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13/12/2017 Al-Qaïda et l'alliance Riyadh-Washington, par Pierre Khalaf

Réseau Voltaire

« TENDANCES DE L’ORIENT »

Al­Qaïda et l’alliance Riyadh­
Washington
par Pierre Khalaf

ARCHIVES | BEYROUTH (LIBAN) | 13 JANVIER 2014

ENGLISH  ESPAÑOL 

Majed al‑Majed, le chef d’Al‑Qaida


au Liban, est officiellement décédé
peu après avoir été interpelé en
ambulance.

Al-Qaïda et l’alliance Riyahd-Washington

P
ar Ghaleb Kandil

Les groupes affiliés à Al‑Qaïda ont été officiellement


consacrés comme outils de l’agression américano‑
saoudienne contre la Syrie, et les gouvernement de ces deux pays
mettent scrupuleusement en œuvre les instructions du chef du
réseau, Ayman al‑Zawahriri.
Les récents développements en Syrie méritent que l’on s’arrête aux
dernières déclaration du chef d’Al‑Qaïda, qui a ordonné à l’État
islamique en Irak et au Levant (ÉIIL, plus connu sous le nom arabe
de Dae’ch) de se retirer de Syrie et de se contenter de la

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représentation de l’organisation en Irak. Al‑Zawahiri a


officiellement adoubé le Front al‑Nosra, à qui il a attribué le titre
de représentant d’Al‑Qaïda en Syrie. Al‑Nosra est aujourd’hui
l’allié du Front islamique, qui comte dans ses rangs des brigades
qaïdistes et des branches armées des Frères musulmans. Le Front
islamique est dirigé par Zahrane Allouche, l’homme du chef des
services de renseignement saoudiens, Bandar Ben Sultan, et jouit
publiquement du soutien du Qatar, de l’Arabie saoudite et de la
Turquie, avec la bénédiction des États‑Unis.
Le démembrement et la disparition de ladite Armée syrienne libre
(ASL) a fait fondre le maquillage qui cachait la véritable identité des
groupes terroristes qui combattent le peuple et l’armée en Syrie.
Le retour de milliers de déserteur dans les rangs de l’armée
régulière, profitant de l’amnistie présidentielle, est une
manifestation naturelle de l’apparition d’Al‑Qaïda et de ses
composantes takfiristes, qui se livrent une guerre sanglante pour
le contrôle des ressources et des butins du pillage.
Depuis le début des événements, il était clair que les pays qui ont
déclenché la guerre utilisent les groupes terroristes et les débris
d’Al‑Qaïda pour tenter de détruire l’État syrien et ses capacités.
L’objectif était de punir la Syrie pour son rôle dans le mouvement
de résistance contre les plans hégémoniques d’Israël et des États‑
Unis, pour lesquels trois guerres totales ont été lancées contre le
Liban et Gaza. Ces agressions ont échoué, de même que l’invasion
états‑unienne de l’Irak, qui n’a pas atteint ses objectifs.
Depuis que le commandement de l’agression contre la Syrie a été
confié à Bandar Ben Sultan, le rôle d’Al‑Qaïda n’a cessé de
s’amplifier et de s’étendre. Et comme partout où elles sévissent,
les branches de cette organisation se sont entretuées pour le
contrôle des ressources. C’est notamment le cas en Afghanistan,
où les terroristes se battent entre eux pour contrôler les filières de
la contrebande du pavot et de l’opium.
Derrière le paysage sanglant en Syrie apparait une vérité
stratégique dangereuse, qui devrait conduire à une condamnation
unanime des États‑Unis et de la dynastie des Saoud, responsables,
avec leurs alliés qataris et turcs, de ce fléau. Al‑Qaïda est non
seulement responsable de crimes contre l’humanité en Syrie mais
aussi d’actes terroristes en Irak, au Liban, en Libye, en Tunisie, en
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Égypte et en Somalie. Elle se trouve aujourd’hui aux portes de


l’Europe.
Comme le réclament la Russie, la Syrie, l’Irak, l’Iran et le Liban, la
priorité doit aller à la lutte contre le terrorisme. Une politique
internationale doit être mise en place pour rendre publique les
rôles joués par les différents pays dans le soutien et le
développement d’Al‑Qaïda en Syrie et ailleurs.

