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6e numéro – janvier/février 2010

SOMMAIRE
ACTUALITES L’OHADA et les autres législations communautaires : UEMOA, CEMAC, CIMA, OAPI, CIPRES etc. Me Mamadou KONATE (P 2) ETUDES Droit d’auteur sur l’œuvre architecturale en OAPI : « Observations à la lumière des droits issus de la civil law » Me Bérenger MEUKE (P 8) CHRONIQUES La responsabilité du banquier dépositaire des fonds destinés à une augmentation du capital en OHADA – Note sous Arrêt CCJA 29 juin 2006 (COBACI – STCA – SHAFTESBURY – BENA TH COMPANY Ltd) Me Bakary DIALLO (P 16) Dans cette sixième parution, La Revue Jurifis Info lève un coin du voile sur les relations que l’OHADA devraient entretenir avec les législations communautaires issues de l’UEMOA, de la CEMAC, de la CIMA, de l’OAPI et de la CIPRES, thème ayant fait l’objet d’un exposé détaillé lors du dernier séminaire organisé par l’Union Internationale des Avocats qui s’est tenu à Dakar les 19 et 20 février dernier. En effet, comme l’a fait remarquer Me Mamadou KONTE, la création d’organisations de dimensions régionales ou sous régionales s’est accrue de façon considérable sur le continent ces derniers temps, avec à la clé, un foisonnement qui mérite que l’on s’y attarde quelque peu. Le risque de conflits entre les différents systèmes juridiques n’est plus virtuel, il est réel eu égard à l’existence d’un domaine concurrent des divers ordres juridiques. Du fait entre autres et notamment de la souplesse voire de l’imprécision avec laquelle la sphère d’intervention de chacune des organisations a été fixée. Ce risque est aggravé par la coexistence au plan supranational de trois juridictions suprêmes au niveau communautaires que sont la Cour de Justice de l’U.E.M.O.A., la Cour de Justice de la C.E.D.E.A.O. et la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage (CCJA) de l’O.H.A.D.A. Toutes choses susceptibles d’annihiler l’avenir même du processus d’intégration tant il est vrai que cette intégration multisectorielle se réalise dans un même espace juridique éclaté en autant d’ordres juridictionnels. Quels peuvent donc être ces contrariétés et les points d’achoppement entre les différents systèmes juridiques? Est-il possible d’imaginer un mode d’articulation entre ces divers ordres juridictionnels ? En d’autres termes, une telle cohabitation est-elle souhaitable, est-elle durable ?
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INFORMATIONS PRATIQUES Mise en concession et dettes de salaires : « Le transfert d’entreprise en droit malien » Me Bérenger MEUKE (P 21) LU POUR VOUS Le contrôle de la mission de l’arbitre RTD Com 2007, p 1 David MARTEL (Chargé d’Enseignement – Aix Marseille III) (P 23)

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L’OHADA ET LES AUTRES LEGISLATIONS COMMUNAUTAIRES: UEMOA, CEMAC1 , CIMA, OAPI, CIPRES etc.
Mamadou I. KONATE Avocat Associé JURIFIS CONSULT

La création d’organisations de dimensions régionales ou sous régionales s’est accrue ces derniers temps, avec à la clé, un foisonnement qui mérite que l’on s’y attarde quelque peu. Dès les lendemains de la seconde guerre mondiale, l’idée d’intégration africaine était perceptible dans les revendications politiques et philosophiques telles que exprimées par le mouvement de la « négritude » qui prônait le retour aux sources et au panafricanisme. Dès les premières heures de la décolonisation, le rêve unitaire fortement exprimé par le leader politique ghanéen, Kwamé N’ Krumah, s’est propagé dans l’opinion et l’imagination publiques africaines. Ce rêve ne s’est hélas jamais réalisé véritablement. Aussi, si le phénomène de l’intégration a déjà connu un réel engouement aux lendemains des indépendances avec la création de plus d’une centaines d’organisations sur le continent, censées renforcer les liens entre les Etats et leurs nations, celles-ci n’ont jamais atteint les objectifs d’une véritable intégration car elles avaient une vocation plus politique que juridique, plus socioculturelle qu’ économique, vocation axée essentiellement sur une volonté de coopération interétatique. L’échec patent de ce modèle d’intégration et l’exemple de la réussite du modèle de la Communauté européenne conjugués avec le phénomène de la mondialisation ont conduit les responsables politiques à proposer une nouvelle démarche d’intégration fondée sur une approche multisectorielle avec au besoin un degré de transfert de souveraineté plus ou moins accentué au niveau supranational, démarche censée être plus efficace. C’est ainsi que principalement dans les années 90 on assista à une éclosion d’ordres juridiques communautaires et régionaux, c'est-à-dire à la prolifération d’ensembles organisés et structurés de normes juridiques possédant leurs propres sources, dotés d'organes et de procédures aptes à les émettre, à les interpréter ainsi qu'à en faire constater et sanctionner, le cas échéant, les violations. Des initiatives tendant à harmoniser des législations plus sectorielles seront ainsi progressivement mises en place, aussi bien dans le cadre de l'Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI) signée le 02 mars 1977 à Bangui, qu’en matière d’assurance avec la Conférence Interafricaine des Marchés d'Assurances (CIMA) instituée à Yaoundé par Acte du 10 juillet 1992, sans oublier la matière de la sécurité sociale avec l’institution de la Conférence Interafricaine de la Prévoyance Sociale (CIPRES) qui résulte du Traité d'Abidjan du 22 septembre 1992. Bien plus cette nouvelle ambition des Etats Africains va se traduire par la création de l'Union Monétaire Ouest Africaine (U.E.M.O.A) en janvier 1994, par la révision du Traité instituant la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (C.E.D.E.A.O) en juillet 1993, par l’institution de son équivalent en Afrique centrale de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique Centrale (C.E.M.A.C). Mais l’avènement de l'Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (O.H.A.D.A) avec le Traité de Port Louis de 1993 va bouleverser l’architecture du « bloc institutionnel communautaire » guère à l’abri désormais d’un enchevêtrement juridique et d’un chevauchement des domaines de compétence des organisations existantes dans un même espace. Si bien que se pose avec une certaine acuité la question de la cohérence de ce « bloc institutionnel communautaire » qui ne saurait être continuellement regardé sans que l’on ne cherche véritablement à lui donner un sens, à vérifier sa logique ou à identifier les véritables stratégies qu’il renferme. Il semble donc indispensable de donner une certaine cohérence à ce corpus posé comme tel dans sa globalité. Ce souci devient envahissant lorsque l’on envisage la question sous l’angle de la compatibilité des moyens d’action respectifs des organisations sous régionales.

Bien que cette réflexion d’ensemble concerne toutes les législations communautaires de l’espace OHADA, elle n’aborde que très peu le cas de la CEMAC des autres organisations hors espace Ouest africain.

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Le risque de conflits entre les différents systèmes juridiques n’est plus virtuel, il est réel eu égard à l’existence d’un domaine concurrent des divers ordres juridiques. Du fait entre autres et notamment de la souplesse voire de l’imprécision avec laquelle la sphère d’intervention de chacune des organisations a été fixée. Ce risque est aggravé par la coexistence au plan supranational de trois juridictions suprêmes au niveau communautaires que sont la Cour de Justice de l’U.E.M.O.A., la Cour de Justice de la C.E.D.E.A.O. et la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage de l’O.H.A.D.A. Toutes choses susceptibles d’annihiler l’avenir même du processus d’intégration dans cette région tant il est vrai que cette intégration multisectorielle se réalise dans un même espace juridique éclaté en autant d’ordres juridictionnels. Quels peuvent donc être ces contrariétés et les points d’achoppement entre les différents systèmes juridiques? Est-il possible d’imaginer un mode d’articulation entre ces divers ordres juridictionnels ? En d’autres termes, une telle cohabitation est-elle souhaitable est-elle durable ? C’est à cette série de questions que la présente intervention tente de répondre de manière prosaïque. A l’évidence, il apparaît que la diversité des organisations régionales dans une même zone géographique induit une situation de concurrence dans l’élaboration des normes (I) et dans leur application (II). IConflit de compétence dans l’élaboration des normes

L’éclosion des organisations d’intégration conduit bien souvent à un enchevêtrement des normes entre ordres juridiques régionaux ou communautaires des droits substantiels. Ceci crée fatalement une situation conflictuelle, qu'il s'agisse d'organisations internationales à compétence matérielle, sectorielle ou générale, dès lors que les unes occupent totalement ou partiellement l’espace et/ou le domaine d’intervention ou de compétence des autres (U.E.M.O.A; C.E.D.E.A.O; OAPI; CIMA; O.H.A.D.A; CIPRES …). Il s’agit en l’occurrence d’identifier ces risques afin d’anticiper les dérives possibles. 1.1. Les risques

Les risques de concurrence dans la production des normes entre l’O.H.A.D.A et les autres ordres juridiques internationaux, qu’il s’agisse d’organisations internationales à compétence matérielle, sectorielle ou générale, qu’elles soient régionales ou sousrégionales (C.E.D.E.A.O, O.A.P.I, CIMA, U.E.M.A.O, C.E.M.A.C, ou CIPRES)2 sont pratiquement inéluctables. En premier lieu, un conflit de compétence peut surgir entre l’O.H.A.D.A et une organisation régionale à compétence sectorielle. C’est le cas notamment de la CIMA. Le droit des assurances est de la compétence de la CIMA (Conférence interafricaine des Marchés d’Assurance). Mais en réalité cette matière relève indubitablement du droit des affaires, rien donc ne peut théoriquement empêcher l’O.H.A.D.A de légiférer dans ce domaine, notamment dans les branches qui n’ont pas encore été abordées par la CIMA (par exemple les assurances de dommages autres que ceux provoqués par des véhicules terrestres à moteur ; assurances aériennes et maritimes…). Mais il serait curieux que l’O.H.A.D.A intervienne dans ces domaines pour ne pas briser l’homogénéité des sources formelles de la matière et pour ne pas amputer la CIMA de ses compétences. Malgré cette prudence élémentaire, le chevauchement s’est déjà produit : le Code CIMA a par exemple déterminé les règles de constitution, de fonctionnement, de dissolution et de liquidation des sociétés d’assurances. Dans ce cadre, les procédures de redressement et de sauvegarde des entreprises d’ assurance qui ont été prévues par les articles 321 à 321-3 du code CIMA, sont différentes de celles énoncées par l’Acte uniforme portant Organisation des Procédures Collectives d’Apurement du Passif en ses articles 25 et suivants. Heureusement qu’in fine, l’article 916 de l’Acte uniforme prévoit qu’il n’abroge pas les dispositions législatives auxquelles sont assujetties les sociétés soumises à un régime particulier. Qu’adviendra-t-il lorsque dans le cadre d’une procédure ouverte impliquant à la fois le droit CIMA et le droit O.H.A.D.A se pose en filigrane la question du choix de la norme à appliquer ?

J. ISSA- SAYEGH, La fonction juridictionnelle de la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage de l’OHADA, in ohada.com D-02- 16. Voir également P. MEYER, Les conflits de juridictions dans les espaces OHADA, UEMOA et CEDEAO, (Communication au colloque organisé par l’Agence intergouvernementale de la francophonie (A. I .F) en collaboration avec l’UEMOA sur « La sensibilisation au droit communautaire de l’UEMOA », Ouagadougou, 6- 10 octobre 2003).

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H.D. notamment.A.E.E. d’une manière générale.H.A.E.D. Il se contente seulement d’un renvoi aux lois particulières pour cela.E.H. cette situation a été fort heureusement résolue par la concertation.D.Il en va également de même pour l’OAPI (Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle) dont les matières traitées par les Annexes font également partie du droit des affaires.A ? De fait.H.E.M.E.A. Pour les mêmes raisons que la CIMA. de l’article 11 du projet de code communautaire des investissements qui fournit une autre hypothèse d’imbrication dans l’application du droit matériel O.A lorsque qu’un plaideur soulèvera devant lui la nonconformité du produit litigieux aux dispositions du code des investissements U. le droit spécial des affaires (transports.O.A. dans le cadre d’une politique de normalisation des produits et services sont susceptibles de créer une situation qui épouse la structure d’un litige mixte générant l’application et l’interprétation du droit uniforme des affaires et les dispositions de l’U.M.A dans la mesure où cette dernière fonde le droit commun des affaires (droit commercial général .A.E. Or en la matière ni l’OAPI.H. économique (articles 63 à 75).D.A.O. le nombre de recoupements de compétence est impressionnant. c'est quasiment tout le droit économique.O.D.M.M. Quelle serait dans ce cas l’attitude du juge supranational O. Or de l’analyse de ces dispositions. voire le droit social (droit du travail et sécurité sociale…) sans aucune limite. En effet. droit des sociétés .M.M.O.A.A et de l'O. On peut donc assister à un débordement de l'activité normative des deux organisations qui risque de créer une situation juridique incertaine. il ressort qu'il ne fait aucun doute que l'U. Il est évident que le contentieux se rapportant à cette disposition se développera le plus souvent parallèlement ou plus exactement dans le cadre d’un contentieux portant principalement sur la vente des produits visés et.A.M. C’est pour cette raison probablement que l’Acte uniforme sur les Sûretés ne contient aucune disposition relative au nantissement des propriétés intellectuelles.A se gardera bien de légiférer dans le domaine de la propriété intellectuelle même sur des sujets non encore explorés par l’OAPI tels que les œuvres informatiques ou multimédia.A.O.A. sûretés .A se sont rapprochées pour élaborer un droit et un plan comptables quasiment identiques. quelles sont les solutions envisageables ? 1.A en U. Il s’ensuit que le danger de normes concurrentes est dès lors avéré entre l'U. pour épuiser les exemples dans ce domaine.dire le droit des affaires dans son ensemble qui est concerné et qui pourrait ainsi être harmonisé par l’U. lesquelles seront régies par l’Acte uniforme sur le Droit Commercial général. Face à une situation qui peut vite devenir inextricable si on n'y prend pas garde et ne lui porte pas suffisamment d'attention. entreprises en difficulté . mais aussi de l'Union économique.E.O. Dans ce domaine particulier des rapports entre les deux organisations. Il en est ainsi. Les instances de l'U. l’O.M. toutes les autres obligations qu’impose l’article 11 du projet à l’investisseur-producteur ainsi que.A en les soumettant à l’obligation de se conformer aux règles et normes exigées pour la production des produits identiques dans leur pays d’origine.D. aux dispositions des Traités qui comportent tous 4 . toutes celles qui pourraient être exigées par l’U.A et l’U. ni les lois nationales ne se prononcent sur une telle sûreté si bien que celle-ci n’est pas réglementée dans la pratique.M.A et du droit U.E.A.O.A. Cette abstention volontaire peut d’ailleurs conduire à un tout autre risque : celui de provoquer un vide juridique. sur les obligations du vendeur.O. sectorielles (articles 101 et 102) .E. En second lieu.O.E.A et du système comptable ouest africain (SYSCOA) . On a d’ailleurs vu un tel conflit de normes surgir à propos du droit comptable élaboré par l'O.A est de recourir à titre préventif.A.D.H. non seulement de l'Union monétaire.O. Mais ce type de conflit peut surgir à nouveau dans d'autres domaines sans que l'on soit certain de son issue. En effet.H.O. Les solutions envisageables L’une des manières les plus simples d’anticiper et de prévenir ou de résoudre la concurrence dans la production des normes des organisations régionales citées et l’O. cette dernière a le pouvoir d’adopter des Règlements (Lois uniformes s’imposant directement aux Etats membres) mais uniquement dans les domaines de compétence que le Traité lui attribue expressément ou déterminés par la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement.2. ce projet d’article fixe les règles de production devant être observées par les entreprises qui sont d’origine étrangère à la Communauté U. un conflit de compétence peut surgir entre l’O. arbitrage .H.M. Mais lorsque l’on envisage le détail des questions énumérées par le Traité à propos des politiques monétaire (article 62).M. depuis la transformation de l’U.A s'est donné par rapport à l’objectif d'harmoniser toutes les législations nécessaires à la réalisation. c'est-à.O. voies de recouvrement des créances…).D.M.A et l'O.A. droit comptable . Protocole additionnel n° II) ainsi que celles rattachées à la réalisation du marché commun (articles 76 à 100). par exemple).

ce risque se trouve par ailleurs aggravé par l’absence de lien organique entre les différentes juridictions suprêmes instituées à la tête des plus grandes organisations (2).A ou C.A notamment à la CCJA de traiter ou d’interpréter.A.A. Certes. conflits qui peuvent être selon les situations négatifs ou positifs.O.A.D.O.D.E.A devraient donner une interprétation de la portée dérogatoire de la règle ou du régime spécial.A.A et l’U. Ce risque de chevauchement a été évité dans ce cas particulier par la concertation en amont des deux organisations pour prévoir un droit et un plan comptable quasiment identique avec d’une part.E. la CCJA pour l'O. II.O pour ne rester que sur l’exemple de l’Afrique de l’Ouest. aucun des ordres juridiques ne détient la clé de la répartition des compétences entre normes en concurrence.E. dans les limites fixées par le système de droit international privé du for.M.M.H. On a relevé à cet effet l’exemple du droit comptable élaboré par l'O. 5 .H. les entreprises pourront réclamer l'application de l’Acte uniforme ou du SYSCOA.O. aucun ordre juridique ne peut s’arroger le pouvoir de cette répartition.A.A et la C. Dans un tel cas de figure.E. D’ où les risques de conflits nés ou à naître. du moins l’essentiel des règles juridiques applicables à l’entreprise et aux activités économiques est porteuse de ce risque d’accroissement des situations de concurrence entre les normes communes produites ou susceptibles d’être produites par l’O.A car.E. De manière générale. il existe un risque évident de conflits de compétence au plan juridictionnel (1).M.E.M. Les Conflits de Compétence dans le contrôle de l’application des normes De la même façon que pour la création de normes supranationales. à la différence de la règle de conflit qui permet. tandis que les règles comptables édictées par le code CIMA pour les entreprises d'assurance constituent un régime dérogatoire au droit commun comptable SYSCOA ou O.O.H. une norme juridique U.A peut se heurter donc à des limites externes résultant de l’existence d’organisations internationales concurrentes tout autant regardantes sur leurs sphères de compétences. l’Acte uniforme portant sur le droit comptable et d’autre part.O. le risque est grand d'être en face d’un conflit de règles insoluble lorsqu'elles seront appliquées dans l'espace de l'U.D.A. un droit spécial (par exemple.des clauses permettant à ces organisations d'établir toute coopération utile avec les organisations régionales ou sousrégionales existantes. lorsque les régimes spéciaux dérogent au droit commun mais uniquement dans les limites étroites de ces régimes spéciaux et pour l'objet précis des dispositions dérogatoires considérées.E.D.O. Si bien que tout en restant dans son domaine de compétences.D. le Système Comptable Ouest Africain (SYSCOA). comment arrivera-t-on à résoudre les conflits de normes portées par des législations des différentes organisations différentes ? Rappelons qu’il n'y a conflit de normes que si deux dispositions ayant le même objet sont contraires.D. l’ O.A est considéré comme le droit commun des sociétés commerciales et celui des banques et des assurances créé respectivement par l'U.A).A.E.A et la CIMA constituent des droits spéciaux de sociétés commerciales à objet de banque ou d'assurance .A de fixer sa sphère d’applicabilité matérielle et spatiale qui s’impose aux ordres juridiques internes des Etats. Mais. le droit des sociétés commerciales élaboré par l'O.D.D. A supposer donc que la solution de la concertation soit impossible ou inutilisée. entre organisations internationales. de conclure des accords de coopération avec elles.A et les normes communes ou communautaires produites par les autres organisations régionales telles que l’U.H. Mais en dehors de cette formule de concertation formelle ou non. Ensuite le conflit de normes peut concerner deux régimes de droit commun (par exemple l’O.E.M.M. En effet.A.H. il ne revient pas fondamentalement aux autorités ou aux organes de l’ O.A et l’U.D.H.D.H.A. Or. la politique d’extension du domaine du droit des affaires actuellement envisagée pour couvrir sinon la totalité. de répartir l’application de la lex fori et de la loi étrangère. il appartient à l’ordre juridique O.A.A. Dans de pareils cas. D’abord le conflit peut se porter entre un régime de droit commun et un régime de droit spécial.O. toujours possible.A.H.A avec le droit comptable).parties. aucun mécanisme général préventif ou de solution des conflits de compétences n'a été institué dans la zone africaine subsaharienne. il peut advenir que l'une des organisations en présence ait forgé un droit commun et l'autre.D. par exemple.E. surtout. de faire appel à l'aide technique de tout Etat ou d'organisations internationales et.H.A comme la Cour de Justice de l'Union pour l’U.M.E. selon qu'elles y auront intérêt. En effet. Il y a lieu de distinguer dans cette analyse deux hypothèses : lorsque le conflit normatif dont il s’agit oppose le droit commun à un droit spécial ou lorsqu’il oppose deux législations de droit commun.O dans un litige donné et porté à sa connaissance.

