Anda di halaman 1dari 12

The need for MEMBER STATES and PRIVATE

MANAGERS to invest in Natura 2000 to make it


a tool for rural development

Les privés ne peuvent que se prononcer en faveur de Natura 2000 et de son


intention de protéger la nature. Néanmoins, l’application des Directives dans
certains Etats Membres suscite de nombreuses interrogations.

A la différence de mesures précédentes qui bannissaient l’homme de la nature,


Natura 2000 entend les réunir harmonieusement.

Néanmoins, la communication qui a entouré Natura 2000 a été désastreuse.

La crainte générée par Natura 2000 est de voir la propriété vidée de sa substance
et de son rôle social, le propriétaire conservant les devoirs de sa charge
(acquittement des impôts, responsabilité environnementale) mais perdant les
bénéfices de celle-ci (jouissance, usage, revenus), alors que ce n’est
objectivement pas l’intention du législateur européen.

L’application faite dans certains Etats Membres apporte cette image


conflictuelle. Afin de sortir de cette impasse, nous proposons de retenir une série
de lignes directrices qui permettront une mise en place harmonieuse de Natura
2000 et permettront à la propriété privée de s’épanouir en son sein (ex. Wal. –
Fl.)

• Nous voulons contribuer à un meilleur environnement.


• Nous avons une légitimité à y participer puisque l’environnement que nous
connaissons aujourd’hui est celui que nous avons amené jusqu’à vous.
• Nous serions très fiers d’être désignés propriétaires de Zone Natura 2000 si
ce compliment n’avait pas un impact potentiellement négatif sur la valeur de
notre patrimoine et de nos activités.

Mais ce problème est gérable si la Commission et les Etats Membres acceptent


de concrétiser dans les faits certains principes :

• Le principe de liberté de choix.

• Le principe de coopération entre autorité publique et propriétaires et usagers :


il faut inciter et non contraindre.
• Le respect du principe de proportionnalité, qui signifie que la restriction
proposée doive garantir un équilibre entre le dommage imposé au
propriétaire / usager et l’avantage généré pour la société.

• Le droit à une juste et complète indemnisation en cas d’expropriation du fait


ou de restriction d’usage.

En pratique, nous invitons :

• A ne pas mettre en place d’interdiction d’usages sans accord préalable des


parties concernées.

• A ne pas désigner de sites sans en avoir préalablement informé, et discuté


avec les propriétaires et les utilisateurs.

• Quand l’autorité publique veut lier à la désignation des interdictions il faut :

 qu’il s’agisse d’exceptions qui ne peuvent être appliquées qu’en cas


d’accord avec propriétaires et utilisateurs.
 Si pour une raison d’intérêt supérieur l’autorité publique pense devoir
imposer la restriction, le propriétaire doit avoir le droit de demander à
être exproprié ou à être indemnisé pour ses pertes en capital et revenu.
 Si l’utilisateur subit des restrictions d’usages, il doit lui être payé une
vraie compensation, l’indemnisation de ses pertes en capital de travail et
en revenu et manque à gagner.
 Si l’autorité publique pense que ce bien est rare, il doit
accepter de lui reconnaître une valeur économique autre
que celle d’un rebut.

Ceci établi, nous devons tous nous inquiéter de la question du financement de


Natura 2000. Il est urgent de mettre en place le cadre financier de l’art.8 sous
peine de vouer Natura 2000 à l’échec.

Natura 2000 doit impérativement trouver des partenaires engagés.

Mais à l’occasion de cette recherche de partenaires, s’est-on posé la question de


savoir ce qui a pu rendre ses premiers partisans impopulaires !

A mon sens, le vrai problème est que cette législation a donné l’idée à certains
qu’un autre que le propriétaire a acquis la souveraineté écologique. Ce qui
revient à s’auto attribuer le droit de juger de l’action d’autrui tout en étant juge
et partie.
Le choix est dès lors d’acquérir ou de dominer. Sans moyens financiers, ces
mêmes considèrent que l’intérêt général demande une forme de nationalisation.