Déclarations et prises de positions

Michel Sleiman, président de la République libanaise


«  En l’absence d’un accord sur un gouvernement de
rassemblement, il y a aura d’ici à dix jours un nouveau cabinet.
Des signaux positifs sont parvenus de chez (le chef du Courant du
Futur) le président Saad Hariri, dans le cadre des tractations
tournant autour de la formule des 3x8. »

Naïm Kassem, secrétaire général adjoint du Hezbollah


«  Quelles que soient les accusations et les insultes dont l’autre
camp nous abreuve, nous continuerons à lui répondre par la
morale et par la détermination à panser les blessures. Nous
rejetons un gouvernement neutre ou de fait accompli. Le Liban a
besoin actuellement d’un gouvernement dans lequel toutes les
parties seraient rassemblées et qui obtiendrait la confiance du
Parlement, lui‑même élu par les Libanais. Un gouvernement qui
n’obtiendrait pas une telle confiance ne pourrait pas diriger le
pays, Un Cabinet neutre devrait avoir un Premier ministre neutre.
Or les députés ont choisi un Premier ministre membre du 14‑Mars
pour qu’il forme un gouvernement qui regroupe des représentants
de toutes les parties. »

Michel Aoun, leader du Courant patriotique libre


«  Les neutres et les technocrates pourraient être des conseillers,
mais pas des hommes politiques. Un individu neutre est à nos
yeux quelqu’un qui ne veut pas donner son opinion. C’est
pourquoi nous invitons le président de la République à ne pas
fournir aux gens une occasion de faire preuve de paresse et de
refuser de prendre position. Certains affirment que les entraves
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viennent de l’extérieur, d’un État frère. D’autres répliquent que


c’est en raison de la proposition des 9‑9‑6. Pour notre part, nous
cherchons à savoir quels sont les critères de la formation du
gouvernement. S’agit‑il d’un processus soumis à un bon vouloir
ou bien à des règles  ? Comment pourrions‑nous accepter un
gouvernement qui serait le résultat d’une opération d’escroquerie
par laquelle on chercherait à remplacer un gouvernement
d’expédition des affaires courantes par un autre qui ferait la même
chose ? [Le président] Sleiman a une grande responsabilité sur les
épaules ces jours‑ci. Veut‑on nous rappeler l’année 1975, les
Kataëb et la guerre civile  ? L’expérience des années soixante‑dix
n’est‑elle pas suffisante pour comprendre les effets de certaines
décisions politiques qui ont brûlé le pays  ? Que signifie donc la
menace de former le gouvernement. »

Wiam Wahhab, chef du Parti al‑Tawhid


« Tout gouvernement de fait accompli ne jouira pas de la confiance
du Parlement. Ceci signifie que le président de la République sera
contraint de procéder à de nouvelles concertations pour désigner
un nouveau Premier ministre. Le cas échéant, les choix de notre
camp politique seront ouverts. Nous pourrions nommer Abdel
Rahim Mrad ou Najib Mikati, puisque la partie adverse est
incapable de répondre aux efforts visant à former un
gouvernement consensuel. »

Mouïn Merhebi, député au Parlement libanais (Courant du futur)


«  Refuser de participer dans le même gouvernement que le
Hezbollah et rejeter la formule 8‑8‑8 est un devoir national. La
formule gouvernementale du triple 8, actuellement discutée, est un
piège et une attaque supplémentaire à l’encontre des Libanais
libres. Il faut s’y opposer par les moyens politiques et populaires
afin de faire face à l’occupation iranienne du pays à travers les
armes du Hezbollah. La crise libanaise n’est pas le résultat d’une
mauvaise représentation des Libanais au gouvernement mais de
l’implication du Hezbollah dans le bourbier syrien. Tout
compromis qui ne stipule pas le retrait du Hezbollah de Syrie est
rejeté. »

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Événements

•  Selon la chaîne de télévision LBCI, le chef des Forces libanaises


Samir Geagea a prévenu les forces du 14‑Mars qu’il refusait de
participer à un «  gouvernement du rien  ». Le député des Forces
libanaises (FL) Antoine Zahra a indiqué que la formule des trois 8
équivaut à un «  compromis politique  ». Ces compromis
« momentanés sapent les bases de l’État libanais », a‑t‑il déploré,
se demandant si les FL pouvaient cautionner un cabinet «  qui
servirait de cache‑sexe au coup d’État contre les institutions du
pays ».

•  La dépouille du chef des Brigades Abdallah Azzam, affiliées à


Al‑Qaïda, le Saoudien Majed Al‑Majed, a été rapatriée en Arabie
saoudite après que le procureur général de la Cour de Cassation, le
juge Samir Hammoud, a donné son feu vert.

