la majorité d’entre eux vit en ment, manque d’emplois, économie sujette aux de leurs clients et assurer un suivi de proximité,
Jordanie, dans les Pays du Golfe, dans les camps aléas de l’armée qui peut fermer l’entrée des par des contacts renforcés et organisés, afin
au Liban ou plus loin encore. En Cisjordanie et camps dans des moments de tension… d’anticiper les changements du contexte.
dans la Bande de Gaza, les habitants doivent
vivre de leur travail sur place, car le travail en Mais la contrainte majeure est peut être l’impact Si par moments, les tensions se relâchent au gré
tant que main d’œuvre en Israël est un pis-aller. psychologique d’un exil qui dure depuis 1948, d’un cessez-le-feu, alors les espoirs reviennent
Les ONG de Palestine travaillent pour maintenir d’un passé encore tout proche d’affrontements avec le rêve d’un Etat souverain qui puisse,
un tissu socioéconomique le plus actif possible. meurtriers avec la population d’accueil, d’un comme partout ailleurs, assurer son autorité et
Parmi elles, des organisations de financement futur compromis hypothétique : le droit au créer les instances de supervision des institu-
de proximité comme ACAD, proposent des ser- retour, quelle issue ? le droit aux droits dans le tions financières en général et celles de la micro-
vices de crédit aux petits producteurs et aux pays hôte, mais pour quand… ? finance en particulier.
coopératives d’épargne crédit qui émergent.
Avec une situation politique au Liban qui reste • L’impact du micro-crédit
On entend parfois demander : « mais pourquoi suspendue à un fil, une économie libanaise en Dans un contexte où même le secteur informel
faîtes-vous de la microfinance en Palestine ? désarroi, les réfugiés attendent encore, en se fai- libanais manque de souffle et où l’insécurité
C’est impossible ! ». C’est certes difficile, mais sant le plus petit possible pour ne pas être pris règne en Cisjordanie, les clients ne sont pas for-
des organisations comme ACAD ou ASALA (qui en otage dans les conflits internes ou dans les cément motivés à emprunter. Au Liban, les
travaille avec les femmes) ont démontré leur tentatives étrangères de déstabilisation. chiffres attestent d’une portée limitée, mais le
ténacité pour continuer leurs activités, malgré les projet joue néanmoins un rôle important en
‘check points’ qui rompent ou retardent les flux Une offre de crédit qui marque donnant accès à un emploi et à un brin de
économiques, malgré le mur érigé qui oblige à un engagement de solidarité dignité et d’espoir.
des détours multiples, malgré les routes percées
et tracées qui permettent de relier Jérusalem aux Ces conflits, outre des conséquences désas- En attendant, ces organisations locales croient
nombreuses implantations de Cisjordanie. En treuses en termes humains, de destruction de à la nécessité de développer des services
dépit d’un quotidien difficile, la vie continue tou- capital physique et social, affectent le fonction- financiers en s’insérant dans la Chaîne de
tefois, les populations prennent des initiatives et nement des institutions de microcrédit. Fournir Solidarité pour le Financement avec la SIDI qui
formulent des demandes de crédit. des services financiers de proximité dans un tel a décidé de poursuivre son appui malgré la
contexte oblige à s’adapter et à revoir les modes crise. C’est en effet le profil original de la SIDI
Autre engagement difficile mais riche en conte- de fonctionnement sur des questions d’impor- qui lui procure l’indépendance institutionnelle
nu est celui qu’a pris la SIDI aux côtés de NAJ- tance telles que : et financière afin de pouvoir vivre et assumer
DEH, dans les camps de réfugiés palestiniens ce choix.
situés au Sud du Liban : un appui financier et • Sécurisation du crédit
d’accompagnement qui a débuté en 2000. Le Les garanties physiques sont difficilement réali-
projet, initié par NAJDEH sur fonds CFSI2, sert fin sables et s’avèrent insuffisantes. Il faut mettre 1
Soulèvement populaire avec lancement de pierres.
février 2005, 317 clients pour un total d’en- en place des garanties personnelles telles que 2
Comité Français pour la Solidarité Internationale

