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N IQ
EC H
LY T
E PO
O L Mécanique
ÉC
des milieux continus

Tome II U E
N IQ
H
Thermoélasticité
E C
LY T
P O Salençon
Jean
L E
ÉCO

U E
N I Q
C H
LY ES
ÉDITION
TE
S
•L

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D E L'É C O

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U

O L E
H

LE

ÉC
P O LY T E C
Ce logo a pour objet d’alerter le lecteur sur la menace que représente
pour l’avenir de l’écrit, tout particulièrement dans le domaine univer-
sitaire, le développement massif du «photocopillage».

U E
IQ
Cette pratique qui s’est généralisée, notamment dans les établissements

N
d’enseignement, provoque une baisse brutale des achats de livres, au

H
point que la possibilité même pour les auteurs de créer des œuvres nou-

EC
velles et de les faire éditer correctement est aujourd’hui menacée. Nous

T
rappelons donc que la production et la vente sans autorisation, ainsi

Y
que le recel, sont passibles de poursuites.

PO L
Les demandes d’autorisation de photocopier doivent être adressées à
l’éditeur ou au Centre français d’exploitation du droit de copie :

O L E 20, rue des Grands-Augustins , 75006 Paris. Tél. : 01 44 07 47 70.

ÉC
Du même auteur

Théorie de la plasticité pour les applications à la mécanique des sols


© Eyrolles - 1974 - 178 pages

Application of the theory of plasticity in soil mechanics


© John Wiley and Sons Ltd - 1977 - 158 pages - ISBN 0-47174984-2

Viscoélasticité - © Presses de l’École nationale des ponts et chaussées


U E
IQ
1983 - 92 pages - ISBN 2-85978-051-3

H N
EC
Calcul à la rupture et analyse limite - © Presses de l’École nationale des ponts et chaussées
1983 - 366 pages - ISBN 2-85978-059-9

LY T
PO
Élastoplasticité - (B. Halphen et J. Salençon)
© Presses de l’École nationale des ponts et chaussées - 1987 - 448 pages - ISBN 2-85978-094-7

O L E
Mécanique des milieux continus - © Ellipses - 1988

ÉC
Tome 1 - Concepts généraux - 270 pages - ISBN 2-7298-8854-3
Tome 2 - Élasticité - Milieux curvilignes - 316 pages - ISBN 2-7298-8863-2

Mécanique du continu - © Ellipses - 1995


Tome 1 - Concepts généraux - 352 pages - ISBN 2-7298-4551-8
Tome 2 - Thermoélasticité - 286 pages - ISBN 2-7298-4565-8
Tome 3 - Milieux curvilignes - 192 pages - ISBN 2-7298-5527-0

Mécanique des milieux continus © Éditions de l’École Polytechnique - 2005


Tome 1 - Concepts généraux - 360 pages - ISBN 2-7302-1245-0
Mécanique des milieux continus © Éditions de l’École Polytechnique - 2002
Tome 2 - Thermoélasticité - 316 pages - ISBN 2-7302-0961-1
Tome 3 - Milieux curvilignes - 152 pages - ISBN 2-7302-0962-X
U E
Handbook of Continuum Mechanics © Springer - 2001
N I Q
804 pages - ISBN 3-540-41443-6
C H
Y TE
de l’Élasto-plasticité au Calcul à la rupture © Éditions de l’École polytechnique - 2002

L
PO
262 pages - ISBN 2-7302-0915-8

O L E
ÉC
© Éditions de l’École polytechnique - Novembre 2007
91128 Palaiseau Cedex

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U E
N IQ
Mécanique des milieux continus

E C H
L Y T
Tome I. Concepts généraux

P O
E
Avant-propos

L
ÉCO
Chapitre I. Le milieu continu : une modélisation
Chapitre II. Étude des déformations du milieu continu
Chapitre III. Cinématique du milieu continu
Chapitre IV. Les puissances virtuelles et la modélisation des efforts
Chapitre V. Modélisation des efforts pour le milieu continu
Chapitre VI. Étude des contraintes
Annexe I. Éléments de calcul tensoriel
Annexe II. Opérateurs différentiels : formules essentielles

U E
Index alphabétique

N IQ
Tome II. Thermoélasticité
EC H
Y T
Chapitre VII. Le comportement thermoélastique

L
PO
Chapitre VIII. Évolutions et équilibres thermoélastiques

L E
Chapitre IX. Quelques thèmes classiques en élasticité tridimensionnelle

O
ÉC
Chapitre X. Approches variationnelles en thermoélasticité linéarisée
Annexe III. Éléments d’élasticité plane
Bibliographie
Index alphabétique

Tome III. Milieux curvilignes


Chapitre XI. Statique des milieux curvilignes
Chapitre XII. Structures curvilignes thermoélastiques
Glossaire

E
Bibliographie
Index alphabétique

I Q U
H N
TE C
LY
E PO
O L
ÉC
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U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC

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N IQ
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E PO
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ÉC

U E
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C H
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E PO
O L
ÉC
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U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
L
Sommaire
O
ÉC
VII Le comportement thermoélastique 7
1 De l’expérience à la loi de comportement . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2 Constatations expérimentales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13

E
3 Éléments de thermodynamique des milieux continus . . . . . . . . . . 18
4 Loi de comportement thermoélastique . . . . . . . . . . . .

IQ U. . . . . . 26

N
5 Thermoélasticité linéaire en l’absence de liaisons internes . . . . . . . 38

EC H
6 Aperçu historique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Récapitulatif des formules essentielles . . . . . . . . . . . . .
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
55
59

LY T
Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62

PO
VIII Évolutions et équilibres thermoélastiques 71

O L E
1 Évolution thermoélastique quasi-statique . . . . . . . . . . . . . . . .
2 Linéarisation du problème d’évolution thermoélastique quasi-statique
79
88

ÉC
3 Équilibre thermoélastique linéarisé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
4 Résolution du problème d’équilibre thermoélastique linéarisé . . . . 100
5 Méthode des déplacements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
6 Méthode des contraintes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
7 Torsion d’une barre cylindrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 118
8 Principe de Saint Venant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 131
Récapitulatif des formules essentielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 136
Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 140

IX Quelques thèmes classiques en élasticité tridimensionnelle 145


1 Présentation générale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 151
2 Traction-compression d’une barre cylindrique . . . . . . . . . . .
U
. . . 152
E
3 Flexion normale d’une barre cylindrique . . . . . . . . . . . . .
4 Flexion déviée d’une barre cylindrique . . . . . . . . . . . . . .
N I Q
.
.
.
.
.
.
.
.
158
165

C H
5 Flexion composée d’une barre cylindrique . . . . . . . . . . . . . . . . 168

TE
6 Équilibre élastique d’une sphère creuse sous pression . . . . . . . . . . 172

LY
7 Équilibre élastique d’un tube cylindrique sous pression . . . . . . . . . 177

PO
Récapitulatif des formules essentielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 181

E
Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 183

O L
ÉC
X Approches variationnelles en thermoélasticité linéarisée 197
1 Méthodes directes et méthodes variationnelles . . . . . . . . . . . . . 205
2 Minimum de l’énergie potentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 214

5
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6

U E
IQ
HN
3 Minimum de l’énergie complémentaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . 220

C
4 Approches variationnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 227

T E
5 État initial naturel, équilibre isotherme . . . . . . . . . . . . . . . . . 234

LY
6 Champs d’autocontrainte. Théorème du potentiel minimum . . . . . . 242

P O
7 Problème paramétré . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 247

E
8 Théorèmes de l’énergie pour les problèmes paramétrés . . . . . . . . . 256

L 9 Pour conclure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 265

ÉCO
10 Note historique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 266
Récapitulatif des formules essentielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 269
Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 274

Annexe
III Éléments d’élasticité plane 287

E
1 Problèmes plans . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 293
2 Équilibre thermoélastique en déformation plane .
3 Équilibre thermoélastique en contrainte plane . .
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.

IQ
. U.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
293
306

H N
Récapitulatif des formules essentielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 315

Bibliographie

Y T EC 317

Index alphabétique
PO L 325

O L E
ÉC

U E
N I Q
C H
LY TE
E PO
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ÉC
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U E
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EC H
LY T
E PO
O L
Chapitre VII
ÉC
Le comportement
thermoélastique
U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC
MOTS CLÉS

Loi de comportement. Principe d’action locale.


Énergie interne. Équation de l’énergie.
Entropie. Énergie libre. Dissipation.

E
Inégalité de Clausius-Duhem.
Potentiel thermodynamique.
Symétries de la matière. Isotropie.
I Q U
Linéarisation.
H N
TE C
Coefficients de Lamé. Module de cisaillement.
Module de Young. Coefficient de Poisson

LY
État initial naturel. État initial précontraint.

E PO
O L
ÉC
7
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Chapitre VII – Le comportement thermoélastique 9

U E
N IQ
EC H
LY T
P O
E
En bref...
L
ÉCO
L’expérience met en évidence le comportement thermoélastique des
matériaux, caractérisé par la réversibilité (section 2).

La construction du modèle correspondant s’appuie sur les principes gé-


néraux qui s’imposent à toute loi de comportement, parmi lesquels les

U
principes de la thermodynamique des milieux continus exprimés par :
E
IQ
l’équation de l’énergie pour le premier principe, l’inégalité fondamentale

N
H
pour le deuxième principe (section 3).

T EC
Le modèle de comportement thermoélastique est obtenu à partir de

Y
l’hypothèse que les valeurs actuelles de la température et du tenseur des

PO L
déformations de l’élément de matière suffisent à définir l’état de celui-ci.
L’inégalité fondamentale fournit alors la loi de comportement thermoélas-

L E
tique en représentation lagrangienne. L’énergie libre apparaît comme le

O
ÉC
potentiel thermodynamique, fonction des valeurs actuelles de la tempéra-
ture et du tenseur des déformations. Le tenseur des contraintes s’en déduit
par dérivation par rapport au tenseur des déformations (section 4).

Lorsque la déformation est infinitésimale et la variation de température


petite, cette loi de comportement peut être linéarisée : c’est la linéarisa-
tion physique de la relation entre contraintes, déformations et variation de
température. Si, de plus, la transformation est infinitésimale, la linéarisa-
tion peut être poursuivie : c’est la linéarisation géométrique. Elle aboutit à
une relation linéaire entre le tenseur des contraintes de Cauchy, le tenseur
des déformations linéarisé et la variation de température (section 5).

U
La loi de comportement linéarisée fait intervenir des modules élastiques
E
I Q
et des coefficients de dilatation thermique, caractéristiques physiques in-

N
trinsèques du matériau, dont le nombre est réduit par les symétries maté-

C H
rielles et qui vérifient la condition de stabilité du matériau. La thermoélas-

TE
ticité linéaire du matériau isotrope est ainsi caractérisée par deux modules

LY
élastiques et un coefficient de dilatation thermique (section 5).

E PO
O L
ÉC
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10 Chapitre VII – Le comportement thermoélastique

U E
N IQ
EC H
Principales notations

LY T
E
Notation
PO Signification 1ère formule

O L
ÉC
r(x, t) densité volumique de chaleur reçue (3.2)
E énergie interne du système (3.5)

Q taux de chaleur reçue (3.5)
e(x, t) énergie interne massique (3.8)
q(x, t) courant de chaleur sortant dans κt (3.13)
T (x, t) température absolue
E
(3.22)

U
S entropie du système

N IQ
(3.22)
s(x, t) entropie massique

EC H (??)
ψ

LY T
énergie libre massique (3.26)

PO
Φ dissipation volumique (3.28)

E
q 0 (X, t) courant de chaleur sortant dans κ0 (3.32)

O L transformée de Legendre-Fenchel de ψ (4.21)

ÉC
ψ∗
ϕp (e) =0 , liaison interne (4.29)
ηp multiplicateur de Lagrange (4.37)
associé à une liaison interne
I10 , I20 , I30 invariants de e (4.43)
A tenseur d’élasticité (5.3)

k tenseur des coefficients thermiques (5.3)


τ variation de température (5.3)
λ constante de Lamé (5.12)
U E
µ, G module de cisaillement
N I
(5.12)Q
E module de Young
C H (5.15)
ν coefficient de Poisson

LY TE (5.15)

PO
α coefficient de dilatation thermique linéique (5.15)
K

O L E
module élastique de compression (5.39)

ÉC
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Chapitre VII – Le comportement thermoélastique 11

U E
N IQ
1
EC H
De l’expérience à la loi de comportement . . . . . . . . . 13
2
Y T
Constatations expérimentales . . . . . . . . . . . . . . . .

L
13

PO
2.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13

E
2.2 Expérience de traction simple . . . . . . . . . . . . . . . 15

O L 2.3 Autres résultats expérimentaux . . . . . . . . . . . . . . 16

ÉC
2.4 Commentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
3 Éléments de thermodynamique des milieux continus . . 18
3.1 Description des échanges . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
3.2 Premier principe : équation de l’énergie . . . . . . . . . 19
3.3 Deuxième principe : inégalité fondamentale et inégalité
de Clausius-Duhem . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
3.4 Expressions lagrangiennes . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
4 Loi de comportement thermoélastique . . . . . . . . . . . 26

U E
4.1 Hypothèses de l’élasticité . . . . . . . . . . . . . . . . . 26

IQ
4.2 Loi de comportement thermoélastique . . . . . . . . . . 27

H N
4.3 Loi de comportement thermoélastique avec liaisons internes 32

EC
4.4 Respect des symétries de la matière . . . . . . . . . . . 35

T
4.5 Matériau thermoélastique isotrope dans la configuration

LY
de référence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36

PO
4.6 Les liaisons internes du point de vue eulérien . . . . . . 37

E
5 Thermoélasticité linéaire en l’absence de liaisons internes 38

O L
5.1 Présentation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38

ÉC
5.2 Linéarisation physique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
5.3 Matériau thermoélastique linéaire isotrope . . . . . . . . 42
5.4 Transformation infinitésimale : linéarisation géométrique 44
5.5 Stabilité du matériau thermoélastique . . . . . . . . . . 50
5.6 Quelques valeurs typiques pour des matériaux usuels . . 52
5.7 Exemples de matériaux thermoélastiques anisotropes . . 53
6 Aperçu historique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
Récapitulatif des formules essentielles . . . . . . . . . . . . . 59
Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62

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N I Q
C H
LY TE
E PO
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EC H
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1 – De l’expérience à la loi de comportement 13

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N IQ
CH
Le comportement thermoélastique
T E
1
P O LY
De l’expérience à la loi de comportement
L E
ÉCO
Le comportement thermoélastique des matériaux nous est révélé par des expé-
riences quotidiennes : dilatations ou contractions linéiques et volumiques sous l’effet
de variations de température, utilisation des propriétés élastiques des métaux, mais
aussi de polymères, pour la fabrication de ressorts, clavettes et « clips » en tous
genres . . . Ainsi, du point de vue phénoménologique, le concept de thermoélasticité
est-il associé à une notion de réversibilité : la réponse du matériau à la sollicitation
thermique et mécanique qui lui est imposée est instantanée et l’annulation de la sol-
licitation entraîne le retour du matériau à son état initial sans aucun effet rémanent.

U E
L’objet du présent chapitre est, dans le cadre de la modélisation du milieu continu

IQ
classique construite dans les chapitres précédents, de formuler pour un milieu tridi-
N
H
mensionnel les relations existant localement entre le champ de déformation, le champ

EC
des efforts intérieurs et le champ de température, lorsque le matériau considéré est

du matériau thermoélastique.
LY T
thermoélastique. En d’autres termes on se propose d’écrire la loi de comportement

E PO
On a déjà évoqué, au chapitre VI (§ 4.2), certains principes qui régissent l’écriture

L
des lois de comportement : isotropie de l’espace, respect des symétries de la matière ;
O
ÉC
mais l’énoncé précédent fait maintenant apparaître un principe essentiel, le prin-
cipe d’action locale : les efforts intérieurs représentés dans la modélisation par les
contraintes, qui correspondent à des actions purement locales (cf. chapitre V, § 3.4),
ne sont reliés par la loi de comportement thermoélastique qu’à des grandeurs qui ne
font intervenir que la particule considérée et les particules voisines.

En outre il ne va pas du tout de soi que la formulation de la loi de comportement


thermoélastique, comme celle de toute loi de comportement, devra être en accord
avec les principes de la thermodynamique, c’est-à-dire avec l’inégalité introduite par le
second principe. Pour mettre à profit cette information on introduira quelques notions
sur la thermodynamique des milieux continus, renvoyant le lecteur à des ouvrages plus
spécialisés pour l’approfondissement de ce domaine.

U E
N I Q
2 Constatations expérimentales
C H
2.1 Généralités
LY TE
PO
Même si, comme on vient de le rappeler, elle doit obéir à des principes généraux

E
L
qui en codifient, en quelque sorte, l’écriture, une loi de comportement est avant tout

O
issue de constations expérimentales.

ÉC
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14 Chapitre VII – Le comportement thermoélastique

U E
N IQ
On a vu au chapitre V (§ 3.3) que les équations de la dynamique s’écrivent comme :

EC H
• trois équations aux dérivées partielles du 1er ordre pour les équations de champs,

Y T
• trois équations au contour qui fournissent les conditions aux limites sur la frontière
du système,
L
PO
alors que la détermination de σ correspond à celle de six champs scalaires indépendants
E
L
(composantes indépendantes de σ(x, t) symétrique). On voit que ces équations, en

O
ÉC
supposant les champs F , a , T Ω connus, par exemple dans le cas de la statique (ou
quasi-statique) où a(x, t) = 0 , ∀x ∈ Ωt , ne permettent pas de déterminer le champ
de contrainte σ dans le système étudié (éprouvette ou corps d’épreuve). De la même
façon d’ailleurs, les conditions aux limites imposées en déplacements ne permettent
pas d’y déterminer le champ de déformation.

Ainsi le problème posé n’est pas, à proprement parler, celui de la détermination


de la loi de comportement à partir de l’expérience, mais se présente plus précisément
comme l’identification d’une loi locale, dans le cadre d’une modélisation géomé-

U E
trique et mécanique, fondée sur des résultats expérimentaux à caractère global. Il

IQ
apparaît dans toute sa généralité, d’une très grande complexité, sinon inextricable.

N
H
Aussi l’on cherche, dans la pratique, à réaliser des expériences où l’on puisse retenir

EC
l’hypothèse d’homogénéité des champs concernés. L’homogénéité, à l’échelle macro-

LY T
scopique considérée, du matériau constitutif du corps d’épreuve doit évidemment
être assurée et, par des conditions au contour suffisamment contraignantes, notam-

PO
ment par la géométrie choisie pour l’éprouvette, et par la forme des sollicitations, on

O L E
espère imposer l’homogénéité du champ de contrainte et du champ de déformation ou,
du moins, ne leur permettre que de faibles variations autour de l’état homogène. Par

ÉC
exemple, dans cet esprit, de nombreuses expériences classiques essaient de réaliser des
champs de contraintes homogènes dans lesquels l’état de contrainte en chaque point
est un des états simples étudiés au chapitre VI, § 3.5 : expériences de traction simple,
de compression simple ou de cission simple.

U E
N I Q
C H
LY TE
E PO
L
Figure 1 – Torsion d’un tube mince

ÉC O
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2 – Constatations expérimentales 15

U E
N IQ
L’expérience de torsion d’un tube mince de section circulaire (figure 1) vise ainsi à

EC H
réaliser en chaque point de l’éprouvette un état de cission simple dont les composantes

T
dans la base orthonormée des coordonnées cylindriques soient constantes (1) : σθz =

Y
σzθ = constante, autres σij = 0. Des champs de contrainte plus complexes peuvent
L
PO
aussi être obtenus : expérience de traction-torsion d’un tube mince par exemple (figure

E
4).

O L
À noter que l’on doit, dans toutes ces expériences, porter attention aux condi-

ÉC
tions thermiques. En règle générale on considère que les expériences sont faites à
température constante dans le temps et homogène dans l’éprouvette.

2.2 Expérience de traction simple


La figure 2 représente une éprouvette typique constituée d’un métal homogène
pour une expérience de traction simple. Elle est caractérisée par :
• des extrémités surdimensionnées (pour éviter les « effets d’extrémités »),
U E
N IQ
• des congés de raccordement entre la partie médiane et les extrémités (pour éviter

EC H
les effets de concentration de contrainte que provoquent les angles vifs),

LY T
• une partie médiane cylindrique dans laquelle le champ de contrainte est supposé
homogène, de traction simple parallèlement à l’axe de l’éprouvette (2) .

E PO
O L
ÉC

Figure 2 – Éprouvette pour une expérience


U
Figure 3 – Diagramme de traction pour un
E
de traction acier inox

N I Q
C H
L’expérience dans sa forme la plus simple consiste à enregistrer, en fonction de

TE
l’allongement relatif de la longueur initiale `0 marquée sur la partie utile de l’éprou-
vette
LY
PO
(` − `0 )/`0 = ∆`/`0 ,

L E
(1) Une telle expérience devra toutefois être analysée très précisément en fonction des propriétés de

O
ÉC
symétrie (isotropie, anisotropie, cf. § 5.7) du matériau constitutif.
(2) Le matériau constitutif (métal) est supposé isotrope. Pour les matériaux anisotropes l’expérience

de traction simple « hors axes » nécessite des précautions particulières concernant notamment le
montage de l’éprouvette.

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16 Chapitre VII – Le comportement thermoélastique

U E
N IQ
l’évolution de la force de traction F ou du rapport F/S0 , où S0 désigne l’aire initiale
de la section médiane.

EC H
Y T
La figure 3 donne un exemple d’un tel enregistrement réalisé pour un acier inox,

L
PO
à propos duquel on observe, en première analyse, les propriétés suivantes :

O E
a) indépendance du diagramme vis-à-vis de la vitesse de chargement, c’est-à-dire
L ˙
de (∆`/`0 ) ;

ÉC b) « réversibilité » de la partie OA du diagramme de charge : dans une décharge


totale ou partielle effectuée après une charge jusqu’à un niveau inférieur au
seuil σ0 correspondant au point A sur la courbe, on parcourt, dans le sens
inverse, le même segment de la partie OA du diagramme de charge ;

c) linéarité de cette partie réversible du diagramme ;

E
d) au-delà du seuil σ0 , c’est-à-dire lorsque la charge initiale dépasse le point A, la

IQ U
décharge ultérieure est représentée sur le diagramme par une courbe différente
de la courbe de charge : courbe OAB à la première charge, courbe BC à la

H N
décharge ; notamment après décharge totale, c’est-à-dire lorsque F est ramenée

EC
à zéro, l’éprouvette présente un allongement rémanent.

LY T
La partie réversible du diagramme de traction est, par définition, représentative

PO
du comportement élastique du matériau. Le point A et la valeur σ0 correspondent

E
à la limite initiale d’élasticité dans cette expérience (cf. chapitre VI, § 4.1).

O L
ÉC
La linéarité observée pour le segment OA caractérise le comportement élastique
linéaire.

Une autre constatation expérimentale doit également être rapportée qui n’apparaît
pas sur le diagramme de la figure 3 : au cours de la traction on observe une réduction
de la section de l’éprouvette, qui évolue linéairement quand on parcourt le segment
OA du diagramme de charge ; cette variation de la section est elle aussi réversible sur
OA.

2.3 Autres résultats expérimentaux

U E
I Q
D’autres expériences mettent en évidence les mêmes caractéristiques de compor-

N
tement : la compression simple d’une éprouvette ou la torsion simple d’un tube

C H
mince, pour citer des exemples où le chargement ne dépend que d’un paramètre

TE
(force ou couple). Dans la traction-torsion d’un tube mince le chargement dépend

LY
de deux paramètres (force et couple simultanément) et induit dans l’éprouvette

PO
un champ de contrainte dont les composantes dans la base orthonormée des coor-

E
données cylindriques sont supposées de la forme : σzz = constante , σθz = σzθ =

L
constante , autres σij nulles . On y met en évidence le domaine initial d’élasticité du
O
ÉC
matériau (cf. chapitre VI, § 4.1) à l’intérieur duquel il y a réversibilité des déforma-
tions subies par l’éprouvette ; la figure 4 donne l’exemple d’un domaine ainsi déterminé
(expérience de traction-compression et torsion).

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2 – Constatations expérimentales 17

U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC

Figure 4 – Éprouvette pour l’expérience de traction-compression et torsion d’un tube

U E
mince ; exemple de domaine initial d’élasticité déterminé expérimentalement

IQ
(H.D. Bui, 1970)

H N
2.4 Commentaires
Y T EC
PO L
Historiquement la découverte du comportement élastique linéaire est attribuée à

L E
Robert Hooke (mécanicien, physicien, astronome et naturaliste anglais, 1635-1703)

O
dans les années 1660, à partir d’expériences sur des ressorts à boudin et spirales et

ÉC
sur la traction d’un fil métallique.

« Ut tensio sic vis »

est la phrase par laquelle Hooke énonça cette propriété dans un ouvrage paru en 1678
(3)(4)
.

Il convient aussi à ce propos de citer Edme Mariotte (abbé, physicien français,


1620-1684), qui fit la même découverte que Hooke, indépendamment de celui-ci, vers
1680.

U E
(3) Extrait

N I Q
du livre The New Science of Strong Materials par J.E. Gordon : « Hooke, like Horace,

H
did not suffer unduly from modesty and he staked his claim to priority in a number of fields by

C
publishing in 1676 A decimate of the centesme of the inventions I intend to publish among which

TE
was « The true theory of elasticity or springiness ». This heading was followed simply by the anagram

Y
« ceiiinosssttuu ». The scientific public were left to make what they could of this until, in 1679, Hooke

PO L
published De potentia restitutiva, or of a spring where the anagram was revealed as « Ut tensio *sic
uis » - « As the extension, so the force ».* Tensio means, generally, not tension but extension in

E
Latin. The truth seems to be that the Romans muddled up the two ideas. Literary writers probably

L
never thought about the matter at all ».

O
ÉC
(4) On peut rappeler que Galileo Galilei lui-même avait eu recours à une anagramme pour informer

secrètement Johannes Kepler de sa découverte des phases de Vénus : « Haec immatura a me iam
frustra leguntur o y » pour « Cynthiae figuras aemulatur mater amorum » (« En vain ces choses
sont lues par moi prématurément » pour « La mère des amours imite les phases de Diane »).

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18 Chapitre VII – Le comportement thermoélastique

U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC

U E
N IQ
H
Figure 5 – Planche extraite de Lectures de Potentia Restitutiva, or of Spring, Explaining

EC
the Power of Springing Bodies, R. Hooke, (1678)

LY T
3
PO
Éléments de thermodynamique des milieux
E
continus
O L
3.1 C
ÉDescription des échanges
Le système étudié S occupe, dans la configuration actuelle κt , le domaine D de
volume Ωt et de frontière ∂Ωt , transportés convectivement de D0 , Ω0 et ∂Ω0 dans la
configuration de référence κ0 . Les sous-systèmes S 0 sont définis de façon semblable.

Le système S n’échange avec l’extérieur que de la chaleur et du travail. Il en va


de même pour un sous-système S 0 quelconque et l’extérieur de S 0 .

Dans le formalisme du milieu continu tridimensionnel, la description des efforts

E
extérieurs a été donnée au chapitre V (§ 2.2 et 3.1), en supposant que les particules
du système n’exercent entre elles aucune action à distance :
• forces de volume définies par une densité massique F (x, t),
I Q U
H N
• forces de surface s’exerçant sur le contour de S, ou de S 0 , et définies par une

TE
densité surfacique T Ω (x, t) pour S ; T Ω 0 (x, t) pour S 0 .
C
Y
La puissance de ces efforts extérieurs dans le mouvement réel exprime le taux de
L
PO
travail reçu de l’extérieur par S où S 0 :

E
Z Z
(3.1)
L
0
P(e) (U ) = ρ F (x, t) . U (x, t) dΩt + T Ω 0 (x, t) . U (x, t) da .

ÉC OΩt0 ∂Ωt0

Pour les échanges de chaleur, on fait l’hypothèse que le taux de chaleur reçue par
S résulte de l’addition de deux contributions :

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3 – Éléments de thermodynamique des milieux continus 19

U E
N IQ
• l’une volumique, qui exprime le taux de chaleur fournie à distance aux particules

EC H
de S par l’extérieur de S ; elle se met sous la forme de l’intégrale sur Ωt d’une

T
densité volumique r(x, t) ;

LY
• l’autre surfacique, intégrale sur la frontière de S d’une densité surfacique

PO
hΩ (x, t) .

E

L
Ainsi Q , taux de chaleur reçue par le système S, s’écrit :

ÉC O
(3.2)

Q=
Z
hΩ (x, t)da +
∂Ωt
Z
r(x, t)dΩt .
Ωt

Pour S , on postule une décomposition semblable. On fait de plus l’hypothèse qu’il


0

n’y a pas d’échange de chaleur à distance entre les particules de S. Il en résulte


que :
• la contribution volumique pour S 0 quelconque est l’intégrale de la même densité
volumique définie pour S , r(x, t) sur Ωt0 ;
• la contribution surfacique est l’intégrale sur ∂Ωt0 d’une densité surfacique
U E
IQ
hΩ 0 (x, t) qui, n’apparaissant pas dans (3.2), exprime les échanges de chaleur entre

N
les particules sur ∂Ωt0 et les particules de (S − S 0 ). Puisque les échanges de chaleur
H
EC
à distance entre particules du système sont exclus, hΩ 0 (x, t) exprime les échanges

T
par conduction et ne dépend que des éléments locaux du premier ordre de ∂Ωt0 ,
c’est-à-dire :
LY
(3.3)
E PO hΩ 0 (x, t) = h(x, t, n(x)) .
D’où :
O L
ÉC ◦
Z Z
(3.4) Q0 = h(x, t, n(x)) da + r(x, t) dΩt .
∂Ωt0 Ωt0

3.2 Premier principe : équation de l’énergie


On suppose que l’état thermodynamique de ce système est déterminé par la
connaissance de certains champs définis sur κt (ou sur κ0 ).

Le premier principe de la thermodynamique postule l’existence d’une fonction de


l’état thermodynamique du système, appelée énergie interne, additive, notée E,
ayant la dimension d’un travail telle que :
U E
à chaque instant, la somme de la dérivée particulaire de l’énergie interne E de S,
N I Q
H
et de la dérivée particulaire de l’énergie cinétique K de S, est égale à la somme

C
TE
de la puissance des efforts extérieurs exercés sur le système dans le mouvement réel,

Y

P(e) (U ), et du taux de chaleur reçue par le système, Q :

PO L ◦

E
(3.5) Ė + K̇ = P(e) (U ) + Q .

O L
Le même énoncé est valable pour tout sous-système S 0 :

(3.6) ÉC 0
Ė + K̇ 0 = P(e)
0
(U ) + Q0

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20 Chapitre VII – Le comportement thermoélastique

U E
N
et l’énergie cinétique a l’expression donnée au chapitre IV (§ 7.5) :
IQ
Z

EC H
T
(3.7) K0 = ρ(x, t) U 2 (x, t)dΩt .

LY Ωt0

PO
On introduit alors la densité massique d’énergie interne e(x, t), appelée aussi

O L E
énergie interne spécifique, et l’on a :

ÉC
Z Z
0
(3.8) E0 = ρ(x, t) e(x, t)dΩt et Ė = ρ(x, t) ė(x, t)dΩt .
Ωt0 Ωt0

La formule (3.6) s’explicite en simplifiant les notations(5) :



 ∀S Z⊂ S ,
 0

(3.9) d U2
Z Z
 dt 0 ρ(e + 2 ) dΩt = 0 (ρF . U + r) dΩt +
 (T Ω 0 . U + h(n)) da .
Ωt Ωt ∂Ωt0

Si le champ de vitesse réel U est continu et continûment différentiable on peut,


U E
IQ
dans (3.5) et (3.6), appliquer le théorème de l’énergie cinétique (chapitre IV, § 7.5),

N
H
qui s’écrit :

EC
®
∀S 0 ⊂ S ,
P(e)
0

LY T
(U ) + P(i)
0
(U ) = K̇ 0

PO
d’où, par substitution dans (3.1) et (3.2) :

(3.10)
O L E ◦
Ė = Q − P(i) (U )

ÉC
(3.11)
0 ◦
Ė = Q0 − P(i)
0
(U ) .
On peut alors remplacer P(i) 0
(U ) par son expression au moyen de la représentation
des efforts intérieurs par les contraintes de Cauchy et l’on obtient :
Z Z Z
(3.12) ∀S 0 ⊂ S , ρ ė dΩt = (σ : d + r) dΩt + h(n) da .
Ωt0 Ωt0 ∂Ωt0

L’équation (3.9), transformée en (3.12) à travers le théorème de l’énergie cinétique,


exprime le premier principe de la thermodynamique sous la forme globale d’une
équation de bilan.

U E
L’équation (3.12) est valable pour tout système S 0 de S. Elle exprime l’égalité

N I Q
entre l’intégrale sur Ωt0 de la densité volumique scalaire (ρ ė − σ : d − r) définie dans

C H
Ωt et l’intégrale sur ∂Ωt0 d’une densité surfacique scalaire définie dans Ωt et fonction

TE
de la position et de l’orientation de la surface élémentaire considérée, h(x, t, n(x)).

LY
Cet énoncé implique (cf. figure 6) que la densité h(x, t, n(x)), supposée continue et de

PO
classe C 1 , est définie dans Ωt par un champ vectoriel q(x , t) et dépend linéairement

E
de n(x) en chaque point de Ωt sous la forme d’un flux :
(3.13)
O L h(x, t, n(x)) = −q(x, t) . n(x) .

ÉC
(5) On supprime, sous les signes « intégrales », les dépendances des diverses grandeurs en fonction

de x et de t.

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3 – Éléments de thermodynamique des milieux continus 21

U E
N
Le vecteur q(x, , t) est appelécourant de chaleur sortant
IQ (6)
au point M , où le

EC H
champ q est continu et de classe C 1 . Cela signifie que les échanges de chaleur entre

T
les éléments du système ne se font que par conduction entre les particules. Le taux

LY
de chaleur reçue par S 0 s’écrit alors :

PO

Z Z

E
(3.14) Q0 = − q . n da + r dΩt

O L ∂Ωt0 Ωt0

ÉC
ou, en application de la formule de la divergence,

Z
(3.15) Q0 = (−div q + r) dΩt .
Ωt0

L’énoncé (3.12) du premier principe devient alors :


Z Z
(3.16) 0
∀S ⊂ S, ρ ėdΩt = (σ : d + r − div q) dΩt .
Ωt0 Ωt0

On en déduit, l’expression locale du premier principe de la thermodynamique en


U E
représentation eulérienne, qui est appelée équation de l’énergie :

N IQ
(3.17)
EC H
ρ ė = σ : d + r − div q

LY T
PO
Remarques

O L E
ÉC

E
Figure 6 – « Lemme du tétraèdre »

I Q U
N
La formule (3.13) est parfois connue sous le nom de « lemme du tétraèdre » en raison de

H
sa démonstration classique, apparentée à celle de la tensorialité des contraintes (chapitre

C
TE
V, § 3.6). L’équation (3.12), valable ∀Ωt0 , est appliquée à un sous-système infinitésimal
entourant un point M quelconque intérieur à Ωt : ce sous-système a la forme d’un té-

LY
traèdre construit sur les trois axes de coordonnées orthonormées, dont les arêtes ont

PO
respectivement pour longueur dx1 , dx2 et dx3 (figure 6).

E
(6) L’adjectif « sortant » veut rappeler que h correspond à la chaleur reçue par le système de

L
normale extérieure n et que l’équation (3.13) comporte un signe moins. Cette convention est la plus

O
ÉC
couramment adoptée. On remarque que ce résultat signifie, comme cela sera utilisé dans la suite, que
l’intégrale de surface sur ∂Ωt0 étant une intégrale de flux, est éligible pour l’application de la formule
de la divergence qui la transforme, quel que soit Ωt0 , en l’intégrale sur Ωt0 d’une densité volumique
définie dans Ωt . C’est ce qu’exprime la démonstration du « lemme du tétraèdre » (figure 6).

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22 Chapitre VII – Le comportement thermoélastique

U E
N IQ
• Pour ce sous-système infinitésimal, l’intégrale de volume dans (3.12) est du 3ème ordre en

EC H
dxi . L’intégrale de surface est la somme de quatre termes qui correspondent aux quatre
faces M A1 A2 , M A2 A3 , M A3 A1 et A1 A2 A3 du tétraèdre : l’équation (3.12) impose que

LY T
la somme de ces quatre termes soit, elle aussi, du 3ème ordre, c’est-à-dire que la somme
des termes du 2ème ordre soit nulle. Il vient ainsi, en simplifiant :

E PO
 1 1 1

L
dx2 dx3 h(−e1 ) + dx3 dx1 h(−e2 ) + dx1 dx2 h(−e3 ) + dS h(n) = 0

O

2 2 2
(3.18)

ÉC
 n dS = 1 (e dx dx + e dx dx + e dx dx ) .
1 2 3 2 3 1 3 1 2
2
En posant
(3.19) q = e1 h(−e1 ) + e2 h(−e2 ) + e3 h(−e3 ) ,

l’équation (3.18) s’écrit finalement :


(3.20) h(n) = −q . n

ce qui établit la formule (3.13).

U E
• L’équation (3.13) démontrée ci-dessus établit l’existence, sur le domaine Ωt , d’un champ

IQ
vectoriel q(x, t), courant de chaleur sortant. On peut, à son propos, reproduire le rai-

N
sonnement proposé au chapitre V (§ 3.5, figure 8) pour l’interprétation physique de la

EC H
condition au contour sur le champ de contrainte σ. Ici, il permet de montrer que, sur la
frontière ∂Ωt de S , le champ q satisfait, à titre de condition aux limites, l’équation :

(3.21)

LY T q(x, t) . n(x) = −hΩ (x, t) .

PO
• Le résultat (3.13) repose sur l’hypothèse d’additivité de l’énergie interne. Physiquement,

E
l’additivité de l’énergie interne n’introduit en fait qu’une hypothèse supplémentaire en

L
plus de celles déjà faites qui excluent à la fois les actions et les échanges de chaleur à dis-

O
ÉC
tance entre les particules de S : à la frontière entre deux sous-systèmes complémentaires,
le bilan global des échanges de travail et de chaleur entre les deux sous-systèmes est nul
c’est-à-dire que la puissance développée par les actions intérieures de contact entre les
deux sous-systèmes dans une éventuelle discontinuité du champ de vitesse réel est com-
pensée localement par un taux de chaleur équivalent reçu par les deux sous-systèmes.

3.3 Deuxième principe : inégalité fondamentale et inégalité de


Clausius-Duhem
Le deuxième principe de la thermodynamique postule l’existence d’une variable
d’état, appelé température absolue notée T , positive, et d’une fonction de l’état
thermodynamique du système, appelée entropie, additive, notée S, tels que :

U E
pour toute évolution réelle thermodynamiquement réversible de l’élément de ma-
1
N I Q
H
tière, est le facteur intégrant du taux de chaleur reçue, en sorte que, pour S,

C
T (x, t)

TE
et pour tout sous-système S 0 :

(3.22)
LY
PO

Pour toute évolution réelle thermodynamiquement réversible,

E

L

O

∀S 0 ⊂ S ,

ÉC
 dS r(x, t) q(x, t)
Z Z Z



 = Ṡ = ρ(x, t)ṡ(x, t) dΩt = dΩt . n(x, t)da
dt Ωt0 T (x, t) ∂Ωt0 T (x, t)

Ωt

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3 – Éléments de thermodynamique des milieux continus 23

U E
et
N IQ
(3.23)
EC H
Y T

Pour toute évolution réelle,

L

PO



∀S 0 ⊂ S ,

 dS
L E r(x, t) q(x, t)
 Z Z Z

O

 = Ṡ = ρ(x, t)ṡ(x, t) dΩt ≥ dΩt − . n(x, t), da

ÉC
dt Ωt0 T (x, t) ∂Ωt0 T (x, t)

Ωt0

où s désigne l’entropie massique (ou spécifique).

Autrement dit le taux de variation de l’entropie du système ou d’un sous-système


quelconque dans une évolution réelle est toujours supérieur ou égal à l’intégrale, sur
tous les élément constitutifs, du taux de chaleur reçue divisé par la température
absolue. L’égalité n’est obtenue que pour les évolutions réelles thermodynamiquement
réversibles.

U E
IQ
On en déduit l’expression locale du deuxième principe, appelée inégalité fonda-

N
mentale :

EC H
LY T
q r
(3.24) ρṡ + div − ≥0 .
T T

P O
L E
l’égalité n’ayant lieu que pour une évolution réelle thermodynamiquement réversible.

ÉCO
En tenant compte, dans cette formule, de l’équation de l’énergie (3.17) on obtient
(puisque T > 0) :
q
(3.25) σ : d + ρ(T ṡ − ė) − . grad T ≥ 0 .
T
Cette inégalité essentielle peut être transformée en introduisant la fonction ther-
modynamique appelée énergie libre (de Helmoltz) ; l’énergie libre massique ψ est
définie par :

(3.26) ψ =e−T s.

On obtient l’inégalité dite de Clausius-Duhem (7) :


U E
N I Q
q
C H
TE
(3.27) σ : d − ρ(ψ̇ + sṪ ) − . grad T ≥ 0
T

LY
E PO
Le premier membre de (3.24) (3.25) et (3.27) est souvent noté Φ. C’est la dis-
sipation volumique dans la configuration actuelle. Le deuxième principe de

O L
la thermodynamique exprime que la dissipation est toujours positive et n’est

ÉC
nulle que pour une évolution réelle thermodynamiquement réversible.
(7) R. Clausius (1822-1888) ; P. Duhem (1861-1916).

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24 Chapitre VII – Le comportement thermoélastique

U E
N
Comme on le verra dans la suite, il est commode et physiquement justifié de
IQ
décomposer la dissipation sous la forme :

EC H
LY T
(3.28) Φ = Φ1 + Φ2


P O
L E
(3.29)

ÉCO
Φ1 = σ : d − ρ(ψ̇ + sṪ )

et
q
(3.30) Φ2 = − . grad T
T
sont respectivement la dissipation intrinsèque volumique et la dissipation ther-
mique volumique dans la configuration actuelle.

On définit la réversibilité thermodynamique d’une évolution du système S : à


tout instant, en tout point du système, on a
U E
(3.31) Φ1 = 0 et Φ2 = 0 .
N IQ
EC H
On peut remarquer que pour les évolutions adiabatiques, où q = 0 en tout point et

LY T
à chaque instant, et pour les évolutions isothermes où T est constante dans le système
et dans le temps, on a Φ2 = 0. (Ce ne sont évidemment pas les seuls cas où Φ2 = 0).

E PO
3.4
L
Expressions lagrangiennes
O
ÉC
Tous les raisonnements des paragraphes précédents ont été menés sur la configu-
ration actuelle κt . Les formules (3.17) et (3.25), ou (3.27), sont les expressions locales,
eulériennes du premier et du deuxième principe de la thermodynamique des milieux
continus.