Or la compétence de la CCJA est limitée au domaine du traité de Port Louis.A. l’O. qu’adviendra-t-il lorsqu’un litige venait à impliquer par exemple l’application simultanée et conjuguée des règles de l’U.. dans le cadre d’un Acte uniforme. De la nécessité d’une coopération entre les juridictions communautaires A l’exception des cas de renvoi d’une juridiction à une autre.D.A.O. la Cour de Justice de la CEMAC. d'autre part. Elle aurait pour ainsi dire vocation à connaitre de toutes les affaires relatives aux autres législations uniformes hors O.A en renvoi préjudiciel.A.A.E. de la C. Traité révisé ).A.A. Si bien que la compétence que la juridiction supranationale en tire est une compétence spéciale et non une compétence générale. empêche que l’une puisse saisir l’autre pour avis ou pour consultation sur une question d’interprétation. la Cour de Justice de la CEDEAO ( article 16 Traité CEDEAO .O. il y a deux circonstances qui pourraient justifier rationnellement la coopération judiciaire entre juridictions suprêmes : le dessaisissement total d’une juridiction au profil d’une autre et la procédure de renvoi préjudiciel.A. Sur la base de cette analyse. on ne peut souscrire à cette idée. la C. toujours dans le but de parvenir à une interprétation uniforme dans ces domaines. Cette absence de passerelles entre ces institutions est pourtant préjudiciable pour les plaideurs ordinaires. notamment en matière d’assurance ou de propriété intellectuelle.E.E. en effet. 2. parce qu'elle n'est pas une juridiction nationale et.A des Actes uniformes de l'O. D’un point de vue pratique. s'explique en théorie par le fait qu'elles sont toutes adossées à des Traités internationaux différents et qu'elles obéissent ainsi à des ordres juridiques distincts. saisie par avis le 2 février 2000 à propos du projet de Code communautaire des investissements U. Il existe ainsi dans le seul espace géographique O.D.H. 23ets .D. Or la question de l’opportunité du recours à la procédure préjudicielle peut se poser au moins dans les cas très spécifiques où le litige soulève des questions d’application et d’interprétation de plusieurs normes communautaires. ( article 38. que la CCJA ne peut saisir la Cour de justice de l'U.1.M.D. 6 . 3 La Cour Commune de Justice et d’ Arbitrage ( CCJA) de l’ OHADA. Cette pluralité de cours ne gagnerait.E..A. (Afrique Centrale et Afrique de l’Ouest) au moins six juridictions3 intervenant dans des sphères de compétence différentes.O.O. le risque de divergence existe bel et bien au plan pratique. Mais si cette idée a le mérite de la simplicité.2. que l'interprétation par la Cour de justice de l'U. chargée de veiller à l’application uniforme des règles qu’elles édictent.C et des Actes uniformes ? Quelle juridiction faudrait-il privilégier dans de pareils cas ? Même s’il est vrai qu'en dehors de la CCJA. Cette situation d’horizontalité bien assise sur le principe de plénitude de compétence de chacune des juridictions dans la matière qui la concerne. Un risque évident de conflit de compétence juridictionnelle Conscients des dangers d’interprétations divergentes et/ou contradictoires dans la mise en œuvre de leurs législations.E.M.D.M.A. article.2. Il faudra prendre garde.E.M. du Protocole additionnel n° 1 relatif aux organes de contrôle de l’ UEMOA) . La Cour de justice de l'U.C.M.A.M.M.elles? Certains observateurs ont avancé l’idée de faire de la CCJA la plus Haute juridiction communautaire.A porterait atteinte à « l'exclusivité de compétence de la CCJA dans l'interprétation et l'application des Actes uniformes ».A.M.A. sa mise en œuvre n’est pas sans difficultés dans la mesure ou toutes ces matières n’entrent pas.O.E. qu’à une trop grande insécurité ne succède une sorte d’impérialisme judiciaire excessif qui luimême aboutirait à une situation complexe où ne se retrouvent plus les plaideurs ordinaires. applicables dans les Etats parties. d'une part. avait eu à se prononcer indirectement sur la question en expliquant. l’U.O.elle pas en efficacité si une collaboration formelle pouvait être établies entre. L'absence de lien organique entre ces hautes juridictions.E. Une telle mesure pourrait en outre rouvrir inutilement le débat sur la constitutionnalité du Traité. la C.H. Or il n'existe aucune hiérarchie ou de lien organique entre les différentes juridictions.O ont chacune institué une juridiction spéciale.E. et Protocole A/ P du 1/7/1991 relatif à cette Cour ) et un Tribunal arbitral de communauté ( article 16. La voie du dessaisissement doit être exclue dans notre hypothèse en raison de son impraticabilité car elle heurterait de plein fouet les règles de compétences exclusives entre les juridictions. Traité et article 1er et s.A. en effet.E. les autres juridictions suprêmes ne connaissent guère un volume consistant de contentieux pouvant laisser croire à une véritable concurrence entre ces Cours. la Cour de Justice et Cour des Comptes de l’ UEMOA .H.A.H.

et de nature à faire naître un doute dans un esprit éclairé ». La théorie de l’acte clair est donc un moyen inventé par ces juridictions pour renforcer leur pouvoir à l’égard de l’exécutif.1039) 4 7 . T. Cour Suprême du Niger. tout en permettant aux autres juridictions d’exercer pleinement leur souveraineté sur la partie des litiges qui les concernent. la procédure se déroulerait en trois temps: 1Le juge initialement saisi décide de surseoir à statuer et de renvoyer la question d’interprétation à la juridiction dont l’avis est sollicité . Le Conseil d’ Etat français l’a transposée à la procédure du renvoi préjudiciel instituée par l’article 177 dans un arrêt du 19 juin 1964. p. pour lui de considérer si la question est ou non « prépondérante »4 Il n’y a pas lieu non plus d’admettre la théorie d’un acte clair développée par les juridictions françaises dans le cadre du droit européen5. Cette technique de recours à la procédure de renvoi préjudiciel devrait ainsi permettre aux diverses juridictions œuvrant pour le « bloc institutionnel communautaire » d’exercer chacune en ce qui la concerne. l’instauration d’un mécanisme de question préjudicielle est celui qui présenterait le moins d’inconvénients. cette dernière. pol. il doit poser. Dans une telle hypothèse. soulevée par les parties ou spontanément reconnue par le juge. Elle est appliquée par les juridictions françaises qui sont tenues de renvoyer l’interprétation des traités internationaux au gouvernement. On sait que ce critère avait été suggéré par la Cour Suprême nigérienne pour rejeter la compétence de la CCJA dans les litiges d’ affaires mixtes. Shell -Berre (Rev. 1896. dès lors qu’un juge suprême se trouve confronté dans « une affaire mixte » dans laquelle il y a un mélange d’application et d’interprétation de normes communautaires.Il s’agit des litiges dans lesquels il existe un partage des compétences entre. 1964.de droit public et de sc.I. 2Saisie de la question. p. Traité de la juridiction administrative. c'est-à-dire une difficulté réelle. Schématiquement. qui garde sa compétence exclusive dit le droit sous forme d’un arrêt interprétatif .498. Paris.. la question préjudicielle à la juridiction suprême normalement compétente en la matière. la CCJA et les autres juridictions suprêmes communautaires. un contrôle indirect sur l’interprétation et l’application du droit relevant de sa sphère de compétence dans les litiges mixtes. aff. Car il s’agit avant tout de permettre à chaque juridiction supranationale de garder toute sa maîtrise sur tout le contentieux du droit qui relève de sa compétence et de se prémunir contre les autres juridictions qui voudraient prendre quelques libertés avec les règles de compétences exclusives instituées par les différents traités. Il n’y a pas lieu. Dans une telle perspective. 3Le juge saisi reprend l’instance fait application de cet arrêt interprétatif au litige et rend une décision qui éteint le contentieux. par exemple. 16 août 2001. sans aucune condition. 5 L’idée a été exprimée dès 1896 par LAFERRIERE : « Il faut qu’il ait une question.

du Sénégal. pour en fixer le cadre et déterminer le contenu. du Bénin ou même de la Guinée Equatoriale à une forte progression du développement qui se matérialise avec la réalisation d’ouvrages de plus en plus nombreux. Le droit vise donc à rendre l'œuvre de l'esprit exclusive. les cartes géographiques. les écrits de toute nature. En effet. modernes et sophistiqués tels que des ponts. ou encore parce qu’un projet d’architecture de bâtiment et un projet urbain n’ont ni la même échelle. de sorte que les constructions. les conférences. l’étendue de leurs droits. tant dans la plupart des cas il s’agit de marchés publics. Les mésententes sont donc multiples. Si l’œuvre de l’esprit est le terme légal pour désigner les différentes formes de créations humaines (telles que. narrée. les logiciels. les œuvres de peinture. ses salariés. doivent être contrôlées. des échangeurs. de sculpture. l’entrepreneur et même le cessionnaire-acquéreur de l’ouvrage ou des droits patrimoniaux sur l’ouvrage). de nature différente et ne sauraient être traitées de la même manière ne serait-ce que parce que les objectifs des différents acteurs divergent en principe. encore moins la même formalisation. L'auteur peut ainsi légalement interdire d'utiliser les œuvres dont il détient les droits et il lui est alors possible de vendre des autorisations d'utilisation. de s’interroger à nouveau sur les droits des auteurs de ces œuvres architecturales. obligations et responsabilités respectifs. les œuvres cinématographiques ou audiovisuelles. les plans. 8 . de sorte que s’agissant par exemple d’un roman. il semble qu’il faille au préalable repréciser les linéaments de certaines notions. les bases de données. les livres. la réalisation de ces différentes œuvres de l’esprit ne se fait pas toujours sans difficulté. Dans la pratique. le maître d’ouvrage délégué. etc). des marchés ou des aéroports pour ne citer que ceux là. Or. tant publiques que privées. réglementées et suivre un certain nombre de règles juridiques. par exemple.DROIT D’AUTEUR SUR L’ŒUVRE ARCHITECTURALE EN OAPI : « Observations à la lumière des droits issus de la civil law » Bérenger Y. le droit d’auteur s’attache à la forme d’expression et non au fond. le maître d’œuvre. peuvent opposer les différents acteurs (l’architecte auteur de l’œuvre. Ce texte définit la notion comme étant l’ensemble des prérogatives exclusives dont dispose un auteur ou un ayant droit sur une œuvre de l’esprit. ce n’est pas le thème de l’histoire qui est protégé par le droit d’auteur. des hôpitaux. MEUKE Docteur en droit des affaires Avocat aux Barreaux de Lyon et du Cameroun Collaborateur Principal – JURIFIS CONSULT Chargé d’Enseignement à l’Université de Bamako et anciennement à l’Université de Nantes Après cinquante années d’indépendance. C’est l’Annexe VII de l'Accord de Bangui du 2 mars 1977 instituant l'Organisation Africaine de la Propriété intellectuelle (OAPI) qui fixe et détermine les contours de la notion de droit d’auteur. en octroyant à l'auteur un monopole d'exploitation sur sa découverte. les croquis. C’est très souvent à cette occasion que des conflits prenant leur source entre le moment où le projet de construction est conçu et celui où l’ouvrage est réalisé. Les contentieux qui se développent de plus en plus notamment en matière de construction et de travaux publics prennent leur source dans le fait que les différents protagonistes ne maîtrisent qu’assez peu. les photographies. Il est alors impératif dans un tel contexte de mutation. On assiste dans des pays à l’instar du Mali. mais la façon dont elle est racontée. les sites internet. le maître d’ouvrage propriétaire de la construction. les créations relevant du domaine de la construction ont un impact sur le « milieu environnant ». d’architecture. Ces désaccords dépassent assez largement souvent le champ de compétence des juridictions judiciaires et donc du droit privé et concernent tout autant les juridictions administratives et le droit public. au « contenant » et non au « contenu ». ses ayants droits. la plus part des Etats africains ont décidé de refaire peau neuve. ses collaborateurs. ni le même objet.

Ce droit comporte des attributs d’ordre moral ainsi que des attributs d’ordre patrimonial (…) » L’œuvre de l’esprit bénéficie donc de la protection du simple fait de sa création sous la seule réserve de son caractère original (I). Pareillement. 22741 CA Paris. Selon la Cour de Cassation française. Société Governor et J. SA Facebat c. p. les œuvres architecturales sans caractère particulier ou original. non seulement. Juillet septembre 1989. par F DESSEMONTET. Bourgeois c. du seul fait de sa création d’un droit de propriété incorporelle. éd Cédidac 2000. La loi vise ainsi toutes les œuvres d’architecture. in Le Moniteur des TP. pour être qualifiées d’œuvres de l’esprit. « L’architecte auteur ». les édifices eux-mêmes dès lors qu'ils présentent un caractère original. Duchêne c. » (Ch. A. Sénat Q. qui sont la reproduction banale des types d'édifices largement répandus à travers l’espace OAPI. in Le Moniteur des TP n° 5273. article 5). II. En d’autres termes. A. par exemple que l’Accord de Bangui sur les œuvres créées dans le cadre d’un contrat de travail ou d’une œuvre de commande (Annexe VII. c’est-à-dire qu’elles soient susceptibles d’une forme d’expression différente en fonction de leur auteur. article 31) vers le principe du « copyright ».TGI Paris. Bonnier c. dès lors qu’ils portent la marque de la personnalité de leur auteur qui. 29 mars 1989. les tunnels ou tranchées couvertes. p. 22 mai 1996. les études urbaines à caractère programmatique ou projectuel sont reconnues par la Cour de Cassation française comme devant être protégées par le droit d’auteur nonobstant les prises de position ministérielles par voie de circulaire ne voulant retenir cette notion (J. p. il est important de préciser que ce dernier est investi d'un droit aux attributs moraux et patrimoniaux (III) qui peuvent entrer en conflit avec les droits du propriétaire de l'ouvrage (IV). ne s’est pas limité à fournir une simple prestation technique. les Etats d’Afrique francophone se sont également inspirés du droit américain avec le modèle « copyright ».Le principe de la protection par le droit d’auteur est fixé par l’article 4 alinéa 1er de l’Annexe VII du texte susvisé qui précise que « l’auteur de toute œuvre originale de l’esprit. comme les ponts. croquis et maquettes qui en sont le corollaire comme il en ressort d’ailleurs de l’article 5-viii du texte susvisé. la seule condition étant que leur forme soit originale13. 17/12/2004.-M. 26 juin 1997. 03/11/2006. n°00/05562. les parcs publics. SCPA JAPAC c. devrait alors guider les tribunaux de l’espace OAPI s’ils sont en présence d’une situation qui n’est pas visée explicitement dans d’autres dispositions particulières du texte. L’affirmation selon laquelle l’auteur de l’œuvre architecturale a un droit exclusif sur son œuvre. 2e sect. civ. exclusif et opposable à tous. quel qu’en soit le genre./ SA Mauboussin 13 Par exemple. croquis et maquettes conçus par l'architecte mais mieux encore. in Le Moniteur des TP. G. une maison d'habitation ayant fait l'objet de publication dans des revues d'architecture durant la période de sa création9.97 MARTINEZ) 9 . 2e ch. IDE LA NATURE DES ŒUVRES PROTEGEES L'architecte dispose d'un droit d'auteur sur l'œuvre architecturale. bien que contraint de respecter les directives administratives.4. les canaux. n°5371. les autoroutes. Même si des difficultés peuvent apparaître lors de la désignation de l’architecte titulaire du droit d’auteur sur l’œuvre architecturale (II). Wilmotte c. 4e ch. 3e ch. 1996. Crim. un bâtiment dont la partie centrale est surmontée d'une verrière monumentale servant de hall de circulation et de lieu de repos8. par Bertrand Couette.N°5135 du 14. 357 9 6 CA Versailles.CA Paris.O. il semble que ne sont point protégées par le texte susvisé. 4e ch./ Doueb . par Térence Cabot et Frédéric Sardain. Le droit d’auteur protègerait toutes les œuvres de l’esprit. in www. a ensuite évolué dans sa version révisée de 1999 (Annexe VII. 20 novembre 1996. Voir sur la notion en droit étrangers : « La propriété intellectuelle »..32 / « Le droit moral de l’architecte : question de droit ou d’éthique ? » par Michel Huet./ SARL Duval-Raynal 10 11 12 CA Paris. 94 / « La transformation de l’œuvre initiale de l’architecte n’implique pas de la confier à son auteur ». n° 5415. 68 / « Etendue et limite du droit d’auteur de l’architecte sur l’œuvre architecturale »./ Sirvin : JCP éd. Rachline c. des constructions telles que piscines et centres aquatiques ou ludiques11 ou encore des travaux de restauration et de réaménagement dès lors qu'ils ne relèvent pas de la seule nécessité mais traduisent un choix esthétique spécifique et confèrent à l'ensemble réalisé un caractère original12. les plans../ Société Bull : RD imm. éditions Le Moniteur. p. littéraire et artistique jouit sur cette œuvre. des plans et dessins originaux concernant un agencement de vitrines et des systèmes particuliers d'éclairage destinés à s'intégrer dans le cadre spécifique d'une architecture déterminée10. C’est ainsi. ville de Lyon et ville de Caen : Gaz. le mérite ou la destination. 8 TGI Paris. 4 avril 1996. 24.com 22/01/08 7 Nonobstant l’influence du droit français dans l’espace OAPI. 10 mai 2002./ Société d'encouragement à l'élevage du cheval français .. 07/09/2007.. « des plans d’urbanisme ont le caractère d’une œuvre de l’esprit protégée par le Code de la Propriété Intellectuelle./ Dubois. Ont ainsi par exemple été considérés par la jurisprudence française7 comme œuvres protégées.9. Pal. 4e ch. à la fois la construction d’édifices publics ou privés et les constructions relevant du génie civil. il suffit que les créations portent « l’empreinte de la personnalité » de leur auteur. 30 octobre 1996. par Michel Huet. puisque. En revanche.94 p. d’abord inspiré du modèle français. 4 décembre 1996 CA Rouen.cyberarchi. Le seuil d’originalité requis serait relativement faible. ainsi que sur les plans.895). 2006 / « Jusqu’où va le droit moral de l’architecte ». les installations sportives (stades)… Seraient alors protégés. 1re ch. le catalogue des droits particuliers dressé suite à l’Accord de Bangui ne serait pas limitatif6.