Soyons clairs, les propriétaires et les usagers sont enclins à accepter le


classement comme un compliment adressé à leur bonne gestion.

Le malentendu, dont il est urgent de sortir, est que par manque de moyens, le
remerciement de Natura 2000 est perçu sur le terrain comme une sanction
castratrice générant l’interdiction de continuer à entreprendre si ce n’est à vivre
dans ces zones.

Réduisons ensemble ces tensions, attachons-nous aux bons exemples de gestion


éclairée dans ces zones, rendu possibles par des législations privilégiant
l’incitation au lieu de l’interdiction allant au-delà du stand still, afin de
communiquer et de lui donner une impulsion qui pourra changer la nature du
débat.

La nécessité de conserver l’environnement et de préserver le patrimoine rural


européen est absolument cruciale.

L’utilisation future des terres en Europe dépend de la protection et de la mise en


valeur de la biodiversité et des paysages. L’agriculture intensive est critiquée
pour les dégradations environnementales qui ont affecté les campagnes,
allégations pas toujours fondées.

Ces critiques ont conduit au débat sur le « verdissement » de l’agriculture et bien


des programmes agro-environnementaux sont élaborés pour maintenir la
production agricole avec une attention portée à la gestion des espaces.

C’est dans ce contexte qu’ELO a développé des exemples de fermes


environnementales : Cassinazza di Basilica en Italie, Veta la Palma en Espagne.
Le nouvel art. 16 de la RDR apporte un début de réponse.

Comment organiser la gestion des terres en site Natura 2000 ?

Il semble essentiel pour les gestionnaires de l’espace rural de créer et de gérer


des comités de management (GESTION) des sites Natura 2000. Nous proposons
de mettre en place un canevas cadre basé sur des expériences existantes qui
permettra de contrôler la définition de la gestion des activités !
Les ruraux sont tous des entrepreneurs, exploitants agricoles, des chasseurs, des
pêcheurs, des propriétaires ! Ils souhaitent assurer la pérennité de leurs
propriétés ou de leurs exploitations?

Pour ce faire, ils doivent pouvoir :

1. Transmettre la gestion du bien tant que la génération suivante a la force


d’entreprendre.
2. L’attacher par des activités intéressantes -> fly fishing
3. S’assurer qu’elle puisse y exercer une activité rentable.

Si Natura 2000 a pour conséquence de rendre la rentabilité impossible, ou de


supprimer les activités qui intéressent les jeunes, ce sera la fin de l’usage privé.
Pour éviter cette option, il est impératif que la phase de gestion de Natura 2000
soit incitative et attrayante.

Si Natura 2000 est un projet d’intérêt public, c’est à la Communauté publique de


le soutenir, pas aux acteurs privés de payer la note ! Dans un marché ce qui est
rare est cher. Si la biodiversité est rare, elle peut être soutenue comme la PAC l’a
été.

Natura 2000 invite à une réflexion sur un usage neuf de la ruralité.

Afin de soutenir cette réflexion, l’ELO publiera à la fin de l’année un livre


présentant ces modes de gestion à travers toute l’Europe en les illustrant par 61
cas concrets.

Des exemples, tels Cassinazza di Basilica, Veta la Palma, Thomas Hartung, la


Garganta, Marienwaardt, donnent beaucoup d’espoir.

L’écologie est devenue un facteur dominant de la gestion.

Avec Cassinazza di Basilica, l’ELO développe des cultures alternatives,


environnementalement positives, telle la culture des phragmytes, qui permettent
de substituer au riz une culture dépolluante, rentable, correspondant aux besoins
du marché et de la société.

The Po river convey excessive amounts of nitrate-nitrogen, the effects of which


range from eutrophication of local surface waters to hypoxia in the north
Adriatic sea.

The concrete and steel structures of point-source control are impractical and
economically unfeasible. An alternative solution is needed.
Wetlands as “nitrogen removal farm “could be a low-tech, financially viable
means to remove nitrates.