21
La vie institutio

Mobiliser la chaîne de solidarité


Participer à la vie Afrique qui aura lieu en 2005 à Yaoundé et un échan-
ge Sud/Sud entre deux membres du réseau (TEMBEKA
des réseaux et SIPEM) sur le thème du financement du logement en
La conception de la SIDI en faveur de la pérennité et Afrique du Sud.
de la diversité des SFP place le travail en réseau
comme un axe essentiel de la professionnalisation des La SIDI a aussi intégré dans son paysage d’acteurs les
SFP au niveau technique et institutionnel. réseaux de financements solidaires provenant
d’autres continents comme le FORO-LAC 3 en
La SIDI est membre actif fondateur du réseau afri- Amérique Latine, SANABEL - un réseau de microfi-
cain MAIN, créé en 1995 et reconnu aujourd’hui nance des pays arabes - et MFC, un centre de
comme un acteur de poids sur les questions de ren- Microfinance pour l’Europe de l’Est et l’Asie Centrale.
forcement des capacités des SFP (cf. encart n° 1 « Au Nord, la SIDI est membre de FINANSOL4,
Extrait de l’évaluation du MAIN réalisée en 2004). d’Epargne Sans Frontière, d’INAISE5, un réseau euro-
La SIDI participe au développement institutionnel péen de l’économie sociale et de FEBEA6.
L’équipe SIPEM du réseau et apporte un appui à la recherche de
et le Directeur financements, la réalisation de formations… 2004 L’appui de la SIDI aux réseaux s’est aussi concrétisé
de TEMBEKA, fut une année de transition pour le MAIN : à la suite en 2004 par l’organisation d’un séminaire en Asie7
devant une de son programme 2001-2003, l’évaluation de ses qui s’est tenu à Phnom Penh au Cambodge, du 15 au
activité de activités a été réalisée auprès des membres et des 18 novembre. Ce séminaire a réuni 65 participants
restauration partenaires financiers. de SFP de la région (Cambodge, Laos, Vietnam, Inde,
financée par Indonésie, Philippines), partenaires de la SIDI, du
TEMBEKA, L’année 2004 a aussi permis la réalisation de deux ses- CCFD et d’autres. La SIDI a organisé ce séminaire en
au cours d’un sions de formation pour les cadres africains impliqués lien avec ses deux partenaires locaux, AMRET et
échange organi- dans la microfinance (l’une anglophone en Ouganda à HATTHA KAKSEKAR et a bénéficié de l’appui et du
sé par le MAIN l’université UMU1, et l’autre, francophone, à Abidjan en
en Afrique du partenariat avec CAMPC2). Un atelier de préparation Encart n° 1 : Extrait de l’évaluation
Sud. du séminaire consacré à l’impact de la microfinance en du MAIN (rapport d’évaluation réali-
sée par SOFI (Belgique) et IRED
(Zimbabwé)

« Le réseau MAIN est l’un des plus grands réseaux


d’IMF africaines. En comptant le nombre de membres
directs, on peut même dire que le MAIN est aujour-
d’hui le plus grand réseau d’Afrique. Parmi ses
57 membres, 51 sont des IMF africaines.

Les spécificités du MAIN en termes de mem-


bership
• Les membres sont de nature variée puisqu’ils comp-
tent des IMFs, des coopératives de crédit, des univer-
sités, des investisseurs, ce qui représente un atout et
permet les complémentarités. Au niveau géogra-
phique, les membres sont d’origines diverses, franco-
phones et anglophones.
• La plupart des membres sont de taille moyenne. En
général, les IMF membres s’appuient fortement sur
l’épargne locale, elles sont sensibles à la viabilité et
orientées vers le client.
Photo SIDI.

Les spécificités du MAIN sous l’angle de ses actions


Le MAIN, par la nature et la durée de ses formations
ACTIVITÉS D E LA SIDI ET D E S E S PA R T E NA I R E S E N 2004
22
nnelle de la SIDI

pour échanger, innover et capitaliser


soutien financier de plusieurs organismes : l’AFD
Cambodge (à travers son programme PASMF8), Les participants
MISEREOR, CORDAID et la Fondation RAIFFEISEN du 5ème séminaire
ont contribué à l’organisation de ce séminaire. Grâce Asie, Cambodge.
aux bonnes relations entretenues, la SIDI a bénéficié
du soutien et de la participation de la Banque
Nationale Cambodgienne dont la Directrice
Générale qui a accepté d’ouvrir le séminaire, ainsi
que des participants de la Banque Rurale de
Développement.

Chercher des effets de


leviers pour nos partenaires
Photo SIDI.