La formulation globale lagrangienne de ces principes, pour le système ou pour un


sous-système, s’obtient en transportant l’égalité (3.16) et l’inégalité (3.23) dans la
configuration de référence(8) . Pour cela il convient de décrire les échanges de chaleur
sur la configuration de référence, ce qui introduit le vecteur courant de chaleur sortant
q 0 (X , t) et la densité volumique r0 (X, t) tels que :

U E

Z Z Z Z

Q
(3.32) ∀S 0 ⊂ S, Q0 = − q . da + r dΩt = q 0 . dA + r0 dΩ0 ;
∂Ωt0 Ωt0 ∂Ω00

N
Ω00
I
d’où
C H
TE

Y
x = φ(X, t)

L

PO

(3.33) r0 (X, t) = J(X, t) r(x, t)

E


q 0 (X, t) = J(X, t) F −1 (X, t) . q(x, t)
L

(8) On

ÉC O
rappelle les relations établies au chapitre II en des points homologues :
x = φ(X, t) , F (X, t) = ∇φ(X, t) , ρ0 (X)/ρ(x, t) = det F (X, t) = J(X, t) ,
∇T (X, t) = grad T (x, t) . F (X, t) , da = J(X, t) t F −1 (X, t) . dA .

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3 – Éléments de thermodynamique des milieux continus 25

U E
qui implique
N IQ
EC H
T
(3.34) divX q 0 (X , t) = J(X , t) div q(x , t) .

LY
PO
Les fonctions T, e et s sont des grandeurs physiques liées à la matière ; leurs ex-

E
pressions lagrangiennes décrivent la température et les densités massiques d’énergie

L
interne et d’entropie sur la configuration de référence à l’instant t (cf. chapitre I,
O
ÉC
§ 3.1 et chapitre III, § 4.1 et 5.3). Elles s’obtiennent par substitution de φ(X, t) = x
dans les expressions eulériennes, soit, en introduisant provisoirement des notations
spécifiques :


 TX (X, t) = T [φ(X, t), t]

(3.35) eX (X, t) = e[φ(X, t), t]


sX (X, t) = s[φ(X, t), t]

U E
IQ
La dérivation particulaire est conservée dans le passage de la description eulérienne

N
à la description lagrangienne : ṪX = Ṫ , ėX = ė, ṡX = ṡ. L’expression lagrangienne

EC H
de l’équation de l’énergie s’obtient alors par substitution dans (3.17) en rappelant
la correspondance entre les tenseurs des contraintes de Cauchy et de Piola-Kirchhoff
(chapitre V, § 4.1) :

LY T
PO
π(X, t) : ė(X, t) σ(x, t) : d(x, t)

L E =


ρ0 (X) ρ(x, t)
O
(3.36)

ÉC

x = φ(X, t) .

Il vient :

(3.37) ρ0 ė = π : ė + r0 − divX q0

De même, pour l’inégalité fondamentale et l’inégalité de Clausius-Duhem, compte


tenu de la correspondance entre grad T et ∇T on obtient respectivement :

(3.38) π : ė + ρ0 (T ṡ − ė) −
q0
. ∇T ≥ 0
U E
T

N I Q
et
C H
LY q0 TE
PO
(3.39) π : ė − ρ0 (ψ̇ + sṪ ) − . ∇T ≥ 0
T

O L E
ÉC
On remarque que les expressions lagrangiennes font naturellement apparaître le
tenseur symétrique des contraintes de Piola-Kirchhoff et sont semblables aux expres-
sions eulériennes.

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26 Chapitre VII – Le comportement thermoélastique

U E
N
4 Loi de comportement thermoélastiqueIQ
4.1 Hypothèses de l’élasticité C
E H
L Y T
O
La définition du comportement thermoélastique est énoncée en description la-
P
E
grangienne. On postule que, pour la particule X du matériau considéré, à l’ins-

L
tant t , les valeurs de la température T (X, t) et du tenseur des déformations e(X, t)

ÉCO
sont les variables d’état. Elles définissent les valeurs des fonctions thermodynamiques
e(X, t) , s(X, t) , ψ(X, t) et la contrainte de Piola-Kirchhoff :


 e(X, t) = e[ T (X, t), e(X, t) ]

 s(X, t) = s[ T (X, t), e(X, t) ]
(4.1)


 π(X, t) = π[ T (X, t), e(X, t) ]
ψ(X, t) = ψ[ T (X, t), e(X, t) ]

On adoptera dans la suite, pour simplifier l’écriture, les notations :


U E
(4.2) ψ = ψ(T, e) ,
N
π = π(T, e) , etc .
IQ
EC H
Du point de vue mathématique, les écritures (4.1) ou (4.2) ne sont pas totalement

Y T
correctes. En effet, considérant à titre d’exemple la fonction ψ dans (4.2), celle-ci

L
n’est pas, sauf dans le cas particulier du matériau isotrope (§ 4.5), une fonction du

PO
seul tenseur e (au sens indiqué au chapitre VI, § 2.7 et 4.2) comme le laisserait

E
L
penser la lecture stricte de (4.2) ; elle dépend aussi de l’orientation dans l’espace d’un

ÉC O
repère significatif pour la particule de matériau considérée à l’instant de référence. Une
écriture complète nécessiterait de faire figurer cette information dans les arguments
de (4.2), ou d’utiliser une écriture matricielle telle que (4.3) tout en conservant aux
formules leur caractère intrinsèque dans les changements de repères. On y reviendra
au paragraphe 4.4.

Motivées par les résultats expérimentaux tels que ceux décrits au paragraphe 2.2
sur l’expérience de traction simple, les hypothèses (4.1) sont formulées de façon à
satisfaire le principe d’isotropie de l’espace.

En effet, si l’on considère à titre d’exemple la fonction , l’expérience, qui ne fait pas appa-
raître de dépendance vis-à-vis du temps, suggère a priori d’écrire comme une fonction de

E
la température T et du gradient F de la transformation subie par l’élément considéré. Un
repère R étant choisi dans le référentiel on calcule à partir des composantes de F :

I Q U
(4.3) = R (T, F̃ )

H N
TE C
où F̃ désigne la matrice de F dans le repère R supposé, pour simplifier, orthonormé.

Y
Le principe d’isotropie de l’espace déjà introduit au chapitre VI (§ 4.2) implique ici que

L
l’énergie interne massique de l’élément ne dépend pas de son orientation dans l’espace. Plus

PO
précisément, si l’on fait subir, à partir de la même configuration initiale, au même élément
de matière, deux transformations qui ne diffèrent que par une isométrie les valeurs de dans

L E
les deux configurations actuelles correspondantes sont égales. Ainsi la fonction R possède la

O
propriété mathématique :

ÉC
ß
∀F̃ , ∀α̃ telle que t α̃ . α̃ = 1̃l
(4.4)
R (T, F̃ ) = R (T, α̃ . F̃ ) .

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4 – Loi de comportement thermoélastique 27

U E
N
En rappelant la décomposition polaire de F établie au chapitre II (§ 3.4 et 4.5) :
IQ
ß
F = R.S

EC H
LY T
(4.5) tR . R tS
= 1l , det R = +1 , =S,

O
on voit que l’on peut, dans (4.4), choisir α̃ =tR̃, on met alors en évidence que R (T, F̃ ) ne

E P dépend que de S̃ matrice de la déformation pure, ou encore de C̃ ou de ẽ :

L
ÉCO
(4.6) R (T, F̃ ) = R (T, S̃) .
Le résultat obtenu est évidemment valable de la même manière pour les fonctions et ψ.
En ce qui concerne la contrainte le raisonnement est analogue. La dépendance naturellement
suggérée par l’expérience est, dans le repère R :
(4.7) σ̃ = σ̃ R (T, F̃ ) .
Le principe d’isotropie de l’espace fournit la propriété mathématique à satisfaire par la fonc-
tion matricielle σ̃ R dans le repère R :
ß
∀F̃ , ∀α̃ telle que t α̃ . α̃ = 1̃l
(4.8)

E
σ̃ R (T, α̃ . F̃ ) = α̃ . σ̃R (T, F̃ ) . t α̃

d’où en choisissant α̃ =tR̃ défini par (4.5), la relation :

IQ U
H N
−1 t −1 −1 −1
F̃ . σ̃ R (T, F̃ ) . F̃ = S̃ . σ̃ R (T, S̃) . S̃

EC
ou encore, en introduisant le tenseur des contraintes de Piola-Kirchhoff

LY T
−1 −1
(4.9) π̃ R (T, F̃ ) = (det S) S̃ . σ̃R (T, S̃) . S̃ = π̃R (T, S̃)

O
où l’on retrouve le résultat annoncé en (4.1).

P
L E
ÉCO
4.2 Loi de comportement thermoélastique en l’absence de
liaisons internes
Potentiel thermodynamique

On reprend l’inégalité de Clausius-Duhem dans sa formulation lagrangienne (3.39).


Cette inégalité régit toutes les évolutions thermoélastiques réelles de la particule consi-
dérée : à partir de son état défini par les variables T et e dans lequel le courant de
chaleur sortant est q 0 avec le gradient de température ∇T , ces évolutions sont définies
par Ṫ et ė .

L’inégalité (3.39) fait apparaître la dérivée particulaire ψ̇ de ψ(T, e) . Celle-ci s’ex-


plicite en base quelconque en fonction des composantes eij de e :
U E
∂ψ (T, e) ∂ψ (T, e)
N I Q
H
(4.10) ψ̇ = Ṫ + ėij .

C
∂T ∂eij

Y TE
De façon générale, f (t) étant une fonction scalaire, différentiable, des composantes

L
d’un tenseur d’ordre deux t = tij ei ⊗ ej quelconque, on définit par dualité le tenseur

d’ordre deux
∂f (t)

E
par les relations :
PO
∂t

O L
ÉC
∂f (t) ∂f (t)
(4.11a) = e ⊗ ei
∂t ∂tij j

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28 Chapitre VII – Le comportement thermoélastique

U E
d’où
N IQ
∂f (t)
EC H ∂f (t)
(4.11b)

LY T f˙ =
∂tij
ṫij =
∂t
: ṫ .

E PO
Cette définition générale, appliquée à ψ(T, e), introduit le tenseur
∂ψ(T, e)

O L ∂e

ÉC
(4.12a)
∂ψ (T, e)
∂e
=
∂ψ (T, e)
∂eij
ej ⊗ ei

et la dérivée particulaire (4.10) s’écrit :

∂ψ (T, e) ∂ψ (T, e)
(4.12b) ψ̇ = Ṫ + : ė .
∂T ∂e

U E
IQ
On suppose ici que le matériau est sans liaisons internes. Cela signifie que les

N
évolutions géométriques de l’élément de matière ne sont soumises à aucune restriction

H
EC
telle que l’incompressibilité, l’inextensibilité dans une ou plusieurs directions, etc., qui

T
pourraient être dues à sa microstructure. (Celles-ci seront examinées au paragraphe

Y
4.3). Le tenseur e peut être un tenseur symétrique quelconque et toutes les évolutions
L
PO
sont décrites par Ṫ et ė symétrique quelconques.

L E
L’inégalité de Clausius-Duhem (3.39) devient ainsi :

O
ÉC


 ∀T > 0 , ∀e symétrique ,
∀Ṫ , ∀ė symétrique

Ç ,



 å
(4.13) ∂ψ (T, e) ∂ψ (T, e)
π (T, e) : ė − ρ0 Ṫ + : ė + s (T, e) Ṫ
∂T ∂e




 q
− 0 . ∇T ≥ 0 .


T
La première ligne de cette inégalité représente la dissipation intrinsèque volumique.
Elle ne dépend que de T , e , Ṫ et ė . C’est une forme linéaire en Ṫ et ė. Le dernier
terme du premier membre de (4.13) représente, lui, la dissipation thermique volu-
mique. Il dépend évidemment de T, e et ∇T mais il est indépendant de Ṫ et de ė

U E
Q
car les échanges de chaleur par conduction ne dépendent que de l’état de l’élément de

N I
matière et du gradient de température, comme cela est exprimé par la loi de Fourier :
q 0 = −K 0 (T, e) . ∇T .
C H
Y TE
Il résulte immédiatement de (4.13), en y faisant Ṫ = 0 et ė = 0 que, la première

L
PO
ligne étant nulle, on a :

L E
®
∀T > 0 , ∀e symétrique ,

O
(4.14)

ÉC
−q 0 . ∇T ≥ 0

Cette inégalité, indépendante de Ṫ et de ė est l’inégalité de la conduction.

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4 – Loi de comportement thermoélastique 29

U E
N
En ce qui concerne la dissipation intrinsèque volumique, pour toutes valeurs don-
IQ
EC H
nées de T et e, cette forme linéaire sur Ṫ et ė symétrique quelconques doit conserver

T
un signe constant. Elle est donc identiquement nulle :

LY
PO

 ∀T Ç > 0 , ∀e symétrique ,å∀Ṫ , ∀ė symétrique ,

E
Ç å
(4.15) ∂ψ (T, e) ∂ψ (T, e)

L
π (T, e) − ρ0 : ė − ρ0 s (T, e) + Ṫ = 0 .

O

 ∂e ∂T

ÉC La dissipation intrinsèque est toujours nulle.

∀T > 0 , ∀e symétrique ,
(4.16) ∂ψ (T, e)
s (T, e) = −
∂T

U E
IQ
Puisque ė = 0 est arbitraire symétrique, (4.15) implique aussi que :

H N
EC
∂ψ(T, e)
(π(T, e) − ρ0 ) antisymétrique .

T
∂e

LY
PO
et donc, compte tenu de la symétrie de π(T, e),

(4.17)
O L E ∂ψ(T, e) 

ÉC
π(T, e) = ρ0 s
,
∂e

∂ψ(T, e) ∂ψ(T, e)
où ( )s désigne la partie symétrique du tenseur ρ0 ( ).
∂e ∂e

∂ψ(T, e)
On ne doit pas s’étonner du fait que seule la partie symétrique de ( ) ap-
∂e
paraisse dans ce résultat. Ceci résulte d’un artefact introduit par la définition mathé-
matique (4.12) qui, en considérant que les neuf composantes de e sont indépendantes,
ne prend pas en compte la signification physique de la fonction ψ(T , e). En effet
cette fonction n’est définie que sur l’ensemble des tenseurs e symétriques. La définition
(4.12), suppose implicitement que l’on étende la définition de ψ(T, e) à l’ensemble de
U E
tous les tenseurs du second ordre en respectant les conditions de continuité et de dif-
férentiabilité. Le caractère arbitraire de ce prolongement se manifeste dans la partie
N I Q
∂ψ(T, e
C H
TE
antisymétrique de ( ) tandis que la partie symétrique en est indépendante(9) .
∂e

LY
Cette difficulté artificielle est levée en adoptant, pour prolonger ψ(T , e) , la définition

PO
naturelle :

(4.18)
O L E
∀e , ψ(T, e) = ψ(T, es ) = ψ(T, (e + t e)/2) ,

(9) On
ÉC
a en effet, en décomposant (4.11) :
∂f (t)
∂t
: ṫ = (
∂f (t)
∂t
)s : ṫ + (
s
∂f (t)
∂t
)a : ṫ .
a

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30 Chapitre VII – Le comportement thermoélastique

U E
N IQ
qui signifie que la fonction mathématique ψ(T, e) ne dépend que de la partie symé-
trique de e et implique que

EC H
(4.19) (
LY T
∂ψ(T, e)
)a = 0 et (
∂ψ(T, e)
)s = (
∂ψ(T, e)
)

PO
∂e ∂e ∂e

O L E
ÉC
Du point de vue pratique, cette définition de la fonction mathématique ψ(T, e)
revient à adopter la convention d’écriture symétrique de ψ(T, e) en fonction des
composantes eij et eji pour i 6= j, (eij et eji jouent le même rôle).

L’équation (4.17) prend la forme simple :

∀T > 0 , ∀e symétrique ,

E
(4.20) ∂ψ (T, e)

U
π (T, e) = ρ0

IQ
∂e

H N
T EC
Ces formules (4.16) et (4.20) montrent que, à partir des hypothèses (4.1), la
Y
PO L
connaissance de la fonction ψ définit la loi de comportement du matériau thermoé-
lastique(10) . Par leur forme, elles justifient le nom de potentiel thermodynamique

O L E
donné à ψ(T, e). La nullité de la dissipation intrinsèque exprimée par l’équation (4.15)
implique que les évolutions adiabatiques ou isothermes (cf. § 3.2) du matériau ther-

ÉC
moélastique sont thermodynamiquement réversibles.

Afin de rendre compte de l’évidence expérimentale de la « réversibilité des défor-


mations » au sens indiqué dans l’analyse du diagamme de la figure 3, la relation entre
le tenseur des contraintes de Piola-Kirchhoff et les variables d’état T et de e doit être
biunivoque. Cela, à travers (4.20), impose une condition au potentiel ρ0 ψ(T, e).

Cette condition est satisfaite si ψ(T, e) est une fonction strictement convexe (11) .
On verra au paragraphe 5.5 que cette propriété de convexité est une condition suf-
fisante de stabilité du matériau dans l’état initial sans contrainte (réciproque du
théorème de Lejeune-Dirichlet).

Transformation de Legendre-Fenchel
U E
N I Q
H
Le tenseur des contraintes π étant déterminé à partir de T et de e par l’équation
(10) On

TE C
remarque aussi que le choix de la configuration de référence sur laquelle sont posées les

LY
hypothèses du pararaphe 4.1 n’a pas été précisé. Il n’a en fait pas d’importance. En effet, κ0 et

PO
κ00 étant deux configurations de référence, on a, avec des notations évidentes, ψ(T, e) = ψ0 (T, e0 )+
∂ψ ∂ψ0 ∂ψ ∂ψ0

E
constante, d’où ρ0 : ė = ρ00 0 : ė0 et ρ0 : Ṫ = ρ00 : Ṫ . Il en résulte que les formules (4.16)

L
∂e ∂e ∂T ∂T

O
et (4.20) sont invariantes puisque ρ0 π : ė = ρ00 π 0 : ė0 , . Il est commode, lorsque cela est possible, de

ÉC
prendre pour référence la configuration relâchée de l’élément de matière, dans laquelle le tenseur des
contraintes est nul (état dit naturel ).
(11) Cf. chapitre X (§ 1.5) pour la définition de la convexité.

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4 – Loi de comportement thermoélastique 31

U E
N
univoque (4.20) on définit la fonction ψ des arguments T et π par :

IQ
(4.21)
EC H
ρ0 ψ ∗ (T, π) = π : e − ρ0 ψ(T, e) .

LY T
PO
La dérivée particulaire de ψ ∗ (T, π) s’écrit :

O
(4.22)L E ρ0 ψ̇ ∗ = ρ0
∂ψ ∗ (T, π)
Ṫ + ρ0
∂ψ ∗ (T, π)
: π̇

ÉC
∂T ∂π

et s’obtient aussi par dérivation de (4.21) :

(4.23) ρ0 ψ̇ ∗ = π̇ : e + π : ė − ρ0 ψ̇ .

Compte tenu de (4.16) et (4.20) cette dernière équation s’écrit aussi :

E
(4.24) ρ0 ψ̇ ∗ = ρ0 sṪ + π̇ : e .

IQ U
HN
(12)
Il suffit alors de rapprocher (4.24) et (4.22) pour obtenir :

s(T, π) =
E C
∂ψ ∗ (T, π)

T
LY


∂T

O
(4.25)

P
 ∂ψ ∗ (T, π)

E
 e(T, π) = ρ0 .

L
∂π

ÉCO
Ainsi, en définissant l’état thermodynamqiue par T et π le potentiel conju-
gué ρ0 ψ ∗ (T, π) fournit pour s et e les formules homologues de (4.16) et (4.20)
où l’on prendra garde au changement de signe concernant s. De plus, la stricte
convexité de ψ par rapport à e implique la stricte convexité de ψ ∗ par rapport à π
(cf.chapitre X, § 1.6).

Symétrie

Sous forme explicite, en composantes, la formule (4.20) s’écrit :


∂ψ (T, e)

E
(4.26) π ij = ρ0 .

U
∂eij

N I Q
H
Il s’ensuit que l’on a la formule de symétrie remarquable :
∂π ij (T, e) ∂π k` (T, e)
TE C
Y
(4.27) = ,

L
∂ek` ∂eij

E PO
L
Cette relation suppose évidemment que ψ(T, e) est défini selon (4.18), ce qui im-

ÉC O
plique d’ailleurs que les π ij sont exprimés symétriquement en ek` et e`k .
(12) Même convention pour l’écriture symétrique de ψ ∗ en fonction de π que pour ψ en fonction

de e.

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32 Chapitre VII – Le comportement thermoélastique

U E
Q liaisons
4.3 Loi de comportement thermoélastiqueIavec
N
internes
E C H
Y T
Définition des liaisons internes
L
P O
On dit que le comportement du matériau est assujetti à des liaisons internes si ses

L E
évolutions thermomécaniques sont, du point de vue géométrique, astreintes à respecter

ÉCO
certaines conditions restrictives. Ces conditions font partie intégrante de la loi
de comportement du matériau. Elles ont pour origine la microstructure du matériau
sous-jacente à la modélisation macroscopique du mécanicien. Elles s’expriment par
une ou plusieurs relations indépendantes portant sur le gradient de la transformation
F (X, t) . Elles doivent satisfaire le principe d’isotropie de l’espace (cf. § 4.1) et ne
portent donc sur F (X, t) qu’à travers le tenseur des déformations e(X, t) ou le tenseur
des dilatations C(X, t) . Le nombre de ces relations indépendantes ne peut dépasser
6 (si n = 6, le matériau est indéformable).

L’exemple le plus fréquent d’une telle liaison interne est la liaison dite « d’in-
U E
IQ
compressibilité » qui exprime l’invariance du volume de l’élément de matière dans

N
toute transformation réelle pour le matériau considéré. Elle s’écrit en allégeant les
H
EC
notations :

(4.28)
Y T
det F = 1 ou
L
det (1l + 2e) = 1 .

PO
Un autre exemple pourra être « l’inextensibilité » dans une direction donnée, signifi-
E
L
cative pour le matériau, qui exprime l’invariance de longueur dans cette direction.

O
ÉC
On supposera ici plus particulièrement que les liaisons internes se traduisent par
n relations indépendantes portant sur e que l’on écrira :

(4.29) ϕp (e) = 0 , p = 1, . . . , n (1 ≤ n ≤ 6) .

De même que ψ(T, e) au paragraphe 4.2, les fonctions ϕp (e) ne sont physiquement
définies que sur l’ensemble des tenseurs e symétriques. On convient de les écrire en
considérant les 9 composantes de e comme distinctes et en adoptant des formes symé-
triques en eij et eji satisfaisant ainsi l’équation homologue de (4.18). Il s’ensuit que
∂ϕp (e)
les tenseurs , qui interviendront dans la suite, sont symétriques (cf. (4.19)).

E
∂e

I Q U
L’écriture (4.29) pour les liaisons internes appelle les mêmes remarques que celles déjà faites

H N
au paragraphe 4.1 à propos de l’ecriture de ψ sous la forme (4.2). Elles sont illustrées par les

C
deux exemples cités. La liaison d’incompressibilité est évidemment isotrope ; elle s’exprime

TE
authentiquement sous la forme (4.29) où ϕ est une fonction du seul tenseur e :

(4.30)
LY
ϕ(e) = det (1l + 2e) − 1 = 0 .

PO
En revanche la liaison d’inextensibilité dans une direction définie par le vecteur unitaire U

E
L
dans κ0 s’écrit :
(4.31)

ÉC O ϕ(e) = e : (U ⊗ U) = 0

qui met en évidence que ϕ n’est pas à proprement parler une fonction du seul tenseur e. La
notation (4.29), bien comprise, n’induit néanmoins pas de confusion.

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4 – Loi de comportement thermoélastique 33

U E
Obtention de la loi de comportement
N IQ
EC H
L’inégalité de Clausius-Duhem (3.39) est écrite à partir d’un état quelconque de

Y T
la particule défini par les variables T et e vérifiant les liaisons internes (4.29) : elle

L
PO
concerne les évolutions thermomécaniques définies par T et ė symétrique qui vérifient
les liaisons internes, c’est-à-dire telles que :

O
(4.32)L E ∂ϕp (e)

ÉC
ϕ̇p = : ė = 0 , p = 1, . . . , n (1 ≤ n ≤ 6) .
∂e
Ainsi, au lieu de (4.13), il vient :
(4.33)


 ∀T > 0 , ∀e symétrique tel que (4.29) ,


∀Ṫ , ∀ė symétrique tel que (4.32) ,

Ç å
∂ψ(T, e) ∂ψ(T, e) q

E

: ė + s(T, e) Ṫ − 0 . ∇T ≥ 0 .

 π (T, e) : ė − ρ0 Ṫ +

U

∂T ∂e T

N
A partir de cette inégalité, par les mêmes arguments que pour (4.13) puisque ė = 0
IQ
de Ṫ et de ė, sous la forme :
EC H
satisfait évidemment (4.32), on retrouve l’inégalité de la conduction, indépendante

LY T
∀T > 0 , ∀e symétrique satisfaisant (4.29) ,

PO
(4.34)

E
−q0 . ∇T ≥ 0

O L
La dissipation intrinsèque volumique est une fome linéaire en Ṫ et ė qui doit conser-

ÉC
ver un signe constant pour Ṫ quelconque et quel que soit ė symétrique, satisfaisant
(4.32). On en déduit d’abord, comme dans le cas de (4.13) l’expression de l’entropie :

 ∀T > 0 , ∀e symétrique satisfaisant (4.29) ,


(4.35)
 s(T, e) = − ∂ψ(T, e) .
∂T
Ensuite, puisque l’ensemble des ė symétriques et satisfaisant (4.32) a une structure
d’espace vectoriel, on a :


 ∀T > 0 , ∀e symétrique satisfaisant (4.29) ,

E

 ∀ė symétrique satisfaisant (4.32) ,

U
(4.36)
∂ψ(T, e)
I Q

N

 [π(T, e) − ρ0 ] : ė = 0

H

∂e

On en déduit (13) , compte tenu de la symétrie de π , de


TE C ∂ψ(T, e) ∂ϕp (e)

Y
et des ,

L
∂e ∂e

PO
(13) L’égalité
Ä ∂ψ ä
(4.36) exprime que le tenseur est orthogonal à tous les tenseurs ė symé-

E
π − ρ0
∂e

triques respectant (4.32).


O
Ä
L ∂ψ ä
est donc un élément de l’espace vectoriel engendré par les

ÉC
π − ρ0
∂e
∂ϕp (e)
tenseurs .
∂e

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34 Chapitre VII – Le comportement thermoélastique

U E
∂ψ(T, e)
N IQ
H
que le tenseur π(T, e) − ρ0 est une combinaison linéaire quelconque des n

EC
∂e

T
∂ϕp (e)

Y
tenseurs .

L
∂e

PO
On aboutit ainsi aux formules homologues de (4.20) qui expriment la loi de com-

E
L
portement thermoélastique avec liaisons internes :

ÉC O ∀T > 0 , ∀e symétrique tel que ϕp (e) = 0 , p = 1, . . . , n (1 ≤ n ≤ 6)


(4.37) ∂ψ(T, e) ∂ϕp (e) (14)
π(T, e) = ρ0 + ηp
∂e ∂e

U E
IQ
où les ηp sont n scalaires arbitraires : ce sont les multiplicateurs de Lagrange

N
associés à chaque liaison interne. On voit que π est indéterminé par les n termes

ηp
∂ϕp (e)

EC H
qui sont n tenseurs symétriques. L’indépendance des liaisons internes im-

T
∂e

plique que les n tenseurs symétriques


LY ∂ϕp (e)
sont, pour toute valeur de e respectant

PO
∂e

O L E
les liaisons internes (4.29), linéairement indépendants.

ÉC
La formule (4.37) qui exprime la loi de comportement du matériau insiste sur le
fait que les liaisons internes (4.29) font partie intégrante de celle-ci. Dans cette loi de
∂ϕp (e)
comportement les n termes ηp viennent compenser, au niveau des contraintes,
∂e
les restrictions imposées aux déformations. Cette idée de « compensation » dans la
loi de comportement s’éclaire dès que l’on considère l’analyse d’un système constitué
d’un tel matériau, c’est-à-dire que l’on se place du point de vue global d’un problème
d’évolution thermoélastique tels qu’ils seront posés et étudiés au chapitre VIII. La for-
mule (4.37) écrite en chaque point du système introduit alors n champs scalaires ηp
indéterminés. Pour un problème d’évolution quasi-statique bien posé et dont les don-
nées aux limites cinématiques sont compatibles avec les liaisons internes, ces champs
sont déterminés, dans la construction d’une solution, par l’ensemble des équations
U E
de champs et des conditions aux limites du problème comme on le verra au chapitre
VIII (§ 1.3).
N I Q
C H
TE
Par ailleurs quelques précisions peuvent être apportées quant aux équations (4.37).

LY
• Il est clair que, pour un jeu de liaisons internes donné, la représentation sous la

PO
forme (4.29) n’est pas unique mais que les différentes représentations définissent à

E
travers (4.32) le même sous-espace des ė symétriques compatibles avec les liaisons

L
internes. Il en résulte que les différentes expressions correspondantes de la loi de
O
ÉC
comportement sont équivalentes.

(14) On rappelle la sommation sur l’indice répété p.

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4 – Loi de comportement thermoélastique 35

U E
1

N
2
IQ
• Si l’on considère deux tenseurs π et π satisfaisant à la loi de comportement

EC H
(4.37) pour les mêmes valeurs de T et de e , et un taux de déformation ė satisfaisant

T
les liaisons internes (4.32), on a évidemment :
(4.38)
LY π 1 (T, e) : ė = π 2 (T, e) : ė ;

E PO
autrement dit les puissances des efforts intérieurs dans un taux de déformation

L
compatible avec les liaisons internes sont identiques. Le tenseur (π 1 − π 2 ) est un

O
ÉC
tenseur inopérant dans toute évolution respectant les liaisons internes à partir
de l’état actuel. Ainsi la loi de comportement (4.37) définit les liaisons internes du
matériau et détermine les contraintes à un tenseur inopérant près.
• La nullité de la dissipation intrinsèque exprimée par (4.35) et (4.36), implique
que les liaisons internes sont parfaites. C’est une conséquence des hypothèses de
la thermoélasticité posées au paragraphe (4.1)

4.4 Respect des symétries de la matière

U E
IQ
Déjà introduit au chapitre VI (§ 4.2) à propos de l’écriture de la fonction de charge,

N
le principe du respect des symétries de la matière s’impose à la loi de comportement
H
EC
thermoélastique : il exprime l’invariance de cette loi dans toute transformation iso-

T
métrique appartenant au groupe des symétries du matériau.

LY
PO
La loi de comportement thermoélastique est écrite, par les formules (4.20) ou
(4.37), en représentation lagrangienne : les symétries du matériau sont définies dans

L E
la configuration de référence correspondante.

O
ÉC
Le groupe G des symétries matérielles dans la configuration κ0 peut être caractérisé
par les deux énoncés équivalents :
• il n’est pas possible, dans la configuration κ0 , de discerner deux éléments qui se
déduisent l’un de l’autre par une isométrie appartenant au groupe G ; ils réagissent
identiquement l’un et l’autre, sous une même sollicitation quelconque ;
• si l’on applique à un élément donné deux sollicitations distinctes déduites l’une de
l’autre au moyen d’une isométrie du groupe G, les réponses sont distinctes mais se
déduisent l’une de l’autre au moyen de la même isométrie.
Il est utile ici d’expliciter l’écriture de ψ en supposant choisi un repère R, ortho-
normé pour simplifier (comme dans la formule (4.3)) :
(4.39) ψ = ψR (T, ẽ)
U E
où ẽ désigne la matrice de e dans ce repère.
N I Q
C H
Le respect des symétries du matériau dans la configuration κ0 impose à ψ la
condition mathématique :

LY TE
PO
(4.40) ∀ẽ , ∀α̃ ∈ G , ψR (T, ẽ) = ψR (T, tα̃ . ẽ . α̃) .

E
On vérifie alors que l’on a bien, par la loi de comportement (4.20), la relation :

O L

ÉC
 ∀ẽ , ∀α̃ ∈ G ,
(4.41)
π̃ R (T,t α̃ . ẽ . α̃) = tα̃ . π̃ R (T, ẽ) . α̃ .

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36 Chapitre VII – Le comportement thermoélastique

U E
N IQ
Selon les cas il sera commode pour exprimer et exploiter le principe du respect

EC H
des symétries de la matière, soit de raisonner sur la fonction ψ et d’appliquer (4.40)

T
comme on le fera au paragraphe 4.5, soit d’écrire (4.41) au niveau des tenseurs des

Y
déformations et des contraintes (cf. § 5.7).
L
PO
Les considérations homologues des précédentes valent évidemment pour l’expres-

E
L
sion des liaisons internes.

É C4.5OMatériau thermoélastique isotrope dans la configuration


de référence
Pour le matériau isotrope (au sens de Cauchy) dans la configuration de référence,
le groupe G est le groupe de toutes les isométries, directes et indirectes. Cela signifie
que l’on ne peut distinguer par leurs réponses à des sollicitations identiques, ni deux
éléments d’orientations différentes, ni un élément et son image dans une glace.

U E
IQ
On retrouve alors l’argumentation déjà développée au chapitre VI (§ 4.2) à propos

N
de la fonction de charge. Ainsi :

EC
 ∀ẽ , ∀α̃ tel que tα̃ . α̃ = 1̃l ,H
(4.42)

LY T
ψR (T, ẽ) = ψR (T, tα̃ . ẽ . α̃) .

E PO
La fonction ψ apparaît comme une fonction scalaire (isotrope) du (seul)

L
tenseur e , ce qui traduit bien le fait que le matériau ne possède pas de directions
O
ÉC
privilégiées qui orienteraient son comportement(15) .

En application du théorème de représentation puisque e est symétrique (chapitre


VI, § 2.7 ; annexe I, § 5.7), ψ s’exprime nécessairement comme une fonction de T et
des invariants du tenseur e.

On pose :
1 1
(4.43) I10 = tr e , I20 = tr e2 , I30 = tr e3
2 3
et ψ s’écrit :

U E
(4.44) ψ(T, e) = ψ(T, I10 , I20 , I30 )

N I Q
C H
Y TE
On comprend mieux ici la signification du mot « exploiter » employé à la fin du

L
PO
paragraphe 4.4 : le principe de respect des symétries de la matière permet de préciser
la forme qu’a nécessairement la fonction ψ et, comme on le verra au paragraphe 5.3,

L E
permet de réduire a priori le nombre des coefficients indépendants caractérisant le

O
comportement du matériau qui sont à déterminer expérimentalement.

ÉC
(15) L’écriture ψ(T, e) pour le potentiel thermodynamique est, dans ce cas, pleinement justifiée du

point de vue mathématique.

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4 – Loi de comportement thermoélastique 37

U E
N IQ
L’isotropie correspondant évidemment au groupe de symétries matérielles le plus

EC H
vaste (toutes les isométries), l’expression (4.44) représente la forme la plus réduite

T
possible pour ψ (sans l’introduction d’hypothèses supplémentaires).

LY
PO
On déduit sans difficulté de (4.43) les formules suivantes :

(4.45)

O L E ∂I10
∂e
= 1l ,
∂I20
∂e
=e ,
∂I30
∂e
= e2 = e . e

ÉC
d’où par (4.20), pour le matériau sans liaisons internes (en allégeant les notations) :
Å
∂ψ ∂ψ ∂ψ 2
ã
(4.46) π = ρ0 1
l + e + e
∂I10 ∂I20 ∂I30
∂ψ ∂ψ ∂ψ
dans laquelle , et sont des fonctions de T, I10 , I20 , I30 .
∂I10 ∂I20 ∂I30
Cette expression de la loi de comportement du matériau thermoélastique isotrope
U E
IQ
met notamment en évidence le résultat remarquable :

H N
Y T EC
pour le matériau thermoélastique isotrope dans la configuration de
référence, les directions principales de e sont principales pour π.

PO L
L E
Pour le matériau avec liaisons internes, si l’hypothèse d’isotropie est physiquement

O
validée, elle concerne toutes les fonctions qui expriment le comportement du matériau

ÉC
et donc, en particulier, les liaisons internes. Les fonctions ϕp (e) ne dépendent, elles
aussi, que des invariants I10 , I20 , I30 et l’on obtient pour π :

 π = ρ0 ∂ψ 1l + ∂ψ e + ∂ψ e2 + ηp ∂ϕp 1l + ∂ϕp e + ∂ϕp e2
Å ã Å ã

(4.47) ∂I10 ∂I20 ∂I30 ∂I10 ∂I20 ∂I30

 ϕ (I 0 , I 0 , I 0 ) = 0 , p = 1, . . . , n
p 1 2 3 1≤n≤3.

Le résultat de coïncidence des directions principales de π et de e est conservé.

On peut enfin signaler qu’il n’y a pas de contradiction mathématique à exprimer le


comportement thermoélastique d’un matériau au moyen d’un potentiel ψ(T, e) fonc-
tion isotrope de e avec des liaisons internes anisotropes ; le matériau correspondant est
U E
évidemment anisotrope. Des modèles physiquement réalistes de matériaux composites
renforcés ont cette forme.
N I Q
C H
4.6 Les liaisons internes du point de vue eulérien
LY TE
PO
À partir de l’état actuel satisfaisant (4.29), les liaisons internes s’expriment, du point de vue

E
eulérien, par les conditions portant sur le taux (eulérien) de déformation qui sont déduites

L
de (4.32) en appliquant la formule de correspondance donnée au chapitre III :

(4.48)
ÉC O (
ė(X, t) =tF (X, t) . d(x, t) . F (X, t)

x = φ(X, t) .

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38 Chapitre VII – Le comportement thermoélastique

U E
Il vient ainsi :
N IQ
 Ä

EC
∂ϕp (e(X, t))
H ä
. tF (X, t) : d(x, t) = 0

T

 F (X, t) .
∂e

Y

L
(4.49) x = φ(X, t)

PO


E

p = 1, . . . , n (1 ≤ n ≤ 6) .

O L
La loi de comportement (4.37) fournit l’expression du tenseur des contraintes de Cauchy

ÉC
σ(x, t) en appliquant la formule de correspondance donnée au chapitre V :

 σ(x, t) = ρ(x, t) F (X, t) . π(X, t) . tF (X, t)
(4.50) ρ0 (X)
x = φ(X, t) .

Il vient ainsi pour σ(x, t)



 ∀T , ∀e(X, t) symétrique tel que (4.29) ,

E

U


 ∂ψ(T, e(X, t))
t

IQ
σ(x, t) = ρ(x, t) F (X, t) . . F (X, t)


(4.51) ∂e

H N
∂ϕp (e(X, t))

. tF (X, t)

EC

 +ηp0 F (X, t)

 ∂e

T


p = 1, . . . , n (1 ≤ n ≤ 6)

LY
où les ηp0 sont les scalaires arbitraires liés aux ηp de (4.37) par ηp0 = ηp ρ(x, t)/ρ0 (X) .

E PO
En rapprochant (4.49) et (4.51) on obtient le résultat (attendu) : l’indétermination intro-
duite dans l’expression (4.51) du tenseur des contraintes de Cauchy consiste en un tenseur

O L
inopérant dans les évolutions respectant (4.49). À titre d’exemple, pour la liaison interne d’in-

C
compressibilité (4.30), l’expression eulérienne (4.49) n’est autre que tr d(x, t) = 0 ; il s’ensuit

5
ÉThermoélasticité
que l’indétermination sur σ(x, t) dans (4.51) est un tenseur inopérant, donc de la forme η0 1l .

linéaire en l’absence de liaisons


internes
5.1 Présentation
Les constatations expérimentales évoquées dans la section 2 de ce chapitre ont
mis en évidence deux points essentiels : la réversibilité du diagramme de charge et sa
linéarité dans tout ou partie de la phase élastique (§ 2.2) pour des déformations qui
demeurent faibles.
U E
On a vu au paragraphe 4.2 comment la loi de comportement (4.20) rend compte
N I Q
C H
de la réversibilité. On se propose maintenant d’examiner la linéarisation de cette loi,

TE
de façon à rendre compte aussi de la linéarité observée.

LY
5.2 Linéarisation physique
E PO
O L
Écriture de la loi de comportement linéarisée

ÉC
On prend comme configuration de référence la configuration dite initiale κ0 ,
à partir de laquelle on se restreint à l’étude des déformations infinitésimales

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5 – Thermoélasticité linéaire en l’absence de liaisons internes 39

U E
chapitre II (§ 7.1) définies par :
N IQ
EC H
T
(5.1) kek  1

LY
PO
et des « petites variations de température » :

(5.2)

O L E τ = (T − T0 ) « petit » .

ÉC L’idée est alors que, sous ces hypothèses, en l’absence de liaisons internes, il est
légitime de linéariser les équations de comportement (4.16) et (4.20), c’est-à-dire de
les écrire sous la forme d’expressions linéaires affines en e et τ . Ces expressions ne sont
∂ψ(T, e) ∂ψ(T, e)
autres que les développements polynomiaux à l’ordre 1 de − et de ρ0 ,
∂T ∂e
obtenus par dérivations du développement polynomial à l’ordre 2 de ρ0 ψ(T, e).

E
En laissant de côté ici (16) le terme de degré zéro, qui est sans importance dans la

U
IQ
dérivation, ce développement s’écrit :

H N
EC
1 1

T
(5.3) ρ0 ψ(T, e) = π 0 : e − ρ0 s0 τ + e : A : e − k : e τ − ρ0 b τ 2

Y
2 2

PO L
O L E
Dans cette expression,

ÉC
• s0 et b sont des constantes physiques scalaires ;

• π 0 est un tenseur physique constant et est symétrique pour respecter la conven-


tion (4.18) d’écriture symétrique de ρ0 ψ(T, e) ;

• de même le tenseur physique constant k est symétrique ;

• A est un tenseur physique constant du quatrième ordre et le terme quadratique


correspondant s’écrit en base orthornormée :

1 1


 e : A : e = eji Aijk` e`k
2 2
E
(5.4)
 A = Aijk` ei ⊗ ej ⊗ ek ⊗ e`

Q U

N I
H
• pour satisfaire la condition (4.18) d’écriture symétrique de ρ0 ψ(T, e), le tenseur A
C
TE
est symétrique sur les indices i et j d’une part, k et ` de l’autre :

LY
PO
(5.5) Aijk` = Ajik` = Aij`k = Aji`k .

L E
Ces symétries réduisent ainsi à 36 le nombre des composantes tenseur A qui sont

O
ÉC
indépendantes.
(16) Cf. chapitre X § 3.5, à propos de la formule (3.23).

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40 Chapitre VII – Le comportement thermoélastique

U E
N IQ
Par dérivation de 5.3 on obtient les expressions de s et de π issues de (4.16) et
(4.20) :

EC H
Y T 1

L
 s0 = s + k : e + bτ

PO
(5.6) ρ0
 π = π 0 + 1 A : e + 1 e : A − kτ

E

L
2 2

ÉC O
Une ultime simplification est apportée à cette formule en remarquant que le dé-
doublement du terme linéaire en e est un artefact mathématique sans signification
physique, dû au dédoublement des termes « rectangles » de la forme quadratique
(5.4). Selon l’usage on pose :
(5.7) Aijk` = Ak`ij ,

ce qui réduit à 21 le nombre des composantes du tenseur A indépendantes(17) par

E
symétrie entre les groupes d’indices (i, j) et (k, `).

On a alors :
IQ U

Å
1
ã

H N
EC
(5.8) e:A:e =A:e
∂e 2
et
LY T
E PO
L
1

O
s = s0 + k : e+bτ

ÉC
ρ0
(5.9)
π = π0 + A : e − k τ

ou, en composantes :
0

 πij = πij + Aijk` e`k − kij τ

(5.10) 1
 s = s0 + kij eji + b τ .

ρ0

Interprétation physique des constantes

U E
Ces résultats permettent d’interpréter physiquement les constantes introduites
N I Q
H
dans l’expression (5.3) relativement à la configuration κ0 autour de laquelle est effec-

C
TE
tuée la linéarisation.