Nitrogen farming would restore land to wetlands and then rely on the natural
functions of wetlands to reduce nitrates far more economically than
conventional treatment methods.

Even if it were possible to implement, reducing the use of fertilizer and other
on-farm practices would lead to only a 20 % reduction in the nitrogen load.
An alternative method for controlling nitrogen is the restoration of wetlands.

Historically, wetlands and floodplains were viewed as a waste of valuable land


that farmers could only “improve” through drainage and destruction of the
wetland. Today, while there is now widespread recognition that wetlands
provide valuable ecological services, there remain substantial debates whether
particular areas are in their highest economic use as wetlands, and to what extent
public and private resources should be used for their protection and restoration.
Hence, auctions of certificates (credits) could be a solution to conciliate private
interest and public benefits, to avoid the wetlands lost in spite of various
international agreements and national policies and to combat the diffuse
pollution.
The cost of conventional treatment is at least twice as much as that of wetland
treatment, and conventional treatment does not provide flood damage reduction,
wildlife habitat, and many other benefits of wetlands.

Hartung -> Zone N2K


Ma chance a été d’être classé N2K.
J’ai repris une propriété et une exploitation agricole avec 3 unités de main
d’oeuvre. Aujourd’hui, j’en ai 105 package bio -> intensif.

LA PROPRIETE PRIVEE, FACTEUR ESSENTIEL DE LA


GESTION DE L’ENVIRONNEMENT : VETA LA PALMA

Comme je l’ai évoqué, le droit de l’environnement se développe en


partant trop souvent du principe que puissance publique et citoyen
s’opposent d’une manière irréductible.
Le conflit, en conséquence, doit être résolu par l’administration (soit
pour des situations génériques), soit au cas par cas, aux moyens de
règlements ou de décisions soumises au contrôle judiciaire.

La gestion de l’environnement a tendance à devenir dans certains pays une


véritable pratique d’autorité.

En règle générale, l’Etat n’agit pas de concert avec le citoyen mais s’oppose à
lui au nom de l’intérêt général.

Natura 2000, grand projet Européen, ne fonctionnera jamais sans la participation


des propriétaires et des usages de l’espace rural, alors que Natura 2000 a été
rendu possible par l’action dans le temps de ces mêmes propriétaires et usagers.

Il y a assez d’exemples en Europe de propriétés privées gérées en


alliant les contraintes environnementales et économiques qui
démontrent de façon éclatante, qu’une gestion privée intelligente est le
meilleur allié de l’environnement.
Parmi ces exemples, celui de VETA LA PALMA en Andalousie est
illustratif de notre propos.

Au début du 20ème siècle les hommes ont commencé à coloniser l’estuaire du


Guadalquivir.

En 1982, le groupe Hernandez Barera acquit par le biais de « Sociedad


Pasquerias Isla Mayor S.A. » cette étendue. Constatant la salinité des eaux, peu
propices à la culture des céréales et du riz, il y introduisit la pisciculture
extensive en lagune.
Isla Mayor, la plus grande des îles fluviales de l’Estuaire du Guadalquivir,
jouxte sur plus de 15 km le Parc National de la Doñana et est une aire Ramsar.

L’économie de VETA LA PALMA aujourd’hui

Veta la Palma se répartit en quatre zones d’activités bien différenciées


appliquant un modèle de gestion agri-environnement-élevage-pisciculture.

1. La Zone céréalière (2.360 ha) :


dispose d’un ample réseau de canaux d’irrigation et de drainage.
La production de riz est tributaire des concessions d’eau douce.
800 hectares sont dédiés à la culture d’orge et de riz qui alimentent les
oies à leur arrivée sur les marais de Doñana et ceci en accord avec le Parc
Naturel.

2. La Zone Environnementale (1.500 ha de marécages), ensemble qui


favorise l’hibernation et la nidification des oiseaux dans la Veta.

3. La Zone de Pâturages (3.240 ha) permet de conserver les biotopes propres


aux marécages et en particulier une couverture végétale typique
d’almajos.