•  L’ambassade états‑unienne à Beyrouth a annoncé dans un


communiqué que « l’adjoint du chef du département d’État pour le
Moyen‑Orient, Matthew Spence, a effectué une visite au Liban cette
semaine et s’est réuni avec le président de la République Michel
Sleiman et le commandant en chef de l’armée, Jean Kahwagi, et de
nombreux responsables politiques et militaires  ». M.  Spencer «  a
discuté avec ses hôtes du soutien des États‑Unis à l’armée
libanaise à travers les programmes continus de collaboration
sécuritaire, notamment les aides américaines à l’armée et aux
forces de sécurité intérieure, évaluées à plus d’un milliard de
dollars depuis 2005, afin de protéger les frontières libanaises et
défendre la souveraineté et l’indépendance de l’État  », indique le
communiqué. « Matthew Spence a réitéré l’engagement des États‑
Unis à empêcher le prolongement de la crise syrienne au Liban », a
conclu le communiqué.

•  L’ancien commandant de la marine de guerre israélienne, le


général Eliezer Marom, a déclaré qu’«  il n’existe pas de systèmes
défensifs fiables capables de faire face aux missiles russes sol‑mer
Yakhont.  » L’officier a déclaré que «  si les rapports états‑uniens
sur le transfert par le Hezbollah au Liban de certaines parties de ce
missile sont confirmées, et qu’il disposerait en Syrie d’un grand

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stock de missiles, cela signifiera que le parti est désormais capable


d’atteindre les plateformes gazières israéliennes en Méditerranée,
ainsi que les navires civils et miliaires et les ports  ». Le général
Marom a estimé que les missiles Yakhont constituent le plus grand
défi auquel Israël est confronté, surtout à cause des améliorations
introduites sur cette arme. « Il n’existe pas en Israël un système de
défense contre ce missile  », a‑t‑il réaffirmé. Par ailleurs, le
ministre israélien de la Défense, Moshe Yaalon, a estimé mardi que
le Hezbollah ne possède pas de missiles avancés russes de type
Yakhont. «  Notre ligne rouge concernant les événements en Syrie
est claire. Nous ne permettrons pas le transfert de missiles
avancés de la Syrie vers le Liban  », a lancé le ministre lors d’un
point presse. «  Si cela ce produit, nous saurons comment
répondre », a‑t‑il ajouté.

Revue de presse

As‑Safir (Quotidien libanais proche du 8‑Mars)


Malak Akil (9Janvier 2014)
Des navettes secrètes sont effectuées par le 14‑Mars auprès de ses
alliés et des dirigeants officiels, dans le but de trouver une formule
pratique capable de traduire sur le terrain le slogan superflu brandi
lors des funérailles de l’ancien ministre Mohammad Chatah par le
chef du bloc parlementaire du Futur, Fouad Siniora. Ce dernier a
contraint son camp politique, sans consultations préalables avec
ses diverses composantes, à s’engager dans une « résistance civile
pacifique et démocratique ». Pour le parti Kataëb, la proposition de
Siniora en faveur du lancement de la «  désobéissance civile  »
n’exprime que sa position, vu qu’il est nécessaire d’examiner les
conséquences d’une telle action ainsi que son impact sur les
échéances constitutionnelles, notamment la présidentielle, avant
son adoption.

As‑Safir (8 janvier 2014)


Marlène Khalifé
Une source politique états‑unienne a indiqué que le secrétaire
d’État adjoint, William Burns, se penche depuis un certain temps

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sur le dossier Iran‑Arabie saoudite pour essayer de trouver une


solution, même partielle, entre les deux pays, qui serait
complémentaire de l’accord final sur le dossier nucléaire iranien
sur lequel des diplomates spécialisés mettent les dernières
touches entre Genève et Oman.
La personnalité politique états‑unienne a ajouté que la solution au
Proche‑Orient commence par un accord avec l’Iran. Le Liban, lui,
ne se trouve pas sur les cartes US, c’est‑à‑dire qu’il ne figure pas
parmi les deux principaux dossiers, à savoir la Syrie et la Palestine.
Mais il profite d’une manière indirecte de la baisse de la tension
entre l’Iran et l’Occident.
Et la même source d’ajouter  : «  Le Liban est la dernière des
préoccupations des États‑Unis. C’est pour cela qu’ils ont confié le
dossier aux Français. Les États‑uniens focalisent leur attention sur
les grandes questions, l’Iran, la Syrie et la Palestine. La
déstabilisation sécuritaire au Liban fait partie du conflit en cours
en Syrie et constitue une des conséquences de l’implication du
Hezbollah dans la guerre là‑bas. Les déclarations sur l’existence
d’une ombrelle internationale protégeant le Liban sont fictives et
illusoires. Il existe certes un parapluie français, mais il comporte
des trous qui laissent passer l’eau de la pluie. »

An‑Nahar (Quotidien libanais proche du 14‑Mars)