En 2004, près de 345 000 € de financements ont été


mobilisés auprès de nos alliances pour l’accompa-
gnement de à nos partenaires, au Laos, en Afrique Graphique n° 3 : répartition géographique des ressources financières
(pour le réseau MAIN), en Haïti, dans les Grands mobilisées auprès des alliances en 2004.
Lacs, à Madagascar, en Palestine, en Ouganda pour Montant mobilisé : 1 104 757 €
Caraïbes France 0 %
l’organisation d’un atelier. Plus de 30 000 € ont éga-
1%
lement été octroyés par l’AFD, MISEREOR, DGRV, et
CORDAID, pour l’organisation du cinquième sémi- PECO 4 % Afrique - MAIN
naire Asie. 21 %
Bassin
ainsi que par ses séminaires à l’échelle sectorielle, méditerranéen
2%
facilite l’assimilation et l’adaptation de la pratique de
la microfinance dans la réalité africaine. Ceci est vrai Asie 13 %
tant pour la pratique que pour les formations en tant
que telles, notamment au travers de celles données Afrique 24 %
par UMU. Non seulement ce programme est conçu Amérique Latine
26 %
pour durer, mais il est également devenu une référen-
ce en soi sur le continent africain, par le développe-
ment d’un programme diplômant. Le MAIN est une CCFD 30,67% Tableau n° 4 :
organisation apprenante et non uniquement un vec- Congrégation des Sœurs Auxiliatrices 18,02% répartition
teur de transmission de savoir extérieur. Ses pro- Congrégation des Sœurs Ursulines de Jésus 10,03% du capital
grammes sont conçus en réponse aux besoins expri- Total pacte d'actionnaires 58,72% de la SIDI
més par ses membres. AFD 3,14% au 31/12/2004
Caisse des Dépôts et Consignation 4,29%
Les spécificités du MAIN sous l’angle de ses Crédit Coopératif 1,00%
thèmes SICAV Nord Sud Développement 1,14%
C’est la diversité des thèmes, la transversalité des Société Coopérative Autonomie et Solidarité 0,29%
perspectives qui est une caractéristique marquante Total institutions financières 9,86%
des formations et des séminaires du MAIN. Association Epargne Solidarité Développement 24,42%
ALTERFIN (Belgique) 1,43%
Le MAIN a développé un programme de formation CORDAID (Pays Bas) 2,13%
substantiel sur les trois dernières années. Avec trois à OIKOCREDIT (Pays Bas) 0,09%
quatre évènements annuels, mobilisant entre 100 et OIKOS (Danemark) 0,25%
200 professionnels d’IMFs. Ceci est sans nul doute Total partenaires européens 3,90%
l’un des programmes les plus développés sur le conti- Autres (associations, fondations…) 3,07%
nent africain. » TOTAL 100%