• Valeurs initiales.
LY
PO
Le tenseur symétrique π 0 apparaît comme le tenseur des contraintes initiales :
E
L
ce sont les contraintes qui correspondent à une déformation nulle et à un écart de

O
ÉC
(17) Cetteréduction n’a rien de magique ! Il s’agit simplement du nombre des termes d’une forme
quadratique sur un espace à 6 dimensions (les composantes indépendantes de e), qui est aussi le
nombre de coefficients indépendants d’un tableau 6 × 6 symétrique.

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5 – Thermoélasticité linéaire en l’absence de liaisons internes 41

U E
N IQ
température nul par rapport à la configuration de référence κ0 . La formule linéaire

EC H
(5.8) exprime que, en représentation lagrangienne, la contrainte π résulte de la su-

T
perposition de la contrainte initiale π 0 , de la contrainte A : e induite à température

LY
constante par la seule déformation e et de celle −k τ induite par l’écart de température

PO
τ à déformation constante.

L E
s0 est l’entropie massique initiale définie de la même manière.
O
ÉC
• Coefficients thermiques.

On a évidemment, à partir de (5.9) :

1
(5.11) T ṡ = T k : ė + T b τ̇
ρ0

Le premier membre de cette égalité, qui a les dimensions d’une puissance massique,
est, irréversibilités thermiques mises à part, le taux massique de chaleur reçue pour
U E
IQ
des vitesses de déformation et d’écart de température ė et τ̇ ; ainsi :
1

H N
T k est le tenseur des chaleurs latentes massiques de déformation dans κ0 .

EC
ρ0

T
Ce tenseur symétrique est défini par ses 3 valeurs principales, constantes physiques ca-

Y
ractéristiques du matériau dans la configuration κ0 , et par les trois angles qui positionnent

PO L
ses directions principales, physiquement significatives dans l’élément de matière, par rapport
au repère choisi pour l’étude.

E
T b est la chaleur massique à déformation constante.

O L
• « Petite » variation de température.

ÉC
La notion de petite variation de température peut être précisée à partir de (5.9) :
les contraintes −k τ engendrées par la variation de température τ doivent être du
même ordre de grandeur que des contraintes A : e engendrées par une déformation e
vérifiant la condition (5.1) des déformations infinitésimales.

• Coefficients d’élasticité.

Le tenseur A est le tenseur d’élasticité qui, à température constante, lie les


contraintes aux déformations. Le décompte effectué plus haut montre que, dans un
repère quelconque, le tenseur A correspond à 21 coefficients indépendants. Il s’agit là
du cas général du matériau qui ne possède aucune symétrie matérielle particulière,
U E
appelé aussi « matériau ælotrope ». Comme pour les coefficients thermiques, ces 21
N I Q
H
coefficients sont définis par 18 modules élastiques, constantes physiques caracté-

TE C
ristiques du matériau dans la configuration κ0 , et par les trois angles qui définissent
l’orientation de l’élément de matière par rapport au repère choisi pour l’étude.

LY
E PO
Ceci est à rapprocher des développements donnés au chapitre VI (§ 4.2) à propos de la fonction
de charge et du principe d’isotropie de l’espace. Dans un repère orthonormé R significatif pour

O L
le matériau, la fonction ψR (T, ẽ) de la formule (4.39) s’exprime en thermoélasticité linéaire

ÉC
en fonction de 18 coefficients qui sont des constantes physiques du matériau. L’expression de
ψ dans un repère R0 orthonormé quelconque s’obtient alors à partir de ψR par :

ψR0 (T, ẽ0 ) = ψR (T, tα̃ . ẽ . α̃)

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42 Chapitre VII – Le comportement thermoélastique

U E
N IQ
où la matrice α̃ de changement de repères est définie par les angles d’Euler qui caractérisent

EC H
l’orientation du matériau par rapport à R0 .

LY T
Les modules élastiques ont les dimensions d’une contrainte : ils s’expriment

PO
en pascal (Pa) mais pour les matériaux courants on aura plus souvent recours au

E
mégapascal (MPa).

L
É C5.3OMatériau thermoélastique linéaire isotrope
La loi de comportement du matériau thermoélastique linéaire, isotrope dans la
configuration de référence s’obtient en combinant les résultats des paragraphes 4.5 et
5.2.

Le développement polynomial au second degré de ρ0 ψ(T, e) en fonction de τ et

E
des composantes de e, ne doit plus faire intervenir que les invariants de e définis par

de ρ0 ψ(T, e) pour le matériau thermoélastique linéaire isotrope :


IQ U
(4.43). Il en résulte, compte tenu de l’ordre de I10 , I20 , I30 , l’expression la plus générale

H N
(5.12)
Y T
ρ0 ψ(T, e) = π 0 I10 − ρ0 s0 τ +
λ 02
EC 1
I + 2 µ I20 − k I10 τ − ρ0 b τ 2

PO L 2 1 2

O L E
On remarque que dans cette formule π 0 , s0 , λ, µ, k et b sont toutes des constantes

ÉC
scalaires.

On en déduit, par application de (4.16), (4.20) et (4.46) :

π = π 0 1l + λ I10 1l + 2 µ e − k τ 1l

1
s = s0 + k I0 + b τ
ρ0 1

ou encore

U E
(5.13) π = π 0 1l + λ (tr e) 1l + 2 µ e − k τ 1l

N I Q
H
1

C
(5.14) s = s0 + k( tr e) + b τ

TE
ρ0

LY
PO
On voit sur cette expression de la loi de comportement que le tenseur des

O L E
contraintes initiales π 0 est ici nécessairement isotrope : π 0 = π 0 1l.

ÉC
Le tenseur k est, lui aussi, isotrope en raison de l’isotropie du matériau : ses valeurs
principales sont égales entre elles. il n’y a qu’un seul coefficient thermique :
k = k 1l.

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5 – Thermoélasticité linéaire en l’absence de liaisons internes 43

U E
N IQ
Enfin, pour la même raison d’isotropie, on aboutit au résultat particulièrement

EC H
remarquable(18) : le tenseur des coefficients d’élasticité A ne dépend que des 2

LY T
constantes physiques λ et µ.

PO
L’élasticité linéaire du matériau isotrope est caractérisée par deux

O L E
modules élastiques.

ÉC À partir de la configuration de référence sans contrainte initiale (π 0 = 0), les


constantes λ et µ sont appelées coefficients d’élasticité de Lamé (19) : en particu-
lier µ, qui est parfois aussi noté G est le module de cisaillement.

On verra dans la suite (§ ,5.4), à propos de la linéarisation géométrique en trans-


formation infinitésimale, que ces constantes physiques sont également valables pour
l’écriture de la loi de comportement linéarisée autour d’un état de référence pré-
contraint thermoélastiquement dans une transformation infinitésimale à partir de la
configuration sans contrainte initiale. Ceci explique leur importance pratique.
U E
N IQ
L’inversion de la loi de comportement (5.13), exprimant e en fonction de π et τ ,

EC H
est aisée. Il est d’usage de mettre la formule inverse sous la forme :

LY T
PO
1+ν ν
(5.15) (e − e0 ) = π − (tr π) 1l + α τ 1l
E E

O L E
ÉC
qui fait intervenir 3 constantes élastiques et thermiques E, ν, α.

e0 apparaît comme la déformation dans l’état de contrainte nulle (π = 0) et pour


un écart de température nul, par rapport à la configuration (ou état) de référence.
Elle vaut :
1 − 2 ν 0 (20)
(5.16) e0 = − π 1l .
E

Si π 0 = 0 et donc aussi e0 = 0

E est le module d’élasticité de Young qui a les dimensions d’une contrainte (21) ,

U E
ν est le coefficient de Poisson, nombre sans dimension (22) ,

N I Q
α est le coefficient de dilatation thermique linéique.

C H
TE
(18) On a : Aijk` = λ(δij δk` ) + µ(δik δj` + δi` δjk ).

LY
(19) G. Lamé (1795-1870). La constante λ est souvent appelée « constante de Lamé ».

PO
(20) La similitude des notations peut être trompeuse : π 0 et e0 ne correspondent pas au même

E
état du matériau, sauf lorsqu’ils sont tous deux nuls (état de contrainte nul dans la configuration de

L
référence).

O
(21) Médecin, physicien (franges de Young), mécanicien, T. Young (1773-1829) était également un re-

ÉC
marquable spécialiste des langues modernes et anciennes qui s’intéressa à l’égyptologie et notamment
au déchiffrement des hiéroglyphes.
(22) D. Poisson (1781-1840).

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44 Chapitre VII – Le comportement thermoélastique

U E
N IQ
La validité de ces constantes, comme celle de λ, µ et k s’étend à l’écriture de la

EC H
loi de comportement linéarisée autour d’un état de référence précontraint.

Y T
Il est utile d’écrire les formules permettant de passer des coefficients d’élasticité

L
PO
de Lamé au module de Young et au coefficient de Poisson :

E

L
(3 λ + 2 µ) λ
 E=µ ν=
O


(λ + µ) 2(λ + µ)

ÉC
(5.17) ν E
 λ=E µ=


(1 + ν)(1 − 2 ν) 2(1 + ν)

Eα k
(5.18) k= α=
1 − 2ν 3λ + 2µ
L’équation (5.15) adoptée pour exprimer l’inverse de la relation linéaire (5.13) peut surprendre

E
par la complication de son écriture. L’explication de ce choix réside dans la signification, et

U
donc dans l’accessibilité expérimentale, des coefficients élastiques E et ν. Le résultat qui

IQ
vient d’être obtenu pour le matériau isotrope est en effet particulièrement remarquable si

N
l’on se réfère à l’expérience de traction-compression. Il signifie qu’une seule expérience de

EC H
traction (ou compression) simple, effectuée en déformation infinitésimale selon une direction
eX quelconque pour le matériau, dans laquelle on impose le tenseur des contraintes de la forme

LY T
π = πXX eX ⊗ eX à partir de l’état initial π 0 = 0 avec l’écart de température τ = 0 permet,
par la mesure de e , de déterminer complètement le comportement élastique du matériau

PO
isotrope. En effet e apparaît de la forme : e = eXX eX ⊗eX +(eY Y = eZZ ) (eY ⊗eY +eZ ⊗eZ )

E
où eY et eZ forment avec eX un trièdre orthonormé quelconque. On a ainsi :

O L E = πXX /eXX et ν = −eY Y /eXX = −eZZ /eXX ,

ÉC où eXX , eY Y et eZZ sont les allongements unitaires selon eX , eY et eZ linéarisés en dé-


formation infinitésimale (chapitre II, § 7.1). La réalisation et l’interprétation de cette
expérience sont évidemment facilitées dans le cas de la transformation infinitésimale qui sera
étudié aux paragraphes 5.4 et 5.5.
Par ailleurs une expérience de dilatation (ou de rétraction) thermique, où l’on impose τ avec
π = π 0 = 0 permet de déterminer α :

α = (tr e) /3τ = eXX /τ ,

où tr e n’est autre que la déformation volumique linéarisée, tr e ' (dΩt − dΩ0 )/dΩ0 , en
déformation infinitésimale.

5.4 Transformation infinitésimale : linéarisation géométrique


U E
On rappelle la correspondance entre les tenseurs des contraintes de Cauchy et de
N I Q
Piola-Kirchhoff (chapitre V, § 4.1) :
C H
(5.19) σ=
ρ
ρ0
F . π . tF

LY TE
avec F = (1l + ∇ξ) .

E PO
On déduit alors de la loi de comportement thermoélastique linéaire (5.9) l’expres-
sion de σ :
O L
(5.20)
ÉC σ=
ρ
ρ0
F . π 0 . tF +
ρ
ρ0
F . (A : e) . tF −
ρ
ρ0
F . k τ . tF .

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5 – Thermoélasticité linéaire en l’absence de liaisons internes 45

U E
N IQ
On se propose maintenant d’examiner la possibilité de poursuivre la linéarisation

EC H
de l’équation de comportement (5.20) pour aboutir à une relation linéaire entre le

T
tenseur des contraintes de Cauchy σ, le tenseur des déformations linéarisé ε et l’écart

Y
de température τ . Cette nouvelle étape de linéarisation est appelée linéarisation
L
PO
géométrique car elle s’appuie sur l’hypothèse de la transformation infinitésimale.

L E
Transformation infinitésimale

O
ÉC
L’hypothèse de la transformation infinitésimale

(5.21) k ∇ξ k  1

a été énoncée au chapitre (chapitre II, § 5.1) pour la linéarisation du tenseur des défor-
mations de Green-Lagrange ; de plus elle permet de confondre les gradients lagrangien
et eulérien du déplacement ξ pris aux points homologues l’un de l’autre dans la confi-
guration de référence et dans la configuration actuelle(23) . On a ainsi, en négligeant
les termes du deuxième ordre en k ∇ξ k :
U E
(5.22) t

N
t
IQ
H
e ' ε = (∇ξ + ∇ξ)/2 ' (grad ξ + grad ξ)/2 ;

on a aussi, au même ordre :

Y T EC
(5.23)

PO L
ρ/ρ0 = dΩ0 /dΩ ' (1 + tr ε)−1 ' (1 − tr ε) .

L E
Il en résulte que, dans l’hypothèse de la transformation infinitésimale, la loi de

O
comportement thermoélastique (5.20) se réduit, au premier ordre en k∇ ξk, à :

ÉC
(5.24) σ ' π 0 (1 − tr ε) + grad ξ . π 0 + π 0 . tgrad ξ + A : ε − k τ

qui s’explicite en fonction des parties symétrique ε et antisymétrique w de grad ξ

(5.25) grad ξ = ε + w

sous la forme :

(5.26) σ ' π 0 + [w . π 0 − π 0 . w] + {−π 0 tr ε + ε . π 0 + π 0 . ε + A : ε} − k τ .

U E
Q
Dans cette formule, le terme entre [ ... ], symétrique exprime simplement comment,
dans une transformation rigidifiante infinitésimale de l’élément de matière, en l’ab-
N I
H
sence de déformation et de variation de température, le tenseur π 0 est transformé

C
TE
pour aboutir au tenseur de Cauchy homologue σ 0 , qui « suit l’élément ». Le terme

Y
entre { ... } représente une application linéaire en ε, que l’on peut écrire :

(5.27)
PO L
−π 0 tr ε + ε . π 0 + π 0 . ε + A : ε = (A + B − π 0 ⊗ 1l) : ε

O L E
ÉC
(23) Comme dans la section 4.6, il pourrait être opportun d’expliciter la dépendance spatiale et

temporelle de chacune des grandeurs qui interviennent dans les équations. Il est malheureusement
évident que les formules deviendraient alors vite inextricables et il paraît préférable de se satisfaire de
la dépendance implicite qui apparaît à travers les notations choisies, sans risque majeur d’ambiguïté.

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46 Chapitre VII – Le comportement thermoélastique

U E
N IQ
où les Bijk` ont les mêmes symétries que les Aijk` et sont définis à partir de π 0 par
0 0

EC H 0 0

T
(5.28) Bijk` = (πik δ`j + π`j δik + πi` δkj + πkj δi` )/2 .

LY
PO
On obtient ainsi, pour σ , l’expression :

(5.29)

O L E σ ' π 0 + [w . π 0 − π 0 . w] + (A + B − π 0 ⊗ 1l) : ε − k τ .

ÉC On voit, tant sur (5.26) que sur (5.29), que les difficultés pour aboutir à une
relation linéaire entre σ , ε et τ sont essentiellement dues au tenseur des contraintes
initiales. Plusieurs hypothèses relatives à π 0 permettent de poursuivre la linéarisation.
La plus évidente est celle de l’état de réfèrence naturel.

État de référence naturel

Par définition, l’état de référence est dit naturel s’il correspond à un état de
contrainte nul dans l’élément de matière :
U E
(5.30) π = 0 pour e=0
N
et τ = 0
IQ
c’est-à-dire, par (5.8),
EC H
(5.31)
LY T π0 = 0 .

E PO
La relation linéaire entre σ , ε et τ résulte alors immédiatement de (5.26) sous la
forme :
O L
(5.32)
ÉC σ ' A : ε−kτ ,

que dans la suite, selon l’usage, on écrira en remplaçant le signe ' par le signe d’égalité
stricte :

(5.33) σ = A : ε−kτ

Le résultat obtenu est essentiel :

Dans l’hypothèse de la transformation infinitésimale(24) , la loi de com-


U E
portement thermoélastique linéarisée à partir de l’état de référencee na-
turel s’exprime sous des formes identiques en fonction de π , e et τ ou en
N I Q
fonction de σ , ε et τ .
C H
Y
En particulier, pour le matériau isotrope :
L TE
E PO
L
(5.34) σ = λ (tr ε) 1l + 2 µ ε − k τ 1l

ÉC O
(24) On rappelle que cette hypothèse implique que la déformation est infinitésimale et permet donc

la première étape de la linéarisation, à savoir la linéarisation physique.

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5 – Thermoélasticité linéaire en l’absence de liaisons internes 47

U E
inversée en
N IQ
EC H
(5.35)

LY T ε=
1+ν
E
ν
σ − (tr σ) 1l + α τ 1l
E

E PO
L
qui sont homologues de (5.13) et (5.15).

ÉC O
Il se révèle commode, pour certaines applications, de transformer ces expressions
en introduisant le déviateur s de σ défini au chapitre VI (§ 2.8) et le déviateur εd de
ε défini de la même façon :

 s = σ − (tr σ/3) 1l ,
(5.36)
εd = ε − (tr ε/3) 1l .

U
On obtient alors les formules suivantes (5.37) et (5.38), respectivement équivalentes
E
aux expressions (5.34) et (5.35) de la loi de comportement :

N IQ
EC H
T

Y
 tr σ = (3λ + 2µ) tr ε − 3 k τ
(5.37)

PO L
s = 2 µ εd

O L E 
1 − 2ν

ÉC
 tr ε =
 tr σ + 3 α τ
(5.38) E
 εd = 1 + ν s .

E

On y remarque la proportionnalité entre les déviateurs s et εd à travers le module


de cisaillement µ . En rappelant que, d’après (5.23), tr ε ' (dΩt −dΩ0 )/dΩ0 représente
la déformation volumique linéarisée, on voit que celle-ci dépend linéairement de l’écart
de température τ à travers le coefficient de dilatation thermique volumique égal à 3 α,
et de la trace du tenseur des contraintes.

On pose habituellement :
E
U E
Q
(5.39) 3K = 3λ+2µ = .
1−2ν

N I
H
On voit, à partir de (5.38), que la déformation volumique élastique dans une
C
LY TE
expérience de compression uniforme isotherme où σ = −p 1l, est égale à :

PO
(5.40) tr ε = tr σ /3 K = −p/K .

O L E
Le coefficient K défini par (5.39) est appelé module élastique de compression

ÉC
(ou encore module de rigidité à la dilatation) (25) .
(25) Cette hésitation dans la terminologie traduit le fait que K est d’autant plus élevé que le matériau

est plus « raide ». On la trouve aussi à propos des modules élastiques.

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48 Chapitre VII – Le comportement thermoélastique

U E
État de référence quasi-naturel
N IQ
EC H
Un résultat intellectuellement intéressant est obtenu si l’état de contrainte initial dans la

T
configuration de référence est tel que les termes en π 0 dans (5.27) soient négligeables devant

Y
A : ε. L’hypothèse correspondante est dite de l’état de référence quasi-naturel .

PO L
Les composantes du tenseur des contraintes π 0 pour l’élément de matière sont supposées

E
très petites, comparées aux modules d’élasticité du matériau considéré (cette comparaison a

O L un sens puisqu’il s’agit de grandeurs physiques qui s’expriment avec les mêmes unités). On a

ÉC
alors, en se reportant à (5.27, 5.28 et 5.29) :
(5.41) k π 0 ⊗ 1l k  k A k et kBk  kAk .

Si, de plus, on suppose que


(5.42) k ε k et k grad ξ k sont du même ordre

les termes entre [...] dans (5.29) sont négligeables et σ se réduit à :

(5.43) σ ' π0 + A : ε − k τ .

U E
En remplaçant comme précédemment le signe ' par le signe d’égalité stricte on aboutit ainsi,

IQ
sous les hypothèses énoncées, à une formulation eulérienne en σ , ε , τ identique à l’écriture

N
lagrangienne (5.8) en π , ε , τ , où π 0 apparaît comme le tenseur des contraintes initiales σ 0 .
On écrira ainsi :

EC H
σ = σ0 + A : ε − k τ .

T
(5.44)

LY
Pour le matériau isotrope dans la configuration de référence choisie, la formule (5.44) devient :

PO
0
(5.45) σ = σ 1l + λ (tr ε) 1l + 2 µ ε − k τ 1l
inversée en

O L E
ÉC
1+ν ν 1− 2ν 0
(5.46) ε − ε0 = σ− (tr σ) 1l + α τ 1l avec ε0 = − σ 1l .
E E E
L’intérêt de ce résultat est réduit par le fait que les constantes qui apparaissent dans les
expressions de la loi de comportement sont relatives à la configuration de référence choisie.
De même, le tenseur π 0 doit respecter les symétries de la matière dans cette configuration.

État de référence précontraint

On verra au chapitre VIII (sections 2 et 3) que la question de la linéarisation de


la loi de comportement se pose concrètement dans le cadre de l’étude du problème
d’évolution thermoélastique d’un système. L’état de contrainte initial de l’élément
de matière est la valeur locale du champ de précontrainte qui règne dans le système
dans sa configuration initiale précontrainte κ0 prise comme référence.

U E
Si cet état de précontrainte correspond pour l’élément à une transformation

N I Q
H
thermoélastique infinitésimale à partir de son état naturel , on peut écrire sa

TE C
loi de comportement thermoélastique à partir de la configuration précontrainte sous
la forme :

LY
(5.47)
E PO
σ 0 = (σ − σ p ) = A : ε0 − k τ 0

O L
ÉC
où σ p est le tenseur de précontrainte de l’élément et où ξ 0 , ε0 et τ 0 sont les éléments
de la transformation infinitésimale à partir de la configuration précontrainte κp .

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5 – Thermoélasticité linéaire en l’absence de liaisons internes 49

U E
N
Il est essentiel de remarquer que les constantes physiques qui interviennent dans
IQ
EC
cette formule sont relatives à l’état de référence naturel .
H
Y T
Pour le matériau isotrope dans l’état naturel on a ainsi :

L
E PO
L
(5.48) σ 0 = (σ − σ p ) = λ (tr ε0 ) 1l + 2 µ ε0 − k τ 0 1l

ÉC O
(5.49) ε0 =
1+ν 0
E
ν
σ − (tr σ 0 ) 1l + α τ 0 1l
E

On peut donner, de la formule (5.47), la justification suivante qui en précise la signification.


Désignant par κ0 la configuration du matériau dans laquelle l’état est naturel on a, en appli-
cation de (5.20) :
ρ

E
(5.50) σ= (1l + ∇ξ) . (A : e − k τ ) . (1l +t ∇ξ)

U
ρ0

IQ
ρp

N
(5.51) σp = (1l + ∇ξ p ) . (A : ep − k τ p ) . (1l +t ∇ξ p ) .

H
ρ0

EC
Il vient en introduisant le gradient ∇p par rapport à la configuration κp :

T
ρ ρp

Y
σ= (1l + ∇p ξ 0 ) . (1l + ∇ξ p ) . (A : e − k τ p − k τ 0 ) . (1l +t ∇ξ p ) . (1l +t ∇p ξ 0 )

L
ρp ρ0

PO
où l’on a, puisque les transformations considérées sont infinitésimales,

E
e ' ε = (∇ξ +t ∇ξ)/2 , ep ' εp = (∇ξ p +t ∇ξ p )/2 ,

O
ε ' εp + ε0
L avec ε0 = (∇p ξ 0 +t ∇p ξ 0 )/2 .

ÉC On en déduit, compte tenu de (5.51),

σ'
ρ
ρ0
(1l + ∇p ξ 0 ) . σ p . (1l +t ∇p ξ 0 )
(5.52)
ρ ρp
n o
+ (1l + ∇p ξ 0 ) . (1l + ∇ξ p ) . (A : ε0 − k τ 0 ) . (1l +t ∇ξ p ) . (1l +t ∇p ξ 0 )
ρp ρ0
où l’on retrouve la structure de l’équation (5.20), κp jouant le rôle de κ0 et σp celui de π 0 .
Le caractère infinitésimal de la transformation de κ0 à κp implique que les précontraintes
sont très petites devant les modules d’élasticité du matériau : la condition homologue de
(5.41) pour σ p est donc satisfaite. De plus le terme entre {...} dans (5.52) est équivalent à
(A : ε0 − k τ 0 ). On obtient ainsi, sous la condition homologue de (5.42) pour la transformation

E
infinitésimale de κp à κt , l’équation homologue de (5.44)
(5.53) σ = σ p + A : ε0 − k τ 0

I Q U
H
qui montre que les tenseurs A et k dans la formule (5.47) sont ceux de la configu-
N
ration κ0 .

TE C
LY
PO
Récapitulatif et commentaires

L E
On ne devra pas perdre de vue que les formules précédentes sont approchées,
O
ÉC
écrites en x dans κt , dans lesquelles le signe ' a été remplacé par le signe = et dont
les conditions de validité ont été précisées. En cas de confusion il sera toujours avisé
de revenir à la formulation lagrangienne au point X dans κ0 .

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50 Chapitre VII – Le comportement thermoélastique

U E
N IQ
Compte tenu de leur importance pratique, on a regroupé ci-après les formules

EC H
essentielles exprimant la loi de comportement thermoélastique du matériau isotrope

T
dans l’hypothèse de la transformation infinitésimale et de l’état de référence précon-

Y
traint. Afin de simplifier les notations, cet état de référence sera, sauf lorsqu’il y aura
L
PO
risque de confusion, désigné désormais par σ 0 .

O L E
ÉC
σ = σ 0 + λ ( tr ε0 ) 1l + 2 µ ε0 − k τ 0 1l
1+ν 0 ν
ε0 = σ − (tr σ 0 ) 1l + α τ 0 1l
E E
σ 0 = σ − σ0
(5.54)
(3 λ + 2 µ) λ k
E=µ ν= α=
(λ + µ) 2(λ + µ) (3 λ + 2 µ)
ν E E
U E
IQ
λ =E µ= k=α
(1 + ν)(1 − 2 ν) 2(1 + ν) (1 − 2 ν)

H N
T E C
O L Y
5.5 Stabilité du matériau thermoélastique

P
On considère un élément de matériau thermoélastique dans son état naturel
E
L
pris comme état initial. Étudier la stabilité du matériau, c’est examiner si cet élément,

O
C
en l’absence de sollicitations extérieures (forces, écarts de température) a tendance à

É
évoluer spontanément ou au contraire à demeurer dans son état initial.

On admettra (26) qu’une condition nécessaire et suffisante de stabilité iso-


therme du matériau thermoélastique linéaire est que le terme quadratique figurant
dans (5.3) soit défini positif :

1
(5.55) e : A : e défini positif .
2

Pour le matériau thermoélastique linéaire isotrope on a :

1 λ
U E
Q
(5.56) e : A : e = I102 + 2 µ I20 .
2 2

N I
C H
Il est commode pour obtenir les conditions pour que ce terme soit défini positif,

TE
d’exprimer I10 et I20 en fonction des valeurs principales de e , soit e1 , e2 et e3 :

LY
PO
1 λ
(5.57) e : A : e = (e1 + e2 + e3 )2 + µ (e21 + e22 + e23 ) ;

E
2 2

O L
ÉC
cette forme quadratique s’écrit comme la somme des carrés de trois formes linéaires

(26) Théorème de Lejeune-Dirichlet généralisé et réciproque.

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5 – Thermoélasticité linéaire en l’absence de liaisons internes 51

U E
en e1 , e2 , e3 indépendantes (27)

N
, par exemple :
IQ
(5.58)
EC H
λ 02 λ µ
Y T µ µ
Å ã

L
I1 + 2 µ I20 = + (e1 + e2 + e3 )2 + (e1 − e2 )2 + (2 e3 − e1 − e2 )2 .

PO
2 2 3 2 6

E
On en déduit les conditions de stabilité qui expriment (5.55) : deux conditions de

L
positivité sur les coefficients d’élasticité de Lamé
O
ÉC
(5.59)
3λ+2µ > 0

µ>0

Si l’on utilise le module de Young et le coefficient de Poisson, les conditions (5.59)


sont équivalentes, par (5.17), à :

U E
E>0

N IQ
H
(5.60) 1

EC
−1 < ν <
2

LY T
PO
Dans la pratique les valeurs négatives de ν sont exceptionnelles (28) .

L E
Pour tenter d’apprécier la portée de la condition de stabilité posée a priori sous

O
la forme (5.55), il est intéressant d’identifier la signification physique des restrictions

ÉC
(5.59) et (5.60) qui en découlent sur des expériences simples effectuées dans le cadre
de la transformation infinitésimale (29) .
• E > 0 implique par (5.35) que, dans une expérience de traction isotherme (τ = 0)
où σ est uniaxial :
σ = σxx ex ⊗ ex , σxx > 0 ,
on a
ε : (ex ⊗ ex ) = εxx = σxx /E > 0
c’est-à-dire que le matériau s’allonge si l’on effectue sur lui une traction iso-
therme.
• ν < 1/2 avec E > 0 impliquent que, dans une expérience de compression isotrope

U E
Q
isotherme, où σ = −p 1l, on a par (5.40) :

N I
H
tr ε = −p/K = −3p(1 − 2ν)/E < 0

TE C
c’est-à-dire que le matériau diminue de volume si l’on effectue sur lui une com-
pression isotrope isotherme.

LY
PO

 
(27) Les valeurs propres de l’application linéaire associée sont + µ et µ , valeur propre double

E
2

L
qui correspond à e1 + e2 + e3 = 0 . La condition (5.55) est équivalente à la positivité de ces valeurs
propres.

ÉC O
(28) On a mesuré ν = 0, 05 pour le beryllium et un doute subsisterait sur le signe de ν pour la pyrite.
(29) L’hypothèse essentielle est celle de la déformation infinitésimale ; la transformation n’est ici

supposée infinitésimale que pour rendre l’interprétation des expériences plus immédiate (cf. § 5.3).
52 Chapitre VII – Le comportement thermoélastique

U E
N IQ
• ν > −1 avec E > 0 impliquent à travers (5.17), µ > 0. L’interprétation de cette

EC H
condition apparaîtra au chapitre VIII (section 7, formule (7.17) sur le problème

T
de la torsion : elle signifie que la torsion d’une barre cylindrique se produit dans

Y
le sens du couple qui lui est imposé.
L
PO
On remarque que les interprétations des conditions de stabilité qui viennent d’être

O L E
données sont conformes à l’expérience quotidienne !

ÉC
Enfin, comme annoncé au paragraphe 4.2, la condition de stabilité (5.55) permet
d’affirmer que la loi de comportement élastique linéaire (5.9), dans une évolution
isotherme, est une correspondance biunivoque entre e d’une part et la contrainte π de
l’autre. Ceci implique notamment que, dans une telle évolution, il y a « réversibilité »
des déformations comme on l’a indiqué dans la section 2 à propos des constatations
expérimentales.

E
5.6 Quelques valeurs typiques pour des matériaux usuels

IQ U
N
(30)
Matériau E en MPa ν α en 10−6 K −1

EC H
LY T
5
Acier doux 2 × 10 0,25-0,30 12

O
5
Acier invar (64% Fe, 36% Ni) 1,4 × 10 '0
Aluminium
E P 7,4 × 104 0,34 22
L
ÉCO
Argent 8,5 × 104 0,39 19
Béton 3,5 à 4,5 × 104 0,2 10
5
Bronze 1 × 10 0,31 17 à 19
Cuivre 1,2 × 105 0,34 17
Fonte 8 × 104 0,36 10
Granite 8 × 104 0,27 9
Laiton 9,2 × 104 0,33 18
Or 8 × 104 0,42 14
U E
Platine 1,5 × 105 0,38
N I9
Q
Plomb 1,7 × 104 0,45

E C H 29
Verre

LY
7 × 104
T 0,22 à 0,31 6 à 10

E PO
OL
La limite d’élasticité en traction simple de l’acier doux est de l’ordre de 240 MPa,
celle d’un acier à haute résistance de 1000 MPa.

ÉC
(30) On a mesuré α = −5 × 10−6 K−1 pour le plutonium en phase δ, stable entre 315 et 445◦ C. (Cf.

Y. Quéré, Physique des matériaux ).


5 – Thermoélasticité linéaire en l’absence de liaisons internes 53

U E
N I Qanisotropes
5.7 Exemples de matériaux thermoélastiques

E C H
L Y T
Relativement à l’échelle macroscopique choisie pour la modélisation du matériau comme un
milieu continu, la structure microscopique due à la constitution et à l’élaboration de ce maté-

P O
riau gouverne les propriétés de symétries évoquées au chapitre VI (§ 4.2) et au paragraphe 4.4.
C’est ainsi notamment que, outre les matériaux mono ou polycristallins classiques tels que

L Eles métaux par exemple, les matériaux composites de toutes natures, à l’échelle choisie pour

ÉCO
leur analyse mécanique par homogénéisation, sont concernés par les considérations relatives
aux symétries matérielles. Compte tenu de l’importance croissante de ce type de matériaux
dans les applications pratiques on se propose de donner, sans démonstration détaillée les
résultats concernant l’écriture de la loi de comportement thermoélastique pour deux types
de matériaux anisotropes fréquemment rencontrés : le matériau orthotrope et le matériau
orthotrope de révolution aussi appelé transversalement isotrope. On pourra se reporter à
l’ouvrage de A.E. Love A treatise on the mathematical theory of elasticity pour des
résultats très détaillés concernant notamment les anisotropies cristallines (monocristaux).
La méthode d’étude suivie ici (mais il en existe d’autres, fondées sur les théorèmes de repré-
sentation des fonctions tensorielles par exemple) consiste à exploiter le principe du respect

E
des symétries de la matière en écrivant l’équation (4.41). Pour cela on se place dans le repère

U
significatif pour le matériau du point de vue de ses symétries. Ceci permet de dénombrer les

IQ
constantes physiques (élastiques ou thermiques) qui caractérisent le comportement. L’écriture

N
de la loi de comportement dans un repère quelconque nécessite évidemment de leur adjoindre

H
les paramètres géométriques (angles d’Euler par exemple) qui permettent de définir l’orien-

EC
tation du matériau (cf. § 5.2).

LY T
PO
Matériau orthotrope dans la configuration de référence

O L E
ÉC

U E
N I Q
C H
Figure 7 – Matériau orthotrope : plans de symétries

LY TE
PO
Un matériau est orthotrope dans la configuration de référence s’il possède, dans cette configu-

E
ration, trois plans de symétrie orthogonaux entre eux ; ceci définit le groupe G des symétries

L
du matériau pour l’application de l’équation (4.41). On utilise (figure 7) une base orthonor-

O
ÉC
mée dirigée suivant les intersections de trois plans de symétrie du matériau ; on explicite la loi
de comportement en composantes dans cette base ; on en écrit l’invariance par changement
d’orientation des vecteurs de la base.
54 Chapitre VII – Le comportement thermoélastique

U E
N IQ
On obtient la loi de comportement du matériau thermoélastique orthotrope, dans sa base
privilégiée notée (a, b, c) :

EC H
T

LY
0 +A
πaa = πaa 11 eaa + A12 ebb + A13 ecc − k1 τ

PO




0 +A

 πbb = πbb 12 eaa + A22 ebb + A23 ecc − k2 τ

E

L

O

 0
πcc = πcc + A13 eaa + A23 ebb + A33 ecc − k3 τ

ÉC
(5.61)

πbc = A44 ebc









 πac = A55 eac



πab = A66 eab .

Il y a donc 9 modules d’élasticité et 3 constantes thermiques. De plus, le tenseur des


contraintes initiales est nécessairement diagonal dans la base (a, b, c). La définition de cette
base dans un repère quelconque nécessite, quant à elle, la donnée de 3 angles d’Euler.On a

U E
coutume de transformer (5.61) en introduisant des « modules de Young », des « coefficients
de Poisson » et des « modules de cisaillement » pour écrire, dans le cas isotherme et à partir

N IQ
de l’état naturel pour simplifier, la loi de comportement sous la forme inversée (5.63). On
prendra garde qu’il n’y a pas de symétrie de ces coefficients de Poisson, mais symétrie du

EC H
tableau (5.63) comme indiqué au paragraphe 5.2, c’est-à-dire que

T
(5.62) ν21 E1 = ν12 E2 ν32 E2 = ν23 E3 ν31 E1 = ν13 E3 :

LY
PO

1 ν21 ν31
eaa = πaa − πbb − πcc

E

E E E3

L
1 2


O
 ebb = − ν12 πaa + 1 πbb − ν32 πcc

ÉC

(5.63) E1 E2 E3
 ν13 ν23 1
ecc = − πaa − πbb + πcc


E1 E2 E3




 2e = 1 π 1 1


bc bc 2 eac = πac 2 eab = πab .
G23 G13 G12

Matériau orthotrope de révolution dans la configuration de référence

U E
N I Q
C H
LY TE
E PO
O L
ÉC
Figure 8 – Matériau orthotrope de révolution : axe de symétrie et plans de symétries
6 – Aperçu historique 55

U E
N IQ
Un matériau est orthotrope de révolution dans la configuration de référence s’il possède,

EC H
dans cette configuration, un axe de symétrie de révolution et admet pour plans de symétrie
tout plan passant par cet axe et un plan perpendiculaire à cet axe. On dit aussi d’un tel

LY T
matériau qu’il est transversalement isotrope autour de l’axe indiqué. On utilise (figure 8)
une base orthonormée constituée de deux vecteurs a et b situés dans le plan de symétrie

PO
orthogonal à l’axe et d’un vecteur c selon l’axe de symétrie de révolution. On explicite la loi
de comportement en composantes dans cette base ; on en écrit l’invariance par changement

O L E
d’orientation des vecteurs de base et par rotation de la base autour de l’axe de symétrie.
On obtient la loi de comportement du matériau thermoélastique orthotrope de révolution

ÉC
dans la base a, b, c (ou toute base équivalente) :


πaa = π 0 + A11 eaa + A12 ebb + A13 ecc − k τ






πbb = π 0 + A12 eaa + A11 ebb + A13 ecc − k τ







 0
πcc = πcc + A13 eaa + A13 ebb + A33 ecc − k3 τ
(5.64)

E

U
πbc = A44 ebc


IQ



N

 πac = A44 eac

H


EC

πab = (A11 − A12 ) eab .

LY T
Il y a donc 5 modules d’élasticité et 2 constantes thermiques. De plus, le tenseur des

PO
contraintes initiales est nécessairement diagonal et « de révolution » autour de l’axe de sy-
métrie du matériau. La définition de cet axe dans un repère quelconque nécessite par ailleurs

O L E
la donnée de 2 angles.

ÉC
On peut aussi introduire des « modules de Young », des « coefficients de Poisson » et des
« modules de cisaillement ». Dans le cas isotherme à partir de l’état naturel on écrira :


 1 ν ν0
eaa = πaa − πbb − 0 πcc


E E E



 0
 ebb = − ν πaa + 1 πbb − ν πcc


(5.65) E E E0
 ν 0 ν 0 1
ecc = − 0 πaa − 0 πbb + 0 πcc


E E E




 2 ebc = 1 πbc 1 2(1 + ν)


2 eac = πac 2 eab = πab .
G G E

U E
6 Aperçu historique
N I Q
C H
LY TE
Sans viser à l’exhaustivité il paraît utile de situer ici, du point de vue historique,
l’apparition des principaux concepts évoqués dans ce chapitre consacré au comporte-

PO
ment élastique, en donnant les indications essentielles sur les démarches suivies dans

O L E
les travaux correspondants. Le lecteur soucieux d’approfondir cette question se repor-
tera avec grand profit à l’introduction historique et aux annexes du livre de A.E.H.

ÉC
Love A Treatise on the Mathematical Theory of Elasticity.
56 Chapitre VII – Le comportement thermoélastique

U E
Élasticité uniaxiale
N IQ
EC H
T
Comme indiqué au paragraphe 2.4 la loi de comportement élastique uniaxiale reliant l’ex-

Y
tension d’un solide élastique à la force de traction qui lui est appliquée fut découverte et

PO L
énoncée indépendamment par Hooke et Mariotte. L’application en fut faite essentiellement
pour l’étude des poutres. Mariotte lui-même reprit ainsi le problème posé par Galilée (1638)

E
qui tentait d’évaluer la capacité portante d’une poutre console. Pour l’étude de l’elastica

O L
(ligne élastique qui se déforme en flexion) Jacques Bernoulli (31) associa la résistance opposée

ÉC
par une tige à la flexion à l’extension et à la contraction de ses fibres longitudinales, aboutis-
sant ainsi pratiquement à un moment de flexion proportionnel à la courbure correspondante
de la tige. Ce problème de l’elastica fut étudié entre autres par Euler, Lagrange, Daniel
Bernoulli, conduisant notamment aux premiers travaux sur la stabilité élastique (cf. chapitre
XII, § 3.1). Pour les poutres de section finie c’est Coulomb (32) qui, à partir de la loi de
Hooke appliquée aux fibres longitudinales, proposa une théorie de la flexion.

Milieu continu et élasticité tridimensionnelle

E
Thomas Young fut le premier à reconnaître le cisaillement comme une déformation élastique

U
IQ
(Coulomb ne l’avait considéré qu’en relation avec la rupture). Il fit la remarque que la résis-
tance élastique au cisaillement et la résistance élastique à la traction compression d’un même

H N
corps sont en général différentes. Il introduisit le concept de « module d’élasticité d’une sub-

EC
stance » dont est issu l’actuel module de Young (33) .

Y T
Navier (34) rechercha les équations d’équilibre des solides élastiques à travers une « théorie

L
moléculaire ». Considérant la matière comme constituée de molécules ponctuelles (points

PO
matériels) qui exerçaient entre elles des forces axiales, il obtenait les forces élastiques comme

E
résultat des variations de ces forces « moléculaires » liées aux déplacements relatifs des mo-

L
lécules. En supposant le matériau isotrope Navier aboutissait à des équations d’équilibre du

O
ÉC
solide élastique, exprimées en termes de déplacements des points matériels, mais qui ne fai-
saient intervenir qu’une seule constante liée au matériau, semblable au module de Young (35) .

On a déjà évoqué au chapitre V (§ 3.6) le mémoire communiqué à l’Académie des Sciences


en septembre 1822 par Cauchy. Outre l’introduction du concept de contrainte comme on
l’a mentionné précédemment, ce mémoire explicitait aussi clairement la notion de défor-
mation caractérisée par ses 6 composantes ou par les axes principaux des déformations
et les extensions principales correspondantes. À partir des équations d’équilibre écrites en
contraintes, Cauchy souhaitait aboutir aux équations en déplacements régissant l’équilibre
du solide élastique. Il utilisait pour cela la relation contrainte-déformation qu’il obtenait, pour
les matériaux isotropes, en supposant d’une part la linéarité et d’autre part la coïncidence des
directions principales des contraintes et des déformations. Introduisant ainsi 2 constantes
matérielles, Cauchy aboutissait aux équations d’équilibre pour un solide élastique exprimées

E
(31) Jacques Bernoulli (1654-1705) ; Jean Bernoulli (1667-1748) frère de Jacques ; Daniel Bernoulli

(1700-1782) fils de Jean.


(32) Ch. A. Coulomb (1736-1806).