4. La Zone piscicole (3.200 ha)


Partie inondée artificiellement, qui constitue une lagune d’eau de qualité
inégalable, provenant du Guadalquivir.
Ces 3.200 ha se répartissent en 44 casettes de 70 ha, équipé d’un système
de gestion de niveau d’eau ainsi que d’écluses permettant d’oxygéner
l’eau par un système de cascade.
Cette zone héberge une population de poissons et de crustacés qui sont la
base d’une activité piscicole devenue du fait de l’avifaune,
superextensive.

L’économie privée au service de la Nature

A partir des années soixante, l’apport en eaux de surface au Parc de Doñana a


été gravement altéré par les grands travaux d’irrigation et de drainage entrepris
par les pouvoirs publics dans la région.
De nombreux marais ont alors été transformés en terres agricoles menaçant
gravement les zones de migration d’oiseaux aquatiques du Paléarctique
occidental.
La perte de ces habitats naturels était d’autant plus contraignante qu’aucun
milieu naturel n’est autosuffisant ou indépendant des autres.
Les superbes marécages de Doñana, inondés par le fait des marées, bénéficiaient
alors d’une zone tampon comprenant ceux du Guadalquivir et de la Jonda,
permettant d’amortir les effets des sécheresses temporaires.
Aujourd’hui, du fait du choix des propriétaires de Veta la Palma, seule cette
dernière joue encore ce rôle d’amortisseur, complément essentiel à la réserve,
jouant un rôle d’accueil et de refuge pour les peuplades ornithologiques de
Doñana.
Afin de répondre aux déficits économiques générés par le prélèvement piscicole
des oiseaux et par les dégâts aux cultures, le management, conseillé par Friends
of the Countryside et Euroducks, a entrepris de développer l’éco-tourisme,
offrant aux amateurs de la nature un accès réglementé à cet extraordinaire
spectacle naturel.
La réalisation de ce projet fut l’occasion de restructurer cette opération.

A cet effet, les objectifs suivants ont été atteints :

- Création d’un centre d’observation, avec restaurant, « Le Lucia del


Bacom » au nord du site.
- Création d’aires de reproduction pour des espèces rares ou vulnérables
(Avocette, sterne noire, platincol, poule sultane).
- Création d’un refuge pour oiseaux migrateurs (oies, flamants roses).
- Conservation d’espèces menacées : Ibis, aigle impérial, aigle pêcheur,
canard marbré.
- Création de plus de 100 îles dans les casettes piscicoles permettant la
nidification des échassiers et de palmipèdes.
- Stabilisation des niveaux d’eau.
- Conservation de 3.240 ha de marais et protection de la salicorne.
- Revégétation de 150 km de rivage.
- Instauration d’un corps de surveillance.
- Permanence d’une production rizicole et céréalière sur 2.300 ha.

L’importance de VETA LA PALMA

La Veta constitue la prolongation naturelle de Doñana séparée d’elle par le


Brazo de la Torre, affluant du Gualdalquivir.
Cette limite naturelle connecte le biotope des deux rives de telle sorte que les
quatre différents types d’habitats de la VETA : marais secs, marais inondés,
cultures de céréales et lagunes soient accessibles à l’avifaune du Parc National.
Des milliers d’oiseaux, à l’arrivée de l’été, cherchent refuge dans les zones
humides de la VETA, alors que Doñana perd ses eaux et que ses terres viennent
à désécher.
A cette période, les anateidés, en pleine mue y sont attirés par les 3.200 ha d’eau
propre et oxygénée.

La VETA offre également un havre idéal aux grands oiseaux de Doñana, tels
l’aigle impérial, le milan noir et autres busards prélevant leur nourriture sur la
population d’oiseaux aquatiques.
Plus de 6.500 cicognes et spatules s’y installent aussi durant la période estivale.

Il faut être conscient que l’aménagement des 150 km de berges et la création de


la centaine d’îlots constituent une zone d’attraction irrésistible pour les
palmipèdes, échassiers qui s’y reproduisent en quantité notoire (Avocettes,
cicognes, sternes, sternes noires).
Au début de l’automne, alors que les marécages du Parc National sont toujours à
sec, la zone piscicole de la VETA présente un refuge providentiel pour les
oiseaux migrateurs.