Si une œuvre est donc protégée. dépourvue de toute vision d’ensemble »15. 1re ch. « G ieule c. 127 10 . 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 Qu’il s’agisse de contraintes techniques. Quid des droits d’auteur de l’architecte sur un projet ? Le droit d’auteur s’attache à un bien immatériel. La protection légale commence déjà à l’esquisse. les plans qui ne « sont que la traduction graphique de calculs théoriques et l’application simple de règles techniques et de lois physiques » ne sont pas protégés par le droit d’auteur18. dès lors qu’elle porte l’empreinte de la personnalité de son auteur. pourvu qu’on puisse y déceler une individualité. Les problématiques de droit d’auteur les plus importantes dans ce cadre peuvent paraitre de deux ordres : Comment un architecte peut-il se protéger contre la reprise d’un projet ou d’une esquisse de solution lorsqu’un contrat n’a pas été formellement conclu ? Quels sont les droits d’un architecte avec lequel un contrat a bien été conclu. « il convient de rappeler que le droit d’auteur accorde exclusivement à l’auteur le droit d’autoriser la reproduction de l’œuvre. du fait qu’ils « ne procédaient que d’une simple répétition ou accumulation de motifs ornementaux et de la faible qualité de l’exécution. 1re civ. à la différence par exemple des droits portant sur les secrets de fabrication ou les procédés techniques confidentiels. 1995. à l’avant-projet./ Sagne » Cass. 6 litt. Un contrat pourrait bien intervenir pour légitimer l’usage du projet ou de l’esquisse. il avait également été jugé que les plaquettes d’un architecte répondant aux conditions posées par une circulaire du ministère du logement et le plan de masse déposé par lui ne présentent pas les caractères d’une œuvre originale20. mais auquel le maître de l’œuvre préfère un second architecte pour l’exécution du projet ? 1) En l’absence de contrat Comme l’avait fort justement précisé le Pr François DESSEMONTET... 3e Civ 19 juin 1969 TI Nîmes. 1re civ. 656 M. Il s’agit d’un droit absolu. toutes les innovations dont la forme n’est pas dictée par la contrainte14 et laisse une certaine marge à l’arbitraire seraient qualifiées d’œuvres de l’esprit et protégeables par le droit d’auteur. Par conséquent. tout comme la position de la doctrine suisse23. Cass. tel n’est par exemple pas le cas de travaux de sculpture ornant des bâtiments. 1ère civ. Neuere Entwicklungen in Urheberrecht des Architekten. 26 janvier 1971. quel qu’en soit le mérite. B. 17 juin 2003. C’est dire que la charge de la preuve quant à l’existence du contrat et à son contenu pèse sur l’utilisateur. 13 oct 1993 CA Paris.. 13 févr. qui est donc valable envers tout tiers. Pedrazzini. p. seule la « forme originale sous laquelle ils sont exprimés » ouvre droit à protection.Ainsi. p. Dans le même ordre d’idée. légales ou contractuelles. L’œuvre architecturale doit être le fait d’une conception intellectuelle hors série. tout tiers devra s’abstenir de construire selon un avant-projet ou une esquisse qui parviendrait à sa connaissance ». Le transfert de ces ébauches de solutions n’emporte pas nécessairement le droit de les employer telles quelles. et le bâtiment construit n’est qu’un exemplaire de ce bien./ Alain Afflelou et a. « Keller » CA Bordeaux. A fortiori un projet complet en bénéficiera-t-il aussi. C’est en tout cas le sens de la jurisprudence française21 et allemande22. voir également Landgerichtpräsident Uri in RSPI 1986. Juris-Data N° 024192 Bundesgerichtshof allemand in GRUR 1984. Cass. en l’absence d’un contrat. 26 octobre 1990. l’architecte n’étant pas protégé par la loi qu’en tant qu’artiste créateur de formes et non en tant qu’ingénieur employant des procédés purement techniques19. cette même juridiction avait également refusé la protection à des plans consistant en la simple traduction graphique de calculs purement théoriques et structurels17. M. Egalement. les idées ou concepts ne seront pas protégés en tant que tels. Perrier c/ SA Barton et Guestier Cass. à p.. La Cour de cassation française avait décidé dans ce sens en estimant qu’un architecte d’intérieur ne pouvait revendiquer la propriété intellectuelle d’aménagements types de magasins sur la base de prescriptions et dessins généraux ne comportant pas d’«indications suffisamment concrètes et précises »16. En effet. « Mme X c. 5 mai 1998. Droit de la construction 1993/1. D’ailleurs.

qu’elle peut être distinguée d’une idée ou d’un concept. il n’est pas satisfaisant qu’un autre architecte ait le droit d’achever son œuvre. et à fixé ses honoraires à 12. l’autorisation du premier architecte est nécessaire et l’œuvre seconde est qualifiée d’œuvre composite26. Si on peut admettre avec Monsieur PEDRAZZINI25 que l’architecte ne devrait pouvoir s’opposer à l’achèvement de ses plans par un tiers lorsque cet architecte est responsable de la résiliation du contrat. Kohn c/ Chiron 11 . Si la protection conférée par le droit d'auteur est valable erga omnes. Alors qu’aucune réponse ne lui était parvenue. la Cour d’Appel de Pau a considéré que. fondait un droit d’auteur en faveur de l’architecte consulté24. soit environ quatre fois le montant des honoraires qu’il avait proposés. du point de vue de l’auteur. Au cas où les travaux ont été entrepris. op cit 26 CA Pau 1re civ. que l’immeuble avait été rénové selon l’implantation des escaliers et le rehaussement du toit tel qu’il l’avait préconisé. l’Accord de Bangui sur le droit d’auteur protège la création intellectuelle dans tous ses états (esquisse. Saisi de l’affaire. le droit d’exécuter l’œuvre. Dès lors. pour les intégrer dans le projet architectural d’ensemble. mise en plans et exécutée par un autre architecte. il a constaté en passant plus de deux ans plus tard sur les lieux. donnant ainsi la possibilité au maître d’œuvre acquérir alors et ce. lui demandant une solution pour augmenter l’espace intérieur de son bâtiment. Il semble qu’il faille considérer le contrat de l’architecte comprenant la préparation des plans et l’exécution des travaux comme un contrat de mandat. l’architecte ne pourrait s’opposer à leur continuation sur la base de ses plans. l’architecte aurait exercé son droit d’autoriser. de sorte que le propriétaire de l’immeuble ne pouvait justifier d’une autorisation de l’architecte pour l’utilisation du plan. il convient alors de s’interroger sur la titularité des droits qui se rattachent à l'œuvre. son auteur devient automatiquement titulaire d’un droit de propriété exclusif et opposable à tous. de façon définitive. II. 24 CA de Paris. cette esquisse. Toute sommaire qu’elle fût. Dès le moment où une œuvre est suffisamment formalisée.000 francs. une simple esquisse démontrait qu’on pouvait y parvenir en plaçant la cage d’escalier dans une colonne translucide à l’extérieur du bâtiment et en rehaussant le toit par des fenêtres à la Mansard. un propriétaire d’immeuble s’était adressé à un architecte. dès lors que les plans du bâtiment de l’architecte second reprennent les éléments originaux d’un plan-masse initial. L’architecte ne pourrait plus en principe interdire la construction alors que la réalisation de l’œuvre ne lui a pas été confié jusqu’à la fin. 3 janvier 2005. Or. En l’espèce. la révocation étant possible à tout temps. toute autorisation accordée dans le cadre d’un contrat de mandat est censée être donnée sous condition résolutoire. de sorte que. 26 octobre 1990. brouillon ou solution détaillée. Juris-Data N° 024192 (Le TGI de Paris avait au contraire reconnu l’existence d’un contrat dans un jugement rendu en date du 19 mai 1989) 25 Pedrazzini. en revanche lorsque cette résiliation ne lui est pas imputable il pourrait en interdire l’emploi lorsque les travaux n’ont pas encore débutés. A titre d’exemple. Un arrêt rendu par la Cour d’Appel de Paris avait protégé le concept original d’un architecte auquel un maître de l’œuvre s’adressait afin de gagner de la place dans un hôtel particulier qui devait être restauré à Neuilly-sur-Seine. même non fixée par écrit).000 francs.DE LA TITULARITE DES DROITS L’auteur d’une œuvre de l’esprit jouit des droits d’auteur sur celle-ci du seul fait de la création. Le délit de contrefaçon était constitué et l’architecte fut dédommagé à hauteur de 50.Mais alors comment faire lorsqu’on sait généralement que c’est par voie d’actes concluants que se forme le contrat emportant autorisation de l’architecte d’utiliser les plans ou l’esquisse ? Comme nous l’avons précédemment précisé. en permettant l’exécution de son projet. L’architecte lui a transmis une esquisse. la Cour d’Appel de Paris avait considéré qu’aucun contrat n’était intervenu entre les parties. 2) En présence de contrat Toute la question à ce niveau de la réflexion est celle de savoir quels droits un architecte peut-il faire valoir contre l’usage de ses plans par un autre architecte auquel on confie la suite des travaux ? La supervision des travaux de réalisation d’une œuvre architecturale est généralement la seule garantie d’une exécution fidèle des travaux.

à condition toutefois d’appeler les autres dans la cause. Cependant. si une œuvre de collaboration peut être divisée en partie indépendantes c’est-àdire si les parties de cette œuvre peuvent être reproduites. un parc d'attractions pour lequel une personne morale a eu un rôle moteur d'initiative. exécutées ou représentées ou utilisées autrement d’une manière séparée. ni leurs employeurs ne sont titulaires des droits d'auteur. SARL Trabec Ile de France/ SA Leroy Merlin 29 TGI Senlis. considéré comme tel et. en l'absence de participation de tous à la conception dudit ensemble. Il avait ainsi été jugé en France que. 15 février 2001. 1) Les œuvres collectives dont les droits appartiennent ou pas aux architectes L'œuvre architecturale est généralement divulguée sous le nom des architectes qui ont signé le permis de construire. 27 28 CA Rouen. En revanche.. Le régime de l’unanimité n’est donc pas absolu. c’est-à-dire la personne physique qui a fait un apport personnel dans le processus de création de l’œuvre. nonobstant la propriété commune. sur des plans élaborés à son initiative et en son sein par des professionnels salariés de la société ou indépendants rémunérés par elle. dès lors que les apports de chacun se sont fondus dans l'ensemble en vue duquel elles ont été créées. 26 juin 1997. Toutefois. puisqu’une action en justice en défense des droits patrimoniaux communs pourrait être décidée par un seul des cotitulaires. lorsque la contribution des auteurs relève de genres différents. sans qu'il soit possible. Il en ressort qu’une œuvre de collaboration est une œuvre à la création de laquelle plusieurs personnes ont concouru ensemble.La désignation de la personne ou des personnes titulaires du ou des droits d'auteur n’est pas sans difficulté. résultant de la contribution d'un auteur du projet architectural et d'un auteur des plans d'exécution du projet28 . quelle que soit l’importance de leur apport respectif. les coauteurs peuvent bénéficier de droits indépendants sur ces parties. nécessite la saisine du tribunal compétent. cela même dans le cas d'une participation importante d'un architecte collaborateur à l'exécution de travaux. puisque l'œuvre est l'expression de la personnalité de l'auteur. sans qu'il soit possible de l'en détacher. il suffit que son nom apparaisse sur l’œuvre d’une manière usuelle ». dès lors que la part prise par lui à l'élaboration de l'ouvrage s'est fondue dans l'ensemble. 3 juin 2003. Aux termes de l’article 33-1 du texte susvisé. Aux termes de l’article 29 du texte susvisé. Sté ADACP / Sté Grévin et Cie 12 . 2) Les œuvres architecturales de collaboration L'œuvre architecturale peut constituer une œuvre de collaboration. « afin que l’auteur d’une œuvre soit. tout en étant des cotitulaires des droits de l’œuvre de collaboration considérée comme un tout ». « les coauteurs d’une œuvre en collaboration sont les premiers cotitulaires des droits moraux et patrimoniaux sur cette œuvre. chaque coauteur pourrait bien exploiter séparément sa propre contribution. Elle est la propriété commune des coauteurs. à la suite de commandes émanant de maîtres d'ouvrage. civ. constituaient des œuvres collectives des constructions édifiées sous la direction d'une SCP d'architectes. la contribution des architectes s'inscrivant dans une démarche collective29. sans porter préjudice à l’exploitation de l’œuvre commune. En principe. en l’absence de preuve contraire. 2e ch. soit en droit d’intenter des procès. SCPA JAPAC c/ SARL Duval-Raynal CA Versailles. le juge français avait également considéré comme des œuvres collectives dont les droits n'appartenaient pas aux architectes : une maison créée à l'initiative d'une société qui l'a divulguée et commercialisée sous son nom. dont le nom figure sur les plans et qui en sont ainsi présumés auteurs. le titulaire originaire des droits d’auteur sur une œuvre est l’auteur de cette œuvre. Ni leurs collaborateurs. de sorte que les décisions concernant l’exploitation de l’œuvre doivent être prises à l’unanimité et à défaut d’accord. L'auteur est donc d'abord la personne physique qui a créé l'œuvre. de coordination et de direction. de leur reconnaître un droit indivis sur cet ensemble27. par conséquent. Il s'agit là d'une présomption simple puisque l'œuvre architecturale peut être une œuvre collective dont les droits appartiennent à ou aux architectes qui ont élaboré la conception d'ensemble et/ou coordonné la conception de détail.

A. la publie et la divulgue sous sa direction et son nom. 1re ch. 69 32 TGI Seine. modifié une sculpture monumentale par retrait d’un certain nombre d’élément et déplacement de son emprise au sol alors même que les fissures constatées sur les pierres ne justifiaient pas l’ampleur des modifications34. ville de Lille/Gillet : Bull. Comme nous l’avons précédemment indiqué. Dans ce sens. I. la préparation d’un « dossier consultation entrepreneurs » pour l'agencement d'une vitrine et de son éclairage.. Dans ces conditions. exécuté des travaux de gros œuvre qui ont eu pour conséquence de détruire l’harmonie de l’ensemble original de l’immeuble alors qu’aucun impératif technique ne justifiait les modifications33. C’est ainsi que peuvent constituer une dénaturation de l’œuvre architecturale. D’après les dispositions de l’article 8 du texte susvisé.L'œuvre architecturale peut constituer une œuvre de collaboration généralement lorsque deux architectes ont concouru. qu’il s’agisse des plans ou de l’édifice lui-même. n°86-12. l'autre ayant établit les plans30. Obs Monpert 13 . Il aura peut-être plusieurs propriétaires. modification ou tout autre atteinte qui seraient préjudiciable à son honneur où sa réputation. SPPM / Chemetoff. 6 juillet 1966 : D. ce qui rend illusoire la plupart des clauses contractuelles qui viseraient à préserver l’intégrité de l’œuvre architecturale. ville de Lyon et ville de Caen CA Paris. 22 mai 1996. 982119. civ. La cour d'appel de Paris dans un arrêt rendu en date du 25 février 1988 avait considéré qu'il n'y avait pas œuvre collective mais deux œuvres séparées dans un cas où le maître d'œuvre avait sous-traité auprès d'un architecte la conception de l'architecture intérieure d'un restaurant. 20 octobre 1995. p. 28 octobre 1998. sans qu’il soit possible d’attribuer à chacun d’eux un droit distinct sur l’ensemble réalisé. RD imm.. D’ailleurs. 4e ch. 1) La protection des droits moraux L’architecte jouit sur son œuvre de droits moraux. III. l’auteur de toute œuvre architecturale jouit sur cette œuvre d’un droit de propriété qui comporte des attributs d’ordre moral et des attributs d’ordre patrimonial. 1967. s’opposer à toute déformation.. 30 31 CA Paris. B. janvier-mars 1996. sect. a exécuté sa mission en toute indépendance à l'égard du maître d'œuvre qui n'a exercé aucun contrôle sur la conception de l'architecte (…) » . n°96800. La Cour d’Appel de Paris avait d’ailleurs jugé dans un arrêt rendu en date du 20 octobre 1995 que la publication des plans ou de photos de l’immeuble doit par ailleurs préciser les noms et qualités de l’architecte31.983. au motif que « l'architecte a eu de fréquents contacts avec le maître de l'ouvrage durant l'accomplissement de sa mission. 1re civ. prolongé la façade de l’immeuble pour l’agrandir32. il avait été par exemple décidé qu’était une œuvre architecturale en collaboration. 982120. 4e ch. l’œuvre architecturale collective devient alors la propriété de la personne physique ou morale sous le nom de laquelle elle est divulguée. 172 33 Cass. L’architecte peut également rester anonyme ou utiliser un pseudonyme.DE LA PROTECTION DES DROITS DE L’AUTEUR SUR L’ŒUVRE ARCHITECTURALE Les droits d’auteur de l’architecte ne s’épuisent pas avec la construction ou la réalisation de l’ouvrage. le fait pour le maître de l’ouvrage d’avoir sans l’accord de l’architecte. l'un des architectes ayant rédigé le cahier des charges techniques particulières. 1er décembre 1987. 3) Les œuvres architecturales collectives L’article 30 du texte susvisé précise que « le premier titulaire des droits moraux et patrimoniaux sur une œuvre collective est la personne physique ou morale à l’initiative et sous la responsabilité de laquelle l’œuvre a été créée et qui la publie sous son nom ». l’architecte a le droit de revendiquer la paternité de son œuvre en faisant porter la mention de son nom sur l’œuvre. Une œuvre architecturale sera donc collective dès lors qu’elle est créée à l’initiative d’une personne physique ou morale qui. à la préparation d’une offre technique. c’est le seul cas où une personne morale peut se trouver investie des droits d’auteur ab initio. et dans laquelle la contribution personnelle des divers auteurs participant à son élaboration se fond dans l’ensemble en vue duquel elle est conçue. Société Governor et Wilmotte/Dubois. notamment au stade du dossier d’appel d’offre. n°319 34 TA Grenoble. L’ouvrage n’est en fait que l’expression physique de l’œuvre conçue et réalisée. qui est alors titulaire des droits d’auteur sur l’œuvre.