23
La vie institutio

A ces cofinancements, s’ajoutent 564 000 € de res- la démarche de pérennisation des IMF était focalisée sur
sources complémentaires, résultat du travail de lob- les questions de viabilité financière et institutionnelle, à
bying de la SIDI auprès de ses alliances, qui sont l’heure actuelle, les acteurs locaux et internationaux
octroyées directement aux partenaires. Les principaux d’appui à ce secteur demandent aux SFP de préciser leur
bénéficiaires en 2004 ont été le réseau MAIN, dimension de viabilité sociale et comment elles allient à
Microfund et Timpac au Togo (prêts d’Alterfin à ces la fois des objectifs sociaux et des objectifs de pérennité
deux institutions), le Fonds coopératif au Laos, OMIPA financière. La démarche introduite au niveau de la SIDI
en Ouganda (grâce à un appui du SCAC Ouganda). bénéficie donc d’un écho particulièrement favorable et
stimulant en matière de capitalisation et d’avancées sur
Enfin, près de 195 000 € de financements ont été ce thème, tant de la part des SFP partenaires que de la
négociés pour des missions spécifiques réalisées par la part des opérateurs internationaux.
SIDI à la demande de ses alliances et de ses parte-
naires (missions au Bénin pour une ONG française, en Un positionnement spécifique
Erythrée et au Nicaragua pour le CCFD, au Mali pour la
Coopération Suisse, en Afrique du Sud pour Le concept de viabilité sociale focalise l’attention sur
Solidar’Monde, au Kosovo pour l’ADIE, en Haïti pour le la dimension sociale de notre activité avec les parte-
KNFP, en Côte d’Ivoire et en Ouganda (dans le cadre naires et plus particulièrement sur la pérennité de
des formations organisées par le réseau MAIN, etc.). l’impact et des changements sociaux. Le travail
autour du concept de viabilité sociale ne s’effectue
Au total, pour 2004, les effets de leviers mobilisés en pas à partir des attentes et des besoins de la SIDI,
2004 s’élèvent à plus de 1,1 million d’€ dont 45% mais part de celles de nos partenaires. La SIDI a la
pour l’Afrique (cf. graphique n° 3). conviction qu’il est important que les acteurs de ter-
rain aient des objectifs sociaux, sachent ce qui chan-
Les liens créés par la SIDI avec des institutions euro- ge dans la vie des gens et ce qu’ils veulent changer,
péennes qui partagent sa conception de la finance soli- non pas comme justification auprès de partenaires
daire, telles qu’Alterfin en Belgique, Cordaid au Pays- extérieurs mais pour apprécier la pertinence sociale
Bas, Oikos au Danemark, MISEREOR en Allemagne, ne de leur action et être en mesure d’adapter leur stra-
cessent de se renforcer. Une convention de collabora- tégie en conséquence.
tion a été signée en septembre 2004 entre la SIDI et
CORDAID afin de fournir un cadre institutionnel aux dif- Une démarche d’expérimentation
férents partenariats appuyés conjointement dans les dans trois pays
pays d’intervention commun (Mali, Haïti, Madagascar,
le Sénégal, outil sous régional MAF en Asie…). La démarche de viabilité sociale revêt des formes dif-
férentes en fonction du pays, du partenaire et du
contexte d’intervention :
Avancer vers la viabilité
• Au Sénégal, avec l’UGPM. Avec l’appui de la SIDI, ce
sociale partenaire s’est engagé dans une démarche de viabili-
Depuis les journées SIDI d’octobre 2001, la chaîne de té sociale afin d’apprécier si le travail autour de l’ex-
solidarité pour le financement a engagé une réflexion ploitation familiale pouvait contribuer à réduire les
autour de la « fécondité sociale de ses investisse- effets négatifs de la période de soudure et l’endette-
ments » pour mieux comprendre la contribution de nos ment auprès des usuriers auxquelles ils conduisent. Ce
investissements au mieux-être des populations qui travail se réalise sous la forme de productions de
bénéficient des services financiers. monographies et de carnets de route des exploitations
familiales ayant bénéficié d’un prêt.
Cette approche a servi de base de travail pour introduire
la réflexion « viabilité sociale et développement » dans • Au Pérou, avec la CAC la Florida, organisation de
l’équipe et dans la relation avec les partenaires. L’enjeu producteurs de café fortement engagée dans les
se situe au niveau du lien entre le métier de la SIDI et les activités de développement local. Dans sa vision et
activités de ses partenaires, au niveau du « sens » de son sa mission, elle réfléchit à l’intégration des jeunes,
métier auprès de ses partenaires. Si dans les années 90, afin de pérenniser ses activités et d’en assurer la
ACTIVITÉS D E LA SIDI ET D E S E S PA R T E NA I R E S E N 2004
24
nnelle de la SIDI

relève. Le travail sur la thématique de la viabilité La chaîne de solidarité en action


sociale se réalise sous la forme d’un diagnostic et
d’une typologie des clients, selon trois niveaux : l’ex- En novembre 2004, vingt actionnaires et souscripteurs
ploitation familiale, la coopérative (son rôle social) et ont vécu des rencontres exceptionnelles au Sénégal.
la région (articulation entre les services de dévelop- Une bonne préparation, la qualité des relations entrete-
pement local rendus par la coopérative à la région et nues par le CCFD et la SIDI avec leurs partenaires, l’ex-
leur facturation). cellente prestation fournie par « Voyager Autrement »
ont permis aux participants de rencontrer des acteurs
• En Guinée, avec le Crédit Rural de Guinée. Dès son ori- de terrain au niveau local, régional (rencontre de l’USE,
gine, cette institution met en pratique une mission socia- de la Fenagie, de SAPCA EGAS, de l’UGPM) et national.
le fortement exprimée : intervention en milieu rural isolé,
mise en place de produits pour les populations rurales Les voyageurs ont été impressionnés par la qualité
les plus marginalisées, mécanisme de péréquation entre de l’accueil qui leur a été réservé9 et par la disponi-
les caisses afin de prendre en charge les caisses défici- bilité des gens. A leur retour, ils ont souhaité témoi-
taires… Sur la base d’indicateurs déjà produits par le gner de ce qu’ils avaient découvert en organisant
CRG, la démarche de viabilité sociale prend la forme des réunions et des rencontres qui viennent renfor-
d’une identification de ceux qui sont pertinents pour en cer le soutien à la solidarité financière mise en
obtenir une lecture relative à la viabilité sociale. œuvre par la SIDI.