La VETA présente une source d’alimentation pour l’avifaune qui passe une
partie de son cycle annuel à Doñana, en leur apportant un complément
indispensable pour sa survie.
On estime la population d’échassiers et de Palmipèdes séjournant
quotidiennement à la VETA à 3.579.778 oiseaux, dont près de 10.000 flamants
roses.

La propriété privée garantie pour la préservation de la Nature.

Sans le développement économique de la VETA, gérée par le privé, ce territoire


ne pourrait apporter de telles garanties pour le Parc National, et souffrirait des
mêmes phénomènes liés à la sécheresse que Doñana.
L’empreinte de l’activité humaine fournit la garantie que tous les jours de
l’année, en toutes circonstances climatiques, l’avifaune du Parc National dispose
de 4.900 ha de zones humides de qualité exceptionnelle où elle trouve des eaux
propres regorgeant de nourriture.
Elle crée un abri naturel où la capacité de gestion hydrologique permet de
limiter les épidémies de botulisme du parc : les zones inondables de la VETA
peuvent être remplies ou vidées dans un délai maximal de 48 heures maintenant
la fraîcheur de l’eau.
Enfin, elle offre dans un écosystème marécageux de grandes richesses
incorporées au sein de diverses activités : piscicole, grande culture et pâturage
extensif.
Sans l’impact de l’activité humaine la zone n’aurait pas le même pouvoir
d’attraction pour la faune et ne présenterait pas ce caractère complémentaire au
Parc National.

Un modèle de conservation des zones humides de Méditerranée

Cette réalisation constitue un exemple de référence pour les initiatives de


réhabilitation ou de restauration d’écosystèmes en région méditerranéenne.
Elle démontre que l’exploitation des ressources naturelles offertes par les zones
humides va de pair avec la conservation de la nature.
Le futur de la conservation de telles zones méditerranéennes sera dépendant du
développement d’un modèle de conservation et de gestion compatible avec un
emploi rationnel et durable des ressources renouvelables.
Aires de pisciculture, cultures de riz, pâturages salins, lagunes de chasse,
barrages d’irrigation, toutes nécessitent une compatibilité définissant un modèle
de gestion.
L’exemple de VETA LA PALMA démontre que la gestion de l’avifaune est
compatible avec l’élevage de poissons et de crustacés, avec l’élevage extensif,
avec la pêche et la chasse, avec l’exploitation agricole des terres non irriguées
ou avec la riziculture.
Le Docteur Delibes de Castro y voit l’opportunité de « donner un nouveau point
de vue à ceux qui se méfient de la conservation, et de les inviter à être
dynamiques et créatifs à l’heure de dessiner nos modèles de gestion. Ils se
doivent d’être pratiques ou productifs pour garantir leur pérennité ».

J’y vois aussi l’opportunité de donner un nouveau point de vue aux


fondamentalistes de l’environnement pour qui toute activité humaine
initiée par le privé ne peut qu’être déplorable pour la nature, ou guidée
par une recherche malsaine de profit.

La protection de la zone due à la difficulté d’accès créée par les barrières


naturelles fluviales encerclant la VETA, est préservée par le caractère privatif du
territoire qui permet la gestion de cet accès : la tranquillité est fondamentale à
l’accueil de l’avifaune.
VETA LA PALMA démontre qu’un territoire géré par le privé constitue sans
aucun doute un habitat idéal pour la faune, se convertissant en un authentique
poumon, garde-manger et complément du parc naturel voisin, formant un
conjoint naturel de par sa grande biodiversité qui garantit la survie de son
partenaire, enclave palustre unique en Europe.

Perspectives de la Pisciculture extensive

La présence d’une avifaune en forte croissance a généré récemment un problème


délicat pouvant mettre en péril la viabilité du modèle.
Quatre vingt neuf espèces d’oiseaux s’alimentent dans les lagunes d’élevage
piscicoles et réduisent la production de crevettes et de crustacés à une opération
marginale : une production de 1.200.000 kg est ramenée à 15 % de sa valeur.