Samir Tueni, Paris (10 janvier 2014)
Le ministre français de la Défense, Jean‑Yves Le Drian, a annoncé
que le don promis par l’Arabie saoudite à l’Armée libanaise lors de
la visite du président François Hollande au royaume les 29‑30
décembre a été adopté. Des sources diplomatiques indiquent que
la décision saoudienne d’accorder un don visant à armer l’Armée
libanaise a été prise sur la base d’une proposition mise en avant
par la France à Riyad dans le cadre de la réunion des pays
donateurs consacrés à l’armée qui devrait avoir lieu le 15 de ce
mois et qui a été reportée jusqu’au mois de mars.
Selon les mêmes sources, l’Arabie saoudite a approuvé
immédiatement la proposition française et les autorités françaises
ont été prises de court par le montant du don saoudien. Des
consultations tripartites réunissant le côté libanais, mené par le
président Michel Sleiman, le président français, François Hollande,

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et le roi saoudien Abdallah Bin Abdel Aziz, ont eu lieu voici plus de
trois mois en vue de discuter des aides à accorder à la troupe. Le
chef de l’État libanais avait eu un entretien téléphonique
dernièrement avec son homologue français portant sur cette
question, lors de son déplacement en France pour des raisons
médicales, et avec le monarque saoudien durant sa visite en Arabie
saoudite. Il semble que Riyad et Paris se sont entendus à ce qu’une
société française, chargée de la gestion des contrats d’armement
entre la France et l’Arabie saoudite, prenne en charge la gestion de
ce programme de soutien.
Le comité conjoint franco‑libanais devrait se réunir afin de discuter
des besoins qui seront présentés par le côté libanais et pour
déterminer les priorités. Les sources précitées ont souligné qu’il
n’y a aucune condition exigée en contrepartie des demandes de
l’Armée libanaise. Toutefois, en étudiant les demandes formulées
par le côté libanais, les négociateurs français devraient prendre
soin de ne pas fournir à l’Armée du matériel ou des armes qui
pourraient affecter la sécurité d’Israël, au vu des craintes que ces
armes ne tombent aux mains des combattants du Hezbollah. Les
sources précisent en outre que la proposition française est basée
sur une étude exhaustive, à laquelle ont participé des officiers
haut‑gradés tant libanais que français, portant sur la situation
dans laquelle se trouve l’Armée libanaise ainsi que sur les
développements survenus sur le terrain depuis le début des
évènements en Syrie. L’étude est parvenue à la conclusion que
«  l’armée a réussi tout au long des années à rester soudée sur le
plan professionnel et à maintenir sa tendance occidentale  », son
commandement ayant refusé dans le passé des propositions de la
part de l’Iran, de la Russie, et de la Chine de lui fournir des armes.
L’étude a jugé que c’est le moment propice à renforcer les
capacités de l’armée et à l’aider à étendre son autorité sur tout le
territoire libanais.

Al‑Akhbar (Quotidien libanais proche du 8‑Mars)


Jean Aziz (9 janvier 2014)
Le train du gouvernement rassembleur a bel et bien quitté la gare
bien qu’il soit réaliste de reconnaître qu’il pourrait ne pas arriver à
destination. Mais Michel Sleiman n’a pas arrêté de parler d’un

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gouvernement de technocrates. Il faudra absolument que


quelqu’un explique au président de la République qu’un
gouvernement de fonctionnaires serait une véritable calamité,
voire une trahison constitutionnelle et une atteinte flagrante à la
démocratie. Il faudrait rappeler à Michel Sleiman et à Tammam
Salam la chose suivante : « Au lieu de vous mettre dans l’embarras
en vous engouffrant dans l’impasse que représente un
gouvernement de fonctionnaires, pourquoi ne pas mettre plutôt les
autres dans l’embarras ? Pourquoi ne pas annoncer que vous êtes
dans l’obligation de former un gouvernement de pôles politiques,
et non un gouvernement d’enfants ? Pourquoi n’agiteriez‑vous pas
la menace d’un décret portant les noms de Michel Aoun, Fouad
Siniora ou Saad Hariri, Walid Joumblatt, Talal Arslan, Mohammed
Raad et un représentant de Nabih Berry ainsi que des
représentants des autres pôles politiques dans le pays  ? Pourquoi
ne pas les inviter à tenir les rênes du pouvoir, à gérer le vide, le
dialogue, la recherche d’une solution, puis toutes les élections
nécessaires aussi  ? S’ils refusent, ils se retrouveront, eux, dans
l’embarras, et vous auriez évité, vous, la mascarade que serait le
gouvernement de fonctionnaires. »