I Q U
H
(33) Dans A Course of Lectures on Natural Philosophy and the Mechanical Arts (Londres,

N
C
1807), Thomas Young donne la définition suivante : « The modulus of elasticity of a substance is

TE
a column of the same substance capable of producing a pressure on its base which is to the weight

Y
causing a certain degree of compression, as the length of the substance is to the diminution of its

PO L
length ». (Cité par S. Timoshenko dans History of the Strength of Materials). La complexité de
cet énoncé explique sans doute le commentaire de J.E. Gordon dans The New Science of Strong

E
Materials : « Young published the idea of his modulus in a rather incomprehensible paper in 1807

L
after he had been dismissed from his lectureship at the Royal Institution for not being sufficiently

O
practical. Thus perhaps the most famous and the most useful of all concepts in engineering, was not

ÉC
generally understood or absorbed into engineering practice until after Young’s death ».
(34) C. Navier (1785-1836) : mémoire lu à l’Académie des Sciences en 1821, publié en 1827.
(35) L’équation obtenue n’est pas celle donnée au chapitre VIII (§ 5.3).
6 – Aperçu historique 57

U E
en termes de déplacements (36) .
N IQ
Dans une extension ultérieure Cauchy s’intéressa aux solides

EC H
cristallins en faisant l’hypothèse de points matériels interagissant par des forces d’attraction
et de répulsion. Dans un premier mémoire sur ce thème Cauchy put notamment retrouver par

LY T
cette voie les équations du cas isotrope qu’il avait obtenues antérieurement (avec 2 constantes
matérielles). Dans un second mémoire, immédiatement postérieur, il aboutissait à une rela-

PO
tion contrainte-déformation avec un seul coefficient d’élasticité dans le cas isotrope et aux
équations trouvées par Navier ; pour le matériau anisotrope le plus général, Cauchy trouvait

O L E 21 constantes matérielles, dont 6 représentaient les contraintes initiales, d’où seulement 15


coefficients d’élasticité.

ÉC On doit aussi mentionner les mémoires de Poisson à l’Académie des Sciences, fondés sur une
théorie moléculaire, qui retrouvaient les équations obtenues par Navier.

L’approche énergétique

C’est à Green (37) qu’il revient d’avoir obtenu les équations de l’élasticité à partir de considé-
rations énergétiques. « In whatever way the elements of any material system may act upon

E
each other, if all internal forces exerted be multiplied by the elements of their respective direc-

U
tions, the total sum for any assigned portion of the mass will always be the exact differential

IQ
of some function ». En supposant que cette fonction pouvait être développée en puissances et

N
produits des composantes de la déformation, et en se restreignant au deuxième ordre pour les

H
petites déformations, Green obtenait les équations du comportement élastique linéaire avec

EC
les 21 coefficients d’élasticité dans le cas anisotrope général (cf. § 5.2 ci-dessus).

Y T
À noter que la question du nombre des coefficients d’élasticité c’est-à-dire de savoir s’il était

L
possible d’aller au-delà du résultat de Green et de réduire ce nombre de 2 à 1 pour le matériau

PO
isotrope, et de 21 à 15 dans le cas le plus général est demeurée pendant longtemps une
question controversée, liée à des hypothèses physiques a priori sur la nature des interactions

L E
élastiques (cf. par exemples le mémoire de Saint Venant (figure 9) et l’appendice (pages 645-

O
646) qu’il a rédigé dans le Résumé des leçons données par Navier à l’École des ponts et

ÉC
chaussées, 1864). Des résultats expérimentaux indiscutables et des considérations théoriques
ont conduit à rejeter définitivement la thèse du nombre réduit de coefficients. C’est ainsi
par exemple que, dans le cas isotrope, la théorie moléculaire de Navier conduirait à l’unique
valeur 0,25 (retrouvée par les théories de Cauchy, Poisson, ...) pour le coefficient de Poisson,
qui est en désaccord avec l’expérience pour un très grand nombre de matériaux.

U E
N I Q
C H
LY TE
E PO
O L
(36) Équations
(37) G. ÉC
exactes données au chapitre VIII (§ 5.3).
Green (1793-1841).
58 Chapitre VII – Le comportement thermoélastique

U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC

U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC
Figure 9 – Première page du Mémoire de Saint Venant paru dans le Journal de Mathé-
matiques pures et appliquées (de Joseph Liouville), tome VIII (2ème série),
août 1863, 257-295.

U E
N I Q
C H
LY TE
E PO
O L
ÉC
Récapitulatif des formules essentielles 59

U E
N IQ
EC H
Récapitulatif des formules essentielles

LY T
E PO
O L
• Premier principe

ÉC

Ė + K̇ = P(e) (U ) + Q

Ė = Q − P(i) (U )

Z Z
Q=− q . n da + rdΩt
∂Ωt Ωt

Équation de l’énergie

U E
IQ
ρ ė = σ : d + r − div q
ρ0 ė = π : ė + r0 − divX q 0
H N
Y T EC
L
• Deuxième principe

PO
q.n r
Z Z

E
Ṡ ≥ − da + dΩt

L
∂Ωt T Ωt T

ÉC O
Inégalité fondamentale
q r
ρṡ + div( ) − ≥ 0
T T

Inégalité de Clausius-Duhem
q
σ : d − ρ(ψ̇ + sṪ ) − . grad T ≥ 0
T
q
π : ė − ρ0 (ψ̇ + sṪ ) − 0 . ∇T ≥ 0
T

U E
N I Q
C H
LY TE
E PO
O L
ÉC
60 Chapitre VII – Le comportement thermoélastique

U E
N IQ
EC H
• Loi de comportement thermoélastique (avec liaisons internes)

LY T
PO
ϕp (e) = 0 , p = 1, ..., n 1≤n≤6

O L Es=−
∂ψ(T, e)

ÉC
∂T
∂ψ(T, e) ∂ϕp (e)
π = ρ0 + ηp (ηp scalaires arbitraires)
∂e ∂e
ψ et ϕp symétriques en eij et eji

Linéarisation physique

U E
IQ
π = π0 + A : e − k τ
0
πij = πij + Aijk` e`k − kij τ
H N
Y T
Aijk` = Aij`k = Ajik` = Aji`k = Ak`ij
EC
; 0
πij 0
= πji ; kij = kji

Isotropie
PO L
O L E
ÉC π = π 0 1l + λ (tr e) 1l + 2 µ e − k τ 1l

U E
N I Q
C H
LY TE
E PO
O L
ÉC
Récapitulatif des formules essentielles 61

U E
N IQ
EC H
• Transformation infinitésimale, matériau isotrope,

Y T
état de référence précontraint
L
E PO
O L σ = σ 0 + λ (tr ε0 ) 1l + 2 µ ε0 − k τ 0 1l

ÉC
1+ν 0 ν
ε0 = σ − (tr σ 0 ) 1l + α τ 0 1l
E E
σ0 = σ − σ 0

(3 λ + 2 µ) λ k

E
E=µ ν= α=

U
(λ + µ) 2(λ + µ) (3 λ + 2 µ)
ν E
N
E
IQ
H
λ=E µ= k=α
(1 + ν)(1 − 2 ν) 2(1 + ν) (1 − 2 ν)

Y T
E EC
L
3 K = 3 λ + 2µ =

PO
(1 − 2 ν)

L E
3λ+2µ > 0

O
µ>0

ÉC
1
E>0 −1<ν <
2

U E
N I Q
C H
LY TE
E PO
O L
ÉC
62 Chapitre VII - Le comportement thermoélastique

U E
Exercices
N IQ
EC H
LY T
PO
VII.1 - Thermoélasticité linéaire. Écrire la loi de comportement thermoélas-

E
tique linéaire en transformation infinitésimale pour le matériau isotrope à partir d’une

L
contrainte initiale isotrope quelconque.
O
ÉC Éléments de réponse.
π = π 0 1l + λ(tr e) 1l + 2 µ e − k τ 1l.
On en tire, au 1er ordre en transformation infinitésimale, la forme de (5.29) pour le matériau
isotrope :
σ = π 0 1l + (λ − π 0 )(tr ε) 1l + 2(µ + π 0 ) ε − k τ 1l
ou encore

E
σ = σ0 1l + λ0 (tr ε) 1l + 2 µ0 ε − k τ 1l
Commentaire.

IQ U
N
La loi de comportement conserve en représentation eulérienne la même forme qu’en repré-

H
sentation lagrangienne mais les coefficients sont modifiés par la contrainte initiale (cf. § 5.2).

EC
Si l’état initial est quasi-naturel on a, au 1er ordre, λ0 = λ et µ0 = µ comme dans le cas de

T
l’état initial naturel.

LY
PO
VII.2 - Thermoélasticité du second ordre. On considère un matériau thermoé-

E
lastique, isotrope dans la configuration de référence, qui n’est assujetti à aucune liai-

L
son interne. Expliciter la loi de comportement de ce matériau en thermoélasticité du
O
ÉC
second ordre.

Éléments de réponse.
Développement polynomial de ρ0 ψ au 3ème ordre, compte tenu de l’isotropie :
λ 1
ρ0 ψ = π 0 I10 − ρ0 0 τ + (I10 )2 + 2 µ I20 − k I10 τ − ρ0 b τ 2
2 2
α δ
+ (I10 )3 + β I10 I20 + γ I30 + (I10 )2 τ + ε I20 τ + ϕ I10 τ 2 + η τ 3 .
3 2
D’où : π = (π0 + λ I10 − k τ + α(I10 )2 + β I20 + δ I10 τ + ϕ τ 2 ) 1l + (2 µ + β I10 + ε τ ) e + γ e2 .
Il y a 9 coefficients de thermoélasticité du second ordre pour ce matériau isotrope, dont 5
coefficients d’élasticité isotherme.

U E
VII.3 - Matériau « incompressible ». Étude de la liaison interne « invariance du
volume », (on dit aussi matériau « incompressible ») : expression de ϕ(e), tenseurs
N I Q
inopérants.
C H
LY TE
PO
Éléments de réponse.

E
• Expression de ϕ(e) :

L
la restriction sur les déformations s’écrit det F = 1 ;

O
ÉC
en utilisant l’expression de (det F )2 donnée au chapitre II (§ 3.3) on trouve pour la liaison
interne
2
ϕ(e) = I10 + (I10 )2 − 2 I20 + (I10 )3 − 4 I10 I20 + 4 I30 = 0.
3
Exercices 63

U E
• Tenseurs inopérants :
N IQ
EC H
en représentation eulérienne la liaison « invariance du volume » s’écrit : tr d = 0

T
d’où, en représentation lagrangienne : (1l + 2 e)−1 : ė = 0 ;
∂ϕ

LY
= (1l + 2 e)−1 (peut aussi s’obtenir directement à partir de ϕ(e) et du théorème de

PO
∂e

E
Cayley-Hamilton).

O L
Tenseurs inopérants, η scalaire arbitraire :

ÉC
en représentation lagrangienne, η (1l+2 e)−1 = η ((1+2 I10 +2(I10 )2 −4 I20 ) 1l−(2+4 I10 ) e+4 e2 )
en représentation eulérienne, η 1l (cf. § 4.6).

VII.4 - Thermoélasticité du premier ordre pour le matériau isotrope « in-


compressible ». Écrire la loi de comportement pour un matériau thermoélastique,
isotrope, incompressible au premier ordre en k e k.

E
Éléments de réponse.

IQ U
• La liaison interne a été étudiée dans Ex.VII.3. Elle implique que I10 est du second ordre en
k e k et est équivalent à 2 I20 . On développe ρ0 ψ de façon à n’avoir, après dérivation que des
termes du premier ordre en k e k dans π donné par :

H N
EC
∂ψ ∂ϕ
π = ρ0 +η , η scalaire arbitraire.

T
∂e ∂e

Y
D’où, à partir des résultats de Ex. VII.1 et Ex. VII.2 :

PO L
ρ0 ψ = π 0 I10 − ρ0 0 τ + 2 µ I20 − k I10 τ
π = π 0 1l + 2 µ e + η (1l − 2 e) − k τ 1l ,

L E
avec ϕ(e) = det (1l + 2 e) − 1 = 0,

O
où (1l − 2 e) est l’expression au 1er ordre de (1l + 2 e)−1 .

ÉC
On peut encore écrire, au 1er ordre : π = 2(π 0 + µ) e + (η + π 0 − k τ )(1l − 2 e)
soit : π = 2(π 0 + µ) e + $(1l − 2 e) , $ scalaire arbitraire.
• En transformation infinitésimale :
σ = 2(π 0 + µ) ε + $ 1l avec tr ε = 0.
Commentaire.
Le terme $ 1l ($ arbitraire) dans cette loi s’interprète comme résultat de l’indétermination
du terme λ0 (tr ε) 1l écrit dans Ex. VII.1 quand tr ε → 0 et λ0 → ∞. La constante π 0 (et le
terme π 0 1l) perd ici la signification de contrainte initiale (qui justifiait la notation dans (5.3),
(5.12) et Ex. VII.1) : en effet, pour e = 0, la contrainte initiale est un tenseur isotrope laissé
indéterminé par la loi de comportement en raison de la liaison interne. Dans cette écriture
au premier ordre la constante π 0 joue le même rôle que µ ; ceci est cohérent avec le fait que

E
l’on peut, dans l’écriture de ρ0 ψ, tenir compte de la liaison interne exprimée dans Ex. VII.3

U
(cf. § 4.3) : on peut, dans ρ0 ψ pour la loi de comportement au premier ordre, remplacer

I Q
le terme π 0 I10 par 2 π 0 I20 qui lui est équivalent. Pour cette raison la loi de comportement

N
thermoélastique du matériau incompressible peut être réduite, au premier ordre, à :

H
σ = 2 µ ε + $ 1l avec tr ε = 0 , $ scalaire arbitraire, avec la condition µ > 0.

C
TE
La confusion des rôles de π 0 et µ dans les expressions de π et σ est évidemment liée au

Y
caractère infinitésimal de la déformation (cf. Ex. VII.11).

PO L
Il est intéressant de remarquer que, dans la formulation adoptée, la liaison interne d’incom-

E
pressibilité s’applique à la déformation du matériau quelle qu’en soit la cause ; autrement

L
dit, le matériau est à la fois « mécaniquement incompressible » et « thermiquement

O
ÉC
indilatable ». Ceci est conforme à l’intuition que l’on peut avoir relativement à la stabilité
du matériau, qui est confirmée par l’analyse. Il en résulte que le passage à la limite sur la
formule (5.18) pour le matériau incompressible (λ → ∞) conserve bien une valeur finie au
coefficient k.
64 Chapitre VII - Le comportement thermoélastique

U E
N IQ
VII.5 - Inextensibilité. On considère un matériau dont la microstructure impose

EC H
l’invariance des longueurs (on dit aussi « l’inextensibilité ») dans une direction ma-

T
térielle donnée. Étudier cette liaison interne.

LY
E PO
Éléments de réponse.

O L
La liaison interne est définie en représentation lagrangienne ; X désignant la direction concer-

ÉC
née :
ϕ(e) = 0 ⇔ eXX = 0.
∂ϕ
Les tenseurs inopérants sont de la forme : η = η eX ⊗ eX , η scalaire arbitraire.
∂e

VII.6 - Symétrie hexagonale. Soit R = (O, e1 , e2 , e3 ) un repère orthonormé. On


considère un matériau élastique linéaire dont la microstructure induit, dans la configu-
ration de référence, les symétries matérielles suivantes : symétrie par rapport au plan

E
(e1 , e2 ), isométries du groupe d’invariance d’un hexagone régulier dans le plan (e1 , e2 ).

U
IQ
Déterminer le nombre de coefficients de thermoélasticité linéaire de ce matériau.

H N
Éléments de réponse.

Y T EC
L
Le matériau est orthotrope. a, b, e3 définissant les intersections des plans d’orthotropie : a

PO
rayon de l’hexagone, b apothème orthogonal. Il faut exploiter la symétrie ternaire pour réduire
encore le nombre de coefficients. On exprime l’équation (4.41) dans la base (a, b, e3 ), pour

L E
une isométrie du type « rotation d’angle ϕ = 2π/3 autour de e3 ». On obtient les relations

O
supplémentaires :

ÉC
A13 = A23 , A11 = A22 , A44 = A55 , A11 − A12 = A66 , k1 = k2 ,
qui sont identiques à celles obtenues pour le matériau transversalement isotrope : 7 coefficients
de thermoélasticité linéaire indépendants (5 constantes élastiques et 2 thermiques).
Commentaire.
Bien que l’hypothèse initiale soit plus faible que celle de l’isotropie transversale il se révèle que
le matériau élastique linéaire étudié est transversalement isotrope. La définition de l’orienta-
tion du matériau ne nécessite donc que la donnée de e3 , c’est-à-dire de 2 angles. On aboutit
à la même conclusion pour une symétrie d’ordre supérieur autour de e3 . Ce résultat n’est pas
généralisable à d’autres types de lois de comportement.

VII.7 - Symétries « d’un carré ». R = (O, a, b c) est un repère orthonormé. On


considère un matériau linéaire dont les symétries dans la configuration de référence
sont : symétrie par rapport au plan (a, b), isométries du groupe d’invariance d’un
U E
carré de côtés a et b dans le plan (a, b). Déterminer le nombre de coefficients de
thermoélasticité linéaire de ce matériau.
N I Q
C H
Éléments de réponse.
LY TE
PO
Le matériau est orthotrope : plans (a, b) , (b, c) , (c, a). Il faut exploiter les autres propriétés

E
d’invariance du carré : invariance par rotation ϕ = k π/2 et symétries par rapport aux

L
diagonales ; une rotation ou une symétrie suffit.

O
ÉC
On exprime l’équation (4.41) dans la base (a, b, c), pour une telle isométrie. On obtient les
relations supplémentaires : A13 = A23 , A11 = A22 , A44 = A55 , k1 = k2 .
Il reste donc 8 coefficients de thermoélasticité linéaire indépendants : 6 constantes élastiques
et 2 thermiques.
Exercices 65

U E
Commentaire.
N IQ
EC H
On remarque que, à la différence du cas de l’isotropie transversale (orthotropie de révolution),
le module de cisaillement dans le plan (a, b) demeure un coefficient élastique indépendant. Du

Y T
point de vue mécanique la définition de l’orientation du matériau dans un repère quelconque

L
nécessite la donnée des 3 angles d’Euler de la base (a, b, c), tandis que du point de vue

PO
thermique l’orientation de c (donc la donnée de 2 angles) suffit.

O L E
VII.8 - Symétrie cubique. R = (O, a, b, c) désignant un repère orthonormé, on

ÉC
considère un matériau thermoélastique linéaire dont la microstructure induit, dans la
configuration de référence, les symétries matérielles suivantes : isométrie du groupe
d’invariance du cube de côtés a, b, c. Déterminer le nombre de coefficients de ther-
moélasticité linéaire de ce matériau.

Éléments de réponse.
En poursuivant le raisonnement mis en ceuvre dans Ex. VII.7 et en l’appliquant aux carrés
de côtés (b, c) ou (a, c), on obtient, par rapport au matériau orthotrope, les relations sup-

U E
IQ
plémentaires :

N
A11 = A22 = A33 , A12 = A13 = A23 , A44 = A55 = A66 , k1 = k2 = k3 . Il y reste donc 4

H
coefficients de thermoélasticité linéaire indépendants : 3 constantes élastiques et 1 thermique.

EC
Commentaire.

LY T
Il reste 3 constantes d’élasticité isotherme au lieu de 2 pour le matériau isotrope ; celui-ci
correspond à la relation supplémentaire A44 = (A11 − A12 ) obtenue comme pour le matériau

PO
orthotrope de révolution (5.64). Du point de vue mécanique la définition de l’orientation
du matériau dans un repère quelconque nécessite la donnée des 3 angles d’Euler de la base

L E
(a, b, c), tandis que du point de vue thermique le matériau est isotrope.

O
ÉC
VII.9 - Autres formulations de la loi de comportement thermoélastique. On
considère un matériau thermoélastique sans liaison interne. En conservant la conven-
tion d’écriture tensorielle telle que (4.2) expliquée au paragraphe 4.1 on désigne par
ψ la fonction définie par

∀T , ∀F , ψ(T, F ) = ψ(T, e).

∂ψ(T, F )
Donner en fonction de les expressions de σ et B correspondant à F par
∂F
la loi de comportement thermoélastique. Cas du matériau avec liaisons internes. Cas
particulier du matériau incompressible.

U E
N I Q
H
Éléments de réponse.
• D’après la définition générale (4.11) appliquée à

∂F
TE C
, ∀Ṫ , ∀Ḟ :

LY
PO
˙ = ∂ Ṫ + ∂ : Ḟ et ψ̇ = ∂ψ Ṫ + ∂ψ : ė où 2 ė =t Ḟ . F +t F . Ḟ .
∂T ∂F ∂T ∂e

L E
On écrit que ∀Ṫ , ∀Ḟ : ˙ = ψ̇ ;

O
ÉC
∂ (T, F ) ∂ψ(T, e) ∂ ∂ψ ∂ψ t
d’où : = et ∀Ḟ , 2 : Ḟ = : (tḞ . F ) + : ( F . Ḟ ) .
∂T ∂T ∂F ∂e ∂e
66 Chapitre VII - Le comportement thermoélastique

U E
On en déduit :
N IQ
∂ ∂ψ t ∂ψ t

EC H
T
∀Ḟ , 2 : Ḟ = ( . F ) : Ḟ + (t( ) . F ) : Ḟ ,

Y
∂F ∂e ∂e

d’où :

∂F
=(
∂ψ
∂e
PO L
)s . tF

O L E
et, avec la convention d’écriture symétrique de ψ(T, e),

ÉC
∂ (T, F ) ∂ψ(T, e)
= . tF .
∂F ∂e
∂ (T, F ) ∂ (T, F )
Il en résulte évidemment que . tF −1 est symétrique et égal à F −1 . t( ).
∂F ∂F
ρ
• De σ = F . π . tF on tire l’expression de la loi de comportement thermoélastique entre σ
ρ0
et F :
∂ (T, F )

E
σ = ρF . .

U
∂F

• De même, à partir de B = F . π (chapitre V, § 4.2) :

N IQ
H
∂ (T, F )

EC
B = ρ0 t( ) et tB : Ḟ = π : ė .
∂F

Y T
• De la même façon, on caractérise les liaisons internes par des fonctions p de F telles que :

L
PO
p (F ) = 0 ⇔ ϕp (e) = 0 , p = 1, ..., n.
∂ ∂ p (F )

E
On obtient : σ = ρ F . + ηp (det F )−1 F . avec p (F ) = 0 , p = 1, ..., n

L
∂F ∂F

ÉC O
ainsi que : B = ρ0 t(

∂F
) + ηp t(
∂ p
∂F
) (ηp scalaires arbitraires).

• Pour le matériau incompressible on écrit la liaison interne sous la forme :


(F ) = det F − 1 = 0.

d(det F )
On a (chapitre III, § 3.5) : (det F )−1 = tr d = Ḟ : F −1
dt

d’où : = (det F ) F −1 et
∂F
∂ ∂
σ = ρF . + η 1l avec det F = 1 , B = ρ0 t( ) + η F −1 (η scalaire arbitraire).
∂F ∂F

VII.10 - Matériau thermoélastique isotrope : directions principales des

U E
Q
contraintes, contraintes principales. On considère un matériau thermoélastique
isotrope sans liaison interne. Montrer que les directions principales de σ se déduisent
N I
H
des directions principales de π par transport convectif et donner la relation entre les
C
TE
contraintes principales σ1 , σ2 , σ3 de σ et les contraintes principales π1 , π2 , π3 de π.

Y
Montrer que ψ(T, F ) défini dans Ex. VII.9 se met, pour ce matériau, sous la forme

PO L
d’une fonction symétrique ψ(T, λ1 , λ2 , λ3 ) des dilatations principales et donner les

E
∂ψ

L
expressions des σi et de πi en fonctions des . Cas du matériau isotrope avec liaisons

O
∂λi

ÉC
internes. Cas particulier du matériau incompressible.
Exercices 67

U E
N IQ
Éléments de réponse.

EC H
T
• En raison de l’isotropie du matériau, π a mêmes directions principales que e ; soient U, V , W

LY
leurs vecteurs unitaires : π = π1 U ⊗ U + π2 V ⊗ V + π3 W ⊗ W .

PO
u, v, w obtenus par transport convectif de U, V , W s’écrivent :
u = F .U , v = F .V , w = F .W .

O L E
De σ =
ρ
ρ0
F . π . tF on tire : σ =
ρ
ρ0
(π1 u ⊗ u + π2 v ⊗ v + π3 w ⊗ w)

ÉC
qui démontre le résultat cherché sur les directions principales.

• On a | u | = λ1 , | v | = λ2 , | w | = λ3 (dilatations principales)
ρ 2 λ1 λ2 λ3
d’où : σ1 = λ π1 = π1 , σ2 = π2 , σ3 = π3 .
ρ0 1 λ2 λ3 λ1 λ3 λ1 λ2
• Le matériau étant isotrope, (T, F ) = ψ(T, e) est une fonction des invariants de e ou en-
core une fonction symétrique des valeurs principales de e soit ei = (λ2i − 1)/2 ; c’est donc une
fonction symétrique des λi :
(T, F ) = ψ̂(T, e1 , e2 , e3 ) = ψ(T, λ1 , λ2 , λ3 ).

U E
On désigne par eij les composantes de e dans sa base principale U , V , W figée à l’instant t.

IQ
On calcule I˙10 , I˙20 , I˙30 ; il vient :

N
ė11 + ė22 + ė33 = ė1 + ė2 + ė3 ,
e1 ė11 + e2 ė22 + e3 ė33 = e1 ė1 + e2 ė2 + e3 ė3 ,

EC H
(e1 )2 ė11 + (e2 )2 ė22 + (e3 )2 ė33 = (e1 )2 ė1 + (e2 )2 ė2 + (e3 )2 ė3 ,

T
qui montrent que ė11 = ė1 , ė22 = ė2 , ė33 = ė3 .

Y
∂ψ

L
On en déduit, puisque π = ρ0 admet U , V , et W pour directions principales, que :

PO
∂e

E
∂ψ ∂ ψ̂ ∂ ψ̂ ∂ ψ̂
π = ρ0 = ρ0 ( U ⊗U + V ⊗V + W ⊗ W)

L
∂e ∂e1 ∂e2 ∂e3

ÉC O
d’où : πi = ρ0
∂ ψ̂
∂ei
=
1
λi
ρ0
∂ψ
∂λi
et σi = λi ρ
∂ψ
∂λi
puisque
ρ
ρ0
=
1
λ1 λ2 λ3
.

• Les liaisons internes devant être isotropes, on a de même :


p (F ) = ϕp (λ1 , λ2 , λ3 ) fonction symétrique de λ1 , λ2 , λ3 . Il vient :
1 ∂ψ ∂ϕp
πi = (ρ0 + ηp ) , ηp scalaires arbitraires,
λi ∂λi ∂λi
∂ψ ρ ∂ϕp ρ 1
σi = λi (ρ + ηp ) où = .
∂λi ρ0 ∂λi ρ0 λ1 λ2 λ3
• Pour le matériau incompressible la liaison interne s’écrit : ϕ(λ1 , λ2 , λ3 ) = λ1 λ2 λ3 − 1 = 0 .
1 ∂ψ 1 ∂ψ
D’où : πi = ρ0 + η 2 , σi = λi ρ0 +η.
λi ∂λi λi ∂λi

VII.11 - Modélisation du comportement élastique du caoutchouc. Divers


U E
modèles ont été proposés pour rendre compte des observations expérimentales rela-
N I Q
H
tives au comportement élastique isotherme du caoutchouc en grande déformation. Le

C
TE
matériau est considéré comme isotrope et incompressible avec (cf. Ex. VII.10 pour les

Y
notations) :
pour le modèle « Néo-Hookien »
PO L: ρ0 ψ = µ I10 ,
pour le modèle de Varga

O L E : ρ0 ψ = 2µ (λ1 + λ2 + λ3 − 3) ,

ÉC
α
pour un modèle de Mooney-Rivlin : ρ0 ψ = π 0 I10 + (I102 − 2 I20 ) ,
2
68 Chapitre VII - Le comportement thermoélastique

U E
pour un modèle d’Ogden :
N IQ
ρ0 ψ =
µ1 α1
(λ +λα α1
2 +λ3 −3)+
µ2 α2
(λ +λα
EC H
α2
2 +λ3 −3)+
µ3 α3
(λ +λα α3
2 +λ3 −3) .

T
1 2 3

α1 1 α2 α3 1

LY
Écrire les lois de comportement correspondantes.

E PO
O L
Éléments de réponse.

ÉC
Le matériau étant isotrope incompressible on s’appuie sur les résultats du paragraphe 4.3 et
de Ex. VII.3, Ex. VII.9 et VII.10. ϕ(e) = det (1l + 2e) − 1, (F ) = det F − 1, ϕ(λ1 , λ2 , λ3 ) =
λ1 λ2 λ3 − 1 .

• Modèle « Néo-Hookien » :
π = µ 1l + η (1l + 2 e)−1 avec ϕ(e) = 0, η scalaire arbitraire.
σ = µ F . tF + η 1l avec det F − 1 = 0 ,
µ
ρ0 ψ = (λ21 + λ22 + λ23 − 3) , σi = µ λ2i + η avec λ1 λ2 λ3 = 1 .
2
• Modèle de Varga :

U E
IQ
1 1
πi = 2 µ + η 2 avec λ1 λ2 λ3 = 1, η scalaire arbitraire, σi = 2 µ λi + η .

N
λi λi
• Modèle de Mooney-Rivlin :

EC H
π = π 0 1l + α I10 1l − α e + η (1l + 2 e)−1 , avec ϕ (e) = 0, η scalaire arbitraire.
1

LY T α
ρ0 ψ = (π 0 − α)(λ21 + λ22 + λ23 − 3) + (λ21 λ22 + λ22 λ23 + λ23 λ21 − 3)

PO
2 4
ou encore, en tenant compte de la liaison interne λ1 λ2 λ3 = 1 :
1 α 1 1 1

E
ρ0 ψ = (π 0 − α)(λ21 + λ22 + λ23 − 3) + ( 2 + 2 + 2 − 3)

L
2 4 λ1 λ2 λ3

O
α 1 1

ÉC
πi = (π 0 − α) − + η0 2 , avec λ1 λ2 λ3 = 1 , η0 scalaire arbitraire,
2 λ4i λi
α 1
σi = (π 0 − α)λ2i − + η0 .
2 λ2i
Pour le caoutchouc étudié par Mooney : π = 0, 502 MPa, α = 0, 136 MPa.

• Modèle d’Ogden :
σi = µ1 λα α2 α3
i + µ2 λi + µ3 λi + η , λ1 λ2 λ3 = 1 , η scalaire arbitraire.
1

Le modèle d’Ogden calé sur des expériences effectuées par Treloar correspond à :

µ1 = 6,3 MPa , µ2 = 0,012 MPa , µ3 = − 0,1 MPa


α1 = 1,3 , α2 = 5 , α3 = −2 .
• Linéarisation de ces lois en transformation infinitésimale
Modèle « Néo-Hookien » : σ = 2 µ ε + $ 1l , avec tr ε = 0, $ scalaire arbitraire.
Modèle de Varga : σ = 2 µ ε + $ 1l , avec tr ε = 0 , $ scalaire arbitraire.

U E
Q
α

I
Modèle de Mooney-Rivlin : σ = 2(π 0 − ) ε + $ 1l , avec tr ε = 0 , $ scalaire arbitraire.

N
2
Modèle d’Ogden : σ = (α1 µ1 + α2 µ2 + α3 µ3 ) ε + $ 1l , avec tr ε = 0 , $ scalaire arbitraire.
Commentaire.
C H
TE
La linéarisation conduit évidemment pour ces diverses lois à la seule forme établie dans Ex.

LY
VII. 4 : σ = 2 µ ε + $ 1l. (Pour le modèle de Mooney-Rivlin : µ = π 0 − α/2 ; pour le modèle

PO
d’Ogden : 2 µ = α1 µ1 + α2 µ2 + α3 µ3 ). La documentation à l’origine de cet exercice est
tirée de l’article Sur les densités d’énergie en élasticité non linéaire . . . par J.L.

L E
Davet in Annales des Ponts et Chaussées, 35, 1985, pp. 2-33 ; on y trouvera notamment des

O
considérations sur la validation expérimentale de ces divers modèles. (Cf. aussi Ex. IX.8).

ÉC
Exercices 69

U E
N
VII.12 - Formulation incrémentale de la loi de comportement. Écrire la rela-
IQ
EC H
tion entre le taux de déformation (eulérien) et la dérivée intrinsèque de la contrainte

T
σ (cf. chapitre VI, § 5.2) pour un matériau thermoélastique en évolution isotherme.

Y
Examiner le cas particulier de la transformation infinitésimale à partir de l’état initial
L
PO
naturel ou quasi-naturel.

O L E
ÉC
Éléments de réponse.
• La dérivation particulaire de la loi de comportement en évolution isotherme donne :
∂π(T, e)
π̇ = : ė.
∂e

Å ã
Avec les relations (4.48), ė =tF . d . F et (5.6) du chapitre VI , = J −1 F . π̇ . tF ,
Dt T

Å ã
∂π(T, e) t
on obtient : = J −1 F . ( : ( F . d . F )) . tF .
Dt T ∂e

E
∂π(T, e) ∂2ψ

U
On pose A (T, e) = = ρ0 qui a les mêmes symétries (5.5) et (5.7) que A dans

IQ
∂e ∂e ∂e

N
le cas de l’élasticité linéaire, et on définit A (T, F ) = Aijuv ei ⊗ ej ⊗ eu ⊗ ev dans une base

EC H
orthonormée par : Aijuv (T, F ) = J −1 Fim Fjn Fup Fvq Amnpq (T, e) .

LY T
Å ã
A (T, F ) a les mêmes symétries (5.5) et (5.7) que A. L’équation liant à d s’écrit :
Dt T

PO
Dσ Dσ
Å ã Å ã
= A (T, F ) : d , relation linéaire entre et d. On remarque que d = 0

E
Dt Dt

L
T T

Å ã

O
implique = 0 , c’est-à-dire que σ subit alors le même mouvement rigidifiant que

ÉC
Dt T
l’élément de matière.

• Dans le cas de la transformation infinitésimale à partir de l’état initial naturel ou quasi-


naturel
Å ã on a :

= σ̇ − grad U . σ − σ . tgrad U ' σ̇ ,
Dt T

A(T, F ) ' A ( = A (T, 0)) ,

d ' ε̇ .

D’où : σ̇ ' A : ε̇ .

Commentaires.
U E
On met en évidence l’intervention naturelle des dérivées de Truesdell (ou de Jaumann par

N I Q
H
la relation linéaire (5.13) du chapitre VI) dans la formulation incrémentale de la loi de

C
comportement.

LY TE
E PO
O L
ÉC
U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC

U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC

U E
N I Q
C H
LY TE
E PO
O L
ÉC
U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
Chapitre VIII
ÉC
Évolutions et équilibres
thermoélastiques
U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC
MOTS CLÉS

Évolution thermoélastique quasi-statique.


Équilibre thermoélastique.
Conditions aux limites.

E
Petits déplacements. Petites perturbations.
Linéarisation. Principe de superposition.
Champs cinématiquement admissibles.
I Q U
Champs statiquement admissibles.
H N
Méthode des déplacements.
Méthode des contraintes.
TE C
Torsion.
LY
PO
Principe de Saint Venant.

E
O L
ÉC
71
U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC

U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC

U E
N I Q
C H
LY TE
E PO
O L
ÉC
Chapitre VIII – Évolutions et équilibres thermoélastiques 73

U E
N IQ
EC H
LY T
P O
E
En bref...
L
ÉCO
Les sollicitations mécaniques et thermiques habituellement imposées à
un système en fonction du temps sont volumiques (forces de masse don-
nées) et surfaciques : température donnée au contour du système et condi-
tions aux limites sur le vecteur-contrainte et le déplacement. L’évolution

E
du système constitué d’un matériau thermoélastique est alors définie par

IQ U
un système d’équations – équations de la dynamique, équation de conti-
nuité, loi de comportement, équation thermique, et conditions au contour

H N
– qui sont écrites à la fois sur la configuration géométrique initiale connue

EC
du système et sur la configuration actuelle qui est une inconnue du pro-

LY T
blème d’évolution. La résolution des problèmes d’évolution thermoélas-
tique quasi-statiques est donc, par nature, incrémentale. Elle s’effectue

E PO
classiquement par la méthode des déplacements, dans laquelle l’évolution
géométrique du système est l’inconnue principale. L’unicité de la solution

O L
n’est pas établie (section 1).

ÉC
À partir de l’état initial pris comme référence, les équations du problème
tangent sont obtenues par dérivation convective, sur la configuration ini-
tiale, des équations du problème d’évolution. On en déduit les équations
du « 1er pas » de la résolution incrémentale du problème d’évolution,
dans lequel les champs donnés et les champs inconnus sont supposés in-
finitésimaux. Ces équations sont écrites sur la configuration initiale et le
problème correspondant est linéaire. Il constitue la linéarisation du pro-
blème d’évolution au voisinage de la configuration initiale. La validation
de cette linéarisation suppose l’hypothèse des petites perturbation : hypo-
thèse des petites transformations, hypothèse des petits déplacements et
hypothèse des petites variations de température (sections 2 et 3).
U E
N I
Dans cette analyse, le problème thermique est découplé : le champ Q
H
d’écart de température peut être déterminé indépendamment des autres
C
TE
champs inconnus. Sa détermination préalable permet de l’intégrer dans les

Y
données du problème pour la recherche des champs de déplacement et de

PO L
contrainte. Sous réserve de la validation de l’hypothèse des petites pertur-
bations, la solution du problème d’équilibre thermoélastique linéarisé est

L E
unique si les données aux limites en efforts et en déplacements sont celles

O
du problème bien posé (section 3).

ÉC
Le principe de superposition, qui traduit la linéarité du problème
74 Chapitre VIII – Évolutions et équilibres thermoélastiques

U E
N IQ
d’équilibre thermoélastique à partir de l’état initial naturel à tempéra-

EC H
ture uniforme, est d’utilisation courante dans la pratique, car il permet la

T
résolution de problèmes complexes par combinaison linéaire de problèmes

Y
plus simples (notamment en séparant les effets mécaniques et les effets
L
PO
thermiques). Il fournit également le moyen de traiter le cas où l’état ini-

E
tial du système est préchargé. Il est essentiel de rappeler que sa validité

L
dépend du respect de l’hypothèse des petites perturbations (section 3).

O
ÉC La solution du problème d’équilibre thermoélastique est constituée d’un
champ de déplacement cinématiquement admissible et d’un champ de
contrainte statiquement admissible pour le problème, liés par la loi de
comportement thermoélastique linéaire (section 4).

Les méthodes classiques de résolution directe du problème, à partir


d’hypothèses inspirées par la forme des données, choisissent l’un ou l’autre
de ces champs, cinématiquement admissible ou statiquement admissible,

U E
comme inconnue principale et expriment que le champ qui lui est associé

IQ
par la loi de comportement est, selon le cas, statiquement admissible ou

N
cinématiquement admissible. Le théorème d’unicité justifie a posteriori les
H
EC
hypothèses faites au départ sur la forme de champs choisie, dès lors qu’elles

T
permettent d’aboutir à la solution du problème (sections 4, 5 et 6).

LY
PO
Dans le cas particulier de l’équilibre isotherme à partir de l’état initial
naturel d’un système homogène en matériau isotrope, la méthode des dé-

L E
placements impose au champ ξ cinématiquement admissible de satisfaire

O
ÉC
l’équation de Navier. La méthode des contraintes impose au champ σ sta-
tiquement admissible de satisfaire les équations de Beltrami (sections 5 et
6).

Le problème d’équilibre élastique de la torsion isotherme d’une barre


cylindrique constituée d’un matériau isotrope homogène peut être résolu
par l’une ou l’autre méthode, lorsque les conditions aux extrémités ont une
forme bien précise liée à la géométrie de la section droite de la barre. Le
champ de contrainte solution est un champ de cission pure, non homogène
dans la section droite, invariant par translation le long de la barre. Le
champ de déplacement met en évidence le gauchissement des sections

E
droites et leur rotation différentielle, constants le long de la barre ; la
rotation différentielle est proportionnelle au couple de torsion appliqué
(section 7).
I Q U
H N
C
Le principe de Saint Venant affirme que la solution du problème de la

TE
torsion obtenue pour les conditions aux limites ainsi spécifiées aux extré-

Y
mités de la barre demeure valable, dans la partie courante de cette même
L
PO
barre supposée suffisamment longue, pour toute distribution d’efforts sur-

E
faciques aux extrémités dont le torseur se réduit à un couple d’axe parallèle

L
à celui de la barre : la forme précise des conditions imposées n’introduit
O
ÉC
que des effets limités au voisinage des extrémités. Plus généralement le
principe de Saint Venant est énoncé pour les corps élancés chargés à leurs
extrémités. Il est très utilisé dans la pratique (section 8).
Chapitre VIII – Évolutions et équilibres thermoélastiques 75

U E
N IQ
EC H
Principales notations

LY T
E
Notation
PO Signification 1ère formule

O L
ÉC
K0 tenseur de conduction thermique (1.10)
Tid valeur donnée d’une composante de T (1.13)
Uid valeur donnée d’une composante de U (1.13)
STi portion du contour où Ti est donnée (1.13)
SUi portion du contour où Ui est donnée (1.13)
F0 forces massiques initiales
E
(2.11)

U
IQ
0
σ champ de contrainte initial (2.12)
τ écart de température
H N (2.14)
ξid
T EC
valeur donnée d’une composante de ξ

Y
(2.25)
Sξi

PO L
partie du contour Ω0 où
ξi est donnée
(2.25)

O
K0
L E coefficient de conduction thermique (2.26)

ÉC
(matériau isotrope)
S(F , STi , Tid ) ensemble des champs de contrainte (4.6)
S.A. avec (F , Tid )
C(Sξi , ξid ) ensemble des champs de déplacement (4.7)
C.A. avec (ξid )

= Dn symbole de la « dérivée normale » (4.9)(7.12)
∂n
V(x) potentiel des forces de masse (5.6)
C couple de torsion (§ 7.1)
ϕ(x, y) fonction de gauchissement (7.3)
U E
α rotation différentielle ou
N I
(7.3) Q
« angle de torsion »
C H
J inertie de torsion

LY TE (7.17)

PO
ψ1 (x, y) fonction de contrainte (en torsion) (7.44)

O L E
ÉC
76 Chapitre VIII – Évolutions et équilibres thermoélastiques

U E
N IQ
1
EC H
Évolution thermoélastique quasi-statique . . . . . . . . . 79

Y T
1.1 L’intervention nécessaire de la loi de comportement . . . 79

L
PO
1.2 Position du problème d’évolution thermoélastique quasi-
statique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81

O L E 1.3 Résolution du problème d’évolution thermoélastique

ÉC
quasi-statique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
1.4 Quelques exemples de conditions aux limites . . . . . . 86
2 Linéarisation du problème d’évolution thermoélastique
quasi-statique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
2.1 Objectifs et principes de la linéarisation . . . . . . . . . 88
2.2 Équations du problème tangent . . . . . . . . . . . . . . 89
2.3 Premier pas de la résolution incrémentale . . . . . . . . 91
2.4 Découplage du problème thermique . . . . . . . . . . . . 92

E
2.5 État initial non chargé et non contraint . . . . . . . . . 93

U
IQ
2.6 Approche lagrangienne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
3
N
Équilibre thermoélastique linéarisé . . . . . . . . . . . . . 94

H
EC
3.1 Unicité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94

T
3.2 Principe de superposition . . . . . . . . . . . . . . . . . 95

LY
3.3 Hypothèses de linéarisation (état initial de référence na-

PO
turel) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95

E
3.4 État initial de référence précontraint . . . . . . . . . . . 96

O L3.5 Hypothèse des petites perturbations . . . . . . . . . . . 98

ÉC
3.6 Unicité du champ de déplacement . . . . . . . . . . . . 99
4 Résolution du problème d’équilibre thermoélastique
linéarisé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
4.1 Position du problème étudié, nouvelles notations . . . . 100
4.2 Champs de contrainte statiquement admissibles, champs
de déplacement cinématiquement admissibles . . . . . . 101
4.3 Problème d’équilibre thermoélastique linéarisé et pro-
blème isotherme associé . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104
4.4 Méthodes de résolution . . . . . . . . . . . . . . . . . . 106
5 Méthode des déplacements . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
5.1 Principe de la méthode . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
5.2 Équilibre isotherme, matériau homogène isotrope : équa-
U E
I Q
tion de Navier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 108
5.3 Système avec hétérogénéité forte du matériau constitutif
N
C H
ou présence de choc thermique . . . . . . . . . . . . . . 110

TE
6 Méthode des contraintes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111

LY
6.1 Principe de la méthode . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111

PO
6.2 Équilibre isotherme, matériau homogène isotrope : équa-

E
tions de Beltrami . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112

L
6.3 Système avec hétérogénéité forte du matériau constitutif

O
ÉC
ou présence de choc thermique . . . . . . . . . . . . . . 115
6.4 La compatibilité géométrique et les équations de Beltrami 116
7 Torsion d’une barre cylindrique . . . . . . . . . . . . . . . 118
Chapitre VIII – Évolutions et équilibres thermoélastiques 77

U E
IQ
HN
7.1 Position du problème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 118

C
7.2 Résolution du problème : méthode des déplacements . . 119

T E
7.3 Commentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 123

LY
7.4 Invariances du problème . . . . . . . . . . . . . . . . . . 124

P O 7.5 Cas de la barre de section circulaire . . . . . . . . . . . 125

E
7.6 Résolution du problème par la méthode des contraintes 127

L
ÉCO
7.7 Limite initiale d’élasticité de la barre en torsion . . . . . 129
8 Principe de Saint Venant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 131
Récapitulatif des formules essentielles . . . . . . . . . . . . . 136
Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 140

U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC

U E
N I Q
C H
LY TE
E PO
O L
ÉC
U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC

U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC

U E
N I Q
C H
LY TE
E PO
O L
ÉC
1 – Évolution thermoélastique quasi-statique 79

U E
N IQ
E C H
Évolutions et équilibres
L Y T
O
thermoélastiques
P
O L E
ÉC1 Évolution thermoélastique quasi-statique
1.1 L’intervention nécessaire de la loi de comportement
On a déjà remarqué que l’équation de la dynamique (1.1) représente un système
de trois équations aux dérivées partielles du premier ordre pour le champ tensoriel
U E
IQ
σ, c’est-à-dire pour les six champs scalaires, composantes de σ symétrique, fonctions

N
des trois variables d’espace, à chaque instant t :

en référentiel galiléen ,
EC H
T

Y

L
(1.1) div σ(x, t) + ρ(x, t)(F (x, t) − a(x, t)) = 0 sur Ωt

PO

 [[ σ(x, t) ]] . n(x) = 0 sur Σ (1)

E
σ

O L
ÉC
On considère un système S dans un état initial pris comme état de référence,
auquel on impose, jusqu’à l’instant t, une histoire de sollicitation par la donnée de
forces surfaciques ou de déplacements imposés au contour, de forces de masse et de
sollicitations thermiques. La détermination de l’évolution de ce système s’appuie, dans
le formalisme du milieu continu, en ce qui concerne les équations de champs, sur :

• les équations de la dynamique (1.1).