Epargnants solidaires et 1
UMU : Ugandan Martyrs University
actionnaires : la Vie de la 2
Centre Africain de Management et de Perfectionnement des cadres.
chaîne de solidarité au Nord 3
Le FORO-LAC regroupe les réseaux nationaux de 9 pays d’Amérique Latine.
4
FINANSOL est le collectif français de représentation des finances solidaires
5
Association Internationale des Investisseurs de l’Economie Solidaire.
L’investissement solidaire
6
Fédération Européenne des Banques Ethiques et Alternatives Une rencontre
Depuis la dernière augmentation de capital d’octobre 7
http://www.sidi.fr/asie/index.html avec une MUSO,
2001, l’association Epargne Solidarité Développement 8
Programme d’Appui au Secteur de la Microfinance. UGPM au
(ESD) a vendu plus de 1 500 actions à des action- 9
Le n°15 de l’InfoSIDI témoignera de la richesse de ces rencontres. Sénégal.
naires individuels, favorisant ainsi l’élargissement du
nombre d’actionnaires « personnes physiques » qui
soutiennent les activités de financement de la SIDI.

L’épargne solidaire

Les correspondants régionaux SIDI/CCFD, aujour-


d’hui au nombre de 25, poursuivent en lien avec les
Comités Diocésains du CCFD, la promotion du Fonds
Commun de Placement « Faim et Développement »
dont le produit partagé permet de financer la mis-
sion d’accompagnement et d’appui technique réali-
sée par la SIDI. Une « Charte du Correspondant » a
été élaborée, soulignant les objectifs (faire connaître
et augmenter les finances solidaires), les exigences
(se former, partager des convictions) et les moyens
mis à disposition (plaquettes, vidéos…). Fin 2004,
l’encours du FCP « Faim et Développement » géré
par le Crédit Coopératif s’est stabilisé à 49 millions
Photo SIDI.

d’Euro apportés par 5 000 souscripteurs, avec un


montant de 520 000 euros rétrocédés.

25
La vie institutio

Etats financiers d
Bilan de la SIDI au 31 décembre 2004 en milliers d’euros
ACTIF 2004 2003 2002 PASSIF 2004 2003 2002
Capital 5 320 5 320 5 320
Capital souscrit non appelé 22 441 Report à nouveau 0 -319 -397
Réserves 107
Immobilisations incorporelles nettes 1 Résultat de l'exercice 102 426 78
Immobilisations corporelles nettes 138 156 41 Total capitaux propres 5 529 5 427 5 001
Immobilisations financières 4 586 3 875 2 801
dont Participations et créances rattachées 2 663 2 479 2 317 Provisions pour charges 160 98 127
dont Prêts 1 893 1 475 1 055
dont autres immobilisations financières 86
- Provisions sur participations et prêts - 56 - 79 -571 Emprunts pour activités 482 451 516
Autres dettes 1 102 756 805
Total actif immobilisé 4 725 4 054 3 282
Fonds F.I.D. 2 592 2 592 2 592
Fonds C.D.C. 328 320 313
CCFD-garantie 358 432 507
Créances (valeur nette) 1 267 872 1 101
Trésorerie 4 558 5 150 5 477
TOTAL 10 549 10 076 9 860 TOTAL 10 549 10 076 9 860

Compte de résultat de la SIDI au 31 Décembre 2004 en millliers d’euros


2004 2003 2002
Produits Total 1 653 1 581 1 340
Prestations (CCFD et cofinancements) 1 496 1 502 315
Autres produits et reprises provisions 157 80 25
Charges Total 1 856 1 730 1 492
Charges de fonctionnement courant 648 588 548
Frais de personnel 939 868 737
Dotations aux amortissements et actifs circulants 64 21 16
Cofinancements transférés aux partenaires 206 254 190
Résultat d'exploitation - 203 -149 - 152
Produits Total 369 796 518
Revenus du portefeuille (prêts et participations) 214 120 91
Revenus de la trésorerie 16 44 67
Revenus du FID 111 87 86
Gains de change 0 1 10
Reprise de provisions 27 544 264
Charges Total 130 185 362
Dotations pour risques sur garantie 25 135
Intérêts sur emprunts 25 18 29
Pertes sur prêts 13
Dotations pour écart de conversion 5 5 51
Pertes de change 62 140 134
Autres charges 13 23
Résultat financier 238 611 156
Produits exceptionnels 304 25 102
Charges exceptionnelles 236 19 28
Résultat exceptionnel 68 6 73
Impôts sur le résultat 2 41 -
Résultat net 102 426 78