Al‑Akhbar (9 janvier 2014)


Amal Khalil
Si vous êtes en Côte d’Ivoire et que vous possédez un compte sur
Facebook signalant que vous parlez l’arabe, vous pouvez recevoir
une annonce dans un arabe bourré d’erreur, indiquant que des
sociétés israéliennes de hi‑tech sont à la recherche d’individus
pour leur proposer divers emplois et qu’il leur est possible de
travailler en Europe. Les annonces précisent que ces sociétés
préfèrent embaucher des personnes ayant la possibilité d’obtenir
des visas pour des pays européens, et soulignent que
l’environnement du travail et les salaires sont intéressants.
À ce stade, cette annonce ne parait pas étonnante dans un pays où
la présence israélienne dans les domaines économique, social,
politique et du renseignement est importante. Mais ce qui attire
l’attention, c’est la remarque inscrite sur ces annonces  : «  Nous
préférons des personnes qui ont un accent libanais et une bonne
expérience du marché libanais ». Le texte n’explique pas pourquoi

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les sociétés ont ces préférences et ne fournit aucune adresse ou


moyen de communication. Il est seulement demandé à ceux qui
sont intéressés d’inscrire leur nom, leur adresse électronique et
leur numéro de téléphone, ils seront contactés par la suite.
Ces annonces sont postées via Google ou Facebook et sont
destinées à des pays bien déterminés et des personnes ayant un
profil bien défini. Des émigrés libanais dans d’autres pays
d’Afrique ont indiqué n’avoir pas reçu cette annonce. En Côte
d’Ivoire, les Libanais affirment que ce type d’annonce est
uniquement envoyé sur les pages Facebook des membres de la
communauté libanaise.
Il est à noter que les communautés libanaises installées en Afrique
sont la cible, depuis des années, d’une campagne sécuritaire et
économique de la part des services de renseignements israéliens
et états‑uniens pour miner leur influence et porter atteinte à leurs
intérêts.

Al‑Joumhouria (Quotidien libanais proche du 14‑Mars)


Tony Issa (11 janvier 2014)
Si c’est réellement l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) qui a
pris pour cible la banlieue sud pour riposter à l’implication du
Hezbollah en Syrie, qu’est‑ce qui l’empêcherait de modifier son
agenda et de passer des attentats suicides contre les quartiers
résidentiels à un ciblage de dirigeants et de cadres supérieurs du
8‑Mars. L’assassinat, il y a quelques semaines, du responsable du
Hezbollah, Hassan al‑Lakkis, ne s’inscrit‑il pas dans cette
perspective ? Dans le cas irakien, lorsque la situation est sortit de
tout contrôle, personne n’était plus en mesure de comprendre ce
qui se passait et qui assassinait qui. Sans doute que beaucoup ont
tiré profit de cette situation chaotique pour liquider des
adversaires, même entre les alliés. Il n’est donc pas étonnant que
les dirigeants du 8‑Mars se sentent eux aussi menacés
physiquement, d’autant que des rapports de sécurité ont à maintes
reprises fait état de menaces entourant certains d’entre eux,
comme par exemple le président du Parlement, Nabih Berry, le
leader du Courant patriotique libre (CPL), le général Michel Aoun,
ou le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah.
Toutes la classe politique libanaise se meut donc dans un champ

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de mine. Saad Hariri se protège en pratiquant l’absentéisme,


comme beaucoup d’autres. Certains pratiquent l’absentéisme au
Liban même, comme Berry, Nasrallah, (Samir) Geagea, Aoun,
(Amine) Gemayel et d’autres. Walid Joumblatt, quant à lui, préfère
se protéger à travers ses fluctuations politiques.

Al‑Hayat (Quotidien à capitaux saoudiens, 10 janvier 2014)