1re ch. 24 juin 1994. n°99NT01443. p. Une approche de même nature pourrait s'appliquer aux ouvrages publics. de son côté. 4 juill..555. Mentionné aux Tables du Recueil Lebon obs M. l’architecte jouit du droit exclusif d’exploiter son œuvre sous quelque forme que ce soit et d’en tirer un profit pécuniaire. porter atteinte au droit moral que l'auteur détient sur son œuvre en y apportant des modifications et transformations qui ne sont pas rendues strictement indispensables par des impératifs esthétiques. n°90-17. p. 56 38 CE. ou encore pour avoir modifié l’aménagement d’une place publique réalisée par des architectes dans le cadre d’un marché public alors que les modifications apportées. des limites à la protection des droits patrimoniaux de l’architecte sur son œuvre existent. n°7 . techniques ou de sécurité publique ou qui ne sont pas légitimées par les nécessités du service public. 2 e CAA Nantes. la transformation. de reproduire une œuvre licitement publié exclusivement pour l’usage privé de l’utilisateur. dans la reproduction des immeubles par photographies et autres moyens de fixation de l'image. 1995. 27 décembre 2002. C’est ainsi par exemple que lorsqu’une construction a une destination industrielle ou commerciale. n°295 36 35 14 . Il est de jurisprudence bien établie en droit français que la représentation ou la reproduction d'une œuvre de l'esprit sans le consentement de son auteur est permise lorsque celle-ci est située dans un lieu public et qu'elle est accessoire par rapport au sujet principal représenté ou traité39. le droit moral de l’architecte ne saurait résister à l’exécution des mesures prévus par la loi pour mettre fin aux conséquences d’infractions pénales. Bonnier/SA Bull : Bull. N° 265174. Si l’article 11 du texte susvisé permet.534. ce dernier ne peut. 4 ch. des constructions à usage de bureau en ce que celles-ci dégradaient l’aspect extérieur de l’œuvre35 . n°93-10. I. En revanche. Ce droit s'exercerait essentiellement. 7 janvier 1992. lorsque par exemple des constructions édifiées vont à l’encontre de la législation sur l’urbanisme. L'architecte a donc le droit de tirer un profit de la reproduction de son œuvre. En revanche. ville de Cholet 37 re Cass. 1 civ. I. excédaient les aménagements que nécessitait l’amélioration de la sécurité de l’ouvrage36. outre le cas de l'utilisation de plans pour la construction d'un nouvel ouvrage. cette même disposition exclut la reproduction d’œuvres d’architectures revêtant la forme de bâtiments ou d’autres constructions similaires.Certaines juridictions administratives françaises sont même allées jusqu’à retenir pour atteinte au droit moral de l’architecte.CA Paris.. ce qui pourrait porter une atteinte grave au droit de jouir de sa propriété et même au droit d'entreprendre. l’auteur de l’œuvre a le droit de faire ou d’autoriser la reproduction. civ. 1 civ. sans l’autorisation de l’auteur et sans le paiement d’une rémunération. D’après les dispositions de l’article 9 du texte susvisé. 1995. par la destination de l'œuvre ou de l'édifice ou par son adaptation à des besoins nouveaux38. 5 janvier 1977 : Lebon. notamment. 11 septembre 2006. civ. Société Antenne 2 / Spadem : Bull. Un équilibre doit être recherché entre le droit de propriété sur la chose et la protection du droit moral de l'architecte sur son œuvre qui ne saurait conférer à ce dernier. Berdje 39 er Cass. de son œuvre et même la cession de ses droits. Sous réserve des dispositions des articles 10 à 21 de l’Annexe VII du texte suscité. un droit d'immixtion perpétuel et préalable à toute intervention du propriétaire. Le rôle de la protection qu’offre le droit d’auteur n’est certainement pas de se substituer aux mesures de droit public pour le maintien du patrimoine culturel. la responsabilité du maître de l’ouvrage public qui a ajouté au portique d’un ensemble d’habitations. CE. Le Conseil d'État français avait considéré que si l'architecte ne peut opposer au maître de l'ouvrage une intangibilité absolue de son œuvre. B. l’architecte ne pourrait s’opposer à sa nécessaire adaptation aux évolutions qu’exigent les contraintes économiques sous réserve bien évidemment que les transformations apportées demeurent proportionnées37. Tissinier / SA Frankoparis : D. 2) La protection des droits patrimoniaux L’architecte jouit également sur son œuvre de droits patrimoniaux. par leur consistance et leur portée. l’adaptation.

à la fois initiateur et destinataire du projet. p. a employé un logo reprenant. pp. Si l’intérêt patrimonial du propriétaire est essentiel. Plädoyer 1994. N° 6. le droit au respect de l’œuvre ne devrait pas conférer à l’architecte un droit d’immixtion perpétuel et préalable à toute intervention du maître d’ouvrage. sans son accord. Sté civile Fondation Première c/ SA Forma Plus Voir B. il reste dans la nature des intérêts moraux de n’être pas appréciables en argent. le maître de l'ouvrage ne peut. Comme l’a soutenu le Pr François DESSEMONTET. IV. Que ce soit au cours de la réalisation de la construction ou bien plusieurs années plus tard. sans leur consentement. la jurisprudence française et allemande est hésitante et toujours en quête d’un meilleur équilibre. Huet. in Plädoyer 1994. 41 40 e 15 . les intérêts du propriétaire ne doivent pas également toujours l’emporter sur ceux de l’auteur. la représentation de la façade40. stade. que protège le droit d’auteur. maison. Alors que l'œuvre architecturale a démontré son originalité.DES DROITS DU PROPRIETAIRE DE L’OUVRAGE Très souvent oublié dans l'examen des intervenants de la construction. etc. la question ici est très souvent de savoir si l’œuvre architecturale peut être modifiée par son propriétaire. Or. liberté d’usage du propriétaire. B. 5 mars 1999. de façon générale le droit d’auteur interdit au propriétaire de l’ouvrage la modification de l’œuvre architecturale42. sect. 2003. » CA Paris. l'architecte.S’agissant des droits de l’architecte sur l’image de son œuvre. architecte. Si le droit Suisse semble avoir privilégié le droit de la propriété au détriment du droit d’auteur. 49. la mise en œuvre du droit au respect de l’œuvre architecturale implique la recherche d’un compromis entre les intérêts de l’architecte et ceux du propriétaire privé. N° 6 p. Cependant. de sorte que par principe. La modification de l’œuvre architecturale pose sur le plan juridique de nombreux questionnements. Il revient donc aux autorités judiciaires de l’espace OAPI d’apprécier l’opportunité des modifications apportées par le propriétaire par un savant dosage entre le respect des droits de l’auteur et la protection des droits du propriétaire. Vinçotte « Conflit entre droit d'auteur et droit de propriété ». en la déformant. pose en réalité le principe selon lequel l’architecte auteur pourra s’opposer à toute dénaturation de son œuvre. son auteur. utiliser l'image de cet immeuble. si l'architecte qui a conçu un immeuble ne lui a pas cédé ses droits de reproduction sur son œuvre. 1993. la Cour d’appel de Paris avait jugé dans un arrêt rendu en date du 5 mars 1999 que.368 / Paul Rigaux « Le droit de l'architecte ». que le propriétaire soit une personne privée ou publique. D'où l'importance de distinguer les droits sur la chose matérielle (immeuble. C’est au sein de leur profession que les architectes doivent établir des standards capables de guider la réflexion des juristes. A ainsi été condamné à des dommages intérêts pour contrefaçon un maître de l'ouvrage qui a utilisé l'image de son immeuble pour une campagne publicitaire sans avoir obtenu l'accord des architectes ou avoir cité leur nom et qui. de sorte qu’on ne pourrait ipso facto déduire de l’intérêt économique du propriétaire une quelconque supériorité de sa position par rapport aux droits de l’auteur de l’œuvre. 69-75 42 Voir sur la question : M. sachant que son auteur peut s’opposer à toute altération. 4 ch. pp. Dès lors. Auteurs & Médias. A notre avis. Devanthéry. le droit moral au respect de l’œuvre architecturale reconnu par l’Accord de Bangui. En effet. Larcier. compte tenu de l’importance des intérêts personnels et matériels de l’architecte. « les intérêts d’un nouvel architecte mandaté pour les transformations ne s’imposeront pas nécessairement à l’encontre du droit moral de l’architecte original. Il nous semble donc peu convaincant de soutenir que. Il s’agit surtout de concilier le droit de propriété matérielle du propriétaire et le droit de propriété immatérielle de l’architecte sur son œuvre. va se trouver dépossédé de sa création au profit du propriétaire initial et de tous les propriétaires qui suivront. la protection de l’œuvre de l’architecte. Voir également le témoignage de P.) qui relèvent du droit de propriété de ceux résultant de la création intellectuelle de l'architecte relevant des droits d'auteur41. le maître d'ouvrage. de l’importance des intérêts financiers et de la liberté du propriétaire. mais aussi liberté intellectuelle de l’architecte original. se révèle un partenaire à part entière pour le compte et au profit duquel l'ouvrage est ou doit être exécuté. Il s’agit en effet d’un conflit de libertés : liberté créatrice du second architecte. 41-43. une pesée des intérêts est indispensable.

lorsqu’ un établissement financier a connaissance que les fonds déposés entre ses mains sont destinés à l’ augmentation du capital d’ une société . 16 . le montant des souscriptions partielles (24. mais l’augmentation de capital demeure toujours une décision souveraine de l’Assemblée Générale (B). les dirigeants avaient pu obtenir de la banque.JURIFIS CONSULT Chargé d’Enseignement à l’Université de Paris I Sorbonne et anciennement à l’Université de Bamako C’est. Cet apport en numéraire permet d'assainir les finances d'un groupe ou de financer des investissements(A). elle doit être condamnée au remboursement de ces sommes aux souscripteurs. La raisonnement paraît implacable .LA RESPONSABILITE DU BANQUIER DEPOSITAIRE DES FONDS DESTINES A UNE AUGMENTATION DU CAPITAL EN OHADA Note sous Arrêt CCJA 29 juin 2006 Bakary DIALLO Docteur en droit privé Avocat inscrit au Barreau de Paris Collaborateur Externe . En l’espèce. En conséquence de quoi. Cet arrêt de rejet de la première chambre civile de la CCJA rendu le 29 juin 2006 mérite donc notre attention. à notre connaissance. Pourtant. relativement rare en la matière. Si l’augmentation du capital social pour une société en difficulté est un moyen commode d'accroître ses fonds propres et d’assainir ses finances (première partie). une banque (la COBACI) dépositaire de fonds destinés à une augmentation de capital avait viré prématurément du compte spécial. 616 et 617 de l’AUSC. qui était manifestement leur partenaire habituel.000. au compte courant ordinaire de la société (STCA). la première fois que la juridiction supranationale statue sur un cas de responsabilité d’un banquier dépositaire de fonds destinés à une augmentation de capital.470. La banque qui. le déblocage des fonds avant l’aboutissement normal de ce processus. par ailleurs. Dès lors la problématique juridique que soulevait le pourvoi était simple : la banque commet-elle une faute en débloquant prématurément des fonds destinés à une augmentation du capital social d’une société ? Et accessoirement quelle pouvait être la nature de cette faute ? La juridiction supranationale reprenant l’argument développé par la cour d’appel répond par l’affirmative.000 francs) dont les auteurs (les sociétés SHAFTESBURY et BENA TH COMPANY Ltd) ne purent obtenir le remboursement.058 francs et 25. mais c’est une solution qui paraît logique et empreinte de bon sens . le retrait des fonds destinés à cette opération doit obéir à des règles (deuxième partie) IL’augmentation de capital un moyen de financement particulier L'augmentation de capital peut prendre diverses formes. et bloqué. il a l’ obligation de ne les débloquer qu’ après l’ achèvement des formalités de l’ augmentation de capital. comme dépositaire des fonds de s’opposer à la volonté des dirigeants de la société. c’est à dire matérialisée par la production d’un certificat notarié. la résolution adoptée par l’Assemblée générale extraordinaire précisait bien que les sommes versées à l’ occasion de cette opération ne seraient utilisées qu’une fois la procédure d’augmentation du capital achevée. Il étoffe ainsi une jurisprudence. ne peut pas s’abriter derrière la volonté des dirigeants d’une société pour s’affranchir des dispositions des articles 615. la banque invoqua le fait qu’elle n’était pas tenue. en sa qualité de professionnel et tout en étant avertie de la destination des fonds. Néanmoins. mais. l'un des cas les plus répandus reste la souscription de nouvelles actions par de nouveaux actionnaires qui rentrent ainsi au tour de table d'une société. Pour faire échec à la mise en œuvre de sa responsabilité par les souscripteurs.

tout au moins pour ce qui concerne les éléments transmis à cette occasion. la décision de l’assemblée générale reste souveraine ( CJCE 23-4-1992. soit par la création d'actions nouvelles provenant de souscriptions en numéraire. La décision d’augmenter le capital social ne peut provenir que d’une décision souveraine de l’Assemblée Générale. réserves. Le risque de fraude serait alors trop grand. L’ augmentation est alors réalisée soit par augmentation du nominal des actions existantes. en raison notamment des lourdeurs.000 de francs à 100. car l’émission de nouvelles actions va « diluer » la valeur de leurs actions actuelles. comme c’est le cas dans notre espèce. Tout d’ abord. C'est notamment le cas des entreprises familiales qui veulent garder le contrôle de leur entreprise. C’est une règle de bon sens. CJCE 12-3-1996. lorsque la société traverse une crise financière importante. cette opération est assez mal vue par les actionnaires. Les augmentations de capital peuvent être réalisées avec ou sans droit préférentiel de souscription. acquis jusqu’ à la dissolution de la société. Concrètement l’augmentation de capital par apports numéraires est tout simplement une vente de parts (SARL) ou d’actions (SA) dont le produit revient à l’entreprise. et donc indirectement à l’ensemble des actionnaires. Ensuite. pendant longtemps. Ces apports nouveaux sont effectués par les anciens associés ou par des tiers qui seront de ce fait intégrés dans la société. primes d'émission ou d'apport incorporés au capital. confrontée à de graves difficultés financières.Finalité de l’augmentation de capital Le but de l’augmentation du capital social est tout simplement de permettre un accroissement des fonds propres de la société. l’augmentation de capital doit être décidée par une assemblée générale extraordinaire (article 564 de l’AUSC). la STCA s’était fait conseillée par son banquier de procéder à une augmentation de son capital social pour disposer de « l’argent frais » afin de « faire face aux urgences ». c’est en raison de son incidence politique. Rev. d'apports en nature ou de bénéfices. c’est un moyen commode pour trouver de l’argent. des sociétés 1993. du 43 A titre de comparaison relevons la jurisprudence de la Cour de justice des Communautés Européennes selon laquelle la décision de l’assemblée ne peut être remplacée par un acte administratif même si l’opération vise à assainir et à permettre la poursuite de l’activité de l’entreprise particulièrement déterminante pour l’économie nationale. ce mode de financement complémentaire a été délaissé par rapport à d’autres techniques : prêt bancaire ou avance en compte courant d’associés. Mais. Cela dit.p. il faut combattre ce signal négatif à priori que représente toute augmentation de capital. Mais ce formalisme est destiné à protéger les actionnaires en place.note Saintourens.) 17 . qu’il s’agisse de l’augmenter ou de le réduire. L’augmentation de capital est empreinte d’un formalisme rigoureux.000 de francs. L’augmentation de capital ainsi réalisée pouvait apporter un réel enrichissement patrimonial de la société STCA pour faire face à ses besoins immédiats. Bull. outre son aspect financier donne la mesure véritable de la société43. Il est intéressant de relever les motivations qui ont poussé les dirigeants de la Société de Tuyauterie et de Chaudronnerie d’ Abidjan dite STCA à cette opération.p. Joly 1996. effectués en cours de vie sociale donnent lieu à attribution de parts ou d’actions de la même manière que les apports réalisés lors de la constitution et leur régime juridique en est très proche. bien souvent. 000.111. on ne comprendrait pas qu’une société qui n’a pu obtenir de ses propres associés la libéralisation de l’intégralité de leurs apports puisse s’adresser à de nouveaux associés pour augmenter son capital. L’augmentation par apports nouveaux est en effet une constitution partielle de société. le capital social initial de la société doit avoir été intégralement libéré (article 572 de l’AUSC).A.000. En effet.note Dana –Demaret . D’ où la complexité de toutes les opérations portant sur son capital social. B.Conditions préalables à l’augmentation du capital L’augmentation de capital en numéraire est subordonnée à deux conditions essentielles. le capital social. et c’est encore bien souvent dans la pratique un mode de financement très résiduel. Elles peuvent permettre de faire participer de nouveaux actionnaires au capital de la société. Changer les statuts d’une société est une décision importante et requiert l’assentiment de tous les associés ou. Les apports nouveaux.814. Or l’augmentation de capital présente sur les autres formes de financement complémentaire un avantage certain qui tient au caractère durable de l’accroissement des fonds propres ainsi réalisé. Cette méthode a l’avantage de renforcer la solvabilité de l’entreprise. C’est ainsi que l’Assemblée Générale extraordinaire a décidé du doublement du capital social passant ainsi de 50. de la lenteur et du coût global de la procédure à mettre en œuvre. Si la modification du capital social est de la compétence exclusive de l’Assemblée générale extraordinaire. Toutefois.

II. 616 et 617 est lui fait pour renforcer la sécurité juridique des tiers qui décident d’investir dans une société dont ils étaient jusqu’ ici étrangers. Dans tous les cas la libération intégrale du capital suppose un versement effectif des fonds. les fonds doivent restés bloqués jusqu’à la production d’une déclaration notariée de souscription et de versement. En principe. toutefois la solution de cet arrêt n’est pas sans soulever quelques observations (B). Dans le cas qui nous occupe. En l’espèce.La faute du banquier Si le formalisme rigoureux qui entoure la procédure d’augmentation de capital est fait pour protéger les actionnaires sur place. il s’agit des sociétés SHAFTESBURY et BENA TH COMPANY Ltd qui avaient souscrit respectivement 24. Dans le cas qui nous occupe.Le retrait prématuré des fonds provenant des souscriptions Pour avoir débloqué hâtivement les fonds destinés l’augmentation de capital de la société STCA à la demande des dirigeants de cette société.verbal constatant ses délibérations. la décision de procéder à l’ augmentation de capital de la société STCA semble parfaitement régulière puisque c’est l’assemblée générale extraordinaire convoquée à cet effet le 1er décembre 2000 qui a décidé dans sa première résolution . le dispositif qui règlemente la réalisation concrète de l’opération de souscription à travers les articles 615. pour le compte de la société. porteurs de copies ou d’extraits du procès. le capital destiné à être augmenté doit être totalement versé et non seulement appelé. de l’ augmentation du capital social en portant celui ci de 50. le cas échéant.000 francs CFA. que le montant des souscriptions déclarées par les dirigeants sociaux est conforme à celui des sommes déposées en son étude ou. et tente de mettre en œuvre. figurant au certificat précité. du certificat du dépositaire attestant le dépôt des fonds que le notaire affirme solennellement dans l’ acte qu’ il dresse . Le principe de l’augmentation de capital est arrêté en assemblée.000.058 francs et 25. une liste mentionnant l’identité des souscripteurs et indiquant.000. Une augmentation de capital doit être constatée par le conseil d’administration ou le directoire.000 de francs CFA à 100.000 de francs CFA par la création de 5.moins. dans un compte spécial de la COBACI. mais la réalisation concrète de l’opération peut être déléguée au conseil d’administration ou à l’organe de direction. d’une majorité importante d’ entre eux.470..000. les opérations de souscriptions et les versements doivent être constatés par une déclaration des dirigeants sociaux dans un acte notarié que l’on désigne sous le vocable de : « déclaration notariée de souscription et de versement ».000 francs CFA chacune. En ce cas ordinaire. lors de ce dépôt des fonds.000 actions nouvelles de 10. Cette possibilité est utilisée fréquemment pour des raisons de commodité pratique. La délégation de pouvoir est encadrée. afin que la modification soit considérée comme acquise et puisse être publiée au registre du commerce et du crédit mobilier (article 264 de l’AUSC). pour chacun d’eux. A cette fin. les souscripteurs avaient été identifiés. statuera donc dans les conditions de quorum et de Toutefois. Ils ont néanmoins étaient déposés par les dirigeants de STCA.. » L'organe de direction fort de ce pouvoir exécute simplement les instructions. le montant des sommes versées. les fonds provenant de la souscription d’actions en numéraire n’avaient été que partiellement libérés. L’Assemblée Générale majorité requises par l’article 549 et 550 de l’AUSC. En effet. C’est sur la base des bulletins de souscription et. au notaire. le cas échéant. Dans sa deuxième résolution la même assemblée extraordinaire conférait « tous pouvoirs au Conseil d’administration et au directeur général de la société qui. 18 . prix de souscription etc. le cas échéant . Si toute clause statutaire enlevant cette prérogative à l’assemblée est réputée non écrite (article 569 l’AUSC). l’augmentation de capital doit être réalisée par l'organe de direction dans un délai de 3 ans à compter de la délégation de pouvoir donnée par l'assemblée générale extraordinaire (article 571 de l’AUSC). Encore faut il que les principes fondamentaux de l’augmentation de capital (montant. en effet n’interdit pas à l’assemblée générale extraordinaire de déléguer aux organes de gestion une partie de ses compétences.000 francs complétés de 280. la banque COBACI a manqué selon la CCJA à son obligation professionnelle (A). A. cette règle. l’AUSC prévoie que le déposant remet à la banque ou. la décision d'augmentation de capital qui a été arrêtée souverainement par l'assemblée.) soient préalablement arrêtés par l’assemblée. accompliront toutes les formalités légales ou autres s’il y a lieu pour mener à bien cette augmentation de capital. la portée de cette règle de compétence exclusive de l’assemblée générale extraordinaire doit être précisée.