• l’équation de conservation de la masse sous sa forme lagrangienne ou eulérienne


(équation de continuité)

(1.2)
∂ρ(x, t)
+ div (ρ(x, t)U (x, t)) = 0 ,
U E
I Q
∂t
• les équations décrivant la cinématique
H N

 x = φ(X, t)
TE C
Y

(1.3)
U =

PO L
∂φ(X, t)
.

E
∂t

O L
On ne dispose ainsi que d’un système de 4 équations de champs pour 10 fonctions

ÉC
scalaires inconnues de (X, t), à savoir :
(1) En l’absence d’onde de choc et de densité surfacique de forces extérieures dans Ωt .
80 Chapitre VIII – Évolutions et équilibres thermoélastiques

U E
les six composantes de σ,
N IQ
les trois composantes de φ,
EC H
Y T
la masse volumique ρ .

L
PO
Ces constatations mettent en lumière la nécessité de faire intervenir le compor-

E
tement du matériau. En effet, dans le cas d’une évolution isotherme par exemple, la

L
loi de comportement d’un matériau s’écrit comme une relation (fonctionnelle) entre
O
ÉC
l’histoire des déformations et l’histoire des contraintes pour l’élément de matière : elle
fournit six équations (intégro-différentielles) supplémentaires qui complètent ainsi à
dix le système disponible pour la résolution du problème d’évolution posé ci-dessus
et la détermination des champs σ , φ où ξ , et ρ (par exemple).

Suivant le modèle adopté pour représenter le comportement du matériau, la loi de


comportement s’exprime par une équation plus ou moins compliquée. La thermoélas-

E
ticité en constitue l’exemple le plus simple, où la loi de comportement s’écrit sous la

U
IQ
forme explicite d’une relation biunivoque entre les valeurs des contraintes, déforma-

N
tions et température au même instant. Les problèmes correspondants seront étudiés
dans le présent chapitre.

EC H
LY T
D’autres modèles de comportement peuvent être adoptés pour les solides : élasto-

PO
plasticité, viscoélasticité, élastoviscoplasticité. Chacun donne lieu à des problèmes

E
L
dont les techniques de résolution présentent des particularités et dans lesquels le

ÉC O
comportement du système étudié manifeste certains traits caractéristiques. Toutefois
ce qui sera dit dans le présent chapitre concernant la façon de poser les problèmes (en
particulier à propos des conditions aux limites) et la façon dont interviennent, dans
leur résolution, les équations de la dynamique, les relations de comportement, et les
équations géométriques, a un caractère général.

Tous ces modèles de comportement font évidemment intervenir la température


parmi les sollicitations imposées au matériau. On a évoqué plus haut l’exemple de
l’évolution isotherme, mais il est clair que le cas d’une évolution où la répartition de
la température, variable dans le temps, est connue à chaque instant ne modifie pas
l’analyse. Lorsque le champ de température T constitue lui-même une inconnue du
problème, une onzième équation de champ doit être écrite, c’est l’équation ther-
U E
mique, à laquelle s’adjoint à chaque instant une condition aux limites (§ 1.2).

N I Q
C H
TE
On remarque enfin que, du point de vue physique, il est naturel que l’on doive

LY
faire intervenir la loi de comportement du matériau pour déterminer l’évolution d’un

PO
système. L’expérience montre couramment par exemple que deux systèmes géométri-

E
quement identiques, soumis aux mêmes sollicitations, constitués de matériaux élas-

L
tiques différents, se déforment différemment ; par contre il n’est peut-être pas aussi
O
ÉC
intuitif que la répartition des efforts intérieurs dépende elle aussi, en règle générale, de
la loi de comportement du matériau constitutif : il est important de conserver cette
idée présente à l’esprit.
1 – Évolution thermoélastique quasi-statique 81

U E
N IQ
1.2 Position du problème d’évolution thermoélastique
quasi-statique
E C H
Y T
Évolution thermoélastique
L
P O
Le concept d’évolution est schématiquement représenté sur la figure 1. L’état initial

L E
du système étudié est défini au moyen des données initiales. L’histoire des sollicitations

ÉCO
appliquées au système est donnée à partir de cet instant initial et l’on cherche à
déterminer l’évolution correspondante, c’est-à-dire, à chaque instant (instant actuel),
tous les champs qui définissent son état.

Lorsque le matériau constitutif du système (qui n’est pas nécessairement homo-


gène) est, en tout point, régi par une loi de comportement thermoélastique, le pro-
blème ainsi posé est un problème d’évolution thermoélastique

U E
N IQ
EC H
LY T
Histoire

O
des

E P sollicitations

L sur le

ÉCO
sytème

Figure 1 – Représentation schématique du problème d’évolution

Équations de champs

E
L’ensemble des équations de champs du problème d’évolution thermoélastique est
ainsi constitué

I Q U
N
des équations de la dynamique (1.1),

C H
TE
de l’équation de continuité (ici sous la forme lagrangienne)

LY
PO
(1.4) ρ0 (X)/ρ(x, t) = det F (X, t) ,

L E
de la loi de comportement
O
ÉC
∂ψ(T, e)
(1.5a) π = ρ0 pour le matériau sans liaison interne ,
∂e
82 Chapitre VIII – Évolutions et équilibres thermoélastiques

U E
ou, pour le matériau avec liaisons internes,
N IQ

EC H
 ϕp (e) = 0 , p = 1, . . . , n (1 ≤ n ≤ 6)
T

(1.5b)
LY
∂ψ(T, e) ∂ϕp (e)

PO
 π = ρ0
 + ηp , ηp scalaires arbitraires .
∂e ∂e

L E
avec les formules de transport

O
ÉC


 x = X + ξ(X, t)



 F (X, t) = 1l + ∇ξ(X, t)



(1.6) 1 t
 e(X, t) = ( F (X, t) . F (X, t) − 1l)


 2
ρ0 (X) −1


F (X, t) . σ(x, t) . tF −1 (X, t) .


 π(X, t) =
ρ(x, t)
On remarque que l’équation de comportement (1.5) fait intervenir la température.
U E
IQ
Ceci implique que le champ de température initial fait partie des données et que le

N
champ de température actuel constitue une onzième inconnue, comme cela est indiqué

H
EC
sur la figure 1, une équation supplémentaire doit donc être adjointe au décompte
effectué dans la section précédente : c’est l’équation thermique.

LY T
L’équation thermique s’obtient à partir de l’équation de l’énergie (chapitre VII,

PO
§ 3.4), écrite ici en supposant que r0 = 0 :

E
(1.7)
O L ρ0 ė − π : ė + divX q 0 = 0 .

ÉC
Cette équation se transforme à travers la loi de comportement thermoélastique
(1.5) pour les évolutions compatibles avec les liaisons internes, en rappelant que
(1.8) ρ 0 ψ = ρ0 e − ρ0 T s
et il vient :
∂π(T, e) ∂ 2 ψ(T, e)
(1.9) T : ė + ρ0 T Ṫ − divX q 0 = 0 .
∂T ∂T 2
Si l’on adopte la loi de conduction de Fourier(2) où K 0 est le tenseur de conductivité
thermique en description lagrangienne :

U E
Q
(3)
(1.10) q 0 = −K 0 . ∇T

N I
H
on obtient enfin l’équation thermique :

(1.11)
∂π(T, e) ∂ 2 ψ(T, e)
TE C
Ṫ + divX (K 0 . ∇T ) = 0 .
Y
T : ė + ρ0 T

L
∂T ∂T 2

PO
(2) Sur la configuration actuelle, la loi de Fourier s’écrit sous la forme q = K . grad T avec K =

E
0

L
JF −1
.K . tF −1 .

O
(3) La forme quadratique associeé à K est positive pour satisfaire l’inégalité de la conduction

ÉC
0
(chapitre VII, § 4.2). Le tenseur K est symétrique en application générale du principe de symétrie
0
de Onsager ou par simple écriture du principe de respect des symétries de la matière (cf. L. Brun,
Énergétique et modélisation du comportement thermomécanique).
1 – Évolution thermoélastique quasi-statique 83

U E
Conditions aux limites
N IQ
EC H
Les sollicitations imposées au système à chaque instant sont volumiques sur Ωt

Y T
(forces volumiques ou massiques données) et surfaciques sur ∂Ωt . Ces dernières consti-

L
PO
tuent les conditions aux limites à chaque instant, qui concernent la température
T et les composantes des forces surfaciques et des vitesses.

O L E
On rencontre classiquement des conditions aux limites données à chaque instant

ÉC
sous la forme suivante :

• donnée de la température T en chaque point de ∂Ωt ,


• donnée, en chaque point de ∂Ωt , de trois composantes orthogonales entre
elles pour l’ensemble des deux vecteurs, contrainte T (n) et vitesse U.

U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC Figure 2 – Conditions aux limites

On désigne par un indice i, (i = 1, 2, 3), les trois directions, éventuellement va-


riables d’un point à l’autre de ∂Ωt de ces composantes orthogonales et on repère par
un exposant « d » les composantes données. Les conditions aux limites se formulent
ainsi :

(1.12) T (x, t) = T d(x, t) sur ∂Ωt ,



σ (x, t) nj (x) = Tid (x, t) sur STi (t)
 ij

E

(1.13) Ui (x, t) = Uid (x, t) sur SUi (t)


avec SUi (t) ∪ STi (t) = ∂Ωt et
I Q U
SUi (t) ∩ STi (t) = ∅ , i = 1, 2, 3

N

C H
où les nj (x) , (j = 1, 2, 3) , sont les composantes du vecteur extérieur normal unitaire
n(x) à ∂Ωt .

LY TE
PO
Les directions i(= 1, 2, 3) correspondent en général à des axes qui ont une signi-
fication vis-à-vis du contour ∂Ωt au point considéré : le plus souvent ce sont deux

L E
directions du plan tangent à ∂Ωt et la direction de la normale extérieure à ∂Ωt (fi-

O
ÉC
gure 2). On donnera au paragraphe 1.4 des exemples courants de telles conditions aux
limites.
84 Chapitre VIII – Évolutions et équilibres thermoélastiques

U E
Évolutions thermoélastiques quasi-statiques
N IQ
EC H
On se place dans le cadre d’une évolution quasi-statique en postulant que le sys-

Y T
tème est, à chaque instant, en équilibre : en d’autres termes, l’évolution est une suc-

L
PO
cession d’états d’équilibre. Il s’agit là d’une hypothèse a priori qui doit être plausible,
compte tenu des données initiales et des sollicitations données à chaque instant(4) .

L E
Ceci implique que :

O
ÉC
a) le système est en équilibre dans l’état initial ;
b) les forces extérieures imposées au système sont, à chaque instant compatibles avec
l’équilibre global du système, c’est-à-dire compatibles avec l’équation (cf. chapitre
IV, § 6.4 et chapitre V, § 3.4) :

(1.14) pour S , [Fe ] = 0

E
c) les variations des sollicitations données au cours du temps sont suffisamment
lentes ;

IQ U
N
d) (les données en vitesses imposées au contour du système sont compatibles avec les
éventuelles liaisons internes du matériau constitutif).

EC H
Y T
Pour cette évolution les équations de la dynamique sont, à chaque instant, rem-

L
PO
placées par les équations d’équilibre :

E

L
 div σ(x, t) + ρ(x, t)F (x, t) = 0 sur Ωt ,
(1.15)

ÉC O  [[ σ(x, t) ]] . n(x) = 0 sur Σσ .

L’équation thermique (1.9) se présente souvent sous deux formes simplifiées :


• Le régime transitoire en thermoélasticité découplée, dans lequel on suppose que
le terme linéaire en ė du premier membre de (1.9) est négligeable devant chacun
des deux autres ; avec la loi de Fourier il vient :

∂ 2 ψ(T, e)
(1.16) ρ0 T Ṫ + divX (K 0 . ∇T ) = 0 .
∂T 2
• Le régime stationnaire, dans lequel le système est à chaque instant en équilibre
thermique ; le taux de chaleur reçu par tout sous-système et par le système lui-

U E
Q
même est nul. Avec la loi de Fourier :

N I
H
(1.17) divX (K 0 . ∇T ) = 0

tandis que (1.9) et (1.11) s’écrivent


TE C
LY
PO
∂π(T, e) ∂ 2 ψ(T, e)
(1.18) T : ė + ρ0 T Ṫ = 0 ,

O L E ∂T ∂T 2
c’est-à-dire ρ0 T ṡ = 0 (réversibilité, cf. la formule (5.11) du chapitre VII).

ÉC
(4) Cette hypothèse devrait aussi être validée a posteriori, faute d’être assurée par un théorème

d’unicité.
1 – Évolution thermoélastique quasi-statique 85

U E
N IQ
1.3 Résolution du problème d’évolution thermoélastique quasi-
statique
E C H
Y T
On se place, pour simplifier, dans le cas d’une évolution quasi-statique isotherme.
L
O
Les équations de champs (1.4 à 1.6 et 1.15) et les conditions aux limites (1.13) défi-
P
E
nissent le problème correspondant.

L
ÉCO
On remarque que ces équations font intervenir à l’instant t à la fois la configuration
initiale κ0 , connue, et la configuration actuelle κt qui, elle, fait partie de la solution
même du problème : les équations d’équilibre (1.4) sont écrites sur la configuration
actuelle et les forces de masse, qui font partie des données, sont relatives à cette
configuration.

La résolution du problème d’évolution thermoélastique quasi-statique s’articule


autour des étapes suivantes.

U E
IQ
• À partir de l’analyse des données du problème (géométrie, charge-
N
H
ment, caractéristiques mécaniques du matériau constitutif) on ima-

EC
gine a priori une forme possible pour la transformation x = φ(X, t)

LY T
entre κ0 et κt , éventuellement fonction d’un ou plusieurs paramètres,
qui satisfait « par construction » les conditions aux limites en vitesses

PO
dans (1.13) et les liaisons internes du matériau dans (1.5b).

E
L
• On détermine les tenseurs géométriques de (1.6) correspondants :

ÉC O
F (X, t) , e(X, t), sur Ω0 .
• On exprime le champ de contrainte π(X, t) défini sur Ω0 , associé
par la loi de comportement au champ de déformation précédemment
déterminé. Dans le cas de liaisons internes, la loi de comportement
(1.5b) introduit n champs scalaires indéterminés ηp (X, t) sur Ω0 .
• On en déduit, par la formule de correspondance (1.6), le champ de
contrainte de Cauchy correspondant σ(x, t) sur Ωt .
• On exprime que ce champ de contrainte doit satisfaire les équa-
tions d’équilibre (1.15) et les conditions aux limites concernant les
contraintes dans (1.13).
• Dans le cas favorable d’un choix initial pertinent pour x = φ(X, t),

U E
Q
ces équations peuvent être satisfaites. Elles déterminent les para-

N
mètres de la transformation et les n champs scalaires ηp (une indé-
I
H
termination peut quelquefois subsister avec certaines formes de condi-
C
TE
tions aux limites).
.
LY
E PO
Cette démarche est schématisée sur la figure 3 et porte le nom de méthode des

O L
déplacements pour signifier qu’elle s’appuie sur l’intuition géométrique de l’évolution

ÉC
du système.

Lorsqu’elle aboutit, le résultat obtenu est une solution, c’est-à-dire une évo-
86 Chapitre VIII – Évolutions et équilibres thermoélastiques

U E
N IQ
lution thermoélastique quasi-statique possible répondant aux données et aux

EC H
équations du problème, sans que l’on puisse affirmer en général qu’il s’agit de l’unique

T
solution du problème.

LY
E PO
O L
ÉC

U E
N IQ
EC H
LY T
PO
Figure 3 – Problème d’évolution thermoélastique quasi-statique : méthode de

O L E
résolution

1.4 C exemples de conditions aux limites


ÉQuelques
Afin d’illustrer concrètement la formulation (1.13) des conditions aux limites sur
U et T au cours d’une évolution on se propose d’examiner quelques exemples fréquem-
ment rencontrés (lorsque nécessaire, on se réfèrera à la figure 2 pour la désignation
des axes orthogonaux locaux).

a) Une partie SU de ∂Ωt sur laquelle le solide S a sa vitesse imposée en


tout point.

SU est une surface SUi pour i = 1, 2, 3, à l’instant t.

U E
I Q
Les données sont les Uid en tout point de SU et les conditions aux limites s’écrivent :

N
H
ß
Ui (x, t) = Uid (x, t) i = 1, 2, 3 sur SU

C
(1.19)

TE
ou encore U (x, t) = U d (x, t) sur SU .

Y
En particulier si un solide S est fixé sur une partie SU de son contour ∂Ωt cela signifie que

PO L
la vitesse y est imposée nulle et la condition aux limites s’écrit :

E
(1.20) U(x, t) = 0 sur SU .

O L
ÉC
b) Une partie ST de ∂Ωt sur laquelle le vecteur contrainte est imposé.

ST est une surface STi pour i = 1, 2, 3, à l’instant t.


1 – Évolution thermoélastique quasi-statique 87

U E
Les données sont les Tid
N IQ
en tout point de ST et les conditions aux limites s’écrivent :

(1.21)
ß

EC H
σij (x, t) nj (x) = Tid (x, t) i = 1, 2, 3 sur ST

T
ou encore σ(x, t) . n(x) = T d (x, t) sur ST .

LY
Par exemple, la force surfacique peut être une pression normale imposée p(t). En prenant les

PO
axes locaux comme indiqué sur la figure 2, les conditions aux limites s’écrivent alors :

E
(1.22) σij (x, t) nj (x) = 0 i = 1, 2, σ3j (x, t) nj (x) = −p(t) sur ST .

O L
On rencontre aussi le cas où la force surfacique est imposée nulle : la surface ST correspon-

ÉC
dante est dite libre de contrainte ; les conditions aux limites s’écrivent :
(1.23) σ(x, t) . n(x) = 0 sur ST .

c) Une partie St de ∂Ωt sur laquelle deux composantes tangentielles de T


et la composante normale de U sont imposées.

Avec les axes locaux de la figure 2, St est, à l’instant t, une surface STi pour i = 1, 2 et SUi
pour i = 3 et l’on a :
ß
σij (x, t) nj (x) = Tid (x, t) i = 1, 2 sur STi = St

E
(1.24)

U
U3 (x, t) = U3d (x, t) sur SU3 = St .

N
d) Une partie St de ∂Ωt sur laquelle S est en contact sans frottement avec IQ
une paroi indéformable (fixe ou mobile).

EC H
Y T
On désigne par U p la vitesse de déplacement de la paroi au point considéré, et on choisit les

L
PO
axes locaux comme indiqué sur la figure 2.

E
• On suppose d’abord (hypothèse d’école) que la liaison est bilatérale. Les conditions

L
aux limites sont du type (1.13) :

O
ÉC
St est une surface STi pour i = 1, 2 ; les composantes T1 (x, t) et T2 (x, t) de T (x, t) sont
données, nulles en raison de l’absence de frottement :
(1.25) T1d (x, t) = 0 T2d (x, t) = 0 ;
St est une surface SUi pour i = 3 ; la composante U3 (x, t) de U (x, t) est donnée, égale
à la composante U3p (x, t) de la vitesse de la paroi, en raison de l’hypothèse de liaison
bilatérale :
(1.26) U3d (x, t) = U3p (x, t) .
Les conditions aux limites s’écrivent :
ß
σij (x, t) nj (x) = 0 i = 1, 2 sur St
(1.27)
U3 (x, t) = U3d (x, t) sur St .

• Si l’on suppose la liaison unilatérale, ce qui est physiquement plus réaliste, elle ne

U E
I Q
rentre plus dans le cadre de la formulation (1.13). Son analyse nécessite de distinguer les

N
deux cas complémentaires suivants.

C H
TE
La liaison unilatérale est persistante :
U3 (x, t) devient alors une donnée égale à U3p (x, t) et (1.26) demeure valable.

LY
Ceci implique que la composante T3 (x, t) de T (x, t) est négative, c’est-à-dire compres-

PO
sive, (ou nulle).

L E
La liaison unilatérale est rompue :

O
Si la composante U3 (x, t) de U(x, t) est inférieure à U3p (x, t) c’est-à-dire, puisque la

ÉC
direction 3 est normale extérieure à S, s’il y a séparation entre le solide et la pa-
roi , c’est T3 (x, t) qui est fixée égale à zéro. Les conditions sur T1 (x, t) et T2 (x, t) sont
inchangées. La surface devient alors une surface libre.
88 Chapitre VIII – Évolutions et équilibres thermoélastiques

U E
N IQ
Les conditions aux limites pour une liaison unilatérale s’écrivent ainsi :

EC H
T
U3 (x, t) ≤ U3p (x, t)

σij (x, t) nj (x) = 0 i = 1, 2 ,

Y
et

L

(1.28) • U3 (x, t) = U3p (x, t)

PO
⇒ σ3j (x, t)nj (x) ≤ 0

U3p (x, t)

• U3 (x, t) < ⇒ σ3j (x, t)nj (x) = 0 , sur St .

O L E On a aussi la formulation globalement(5) équivalente à (1.28) :

ÉC

σij (x, t) nj (x) = 0 i = 1, 2 , σ3j (x, t)nj (x) ≤ 0
et


(1.29) • σ3j (x, t) nj (x) < 0 ⇒ U3 (x, t) = U3p (x, t)

U3 (x, t) ≤ U3p (x, t) , sur St .

• σ3j (x, t) nj (x) = 0 ⇒

2 Linéarisation du problème d’évolution


thermoélastique quasi-statique
U E
2.1 Objectifs et principes de la linéarisation
N IQ
EC H
L’exposé du paragraphe 1.3 et, en particulier, le schéma de la figure 3, mettent

Y T
en évidence le caractère incrémental de la résolution du problème d’évolution ther-

L
moélastique. En effet, comme on l’a remarqué, les équations du problème à l’instant

PO
t font intervenir à la fois la configuration initiale κ0 et la configuration actuelle κt .

E
L
La linéarisation de ce problème, qui fait l’objet de cette section, consiste à s’inté-

ÉC O
resser au « premier pas » de cette résolution incrémentale à partir de l’état initial
donné du système, comme cela est schématisé sur la figure 4. Dans cette démarche,
on suppose que la transformation est infinitésimale en tout point du système. L’état
de contrainte initial dans la configuration de référence κ0 est un état précontraint σ 0
supposé engendré par une transformation thermoélastique infinitésimale à partir de
l’état naturel comme cela a été défini au chapitre VII (§ 5.4).

U E
N I Q
C H
LY TE
E PO
Figure 4 – Représentation schématique de la linéarisation du problème d’évolution

O L
ÉC
(5) Les « • » de (1.29) pourraient aussi servir de bases à des définitions de la liaison persistante
et de la liaison rompue ; celles-ci ne seraient pas équivalentes aux précédentes qui paraissent plus
physiques.
2 – Linéarisation du problème d’évolution thermoélastique quasi-statique 89

U E
N IQ
L’état initial est défini par la donnée, dans le système, du champ de contrainte

EC H
initial σ 0 et du champ de température satisfaisant l’équation (1.17) du régime

T
stationnaire. Le champ σ 0 est en équilibre avec le chargement initial constitué des

LY
forces massiques initiales F 0 sur Ω0 et, au contour ∂Ω0 , avec les forces surfaciques

PO
initiales T 0 = σ 0 . n.

O L E
La réponse incrémentale du système à partir de cet état initial est définie, sur

ÉC
κ0 , par le champ de vitesse U = ξ̇ et par les dérivées convectives, à l’instant t = 0,
des champs σ, ρ, T . Celles-ci satisfont, sur κ0 , le système d’équations formé par les
conditions aux limites sur les vitesses et par les dérivées convectives des équations
de champs et des conditions aux limites sur les contraintes. Ces équations défi-
nissent ce que nous appellerons le problème tangent. Pour ce problème les données
sont(6) : Ḟ (x = X, 0) sur Ω0 , Ṫid (x = X, 0) sur STi (0), Uid (x = X, 0) sur SUi (0) et
Ṫ (x = X, 0) sur ∂Ω0 . Le problème tangent est, par construction, linéaire. La linéarisa-
tion du problème d’évolution consiste à y substituer les variations des champs donnés
et inconnus entre l’état initial et l’état actuel en remplacement de leurs dérivées.

U E
Du point de vue pratique, il conviendra évidemment d’examiner les hypothèses

N IQ
H
sous lesquelles le problème linéarisé ainsi obtenu est une bonne approximation du

EC
problème d’évolution au voisinage de l’état initial (cf. § 3.3).

LY T
PO
2.2 Équations du problème tangent

O L E
Les équations du problème tangent sont écrites sur la configuration initiale, elles

ÉC
sont constituées par les conditions aux limites sur les vitesses et par les dérivées
convectives, à l’instant t = 0, des autres équations du problème d’évolution. Dans
la suite on suppose le régime thermique stationnaire à chaque instant et le matériau
sans liaisons internes. Les équations du problème d’évolution s’écrivent :

Équations de champs

(2.1) div σ(x, t) + ρ(x, t) F (x, t) = 0 sur Ωt (7)


(2.2) x = φ(X, t) sur Ω0
(2.3) ρ0 (X)/ρ(x, t) = J(X, t) sur Ω0
∂ψ
U E
(2.4) π(X, t) = ρ0
∂e
(X, t) sur Ω0

N I Q
(2.5) divX K 0 . ∇T = 0
C H
sur Ω0 .

LY TE
(6) Dans

E PO
ces expressions, les arguments (x = X, t) appliqués à une grandeur eulérienne dénotent la

L
valeur de cette grandeur au point géométrique x = X à l’instant t. Lorsqu’il s’agit d’une grandeur

O
ÉC
physique, telle que la vitesse U , dont la notation est identique dans les descriptions lagrangienne et
eulérienne on a évidemment U (x = X, 0) = U (X, 0).
(7) L’expression linéarisée de l’équation de saut du champ de contrainte qui figure dans (1.15) sera

déduite de la linéarisation (2.1).


90 Chapitre VIII – Évolutions et équilibres thermoélastiques

U E
Conditions aux limites
N IQ
(2.6)
EC H
T (x, t) = T d (x, t) sur ∂Ωt
(2.7)
LY T Ti (x, t) = Tid (x, t) sur S(Ti ) (t)
(2.8)
E PO Ui (x, t) = Uid (x, t) sur S(Ui ) (t) .

O L
ÉC Les équations obtenues par la dérivation convective des équations (2.1) à (2.8) à
l’instant t = 0 sont écrites sur Ω0 et ∂Ω0 : les opérateurs gradients ∇ et grad sont
alors confondus, de même que les opérateurs divX et div.

Équations de champs sur Ω0

La dérivation convective de (2.1) à l’instant t = 0 s’écrit :

(2.9)
d d 
[div σ(x, t)] + [ρ(x, t) F (x, t)] t=0 = 0 sur Ω0 .
U E
IQ
dt dt
L’équation de continuité (2.3) donne, à l’instant t = 0 :
H N
d
T EC
ï ò

Y
(2.10) ρ(x, t) = −ρ0 (X) divX U(X, 0)
dt t=0

PO L
E
dont on déduit pour (2.9) l’expression

O L
ÉC
(2.11)
d ∂
ï ò ï ò
[div σ(x, t)] + ρ0 (X) F (x = X, t) − ρ0 (X) F 0 (X) divX U(X, 0)
dt t=0 ∂t t=0
+ ρ0 (X)∇F 0 (X) . U (X, 0) = 0 sur Ω0 .

Compte tenu de l’égalité


d d
ï ò ï ò
(2.12) [div σ(x, t)] = divX [ σ(x, t)] − ∇σ 0 (X) : ∇U (X, 0)(8)
dt t=0 dt t=0

on obtient finalement pour la dérivée convective de (2.1) à l’instant t = 0 :


U E
ï ò

Q
[ divX σ̇(x, t)]x=X + ρ0 (X) F (x = X, t) − ∇σ 0 (X) : ∇U (X, 0)
(2.13) t=0
∂t t=0

N I
− ρ0 (X) F 0 (X) divX U (X, 0) + ρ0 (X) ∇F 0 (X) . U (X, 0) = 0
H
sur Ω0 .
C
(8) On a en effet

LY TE
PO
d ∂
h i h i î ó
[div σ(x, t)] = [div σ(x, t)] + ∇[divX σ0 (X, 0)] . U (X, 0)
dt t=0 ∂t t=0

L E ∂
h i
= divX [σ(x, t)] − ∇σ0 (X, 0) : ∇U (X, 0) + divX [∇σ0 (X, 0) . U (X, 0)]

O
∂t

ÉC
t=0
d
h i
= divX [ σ(x, t)] − ∇σ0 (X, 0) : ∇U(X, 0) .
dt t=0
2 – Linéarisation du problème d’évolution thermoélastique quasi-statique 91

U E
N IQ
La linéarisation de l’équation de comportement (2.4), qui correspond à la dérivée

EC H
convective (2.14) de (2.4) à l’instant t = 0, a été étudiée au chapitre VII (section 5) :

(2.14)
LY T
σ̇(x = X, 0) = A : ė − k τ̇ + (σ 0 . t ∇U + ∇U . σ 0 ) − σ 0 div U sur Ω0 .

E PO
La dérivation convective de l’équation thermique (2.5) à l’instant t = 0 fournit :

O L
ÉC
∂τ
ï Å ãò
(2.15) divX K 0 . ∇ =0 sur Ω0
∂t

où K 0 est la valeur du tenseur de conductivité thermique dans la configuration initiale

Conditions aux limites

Pour les conditions aux limites, on obtient de même à l’instant t = 0 :

E
ñ ô
∂τ ∂τ d
ï ò
(2.16)
∂t
(X, t)
t=0
=
∂t
(X, t) sur ∂Ω0

IQ U
N
t=0

EC H
ñ ô
∂Ti ∂Tid
ï ò
(2.17) (X, t) = (X, t) sur STi (0)

T
∂t t=0 ∂t

Y
t=0

PO L
ñ ô
∂ξi ∂ξid
ï ò
(9)
(2.18) (X, t) = (X, t) sur SUi (0) .

E
∂t ∂t

L
t=0 t=0

ÉC O
Le problème tangent sur la configuration initiale est ainsi défini par les équations
(2.10, 2.13 à 2.18).

2.3 Premier pas de la résolution incrémentale


On substitue maintenant dans les équations (2.10, 2.13 à 2.18) le champ ξ au
champ U et les variations σ(x = X, t) − σ 0 (X) et F (x = X, t) − F 0 (X) aux dérivées
correspondantes. On fait de plus l’hypothèse de la transformation infinitésimale.

On obtient ainsi le système d’équations où les arguments (x = X, t) sont sous-


entendus et ou l’opérateur divergence est évidemment pris sur Ω0 :

U E
Q
Équations de champs sur Ω0

N I
(2.19)
C H
div(σ − σ 0 ) + ρ0 (F − F 0 ) − ∇σ 0 : ∇ξ − ρ0 F 0 trε + ρ0 ∇F 0 . ξ = 0
(2.20)
(2.21)
ρ = ρ0 (1 − trε)

LY TE
σ − σ 0 = A : ε − kτ + (σ 0 . t ∇ξ + ∇ξ . σ 0 ) − σ 0 tr ε

(2.22)
E
div K 0 . ∇τ = 0 . PO
O L
ÉC
(9) Puisque le champ ξ est nul dans la configuration initiale on a évidemment :
ï ò
∂ξ
U (X, 0) = (x = X, t) .
∂t t=0
92 Chapitre VIII – Évolutions et équilibres thermoélastiques

U E
Conditions aux limites
N IQ
(2.23) τ = τd
EC H sur ∂Ω0
(2.24)
LY T
Ti − Ti0 = Tid − Ti0 sur STi = STi (0)
(2.25)

E PO ξi = ξid sur Sξi = SUi (0)

O L
où l’on désigne par Ti0 (X) la valeur de la composante «i» du vecteur contrainte

ÉC
engendré par σ 0 (X) sur STi (0) au point X. L’équation de comportement (2.21) est
évidemment identique à la formule (5.24) du chapitre VII.

2.4 Découplage du problème thermique


Une conséquence importante du système d’équations (2.19) à (2.25) est le décou-
plage du problème thermique. En effet, on a implicitement supposé, dans l’écriture
de (2.22) que K 0 est une constante physique du matériau ; il s’ensuit que cette équa-

E
tion, associée à la condition aux limites (2.23), permet la détermination du champ τ
sur Ω0 , indépendamment des champs ξ et σ.

IQ U
N
À titre d’exemple, si le solide étudié est constitué d’un matériau isotrope homo-
H
EC
gène, le tenseur K 0 est un tenseur isotrope constant sur Ω0 :

(2.26)
LY T
K 0 = K0 1l constant sur Ω0 ;

PO
l’équation (2.22) se réduit alors à l’équation de Laplace
E
(2.27)
O L ∆τ = 0 sur Ω0

ÉC
qui détermine τ sur Ω0 à partir des conditions aux limites (2.23) sur ∂Ω0 . La figure
5 donne un exemple de champ τ ainsi déterminé numériquement.
Une fois sa détermination effectuée, le champ τ peut être considéré comme une
donnée sur Ω0 pour le problème relatif à ξ et σ. C’est le point de vue qui sera
adopté dans toute la suite.

U E
N I Q
C H
LY TE
E PO
O L
Figure 5 – Distribution de température dans un collecteur d’échappement (document

ÉC
comuniqué par PSA - Peugeot-Citroën)
2 – Linéarisation du problème d’évolution thermoélastique quasi-statique 93

U E
N IQ
2.5 État initial non chargé et non contraint

E C H
T
Les équations précédentes sont remarquablement simplifiées lorsque, dans son état

O
ment non chargé :
L Y
initial pris comme référence, le champ de contrainte est nul, le système étant évidem-

E P
L
(2.28) σ0 = 0 sur Ω0 , F 0 = 0 sur Ω0 , Ti0 = 0 sur STi (0) .

ÉCO Cet état initial est dit naturel . Le système des équations (2.19 à 2.25), où le
champ τ est désormais considéré comme une donnée, devient alors :

Équations de champs sur Ω0

E
(2.29) div σ + ρ0 F = 0

(2.30)
IQ U
N
ρ = ρ0 (1 − div ξ)

(2.31) σ = A : ε−kτ
EC H
LY T
PO
Conditions aux limites

O L E (2.32) Ti = Tid sur STi = STi (0)

ÉC (2.33) ξi = ξid sur STi = STi (0) .

On constate que l’équation (2.19) se réduit à l’équation (2.29), qui exprime l’équi-
libre du champ de constrainte σ avec le champ de force massique F . L’équation de
comportement(2.21) devient (2.31) (chapitre VII, § 5.4).

À partir de l’état initial naturel, le problème posé par le système des équations
(2.29 à 2.33) définit l’équilibre du système sous les sollicitations qui lui sont impo-
sées à l’instant actuel dans la géométrie de la configuration κ0 avec la loi de

E
comportement thermoélastique linéarisée.

Ce problème est linéaire : la correspondance entre les champs donnés ξid , Tid , F
I Q U
N
et τ d’une part, et les champs solutions ξ et σ d’autre part, est linéaire. C’est la li-
H
du problème d’évolution thermoélastique donné.
TE C
néarisation, sur de la configuration initiale non chargée et non contrainte,

LY
2.6 Approche lagrangienne
E PO
O L
ÉC
On peut donner, de la construction du problème tangent, une approche lagrangienne. Il s’agit,
en fait, de procéder à la dérivation convective de l’équation d’équilibre (2.1) en description
lagrangienne. Comme dans d’autres cas (cf. chapitre III, § 4.4 par exemple) cette démarche,
quoique plus lourde que celle adoptée au paragraphe 2.2, peut paraître « plus rassurante ».
94 Chapitre VIII – Évolutions et équilibres thermoélastiques

U E
N IQ
L’équation d’équilibre (2.1) sur Ωt est transportée sur Ω0 , comme indiqué au chapitre V

EC H
(§ 4.2) et fait apparaître le tenseur des contraintes de Piola-Lagrange (ou de Boussinesq)
B(X, t) relié à σ(x, t) par :

(2.34)

LY T B(X, t) = J(X, t) σ(φ(X, t), t) . t F −1 (X, t) .

PO
On obtient ainsi l’équation :

O L E(2.35) divX B(X, t) + ρ0 F (φ(X, t), t) = 0

ÉC
et l’équation de saut correspondante
(2.36) [[ B(X, t) ]] . N (X) = 0 .

La dérivation convective de (2.35) donne :


(2.37) divX Ḃ(X, t) + ρ0 Ḟ (φ(X, t), t) = 0

soit, compte tenu de (2.34),

(2.38) ˙ . t F −1 + Jσ . d (t F −1 ) + J σ̇ . t F −1 ) + ρ0 dF = 0 .
divX (Jσ

E
dt dt
Cette équation devient, après calculs(10) :

IQ U
N
divX [σ̇(x, t) ]x=X + div σ 0 (X) div U (X, 0) − ∇σ0 (X) : ∇U(X, 0)

EC H
t=0
(2.39) d
h i

LY T
+ ρ0 (X) F (x, t) =0.
dt x=X
t=0

P O
Ou encore, en tenant compte de l’équation d’équilibre satisfaite par σ 0 avec les forces de

E
masse F 0 sur Ω0 et en explicitant la dérivée convective :

L
ÉCO
(2.40)

h i
[divX σ̇(x, t)]x=X + ρ0 (X) F (x = X, t) − ∇σ0 (X) : ∇U(X, 0)
∂t t=0
t=0
− ρ0 (X) F 0 (X) divX U(X, 0) + ρ0 (X) ∇F 0 (X) . U (X, 0) = 0 sur Ω0 .

qui n’est autre que l’équation (2.13) obtenue au paragraphe 2.2.

3 Équilibre thermoélastique linéarisé


3.1 Unicité
On démontrera au chapitre X (§ 2.4 et 3.4) le résultat d’unicité pour la solution

U E
Q
du problème d’équilibre thermoélastique linéarisé, qui s’énonce ainsi :

N I
La solution du problème d’équilibre thermoélastique linéarisé (2.29 à
C H
TE
2.33) est unique en fonction des valeurs des sollicitations imposées à

Y
l’instant t. Plus précisément : il y a unicité des champs σ et ε sur Ω0 .

(10) On

PO L
E
a en effet sur κ0 , compte tenu des valeurs initiales :

L
˙ . t F −1 ) = (div U) div σ 0 + ∇(div U ) . t σ0
divX (Jσ
d

ÉC O
divX (Jσ . (t F −1 )) = div(−Jσ . t Ḟ ) = −∇σ0 : ∇U − σ0 . ∇(div U ).
dt
On rappelle que sur κ0 les gradients ∇ et grad sont confondus de même que les opérateurs divX et
div.
3 – Équilibre thermoélastique linéarisé 95

U E
N IQ
La démonstration de ces résultats d’unicité repose sur la forme des conditions

EC H
aux limites (2.32, 2.33) qui définissent un problème régulier ou bien posé et sur le

T
1
caractère défini positif de la forme quadratique ε : A : ε imposé par la stabilité du

LY 2

PO
matériau thermoélastique dans son état naturel (chapitre VII, § 5.5).

E
La question de l’unicité du champ ξ sera traitée dans la suite (§ 3.6).
L
É C3.2OPrincipe de superposition
En conséquence des propriétés énoncées plus haut (§ 2.5 et 3.1), les champs ξ et σ
dépendent linéairement des données F et τ sur Ω0 , ξid et Tid sur ∂Ω0 . Compte tenu
de son importance pratique, cette propriété mathématique est souvent connue sous le
nom de principe de superposition, énoncée sous la forme suivante. (On rappelle
que dans la configuration initiale le système est non chargé et que l’état de contrainte
est nul).