« La S.A. SOFIDEEC BAKER TILLY, commissaire aux comptes, membre de la CRCC de Paris, représenté par son
Président Fouad EL M’GHAZLI, a certifié sans réserve les comptes annuels de la SIDI, clos au 31 décembre 2004. »
ACTIVITÉS D E LA SIDI ET D E S E S PA R T E NA I R E S E N 2004
26
nnelle de la SIDI

e la SIDI en 2004
L’appui financier de la SIDI à des systèmes financiers de proximité
Portefeuille brut au 31 décembre 2004 - en milliers d’euros
Participations Portefeuille Garanties
Pays Noms et créances Prêts total au octroyées
rattachées 31/12/2004 au 31/12/2004
LIBAN NAJDEH 27 27
MAROC AMSSF 100 100
MAROC AL AMANA 220 220
Bassin Méditerranéen 347 347
AFRIQUE DU SUD TEMBEKA 153 197 350
CONGO COODEFI 5
MADAGASCAR SIPEM 236 236
MALI AOPP 15 15
MALI JEMENI 152 152
MALI NIAKO 46 46
NIGER KOKARI 3 19 22
OUGANDA CERUDEB 438 438
OUGANDA OMIPA 25 25 54
SENEGAL UGPM 137 137
SENEGAL SAPCA/EGAS 61 61
TOGO MICROFUND 38 38
TOGO TIMPAC 76 76
TOGO WAGES 136 136
GUINEE CRG 18 18
GUINEE FPFD 50
TANZANIE SELFINA 45 45
TANZANIE AKIBA 224 224
Afrique 1 118 902 2 020 109
HAÏTI FONHSUD 24 24
HAÏTI CCG/INDEPCO 89 89
HAÏTI COD-EMH 98 98
Caraïbes 210 210
CHILI INDES 115 115
COLOMBIE CONSOLIDAR 79 79
COSTA-RICA PROFUND 135 135
EQUATEUR BANCO SOLIDARIO 165 165
EQUATEUR FAPECAFES 81 81
URUGUAY SAINDESUR 109 109
PANAMA LA-CIF 102 102
PEROU CAJA RURAL SAN MARTIN 100 100
PEROU CONFIANZA 96 96
PEROU EDAPROSPO 104 104
PEROU LA FLORIDA 100 100
Amérique Latine 901 285 1 186
CAMBODGE EMT 54 54
CAMBODGE HATTHA KAKSEKAR 51 77 128
LAOS FONDS COOPERATIF 150 38 188
PHILIPPINES MAF 157 157
VIETNAM CEP 30 30
VIETNAM WUSOP 4 4
Asie 412 149 561
KOSOVO KRK 25 25
POLOGNE TISE 111 111
Europe 136 136
Total portefeuille en K€ 2 568 1 893 4 461 109
En % du total 58% 42% 100%

N.B. : les valeurs comptables qui figurent dans N.B. : Les prises de participation dans les institutions
ce tableau correspondent aux valeurs historiques européennes ne sont pas reportées dans ce tableau