Randa Takieddine, Paris
Des sources diplomatiques occidentales ont affirmé que les États‑
Unis, la Grande‑Bretagne et la France, en coopération avec la
Russie et la Chine, exerceront des pressions sur les protagonistes
libanais durant le mois de mars prochain en vue de l’élection d’un
président de la République, et d’éviter le vide à la tête de la
Magistrature suprême, insistant que l’élection d’un nouveau chef
d’État est plus importante que la formation d’un gouvernement, vu
le symbole qu’incarne cette fonction. Surtout que ce sera la
première fois depuis longtemps qu’un président aura élu par les
différentes parties libanaises.
Les membres permanents du Conseil de sécurité envisageraient
d’exhorter les principales formations adverses au Liban à parvenir
à une entente dans l’optique de couper court au vide à la
présidence de la République. Les mêmes sources ajoutent que seul
Paris est en train de dialoguer avec le Hezbollah.
Ces démarches, affirment ces sources, sont motivées par la
situation dangereuse que traverse le Liban, surtout qu’il n’y aura
pas un nouvel accord ni à Doha ni ailleurs, afin de donner un élan
à l’élection présidentielle. Ces pays œuvreront à apporter un plus
grand soutien à l’Armée libanaise ces trois prochains mois, afin de
contrecarrer, dans la mesure du possible, les risques qui pèsent
sur le pays. Les mêmes sources enchaînent que ces pays ont perçu
une amélioration considérable dans la prestation de l’Armée
libanaise sur le plan local durant les trois dernières années, en
dépit des incidents sécuritaires survenus dans le pays.
Les sources estiment que l’élection d’un nouveau président est
susceptible de résoudre les problèmes politiques qui sévissent
dans le pays, d’autant que les différentes formations sont
paralysées et resteront attachées aux cartes qu’elles tiennent en
main jusqu’à cette échéance. L’élection d’un nouveau président et

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la formation du gouvernement doivent s’inscrire dans le cadre d’un


deal qui devra être conclu entre les divers protagonistes au Liban
et non pas à Paris, à Doha ou ailleurs, ajoutent les sources
précitées.
Les sources ajoutent que la France n’a jamais était en faveur de la
prorogation du mandat du président de la République en dépit des
rumeurs qui ont circulé à cet égard, soulignant que lorsque le
président décidera de signer le décret de la formation du
gouvernement, il s’agira d’une décision libanaise. Et si le
gouvernement n’obtiendra pas la confiance au sein de l’hémicycle,
il deviendra un gouvernement d’expédition des affaires courantes
et remplacera le gouvernement démissionnaire actuel. Les sources
poursuivent que ce scénario est rejeté par le 8‑Mars. Elles
précisent toutefois que Paris n’a pas dit de son côté approuver une
telle éventualité, soulignant que la France approuve la formation
d’un gouvernement capable de prendre des décisions, et qu’il
serait mieux si le nouveau cabinet bénéficierait de l’approbation de
toutes les parties. «  Telle sera la meilleure formule  », soulignent
les sources qui ajoutent cependant que la France ne pourra pas
dire aux Libanais «  de faire ceci, ou de faire cela  », car il s’agit
d’une décision purement libanaise et que ceci relève d’une
position constante. Pour Paris, les éléments qui déterminent la
position des uns et des autres au Liban peuvent être réduits à
l’échéance présidentielle, car dans l’hypothèse où le vide
s’emparerait de la présidence de la République, le gouvernement
sera appelé à combler la vacance. Et de se demander  : «  Quel
gouvernement est‑il à même de garantir la poursuite du
fonctionnement des institution ? Il y a une grande probabilité dans
les circonstances actuelles à ce qu’il n’y ait pas de président ».
Toujours selon les mêmes sources, les États intéressés par le Liban
souhaitent œuvrer ensemble dans le cadre d’un réseau
international concerné par la situation au Liban et ce en vue de
l’élection d’un nouveau président. La meilleure solution est pour
Paris à ce que l’Arabie saoudite et l’Iran contribuent à ces efforts,
en encourageant la tenue des élections présidentielles, sans
toutefois intervenir dans le choix des candidats, poursuit la source,
qui fait état de la volonté de Paris à voir les rangs des chrétiens au
Liban resserrés à cet effet.
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Il est prévu qu’une délégation française de haut niveau se rende ce


mois à Beyrouth afin de discuter avec les dirigeants chrétiens de ce
sujet et pour les appeler à ne pas être les victimes du conflit
sunnite‑chiite. Les sources précitées ajoutent que Paris considère
que si les dirigeants chrétiens se rallient pour insister sur la
nécessité d’élire un nouveau président les choses seront
différentes. Par ailleurs, la France œuvrera auprès des membres
permanents du Conseil de sécurité pour attirer l’attention des
dirigeants libanais aux dangers qui pèseront sur le pays dans
l’hypothèse où le scrutin présidentiel n’aura pas lieu. Pour Paris, le
nouveau président devra être élu au sein du Parlement et il sera
possible d’assurer la majorité si les chrétiens se réunissent au sein
de l’hémicycle. Voilà le conseil que la délégation française qui
visitera le Liban dans les semaines à venir portera aux chrétiens
afin d’exhorter les différentes parties à ne pas renoncer à l’élection
d’un Président.