Ce que le pourvoi n’a d’ailleurs pas manqué de souligner.ci rapidement après leur dépôt en compte d’affectation sans vérifier l’augmentation de capital pour laquelle elle les avait reçus commet une faute . Sur le report d’une souscription en cas de non. C’est ainsi que la cour de cassation française a considéré dans une espèce assez similaire que. parmi les opérations qu’on lui demande de traiter celles qui présentent une anomalie apparente et.30 octobre 1984. com.Bull. Dans notre espèce. le banquier se mettait nécessairement en faute. observations démontrant toute la rigueur de la solution donnée à l’espèce.même. en présence d’une telle anomalie de tout mettre en œuvre pour éviter le préjudice qui résulterait pour la banque.447. Il serait possible. 2003. note J. 44 Voy. dans la mesure où les retraits avaient été réalisés par les dirigeants de la société STCA mandatés par l’Assemblée générale extraordinaire du 1er décembre 2000. Plusieurs observations peuvent être faites à la suite de cet arrêt rendu par la haute cour communautaire.Grédot et Th. Préalablement.civ-1984. il ne permet pas de répondre clairement à un certain nombre de questions concernant. en confirmant l’arrêt de la cour d’appel d’Abidjan qui avait vu dans les circonstances de faits une faute du banquier.2007. par exemple.89.ingérence laisse subsister la responsabilité du banquier qui accepte d’enregistrer une opération dont l’illicéité est manifeste45.La caractérisation de la faute du banquier Certes l’arrêt déboute l’auteur du pourvoi de sa demande. mais elle entretenait des relations pour le moins étroites avec les dirigeants de la STCA pour leur avoir conseillé de procéder à l’augmentation du capital social afin de disposer de « l’argent frais pour faire face aux urgences ». également appelé devoir de surveillance ou devoir général de prudence. 19 . La juridiction supranationale ne chercherait-elle pas à privilégier la faute du banquier au détriment de celle des dirigeants ? On peut se le demander. ou pour un tiers de la réalisation de cette opération. 037322 .réalisation d’une augmentation de capital voir Cour d’appel de Paris 17 janvier 2003 :Bull.com. la haute juridiction tend à admettre une responsabilité professionnelle du dépositaire.314). selon-nous. et le certificat du dépositaire doit attester que les fonds correspondants ont bel et bien déposés. Il est admis depuis longtemps. par la jurisprudence.obs. Il est reproché au professionnel d’avoir exécuté un ordre de virement émis par les dirigeants alors que les dispositions de l’acte uniforme exigeaient pour une telle opération la réunion de deux critères cumulatifs : l’augmentation de capital a été intégralement souscrite44 . Dans le sens.joly. IV. d’assimiler un tel acte du banquier à un manquement à une obligation de vigilance. Tandis que pour l’auteur du pourvoi. act. mais. Mais ces arguments n’ont pas convaincu les différents juges. pour résorber son déficit. n° 285.p. 1977. débloque ceux. Cette opération impose au professionnel de déceler. Pourtant. RD bancaire et financière 2007.) 45 Cass. si cet arrêt de la première chambre civile de la CCJA du 29 juin 2006 CCJA doit être approuvé relativement à la solution de l’espèce. le dispositif de l’AUSC suggère aux établissements de crédit dans le cadre d’une opération d’augmentation de capital de respecter dans un certains nombre de cas. Daigre.F.Samin. au retrait des fonds le banquier aurait dû vérifier conformément aux articles 615. Joly 1988 1988. Dans l’arrêt étudié.P. B.1.1997 :juris Data n°1984-701706. 29-6-1999 : RJDA 10/99 n° 1086). que le principe de non. n°83-12. on ne pouvait certes pas accuser la banque d’ingérence dans les affaires de la société.com.cass.134. un devoir de vigilance. elle doit être condamnée au remboursement de ces sommes au souscripteur (Cass. 616 et 617 de l’AUSC que les conditions requises étaient réunies. elle. à titre de droit comparé.9. c’est ce qu’avait fort opportunément rappelé la cour d’appel de Paris dans une affaire relative à un dépôt effectué aux comptes de la Caisse des Dépôts et consignations en vue d’une augmentation de capital. une fois le projet d’augmentation de capital abandonné (com 22 mars 1988 Bull. En l’espèce les juges d’appel avaient décidé que la Caisse des Dépôts ne pouvait pas affecter les sommes au paiement d’une créance qu’elle aurait à l’encontre de l’apporteur (Paris 30 novembre 1976. n° 05-14-872 :juris Data n°2007. il est à noter que la CCJA ne se réfère qu’au cas de la banque. tout en étant avisée de la destination des fonds. la banque qui. commet également une faute la banque qui donne aux fonds destinés à une augmentation de capital une autre affectation sans l’accord de son mandataire et portant la somme au compte courant de la société.J.p. Dès lors en procédant à ce dernier.J. par suite.. En effet. G. 359). la nature véritable de la faute imputée à la banque. l’attitude du banquier n’était pas répréhensible et ne pouvait donc être qualifiée de faute.Les fonds déposés sont indisponibles. 6 fev.

Dans ces conditions la véritable question que l’on aurait à se poser est celle de savoir si la banque en débloquant prématurément les fonds destinés à la souscription en vue d’une augmentation de capital n’avait pas connaissance de la situation irrémédiablement compromise de la société. La banque n’avait elle pas conscience qu’en débloquant ces fonds elle faisait courir aux souscripteurs le risque de ne plus être remboursés. outre l’obligation de vigilance. pourtant auteurs des prélèvements. En effet. en se déterminant par de tels motifs impropres à faire ressortir la nature exacte de la faute de la banque. Or. les magistrats se focalisent beaucoup plus sur les manquements de la banque que sur ceux des dirigeants de la société. Ensuite.616 et 617 de l’AUSC ». on peut se demander s’il n’était pas nécessaire d’engager la responsabilité personnelle des dirigeants qui ont indûment procédé aux retraits. À notre sens. la CCJA laisse l’observateur sur sa faim. La lecture de l’arrêt ne permet pas de répondre clairement à cette question. 20 . la CCJA ne répond pas à la question essentielle sous entendue dans le pourvoi quelle est la nature juridique de la faute commise par la banque ? Les dispositions de l’Acte uniforme régissant les modifications du capital des sociétés commerciales ne font pas expressément mention à la nature de la faute éventuellement commise par le dépositaire des fonds. Cette faute oblige l’établissement à réparer le préjudice qu’elle a entrainé pour le souscripteur à l’ occasion de l’augmentation du capital. mais ne caractérise pas la faute commise. La mise en œuvre de la responsabilité du banquier nous paraît dans bien des cas trop automatique.Tout d’ abord. On aurait souhaité savoir précisément si la banque par ce virement prématuré n’a pas voulu soutenir artificiellement la société STCA dont elle ne pouvait ignorer la situation périlleuse puisque c’est bien elle qui avait dès l’origine conseillé les dirigeants de la société de procéder à une telle augmentation de capital. L’arrêt laisse sur ce point la question de la responsabilité des dirigeants sans réponse. de prudence et de surveillance que nous avons mis en exergue. cette critique a été émise par le pourvoi. on se bornera à observer que si la solution de l’ arrêt doit être approuvée au regard des circonstances de l’ espèce on peut regretter que la haute juridiction communautaire ne donne pas toujours plus de densité à ses arrêts en allant plus loin dans ses motivations que le simple rappel des dispositions qu’elle vise. Celui ci se contente de relever que « la COBACI en sa qualité de professionnelle de Banque ne s’est pas conformée aux dispositions des articles 615. En conclusion de ce commentaire . le manquement à l’obligation du banquier en l’espèce constituait une faute relevant des articles 1382 et 1383 du code civil.

LE SORT DES DETTES SOCIALES Il faut distinguer les situations dans lesquelles les dettes seront à la charge du concédant. mise en société. en cas de litige.57 DU CODE DU TRAVAIL MALIEN Le principe de la continuation du contrat de travail tel que prévu à l’article L. la disparition ou le changement de l’une des parties justifieraient la rupture automatique du contrat . Le législateur malien a défini à l’article L.57 du Code du travail malien précisent que : « s’il survient une modification dans la situation juridique de l’employeur. La logique de cette disposition conduit à privilégier l’entreprise au service de laquelle est instaurée une relation de travail. vente. Ces dettes salariales ne sont pas transmises en ce qu'elles concernent des contrats de travail qui ne sont plus en cours au moment du transfert de l'entreprise. fusion. transformation de fonds ou encore mise en société. Dès lors. Les dispositions pertinentes de l’article L. 57 du Code du travail saisit en réalité un nombre incalculable de situations dans lesquelles s’opère un changement dans la condition juridique de l’employeur. transformation de fonds. 57 du Code du travail pose le principe du transfert des contrats de travail dès lors qu’il survient une modification dans la situation juridique de l’employeur.DU TRANSFERT D’ENTREPRISE EN DROIT MALIEN L’article L.MISE EN CONCESSION ET DETTES DE SALAIRES : « Le transfert d’entreprise en droit malien » Bérenger Y. succession. cette modification survit au changement de propriétaire. mais en se référant à l’entreprise qui est un ensemble organisé de moyens et de personnes. vente. MEUKE Docteur en droit des affaires Avocat aux Barreaux de Lyon et du Cameroun Collaborateur Principal – JURIFIS CONSULT Chargé d’Enseignement à l’Université de Bamako et anciennement à l’Université de Nantes I. (…) ». de celles dans lesquelles elles seront à la charge du concessionnaire. III. mise en société) pour lesquelles le texte peut trouver application. transformation de fonds. 46 Dans deux arrêts rendus en Assemblée plénière. la modification de la situation juridique de l’entreprise se traduit par le changement de l’identité de l’exploitant. sur le fait que celle-ci est la conséquence d’un contrat entre deux parties. II – LA CONCESSION OPERE T-ELLE TRANSFERT D’ENTREPRISE AU SENS DE L’ARTICLE L. le salarié devra donc agir directement auprès de celui-ci. Leur résiliation ne peut intervenir que dans les formes et aux conditions prévues par la présente section. 57 du Code du travail une liste d’opérations (succession. fusion. fusion. A. Dans son acception la plus simple. donc de l’employeur comme en cas de cession. notamment par succession. tous les contrats de travail en cours au jour de la modification subsistent entre le nouvel entrepreneur et le personnel de l’entreprise. a subordonné le transfert des contrats de travail à l’existence de deux conditions cumulatives : le transfert de l’activité doit porter sur une entité économique autonome conservant son identité et dont l’activité est poursuivie ou reprise. La jurisprudence française46 qui pourrait recevoir application au Mali. le 16 mars 1990 21 . Si l’on s’attachait au contrat.Dettes à la charge du concédant Certaines dettes salariales seront exclusivement à la charge de l'ancien employeur.

les primes non payées. Le concessionnaire serait également redevable des dettes nées après le transfert. même si le préavis se poursuit chez le nouvel employeur . des dettes de salaires non réglées par l'ancien employeur à la date du transfert. Il faudrait entendre également par dettes de salaires. ces salariés optent généralement d'agir contre le nouvel employeur qui à leurs yeux est plus solvable. Pour l'ensemble des dettes. l'ensemble des dettes directement liées au salaire (congés non payés. C’est la raison pour une convention de garantie de passif social est très souvent passée entre l'ancien et le nouvel employeur.. et autres . le salarié pourrait donc agir indifféremment contre son ancien employeur ou son nouvel employeur pour en obtenir le paiement. le concessionnaire serait tenu. des rappels de salaires se rapportant à des contrats déjà rompus ..) Si les créances de dommages-intérêts sanctionnant une faute de l'ancien employeur tout comme les indemnisations non payées suite à un accident de travail ne pourraient être considérées au sens strict du terme comme des dettes de salaires. Il faut tout de même rappeler que le principe posé par l'article L 57 est celui de la continuité du contrat de travail. B. des créances de dommages-intérêts sanctionnant une faute de l'ancien employeur. même si celles-ci sont la contrepartie d'un travail effectué chez le précédent employeur. permettant à ce dernier de demander le remboursement des dettes salariales et au sens large des dettes sociales ainsi réglées. à l'égard des salariés transférés.Dettes à la charge du concessionnaire En application de l'article L. 22 . elles demeurent des dettes sociales soumis au même régime que les premières suscitées. de sorte que le changement d'employeur n'affecte aucunement le salarié dans l'ensemble de ses droits.Il s'agit : de l'indemnité de licenciement valablement prononcé par l'ancien employeur. 57 du Code du travail. Or. dans la pratique.

dans un arrêt de la première Chambre civile en date du 17 janvier 2006 (9) statuant sur un litige relatif à la constitution du tribunal arbitral. Soit il n'a pas respecté les règles applicables au fond du litige mais ici le juge se limitera à un simple contrôle de l'apparence. L'indécision qui plane autour de ce recours en nullité est périlleuse pour la sécurité juridique et la crédibilité de la justice arbitrale. dans ce cas. le flou de la notion de mission de l'arbitre. Toutefois.] La voie « révisionniste » serait alors ouverte. La notion de mission est d'une grande portée pratique. Elle régit en France tant l'arbitrage interne avec l'article 1484. bénéficie d'une certaine clarté. Philippe Fouchard l'appelait de ses voeux en écrivant que « le moyen tiré de ce que l'arbitre ne se serait pas conformé à sa mission révèle [. ce dont il résultait que celui-ci n'avait pas excédé sa mission » (7). Des moyens de recours en nullité prévus aux articles 1484 et 1502 NCPC. le cas de nullité pour manquement à la mission de l'arbitre apparaît comme très large et mal défini. La mission est-elle confiée volontairement ou appartient-elle de droit à l'arbitre ? Les deux définitions correspondent dans une certaine mesure à sa situation. Au final. pour peu que l'on retienne l'une et l'autre définition. Les Etats membres de l’OHADA connaissent. Il ressort de cette analyse que le manquement à la mission n'est caractérisé que dans deux hypothèses. Néanmoins. NCPC que l'arbitrage international avec l'article 1502. pourrait-on penser.. 3°. En la matière. Le concept se doit donc d'être clairement défini. Des auteurs ont pu relever qu'il s'agissait là de « l'un des moyens les plus accueillant pour le demandeur » (1) à la nullité.LE CONTROLE DE LA MISSION DE L’ARBITRE Lu pour vous sur dalloz. le juge de la nullité doit prendre en compte le pouvoir juridictionnel qui appartient à l'arbitre afin de mener à bien sa mission. dès lors que se pose la question du contenu de la mission visée par le recours en annulation. le mot traduit une idée que l'on comprend instantanément. Le Vocabulaire juridique de l'association Henri Capitant confirme nos doutes sur l'ambivalence de la notion de mission. il convient de distinguer la mission juridictionnelle de l'arbitre de la mission contrôlée par le juge étatique. d'un grief « riche d'un fort potentiel d'extension que les autres cas n'ont pas » (2). milite en faveur d'une stricte délimitation du manquement à la mission. Pour autant. Soit l'arbitre n'a pas appliqué les règles de procédure prévue par les parties mais.. Afin de donner une cohérence à la jurisprudence en la matière. Au-delà du droit français. l'admission du manquement à la mission devrait être d'avantage un moyen exceptionnel de nullité de la sentence arbitrale qu'une ouverture vers sa révision. [... 3°. Ainsi.] le danger que présenterait une interprétation extensive d'un grief déjà trop largement exprimé par le nouveau code. d'autant plus gênantes que la question est au coeur d'un important contentieux. Statuant sur un recours en nullité arguant l'incompétence de l'arbitre. De même. Le concept. elle aussi. le mouvement naturel consisterait à retenir la seule première définition tant il est vrai que les arbitres tiennent leur mission de la volonté des parties. l'apparente simplicité de la notion fait place à de grandes incertitudes. A cet argument pratique. la Cour de cassation a pu énoncer que « l'arbitre était compétent pour statuer sur la validité du contrat. s'ajoute la règle bien établie selon laquelle les cas de recours en nullité sont strictement limités à ceux énoncés par les textes (5) qui. En l'espèce. la société Sogadis s'opposait à l'intervention du juge 23 .. la seconde hypothèse n'est pas à écarter dans la mesure où l'arbitre dispose de pouvoirs et est soumis à des obligations tenant à sa nature de juridiction. et avec elle tous les recours abusifs ou simplement dilatoires » (4). comme la France. le manquement par l'arbitre à sa mission est le plus ambigu.fr David MARTEL Chargé d'enseignement Université Paul Cézane Aix-Marseille III L'essentiel Alors que la nullité de la sentence arbitrale doit être entendue strictement. la Haute juridiction fait encore référence à la mission de l'arbitre. Il peut s'agir de « ce qui est confié par une personne à une autre » ou de « ce qui appartient de droit à une autorité et dont l'accomplissement correspond pour celle-ci à un pouvoir et à un devoir » (6). la mission de l'arbitre recouvre l'ensemble des règles applicables au litige ! L'emploi du terme de « mission » de manière inopportune par la jurisprudence rend d'autant plus difficile une recherche du contenu de la mission visée par le recours en nullité. la notion de mission a été adoptée dans des termes identiques aux textes français par l'article 26 de l'Acte uniforme relatif au droit de l'arbitrage de l’OHADA en date du 11 mars 1999 (3). La référence à la mission de l'arbitre était surprenante en l'espèce dans la mesure où le recours pour absence de convention d'arbitrage a un fondement juridique autonome (8)..