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Carnet d’adresses
EN AFRIQUE MADAGASCAR - TITEM RD CONGO - ADI –KIVU TANZANIE - AKIBA Commercial Bank
Lot IVM 7 - Ambodivona Actions pour le Développement TDFL Building (Phase II)
MAIN B.P. 1291 intégré au Kivu B.P 669
Bureau Abidjan - Côte d'Ivoire Antananarivo 101 B.P. 1554 Dar es Salaam
20 B.P. 1359 - ABIDJAN 20 Tél. : 00 261 20 22 658 67 Bukavu Tél. : 00 255 222 11 83 40
Bureau Addis Abeba - Ethiopie Fax : 00 261 20 22 658 67 Fax : 00 255 222 11 41 73
B.P. 278 - Addis Abeba E-mail : titem@bow.dts.mg RD CONGO - CODEFI E-mail :Akiba@cats-net.com
E-mail : mainafrica@aol.com / BP 78 Butembo
fantawmh@yahoo.fr MALI - AOPP TOGO - MICROFUND
B.P. 3066 - Bamako RD CONGO - FAEF 64 rue du Marché de N’kafu,
Tél : 00 223 228 67 81 BP 561 Butembo derrière la station SHELL, Jean Paul II
AFRIQUE DU SUD - TEMBEKA
E-mail : aopp@cefib.com Mail : baef3@yahoo.fr BP 61652 Lomé
P.O. Box 13859
Tél : 00 228 226 63 20
Mowbray 7705
MALI - Banque Malienne RD CONGO - LIDE/CCRD Fax : 00 228 226 63 19
CAPE TOWN - Afrique du Sud BP 94 E-mail : microfund99@hotmail.com
de Solidarité - BMS SA
Tél : 00 27 21 447 81 38 Butembo - Nord Kivu
Immeuble Dette Publique
Fax : 00 27 21 447 81 38 Tél : 00 243 98 38 66 84 TOGO - TIMPAC
2ème Etage - BPE 1280 - Bamako
E-mail : tembeka@metroweb.co.za E-mail : lidelitembo@yahoo.fr BP 173 Dapaong
Tél : (223) 223 50 34 - 223 50 44
Fax : (223) 223 50 43 Tél : 00 228 770 83 70
BURKINA FASO - MUFEDE E-mail : bms-sa@bms-sa.com RWANDA - Coopérative E-mail : timpac@ids.tg
Immeuble Le Walkoye INTAMBWE
Avenue de la Résistance du 17 mai MALI - JEMENI B.P. 7018 TOGO - WAGES
Ouagadougou Immeuble Gadjaba Kadjel face KIGALI B.P. 1339 Lomé
Tél : 00 226 318 827 Téléphone : 00250 510.536 Tél : 00 228 222 54 71
place OMVS - Marché Dibida
E-mail : mufede@senatrim.bf Fax : 00 250 510.537 Fax : 00 228 222 78 99
B.P.E. 2100
E-mail : intambwe2001@yahoo.fr E-mail : wages@cafe.tg
Tél : 00 223 223 4755
GUINEE - Crédit Rural de Guinée Fax : 00 223 223 9405
SENEGAL - ASPRODEB
B.P. 3790 Conakry E-mail : jemeni@cefib.com
8, boulevard de l'Est X AUTOUR DU BASSIN
Tel : 00 224 41 35 71/45 43 38
rue 2 bis - Dakar MEDITERRANEEN
Fax : 00 224 41 12 78 MALI - NIAKO
Tél : 00 221 825 56 65
E-mail : crg@mirinet.net.gn Quartier Légal Ségou
Fax : 00 221 824 48 74 LIBAN - ASSOCIATION NAJDEH
KAYES
E-mail : fkdiop@cyg.sn B.P 113
GUINEE - Féderation des Tél/Fax : 00 223 252 44 05
6099 - Beyrouth
Paysans Producteurs du Fouta E-mail : reseauniako_kayes@yahoo.fr SENEGAL- FENAGIE PECHE Tél. : 00 961 1 30 20 79
Djalon Quai de pêche de Hanneton Fax : 00 961 1 70 33 58
BP 52 PITA NIGER - KOKARI 20374 Dakar Thiaroye E-mail : najdeh@cyberia.net.lb
Tél Inmarsat : 00 870 762 638 770 B.P. 11122 - Niamey Tél : 00 221 832 11 00
Tél/Fax : 00 227 75 25 12 fenagiepeche@sentoo.sn
Fax Inmarsat: 00 870 762 638 772 MAROC - ALAMANA
E-mail : kokaris@intnet.ne 28 rue Oum Errabia - Agdal
E-mail : fede.fouta@mail-agriculteur
.com SENEGAL - SAPCA-EGAS Rabat
OUGANDA - CERUDEB (ex UGIE-EGAS) Tél : 00 212 37 77 01 41
www.paysansdufouta.org
Plot 7, Entebbe Road Quartier Diamagueune 1 Fax : 00 212 37 68 67 12
B.P. Box 1892 B.P. 1120 M’Bour E-mail : fouad@alamana.org.ma
MADAGASCAR - SIPEM Kampala Tél : 00 221 957 49 57/ 639 26 24 Site : www.alamana.org
Immeuble SANTA LOT V Tél : 00 256 41 251 276 Fax : 00 221 957 40 07
24, rue Naka Rabemanantsoa Fax : 00 256 41 251 273 E-mail : ugiegas@sentoo.sn MAROC - AMSSF
Antanimena 33 résidence Essalam
B.P. 8616 OUGANDA - OMIPA SENEGAL - UGPM Avenue Al Mohads - Appt. 1
Antananarivo 101 B.P. 1240 B.P. 43 - Meckhé Quartier de la Gare - Fès
Tél. : 00 261 20 22 300 98 KABINGO - MBARARA Tél : 00 221 955 51 13 Tél : 00 212 55 626 764
Fax : 00 261 20 22 355 34 Tél. : 00 256 48 52 26 11 Fax : 00 221 955 52 86 Fax : 00 212 55 733 431
E-mail : sipem@wanadoo.mg E-mail : omipa_micro@yahoo.com E-mail : ugpm@sentoo.sn E-mail : amssf@menara.ma