Al‑Raï (Quotidien koweitien, 8 janvier 2014)


Une source proche du commandement militaire du Hezbollah
assure que les forces déployées par le parti en Syrie ne dépassent
pas les 5  % de ses effectifs et une partie infime de ses capacités
militaires. La source ajoute que la plus grande partie des troupes
d’élite reste au Liban pour faire face aux différents défis,
notamment ceux qui viennent d’Israël, qui multiplie les menaces et
les opérations secrètes, auxquelles le Hezbollah ripostera par des
frappes encore plus puissantes.
La source précitée poursuit que le parti observe sans y accorder
d’intérêt la tempête médiatique déclenchée par Israël au sujet des
armes qualitatives qui serait en sa possession. «  Le Hezbollah ne
se laisse pas entrainer dans des polémiques médiatiques qui
pourraient profiter à Israël, déclare la source. Le secrétaire général
sayyed Hassan Nasrallah avait ouvertement indiqué que le parti a
les capacités militaires suffisantes pour imposer un équilibre de la
terreur. Aussi, le Hezbollah possède‑t‑il tout ce dont il a besoin en
armes défensives et offensives pour occasionner les plus grosses
pertes à l’ennemi s’il osait attaquer le Liban ».
La même source précise que le Hezbollah ne se confine pas à des
limites géographiques bien déterminées dans la confrontation

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contre l’ennemi intérieur, c’est‑à‑dire les takfiristes, ou extérieur,


Israël. «  Nous savons que la possibilité qu’Israël soit en train de
préparer une importante opération de renseignement existe,
déclare la source. Il fait tout ce tapage médiatique et profère ces
menaces pour dissuader le Hezbollah de riposter. Mais les
stratèges du parti savent qu’ils doivent faire face simultanément à
tous les défis car Israël et les takfiristes sont sur la même longueur
d’onde. C’est pour cela que les plans élaborés se basent sur le
principe que tous les fronts peuvent être activés en même temps ».

L’Orient‑Le Jour (Quotidien libanais francophone proche du 14‑


Mars)
Scarlett Haddad (9 janvier 2014)
Dans le cadre de leur analyse des attentats‑suicide qui ont eu lieu
récemment dans diverses régions libanaises, les services de
renseignement libanais estimaient que le pire scénario serait que
les kamikazes soient de nationalité libanaise. Avec le dernier
attentat à la voiture piégée à Haret Hreik, il n’y a plus de doute sur
le sujet. Le kamikaze a été identifié et il est originaire du Akkar. Il
s’appelle Qouteïba al‑Satem et son père s’est spontanément rendu
auprès des SR de l’armée pour confirmer son identité. Même si des
versions plus farfelues sont avancées par le député Khaled Daher
et véhiculées par certains médias, les services de renseignement
sont formels  : le jeune Qouteïba al‑Satem est effectivement le
conducteur de la voiture qui a explosé la semaine dernière à Haret
Hreik. L’information est grave parce qu’elle met en évidence ce que
des parties libanaises n’ont cessé de vouloir nier, à savoir qu’al‑
Qaida n’a pas seulement au Liban des cellules dormantes qui
peuvent se réveiller à la demande. Elle bénéficie aussi d’un
environnement favorable qui permet à ses thèses de se propager
dans la société libanaise pourtant mélangée et, par tradition, peu
perméable aux thèses extrémistes d’où qu’elles viennent. Il ne
s’agirait donc plus seulement de cas isolés, ou de groupes
importés étrangers à la société libanaise, mais d’un climat général
dans certains milieux imprégnés de l’idéologie d’el‑Qaëda et
convaincus du bien‑fondé de ses agissements.
Indépendamment des opinions divergentes sur la cause de
l’implantation de plus en plus profonde d’al‑Qaida au Liban, au

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13/12/2017 Al-Qaïda et l'alliance Riyadh-Washington, par Pierre Khalaf

point de se sentir assez libre pour se déplacer et agir dans des


endroits divers, cette présence signifie deux choses : d’abord que
le périmètre du danger s’élargit au Liban et même si les services
compétents ont multiplié leurs mesures de vigilance, la menace y
est plus grande et ensuite qu’il sera plus difficile de l’éradiquer.
D’autant qu’avec la tension confessionnelle exacerbée, les services
d’ordre peuvent difficilement agir sans essuyer des critiques les
accusant de pencher vers un camp aux dépens de l’autre.
Il ne faut donc pas être un voyant illuminé pour affirmer que la
situation est grave et qu’elle l’est encore plus à cause du conflit
régional déclaré entre l’Arabie saoudite et l’Iran, qui prend
inévitablement une tournure confessionnelle. Mais le plus dur est
de constater que depuis deux décennies au moins, al‑Qaida a
choisi de s’incruster au Liban dans l’indifférence et l’inconscience
quasi générales.