ou 1502. Il ressort de cette analyse préliminaire au moins une certitude : le tribunal arbitral n'est investi d'une mission que dès lors qu'il est constitué. 24 . La détermination de la compétence dans le dispositif final de la sentence confirme que. à elle seule. Doit-on en déduire pour autant que les difficultés de constitution du tribunal arbitral entrent dans le champ de la mission de l'arbitre ? Un élément de réponse est donné par l'article 1452 NCPC qui dispose que « la constitution du tribunal arbitral n'est parfaite que si le ou les arbitres acceptent la mission qui leur est confiée ». celles-ci ne lui avaient pas confié de mission. un préalable nécessaire à l'exercice de cette mission. D'ailleurs. tout comme l'investiture. la sentence rendue sur le fond sera annulée par le juge étatique sur le fondement de l'article 1484. de l'acte de mission ou encore des demandes formulées en cours d'instance. tous les pouvoirs et toutes les obligations qui sont dévolus à l'arbitre. Les premières lui confèrent le pouvoir de juger. Ce dernier concept apparaît comme beaucoup plus large que le recours institué aux articles 1484. à la différence de nombreuse législation étrangère. en ce qu'il inclut les problématiques de compétence de l'arbitre et les principes processuels qui s'imposent à lui. L'arbitre reçoit une mission juridictionnelle. 3°. Cette phrase résume. celui-ci statuera sur le fond sans convention d'arbitrage. nous comprenons que la sentence qui statue à tort sur la compétence ou sur l'incompétence de l'arbitre est dite contraire à sa mission juridictionnelle. l'arbitre exerce pleinement sa mission juridictionnelle. où l'arbitre si dit à tort compétent. Ensuite. Le concept de mission juridictionnelle de l'arbitre est largement reconnu et employé en ces termes par la doctrine (12). il doit trancher le litige selon les règles de procédure qui lui sont applicables. tacitement ou expressément. l'accepte. L'examen du concept de mission juridictionnelle force donc à constater qu'il ne s'agit pas de la mission mise en oeuvre dans le recours en nullité qui nous occupe. nous disposerons d'outils propres à déterminer avec une certaine précision le contenu de la mission dont est investi l'arbitre. La sentence décidant de la compétence ou de l'incompétence du tribunal arbitral est le premier acte juridictionnel de l'arbitre : elle mérite à ce titre de figurer dans la mission juridictionnelle de l'arbitre. 3°. la référence à la mission de l'arbitre faite à l'article 1452 NCPC ne doit pas troubler. Ainsi.d'appui pour désigner un arbitre en arguant du fait qu'existait un risque de contrariété de sentences arbitrales. Il résulte clairement de ce texte que la mission dévolue aux arbitres commence au moment précis où l'arbitre. mais font l'objet d'un recours indépendant. rien n'oblige l'arbitre à rendre une sentence sur cette question avant le prononcé de la sentence finale. Ces questions de compétence. La Cour de cassation rejette le pourvoi formé en motivant sa solution dans les mêmes termes. Dès lors. 3°. il y a sans doute lieu de viser ce que cette mission comporte et ce qu'elle implique afin de déterminer si c'est elle qui est à l'oeuvre dans le recours en nullité ouvert aux articles 1484. Dans la mesure où les parties n'avaient pas entendu déféré le litige à l'examen de l'arbitre. 3°. la compétence est. Afin de déterminer avec certitude la nature de la mission contrôlée par le juge de l'annulation. En effet. 2°. et 1502. elle résulte des actes émanant des parties. Dans la première hypothèse. que les règles applicables au fond du litige et les règles de procédures régissant l'instance arbitrale. L'obligation de trancher le litige Il peut paraître trivial d'inclure dans la mission juridictionnelle de l'arbitre sa compétence. ce faisant. il y a lieu tout d'abord de la distinguer de la notion voisine de « mission juridictionnelle » de l'arbitre. quoique rentrant dans la mission juridictionnelle de l'arbitre. Elle résulte tout d'abord du principe selon lequel il appartient à l'arbitre de statuer sur sa propre compétence. La mission juridictionnelle de l'arbitre et la mission contrôlée Les règles intéressant directement la mission juridictionnelle de l'arbitre sont de deux ordres. les deux cas sont à distinguer. 3°. Les critiques quant à la régularité de la constitution du tribunal arbitral ne sauraient donc être analysées à travers le prisme de la mission de l'arbitre. En effet. et 1502. 1°. La nature de la mission visée par le recours en nullité apparaît comme plus consensuelle. la spécificité du droit de l'arbitrage français accentue ce caractère dans la mesure où l'effet négatif du principe kompetenz-kompetenz y est le plus radical. Dès lors qu'il satisfait à cette condition. 1°. Toutefois. qu'il s'agisse de la convention d'arbitrage. les secondes forment un groupe s'imposant à lui et constituent ses devoirs. ne sont pas du domaine des articles 1484. et 1502. L'arbitre peut exercer sa mission juridictionnelle lorsqu'il a compétence pour le faire. Cette démarche est doublement justifiée. Bruno Oppetit parle à ce propos « d'unité fonctionnelle » de la justice étatique et de la justice arbitrale (13). 3°. La nature de la mission contrôlée « L'arbitre reçoit la mission de trancher le litige » (11). Si la sentence souffre d'un défaut dans la constitution du tribunal arbitral le seul recours envisageable est la nullité sur le fondement de l'article 1484. et 1502. La Cour d'appel de Paris décide que « le risque éventuel de décisions arbitrales contradictoires n'empêche par l'arbitre de remplir sa mission » (10). Celle-ci ne concerne. Si « affirmer que l'arbitre exerce bien une mission juridictionnelle n'est en rien novateur » (14). il est absolument interdit au juge étatique de se prononcer sur la compétence de l'arbitre avant que celui-ci n'ait statué. 2°. Cette première étape de la définition franchie. avec un certain nombre de dérogations. De plus.

Dans un arrêt du 27 juin 2002 la Cour d'appel de Paris décidait que « le recours en annulation de l'article 1502. la jurisprudence n'a pas hésité à franchir le pas. Une critique est cependant possible. La position de la jurisprudence en la matière a été précisée. Ainsi. Pour autant. ne saurait-on invoquer ces fondements juridiques pour contester la validité d'une sentence en matière d'arbitrage international. le souci de bonne administration de la justice est écarté de la mission juridictionnelle de l'arbitre. Lorsqu'il se déclare compétent à tort la sentence encourre l'annulation pour défaut de convention d'arbitrage et lorsqu'il se dit à tort incompétent la sentence est susceptible d'un recours pour manquement à la mission de l'arbitre (17). 3°. d'autant plus que l'impossibilité de réunir à nouveau le tribunal arbitral pour compléter éventuellement la sentence n'est pas démontrée » (18). Or. L'attendu principal énonce simplement que « l'omission de statuer n'entre dans aucun des moyens d'annulation des articles 1502 et 1504 NCPC » (19).. Semblant concevoir le recours pour non-respect de la mission comme une catégorie supplétive. C'est précisément la raison pour laquelle le juge affirme qu'il a manqué à sa mission. Il a pu être déduit de cette dernière considération une lecture a contrario selon laquelle si le tribunal arbitral ne pouvait plus être saisi le recours en nullité deviendrait possible. Il n'en demeure pas moins que la jurisprudence précise à cette occasion la portée de la mission juridictionnelle du tribunal arbitral. alors il ne devrait pas plus exister de recours contre une décision d'incompétence infondée. En l'espèce la solution avait été formulée à l'occasion d'une demande de désignation d'arbitre. Si l'arbitre se déclare incompétent. la sentence du tribunal arbitral est passible d'annulation sur le fondement de l'article 1484. La décision d'incompétence de l'arbitre contrevient à la mission qu'il avait acceptée lors de la constitution du tribunal arbitral. un tel principe n'est pas appliqué par ailleurs à l'infra petita. les questions de compétence du tribunal arbitral obéissent à un double régime. Disposant d'un fondement juridique différent de celui du manquement à la mission. l'interprétation restrictive des moyens de nullité ne devrait-elle pas être entendue manière uniforme ? Le motif affiché par la jurisprudence pour annuler une décision infondée d'incompétence est l'équilibre des recours offerts aux plaideurs. NCPC. Si effectivement il n'existe pas de recours en nullité possible lorsque l'arbitre ne statue pas sur certains points du litige. 3°. Etait-ce là une simple assertion venant appuyer l'argument ou l'ébauche d'une condition ? Un arrêt récent vient répondre à cette question en supprimant toute référence à la possibilité de saisir à nouveau le tribunal arbitral. 5°. le recours en nullité n'est pas ouvert. en matière de reconnaissance des décisions de 25 . il y a une limite à l'assimilation des deux missions juridictionnelles. dans le cadre d'un arbitrage international. la cour décide que l'on ne saurait « à peine de déséquilibre des garanties offertes aux plaideurs » refuser un recours dans le cas où les arbitres se sont déclarés incompétents (16). où l'arbitre se dit à tort incompétent. Le premier est le respect de la contradiction et le second l'obligation de motiver la sentence (22). Cela suggère malgré tout que les principes processuels qui s'imposent à l'arbitre ont une interaction sur l'exercice de sa mission. l'absence de motivation de la sentence ne peut s'entendre comme en arbitrage interne : le fondement juridique utilisé dans ce dernier cas y est inapplicable. En effet. ce qui est contestable. La juridiction s'était déjà expliquée sur ce point. Ainsi. le juge examine la question au visa de l'article 1484. Si le juge refuse d'examiner les cas où l'arbitre omet de statuer. le respect de la mission arbitrale ne saurait être évoqué dans une telle hypothèse.) le tribunal arbitral s'est conformé à sa mission » (15). pour un arbitrage interne et 1502. ne devrait-il pas étendre sa solution aux cas où il ne statue pas du tout ? De même. Toutefois.. 3°. alinéa 2. La rédaction de l'arrêt prêtait au doute. comme le relève le professeur Thomas Clay. les cas d'ouverture de ce recours devant s'apprécier restrictivement. Il est entendu que dans le cadre d'un arbitrage international. ne peut être exercé contre une sentence ayant statué infra petita. celui-ci refuse de trancher un litige qui lui est normalement dévolu. a priori. lorsque l'arbitre statue infra petita ou lorsqu'il omet de statuer. Toutefois. Constatant qu'un recours était ouvert dans le cas où le tribunal statue à tort sur sa compétence par l'article 1502. il ne statuera pas sur les prétentions des parties. L'obligation de motiver la sentence est prescrite à peine de nullité par les articles 1484. Les principes processuels s'imposant à l'arbitre Les principes processuels s'imposant dans une procédure d'arbitrage ont indéniablement un tronc commun avec les règles trouvant application devant un juge étatique. Ces textes concernent uniquement l'arbitrage interne aussi. 4°.Dans la seconde hypothèse. 4°. Nous disposons pour raisonner du modèle du droit international privé. Les principes processuels pesant sur l'arbitre et ouvrant un recours en annulation sont au nombre de deux. Une certaine orthodoxie juridique et une exigence de cohérence appellent donc à écarter du champ de la mission de l'arbitre toutes les questions relatives à sa compétence. A suivre ces décisions. Dans le premier cas. 1480 et 1471. la Cour d'appel de Paris a récemment énoncé « qu'en se déclarant incompétent (. La Haute juridiction confirme par là la position adoptée par la Cour d'appel de Paris (21). La Cour de cassation fournit un exemple probant en énonçant que « le risque éventuel de contrariété de décisions » n'empêche pas l'arbitre « de remplir sa mission » (20).

Une jurisprudence bien établie précisait que « dès lors qu'il n'est pas établi que. la mention des pouvoirs de statuer ou de décider ex aequo et bono ». de l'acte de mission et des demandes formulées au cours de l'instance. l'acte de mission vient préciser les points essentiels de l'instance arbitrale. Les moyens complémentaires de définir la mission de l'arbitre Pour qui désire délimiter ce que les parties ont entendu confier à l'arbitre. le cas échéant. Ainsi. la jurisprudence a précisé depuis que « la contradiction de motifs de la sentence arbitrale constitue une critique de la sentence au fond qui échappe au pouvoir du juge de l'annulation » (28). Ensuite. Le fondement du contrôle de la mission de l'arbitre Il existe au moins trois moyens de déterminer la mission de l'arbitre tel qu'elle découle de la volonté des parties. L'article 1502. parce qu'il est contraire à l'universalisme vers lequel doit tendre le droit de l'arbitrage international. lorsque la procédure arbitrale le prévoit. ne saurait être utilement invoqué. parce qu'il ne relève pas à proprement parler de la mission de l'arbitre et. « à moins que le tribunal ne l'estime inopportun. Les effets de cette convention ne sont pas des moindres puisqu'elle a pour effet de cristalliser les demandes des parties qui n'auront plus la faculté de formuler des demandes hors des 26 . Le moyen de nullité vise bien « ce qui est confié par [les parties] à [l'arbitre] » et non « ce qui appartient de droit [au tribunal arbitral] et dont l'accomplissement correspond pour [celui-ci] à un pouvoir et à un devoir ». il est notable que la loi-type de la CNUDCI ne prévoit à aucun moment que les sentences arbitrales doivent être motivées. L'article 18. Toutefois. il apparaît que le recours en nullité pour défaut de motivation d'une sentence ne peut être engagé sur le fondement de l'article 1502. Cette conception est régulièrement reprise dans la jurisprudence relative à la Convention de Bruxelles et au règlement n° 44/2001 (24). C'est en effet celle-ci qui donne une compétence prioritaire au tribunal arbitral pour trancher le litige et qui détermine le champ de l'arbitrage. Il s'agit de la convention d'arbitrage. Privé des deux fondements naturels de la sanction du défaut de motivation. l'article 25. évitant par là les incertitudes régnant autour de la question. Lorsque la convention d'arbitrage ou le règlement d'arbitrage prévoit que la sentence doit être motivée. dans le silence du règlement CCI. les arbitres ou les parties aient entendu se référer à une loi de procédure dispensant de l'obligation de motivation. Ce n'est qu'à cette condition que l'article 1502. 3°. 3°. 3°. Dans une large mesure. Ce dernier point trahit bien le nécessaire consensus entre les systèmes de droit afin de réaliser les objectifs du commerce international. Il aurait été possible de transposer à l'arbitrage international un tel raisonnement. 3°. C'était là manifestement ignorer les spécificités de l'arbitrage international qui ne connaît pas de moyen de nullité fondé sur le défaut de motivation. Ainsi. le premier mouvement consisterait à examiner le contenu de la convention d'arbitrage. d'une part. En matière d'arbitrage international la motivation des sentences n'est donc pas une obligation intangible qui s'impose aux arbitres.justice étrangère la jurisprudence considère le défaut de motivation comme une violation de l'ordre public international (23). Cette analyse trouve cependant une limite. d'autre part. Toutefois ce courant jurisprudentiel s'inscrit dans un mouvement qui affirmait que la contradiction de motifs équivalait à une absence de motivation (27). 3°. C'est en tout cas ce qui a été jugé dans une décision ultérieure (29). dans la mesure du possible. fait rentrer l'obligation de motiver dans le champ de la mission. 5°. et 1502. les devoirs découlant de la fonction d'arbitre sont soumis à d'autres moyens de nullité. peut être utilement invoqué. une telle obligation pèse sur l'arbitre » (26). le tribunal arbitral manquerait sur ce fondement à une obligation. 1°. Un tel revirement laisse supposer que le défaut de motif lui-même n'est plus susceptible d'être sanctionné sur le fondement de l'article 1502. Or. la jurisprudence française s'est tournée vers le manquement à la mission de l'arbitre pour annuler une sentence souffrant de ce vice (25). ce qui est d'autant plus compréhensible que nombre d'Etats a une tradition judiciaire différente en la matière. Cette dernière tendance jurisprudentielle doit être encouragée tant il vrai que l'arbitrage international doit s'accommoder de traditions juridiques différentes qui font la vie du commerce international. Loin d'être concurrents. du règlement CCI prévoit notamment que l'acte de mission comporte « un exposé sommaire des prétentions des parties et des décisions sollicitées et. La mission contrôlée est donc à rechercher dans la volonté exprimée par les parties. Il s'agit d'une précision de taille quant à la mission de l'arbitre. une liste des points litigieux à résoudre » et « des précisions relatives aux règles applicables à la procédure et. La mission contrôlée par le juge étatique dans le cadre du recours prévu aux articles 1484. Cette conception largement consacrée en jurisprudence appelle à reconsidérer le grief d'ultra petita lorsque l'arbitre dépasse l'objet du litige. l'invocation de l'ordre public en la matière est mise en défaut par l'article 8 de la Convention de Genève de 1961 qui prévoit que les parties peuvent renoncer à la motivation de la sentence. du règlement d'arbitrage de la CCI qui prévoit une obligation de motiver la sentence. A cet égard. dans les règles auxquelles les parties désiraient voir l'arbitrage soumis. ne se confond pas avec la mission juridictionnelle de l'arbitre. ces moyens sont complémentaires. Cette exigence de l'ordre public procédural est comprise avec beaucoup de souplesse par le juge de l'exequatur. 2°. une indication de tout montant réclamé à titre principal ou reconventionnel ».

Preuve que le principe dispositif s'applique effectivement à l'arbitrage. ou encore lorsqu'il statue sur des points que les parties ne lui avaient pas soumis (36). est délimitée principalement par l'objet du litige. l'arbitre ne peut outrepasser la demande d'indemnisation formulée par la partie demanderesse (38).. Il existe toutefois une série d'hypothèse où l'ultra petita ne saurait être caractérisé parce qu'il découle de la mission juridictionnelle de l'arbitre. Nous déduisons de cette formulation qu'à titre subsidiaire l'acte de mission plus large aurait pour effet d'étendre l'objet du litige. Plus récemment la Cour de Paris a décidé que « la mission de l'arbitre est délimitée principalement par l'objet du litige tel qu'il est déterminé par les demandes des parties » (34). L'arbitre conserve une certaine liberté d'admettre des demandes incidentes. Ici encore cette volonté de restreindre la mission doit faire l'objet d'un consensus. pour être complète. Comme devant un juge étatique (39). La présomption implicite de la volonté d'étendre la mission de l'arbitre ne résiste cependant pas à la volonté clairement exprimée de la limiter. Bien souvent. L'admission du dépassement de l'objet du litige L'objet du litige qui délimite la mission de l'arbitre s'apprécie en fonction des prétentions des parties. à titre principal. l'ultra petita peut être logiquement établi comme un manquement à la mission de l'arbitre. Par un arrêt en date du 24 juin 2004. pour que les demandes des parties puissent avoir pour effet d'étendre la mission définie dans la convention d'arbitrage. Dès lors. L'application qui est faite de cette règle confirme la volonté d'étendre la mission de l'arbitre en se conformant à l'acte qui définit le plus largement son champ d'intervention. Il en est ainsi lorsque l'arbitre prononce d'office des mesures d'instruction ou des mesures conservatoires. Une fois définie. Celui-ci est déterminé. Ces dérogations résultent des articles 4. par les prétentions des parties quand bien même l'acte de mission le délimiterait plus restrictivement. n'en mérite pas moins une analyse. sa sentence est susceptible d'annulation. tel qu'il est déterminé par les prétentions des parties sans s'attacher uniquement à l'énoncé des questions dans l'acte de mission » (31). Dans notre dernier exemple les parties avaient toutes deux requis que l'intégralité des frais d'arbitrage soit laissée à la charge de l'autre. Lorsque l'arbitre se fonde sur l'un quelconque d'entre eux pour outrepasser les termes d'un autre. la deuxième Chambre civile a énoncé de manière précise la « règle de conflit » qu'il convient d'appliquer : « la mission des arbitres. définie par la convention d'arbitrage. Dès lors. C'est elle qui donne la définition de la mission des arbitres. pouvaient statuer sur toutes les demandes qui leur étaient soumises à cet égard. la solution ne change pas fondamentalement la règle de la détermination consensuelle de la mission : la partie qui succombe doit être présumée désirer que sa condamnation soit limitée aux demandes formulées. De même lorsque ce dernier reçoit des demandes qui ne se conforment pas à l'objet du litige. auxquels l'article 1460 renvoie. C'est précisément la fonction de l'objet de litige. investis par une clause d'arbitrage qui leur soumettait « tout litige relatif au présent contrat ». Toutefois. Toutefois.limites de l'acte de mission sauf accord exprès du tribunal arbitral. Enfin. les demandes des parties déterminent l'objet du litige qui définit de manière plus précise encore la mission des arbitres. la convention d'arbitrage prévoyait une répartition égale des frais d'arbitrage et chacune des parties demandait à ce que l'autre soit condamnée à en payer la totalité. seule la mission de l'arbitre tient du consensus : il serait mal venu d'écarter le seul point d'accord entre les litigants. Ici. il est nécessaire que les deux parties aient des demandes convergentes. les demandes des parties ne peuvent avoir pour effet que de réduire le champ de la mission. Dans le cadre du contentieux arbitral.. L'arbitre est également tenu par la demande formulée par la partie qui introduit l'instance. En l'espèce. 27 . et 10 NCPC. la sentence qui statuerait au-delà serait susceptible d'annulation. Cette définition reprend en substance la solution donnée par la première Chambre civile huit ans auparavant (32). rien n'interdit dans un arbitrage ad hoc que l'objet du litige dépasse les limites de la convention d'arbitrage ou de l'acte de mission. Il y a donc de véritables hypothèses d'ultra petita : dans d'autres cas au contraire le dépassement de l'objet du litige sera admis sans encourir ce grief. sans s'attacher uniquement à l'énoncé des questions litigieuses dans l'acte de mission » (33). Il a pu être ainsi jugé que « les arbitres. lorsqu'une seule partie fait une demande hors du champ de la clause compromissoire. Le fait que l'arbitre dispose des pouvoirs d'amiable compositeur ne le dispense pas du respect de cette règle (37). lorsque le règlement d'arbitrage a eu la sagesse d'interdire des demandes excédant les limites de l'acte de mission. Le tribunal arbitral en avait déduit un pouvoir de condamner l'une d'elle au paiement de l'intégralité des sommes. l'ultra petita est caractérisé lorsque l'arbitre ne se conforme pas aux prétentions convergentes des parties ou encore s'il étend indûment l'objet du litige. En revanche. Il en est ainsi lorsque l'arbitre accorde une réparation dépassant largement la somme prévue dans l'acte de mission. le besoin d'une méthode de résolution des conflits se fait pressant (30). la Cour de cassation décide que l'arbitre qui y a fait droit a statué sans convention d'arbitrage (35). Des conflits d'actes déterminant la mission de l'arbitre sont fréquents. la mission doit être délimitée. lorsque l'instance arbitrale suit son cours. La règle suppose que l'on s'attache en premier lieu au contenu de la convention d'arbitrage. alinéa 2. Cette formulation.