ACTIVITÉS D E LA SIDI ET D E S E S PA R T E NA I R E S E N 2004


28
TERRITOIRES PALESTINIENS - ACAD COLOMBIE - CONSOLIDAR PEROU - LA-CIF Khan Chamkar Morn
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Rue Pierre Anselme n°3, Fax : 00 593 2 26 88 43
Huancayo Fax : 00 848 824 56 20
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Route de l’aéroport Tél : 00 5164 217 000 E-mail : van.nth@cep.org.vn
Site Web : www.solidario.com.ec
Port au Prince Fax : 00 5164 212 417
Tél : 00 509 250 52 16/52 17/52 18 PHILIPPINES - Microfinance
EQUATEUR - FAPECAFES E-mail : presidenciaconfianza@terra
Fax : 00 509 250 52 17 Alliance Fund Administrator
Av. Santiago de la Montanas 06-60, .com.pe
E-mail : indepco@haitiworld.com Catholic Relief Services-USCCB
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Philippine Program
HAITI - KNFP/IMOFOR P.O. Box L-11-01-23 URUGUAY - SAINDESUR
LOJA P.O. Box 1379, CPO Manila
173 bis Avenue Jean Paul II Turgeau Bulevar Artigas 1119 - SUBSUELO CBCP Building - 470 Gen. Luna St.
Port-au-Prince Tél : 00 593 7 25 83 478
Montevideo Intramuros 1002 Manila
Tél : 00 509 244 07 35 Fax : 00 593 7 25 88 403
E-mail : info@fapefaces.org.ec Tél/Fax : 00 598 2 402 27 80 Tél : 00 63 2 527 8331 to 35
E-mail : knfphaiti@transnethaiti.com
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Tél/fax : 00 505 270 70 00 EN ASIE EN EUROPE CENTRALE
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Jr Martinez de Compagnon # 235 UL. Nalewki 8/27
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Tél : 00 591 2 39 28 10 BP 57 00-158 Varsovie
Tél : (+ 51-94) 52-6011 Tél : 00 48 22 636 07 40
Fax : 00 591 2 39 19 41 Phnom Penh
Fax : (+51-94) 52-4888
E-mail : KKoenigsfest@bancosol Fax : 00 48 22 636 29 02
.com.bo E-mail : caja@crsanmartin.com.pe Tél: 00 855 23 880 942
E-mail : inwestycje@tise.com.pl
Fax : 00 855 23 881 342
CHILI - INDES PEROU - EDAPROSPO E-mail : phalarin@amret.com.kh
Octavio Bernal 598 - Jesús María KOSOVO - KRK
Serrano n° 14 Site Web : www.amret.com.kh
Apartado Postal : 110325 - Lima 11 (Kreditimi Rural I Kosoves LLC)
Dpto 202
Comuna de Santiago de Chile Tél : 00 511 463 4173 MEB Building 3rd Floor
Tél/Fax : 00 562 63 26 00 / 00 511 461 6014 CAMBODGE - HATTHA KAKSEKAR UCK Street
E-mail : indes@terra.cl Fax : 00 511 463 0776 # 39, Street 432 Pristina - Kosovo
Site Web : www.indes.cl E-mail : david@edapr.org.pe Sangkat Boeung Trabek Tél : 00 381 38 24 35 54

29
CONSEIL DE SURVEILLANCE

LAMBLIN Xavier
Président

MESNY Philippe
Vice-président

CAISSE DES DEPOTS ET CONSIGNATIONS


représentée par Hocine TANDJAOUI

COMITE CATHOLIQUE CONTRE LA FAIM ET POUR LE DEVELOPPEMENT


représenté par Xavier LAMBLIN

CONGREGATION DES SŒURS AUXILIATRICES


représentée par Sœur Geneviève GUENARD

CONGREGATION DES URSULINES DE JESUS


représentée par Sœur Christiane GROSSIN

CORDAID
représenté par Jacob Winter

CREDIT COOPERATIF
représentée par Laurence MORET

EPARGNE SOLIDARITE DEVELOPPEMENT


représentée par Henry KLIPFEL

BITSCH Gérard
Membre

DIRECTOIRE

Christian SCHMITZ
Président du Directoire

Christophe COURTIN

Martine MORINCOME

COMMISSAIRES AUX COMPTES

Fouad EL M’GHAZLI

SOFIDEEC BAKER TILLY

ACTIVITÉS D E LA SIDI ET D E S E S PA R T E NA I R E S E N 2004


30
S OLIDARITÉ
I NTERNATIONALE
POUR LE D ÉVELOPPEMENT
ET L’I NVESTISSEMENT

12, rue Guy-de-la-Brosse


75005 Paris
Tél. : 33(0) 1 40 46 70 00
Fax : 33(0) 1 46 34 81 18
site : www.sidi.fr