Stratfor (Institut de recherche états‑unien, 9 janvier 2014)


La mort mystérieuse d’un chef jihadiste saoudien à Beyrouth
(Majed al‑Majed, ndlr) soulève des questions au sujet des réseaux
de plus en plus compliqués de Riyad dans la région. L’Iran et
l’Arabie saoudite sont enfermés dans une lutte d’influence au
Levant, et des groupes comme les Brigades Abdallah Azzam sont
pressés d’exploiter cette dynamique. Cependant, la stratégie de
l’Arabie saoudite de soutenir sélectivement les jihadistes dans
cette zone de combat aura un prix.
Majed al‑Majed était particulièrement connu pour ses capacités à
restructurer les jihadistes en sous‑unités décentralisées et pour la
mise en place de réseaux régionaux. Alors que la guerre civile
syrienne s’est intensifiée au cours des deux dernières années, il a
transporté ses activités en dehors du camp d’Aïn el‑Héloué, avant
de déménager en Syrie, en 2012, où il a travaillé avec le Front al‑
Nosra. Aïn el‑Héloué est un terrain de recrutement actif pour les
militants sunnites et les agences régionales de renseignement.
L’Arabie saoudite, en particulier, garde un œil sur les groupes en
dehors des camps palestiniens du Liban.
La dernière revendication majeure des Brigades Abdallah Azzam
était le double attentat suicide du 19 novembre contre
l’ambassade d’Iran dans la banlieue sud de Beyrouth. Un signal

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clair que les jihadistes opérant au Liban sont prêts à intensifier


leur campagne sectaire contre le Hezbollah, soutenu par l’Iran. Peu
de temps après l’attaque, al‑Majed, qui souffrait d’insuffisance
rénale, est retourné au Liban et se sentait visiblement
suffisamment en sécurité pour subir une dialyse dans un hôpital de
Beyrouth, avant de retourner dans la vallée de la Bekaa. En route,
les renseignements de l’Armée libanaise l’ont cueilli et son
arrestation a été officiellement annoncée le 1er janvier.
L’affaire al‑Majed a rapidement tourné en un bras de fer entre
l’Iran et l’Arabie saoudite, avec un Liban impuissant juste au
milieu. L’Arabie saoudite a réclamé son extradition, vu qu’il est un
ressortissant saoudien recherché par les autorités de son pays.
Mais l’Iran, après avoir été la cible de son groupe quelques
semaines plus tôt, a assuré qu’il avait le droit de l’interroger en
premier. Riyad a refusé la demande de l’Iran, mais Téhéran a
quand même envoyé une délégation au Liban pour l’interroger. Les
responsables libanais ont essayé d’éviter de prendre partie pour
l’un des deux pays, affirmant que Majed était trop malade pour
être entendu. Le 4 janvier, sa mort a été annoncée à l’hôpital de
Beyrouth, où il était traité.
Al‑ Majed était malade, mais les circonstances de sa mort sont très
suspectes. L’Iran a déjà exprimé ses soupçons que l’Arabie
saoudite a joué un rôle dans sa mort. Stratfor a également reçu des
indications avant son décès selon lesquelles les autorités
libanaises étaient sous pression pour lui refuser un traitement
médical afin que le problème soit, pour ainsi dire, réglé de lui‑
même. La question qui s’impose est celle de savoir pourquoi al‑
Majed était‑il tellement dangereux pour rester en vie. L’Arabie
saoudite parraine un réseau élaboré de militants sunnites qui sont
particulièrement actifs en ce moment au Levant, en particulier en
Syrie et au Liban, où l’Iran et l’Arabie sont engagés dans une
intense bataille par procuration. Le soutien des Saoudiens aux
factions militantes peut varier d’une aide financière directe, aux
armes et aux combattants, ou en fermant simplement les yeux sur
des activités qui servent des intérêts sectaires plus larges. On ne
sait pas quel est le niveau du soutien que le groupe d’al‑Majed
pourrait avoir reçu de Riyad, mais il est clair que les Saoudiens
souhaitaient le faire taire.
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Le problème historique avec la stratégie de l’Arabie saoudite est


que la plupart des factions jihadistes qui gagnent du terrain dans
la région sont tout aussi capables de se retourner contre la Maison
des Saoud, une fois que le champ de bataille actuel perd de son
attrait. La politique saoudienne dans la région est donc pleine de
contradictions.

Pierre Khalaf
Source
New Orient News

Source : « Al‑Qaïda et l’alliance Riyadh‑Washington », par Pierre Khalaf, New Orient


News, Réseau Voltaire, 13 janvier 2014, www.voltairenet.org/article181764.html

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