Il avait déjà était jugé qu'à l'occasion de litiges relatifs à une garantie de passif. additionnelle ou reconventionnelle. il convient de le limiter à un simple examen formel de l'application du droit choisi. Il apparaît très nettement qu'une liberté appartient à l'arbitre interdisant dans un certain nombre de cas un contrôle du juge étatique. la bonne application de cette procédure durant l'instance arbitrale est un élément de la mission du tribunal arbitral. elles peuvent avoir gardé le silence sur la question. le recours en nullité de l'article 1502. Cette dernière tendance se confirme lorsque l'on examine l'étendue du contrôle de la mission de l'arbitre. la mise en oeuvre des règles de fond fait partie intégrante de la mission assignée à l'arbitre. Cette solution a été expressément retenue par la Cour de cassation dans un arrêt du 8 avril 1999 (40). l'arbitre pourra recevoir toutes les demandes formulées par une seule partie. L'arbitre statuant en droit Lorsqu'il statue en droit deux hypothèses sont concevables : d'une part. 3°. alinéa 2.) constitue le prolongement inhérent et nécessaire à la fonction de juger » et rejette le grief d'ultra petita. A charge pour le juge de l'exequatur de rendre exécutoires lesdites mesures. la Cour de cassation la reconnaît également à la cour d'appel statuant sur le fond après avoir annulé la sentence (43). Toutefois. ou encore chiffrer ledit passif (42). par là. ne faisait qu'user du pouvoir juridictionnel attaché à sa fonction. l'espèce la Cour de cassation avait estimé que la détermination du prix de vente d'actions avait un lien suffisant avec la question de la validité de la cession. afin d'éviter que le contrôle opéré soit de facto une révision de la sentence sur le fond. Dans la première hypothèse. les parties peuvent avoir spécifié le droit applicable et. Le débat sur la nature de ces décisions est vif. La jurisprudence n'a pas définitivement adopté une solution uniforme (44). au manque de trésorerie et au préjudice commercial ont un lien étroit avec la demande principale de mise en oeuvre de la clause de garantie de passif. que ce soit explicitement par une stipulation ou par référence à un règlement d'arbitrage. la Cour de Paris décide que « le prononcé d'astreinte ou d'injonction (. S'il est notoire que l'arbitre ne dispose pas d'imperium et. Le libellé de l'arrêt fait clairement référence à la notion d'acte juridictionnel pour admettre de telles mesures. Aussi. de l'acte de mission et de l'objet du litige tel que délimité par les prétentions des parties. il subsiste des règles qui admettent un contrôle équivalent à un contrôle du droit appliqué par les arbitres. Dans le cadre d'un arbitrage international et en arbitrage interne lorsque les parties ont renoncé à l'appel ou n'ont pas usé de leur faculté de le prévoir si l'arbitre est amiable compositeur.L'article 4. Toutefois. NCPC est-il ouvert lorsque la sentence n'est pas rendue sur ce fondement. Le contrôle du droit appliqué au fond du litige L'admission ou le refus de ces motifs de nullité résulte d'une conception du recours en nullité. l'arbitre pouvait connaître d'une question de « sursalaire » (41). L'étendue du contrôle de la mission de l'arbitre La mission de l'arbitre embrasse toutes les règles qu'il se doit d'appliquer. En. l'article 10 donne à l'arbitre le pouvoir « d'ordonner d'office toutes les mesures d'instruction légalement admissibles ». il n'est pas exclu qu'il puisse rendre des décisions permettant d'assurer le bon déroulement de l'instance. pour peu que celles-ci aient un lien suffisant avec la demande principale. Si l'arbitre détient la faculté de recevoir des demandes incidentes. En matière de mesures d'instruction. L'arbitre. Pour autant. que ses décisions n'ont pas de force exécutoire. d'autre part. le contenu de la mission peut être aménagé par l'arbitre qui dispose d'un pouvoir d'étendre l'objet du litige. Par un arrêt du 7 octobre 2004 (45). Il n'apparaît donc pas opportun de vouloir pallier ce défaut de révision par un recours en nullité élargi de fait. dispose que « l'objet du litige peut être modifié par des demandes incidentes lorsque celles-ci se rattachent aux prétentions originaires par un lien suffisant ».. Ainsi. le réexamen de la sentence sur le fond n'a manifestement pas été souhaité. En revanche. rien n'est précisé quant aux pouvoirs d'assortir les injonctions d'une mesure contraignante. Ainsi la mission de l'arbitre s'apprécie-t-elle par l'examen des prévisions de la convention d'arbitrage. C'est la conception que la jurisprudence française semble avoir retenue dans un arrêt du 28 . ce faisant. c'est-à-dire sur le moment auquel le juge étatique pourra exercer son contrôle. sans se prononcer sur la nature de la décision. Pour autant. Il n'y aura donc pas lieu de faire droit à un grief d'ultra petita lorsque l'arbitre aura ordonné de telles mesures. Il en va ainsi lorsque l'arbitre amiable compositeur n'utilise pas le pouvoir de juger en équité qui lui est conféré par les parties ou encore lorsque l'arbitre n'applique pas la loi étatique choisie par les parties. il est possible de noter que le prononcé d'astreinte accompagnant une injonction est admis par le juge de la nullité. Par ailleurs. A ce titre le droit applicable au fond du litige est susceptible d'entrer dans le domaine du recours en nullité malgré l'interdiction de principe de révision des motifs de la sentence. Le recours en nullité vise à préserver les règles essentielles du procès. C'est un recours a minima. A ce titre.. la procédure suivie lors de l'instance arbitrale fait le plus souvent l'objet de prévisions. Le juge condamne d'ailleurs fermement tout moyen de nullité avancé par les plaideurs qui équivaudrait à une tentative de révision au fond (46). Il a été jugé que les demandes d'indemnisation d'un préjudice supplémentaire dû au coût des relances. En l'espèce l'arbitre avait fait injonction à une partie de ne pas contester la validité d'un pacte social jusqu'à ce que le tribunal arbitral ait rendu sa sentence avec une astreinte de 700 000 euros.

Toutefois. Or. Un recours en nullité sera donc envisageable lorsque les règles de droit retenues n'auront aucun lien avec le rapport entre les parties (56). et la résonance que lui donne la jurisprudence. Il est également possible pour l'arbitre de se référer à une règle de conflit issue d'une convention internationale. le fait pour l'arbitre amiable compositeur de statuer en droit (58). La jurisprudence sanctionne. Aussi dispose-t-il de quatre méthodes afin de désigner le droit applicable (49). la méthode de la voie directe. Ainsi. 1°. Cette disposition vise à maintenir un lien étroit avec le contrat litigieux. « appliquer le droit de l'Etat contractant partie au différend . l'arbitre n'opère pas un choix arbitraire qui serait contraire à la confiance qu'il doit inspirer. alinéa 1er. ne permet pas d'étendre le contrôle du juge étatique fondé sur le manquement à la mission. La Cour de Paris a décidé à ce propos que « pour déterminer la loi applicable au fond du litige. Libre d'appliquer la lex mercatoria. plus ou moins explicitement. NCPC dispose à cet égard que l'arbitre applique les règles « qu'il estime appropriées ». de la Convention de Washington de 1965 prévoit que l'arbitre doit. du même règlement a la sagesse de préciser les critères qui seront retenus pour procéder au choix. plus répandue aujourd'hui. en l'absence de choix du droit applicable par les parties. La Cour de cassation affirme notamment dans un arrêt Compania Valenciana « qu'en se référant à « l'ensemble des règles du commerce international dégagées par la pratique et ayant reçu la sanction des jurisprudences nationales ». alinéa 1er. De manière tout aussi libérale. sur le fondement du manquement à la mission. La Cour de Paris avait jugé que la référence à la loi française n'était qu'incidente et que les arbitres avaient effectivement appliqué la loi égyptienne (47). Une limite à la liberté de l'arbitre existe dans le cadre d'arbitrages spéciaux tel celui du CIRDI. La seconde. consiste à appliquer de manière cumulative les règles de conflit de lois des Etats intéressés au litige (50) afin de désigner la loi la plus prévisible. En l'espèce les parties avaient prévu que le litige serait soumis à la loi égyptienne. En pratique. L'article 17 du règlement consolide la formulation de l'article 1496 NCPC en faisant rentrer dans le champ du contrat la liberté pour l'arbitre de choisir « les règles de droit qu'il juge appropriées ». consiste à appliquer les règles de conflit de lois du lieu du siège de l'arbitrage. La nullité pour manquement à la mission suppose que l'arbitre ait contrevenu à une obligation qui lui était impartie par sa mission. Dans le silence des parties. invoquée. NCPC. il peut se référer aux principes régissant la matière » (51). le droit appliqué sur le fond ne pourra faire l'objet d'un recours en nullité. L'arbitre devra dans ce cadre tenir compte « des dispositions du contrat et des usages de commerce pertinents ». l'arbitre n'est pas tenu d'appliquer une règle de conflit relevant d'une législation déterminée . verra-t-il sa sentence annulée puisqu'il n'aura pas jugé en droit comme sa mission l'invitait à le faire. Un examen de la jurisprudence de la CCI montre assez que l'arbitre applique les principes Unidroit en l'absence de choix du droit par les parties (54). Elle rejoint la solution retenue pour le contrôle du respect de la loi choisie par les parties (60). La formulation de l'article 1496. une idée directrice de l'arbitrage international. le principe en a d'ailleurs été réitéré dans deux arrêts de cette même juridiction en 2003 (48). L'arbitre statuant en équité Le pouvoir de juger en équité doit être expressément conféré à l'arbitre. ou encore pour interpréter ou compléter un droit national (55). sauf extrême maladresse des arbitres. l'arbitre a statué en droit ainsi qu'il en avait l'obligation conformément à l'acte de mission . Ce motif de nullité de la sentence ne fait cependant pas l'unanimité de la doctrine. y compris dans un cadre aussi étroit que celui de l'arbitrage CIRDI. que dès lors. le tribunal arbitral qui juge en amiable compositeur sans que ce pouvoir lui ait été conféré. qui connaît toutes les faveurs de la pratique arbitrale est la détermination par l'arbitre directement de la loi applicable. l'arbitre est également libre d'appliquer les principes Unidroit (53). La première. Toutefois. sauf à s'expliquer en quoi la règle de droit appliquée est conforme à ce que commande l'équité. La seule hypothèse de nullité reste le cas où l'arbitre ne respecte pas la volonté exprimée des parties quant à la loi applicable. Enfin. de contrôler les conditions de détermination et de mise en oeuvre par l'arbitre de la règle de droit retenue » (52). Dans leur sentence les arbitres énonçaient que leur « interprétation était conforme aux termes de la loi française qui [avait] inspiré la loi égyptienne ». l'arbitre dispose d'une certaine liberté. la jurisprudence a admis que l'arbitre puisse faire application d'un droit anational telle la lex mercatoria. Un tel contrôle est justifié. il n'appartenait pas à la cour d'appel. l'article 17. 2°. L'article 1496. et la plus ancienne. saisie du recours en annulation ouvert par les articles 1504 et 1502. le contrôle opéré par le juge étatique se limite à l'examen formel des motifs de la sentence. L'article 42. encore que ce contrôle doive être purement formel. Il ne s'agit pas pour le juge de réviser la sentence mais de constater si l'équité a été. tout le débat est là : juger en amiable compositeur est-il une obligation ou un simple pouvoir conféré à l'arbitre (59) ? Les solutions admises en jurisprudence semblent retenir qu'il s'agit d'une obligation pour en déduire le manquement à la mission. La liberté pour l'arbitre de désigner le droit applicable est donc. La solution est théoriquement satisfaisante. Lorsque les parties n'ont pas choisi le droit applicable au fond du litige. Cette dernière méthode évite la référence à toute règle de conflit de lois. celui-ci ne pourra pas s'investir des pouvoirs d'amiable compositeur. Ainsi. Il est propre à faire respecter le choix des parties et ne remet pas en cause la révision de la sentence sur le fond. La perspective reste identique dans le cadre d'un arbitrage CCI.10 mars 1988. Il est 29 . ou écarter l'application d'un droit national lorsque celui-ci contrevenait aux principes du droit international (57).y compris les règles relatives aux conflits de lois . La jurisprudence du CIRDI laisse toutefois une certaine latitude aux arbitres qui ont pu appliquer le droit issu d'un traité bilatéral.ainsi que les principes de droit international en la matière ». 3°.

déterminent. A ce propos. le tribunal arbitral fixe la langue ou les langues de la procédure arbitrale. il n'apparaît pas logique de soumettre à un autre régime le pouvoir de juger en équité. L'infra petita est à cet égard un bon exemple. par les règles que les parties. en tenant compte de toutes circonstances pertinentes. s'il apparaît que la jurisprudence et une partie de la doctrine militent pour l'inclusion du pouvoir de juger en équité dans la mission de l'arbitre. La liberté procédurale de l'arbitre peut être toutefois remise en question quant aux mesures provisoires et conservatoires. il était reproché aux arbitres d'avoir reçu des pièces en langue allemande alors que la langue de procédure prévue était l'anglais. Cette faculté d'engager les mesures d'instruction nécessaires peut également s'entendre comme une injonction de faire comparaître un témoin. dans le silence de ce dernier. Ces règles sont susceptibles d'une extension qui ne saurait faire encourir un grief d'ultra petita à la sentence rendue. Pour contester la recevabilité du recours en son principe. Par ailleurs. ou à défaut le tribunal arbitral. le juge étatique devra apprécier leur violation au regard de la liberté dont dispose l'arbitre. A l'instar du juge civil l'arbitre peut ordonner la production des mémoires ou des pièces. à savoir la volonté exprimée par les parties. dans le silence du règlement d'arbitrage et des parties. L'arbitrage CCI donne ainsi aux arbitres la faculté de réaliser leur mission en conduisant de manière effective la procédure. Des arguments sont avancés contre ce courant jurisprudentiel par M. Le contrôle de la mission et les règles de procédure Les actes définissant la mission de l'arbitre précisent souvent les règles relatives à la procédure qui sera suivie durant l'instance arbitrale. Les solutions de la jurisprudence n'en demeurent pas moins contestables. L'arbitre a également la maîtrise des moyens de preuve puisqu'il a le moyen d'ordonner les mesures d'expertises qui lui paraissent nécessaire à son information. Il est également avancé que dans les autres cas où l'arbitre n'utilise pas toute la liberté qui lui est concédée. Cette opinion résulte d'abord d'une conception de la nature du pouvoir de l'amiable compositeur. La jurisprudence va plus loin en précisant que « le tribunal arbitral dispose d'un pouvoir juridictionnel lui permettant de prendre luimême des décisions de procédure en cours d'instance » (66). ce pouvoir est expressément consacré tant en droit comparé qu'en matière d'arbitrage institutionnel. D'ailleurs la jurisprudence abonde en ce sens en affirmant qu'en « conférant aux arbitres les pouvoirs d'amiable composition. Dès lors. tant pratiques que théoriques. l'on retient que juger en amiable composition est une simple faculté offerte à l'arbitre. à en tirer toute conséquence (68). alors même que l'arbitre n'aura pas nécessairement cherché à éliminer l'inéquité ». La langue de la procédure est donc un élément clé susceptible de rentrer dans le champ de la mission de l'arbitre (67). sans pour autant les priver de la faculté de s'y référer dans la mesure où ils les jugeaient propres à donner au litige la solution la plus juste » (64).. Dans ce cadre.. d'user des pouvoirs d'amiable compositeur » (65). Si indiscutablement les règles de procédure rentrent dans le champ de la mission de l'arbitre. l'arbitre dispose. En l'espèce. conférée par les parties. La jurisprudence a pu affirmer que dans le silence des parties « le prononcé d'astreintes ou d'injonction [. NCPC. d'autre part. Elle a de grandes implications pratiques. Le droit français accorde une faveur à ces mesures et vise à leur efficacité.. l'article 15 du règlement CCI précise que « la procédure devant le tribunal arbitral est régie par le [règlement d'arbitrage] et. Il règle le déroulement de l'instance en fixant les délais impartis et en conduisant les audiences. le tribunal arbitral serait fondé. la sentence n'est pas susceptible d'un recours. Une telle présomption n'apparaît pas souhaitable. il n'en demeure pas moins qu'il pose une présomption de non-conformité à l'équité d'une sentence rendue sur des seuls arguments de droit. et le principe de non révision de la sentence par le juge de l'annulation en se limitant à un examen formel (61).. l'article 16 du règlement d'arbitrage CCI précise qu'« à défaut d'accord entre les parties. en se référant ou non à une loi nationale de procédure applicable à l'arbitrage ». Les juges admettent qu'il s'agit là d'une simple faculté tout en admettant la possibilité de qualifier le manquement à la mission. « le contrôle du respect de sa mission par l'amiable compositeur sera approximatif et deviendra vite inutile. Pour cet auteur. Charles Jarrosson. appellent à l'en exclure. d'une liberté de suivre les règles de procédure les plus appropriées.] constitue un prolongement inhérent et nécessaire à la fonction de juger pour assurer une meilleure efficacité au pouvoir juridictionnel et ne caractérise ainsi aucun dépassement de la mission de l'arbitre » (69). Plus largement. y compris la langue du contrat ». elle remet en cause le caractère exceptionnel de la nullité de la sentence. d'autres considérations. D'ailleurs. Toutefois il ne semblait pas raisonnable de priver l'arbitre de la possibilité d'examiner des pièces susceptibles de l'éclairer. La Cour de cassation a décidé qu'elles ne peuvent faire l'objet d'un recours indépendamment de la sentence sur le fond (70). Une opinion convaincante soutient que le pouvoir de juger en équité est une simple faculté et qu'il n'est dès lors pas fondé de recevoir en son principe le recours en nullité contre une sentence n'ayant pas apparemment fait usage de l'amiable composition (63).remarquable que la solution adoptée ménage à la fois le principe de l'investiture contractuelle de l'arbitre. les parties ont entendu les dispenser d'appliquer strictement les règles de droit. dès lors que la pratique aura mis au point un motif passe-partout qui affranchira la sentence de tout reproche. En cas de refus. la formulation de l'arrêt admettant en son principe le recours laisse songeur lorsqu'il énonce que « l'arbitre a recouru à la faculté. Le juge se livre ici à un « contrôle de l'apparence » (62) pour ne pas laisser de place à la critique de la sentence sur le fond. D'une part. alinéa 1er. S'il est louable que le régime actuel du contrôle se limite à la seule apparence. La liberté pour le tribunal arbitral de conduire la procédure ne s'arrête pas là. elle revient à présumer la loi inéquitable et. 30 ... Ainsi. selon l'article 11.