U E
IQ
Si σ 1 et ξ 1 satisfont les équations de champ du problème d’équilibre thermoélas-

N
H
tique avec les données F 1 et τ 1 sur Ω0 , et correspondent sur ∂Ω0 aux forces surfaciques

EC
T 1 et aux déplacements ξ 1 ,

LY T
si σ 2 et ξ 2 satisfont les mêmes équations avec les données F 2 et τ 2 sur Ω0 et

PO
correspondent sur ∂Ω0 aux forces surfaciques T 2 et aux déplacements ξ 2 ,

E
O L
alors, ∀λ1 , ∀λ2 , les champs
(3.1)
ÉC σ = λ1 σ 1 + λ2 σ 2 et ξ = λ1 ξ 1 + λ2 ξ 2
satisfont les équations du même problème d’équilibre thermoélastique avec les données
(3.2) F = λ1 F 1 + λ2 F 2 et τ = λ1 τ 1 + λ2 τ 2 sur Ω0 ,
et correspondent sur ∂Ω0 aux
(3.3) forces surfaciques T = λ1 T 1 + λ2 T 2 et déplacements ξ = λ1 ξ 1 + λ2 ξ 2 .

3.3 Hypothèses de linéarisation (état initial de référence na-


turel)
U E
N
Deux hypothèses ont été initialement posées dans l’explication de la démarche
I Q
H
mathématique qui a permis de passer du problème tangent au problème d’équilibre

C
TE
théermoélastique linéarisé(§ 2.2 et 2.3) : l’hypothèse de la transformation infini-

Y
tésimale et l’hypothèse du faible écart de température (ch. chapitre VII, § 5.2) :
(3.4)
PO L
k∇ξk  1 sur Ω0
(3.5)

O L E |τ | petit sur Ω0 .

ÉC
De plus les équations (2.32) et (2.33) recèlent une condition essentielle sur la forme
des conditions aux limites : celles-ci doivent pouvoir être définies, à chaque instant,
96 Chapitre VIII – Évolutions et équilibres thermoélastiques

U E
N IQ
sur les mêmes surfaces STi (0) et SUi (0), c’est-à-dire que la nature des conditions aux

EC H
limites ne doit pas varier entre la configuration initiale et la configuration actuelle sur

T
les mêmes surfaces matérielles.

LY
PO
Ceci exclut évidemment le cas de la liaison unilatérale (§ 1.4c), qui ne rentre
pas dans le cadre (1.13) du champ de cette analyse. De la même façon, un problème

L E
de contact tel que le problème de Hertz pour le contact d’une sphère élastique sur

O
un demi-espace indéformable (figure 6) n’est pas justiciable du traitement précédent :

ÉC
il est en effet posé en écrivant que le contact se fait sur une aire S qui dépend de
l’intensité de la force avec laquelle la sphère est appliquée sur le demi-espace. En
conséquence, pour ce problème, le principe de superposition énoncé au paragraphe
3.3 n’est plus applicable : il n’y a pas linéarité.

Enfin, il va de soi que le remplacement du problème d’évolution par son problème


linéaire tangent n’a de sens que si les champs donnés et inconnus substitués aux
dérivées partielles tendent vers zéro c’est-à-dire, du point de vue pratique, demeurent
suffisamment petits.
U E
N IQ
En conséquence de cette analyse, les résultats de linéarité et d’unicité ne sont

EC H
physiquement valables que pour autant que les hypothèses de linéarisation énoncées
ci-dessus sont satisfaites. Cela est vrai, en particulier, dans l’application du principe

Y T
de superposition, où l’on doit notamment prendre garde aux facteurs multiplicatifs

L
PO
dans les équations (3.1) à (3.3). Le non-respect de cette condition explique le caractère
paradoxal des résultats obtenus par l’utilisation sans précaution de certaines solutions.

O L E
ÉC

Figure 6 – Problème de Hertz

U E
N I Q
H
3.4 État initial de référence précontraint

TE C
Il est fréquent dans la pratique que l’état que l’on souhaite prendre comme réfé-

LY
rence soit un état dans lequel le champ de contrainte n’est pas nul. Un tel état initial

PO
est dit précontraint. Le chargement initial correspondant est défini par les forces

O L E
massiques F 0 sur Ω0 et par les composantes Ti0 du vecteur contrainte engendré par
σ 0 (X) au point X sur STi (0), comme décrit au paragraphe 2.3.

ÉC
Lorsque ce chargement n’est pas nul le système est préchargé ; c’est le cas notam-
ment lorsqu’interviennent les forces de gravité. On rappelle à ce propos l’hypothèse
3 – Équilibre thermoélastique linéarisé 97

U E
N IQ
posée au paragraphe 2.1 : le préchargement résulte d’une transformation infinitésimale

EC H
à partir de l’état naturel (cf. chapitre VII, § 5.4).

Y T
Le chargement initial peut aussi être nul :

L
(3.6)
E PO F 0 = 0 sur Ω0 , Ti0 = 0 sur STi (0) .

O L
ÉC
Dans ce cas, le système est non chargé et le champ de contrainte initial σ 0 est un
champ d’autocontrainte pour le problème. Un tel état de contrainte peut être,
par exemple, un champ de contrainte résiduelle résultant d’un processus de mise
en forme, un champ de contrainte thermique dû à l’incompatibilité géométrique des
déformations thermiques d’une pièce(11) , ou être volontairement mis en place dans un
élément de structure pour exploiter au mieux les capacités de résistance des matériaux
constitutifs en fonction des sollicitations actives qu’il doit subir.

E
Le problème qui se pose de façon pertinente à partir d’un état initial précontraint
U
IQ
pris comme référence vise à la détermination des champs de déplacement ξ et de

N
déformation ε par rapport à cet état du système, qui sont engendrés par les sollicita-

H
EC
tions additionnelles appliquées au système à partir de l’état initial. Du point de vue

T
du champ de contrainte, il va de soi que c’est bien sa valeur totale σ résultant du pré-

Y
chargement et des sollicitations additionnelles qui est significative, notamment lorsque
L
PO
l’on s’intéresse à la détermination des charges maximales qui peuvent être imposées
au système sans dépasser en aucun point la limite d’élasticité des matériaux consti-

L E
tutifs (cf. § 7.7). Toutefois, il est commode de décomposer le champ de contrainte σ

O
ÉC
en faisant apparaître sa variation σ 0 = (σ − σ 0 ) par rapport à l’état de précontrainte
initial. Ceci explique que l’on ait fait apparaître explicitement cette variation dans les
équations (2.19, 2.21 et 2.24).

Les équations (2.19 à 2.25), en tenant compte du découplage thermique (§ 2.4)


deviennent alors :

(3.7) div σ 0 + ρ0 (F − F 0 ) − ∇σ 0 : ∇ξ − ρ0 F 0 tr ε + ρ0 ∇F 0 . ξ = 0 sur Ω0

(3.8) ρ = ρ0 (1 − tr ε) sur Ω0

(3.9) σ 0 = A : ε − kτ + (σ 0 . t ∇ξ + ∇ξ . σ 0 ) − σ 0 tr ε sur Ω0

U E
(3.10) Ti0 = Tid − Ti0 sur STi = STi (0)
N I Q
C H
TE
(3.11) ξi = ξid sur Sξi = SUi (0) .

LY
PO
On remarque que, lorsque σ 0 est un champ d’autocontrainte pour le problème, les

E
équations (3.7) et (3.10) se réduisent, pour σ 0 à l’équilibre avec le champ de force de
masse F et les données Tid .
O L
(11) Cf. ÉC
chapitre II § 6.4 et X § ??.
98 Chapitre VIII – Évolutions et équilibres thermoélastiques

3.5 Hypothèse des petites perturbations I Q


U E
H N
T E C
Comme cela a été expliqué au chapitre VII (§ 5.4), le terme [(σ 0 . t ∇ξ + ∇ξ . σ 0 ) −

L Y
σ 0 tr ε] au second membre de l’équation (3.9) est négligeable devant les deux premiers,

O
P
compte tenu des hypothèse de transformations infinitésimales, et (3.9) se réduit à

O L E
l’équation de comportement thermoélastique linéarisée (5.47) du chapitre VII .

ÉC
Au niveau de l’équation d’équilibre (3.7), les hypothèses de transformations infi-
nitésimales permettent de négliger les termes −∇σ 0 : ∇ξ − ρ0 F 0 tr ε. En revanche,
le terme de convection ρ0 ∇F 0 . ξ met explicitement en évidence la nécessité d’in-
troduire l’hypothèse des petits déplacements de façon à ce que ce terme soit, lui
aussi, négligeable devant les deux premiers.

En fait, l’hypothèse (3.4) suffit le plus souvent, dans la pratique, à assurer que le
champ de déplacement ξ est petit, mais les contre-exemples sont aisés à construire qui

E
montrent l’indépendance des deux hypothèses (translation d’ensemble ; petite rotation
U
IQ
d’ensemble appliquée à un corps élancé, etc.). L’hypothèse des petits déplacements
est donc formulée :

H N
(3.12)
Y T
| ξ | petit sur Ω0 .EC
PO L
E
dont la signification quantitative est rattachée au terme de convection dans (3.7).

O L
ÉC
On regroupe couramment l’ensemble des hypothèses sous le nom d’hypothèse des
petites perturbations, abrégé en H.P.P.

H.P.P.

k∇ξk 1 ⇒ kek  1 sur Ω0


(3.13)
|τ | petit sur Ω0

| ξ | petit sur Ω0

U E
N I
Symboliquement, on peut dire que ces hypothèses définissent qualitativement leQ
C H
domaine du premier pas de la résolution incrémentale sur la figure 4.

Y TE
On voit que, dans l’hypothèse des petites perturbations, le système des équa-
L
PO
tions à partir de l’état précontraint se ramène, pour les champs inconnus σ 0 , ξ, ε et

E
les champs donnés F 0 = (F − F 0 ) et τ sur Ω0 , (Tid − Ti0 ) sur STi = STi (0) et ξid

L
sur Sξi = SUi (0), au système des équations du problème d’équilibre thermoélastique
O
ÉC
linéarisé à partir de l’état initial non chargé et non contraint (§ 2.5). En conséquence,
la suite de l’analyse avec, notamment, l’étude des méthodes de résolution, sera uni-
quement consacrée à ce problème d’équilibre thermoélastique linéarisé.
3 – Équilibre thermoélastique linéarisé 99

U E
N IQ
(3.14)

EC H
div σ 0 + ρ0 (F − F 0 ) = 0 sur Ω0

LY T
(3.15) ρ = ρ0 (1 − div ξ) sur Ω0

E PO
O L (3.16) σ 0 = A : ε − kτ sur Ω0

ÉC (3.17) Ti0 = Tid − Ti0 sur STi = STi (0)

(3.18) ξi = ξid sur Sξi = SUi (0)

On rappelle que compte tenu de l’hypothèse faite sur l’état de précontrainte, les
tenseurs A et k dans (3.16) sont relatifs à l’état initial du matériau constitutif (cf.
chapitre VII, § 5.4).
U E
N IQ
Il en résulte une conséquence importante dans l’application du principe de super-

EC H
position. Tel qu’il est établi au paragraphe 3.2, le principe de superposition exprime

T
la linéarité du problème d’équilibre thermoélastique posé sur la configuration ini-

LY
tiale non contrainte prise comme référence. Dans la pratique, la superposition des

PO
problèmes est rarement simultanée à partir de l’état initial : une sollicitation est ajou-

E
tée à une autre au cours du processus de chargement du système. L’hypothèse des

L
petites perturbations, si elle demeure vérifiée tout au long de ce processus, garantit
O
ÉC
l’applicabilité du principe de superposition sans qu’il soit nécessaire de connaître la
chronologie c’est-à-dire l’histoire du chargement du système.

3.6 Unicité du champ de déplacement


On a énoncé, au paragraphe 3.1, le théorème d’unicité du champ de contrainte
σ et du champ de déformation ε solutions du problème d’équilibre thermoélastique
linéarisé sur Ω0 . Ce résultat s’applique évidemment aux champs solutions du problème
défini par (3.14) à (3.18).

Comme on l’a vu au chapitre II (§ 6.3), l’unicité du champ de déformation ε, qui

U E
Q
est géométriquement compatible puisque solution du problème, n’assure pas l’unicité

N I
du champ de déplacement solution ξ dont il dérive. On sait qu’en toute généralité,

H
l’intégration de ε détermine ξ à un champ de déplacement rigidifiant additif près,

C
TE
dans le respect de l’hypothèse de la transformation infinitésimale.

LY
La conséquence de ce résultat est, ici, que :

E PO
Le champ de déplacement solution du problème d’équilibre thermoélas-

L
tique linéarisé sur Ω0 est unique, éventuellement à un champ de dépla-
O
ÉC
cement rigidifiant additif près selon la nature des conditions aux limites
(3.17), (3.18) du problème bien posé, dans le respect de l’hypothèse des pe-
tites perturbations.
100 Chapitre VIII – Évolutions et équilibres thermoélastiques

U E
N
4 Résolution du problème d’équilibre I Q thermoélas-
tique linéarisé
E C H
L Y Tétudié, nouvelles notations
O
4.1 Position du problème
P
L E
ÉCO
Les équations du problème d’équilibre thermoélastique linéarisé à partir de l’état
initial non chargé et non contraint ont été énoncées précédemment (2.29) et (2.33).
On y ajoute, pour être complet, l’équation de saut du champ σ.

Selon l’usage on allègera désormais les notations en ne faisant plus apparaître ex-
plicitement la référence à la configuration initiale au moyen de symboles ou d’indices,
mais il est essentiel de garder en mémoire que, bien que cette nouvelle écriture donne
l’impression de se référer à la configuration actuelle, c’est bien sur la configuration
initiale et, notamment, avec la masse volumique ρ0 que l’on écrit et résout le
problème(12) . Dans l’équation (2.30) il est évidemment nécessaire de différencier les

U E
IQ
deux valeurs de la masse volumique en faisant intervenir explicitement ρ0 et ρ. En fait,

N
cette équation sera désormais omise et ne sera rappelée que lorsque la détermination
de la masse volumique actuelle ρ sera nécessaire.

EC H
LY T
On obtient ainsi le système d’équations suivant, où le champ d’écart de tempéra-
ture τ est une donnée, en conséquence du paragraphe 2.4.

E PO
O L
ÉC
(4.1a) div σ + ρ F = 0 sur Ω

(4.1b) [[ σ ]] . n = 0 sur Σσ

(4.2) σ = A : ε−kτ

(4.3) ε = (grad ξ + t grad ξ)/2

(4.4) σij nj = Tid sur STi

(4.5) ξi = ξid sur Sξi


U E
STi ∪ Sξi = ∂Ω , STi ∩ Sξi = ∅ , i = 1, 2, 3
N I Q
C H
LY TE
PO
Le problème est dit isotherme si le champ d’écart de température τ est identi-

E
quement nul sur Ω .

O L
ÉC
(12) Il est courant de dire à ce propos que « l’on confond la géométrie actuelle et la géométrie initiale ».

L’expérience montre que cette expression est souvent la cause de malentendus.


4 – Résolution du problème d’équilibre thermoélastique linéarisé 101

U E
N I Qadmissibles
4.2 Champs de contrainte statiquement admissibles,

C H
champs de déplacement cinématiquement
E
Définition
L Y T
P O
Les inconnues du problème, qui apparaissent sur les équations (4.1) à (4.5) sont

L E
les champs σ et ξ (dont dérive le champ ε).

ÉCO
Les grandeurs A(x) , k(x) et ρ(x) sont les caractéristiques physiques du matériau
constitutif du système étudié. Les champs correspondants sont des données : ils sont
constants sur Ω si le système est constitué d’un matériau homogène.

Les champs F et τ sur Ω , Tid et ξid sur STi et Sξi respectivement, sont les données
du problème qui définissent les sollicitations du système.

Il est alors intéressant de structurer ces équations en remarquant que :


• les équations (4.1) et (4.4) concernent le champ inconnu σ seul,
U E
N
• les équations (4.5) concernent le champ inconnu ξ seul,
IQ
EC H
• les équations (4.2), avec la correspondance géométrique (4.3), lient les champs

T
inconnus σ et ξ.

LY
Cette constatation conduit à introduire les définitions suivantes.

E PO
 Champs de contrainte statiquement admissibles

O L
ÉC
Un champ de contrainte σ est dit statiquement admissible (S.A.) pour le
problème avec les données F et Tid s’il satisfait les équations (4.1) et (4.4) avec
ces données. L’ensemble de ces champs de contrainte sera désigné par S(F , STi , Tid ) :



 div σ + ρ F = 0 sur Ω

d
(4.6) σ ∈ S(F , STi , Ti ) ⇐⇒ [[ σ ]] . n = 0 sur Σσ

d
sur STi , i = 1, 2, 3

σij nj = Ti

U
Pour que cet ensemble soit non vide il faut et suffit que les données F sur Ω et Tid E
I Q
sur STi satisfassent la condition, indiquée au paragraphe 1.2, de compatibilité avec
N
H
l’équilibre global du système c’est-à-dire de compatibilité avec l’équation : [Fe ] = 0.

C
TE
À titre d’exemple : lorsque les données sur les forces surfaciques fixent, en tout point
du contour, la composante du vecteur contrainte suivant une direction fixe, on doit

LY
vérifier que, selon cette direction, la résultante des forces surfaciques et des forces de

PO
masse (qui sont connues) a bien une composante nulle.

E
O L
 Champs de déplacement cinématiquement admissibles

ÉC
Un champ de déplacement ξ est dit cinématiquement admissible (C.A.) pour
le problème avec les données ξid s’il satisfait les équations (4.5) avec ces données.
102 Chapitre VIII – Évolutions et équilibres thermoélastiques

U E
N
L’ensemble de ces champs de déplacement sera désigné par C(Sξi , ξid ) :
IQ
EC H
LY T
(4.7) ξ ∈ C(Sξi , ξid ) ⇐⇒ ξi = ξid sur Sξi , i = 1, 2, 3

P O
L E
Problématique

ÉCO
Avec ces définitions la résolution du problème d’équilibre thermoélastique linéari-
sée se ramène au schéma de la figure 7 qui signifie qu’une solution du problème est
constituée d’un champ σ de S(F , STi , Tid ) et d’un champ ξ de C(Sξi , ξid ) associés
par la loi de comportement thermoélastique linéarisée (4.2)(13) .

La suite de ce chapitre, et le chapitre X, seront consacrés à exploiter de diverses


manières le schéma de la figure 7.

U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC
Figure 7 – Problématique de l’équilibre thermoélastique

Régularité des champs statiquement ou cinématiquement admissibles

Les équations (4.1) à (4.5) supposent, pour les champs σ et ξ, les conditions de
régularité suivantes.

Le champ de contrainte σ est continu et continûment différentiable, par

U E
Q
morceaux sur Ω.

N I
H
Le champ de déplacement ξ doit être continu sur Ω : en effet, une discontinuité

TE C
de ξ au franchissement d’une surface Σξ induirait, par la loi de comportement (4.2,

Y
4.3), une singularité pour le champ σ (singularité en δΣξ de Dirac). Il doit aussi être
continûment différentiable par morceaux .

PO L
E
(13) Dans l’hypothèse des petites perturbations le schéma de la figure 7 demeure valable pour repré-

L
senter l’équilibre avec d’autres lois de comportement (élasto-plastique, viscoélastique, . . . ) qui sont

O
ÉC
alors substituées à la loi thermoélastique dans le cadre inférieur. L’existence d’une solution suppose
toujours que S(F , STi , Tid ) soit non vide, (cf. supra) et que C(Sξi , ξid ) soit compatible avec la loi de
comportement du matériau, c’est-à-dire que les données en déplacements doivent être compatibles
avec les éventuelles liaisons internes du matériau (condition indiquée au paragraphe 1.2).
4 – Résolution du problème d’équilibre thermoélastique linéarisé 103

U E
N IQ
Il est intéressant d’examiner de façon plus précise comment se présente alors le problème de

EC H
l’équilibre thermoélastique et en particulier quelles sont les discontinuités possibles pour une
solution.

Y T
On considère d’abord un système constitué d’un matériau dont les propriétés thermoélas-

L
tiques, caractérisées par A et k, sont des fonctions continues des variables spatiales : matériau

E PO
à hétérogénéité faible (cas particulier : matériau homogène). Dans ce cas, au franchissement
de Σσ , la loi de comportement fournit l’équation aux discontinuités :

O L
ÉC
(4.8) [[ σ ]] = A : [[ ε ]] − k [[ τ ]] sur Σσ .

Par ailleurs la continuité de ξ impose la continuité de ses dérivées tangentielles sur Σσ


(relation de compatibilité de Hadamard, chapitre III, § 4.4) :
∂ξ
∀ t tangent à Σσ , [[ grad ξ ]] . t = 0 d’où [[ grad ξ ]] = [[ ]] ⊗ n
∂n
et
∂ξ ∂ξ

E
(4.9) [[ ε ]] = ([[ ]] ⊗ n + n ⊗ [[ ]])/2 ,

U
∂n ∂n

IQ
∂ξ

N
où désigne la dérivée normale de ξ c’est-à-dire la dérivée de ξ selon la normale n à Σσ :

H
∂n

EC
∂ξ
= Dn ξ = (grad ξ) . n .

LY T ∂n
En regroupant alors les équations (4.1b), (4.8) et (4.9) il vient :

E PO ∂ξ

L
[[ σ ]] . n = ([[ ]] ⊗ n) : A . n − [[ τ ]] k . n = 0 .
∂n

ÉC O
Si l’on suppose le champ τ continu (pas de « choc thermique », cf. § 4.3) cette équation se
réduit à :
∂ξ
([[ ]] ⊗ n) : A . n = 0
∂n
∂ξ ∂ξ
qui implique : ([[ ]] ⊗ n) : A : (n ⊗ [[ ]]) = 0. La forme quadratique correspondante étant
∂n ∂n
définie positive, il en résulte que :
∂ξ
(4.10) [[ ]] = 0 d’où [[ ε ]] = 0 et [[ σ ]] = 0 , sur Σσ .
∂n

Il est ainsi démontré que, pour un système constitué d’un matériau à hétérogénéité
faible (en particulier : homogène), en l’absence de choc thermique et de densité sur-
facique de force extérieure à l’intérieur de Ω, toute solution du problème d’équilibre
U E
thermoélastique est nécessairement constituée d’un champ de déplacement ξ continu

N I Q
H
et continûment différentiable sur Ω et d’un champ de contrainte σ continu sur
Ω et continûment différentiable par morceaux.

TE C
Y
Selon l’usage, les méthodes de résolution du problème d’équilibre thermoélastique
L
PO
seront exposées dans les sections 5 et 6 en se plaçant dans les hypothèses précédentes
et en supposant donc, a priori, que la solution possède les propriétés de régularité

O L E
ÉC
 ξ continu et continûment différentiable sur Ω
(4.11)
 σ continu sur Ω et continûment différentiable par morceaux .
104 Chapitre VIII – Évolutions et équilibres thermoélastiques

U E
N IQ
Il est nécessaire, pour que la solution du problème existe dans ce cadre, que les

EC H
données qui définissent les sollicitations du système satisfassent les conditions de ré-

T
gularité correspondantes.

LY
PO
Les deux méthodes présentées dans les sections 5 et 6 sont valables avec les condi-
tions de régularité générales permises pour les champs ξ et σ. Il convient, lorsque cela

L E
est nécessaire, de compléter les schémas de résolution correspondants en y insérant

O
les équations relatives aux discontinuités comme on l’indiquera le moment venu.

É C4.3 Problème d’équilibre thermoélastique linéarisé


et problème isotherme associé
On suppose que le matériau constitutif du système est à hétérogénéité faible, que
le champ d’écart de température τ est continu et différentiable sur Ω (pas de choc
thermique) : les champs ξ et σ solutions satisfont donc les conditions de régularité
(4.11).
U E
N IQ
En transformant les équations (4.1) à (4.5) où le champ d’écart de température τ
est donné, on démontre le résultat suivant.

EC H
Y T
La résolution de tout problème d’équilibre thermoélastique linéarisé se

L
ramène à celle d’un problème auxiliaire d’équilibre élastique linéarisé iso-
therme.

E PO
O L
Il suffit en effet de poser :

(4.12)
(4.13)
ÉC σ0 = σ + k τ
0
ρF = ρ F − div(k τ )
sur Ω
sur Ω
(4.14) Ti0d = Tid + kij nj τ sur STi ,

pour transformer le système des équations (4.1) à (4.5) en le système équivalent :


(
div σ 0 + ρ F 0 = 0 sur Ω
(4.15) 0
[[ σ ]] . n = 0 sur Σσ

(4.16) σ0 = A : ε
U E
(4.17) t

N I Q
H
ε = (grad ξ + grad ξ)/2

(4.18) 0
σij nj = Ti0d
TE C
sur STi
(4.19) ξi = ξid
LY sur Sξi

E PO
STi ∪ Sξi = ∂Ω , STi ∩ Sξi = ∅ , i = 1, 2, 3 .

O L
ÉC
Il apparaît ainsi que les champs σ 0 et ξ sont solutions du problème auxiliaire
d’équilibre élastique linéarisé isotherme défini sur le même système par les données
F 0 dans Ω, Ti0d sur STi et ξid sur Sξi .
4 – Résolution du problème d’équilibre thermoélastique linéarisé 105

U E
N
En particulier, si le système est constitué d’un matériau homogène et isotrope, on
IQ
EC H
a k = k 1l (k constant sur Ω) et les équations (4.13) et (4.14) s’écrivent :

(4.20)
LY T
ρF 0 = ρ F − k grad τ sur Ω

PO Tid (14)
(4.21) Ti0d = + k τ ni sur STi .

O L E
ÉC On peut aussi prendre en compte des discontinuités de A et k (matériau à hétérogénéité
forte), τ et σ , le champ ξ étant continu (par les arguments exposés au paragraphe précédent).

Le problème isotherme auxiliaire concerne encore le champ ξ et le champ σ0 défini à partir


de σ par (4.12). Les données de ce problème demeurent ξid , F 0 et Ti0d définies par (4.13) et
(4.14), auxquelles il faut adjoindre, sur les surfaces Σ de discontinuité de k ou de τ , la densité
surfacique de forces

(4.22) F 0Σ = −[[ k τ ]] . n .

U E
IQ
Ainsi les champs ξ et σ0 du problème auxiliaire d’équilibre élastique isotherme doivent satis-

N
H
faire, en plus des équations (4.15 à 4.19), l’équation de saut (choc thermique) au franchisse-

EC
ment de Σ (cf. chapitre V, § 3.9) :

(4.23)

LY T 0
[[ σ ]] . n = [[ k τ ]] . n (15)

PO
La discontinuité de ε correspondant à [[ σ0 ]] par la loi de comportement [[ σ 0 ]] = [[ A : ε ]] a la

O L E
forme (4.9) imposée par la continuité de ξ.

Le théorème d’équivalence ainsi établi fournit une méthode élégante pour traiter

ÉC
les problèmes avec effets thermiques. Il présente essentiellement un intérêt théorique :
il permet, sans perte de généralité, de restreindre les exposés au seul cas du problème
d’équilibre élastique isotherme à partir de l’état initial naturel.

Dans la pratique, afin d’obtenir la séparation des effets mécaniques et ther-


miques de façon évidente, on préférera le plus souvent résoudre directement le pro-
blème d’équilibre thermoélastique, par exemple en utilisant le principe de super-
position qui fournit la solution du problème par l’addition des solutions

• du problème isotherme dont les sollicitations sont :

E
 1
sur Ω ,
U
 F = F

Q

I
(4.24) (Tid )1 = Tid sur STi , (ξid )1 = ξid sur Sξi ,

H N

 1
τ = 0 sur Ω ,

(14) On

TE C
Y
remarque sur ces équations que, pour un système constitué d’un matériau homogène et

L
isotrope, un champ τ homogène n’introduit, dans le problème auxiliaire, que des forces surfaciques

PO
normales au contour du système. L’application de l’une ou l’autre des méthodes de résolution présen-
tées dans la suite montre alors que, si les conditions aux limites sur les déplacements le permettent,

L E
le champ de contrainte σ à l’équilibre thermoélastique du système est indépendant de l’amplitude

O
du champ τ , dans le respect de l’hypothèse des petites perturbations (cf. Ex. II.9 et EX. II.10). En

ÉC
revanche, la non-homogénéité du champ τ introduit des forces volumiques dans le problème auxiliaire.
(15) Bien noter que, conformément au résultat établi au chapitre V (§ 3.9), le champ σ satisfait, au

franchissement de Σ, la continuité du vecteur-contrainte : [[ σ ]] . n = 0 sur Σ.


106 Chapitre VIII – Évolutions et équilibres thermoélastiques

U E
• et du problème purement
N IQ
thermique dont les données sont :
 2
 F = 0
EC
sur Ω , H
LY T

(4.25) d 2
(Ti ) = 0 sur STi , (ξid )2 = 0 sur Sξi ,

P O

 2
τ = τ sur Ω .

O L E
4.4 Méthodes de résolution

ÉC On exposera dans les sections suivantes deux approches utilisées classiquement


pour la résolution des problèmes d’équilibre thermoélastique.

L’une et l’autre consistent schématiquement à parcourir le diagramme de la figure 7


en partant soit de son extrémité « ξ », soit de son extrémité « σ ». En effet il n’existe
pas de méthode analytique systématique et entièrement déductive qui permette, à
partir des données et des équations du problème, d’en construire la solution.

U E
IQ
Toutes les approches présentées font appel à l’intuition, ou à l’expérience acquise,

N
et les méthodes ont pour objet essentiel d’ordonner l’utilisation des équations du

H
EC
problème pour leur exploitation rationnelle et le bon enchaînement des raisonnements.

Y T
On sera ainsi amené à faire des hypothèses a priori sur la forme des champs
L
PO
solutions du problème de façon à orienter la procédure de résolution pour la rendre
praticable. Ces hypothèses seront justifiées a posteriori par les résultats d’unicité

L E
énoncés au paragraphe 3.1, dès qu’elles permettront effectivement de construire la

O
ÉC
solution du problème.

De nombreuses solutions explicites sont ainsi disponibles. Beaucoup concernent les


« problèmes plans », problèmes de déformation plane ou de contrainte plane, à propos
desquels quelques indications sont données dans l’annexe III ; l’emploi des fonctions
de variables complexes permet, dans ce cas, des méthodes de résolution analytique
raffinées. Les solutions concernant des problèmes réellement tridimensionnels, c’est-à-
dire sans fortes symétries, sont assez rares, tout comme celles relatives à des systèmes
constitués de matériaux anisotropes ou non homogènes.

Ces solutions analytiques, dont l’intérêt demeure très grand comme en témoigne

E
leur utilité actuelle en mécanique de la rupture, ne suffisent évidemment pas à satis-

particularité, . . .
I Q U
faire les besoins de la pratique : anisotropie des matériaux composites, géométrie sans

H N
C
Les méthodes de résolution variationnelles qui seront introduites au chapitre

TE
X, ont acquis une très grande importance avec le développement des ordinateurs. Les

LY
mécaniciens sont à l’origine de la méthode des éléments finis pour des calculs

PO
de structures élastiques. Cette méthode, qui a connu développements, perfectionne-

E
ments, raffinements, aussi bien en mécanique des solides pour la prise en compte

L
d’autres modèles de comportement et pour le traitement de problèmes de plus en
O
ÉC
plus vastes, qu’en mécanique des fluides, et d’une manière générale dans la résolution
des systèmes d’équations aux dérivées partielles, est maintenant un outil constant des
ingénieurs et des chercheurs. On doit aussi signaler le développement d’autres mé-
5 – Méthode des déplacements 107

U E
N IQ
thodes de résolution numérique des problèmes d’élasticité fondées sur la théorie des
équations intégrales.

EC H
Y T
Dans le chapitre IX on traitera quelques problèmes classiques d’équilibre élastique

L
PO
linéarisés résolubles analytiquement, qui sont intéressants à plusieurs titres :

E
• ils font partie du « bagage élastique » de l’ingénieur, et lui permettent de réagir

L
en temps réel sur des questions simples ;
O
ÉC
• certains d’entre eux (traction, torsion, flexion d’une barre), sont des prérequis en
calcul des structures notamment dans la théorie simplifiée de la « Résistance des
Matériaux » (chapitre XII), à laquelle ils fournissent les lois de comportement
thermoélastiques en variables généralisées qui lui sont nécessaires ;
• enfin, les problèmes classiques dont la solution analytique explicite est connue,
sont des problèmes types pour effectuer des essais de calcul au moyen des grands
logiciels de calcul numérique, et en contrôler la validité.

5 Méthode des déplacements


U E
5.1 Principe de la méthode
N IQ
EC H
T
On se réfère aux équations (4.1a) et (4.2) à (4.5) pour le matériau constitutif à

Y
hétérogénéité faible en rappelant que l’état initial du système est supposé naturel.
L
PO
L’idée directrice de la méthode des déplacements consiste à aborder le schéma

E
L
donné sur la figure 7 en prenant le champ de déplacement ξ comme inconnue princi-

ÉC O
pale : on recherche un champ ξ solution du problème parmi les champs cinématique-
ment admissibles avec les données ξid sur Sξi , en exprimant que le champ σ qui lui est
associé par la loi de comportement thermoélastique est statiquement admissible avec
les données F dans Ω et Tid sur STi . D’où le schéma de résolution de la figure 8.

U E
N I Q
C H
LY TE
E PO
L
Figure 8 – Schéma de résolution par la méthode des déplacements

ÉC O
Cette méthode est adoptée lorsque la forme de toutes les données du problème,
géométriques et mécaniques, y compris celles concernant le comportement du matériau
108 Chapitre VIII – Évolutions et équilibres thermoélastiques

U E
N IQ
constitutif, permet d’avoir une forte intuition quant à la forme du champ ξ solution

EC H
du problème : par exemple, par des considérations de symétries(16) . Comme on l’a dit,

T
les hypothèses ainsi faites a priori, à partir de considérations intuitives, sont justifiées

L Y
a posteriori par le théorème d’unicité (§ 3.1).

O matériau homogène isotrope :


5.2 ÉquilibrePisotherme,

O L E
équation de Navier

ÉC Lorsque le système considéré est constitué d’un matériau homogène isotrope, et


que l’équilibre est isotherme, l’équation (4.2) se réduit à :

(5.1) σ = λ (tr ε) 1l + 2 µ ε

où λ et µ sont des constantes dans le volume Ω du système.

Équation de Navier
U E
IQ
Il est alors commode de modifier le schéma de la figure 8 en substituant, dans

N
H
l’équation d’équilibre (4.1), σ en fonction de ξ à travers (4.3) et (5.1). On obtient

EC
ainsi l’équation de Navier (17)

(5.2)
LY T
PO
(λ + µ) grad (div ξ) + µ div (grad ξ) + ρ F = 0 .

O L E
ÉC

U E
N I Q
C H
Figure 9 – Méthode des déplacements pour le matériau homogène isotrope : équation
de Navier

LY TE
PO
(16) Bien noter que la symétrie du problème requiert plus que la symétrie de la géométrie et des
sollicitations.

O L E
(17) On établit sans difficulté les identités :

ÉC
div ( (tr ε) 1l) = grad (div ξ) , div (k τ 1l) = k grad τ
div ( t grad ξ) = grad (div ξ) , div ( div (grad ξ) ) = ∆ (div ξ) ,
rot ( div (grad ξ)) = div ( grad (rot ξ) ).
5 – Méthode des déplacements 109

U E
N IQ
EC H
Le schéma de résolution est alors modifié comme indiqué sur la figure 9 où l’équa-

LY T
tion de champ (5.2) porte maintenant sur ξ .

PO
L’équation de Navier (5.2) représente trois équations scalaires aux dérivées par-
tielles du deuxième ordre portant sur les composantes de ξ qui s’écrivent, en coor-

L E
données cartésiennes orthonormées :

O
ÉC
∂ 2 ξj
(5.3) (λ + µ) + µ ∆ξi + ρ Fi = 0 , i = 1, 2, 3 .
∂xi ∂xj
Ceci explique pour (5.2) l’écriture souvent utilisée :
(λ + µ) grad (div ξ) + µ ∆ξ + ρ F = 0
où ∆ξ est défini par ∆ξ = div (grad ξ). On se reportera à l’annexe II pour les formules
donnant les composantes de ce vecteur dans les systèmes de coordonnées classiques.
Équation de la dilatation

U E
N IQ
En prenant la divergence de l’équation de Navier (5.2) on obtient, puisque ρ est constant

H
sur Ω (matériau homogène), l’équation dite « de la dilatation » (on rappelle que div ξ =

EC
(dΩt − dΩ0 )/dΩ0 ) :
(5.4)

Y T
(λ + 2µ) ∆ (div ξ) + ρ div F = 0 .

L
PO
Cette équation, conséquence de l’équation de Navier, montre que si le champ de forces de
masse est à divergence nulle (en particulier s’il est constant), la dilatation div ξ est une

O L E
fonction harmonique.

ÉC
Équation de la rotation

De même, en prenant le rotationnel de (5.2), on obtient l’équation :


(5.5) µ div ( grad (rot ξ) ) + ρ rot F = 0

appelée équation « de la rotation ». Elle montre que lorsque les forces de masse dérivent d’un
potentiel on a :
div ( grad (rotξ) ) = 0
que l’on écrit également
∆ (rot ξ) = 0 .

E
Fonction de déplacement ; champ de déplacement irrotationnel.

I Q U
L’équation de la rotation (5.5) montre aussi qu’un champ de déplacement irrotationnel ξ,

H N
c’est-à-dire tel que rot ξ = 0, ne peut être solution d’un problème d’équilibre élastique

C
isotherme, pour le matériau isotrope, homogène, que si les forces de masse dérivent d’un

TE
potentiel :
(5.6)

LY
F = −grad V ;

PO
dans ce cas l’équation de Navier s’intègre en :
(5.7)

O L E
(λ + 2 µ) div ξ = ρV + C (C : constante arbitraire) .

ÉC
Pour définir le champ ξ irrotationnel on utilise une fonction de déplacement ϕ(x), telle
que :
(5.8) ξ = grad ϕ .
110 Chapitre VIII – Évolutions et équilibres thermoélastiques

U E
On a alors :
N IQ
EC H
div ξ = ∆ϕ

T
et l’on voit que la fonction de déplacement ϕ doit satisfaire l’équation de la dilatation qui

Y
devient :
(5.9)

PO L (λ + 2 µ) ∆ϕ = ρ V + C .

E
La faible latitude laissée par l’équation (5.9) dans la détermination de la fonction ϕ ne permet

L
en général pas, sauf pour quelques problèmes simples, de satisfaire les conditions aux limites

ÉC O (4.4) et (4.5) : il s’ensuit que le champ de déplacement solution d’un problème d’équilibre
élastique est rarement irrotationnel.

Équation de Navier lorsque l’équilibre n’est pas isotherme

On peut évidemment reprendre le raisonnement qui conduit à l’équation (5.2) lorsque le


système, toujours constitué d’un matériau homogène isotrope, est dans un état d’équilibre
thermoélastique où le champ d’écart de température τ n’est pas nul sur Ω. Au lieu de (5.1)
la loi de comportement thermoélastique s’écrit :

E
(5.10) σ = λ(tr ε) 1l + 2 µ ε − k τ 1l
où λ, µ et k sont des constantes sur Ω, et l’équation de Navier devient :

IQ U
(5.11)
N
(λ + µ) grad (div ξ) + µ div (grad ξ) + ρ F − k grad τ = 0

H
EC
où l’on remarque que τ n’intervient que par son gradient (cf. § 4.3). Le schéma de résolu-

T
tion s’obtient de façon évidente à partir de la figure 9 en y remplaçant (5.2) par (5.11) et
(5.1) par (5.10).

L Y
O forte du matériau constitutif
E P
5.3 Système avec hétérogénéité
L
ÉCO
ou présence de choc thermique
La méthode des déplacements s’applique aussi dans le cas d’un système avec hétérogénéités
fortes de son matériau constitutif (par exemple : système constitué de plusieurs matériaux
homogènes solidaires à leurs interfaces de contact) ou présence de choc thermique. Il
convient alors de se référer aux équations des paragraphes 4.2 et 4.3.
Plus précisément, le champ ξ est continu (cf. § 4.2) mais son gradient peut être discontinu
(il respecte alors la condition de compatibilité d’Hadamard) ; en conséquence, [[ ε ]] est de la
forme (4.9) :
∂ξ ∂ξ
[[ ε ]] = ([[ ]] ⊗ n + n ⊗ [[ ]])/2 .
∂n ∂n
La loi de comportement thermoélastique fournit la relation entre les sauts de ε , σ , τ et les
sauts des caractéristiques thermoélastiques du matériau, A et k :

(5.12) [[ σ ]] = [[ A : ε ]] − [[ k τ ]] .
U E
La seule modification à apporter au schéma de résolution de la figure 8 consiste à adjoindre

N I Q
à l’équation de champ (4.1a) son « équation de saut » (4.1b) :

C H
TE
[[ σ ]] . n = 0 sur Σ .

LY
On remarque que si le problème étudié est le problème isotherme auxiliaire associé à un

PO
problème avec choc thermique (cf. § 4.3), l’équation (5.12) pour le champ σ0 concerné et pour
ξ se réduit à
(5.13)

O L E [[ σ 0 ]] = [[ A : ε ]] ,

ÉC
tandis que l’équation (4.1b) est remplacée par (4.23)
[[ σ 0 ]] . n = [[ k τ ]] . n (= [[ k τ ]] n pour le matériau isotrope) .
6 – Méthode des contraintes 111

U E
6 Méthode des contraintes
N IQ
E C H
L Y T
6.1 Principe de la méthode

O
On se réfère encore aux équations (4.1a) et (4.2) à (4.5) pour le matériau constitutif
P
E
à hétérogénéité faible en rappelant que l’état initial du système est supposé naturel.

O L
ÉC
L’idée directrice de la méthode des contraintes, abordant le schéma de la figure 7
par l’extrémité « σ », consiste à prendre le champ de contrainte σ comme inconnue
principale : on recherche le champ σ solution du problème parmi les champs statique-
ment admissibles avec les données F dans Ω et Tid sur STi en exprimant qu’un champ
ξ qui lui est associé par la loi de comportement thermoélastique est cinématiquement
admissible avec les données ξid sur Sξi .

Ceci conduit au schéma de résolution représenté sur la figure 10 dans lequel (4.2)−1

E
symbolise l’inversion de la loi de comportement (4.2) pour exprimer ε en fonction de
σ et τ , et
U
(4.3) symbolise l’intégration du champ ε pour obtenir un champ de
R

déplacement ξ dont il dérive par (4.3).


N IQ
EC H
On a vu au chapitre II (section 6) que l’intégrabilité d’un champ de déformation

LY T
linéarisée n’est possible que si celui-ci satisfait les conditions de compatibilité
géométrique qui s’écrivent, en coordonnées cartésiennes orthonormées :

(6.1)
E PO rotd (rotg ε̃) = 0

O L
ÉC
et représentent six équations aux dérivées partielles du deuxième ordre pour les six
champs scalaires des coefficients de ε̃ symétrique. Le système de ces six équations est
redondant : il est automatiquement satisfait dès que trois des équations sont posées
comme équations de champ et trois comme conditions au contour.

U E
N I Q
C H
LY TE
E PO
Figure 10 – Méthode des contraintes : schéma de résolution

O L
ÉC
Le schéma de résolution complet par la méthode des contraintes doit faire appa-
raître explicitement la nécessité pour le champ ε déduit de σ par (4.2)−1 de satisfaire
112 Chapitre VIII – Évolutions et équilibres thermoélastiques

U E
N IQ
les conditions de compatibilité (6.1). (Ces équations sont placées, sur le schéma, dans

EC H
la colonne des équations de champs avec la redondance signalée ci-dessus).

