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A Nice, les palais vont aimer le « Plaisir des mets »

C’est une des adresses alsaciennes les plus courues à Nice par les véritables
gourmets. Dès que l’on entre au « Plaisir des Mets », on comprend que l’on aura
envie d’y revenir. Carine, quasiment diaphane, accueille, sert avec douceur et
beaucoup d’égard ses clients. Gérard, homme vigoureux et enrobé, est dans sa
petite cuisine en fond de salle, toujours affairé entre ses ustensiles, ingrédients et
piano. On se sent tout de suite bien : des grosses solives marron, avec un décor
simple de crépi blanc vaguement rustique, une douzaine de tables recouvertes de
jolies nappes en tissu rouge satiné et une bonne odeur de choucroute en
permanence.
Certes, ce restaurant, comme bien d’autres, n’a eu droit à aucune étoile ni au
moindre écho. Mais il tourne bien, en silence, avec un public fidèle, sans
complaisance, ignorant les modes et les passions éphémères, sûr de son propre
jugement. Parce que Carine et Gérard ont la foi. Même si elle s’occupe du linge, du
ménage, des comptes, du service et de leur fille Fanny, rien n’attriste son sourire. Ni
chez son mari d’ailleurs ! Un vrai passionné de cuisine au point de faire saliver quand
il explique une recette. Il faut le voir se débattre entre le choux, l’échine fumée, le
lard, le cervelas, les saucisses blanches, Montbéliard, à l’ail et knack à l’heure du
coup de feu.
S’il n’est pas célèbre chez les toqués, il fait partie de ces chefs modestes mais
créateurs, et ne joue pas la comédie du génie à gros budget. Il a, depuis son
apprentissage, de sacrées années de métier à son actif et des références.
Saisonnier des deux côtés de sa frontière natale, il a assuré plusieurs postes à
responsabilité dans des établissements de renom, comme le très connu restaurant
du « Chemin de fer » à Strasbourg.

Tout est bon, très généreux, plein d’imagination


D’ailleurs, les spécialités ne manquent pas : ravioles à la viande, poireau, pomme de
terre et oignon ; les tubercules au munster, les jarrets accommodés à toutes les
sauces, les truites ou le coq au riesling, la tarte à l’oignon, le pot-au-feu, le
baeckeofe… Et la choucroute sous toutes les déclinaisons : celle du chef, aux
saucisses, au jarret, au poisson (sur commande) et la Royale (c’est une surprise et il
est conseillé d’en prendre une pour deux). Sans oublier le large assortiment de la
cuisine traditionnelle française. Si elle ne prétend pas aux étoiles, elle a les vraies
qualités de la sagesse sans ennui et le bon goût du savoir-faire culinaire. Tout y est
très généreux, mais aussi de raison : chaque plat, comme le service, est chargé
d’attention.
Voilà un rare modèle de ces adresses en marge des chemins de la gastronomie…
Parce qu’un jour, ce couple a décidé de venir sur la Côte pour le climat et pour seule
ambition d’exporter leur cuisine locale. Avec la possibilité de servir 45 couverts midi
et soir (fermé le dimanche et de lundi soir), le prix du menu (midi seulement) est à
moins de 15 euros (hors boisson). Sinon il y a la carte (attention, on a envie de tout)
avec une variété de mets de 8 à 54 euros (une quarantaine de plats ne dépasse pas
15 euros). Aux repas on sert de la bière, des vins de Bordeaux, du Ventoux, des
côtes-de-provence, comme un assortiment de vins d’Alsace.
Si vous arrivez au dessert, goûtez aux délicieuses tartes-maison de Gérard. Elles
sont à la quetsche, aux mûres, aux pommes… Et les plus gourmands essaieront
d’amadouer la patronne afin d’avoir un kugelhof exquis, dont elle détient une recette
de grand-mère ! Réservation au 04.92.04.96.44. L’un comme l’autre, ils ne courent
pas après les honneurs et se contentent de faire leur métier. Il faut découvrir alors ce
petit coin de gastronomie du 24, boulevard Risso (presque à l’angle avec la rue
Barbéris), celui d’un chef alsacien dont le plaisir est de nous en donner. Entre autre
terme, le plaisir d’aimer…
Jean-Marie Fiorucci