Les grands cormorans et autres prédateurs ont rendu non viable la production de
dorades et de loups de mer : 3.200.000 bouches se nourrissent quotidiennement
à la VETA.
La production d’anguilles est tombée de 100.000 kg par an à moins de 6.000 kg.
Cette énorme biomasse (1.200.000 kg) formée par la production piscicole
constitue un garde manger avec ses cuisines grandes ouvertes à toute l’avifaune
de la zone.
Tout ceci a entraîné une perte économique telle que le modèle aurait pu être mis
en danger mortel si le propriétaire n’avait pas cherché à le faire évoluer : d’une
part il a développé un écolabel pour les poissons produits à la VETA et d’autre
part il y développe l’écotourisme et l’accueil de véritables passionnés des
ressources naturelles.
L’exemple démontre que la zone littorale est de plus en plus un lieu privilégié
d’établissement des hommes aussi bien sur le plan économique et touristique.
L’un sans l’autre ne fonctionnerait pas.
Pour gérer les aspects environnementaux, le propriétaire a fait appel à un comité
scientifique soutenu par Euroducks International, Friends of the Countryside et
l’équipe scientifique du Parc de Doñana, qui font toutes les recherches sur la
population. Equipe qui guide le développement et l’amélioration de la
biodiversité du site sous la vigilance du Dr Carlos Otero.
La fondation intervient comme un comité de pilotage du site, dont l’approche est
purement privée.

L’écosystème créé après les années 90 vient aujourd’hui à sa maturité : il aura


fallu 10 ans aux différentes espèces pour recoloniser les lieux. (1)

____________
(1) D’autres exemples, tel Cassinaza di Basilica en Italie, confirment cette constatation.

Conclusions
Les problèmes écologiques sont une conséquence naturelle de l’absence de
propriétaire, c’est-à-dire de l’absence de responsabilité.
Sans protection individuelle, chaque ressource est en danger.
Le propriétaire devrait être encouragé par l’Etat dans ses initiatives de protection
de l’environnement, mais la condition préalable est bien sûr que l’Etat ne
considère pas qu’il peut imposer un investissement sans contrepartie.
Le partenariat et le véritable contrat, voire le simple respect de l’initiative privée
raisonnable sont les clés du succès, quand le prescrit et la notion de contraintes,
correspondant à un « free lunch » pour le public, démotivant la responsabilité du
privé, sont à condamner sévèrement.

L’intégration des intérêts écologiques entre VETA LA PALMA et Doñana amène


à considérer le besoin de coopération que le public a du privé comme cela a été
aussi bien compris dans le cas qui nous intéresse.

Le public ne peut faire face à l’ampleur de la tâche, il a un rôle d’exemple, de


proposition.
Le rôle des propriétaires privés, bien plus que celui des ONG qui se raccrochent
au rôle de l’Etat, est d’assurer une gestion harmonieuse de l’espace européen.

La propriété privée est productrice d’environnement, bien souvent sous la forme


d’aménités.

Il serait bien d’y réfléchir pour pérenniser ces aménités et les promouvoir
comme moyen de développement économique et social pour les habitants de ces
zones.
La gestion privée sera toujours plus performante et moins onéreuse que
l’appropriation publique.
Elles ont des fonctions différentes : leur coopération sera un gage de succès
comme à VETA LA PALMA.

VETA LA PALMA n’aurait jamais vu le jour sous l’empire des règlements et


des contraintes actuelles : l’application du principe de précaution et du stand still
en Zone Natura 2000 n’auraient jamais permis la création des lagunes de
pisciculture.
Quelle perte ceci aurait été pour l’avifaune Européenne !

Encourageons le développement du modèle de gestion privée et amenons la


puissance publique à prendre conscience que les vrais alliés de la Nature sont les
propriétaires et les usagers de l’espace rural.

Thierry de l’Escaille