Y T
La méthode des contraintes est utilisée lorsque la forme de toutes les données

L
PO
du problème paraît bien orienter l’intuition relativement à la forme de la solution
en contrainte. Ici encore, le théorème d’unicité permet de justifier a posteriori les

L E
hypothèses faites.

O
ÉC
On doit signaler que, comme on l’a dit au chapitre II (§ 6.3), dans le cas où le solide
étudié n’est pas simplement connexe, les conditions de compatibilité géométrique (6.1)
sont nécessaires mais non suffisantes pour assurer l’intégrabilité du champ ε dans les
schémas de la figure 10 : on doit en outre calculer les déplacements et leur imposer des
conditions de fermeture. La méthode des contraintes peut alors perdre beaucoup
de son intérêt. Les développements donnés au paragraphe suivant se placent dans
l’hypothèse où le solide étudié est simplement connexe.

6.2 Équilibre isotherme, matériau homogène isotrope :


U E
équations de Beltrami
N IQ
EC H
Pour un système constitué d’un matériau homogène isotrope en équilibre iso-

Y T
therme, l’inversion (4.2)−1 de la loi de comportement se réfère à (5.1) dont la for-

L
mule inverse a été établie au chapitre VII et fait intervenir le module de Young et le
coefficient de Poisson :

E PO
(6.2)
O L ε=
1+ν ν
σ − (tr σ) 1l

ÉC
E E
où E et ν sont des constantes sur Ω.

Suivant l’idée mise en œuvre dans la méthode des déplacements pour aboutir à
l’équation de Navier, on peut substituer l’expression (6.2) de σ dans les équations
(6.1) ; on obtient ainsi les six équations :

(6.3) ˜ d ( rot
(1 + ν) rot ˜ d ( rot
˜ g σ̃ ) − ν rot ˜ g ( 1̃l (tr σ) ) ) = 0 .

Celles-ci sont donc équivalentes à (6.1) pour le solide homogène dont le matériau
constitutif obéit à la loi de comportement (6.2). Il est toutefois essentiel de retenir

U E
Q
que, alors que les conditions (6.1) sont purement géométriques et ne dépendent en rien
de la loi de comportement du matériau, les conditions (6.3) comme les équations de
N I
H
Beltrami dans la suite, sont essentiellement liées au comportement élastique
C
TE
linéaire isotrope du matériau supposé homogène.

LY
On peut alors modifier le schéma de résolution de la figure 10, comme indiqué

E PO
sur la figure 11, en ramenant les conditions d’intégrabilité du champ ε au niveau du
champ σ dont il est issu par la loi de comportement. Le champ σ doit alors satisfaire

O L
les équations de champs (4.1a) et (6.3), soit six équations scalaires et non neuf, compte

ÉC
tenu de la redondance de (6.3).
6 – Méthode des contraintes 113

U E
Équations de Beltrami
N IQ
EC H
Dans la pratique on n’utilise pas les équations (4.1a) et (6.3) mais un système de

Y T
six équations scalaires obtenues par combinaison des équations (6.3) et des équations

L
PO
de l’équilibre (4.1a).

E
Ces équations s’établissent en remarquant que (6.1) est équivalente à :

O L (6.4) grad(div ε) +t grad (div ε) − div (grad ε) − grad ( grad (tr ε) ) = 0 ,

ÉC dont on déduit pour (6.3) :


(6.5)
(1 + ν)( grad(div σ) +t grad(div σ) − div(grad σ) ) − grad ( grad (tr σ) ) + ν 1l ∆(tr σ) = 0 .

En tenant compte de l’équation d’équilibre (4.1a), qui implique div σ = −ρ F , il vient :


(6.6)
(1 + ν) div(grad σ) + grad ( grad (tr σ) ) − ν 1l ∆(tr σ) + (1 + ν)ρ(grad F +t grad F ) = 0
dont on déduit, en prenant la trace de cette équation tensorielle :
1−ν

U E
IQ
(6.7) ∆ (tr σ) = −ρ div F .
1+ν

N
En reportant (6.7) dans (6.6) on obtient l’équation simplifiée :

H
EC
(6.8)

T
1 ν
div (grad σ) + grad ( grad(tr σ) ) + 1l ρ div F + ρ (grad F +t grad F ) = 0

Y
1+ν

L
1−ν

PO
qui représente six équations scalaires aux dérivées partielles du deuxième ordre pour les
composantes de σ (équations de Michell).

O L E
ÉC

U E
Figure 11 – Méthode des contraintes pour le matériau homogène isotrope
N I Q
C H
TE
Dans le cas d’un champ de forces de masse uniforme (grad F = 0), l’équation (6.8)

Y
se réduit à la forme classique :
(6.9)
PO L
(1 + ν) div (grad σ) + grad ( grad(tr σ) ) = 0

L E
soit, en composantes, en coordonnées cartésiennes orthonormées :
O
ÉC
∂ 2 (tr σ)
(6.10) (1 + ν) ∆ σij + =0 i, j = 1, 2, 3 .
∂xi ∂xj
114 Chapitre VIII – Évolutions et équilibres thermoélastiques

U E
N IQ
Les six équations aux dérivées partielles du deuxième ordre (6.10) sont les équa-
tions de Beltrami (18) .

EC H
Y T
Les équations de Beltrami (6.10), ou les équations (6.8), conséquence de (4.1a) et

L
PO
(6.3) sont nécessairement satisfaites par le champ σ dans le schéma de résolution
de la figure 11.

O L E
Réciproquement, supposons qu’un champ σ vérifie (6.8) et (4.1a), alors la com-

ÉC
patibilité géométrique du champ ε qui lui est associé par (6.2) est assurée.

Plus précisément, supposons que σ vérifie (6.8). Il en résulte que σ vérifie (6.7) car il suffit
de prendre la trace de (6.8) pour obtenir (6.7) au facteur (2 + ν) multiplicatif près.
En prenant la divergence de (6.8), il vient :
1+ν
(1 + ν) div ( grad (div σ + ρ F ) ) + grad ( ∆ (tr σ) + ρ div F ) = 0
1−ν
d’où, compte tenu de (6.7) :
(6.11) div ( grad (div σ + ρ F ) ) = 0 .

U E
N IQ
Il est commode, pour interpréter cette formule, de se placer en coordonnées cartésiennes

H
orthonormées où l’on voit que (6.11) signifie que les composantes du vecteur (div σ + ρ F )

EC
sont des fonctions harmoniques sur Ω . En conséquence, en supposant que (div σ + ρ F ) est

T
une fonction régulière des coordonnées, il suffit d’imposer la condition (4.1a), div σ+ρ F = 0 ,

LY
au contour, pour que le champ σ satisfaisant (6.8) soit en équilibre dans tout le solide.

PO
Enfin, en portant (6.7) dans (6.8) (toutes deux vérifiées par σ), on remonte à (6.5), qui assure

E
la compatibilité géométrique du champ ε lié à σ par la loi de comportement élastique (6.2).

O L
ÉC
En conclusion on voit que l’on aboutit au schéma de résolution réduit représenté
sur la figure 12, pour la méthode des « équations de Beltrami » (ou de Michell).

U E
N I Q
C H
LY TE
PO
Figure 12 – Méthode des contraintes pour le matériau homogène isotrope : équations

E
L
de Michell et de Beltrami

(18) E. ÉC O
Beltrami(1835-1900).
6 – Méthode des contraintes 115

U E
N IQ
La discussion ci-dessus concernant les rôles des équations de Beltrami (ou de Mi-

EC H
chell) et des équations d’équilibre dans le schéma de résolution présente un intérêt

T
théorique pour vérifier qu’il n’y a pas excès d’équations de champs à satisfaire par σ.

Y
Dans la mise en œuvre pratique de la méthode on s’attache à construire des champs
L
PO
σ qui soient statiquement admissibles avec F dans Ω et Tid sur STi et qui satisfassent

E
de plus les équations de Beltrami (ou Michell) comme équations de champs.

O L
ÉC
Équations de Beltrami lorsque l’équilibre n’est pas isotherme

On peut reprendre le raisonnement qui mène aux équations de Michell et de Beltrami lorsque
l’équilibre n’est pas isotherme. La loi de comportement s’écrit :
1+ν ν
(6.12) ε= σ − (tr σ) 1l + α τ 1l .
E E
Les premiers membres des équations (6.8) et (6.9) sont alors complétés par les termes additifs :

E
1 −2ν

U
(6.13) +k (1 − 2 ν) grad (grad τ ) + 1l k (1 + ν) ∆τ

IQ
1−ν

N
dont le second est nul en conséquence de (2.33).

EC H
Le schéma de résolution est obtenu à partir de la figure 12 en complétant (6.8) ou (6.9) par
le premier terme de (6.13) et en remplaçant la loi de comportement (6.2) par (6.12).

LY T
PO
6.3 Système avec hétérogénéité forte du matériau constitutif

O L E
ou présence de choc thermique

ÉC
La méthode des contraintes peut aussi être mise en œuvre dans le cas d’un système avec
hétérogénéités fortes de son matériau constitutif (cf. § 5.3) ou présence de choc thermique.
Le champ σ peut être discontinu et on adjoint à l’équation (4.1a) son équation de saut (4.1b) :

[[ σ ]] . n = 0 sur Σ .

La discontinuité [[ ε ]] est déterminée, par la loi de comportement thermoélastique, formule

inverse de (5.12), en fonction de [[ σ ]], [[ τ ]], [[ A ]] et [[ k ]]. Elle doit être cinématiquement
admissible avec un champ ξ continu ce qui implique que ε doit satisfaire, en plus des
équations de compatibilité géométrique (6.1), la condition de compatibilité de Hadamard
(cf. § 4.2) qui donne ici :
(6.14) ∀t1 , t2 tangents à Σ t1 . [[ ε ]] . t2 = 0 .

U E
I Q
Le schéma de résolution de la figure 10 est ainsi modifié par l’adjonction des deux équations

N
de champs (4.1b) et (6.14) pour σ et ε respectivement.

C H
TE
Lorsque le problème étudié est le problème isotherme auxiliaire associé à un problème avec

Y
choc thermique (cf. § 4.3 et 5.3), l’équation (4.1b) est modifiée en (4.23) comme au paragraphe

L
5.3 tandis que [[ ε ]] s’obtient par (5.13).

PO
O L E
ÉC
116 Chapitre VIII – Évolutions et équilibres thermoélastiques

U E
N I Q de Beltrami
6.4 La compatibilité géométrique et les équations

E C H
L’étude de la compatibilité géométrique d’un champ de déformation a été introduite au

Y T
chapitre II comme un problème inverse (§ 6.1). Pour donner une justification de cette étude,

L
on a alors (6.4) anticipé sur l’analyse du présent chapitre en examinant le problème de la

P O
compatibilité d’un champ de déformation thermique et en évoquant les éventuelles contraintes
thermiques engendrées par sa non-intégrabilité.

L E
ÉCO

U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC
Figure 13 – Extrait de la note de Beltrami sur l’interprétation mécanique des équations
de Maxwell ( Comptes rendus de la Reale Accademia delle Scienze dell’
Istituto di Bologna, 1886).

E
La présentation de la méthode des contraintes qui a été donnée au paragraphe 6.1 montre la

U
pertinence pratique du problème mathématique posé alors. En particulier, avec le théorème

I Q
d’unicité énoncé au paragraphe 3.1, elle apporte la démonstration des résultats annoncés

N
concernant les déformations thermiques (Ex. II.9 et Ex. II.10). Ainsi que cela été annoncé

H
au chapitre II, c’est à Beltrami qu’est due la démonstration du caractère suffisant des condi-

TE C
tions de compatibilité du champ de déformation linéarisé établies par Saint Venant, dans un
Mémoire (1886) sur l’interprétation mécanique des équations de Maxwell (Figure 13). Les

Y
équations de Beltrami, quant à elles, ont été publiées en 1892 dans une note aux ‘Comptes

PO L
rendus de la Reale Accademia dei Lincei qui suivait immédiatement, en la commeentant, une
note de Morera présentée elle-même par Beltrami (Figure 14).

O L E
ÉC
6 – Méthode des contraintes 117

U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC

U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC

U E
N I Q
C H
Y TE
Figure 14 – Extrait de la note de Beltrami la note de Morera dans Comptes rendus de

L
PO
la Reale Accademia dei Lincei, (1886).

O L E
ÉC
118 Chapitre VIII – Évolutions et équilibres thermoélastiques

U E
7 Torsion d’une barre cylindrique
N IQ
EC H
7.1
T
Position du problème

LY
PO
On se place dans les hypothèses générales de linéarisation exposées aux para-

E
graphes 3.3 et 3.5.

O L
ÉC
Oxyz désigne le système de coordonnées cartésiennes orthonormées dans lequel
on étudie l’équilibre élastique isotherme d’une barre cylindrique de longueur ` pa-
rallèlement à Oz . On désigne par S la section droite courante de la barre. S0 et S`
sont les sections d’extrémités de cote z = 0 et z = ` (figure 15). La barre étudiée est
supposée constituée d’un matériau élastique isotrope, homogène.

L’état initial du système, pris comme référence, est l’état naturel. Le chargement
dans l’état d’équilibre étudié est défini par les données suivantes.

• Forces de masse nulles :


U E
(7.1) F =0 sur Ω .
N IQ
EC H
• Surface latérale libre de contrainte. Il s’agit d’une surface de type ST (ou encore
STi avec i = 1, 2, 3)

LY T
PO
(7.2) T = Td = 0 sur ∂Ω − S0 − S` .

O L E
ÉC

U E
N I Q
C H
LY TE
PO
Figure 15 – Torsion d’une barre cylindrique

O L E
ÉC
• Sur les sections d’extrémités S0 et S` , les données demeurent provisoirement in-
complètes par rapport à la forme donnée au paragraphe 2.3. Les sections d’extré-
mités sont des surfaces ST . Les distributions des Tid sur ces bases seront précisées
7 – Torsion d’une barre cylindrique 119

U E
ultérieurement, mais il est imposé aux
N Tid
IQ
de satisfaire la condition suivante :

EC H
le torseur des forces surfaciques T d sur l’extrémité S` est (O, 0, Cez ) c’est-à-dire

T
de résultante nulle et équivalent à un moment C d’axe Oz ; le torseur des forces

Y
surfaciques T d sur S0 est (O, 0, −Cez ).
L
E PO
Il s’agit d’un problème où toutes les données portent sur les efforts (forces de masse,

O L
forces surfaciques) ; on doit donc vérifier que la condition (1.14) de compatibilité des

ÉC
données statiques (cf. aussi § 4.2) est satisfaite : ceci est réalisé car le torseur de tous
les efforts extérieurs appliqués au solide est bien nul.

Le problème ainsi posé de façon incomplète correspond à la torsion de la barre


considérée par des couples opposés, dirigés parallèlement à son axe, appliqués aux
deux extrémités.

Le but de l’étude qui va être faite est de construire une solution d’équilibre élas-
tique satisfaisant les conditions imposées plus haut. Elle correspondra à des formes

U E
particulières pour les distributions de T d sur les extrémités S0 et S` , qui fixeront donc,

IQ
a posteriori, le problème posé. Ces distributions pourraient être imposées a priori

N
H
mais cela apparaîtrait comme très artificiel(19) .

T E Cdes déplacements
O L Y
7.2 Résolution du problème : méthode

P
Il peut sembler paradoxal d’utiliser la méthode des déplacements alors qu’aucune

E
L
donnée du problème ne concerne ξ. Toutefois l’idée que l’on peut se faire a priori

É O
du mode de déformation d’une barre en torsion incite à rechercher une solution en
C
déplacement de la forme :

 ξx = −α z y

(7.3) ξy = α z x

ξz = α ϕ (x, y)

où ξx , ξy , ξz désignent les composantes du déplacement ξ dans le repère cartésien


orthonormé. α est un paramètre ayant la dimension de l’inverse d’une longueur et ϕ
une fonction (à déterminer) ayant la dimension du carré d’une longueur.

E
Les équations (7.3) s’écrivent aussi :

(7.4) ξ = α(z ez ∧ OM + ez ϕ(x, y))


I Q U
H N
C
qui permet, de mieux percevoir la forme du champ de petit déplacement envisagé et

TE
les motivations de ce choix. Il est commode, pour interpréter (7.4), de considérer le

LY
point courant M de la section droite de cote z . On voit que le déplacement, supposé

PO
infinitésimal (H.P.P.), de M est le résultat de la rotation d’ensemble de la section S

E
autour de l’axe Oz , qui lui est perpendiculaire, d’un angle αz (rotation proportionnelle

O L
ÉC
(19) Méthode appelée « mixte ou semi-inverse » par Barré de Saint Venant (1797-1886) qui l’a propo-

sée et utilisée pour obtenir la solution rigoureuse du problème de la torsion d’une barre cylindrique
élastique homogène quelconque (1853). La justification pratique de cette méthode s’appuie sur le
principe de Saint Venant énoncé dans la section 8.
120 Chapitre VIII – Évolutions et équilibres thermoélastiques

U E
N IQ
à la cote) et d’un gauchissement de la section (composante selon ez ) indépendant
de la cote.

EC H
Y T
On reviendra dans la suite sur l’interprétation géométrique de (7.4), mais il est

L
PO
important d’insister ici sur l’hypothèse des petits déplacements, qui doit être vérifiée
par chacun des deux termes du second membre de (7.4), en remarquant par ailleurs

L E
que la position de l’axe Oz n’est, à ce stade, nullement précisée par rapport à la barre.

O
ÉC
Le champ ε dérivé de (7.3) s’écrit :

(7.5)
1 ∂ϕ 1 ∂ϕ
ε(x, y, z) = α( − y)(ex ⊗ ez + ez ⊗ ex ) + α ( + x)(ey ⊗ ez + ez ⊗ ey ) .
2 ∂x 2 ∂y

On voit ainsi :

E
• qu’il n’y a pas de variation de volume

(7.6) tr ε = div ξ = 0 ;
IQ U
H N
Y T EC
• que les sections droites (z = constante) ne sont pas déformées dans leur plan :

(7.7)

PO L
εxx = εxy = εyx = εyy = 0 ,

L E
conséquence de la rotation d’angle αz autour de l’axe Oz ; α est appelé la rotation

O
« différentielle » ;

ÉC
• pour un vecteur matériel dirigé suivant Oz, en tout point de la barre, l’allongement
unitaire est nul (cf. chapitre II, § 5.2)

(7.8) εzz = 0 ;

• qu’en conséquence, une fibre de longueur quelconque, parallèle à Oz, n’est pas
déformée dans le champ de déplacement (7.3) : elle demeure rectiligne et ne subit
pas de variation de longueur.
Ce dernier résultat peut sembler paradoxal car peu conforme à l’idée intuitive que

E
l’on a de la géométrie d’une barre tordue ! Il est évidemment lié à l’hypothèse essen-

I Q U
tielle des petits déplacements qui fait partie de l’hypothèse des petites perturbations.

N
On peut, pour visualiser ce mode de déformation de la barre, l’imaginer comme
H
C
un assemblage de fibres très fines parallèles à Oz. Dans la torsion infinitésimale, ces

TE
fibres sont indéformées : elles s’inclinent sur Oz et subissent une translation parallèle à

LY
cet axe (figure 16). Ces propriétés du champ (7.4) ne sont vraies que dans l’hypothèse

PO
des petits déplacements. Il faut donc que les produits α z x , α z y et α ϕ(x, y), dans

E
(7.3) demeurent suffisamment petits, quelle que soit la cote z (0 ≤ z ≤ `) et quel

L
que soit le point M dans la section S. Ceci impose que la rotation de S` , égale à
O
ÉC
α`, soit faible et que | ξx | = | α`y| et | ξy | = | α`x | soient suffisamment petits. Le
positionnement de l’axe Oz par rapport à la barre (cf. § 7.4) est alors évidemment mis
en cause.
7 – Torsion d’une barre cylindrique 121

U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC

Figure 16 – Torsion élastique d’une barre considérée comme un assemblage de fibres

U E
N
On applique le schéma de résolution de la figure 8. Le calcul de σ par (4.2) est
IQ
immédiat ; il vient, à partir de (7.5) :

EC H
(7.9) σ = µα(
∂ϕ

LY T
− y)(ex ⊗ ez + ez ⊗ ex ) + µ α (
∂ϕ
+ x)(ey ⊗ ez + ez ⊗ ey ) .

PO
∂x ∂y

O L E
Les deux premières équations d’équilibre (4.1a) sont satisfaites et la troisième impose

ÉC
∂ 2 ϕ(x, y) ∂ 2 ϕ(x, y)
(7.10) ∆2 ϕ = + =0
∂x2 ∂y 2
(où ∆2 désigne le laplacien bidimensionnel).

La condition de surface libre pour la surface latérale de la barre (7.2) s’écrit,


en désignant par n1 , n2 , n3 les composantes du vecteur normal unitaire n au point
courant de ∂Ω − S0 − S` :
∂ϕ ∂ϕ
(7.11) n1 + n2 + n2 x − n1 y = 0
∂x ∂y
soit, dans l’espace à deux dimensions (x, y) :
U E
(7.12) grad ϕ . n =
∂ϕ
= n1 y − n2 x sur ∂S , bord de la section S .
N I Q
∂n

C H
TE
On voit que (7.10) et (7.12) définissent pour ϕ(x, y) un problème de Neumann

LY
intérieur sur la section S : ceci permet donc de déterminer(20) la fonction ϕ (à une
(20) On

E PO
sait que pour qu’un tel problème ait une solution, la donnée
∂ϕ
doit vérifier la condition

L
∂n

O
Z
∂ϕ

ÉC
de possibilité, dL = 0 , qui traduit la nullité du flux de grad ϕ à travers une courbe fermée.
∂S
∂n
Z Z
Celle-ci est effectivement vérifiée ici : (n1 y − n2 x) dL = OM . dM = 0 .
∂S ∂S
122 Chapitre VIII – Évolutions et équilibres thermoélastiques

U E
N IQ
constante additive près, sans incidence sur σ , et qui correspond pour ξ à une trans-
lation d’ensemble parallèle à Oz arbitraire).

EC H
Y T
La fonction ϕ étant ainsi déterminée par les conditions aux limites (7.2) sur la

L
PO
surface latérale (∂Ω − S0 − S` ) , il convient de vérifier que les conditions imposées aux
efforts surfaciques sur les sections d’extrémités S0 et S` sont satisfaites.

O L E
Sur S` la résultante des efforts surfaciques a pour composantes :

ÉC ∂ϕ
 Z Z

 Rx = σxz da = µα( − y)da
∂x


 Z S` Z S`
∂ϕ


(7.13) Ry = σyz da = µα( + x)da

 Z S` S` ∂y




 Rz = σzz da = 0 ,
S`

où Rx et Ry sont nulles en conséquence de (7.10) et (7.12) satisfaites par ϕ. Il en


va de même pour les composantes de la résultante des efforts surfaciques sur S0 , qui
U E
IQ
sont opposées à (7.13).

H N
EC
En effet, on a par exemple :

T
Z Z
∂ϕ ∂ ∂ϕ ∂ ∂ϕ

Y
(7.14) ( − y)da = [ (x( − y)) + (x( + x)) − x ∆2 ϕ]da

L
S
∂x S
∂x ∂x ∂y ∂y

PO
d’où, puisque ∆2 ϕ = 0, et par application du théorème de la divergence :

E
Z Z
∂ϕ ∂ϕ

L
(7.15) ( − y)da = x( − n1 y + n2 x)dL = 0 .

O
S
∂x ∂S
∂n

ÉC
On peut aussi proposer un raisonnement direct. Comme le montre (7.16), les moments résul-
tants des efforts surfaciques sur S0 et S` sont dirigés selon Oz . Puisque le champ de contrainte
(7.9), avec ϕ déterminée par (7.10) et (7.12), est en équilibre avec des forces de masse nulles
sur Ω, le torseur des efforts surfaciques qu’il induit sur ∂Ω est nul (cf. chapitre V, § 3.4). En
conséquence, si les résultantes des efforts surfaciques sur S0 et S` , qui sont opposées, avaient
des composantes non nulles selon Ox et Oy , on trouverait, pour les équilibrer, un moment
d’axe perpendiculaire à Oz dû aux efforts surfaciques sur la surface latérale ; or ceux-ci sont
nuls.

Le moment résultant des forces surfaciques sur S` a pour composantes :



 Hx = 0

E
Hy = Z0

(7.16)
∂ϕ ∂ϕ
U
Z

Q
(xσyz − yσxz )da = µ α (x( + x) − y( − y))da ;

 Hz =
I


∂y ∂x

N
S` S`

le moment des forces surfaciques sur S0 lui est opposé.


C H
Y TE
La confrontation de la formule (7.16) donnant Hz avec la condition aux li-

L
mites « partielle » imposée aux efforts surfaciques sur S` (et S0 ) à travers la torseur

PO
(O , 0 , Cez ) montre que le paramètre α introduit dans le champ de déplacement (7.3)

E
L
est déterminé à partir de la donnée C par l’équation

(7.17)
ÉC O C = µJ α
7 – Torsion d’une barre cylindrique 123

U E
N IQ
où J résulte de la seule résolution du problème de Neumann (7.10, 7.12) et ne dépend

EC H
donc, dans les axes choisis, que de la géométrie de la section droite. On montrera

T
dans la suite que J est, en fait, une caractéristique géométrique intrinsèque de

Y
la section (indépendante de la position de Oz et de l’orientation des axes Ox et Oy).
L
PO
J a pour dimension la puissance quatrième d’une longueur et est appelée inertie de

E
torsion de la section :

O L ∂ϕ ∂ϕ
Z

ÉC
(7.18) J= (x( + x) − y( − y))da .
S ∂y ∂x
Compte tenu de (7.10) et (7.12), J peut aussi s’écrire :
∂ϕ ∂ϕ
Z
(7.19) J= (( + x)2 + ( − y)2 )da
S ∂y ∂x
et est donc toujours positif. Il résulte alors de (7.17) et de la positivité de µ établie
au chapitre VII (§ 5.5) que le couple de torsion C et la rotation différentielle α sont de
même signe. C’est la signification physique de la positivité de µ qui avait été annoncée
U E
IQ
au chapitre VII (§ 5.5).

H N
EC
On peut en effet écrire en transformant (7.18) :

T
Z Z
∂ϕ ∂ϕ ∂ϕ ∂ϕ ∂ϕ ∂ϕ

Y
(7.20) J= (( + x)2 + ( − y)2 )da − ( ( + x) + ( − y))da

L
∂y ∂x ∂y ∂y ∂x ∂x

PO
S S
où la deuxième intégrale est nulle en conséquence de (7.10) et (7.12) car elle se transforme

E
en :

O L
Z Z
∂ϕ ∂ϕ ∂ϕ ∂ϕ ∂ ∂ϕ ∂ ∂ϕ

ÉC
( ( + x) + ( − y))da = ( (ϕ( + x)) + (ϕ( − y)))da
S
∂y ∂y ∂x ∂x S
∂y ∂y ∂x ∂x
Z
− ϕ ∆2 ϕda
S
Z Z
∂ϕ ∂ϕ
= ϕ(n1 ( − y) + n2 ( + x))dL − ϕ ∆2 ϕda = 0 .
∂S
∂x ∂y S

7.3 Commentaires
• Le problème résolu au paragraphe précédent est donc défini a posteriori comme suit .
Le repère Oxyz étant choisi, on détermine la fonction ϕ par le problème de Neumann
intérieur (7.10, 7.12). Les données T d (x, y) sur S` sont alors définies :

U E

C ∂ϕ
N I Q
H
 T1d(x, y) = ( − y)

C

 J ∂x

TE



(7.21) C ∂ϕ

Y
T2d(x, y) = ( + x)

L
 J ∂y

PO




T3d(x, y) = 0 ;

O L E
sur S0 les données T d (x, y) sont les opposées des précédentes.

ÉC
La solution du problème est donnée par les formules (7.4) pour ξ et (7.9) pour σ. En tout
point de la barre les tenseurs σ et ε sont proportionnels. Sur toute facette parallèle à Oz
il ne s’exerce qu’une contrainte de cisaillement parallèle à Oz.
124 Chapitre VIII – Évolutions et équilibres thermoélastiques

U E
N IQ
• Le couple de torsion C est proportionnel à la rotation différentielle α , (ou encore, à `

EC H
donnée, à la rotation de S` par rapport à S0 )(21) . Le coefficient de proportionnalité est
le produit du module de cisaillement du matériau par l’inertie de torsion de la section.

LY T
PO
7.4 Invariances du problème

L E
L’analyse effectuée n’a mis en évidence aucune signification particulière relative-
O
ÉC
ment à la géométrie de la section S0 pour la position de l’origine O, c’est-à-dire de
l’axe Oz autour duquel s’effectue la rotation des sections (du point de vue des coor-
données x, y), ni pour l’orientation des axes Ox et Oy. C’est sur le problème bien posé,
avec les données (7.2) et (7.21) que l’on examine l’influence de la position de l’axe Oz
et de l’orientation des axes Ox et Oy . On démontre alors les résultats suivants.
• Le problème posé avec les données (7.2) et (7.21) est indépendant de la position
de l’axe Oz et de l’orientation des Ox et Oy . Ses données, qui portent toutes sur
les efforts, sont entièrement définies par la géométrie de la section et le couple
C . L’inertie de torsion est une caractéristique géométrique intrinsèque de la
U E
IQ
section.

H N
• Le champ de contrainte solution de ce problème donné par (7.9) est, lui aussi,

EC
indépendant de la position de l’axe Oz et de l’orientation des axes Ox et Oy

Y T
(résultat conforme au théorème d’unicité).

L
PO
• Les champs de déplacement solutions de ce problème donnés par (7.4) ne diffèrent
les uns des autres que par un mouvement rigidifiant tant que l’hypothèse des pe-

L E
tites perturbations demeure vérifiée par la position de l’axe Oz (résultat conforme

O
ÉC
au théorème d’unicité).

Pour établir ces résultats on s’intéresse à la fonction de gauchissement ϕ. Le problème de


Neumann (7.10, 7.12) s’écrit aussi

(7.22) sur S
®
∆2 ϕ = div(grad ϕ) = 0

(7.23) n . grad ϕ = (n ∧ OM ) . ez sur ∂S .

Il en résulte d’abord que, l’origine O des axes étant fixée, les fonctions ϕ solutions de (7.22,
7.23) sont déterminées par la géométrie de la section S , indépendamment des axes Ox et Oy :
ϕ(x, y) = ϕ(M ) . D’autre part, si l’on considère les solutions, notées ϕ1 et ϕ2 , des problèmes
de Neumann (7.22, 7.23) pour deux positions différentes, O1 et O2 , de l’origine des axes, ces
fonctions sont liées par :

U E
(7.24) ϕ2 (M ) = ϕ1 (M ) + (ez ∧ O1 O2 ) . O2 M

N I Q
H
et vérifient ainsi

(7.25)

TE
grad ϕ2 = grad ϕ1 + ez ∧ O1 O2 .
C
LY
En conséquence, l’inertie de torsion J est une caractéristique géométrique intrinsèque de la

PO
section S . En effet, compte tenu de (7.20) on a

E
Z
(7.26)

O L J= (grad ϕ + ez ∧ OM)2 da

ÉC
S

(21) α est aussi appelé « angle de torsion ». Cette terminologie peut prêter à confusion car α est en

fait l’angle de la torsion par unité de longueur selon Oz.


7 – Torsion d’une barre cylindrique 125

U E
N IQ
qui est invariant en raison de (7.25). Les données (7.21) sur S` s’écrivent :

(7.27) Td =
EC
C
H
(grad ϕ + ez ∧ OM)

T
J

LY
et sont, elles aussi, invariantes en raison de (7.25). Il en va de même pour la solution (7.9) :

PO
C
(7.28) σ = (ez ⊗ (grad ϕ + ez ∧ OM) + (grad ϕ + ez ∧ OM ) ⊗ ez ) .

E
J

O L Le champ de déplacement solution (7.4) est :

ÉC
C
(7.29) ξ= (z ez ∧ OM + ez ϕ(M )) .
µJ
Les champs ξ et ξ correspondant à deux positions O1 et O2 de l’origine des axes sont reliés
1 2
par
C
(7.30) ξ (M ) = ξ (M ) + O1 O2 ∧ O2 M
2 1 µJ
et ne diffèrent donc l’un de l’autre que par un déplacement rigidifiant dans l’hypothèse des
petites perturbations.

U E
IQ
On a insisté à plusieurs reprises sur le respect de l’hypothèse des petites perturbations

N
et en particulier, dans celle-ci, de l’hypothèse des petits déplacements. La position de
H
EC
l’axe Oz doit satisfaire cette contrainte. De ce point de vue la ligne des centres d’inertie

T
des sections droites, qui joue un rôle privilégié dans d’autres problèmes (chapitre IX,

L Y
section 3), sera souvent retenue.

deO
7.5 Cas de la barre P

O L E section circulaire

É C
On suppose que la section droite S est un disque de rayon R.

L’origine O étant prise au centre de S0 , le problème de Neumann pour ϕ s’écrit :



 ∆2 ϕ = 0 sur S

(7.31)
 ∂ϕ = 0 sur ∂S

∂n
dont la solution (à une constante près) est :

(7.32) ϕ=0.

On en déduit les résultats suivants à partir des formules établies dans le cas général
U E
(§ 7.2 et 7.4).
N I Q
 Champ de déplacement
C H
Y TE

ξx = −α z y

L

PO

(7.33) ξy = α z x

E

ξz = 0

O L
ÉC
ou encore, en coordonnées cylindriques autour de Oz,

(7.34) ξ = α z r eθ .
126 Chapitre VIII – Évolutions et équilibres thermoélastiques

U E
Il n’y a pas de gauchissement des sections droites.
N IQ
 Champ de contrainte
EC H
LY T 

PO

 σxz = σzx = −µ α y
(7.35) σyz = σzy = µ α x

O L E 

autres σij = 0 ;

ÉC
en coordonnées cylindriques autour de Oz,
®
σθz = σzθ = µ α r
(7.36)
autres σij = 0 .

Il s’agit, en chaque point de la barre, d’un état de cission simple dont l’intensité est
proportionnelle au rayon vecteur (et à la rotation différentielle α).

 Inertie de torsion
U E
On a ici, puisque ϕ = 0 :
N IQ
R4
EC H
T
Z
2 2
(7.37) J = (x + y )da = π .

LY
S 2

PO
C’est le moment d’inertie polaire de la section autour de Oz.

E
O L
 Distribution des efforts surfaciques sur S`

ÉC 2C


 T1d = − 4 y


 πR
(7.38) 2C
T2d = x
πR4



d

T3 = 0

ou encore
2C
(7.39) Td = re .
πR4 θ
Il s’agit d’une contrainte de cisaillement, dirigée normalement au rayon vecteur
U E
Q
dans la section droite, et proportionnelle à celui-ci (figure 17).

N I
Commentaire

C H
LY TE
La simplicité de la solution(22) qui vient d’être écrite est évidemment due à la sy-
métrie du problème : symétrie géométrique, symétrie du chargement, matériau consti-

PO
tutif homogène et isotrope. Une fois établie la forme générale de la solution (§ 7.2),

L E
(22) Saint Venant (1853, 1864) fait référence à cette solution comme étant due à Coulomb et signale

O
ÉC
que Lamé et Clapeyron (1828) ont « reconnue et avoué » qu’elle n’est valable que pour « autant
que chaque point des bases supérieure et inférieure est sollicité par une force proportionnelle à sa
distance à l’axe, et agissant perpendiculairement au rayon vecteur dans le plan de ces bases. » On
reviendra sur ces points dans la section 8.
7 – Torsion d’une barre cylindrique 127

U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC Figure 17 – Torsion élastique d’une barre circulaire : distribution des contraintes de
cisaillement sur la section droite S`

la symétrie de révolution implique, en s’appuyant sur le principe de superposition

E
et le théorème d’unicité, l’absence de gauchissement de la section droite (7.32), dont
découlent tous les autres résultats.

IQ U
N
Les mêmes arguments s’appliquant à la torsion d’un tube dont la section droite
H
EC
est limitée par deux cercles concentriques de rayons intérieur et extérieur R0 et R1 ;

T
l’inertie de torsion pour une telle section est :

LY
PO
(7.40) J = π(R14 − R04 )/2 .

L E
Enfin on peut signaler qu’en raison du caractère « naturel » du champ de contrainte

O
ÉC
(7.35), celui-ci sert de base à une théorie élémentaire de la torsion d’une barre cy-
lindrique de section quelconque. Cette théorie fournit pour l’inertie de torsion J de
la section de la barre une valeur approchée égale au moment d’inertie polaire de la
section par rapport à son centre d’inertie. Une interprétation de cette approche peut
être donnée en s’appuyant sur les méthodes variationnelles (théorèmes de l’énergie en
élasticité) exposées au chapitre X (sections 2 et 5) : elle permet de démontrer que l’on
aboutit ainsi à une évaluation de J par excès.

7.6 Résolution du problème par la méthode des contraintes


L’utilisation de la méthode des contraintes pour résoudre le problème posé au paragraphe 7.1
paraît naturelle puisque les données sont essentiellement statiques. On recherche le champ
de contrainte solution sous la forme(23)
U E
(7.41) σij = 0 sauf σxz = σzx et σyz = σzy .
N I Q
C H
Dans le schéma de résolution de la figure 12, σ doit vérifier les équations d’équilibre (4.1a)

TE
d’où les trois équations :
∂σxz
LY ∂σyz

PO
(7.42) =0 , =0
∂z ∂z

E
∂σzx ∂σzy

L
(7.43) + =0.
∂x ∂y
(23) Il

ÉC O
serait excessif d’affirmer que cette forme vient spontanément à l’esprit pour rechercher le
champ de contrainte solution du problème de la torsion si l’on n’a pas une connaissance préalable de
la résolution par la méthode des déplacements.
128 Chapitre VIII – Évolutions et équilibres thermoélastiques

U E
N IQ
De (7.42) on déduit que σ est indépendant de z. En supposant que S est simplement

EC H
connexe, on déduit de (7.43) qu’il existe une fonction ψ1 (x, y) telle que :

T
∂ψ1 ∂ψ1

Y
(7.44) σzx = et σzy = − .

L
∂y ∂x

PO
La fonction ψ1 est appelée la fonction de contrainte dans le problème de la torsion.

E
Poursuivant l’application du schéma de résolution de la figure 12, on doit satisfaire les équa-

L
tions de Beltrami (6.9). Compte tenu de (7.44), celles-ci se réduisent aux deux équations :

ÉC O (7.45)

∂x
(∆2 ψ1 ) = 0 et

∂y
(∆2 ψ1 ) = 0

dont on déduit que ∆2 ψ1 est une constante sur la section S de la barre. Soit en désignant
par −2K cette valeur constante :
(7.46) ∆2 ψ1 = −2K sur S .
Le respect de la condition de surface libre (7.2) sur la paroi latérale de la barre s’écrit :
∂ψ1 ∂ψ1
(7.47) n1 − n2 =0 sur ∂S ,
∂y ∂x
qui implique que ψ1 garde une valeur constante, soit C, sur ∂S

U E
IQ
(7.48) ψ1 = C sur ∂S .

N
Les équations (7.46) et (7.48) définissent le problème permettant de déterminer, à une

H
EC
constante près (due à la valeur arbitraire de C sur ∂S), la fonction ψ1 .
Ce problème peut se ramener à la détermination d’une fonction harmonique en mettant ψ1
sous la forme :

LY T ψ1 = K(ψ − (x2 + y 2 )/2) ;

PO
(7.49)
(7.46) et (7.48) s’écrivent alors :
(7.50)

O L E ®
∆ψ = 0 sur S

ÉC
(7.51) ψ = C 0 + (x2 + y 2 )/2 sur ∂S .

Il s’agit d’un problème de Dirichlet qui détermine ψ (à une constante près due à C 0 ).
Le champ de contrainte σ est alors déterminé à la constante K de proportionnalité près
qui permet d’ajuster la solution aux données du problème. On peut ici abréger les calculs
en tirant parti de la résolution effectuée par la méthode des déplacements : le champ de
contrainte exprimé en fonction de ϕ est identique à celui déterminé au paragraphe 7.2. Le
rapprochement de (7.9), (7.44) et (7.46) donne :
∂σzy ∂σzx
(7.52) − = 2µ α = −∆2 ψ1 = 2K
∂x ∂y
d’où la relation :

E
(7.53) K = µ α = C/J .

quable entre les fonctions ϕ et ψ :


I Q U
On en déduit, en substituant (7.49) dans (7.44) et en comparant à (7.9), la relation remar-

∂ϕ ∂ψ ∂ϕ ∂ψ

H N
C
(7.54) = et =− .

TE
∂x ∂y ∂y ∂x
Ces dernières relations impliquent que la fonction complexe
(7.55)
LY
f (x, y) = ϕ(x, y) + iψ(x, y)

PO
est une fonction analytique de la variable (x + iy).

E
L
Pour le cas particulier de la barre de section circulaire étudiée au paragraphe 7.5, on a :
(7.56)
d’où
(7.57) ÉC O ϕ=0 , f =0 et ψ=0

ψ1 = −K(x2 + y 2 )/2 = −Kr 2 /2 .


7 – Torsion d’une barre cylindrique 129

enQ
7.7 Limite initiale d’élasticité de la barre I
U E
H N torsion
Lignes de cisaillement
T E C
L Y
L’expression (7.9) du champ de contrainte σ montre que, sur la section droite S
O
P
de normale ez , en un point M quelconque, le vecteur contrainte est contenu dans le

E
L
plan Oxy , c’est-à-dire purement tangentiel :

ÉCO
(7.58) T (ez ) = σ . ez = σxz ex + σyz ey .

Ainsi la contrainte normale est nulle et l’on a :



 T (ez ) = τ
(7.59)
 | τ | = »σ 2 + σ 2 .
xz yz

Les lignes enveloppes du champ de vecteur τ défini sur la section droite S par
U E
IQ
(7.59) sont appelées lignes de cisaillement (24) . On remarque que, compte tenu de
la condition de surface libre (7.2) reprise en (7.11), on a :

H N
(7.60) n1 σzx + n2 σzy = 0 sur ∂S

Y T EC
PO L
qui signifie que ∂S est une ligne de cisaillement (figure 18).

O L E
ÉC

Figure 18 – Lignes de cisaillement : cas typique et section droite circulaire

U
En se reportant à la résolution par la méthode des contraintes (§ 7.6) on voit à partir de
E
I Q
(7.44), que (7.59) s’écrit

H N
®
τ = −ez ∧ grad ψ1

C
(7.61)

TE
| τ | = | grad ψ1 |

LY
et que, le long des lignes de cisaillement, on a :

(7.62)

E PO grad ψ1 . dM = 0 .

L
Il en résulte que les lignes de cisaillement sont les lignes de niveau de la fonction de contraintes

O
ÉC
ψ1 , dont ∂S est un cas particulier.

(24) La confusion de langage entre cisaillement (déformation) et contrainte de cisaillement est ici sans

conséquence car les tenseurs ε et σ sont proportionnels.


130 Chapitre VIII – Évolutions et équilibres thermoélastiques

U E
Directions principales. Contraintes principales
N IQ
EC H
Il est commode d’introduire, en chaque point M de S, la base orthonormée directe

LY T
PO

 eτ
 colinéaire à τ et de même sens que lui ,

E
(7.63) eν normal à eτ dans le plan de S ,

O L

ez

ÉC
dans laquelle σ s’écrit :

(7.64) σ = | τ |(eτ ⊗ ez + ez ⊗ eτ ) .