LGDJ. 254 s. 25 janv. n° 136. La légitimité de ses décisions ne se fonde que sur l'accomplissement d'une mission qui lui a été confiée par les parties. Ph. préf.. civ. PUF. 1re civ. Cornu (dir. d'Aix 2006/2. 1948. 1re ch. L'arbitre peut légitimement contrevenir à une règle de procédure qui s'inscrit dans sa mission dès lors que c'est dans le seul but de la réaliser. à la mission confiée par les parties à l'arbitre s'oppose la mission juridictionnelle de l'arbitre. Toutefois. l'article 17 de la loi-type de la CNUDCI sur l'arbitrage commercial international prévoit que « sauf convention contraire des parties. 31 . 2004. 2004. la mission de l'arbitre ne manque pas de soulever encore à ce stade des interrogations. Rev. Par ailleurs. C'est ce que révèle l'examen d'une importante jurisprudence qui tend à assurer la pérennité de la juridiction arbitrale. (3) JO OHADA. 10 mars 1988. Meyer. (2) S. du règlement CCI prévoit qu'« à moins qu'il n'en ait été convenu autrement par les parties. OHADA et droit de l'arbitrage. p. Mots clés : ARBITRAGE * Arbitre * Mission * Contrôle * Manquement de l'arbitre (1) M. ordonner à toute partie de prendre toute mesure provisoire ou conservatoire qu'il juge nécessaire en ce qui concerne l'objet du différend ». p. De l'accord initial lors de la conclusion de la convention d'arbitrage il ne reste pas grand-chose lorsque le litige naît. Il paraît souhaitable qu'une telle jurisprudence perdure. Les parties à l'arbitrage deviennent alors des belligérants et le juge qu'ils ont librement choisi doit pouvoir s'affranchir de leur volonté pour pouvoir mener à bien sa mission. J. Bull. Il dispose d'un pouvoir juridictionnel à cette seule fin (73). Le groupe de travail sur l'arbitrage international de la CNUDCI prévoit d'étendre les pouvoirs de l'arbitre en la matière en offrant à l'arbitre la possibilité d'assortir les mesures provisoires d'injonctions préliminaires (71). Mouralis. 121. Elle provient de la volonté des parties mais doit s'en libérer pour se réaliser. cf. 2006. Devant l'arbitre. La première correspond aux termes précis de la volonté des parties et la seconde à ce qui appartient de droit à l'arbitre dans ses attributions juridictionnelles. 1947. 10 nov. 1989. A cet effet. n° 2004-238324. (4) Ph. L'arbitre tient son pouvoir de la volonté des parties et à ce titre il lui doit fidélité . n° 4. com. v° Mission. p. Paris. (10) Paris. (7) Cass. 16 . 2002.). Juris-Data. 17 janv. à la demande de l'une d'elles. Les sentences arbitrales devant le juge français. Fouchard. Comment décider quels sont les pouvoirs qui incombent aux arbitres de par leur fonction juridictionnelle ? Une réponse parait s'esquisser. P. note sous Paris. I. 15 janv. Bull. un pouvoir général de l'arbitre de délivrer des mesures provisoires. D. le tribunal arbitral peut. (8) La confusion entre les deux cas de nullité est opérée par : Aix-en-Provence. l'article 26 du règlement d'arbitrage CNUDCI. L'arbitre ne manque pas à sa mission toutes les fois où il adapte les règles de procédure afin de mener à bien sa mission juridictionnelle. arb. Litec. le tribunal arbitral peut. et l'article 25 du règlement de la London Court of International Arbitration font de même. (9) Cass. ordonner toute mesure conservatoire ou provisoire qu'il considère appropriée ». La mission susceptible d'être contrôlée par le juge étatique se définit alors comme la mission assignée par les parties retranchée de tous les actes propres à l'exercice d'un pouvoir juridictionnel appartenant au tribunal arbitral. 1995.. 2e civ. Dans ce contexte il convient d'entendre strictement le recours en nullité pour manquement à la mission afin de décourager des comportements étrangers à la philosophie de l'arbitrage. Rivier. La mission de l'arbitre est sujette à une double tension. Rev. mais l'arbitre dispose d'un pouvoir juridictionnel qui l'affranchit ponctuellement du strict respect des termes de son investiture. Vocabulaire juridique. L'arbitration act anglais de 1996 a consacré. arb. L'article 21 du règlement d'arbitrage de l'Association américaine d'arbitrage. (5) Cass. 1989. 15 mai 1999.. n° 8. D. Bruylant. D. dans ses articles 38 et 39. Crépin. à la demande d'une partie. civ. Fouchard. C. n° 9. Juris-Data. 1re ch. 1991. dès remise du dossier. in Guide pratique de l'arbitrage et de la médiation commerciale. Cette réalité est sans aucun doute le résultat de ce que l'on appelle la « judiciarisation » de l'arbitrage. Ainsi. 278. n° 371. 2004. p.-C. l'article 23.Dans les textes régissant l'arbitrage. 2 . p. 1°. L'arbitrage institutionnel fait également face à ces difficultés en prévoyant expressément ce pouvoir aux arbitres. II. le temps n'est plus où l'on adoptait une attitude différente de celle dont les tribunaux étatiques sont les témoins. Pellerin. n° 437. 2006. la jurisprudence française qui analyse le pouvoir de rendre des mesures provisoires et conservatoires comme un acte juridictionnel appartenant de plein droit à l'arbitre ne fait qu'entériner un point de vue largement répandu tant en pratique qu'en droit comparé (72). obs. Le recours en nullité pour manquement à la mission est soumis à un régime juridique reflétant l'ambivalence de la nature du pouvoir de l'arbitre et du terme de mission. 12 févr. n° 2006-298994 . (6) G. obs.. Bull. 6 janv.

1re ch. note J. 69. n° 181 . civ. 1996. Rev. (18) Paris.. n° 191 .-M. Bull. 2004. E. 32 . Cuniberti . 380. (37) Paris. Juris-Data. n° 60 s.. obs. Les principes directeurs du procès arbitral. . C. 2004. Bollard. arb. Rev. (43) Cass. Oppetit. Juris-Data. (45) Paris. C. n° 12 s. 2e civ. Bull. Cass. n° 191 . I. p. p. 2001. n° 7. (33) Cass. 1989. crit. Arnaldez . JCP 2006. p. Ortscheidt . 2e civ. (22) Cf. 13 mai 1986. n° 181 . 11 janv. 1re ch. 211 . 9 déc. Bull. 1re civ. 1149. n° 174 s. 1re civ. 1997. 13 juill. Martel (25) J. Rivier . Rev. 2004. n° 183 . civ. 1re ch. (44) Paris.. M. 2e civ. 1re ch. 8 avr. Lecuyer. 29 avr. 2e civ. 2005. crit. 14 juin 2000. II. PUF. 1re ch. 2001. Bull. 417. (27) Paris. I. n° 67 . n° 349. Juris-Data. 12 déc. Bull. Menjucq (dir. 2001. Théorie de l'arbitrage. 6 mars 1996. 1997. Jarrosson. II. 1re ch. C. 6 déc. arb. Rev. p.. 4 nov. Sialelli.. C. 806. (29) Rouen. 1997. L. p. 6 déc. p. Auckenthaler. 2000. 1re civ. note Ch. 729. p. la jurisprudence récente en matière de contradiction de motifs. 2e civ. 10052. note Ch. 10071. Ch.. PUAM. 1999. 491 s. 34. p. Paris. Juris-Data.. C. (16) Paris. p. 2006. 1999. II. n° 194. Bull. I. E. civ. 1re ch.. 2e civ. 813. Litec. p. 18 nov. Cass. 2001. Guinchard et alii. arb. 1re civ. L'arbitre. note L. 729. Bull. Rev. arb. I. civ. Rev. LGDJ.). (13) B. note D. Jarrosson. (14) C. 17 mars 2005. .. La liberté procédurale du contractant. Kaplan et G. C. G. Rev. 3e éd. (34) Paris. Droit processuel. 438.-L. 320. 2003. note J. Gautier. Fouchard.. 1965. arb. arb. (20) Cass.. p. p. Rev. 10 févr. Juris-Data. Gaillard et B. Arbitrage et juridiction. n° 2002-202482. obs. note Y. arb. note F. II. 27 juin 2002. 2003. L'arbitrage. 2e civ. n° 2005-269747.-J. (28) Cass. 2001. 17 mai 1978. note D. 2004. 105. civ. 10045.-B. p. 852. II. JCP E 2002. note D. Goldman. Legros. civ. note H. Weiller. arb.-C. 30 mars 1995. p. (35) Cass. Rev. nature juridique. JCP 2005. cette Revue 1997. (26) Paris. 163. n° 313 s. Cass. Jarrosson. 1998. arb.781. Ortscheidt . civ. note J. civ. J. n° 609. p. 2005. 1re ch. JCP 2003. 427. 1987. 16 mai 2002. Rev. (31) Cass. 1989. Bull. 2006. 4 et 11 avr. 7 oct. Loquin. préc. (41) Paris. n° 2005-268889. 3e civ. (38) Cass. 1re ch. 19 juin 1975. C. 2001. II. 7 oct. 1998. C. préc. C. note H. 511 s. Kiffer. 1re civ. civ. note H.-Y. I. 2e civ. n° 251. p. Litec. II. 1996. Cass. C. 1re ch. II. Jacquet. Bull. 309. 16 juin 1988. (36) Montpellier. 313. Rev. P. (21) Paris. p. 2004. 108. n° 81 . 1re civ. II.. supra note 10. JCP 2005. 1996. n° 2. Justices 1997. 134. 14 déc. n° 2004-262345. 1re civ..(11) S. p. II. 2e civ. 1995. Bull. J. Clunet 1962. n° 183 . Rev. Juris-Data. J. obs. 2005. Th. 482. (23) Cass. n° 2694 et 2742. Lecuyer. Holleaux . Ph.. Delvolvé. p. 2004. obs. obs. DIP 1997. note C. Droit du commerce international. (19) Paris. 20 juin 1996. 2005. 2000. J. n° 12. RTD civ. (32) Cass. 2002. civ. LGDJ. p. II. (46) Cf.. arb. Viandier . Pellerin. civ. I. civ. pourvoi n° 04-12. Cohen . Bull. 12 févr. Juris-Data. Traité de l'arbitrage commercial international. 1961 [2 arrêts]. (24) Cass. cette Revue 2004. Rubellin-Devichi. 8 juill. III. Loquin. 25 oct. Droits 1989. JCP 2000. obs. n° 2000-133286. 5 déc. E. DIP 1961. n° 307.. 1re ch.. Jur. 14 juin 2000. obs. Cass.. 2004. 131. (39) Par ex. (17) La question est résolue par l'avant-projet de réforme proposé par le Comité français de l'arbitrage : Texte et présentation par J. (15) Paris. Motulsky . 11 juill. 6 mars 1996. Derains . Clunet 1979. (42) Paris. Cass. JCP E 1999. p. 2006. 17 janv. La notion d'arbitrage.. C. civ. 1999.. obs. (12) J. n° 1997-023112. (40) Cass. I. arb. Bull. 24 juin 2004. 1er juill. JCP 2003. n° 310. Rev. Bull. Béguin . (30) Cf. Dalloz. 17 janv. note A. n° 1986-023144. n° 9. 656 . 216. 2000. Clay. Béguin et M.

Silva Romero. 32 s. II. 2003. obs. 1re ch. Liberté du tribunal arbitral de conduire la procédure. p. . 2001.. (58) Cass. Rev. .-F.M. . oct. (70) Cass. 10. © Editions Dalloz 2010 33 . Loquin . 278 s. Jarrosson. Pedone.. p. Rev. . n° spéc. Y.. (62) Paris. 478. note C. C. 22 oct. n° 182 . 27 juin 2002. 1972. 10 juill. 11. vol. Bull. 86 s. note B. p. cette Revue 2003. Jeuland (dir. 81 s. n° 1545s. 1re suppl. CCI 2005. La langue de l'arbitrage institutionnel. p. 16 janv. La jurisprudence du CIRDI. Bull. 6 . Lew. 2003. Les mesures provisoires et l'arbitrage. arb. arb. D. 40 s. p. crit. Legros. Bull. obs. C. p. obs.. . par ex. 2004 . vol. C. CCI 2006/1. 115 s. obs. I. note B. 1991. Les principes d'Unidroit en tant que lex contractus choisie par les parties et sans choix exprès du droit applicable. p. in L. Rev. C. p. 2001. Q.. avec ou sans choix explicite ou tacite de la loi. 2004. Bull. Bull. Loquin. Loquin . 1re ch. Les principes Unidroit en tant que lex contractus. Derains. 15 janv. Castineira et M. vol. Rev. CCI 1995/1. Mestre. 113. Rev. p. CCI 1999/1. Donovan. 99 s. note préc. (71) Document A/CN. Litec. I. Analyse des mesures provisoires et conservatoires dans l'arbitrage de la CCI.). Lagarde. Goldman . J. 71 s. Bull. 687. Gaillard et B. 14 janv. 2005. CCI 2002. Jeuland . 1989. Dr. 1re ch. 430. 2004. 1re ch. II. p. BICC 2003.. DIP 1992. 159. (53) E. p. JCP 2005.D. 8. Betto. DIP 1990. (51) Paris. Bull. n° 275 . arb. (69) Paris. n° 9. n° 419 s. (54) Sentence CCI. 23 juin 2005. n° 2004-262342 . n° 2005-287132 . Derains. p. 1991. arb.. 6 déc. 698 s. 252 s. vol. Bull. CCI 2002. CCI 2002. Rev. note J. p. (63) Ch. note R. Clay et E. E.-F. 2e civ. Ch. p. 17. (72) Sur l'ensemble de la question : V. D..385. . 2003.. 3 juin 2004. Yesilirmak. Loquin . (66) Paris. obs. note N. (49) J. E. p. (65) Paris. CCI 2005. n° spéc. Les mesures provisoires et conservatoires dans la pratique arbitrale de la CCI. C. note J. Rev. Fouchard. (59) Cf.-A. Rev.141. n° 2704 s. p. 428.9/WG. E. art. 487 s. 87. vol. mars 2002. Goldman. civ. 10071. Libchaber. Ph Fouchard. Le droit applicable dans les contrats internationaux de distribution. n° 106.). 2e civ. Paris. Betto. arb. 1re ch. 15 févr. 2780. Litec. F. J. 19 mai 2005 . 12. Loquin . p. 2003 [2 arrêts]. 2e civ. 1361. 304. P. E. (64) Paris. civ. p. C. 15. 2004. n° spéc. Bull. Loquin. 2e civ. et leur force obligatoire à l'égard des parties. supra note 25.. J. Bull. 737. Bull. . p. Th. p.. 10 mars 1988. 2003 . Rev. n° spéc. note approbative Ph. 30 juin 2005.-G. 17 ter. 2004. Mayer. 1re ch. Cf. Le choix du droit applicable au contrat et l'arbitrage. p. 4 déc. 1re ch. Menjucq (dir. vol. . (73) A contrario lorsqu'il n'adapte pas une règle de procédure son initiative sera sanctionnée : la condamnation aux intérêts légaux n'est pas une émanation du pouvoir juridictionnel de l'arbitre : Paris.. vol. note P. adde. Clunet 1990.. obs. Le pouvoir des arbitres de rendre des ordonnances de procédure. n° spéc. C. CCI 2001/1. p. II. cette Revue 2005. cit. n° 26 . Truong. P. p. adde. p. 18 s. (56) La jurisprudence de la CCI tend à démontrer qu'en la matière les arbitres sont soucieux d'appliquer la loi la plus adéquate malgré la liberté qui leur est concédée. Knoepfler. ibid. Gaillard. n° 10. Bull. 1992. éd. L'application cumulative des systèmes de conflit de lois intéressés au litige. C. D. 2004. Sentence CCI. et 29 avr. et patr. A. RTD Com. CCI 2000/1. 844 s. 2001. 89 s. J. 252. Juris-Data. A. Callé. arb. A. CCI 1997/1. 7 oct. Médiation et arbitrage. (50) Y. L'amiable composition en droit comparé et international. note B. Bull.. p. cette Revue 2003. 1re ch. 14 s. 21 juin 1990. et p. Paris. Oppetit . 11. P. 1989. obs. 10 juill. E. arb. arb. Béguin et M. (57) E.D. p. Bull.(47) Paris. JCP 2004. CCI 1999/1. Jacquet. 2003. 269. p. Lazareff.078. 10. (48) Paris. 2005. n° 2. E. CCI 2004/2. Oppetit. Cadiet. p.. 2001. 907. CCI 2000/1. Bull. 13 juill. arb.M. Séraglini . 336 s. Juris-Data. Loquin. op. La dialectique de l'arbitrage international impliquant des parties étatiques. (68) Sur l'ensemble de la question : V. obs. C. . Rev. 97 . p. (67) Cf.II/WP. 2003. suppl. note P. (61) E. 112. Les principes Unidroit dans l'arbitrage CCI.-G. vol. 1re ch. cette Revue 2003. . Karrer. p. 1980. (52) Cass. Petsche. Rontchevsky. 59 s. notamment des mesures conservatoires. Bull. crit. E. supra note 12. hors série. Lew. vol. La langue de l'arbitrage : réflexion sur le choix des arbitres et l'efficacité procédurale. p. S. Lalive. Bull. 2002. E. p. 1re civ. Donovan. Cass. arb. E. Jur. Bull. note E.. Rev. 379 s. p. (55) V. civ. 457. 24 s. 2006. CCI 2005. Jolivet. (60) Cass. Rev.-M. Le rôle des principes d'Unidroit dans la pratique de l'arbitrage CCI.