Ainsi, en tout point de la barre, l’état de contrainte est un état de cission simple
(chapitre VI, § 3.5) dont les directions principales sont eν et les deux bissectrices des

E
directions eτ et ez . Les contraintes principales sont 0 selon eν et ±| τ | selon les deux

IQ U
autres directions principales. Cet état de contrainte est invariant le long des fibres
parallèles à Oz et varie en intensité et en direction dans la section droite S.

H N
EC
Limite initiale d’élasticité de la barre

Y T
La limite initiale d’élasticité de la barre soumise à la torsion est définie comme
L
PO
la valeur du couple C pour laquelle la limite d’élasticité du matériau constitutif est
atteinte pour la première fois en un point de la barre.

O L E
Compte tenu de la forme de l’état de contrainte qui vient d’être décrite (état

ÉC
de cission simple d’intensité | τ |) et puisque le matériau consitutif de la barre est
homogène et isotrope, la recherche de la limite initiale d’élasticité C0 de la barre se
réduit aux étapes suivantes, simples dans leur principe.
• Déterminer, pour le critère donné de limite initiale d’élasticité du matériau consti-
tutif isotrope (et homogène), la limite initiale d’élasticité du matériau en cission
simple, soit τ0 .
• Déterminer, sur la solution du problème de la torsion de la barre considérée, les
points de la barre les plus sollicités en cission simple, c’est-à-dire les points où | τ |
est maximale. (On démontre que ces points sont toujours une ou plusieurs fibres

E
de la surface latérale de la barre). Exprimer la valeur maximale de | τ | en fonction
du couple appliqué C .

I Q U
N
• Par confrontation des deux résultats précédents, on obtient la valeur de C0 .

H
TE C
À titre d’exemple, avec les critères de limite initiale d’élasticité de Tresca (chapitre
VI, § 4.3) et de von Mises (chapitre VI, § 4.4) on a respectivement pour τ0 :

LY
PO
®
τ0 = σ0 /2 (Tresca) ,
(7.65)

O L E τ0 = k (von Mises) .

ÉC
Si l’on considère le cas très simple de la barre de section droite circulaire, la
sollicitation maximale est évidemment atteinte en tous les points de contour et pour
8 – Principe de Saint Venant 131

U E
3

N
ceux-ci on a | τ | = 2 C/πR ; on obtient donc :
IQ

πR3
EC H
T  C0 = σ0 (Tresca) ,

Y

L
(7.66) 4

PO
πR3
k (von Mises) .

 C0 =

E
2

O L
Il est essentiel de remarquer que la limite initiale d’élasticité ainsi déterminée est

ÉC
celle de la barre soumise à la torsion à partir de l’état initial de référence naturel en
évolution isotherme. Hors de ce cas particulier, c’est-à-dire notamment pour la torsion
isotherme à partir d’un état initial préchargé, la solution établie dans la présente
section fournit le champ de contrainte σ 0 = σ − σ 0 des équations (3.14) à (3.18))
alors que la recherche de la limite initiale d’élasticité de la barre se réfère évidemment
au champ de contrainte total σ auquel doit être appliqué le critère de limite initiale
d’élasticité du matériau.

U E
IQ
8 Principe de Saint Venant

H N
EC
Au paragraphe 7.2 on a construit la solution du problème de la torsion élastique

T
d’une barre, soumise à un couple de torsion C appliqué sur S` de la façon précisée

LY
par la suite au paragraphe 7.3 (formule 7.21), et au couple −C appliqué de la façon

PO
homologue sur S0 .

L E
Cette même solution est également valable si l’on impose sur S` et sur S0 des

O
données portant sur les déplacements pourvu que les ξ d correspondent à (7.4).

ÉC
En particulier, pour la barre de section circulaire, ces données en déplacements
sont remarquablement simples :
® d
ξ =0 sur S0
(8.1)
ξ d = α ` ez ∧ OM sur S`

c’est-à-dire une rotation d’angle α ` autour de Oz pour S` .

En revanche on ne peut rien en déduire sur la solution de ce problème de torsion


élastique dans le cas où les données sur S0 et S` , concernant les forces surfaciques ou
les déplacements ne sont pas de la forme indiquée.
U E
N I Q
Dans la pratique, pour ce type d’éléments (barres, poutres) fréquemment rencon-

H
trés dans les structures, on est confronté aux conditions suivantes :

C
LY TE
– la longueur de la barre est grande vis-à-vis de ses dimensions transversales,
– on connaît la valeur du couple de torsion appliqué aux extrémités de la barre,

PO
– on ne connaît pas précisément la façon dont ce couple est appliqué (données T d ).

L E
C’est à ce propos que Saint Venant, dans son Mémoire sur la torsion des
O
ÉC
prismes présenté en 1853, a formulé la conjecture connue désormais sous le nom de
Principe de Saint Venant, qui justifie la méthode semi-inverse qu’il a introduite
(Figure 19). Il a développé et précisé ce point dans une note ajoutée (pages 523, 524)
132 Chapitre VIII – Évolutions et équilibres thermoélastiques

U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC

U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
Figure 19 – Extrait du Mémoire sur la torsion des prismes par Saint Venant (1853),

ÉC
(Mémoires présentés par divers savants à l’Académie des sciences, 15, 233-
560, Paris, 1856).

au Résumé des leçons données par Navier à l’École des ponts et chaussées (1864) :
« Nous l’avons dit : des faits suffisamment nombreux montrent le peu d’influence
du mode de répartition et d’application, et permettent d’employer les formules soit
anciennes soit nouvelles d’extension, torsion, flexion, pour des forces quelconques agis-
sant aux extrémités de prismes très-longs par rapport à leurs dimensions transversales
en n’ayant égard qu’aux grandeurs de leurs résultantes et de leurs moments résultants.
D’où il suit qu’il suffit de donner des démonstrations exactes des formules relative-
ment à un cas ou à un mode particulier d’action des forces aux extrémités, pour
U E
N I Q
que la théorie soit établie et qu’on puisse faire l’application de ses résultats aux divers
autres cas qui peuvent s’offrir ».

C H
LY TE
En d’autres termes et dans le cas de la torsion : hormis des effets d’extrémités,
la façon dont le couple de torsion est appliqué n’a pas d’influence sur

PO
la solution du problème de la torsion élastique, pourvu que la résultante

extrémités soient nulles.


O L E
et les autres composantes du moment résultant des forces appliquées aux

ÉC
Ainsi que cela apparaît dans le texte cité, le principe s’applique à tout système de
sollicitations exercées aux extrémités d’une barre (ou d’une poutre) et, d’une façon
8 – Principe de Saint Venant 133

U E
N IQ
générale, d’un « solide élancé ». Il y sera notamment fait appel, dans le chapitre

EC H
suivant, à propos de la traction et de la flexion d’une barre cylindrique pour lesquels les

T
figures 20 et 21 donnent des exemples de justification expérimentale en photoélasticité.

LY
PO
L’importance pratique du Principe de Saint Venant s’est révélée considérable dans le do-
maine de la construction et l’on peut considérer qu’il est un fondement de la théorie de la

O L E
Résistance des matériaux (cf. chapitre 12, § 2.5). La recherche d’une démonstration de ce
« principe » et d’un éventuel énoncé de portée plus générale, notamment applicable à un

ÉC
soldie de forme quelconque, était alors naturelle. Une première voie d’approche, initiée par
Boussinesq (1885)(25) , consiste à examiner le comportement de la solution lorsque l’aire de la
région chargée au contour du solide décroit, en conservant pour le chargement correspondant
le même torseur résultant. Elle a été suivie par von Mises (1945) qui a émis une conjecture
validée par la suite dans un article de Sternberg (1954) (cf. aussi l’article de Sternberg et
Rosenthal, 1952). Une autre voie, suivie notamment par Zanaboni (1937), Toupin (1965),
Palama (1976) et autres, examine, pour un chargement donné au contour du solide, le com-
portement de la densité d’énergie élastique de la solution (cf. chapitre X, § 5.1) lorsque l’on
s’éloigne de la zone chargée. (cf. Gurtin, 1972).

U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC

U E
N I Q
C H
LY TE
E PO
O L
ÉC
(25) Emile Picard (1933) : « Boussinesq a apporté une contribution éminente dans tous les domaines

de la Physique mathématique, hormis celui de l’électromagnétisme ».


134 Chapitre VIII – Évolutions et équilibres thermoélastiques

U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC
Figure 20 – Vérification expérimentale du principe de Saint Venant sur l’expérience de
traction d’une éprouvette (photo : J. Salençon)

U E
Le problème est plan (contrainte plane ; cf. annexe III, section 3). Les franges

IQ
visualisent le champ de contrainte (photoélasticité). On voit que les effets d’extré-

N
mités sont très localisés. Par ailleurs la présence de congés à l’extrémité droite de

H
l’éprouvette atténue beaucoup les concentrations de contraintes par rapport aux

EC
angles vifs de l’extrémité de gauche.

LY T
E PO
O L
ÉC

U E
N I Q
C H
Figure 21 – Vérification expérimentale du principe de Saint Venant sur le problème de

TE
la flexion d’une poutre console (documents communiqués par le Laboratoire

LY
central des ponts et chaussées)

E PO
O L
Le problème est plan (contrainte plane). Les conditions d’appui de la poutre (ex-

ÉC
trémité de gauche) sont différentes ; la charge appliquée (près de l’extrémité de
droite) est identique. Les franges visualisent le champ de contrainte plane (pho-
toélasticité) : on constate que, mises à part les zones d’extrémité, les réseaux de
franges sont identiques.
8 – Principe de Saint Venant 135

U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC

U E
N IQ
Figure 22 – Compression d’un bloc (documents communiqués par le Laboratoire central
des ponts et chaussées)

EC H
LY T
Le problème est plan (contrainte plane). Le bloc de gauche est chargé par des

PO
forces concentrées ; dans le bloc de droite on impose, au moyen de traverses in-

E
déformables lisses, une translation verticale de la face supérieure. On constate

L
l’absence totale de franges dans le bloc de droite, ce qui traduit l’homogénéité du

ÉC O champ de contrainte (cf. chapitre IX, section 2). Dans le bloc de gauche des concen-
trations de contraintes sont apparentes autour des points d’application des charges
concentrées, avec de forts gradients (franges très rapprochées) comme d’ailleurs
sur la figure 21 ; mais une bonne homogénéité du champ de contrainte règne dans
le corps du bloc. (À noter qu’au voisinage des forces concentrées, le comportement
du matériau n’est plus élastique).

U E
N I Q
C H
LY TE
E PO
O L
ÉC
136 Chapitre VIII – Évolutions et équilibres thermoélastiques

U E
N IQ
EC H
Récapitulatif des formules essentielles

LY T
E PO
O L
• Évolution thermoélastique quasi-statique

ÉC (
div σ(x, t) + ρ(x, t) F (x, t) = 0 (Ωt )
[[ σ(x, t) ]] . n(x) = 0 (Σσ )

ρ0 (X)/ρ(x, t) = det F (X, t)



ϕ (e) = 0 , p = 1, . . . , n (1 ≤ n ≤ 6)
 p

E
∂ψ(T, e) ∂ϕp (e)
 π = ρ0 ∂e
U
 + ηp

IQ

∂e
ρ0 (X) −1
F (X, t) . σ(x, t) . t F −1 (X, t)
H N
EC
π(X, t) =
ρ(x, t)

LY T

σ (x, t) . nj (x) = Tid (x, t) (STi (t), i = 1, 2, 3)
 ij

PO

Ui (x, t) = Uid (x, t) (SUi (t), i = 1, 2, 3)

L E


SUi (t) ∪ STi (t) = ∂Ωt , SUi (t) ∩ STi (t) = ∅ .

ÉC O
• Hypothèses des petites perturbations (H.P.P)

k ∇ξ k  1 ⇒ k e k  1
| τ | petit , | ξ | petit

• Équilibre thermoélastique (état initial naturel)


(
div σ + ρF = 0 (Ω)
[[ σ ]] . n = 0 (Σσ )

U E
Q
σ = A : ε−kτ

N I
H
t
ε = (grad ξ + grad ξ)/2

σ n = Tid (STi , i = 1, 2, 3)
TE C
Y
 ij j

L

d

PO
ξi = ξi (Sξi , i = 1, 2, 3)

E

Sξi ∪ STi = ∂Ω , Sξi ∩ STi = ∅

O L
ÉC
.../...
Récapitulatif des formules essentielles 137

U E
N IQ
EC H
• Matériau élastique, linéaire, isotrope, homogène ;

LY T
équilibre isotherme ; état initial naturel

PO
Méthode des déplacements

O L E
équation de Navier

ÉC (λ + µ) grad (div ξ) + µ div (grad ξ) + ρ F = 0

(λ + µ)
∂ 2 ξj
+ µ ∆ξi + ρ Fi = 0
∂xi ∂xj

Méthode des contraintes

équations de Beltrami (grad F = 0)

U E
IQ
(1 + ν) div (grad σ) + grad ( grad (tr σ)) = 0
∂ 2 (tr σ)
H N
EC
(1 + ν)∆σij + =0

T
∂xi ∂xj

LY
PO
• Torsion d’une barre cylindrique d’axe Oz

L E sur S

 ∆2 ϕ = 0
O

ÉC  ∂ϕ + n2 x − n1 y = 0

∂n
sur ∂S

∂ϕ ∂ϕ ∂ϕ ∂ϕ
Z Z
J= (x( + x) − y( − y)) da = (( + x)2 + ( − y)2 ) da
S ∂y ∂x S ∂y ∂x
C
ξ= ( − z y ex + z x ey + ϕ(x, y) ez )
µJ
C ∂ϕ C ∂ϕ
σ= ( − y)(ex ⊗ ez + ez ⊗ ex ) + ( + x)(ey ⊗ ez + ez ⊗ ey )
J ∂x J ∂y
1
ε= σ

U E
Q
C = µJ α

N I
Barre de section circulaire
C H
ξ = α z reθ

LY TE
PO
σ = µ α r(eθ ⊗ ez + ez ⊗ eθ )

J = πR4 /2

O L E
ÉC .../...
138 Chapitre VIII – Évolutions et équilibres thermoélastiques

U E
N IQ
EC H
• Rappel des formules en coordonnées cylindriques

LY T
E PO
ξ = ξr er + ξθ eθ + ξz ez

O LComposantes de ε

ÉC εrr =
∂ξr
∂r
εθθ =
1 ∂ξθ
r ∂θ
+
ξr
r
εzz =
∂ξz
∂z
1 ∂ξθ ξθ 1 ∂ξr
Å ã
εrθ = − +
2 ∂r r r ∂θ
1 1 ∂ξz ∂ξθ 1 ∂ξr ∂ξz
Å ã Å ã

E
εθz = + εzr = +
2 r ∂θ ∂z 2 ∂z ∂r
∂ξr 1 ∂ξθ ξr ∂ξz
IQ U
tr ε = div ξ =
∂r
+
r ∂θ
+
r
+
∂z
H N
Équations d’équilibre

Y T EC
∂σrr
+
1 ∂σrθ
+
∂σrz
PO
+ L
σrr − σθθ
+ ρ Fr = 0
∂r

O L E
r ∂θ ∂z r

ÉC
∂σθr 1 ∂σθθ ∂σθz σrθ
+ + +2 + ρ Fθ = 0
∂r r ∂θ ∂z r
∂σzr 1 ∂σzθ ∂σzz σzr
+ + + + ρ Fz = 0
∂r r ∂θ ∂z r

.../...

U E
N I Q
C H
LY TE
E PO
O L
ÉC
Récapitulatif des formules essentielles 139

U E
N IQ
EC H
• Rappel des formules en coordonnées sphériques

LY T
E PO
ξ = ξr er + ξθ eθ + ξϕ eϕ

O L
Composantes de ε

ÉC εrr =
∂ξr
∂r
εθθ =
1 ∂ξθ
r ∂θ
+
ξr
r
εϕϕ =
1 ∂ξϕ
r sin θ ∂ϕ
+
ξθ
r
cot θ +
ξr
r
1 1 ∂ξr ∂ξθ ξθ
Å ã
εrθ = + −
2 r ∂θ ∂r r
1 1 ∂ξϕ 1 ∂ξθ cot θ
Å ã

E
εθϕ = + − ξϕ
2 r ∂θ r sin θ ∂ϕ r
1
Å
1 ∂ξr ∂ξϕ ξϕ
ã
IQ U
εϕr =
2 r sin θ ∂ϕ
+
∂r

r
H N
tr ε = div ξ =
∂ξr
+
Y T
1 ∂ξθ
+
1 ∂ξϕ
EC
+
ξθ
cot θ + 2
ξr

L
∂r r ∂θ r sin θ ∂ϕ r r

E
Équations d’équilibre
PO
O L
ÉC
∂σrr 1 ∂σrθ 1 ∂σrϕ
+ +
∂r r ∂θ r sin θ ∂ϕ
1
+ (2σrr − σθθ − σϕϕ + σrθ cot θ) + ρ Fr = 0
r
∂σθr 1 ∂σθθ 1 ∂σθϕ
+ +
∂r r ∂θ r sin θ ∂ϕ
1
+ ((σθθ − σϕϕ ) cot θ + 3σrθ ) + ρ Fθ = 0
r
∂σϕr 1 ∂σϕθ 1 ∂σϕϕ
+ +

E
∂r r ∂θ r sin θ ∂ϕ
1
+ (3σϕr + 2σϕθ cot θ) + ρ Fϕ = 0
I Q U
N
r

C H
LY TE
E PO
O L
ÉC
140 Chapitre VIII - Évolutions et équilibres thermoélastiques

U E
Exercices
N IQ
EC H
LY T
PO
Dans tous les énoncés suivants, l’état initial du système étudié est supposé naturel .

L E
VIII.1 - Étudier l’équilibre d’un solide constitué d’un matériau homogène, linéaire-

O
ÉC
ment élastique, isotrope, soumis sur tout son contour à des efforts de surface normaux
T d = −p n (p constante), en l’absence de forces de masse, dans l’hypothèse des petites
perturbations.

Éléments de réponse :
Méthode des contraintes :
σ = −p 1l ,

E
ξ = −p x (1 − 2ν)/E + déplacement rigidifiant.
(Cf. chapitre IX, (6.23)).

IQ U
H N
VIII.2 - Étudier, dans l’hypothèse des petites perturbations, l’équilibre d’un solide

EC
constitué d’un matériau homogène, linéairement élastique, isotrope, immergé et im-

Y T
mobile dans un fluide de même masse volumique (ρ) que lui, dans un champ de forces
de masse uniforme (pesanteur).
L
E PO
O L
ÉC
Éléments de réponse :
• Efforts sur le solide :
au contour T d = ρ g z n (cf. Ex. V.2),
forces de masse F = −ρ g ez (z verticale ascendante).
• Méthode des contraintes :
1 − 2ν 1 − 2ν
σ = ρ g z 1l , ξ = ρ g z (xex + yey ) + ρ g (z 2 − x2 − y 2 )ez .
E 2E
Commentaire.
L’intégration du champ de déformation pour obtenir ξ est identique à celle faite dans Ex.
II.10. En particulier une plaque mince horizontale est déformée en calotte sphérique dont la
concavité est tournée vers z < 0.

VIII.3 - Essai œdométrique. Un bloc cylindrique de section S et de hauteur


U E
Q
`, constitué d’un matériau homogène, linéairement élastique, isotrope, est placé à
l’intérieur d’un conteneur cylindrique indéformable de même section. On suppose que
N I
C H
le contact entre le bloc et le conteneur est sans frottement, et on néglige les forces

TE
de masse. Un piston indéformable agissant sans frottement sur la surface supérieure

Y
du bloc est soumis à un déplacement vertical descendant d’amplitude δ, le conteneur

PO L
étant immobile. Dans l’hypothèse des petites perturbations, déterminer les champs
de déplacement et de contrainte dans le bloc élastique ainsi que le torseur des efforts

L E
extérieurs à exercer sur le piston pour obtenir l’enfoncement δ.

O
ÉC
Exercices 141

U E
N IQ
Éléments de réponse :

EC H
Y T
• Méthode des déplacements :
ξ = −δ(z/`) ez
L
PO
σ = −p ez ⊗ ez − q(ex ⊗ ex + ey ⊗ ey )

O L E p=E
δ 1−ν
` (1 + ν)(1 − 2ν)
= (λ + 2µ)
δ
`
, q=E
δ ν
` (1 + ν)(1 − 2ν)
.

ÉC
• On doit exercer des efforts extérieurs équivalents à une force verticale descendante ap-
pliquée au centre de S et d’intensité Q = p S .
Commentaire.
Cet exercice schématise l’essai œdométrique utilisé en mécanique des sols.

U E
N IQ
EC H
LY T
PO
VIII.4 - Étudier, dans l’hypothèse des petites perturbations, l’équilibre d’un solide

E
O L
constitué d’un matériau homogène, linéairement élastique, orthotrope, soumis sur
tout son contour à des efforts de surface normaux de la forme T d = −p n (p constante),

ÉC
en l’absence de forces de masse. Cas du matériau orthotrope de révolution et du
matériau à symétrie cubique.

Éléments de réponse :
• Méthode des contraintes en suivant la démarche de la figure 10 où (4.2)−1 est remplacée
par la loi de comportement du matériau linéairement élastique, orthotrope.
σ = −p 1l
1 − ν12 − ν13 1 − ν21 − ν23 1 − ν31 − ν32
ξ = −p ( )xa a − p ( )xb b − p( )xc c
E1 E2 E3

E
+ déplacement rigidifiant.
(a , b , c : vecteurs unitaires du repère d’orthotropie).
• Avec le matériau orthotrope de révolution : même σ et
I Q U
1−ν ν0 1 − 2ν 0
H N
C
ξ = −p ( − 0 )(xa a + xb b) − p ( )xc c + déplacement rigidifiant.

TE
E E E0
• Avec le matériau à symétrie cubique (Ex. VII.7) pour lequel
1 ν

LY
PO
εaa = σaa − (σbb + σcc ) et permutation circulaire sur a, b, c,
E E
1

E
εab = σab et permutation circulaire sur a, b, c,

L
2G

O
on a :

ÉC
même champ σ et
ξ = −p x (1 − 2ν)/E + déplacement rigidifiant, comme pour le matériau isotrope (Ex.
VIII.1).
142 Chapitre VIII - Évolutions et équilibres thermoélastiques

U E
N IQ
VIII.5 - Torsion d’une barre de section elliptique. Étudier, dans l’hypothèse des

EC H
petites perturbations, la torsion d’une barre cylindrique de hauteur ` dont la section
x2 y 2

L T
droite est elliptique d’équation 2 + 2 − 1 = 0, constituée d’un matériau homogène
Y a b

PO
linéairement élastique isotrope. (Le problème est posé comme au paragraphe 7.1).

O L E
Éléments de réponse :

ÉC • ψ1 = −K
a2 b2 x2
a2 2
+b a
y2
( 2 + 2 ) est solution de (7.46, 7.48) ;
b
ψ = (x2 − y 2 )(a2 − b2 )/2(a2 + b2 ) , ϕ = −x y (a2 − b2 )/(a2 + b2 )
f = ϕ + iψ = i (x + iy)2 (a2 − b2 )/2(a2 + b2 ) .
ξx = −α z y , ξy = α z x , ξz = −α x y (a2 − b2 )/(a2 + b2 ) .
J = πa3 b3 /(a2 + b2 )
y x
σzx = −2 C , σzy = 2 C
πab3 πa3 b

E
Å 2 ã1/2
2C x y2

U
|τ | = + est maximale sur le contour de la section, aux extrémités du
πab a4 b4
petit axe.

N IQ
H
La limite initiale d’élasticité de la barre est :

EC
σ0 k
C0 = πa b2 avec le critère de Tresca et C0 = πa b2 avec le critère de von Mises.

T
4 2

Y
• Les lignes de cisaillement (ψ1 = Cte) sont les ellipses homothétiques du contour de la

L
section par rapport au centre de celle-ci.
Commentaire.

E PO
La fonction ϕ donne (au facteur C/J près) le gauchissement de la section, dont le signe est

O L
alterné suivant les quadrants du plan (x, y).

ÉC
On notera que la contrainte de cisaillement maximale dans la pièce se produit au contour
de la section aux extrémités du petit axe contrairement à ce que l’on aurait pu imaginer à
partir de la solution pour la section circulaire où | τ | est proportionnelle au rayon-vecteur.

VIII.6 - Torsion d’un tube. Étudier, dans l’hypothèse des petites perturbations, la
torsion d’un tube cylindrique (profil creux fermé) dont la section droite est limitée par
x2 y 2 x2 y 2
les ellipses concentriques homothétiques 2 + 2 −1 = 0 (extérieure), 2 + 2 −m2 = 0
a b a b
(0 < m < 1, intérieure), et qui est constitué d’un matériau homogène, linéairement
élastique, isotrope.

U E
Éléments de réponse :

N I Q
H
• La section droite n’est pas simplement connexe. On aborde la solution par la méthode

C
des déplacements.

TE
La fonction de gauchissement ϕ trouvée en Ex. VIII.5 est encore solution de (7.10) et

Y
(7.12) ici : on vérifie qu’elle satisfait (7.12) sur l’ellipse frontière intérieure de la section
droite.

PO L
Champ de déplacement identique à Ex. VIII.5, en fonction de la rotation différentielle

E
α.

L
a3 b3

O
J=π 2 (1 − m4 )

ÉC
a + b2
y x
σzx = −2 C σzy = 2 C 3 .
πab3 (1 − m4 ) πa b(1 − m4 )
| τ | est maximale sur le contour extérieur de la section, aux extrémités du petit axe.
Exercices 143

U E
Commentaire.
N IQ
EC H
Le raisonnement ci-dessus se généralise pour la torsion des tubes cylindriques dont le contour
intérieur coïncide avec une ligne de cisaillement de la section supposée pleine.

LY T
PO
VIII.7 - Torsion d’une barre à section triangulaire. Étudier, dans l’hypothèse
des petites perturbations, la torsion d’une barre cylindrique constituée d’un matériau

L E
homogène linéairement élastique isotrope, et dont la section droite est un triangle

O
ÉC
équilatéral de hauteur 3a.

U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC
Éléments de réponse :
1
• La solution s’obtient à partir de f = ϕ + iψ = (x + iy)3 :
6a
1 x2 + y 2 1 3
ψ= (3x2 y − y 3 ) , ψ1 = K(ψ − ) satisfait (7.46, 7.48) ; ϕ = (x − 3xy 2 ).
6a
√ 2 6a
9 3 4 5C 2
x −y 2 5C −xy
J= a , σzx = √ ( − y) , σzy = √ ( + x).
5 9 3 a4 2a 9 3 a4 a
• La contrainte de cisaillement | τ | a pour module :
5C
|τ | = √ ((x2 + y 2 )2 + 4a2 (x2 + y 2 ) − 4ay(3x2 − y 2 ))1/2 .
18 3 a5
La recherche du maximum de | τ | sur la section, plus commode en coordonnées polaires,
montre que | τ | est maximale sur le contour √ 3aux points les plus proches de O (pieds des
hauteurs). On trouve : 3 a . La limite initiale d’élasticité de la barre

E
√ | τ | max = 5 C/6 √

U
3 3 3 6 3 3

Q
est : C0 = a σ0 , avec le critère de Tresca et C0 = a k avec le critère de von

I
5 5

N
Mises.
Commentaire.

C H
TE
On remarque le gauchissement de la section droite donné par la fonction ϕ (au facteur C/J

Y
près) : son signe est alterné dans les régions limitées par les hauteurs du triangle.

PO L
O L E
ÉC
144 Chapitre VIII - Évolutions et équilibres thermoélastiques

U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC

U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC
Torsion de barres cylindriques à sections elliptique, carrée, rectangulaire.
Dessins originaux de Saint Venant (1855) publiés dans le Résumé des leçons données par Navier
à l’École des ponts et chaussées (1864), pages 277 et 300.
Document communiqué par la Bibliothèque de l’École polytechnique, Fonds Saint Venant.

U E
N I Q
C H
LY TE
E PO
O L
ÉC
U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
Chapitre IX
ÉC
Quelques thèmes classiques
en élasticité tridimensionnelle
U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC
MOTS CLÉS

Traction-compression.
Flexion circulaire. Flexion normale. Flexion déviée.
Flexion composée.
Moment de flexion.
Axe neutre.
U E
Fibre moyenne. Courbure.
Problème de Saint Venant.
N I Q
C H
Enveloppes sphériques et cylindriques sous pression.

LY TE
E PO
O L
ÉC
145
U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC

U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC

U E
N I Q
C H
LY TE
E PO
O L
ÉC
Chapitre IX – Quelques thèmes classiques en élasticité tridimensionnelle 147

U E
N IQ
EC H
LY T
P O
E
En bref...
L
ÉCO
Quatre problèmes d’équilibre élastique isotherme pour des solides
constitués d’un matériau homogène isotrope sont présentés. L’état initial
du système sous chargement nul pris comme référence est, dans tous les
cas, supposé naturel.

U
Traction - compression d’une barre cylindrique. La solution, obtenue
E
IQ
pour des conditions aux extrémités spécifiées, est étendue par le principe

N
H
de Saint Venant à la partie courante d’une barre suffisamment élancée

EC
dont les torseurs des efforts appliqués aux extrémités se réduisent chacun

LY T
à une force, parallèle à l’axe de la barre, exercée au centre de la section.
Le champ de contrainte solution est uniforme : il est uniaxial, de traction

PO
ou de compression, parallèle à la barre. Le champ de déplacement, dans

E
le cas de la traction par exemple, met en évidence l’allongement de la

O L
barre proportionnel à la longueur de celle-ci et à la force appliquée, et la

ÉC
contraction transversale, constante le long de la barre et proportionnelle
à la force de traction (section 2).

Flexion normale d’une barre cylindrique. La solution, établie pour des


conditions aux limites précises, est étendue par le principe de Saint Ve-
nant à la partie courante d’une barre suffisamment élancée à laquelle sont
appliqués des efforts aux extrémités dont les torseurs se réduisent chacun
à un moment porté par un axe principal d’inertie de la section droite. Le
champ de contrainte est uniaxial de traction et de compression parallèle
à la barre ; il est invariant par translation le long de la barre ; il varie li-
néairement dans la section droite et s’annule sur l’axe neutre qui coïncide
avec l’axe d’inertie portant le moment de flexion appliqué. Le champ de

U E
Q
déplacement met en évidence que les sections droites demeurent planes et

N I
orthogonales aux fibres dont les déformées sont circulaires et orthogonales

H
au moment de flexion. La rotation différentielle des sections droites autour
C
TE
de l’axe neutre, et la courbure des fibres déformées, sont proportionnelles

Y
au moment de flexion appliqué (section 3).

PO L
La combinaison linéaire des solutions obtenues pour des moments de

O L E
flexion portés par l’un ou l’autre des axes d’inertie principaux de la section
droite permet de résoudre le problème de la flexion pour un moment de

ÉC
direction quelconque. La solution présente les mêmes propriétés de linéa-
rité. Les sections droites demeurent planes et orthogonales aux déformées
148 Chapitre IX – Quelques thèmes classiques en élasticité tridimensionnelle

U E
N IQ
des fibres qui sont circulaires. En revanche, l’axe neutre, sur lequel s’an-

EC H
nule le champ de contrainte et autour duquel tourne la section droite, ne

T
coïncide plus, en général, avec la direction du moment de flexion appliqué.

Y
La flexion est déviée (section 4).
L
PO
Ces problèmes sont résolus par la méthode des contraintes.

E
O L
Le problème de l’équilibre d’une enveloppe sphérique soumise à des

ÉC
pressions intérieure et extérieure uniformes est résolu par la méthode des
déplacements. La solution est à symétrie sphérique : le champ de dépla-
cement est radial et le champ de contrainte admet en chaque point la
direction radiale et les directions orthoradiales pour directions principales
(section 6).

Le problème de l’équilibre d’un tube cylindrique sous pressions inté-


rieure et extérieure uniformes est résolu de manière analogue. La solution
est à symétrie cylindrique : le champ de déplacement a une composante
U E
IQ
radiale fonction de la distance à l’axe du tube et une composante paral-

N
lèle au tube proportionnelle à la cote ; le champ de contrainte admet, en

EC H
chaque point, pour directions principales les directions de la base locale
des coordonnées cylindriques (section 7).

LY T
E PO
O L
ÉC

U E
N I Q
C H
LY TE
E PO
O L
ÉC
Chapitre IX – Quelques thèmes classiques en élasticité tridimensionnelle 149

U E
N IQ
EC H
Principales notations

LY T
E
Notation
PO Signification 1ère formule

O L
ÉC
X résultante sur la section droite (2.20)
X0+ , X0− limites initiales d’élasticité de la barre (2.23)
en traction et compression
Iy , Iz moments principaux d’inertie (géométrique) (3.2)
de la section droite
M moment de flexion (3.13)
Mz composante de M suivant ez
U E
(3.13)
ω(x) rotation de la section droite
N IQ (3.15)
χ courbure des fibres
EC H (3.18)

LY T
(Mz )+ −
0 , (Mz )0 limites initiales d’élasticité de la barre (3.21)

O
en flexion normale
My
E P composante de M suivant ey (4.1)

L
ÉCO

U E
N I Q
C H
LY TE
E PO
O L
ÉC
150 Chapitre IX – Quelques thèmes classiques en élasticité tridimensionnelle

U E
N IQ
1
EC H
Présentation générale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 151
2
Y T
Traction-compression d’une barre cylindrique . . . . . . 152

L
PO
2.1 Position du problème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 152

E
2.2 Forme de la solution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 152

O L 2.3 Commentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 154

ÉC
2.4 Limite initiale d’élasticité de la barre en traction ou com-
pression simple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 156
2.5 Traction-torsion d’une barre cylindrique . . . . . . . . . 156
3 Flexion normale d’une barre cylindrique . . . . . . . . . 158
3.1 Position du problème de flexion normale . . . . . . . . . 158
3.2 Forme de la solution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 159
3.3 Commentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 161
3.4 Limite initiale d’élasticité de la barre en flexion normale 163

U E
3.5 Application du principe de Saint-Venant . . . . . . . . . 164

IQ
4 Flexion déviée d’une barre cylindrique . . . . . . . . . . 165

N
4.1 Flexion normale à l’axe Oy . . . . . . . . . . . . . . . . 165

H
EC
4.2 Flexion déviée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 166

T
4.3 Commentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 167

LY
5 Flexion composée d’une barre cylindrique . . . . . . . . 168

PO
5.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 168

E
5.2 Solution du problème et commentaires . . . . . . . . . . 168

O L
5.3 Problème de Saint Venant . . . . . . . . . . . . . . . . . 169

ÉC
5.4 Applications pratiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 170
6 Équilibre élastique d’une sphère creuse sous pression . . 172
6.1 Position du problème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 172
6.2 Forme de la solution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 172
6.3 Commentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 174
6.4 Limite initiale d’élasticité de la sphère creuse sous pression176
7 Équilibre élastique d’un tube cylindrique sous pression 177
7.1 Position du problème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 177
7.2 Forme de la solution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 178
7.3 Commentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 180

E
Récapitulatif des formules essentielles . . . . . . . . . . . . . 181

Q U
Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 183

I
H N
TE C
LY
E PO
O L
ÉC
1 – Présentation générale 151

U E
N IQ
C H
Quelques thèmes classiques
E
en élasticité LY T
tridimensionnelle
PO
OL E
É C1 Présentation générale
On se propose dans ce chapitre de présenter quelques problèmes classiques d’équi-
libre élastique isotherme linéarisés pour le matériau homogène, isotrope. L’état ini-
tial du système sous chargement nul, pris comme référence, est dans tous les cas
supposé naturel. On s’attachera essentiellement aux aspects suivants :

U E
IQ
– position du problème (notamment : conditions aux limites),

N
– forme de la solution,

EC H
– commentaires éventuels (autres façons de poser le problème, ...),
– applications pratiques (notamment : limite d’élasticité initiale du système, ...).

LY T
En application du résultat énoncé au chapitre VIII (§ 4.2), compte tenu de l’ho-

PO
mogénéité du matériau constitutif, la solution possède les propriétés de régularité :
®

O L E
ξ continu et continûment différentiable sur Ω ,

ÉC
σ continu et continûment différentiable, par morceaux .

On rappelle, pour faciliter les références dans les sections suivantes, les équations
du chapitre VIII, qui seront les plus fréquemment utilisées.

• Équation d’équilibre

(1.1) div σ + ρF = 0 sur Ω ,

• pour la méthode des déplacements dans le cas du matériau homogène et iso-


trope : l’équation de Navier

U E
Q
(1.2) (λ + µ) grad(div ξ) + µ div(grad ξ) + ρF = 0 sur Ω ,

N I
C H
• Pour la méthode des contraintes dans le cas du matériau homogène et isotrope :

TE
les équations de Beltrami (avec grad F = 0)

LY
PO
(1)
(1.3) (1 + ν) div(grad σ) + grad( grad(tr σ)) = 0 sur Ω .

O L E
ÉC
(1) Comme indiqué au chapitre VIII (§ 4.1) les notations sont désormais allégées. Toutes les équations
sont écrites sur la configuration initiale : Ω, ∂Ω, ρ désignent en fait Ω0 , ∂Ω0 , ρ0 ; STi et Sξi pour les
conditions aux limites désignant STi (0) et Sξi (0).
152 Chapitre IX – Quelques thèmes classiques en élasticité tridimensionnelle

U E
Q
2 Traction-compression d’une barreI cylindrique
N
E C H
L Y T
2.1 Position du problème

O
On considère une barre cylindrique parallèle à Ox, de section droite S, et de
P
E
longueur `. On désigne par S0 et S` les sections d’extrémités (figure 1). L’origine

L
O et les directions des axes Oy et Oz sont quelconques dans le plan de S0 (Oxyz

ÉCO
orthonormé).

U E
N IQ
EC H
T
Figure 1 – Traction-compression d’une barre cylindrique

LY
On désigne par ξx , ξy , ξz les composantes du déplacement ξ au point courant M
de la section droite S.

E PO
O L
Les données ont la forme suivante.

(2.1)
ÉC
• Forces de masse nulles :
F =0.
• Surface latérale libre de contrainte :
(2.2) Td = 0 sur (∂Ω − S0 − S` ) .
• Aux extrémités : S0 et S` sont des surfaces Sξx , STy , STz ,

(2.3) Tyd = 0 , Tzd = 0 sur S0 et S`

(2.4) ξxd = 0 sur S0

U E
(2.5) ξxd = δ sur S`
N I Q
où δ est la donnée cinématique du problème.
C H
2.2 Forme de la solution
LY TE
E PO
Résolution par la méthode des contraintes.

O L
ÉC
Champ de contrainte uniaxial homogène de la forme :
(2.6) σ = σ ex ⊗ ex
2 – Traction-compression d’une barre cylindrique 153

U E
N IQ
(ou encore σxx = σ, autres σij = 0 dans le repère indiqué), où σ est un paramètre à
déterminer en fonction des données du problème.

EC H
Y T
Il satisfait évidemment les conditions (2.2) et (2.3), les équations d’équilibre (1.1)

L
PO
compte tenu de (2.1) et les équations de Beltrami (1.3)(2) .

O L E
Le champ de déformation associé par la loi de comportement élastique linéaire,
isotrope, est homogène mais n’est pas uniaxial :

ÉC
(2.7)
σ
σ σ
ε = ex ⊗ ex − ν (ey ⊗ ey + ez ⊗ ez )
E
σ
E
ou encore εxx = , εyy = εzz = −ν , autres εij = 0.
E E
L’intégration du champ ε donne le champ de déplacement ξ :
σ σ
(2.8) ξ= x ex − ν (y ey + z ez ) + λ + ω ∧ x

E
E E

IQ
où λ et ω sont respectivement les vecteurs translation et rotation d’un déplacement
U
N
rigidifiant arbitraire dans l’hypothèse des petites perturbations (H.P.P.).

H
EC
Les conditions aux limites (2.4) et (2.5) imposent
(2.9)
LY T
λ . ex = 0 , ω = ω ex

PO
et déterminent la valeur du paramètre σ en fonction de la donnée δ :
E
O L δ

ÉC
(2.10) σ=E .
`
On obtient finalement, pour le champ de contrainte :

δ
(2.11) σ=E e ⊗ ex
` x

et pour le champ de déformation


δ δ
(2.12) ε= ex ⊗ ex − ν (ey ⊗ ey + ez ⊗ ez ) .
` `
Le champ de déplacement est déterminé à une translation parallèle à Oyz et une
U E
rotation (H.P.P.) autour de Ox près :

N I Q
C H
TE
δ
(2.13) ξ = (x ex − ν(y ey + z ez ))

Y
`

PO L
E
(2) Suivant la présentation classique de ce problème on fait ici référence aux équations de Beltrami.

L
Celles-ci sont trivialement satisfaites car le champ de contrainte est constant. On peut bien évidem-

ÉC O
ment se dispenser d’invoquer ces équations et résoudre le problème en appliquant directement les
schémas de résolution de la figure 10 du chapitre VIII : compte tenu de l’homogénéité de la barre,
le champ de déformation ε associé à σ par la loi de comportement élastique est uniforme et donc
intégrable.
154 Chapitre IX – Quelques thèmes classiques en élasticité tridimensionnelle

U E
N IQ
Ce champ est univoque même si la section droite S de la barre n’est pas simplement

EC H
connexe, c’est-à-dire qu’il satisfait alors la condition de fermeture (chapitre II, § 6.3 ;

T
chapitre VIII, § 6.1).

LY
2.3
E
Commentaires
PO
O L
Interprétation physique du module de Young et du coefficient de Poisson

ÉC Le problème étudié modélise l’expérience de traction simple (chapitre VII, § 2.2).


On voit que le champ de contrainte étant uniaxial homogène, le champ de déformation
est également homogène mais n’est pas uniaxial.

On note que la solution obtenue est valable quelle que soit la forme de la section
droite S de la barre, simplement connexe ou non.

Le coefficient de Poisson caractérise les déformations transversales dans cette expé-


rience tandis que le module de Young mesure le rapport entre sollicitation et réponse
U E
IQ
axiales :
δ
H N
EC
(2.14) σxx = σ = E = E εxx
`
(2.15)
LY T
εyy = εzz = −ν εxx .

PO
On remarque la présence du signe « moins » dans (2.15). Dans la pratique l’ex-
E
L
périence montre que les valeurs négatives de ν sont exceptionnelles (cf. chapitre VII,

O
ÉC
§ 5.5), c’est-à-dire que les déformations principales dans le plan Oxy sont habituelle-
ment du signe contraire de celui de la déformation selon Ox : il y a raccourcissement
selon Oy et Oz s’il y a allongement selon Ox (le résultat est vrai pour toute direction
du plan Oyz car toutes les directions y sont principales pour ε et correspondent à la
même valeur propre égale à −ν εxx ).

On a établi au chapitre II (§ 4.2) la formule de transport d’une surface orientée qui s’écrit,
en introduisant le déplacement ξ et compte tenu des hypothèses de linéarisation :

(2.16) da = (1 + tr ε)(1l − t grad ξ) . dA

soit ici :

E
δ δ
(2.17) da = (1 + (1 − 2ν) )(1l − (ex ⊗ ex − ν ey ⊗ ey − ν ez ⊗ ez )) . dA .

U
` `

I Q
La transformation est homogène. On applique la formule (2.17) à une section droite pour
laquelle A = Sex , on obtient :
N
δ
C H
TE
(2.18) a = S ex (1 − 2 ν ) ,
`

LY
sur laquelle on voit que la section droite initiale, qui reste plane puisque la transformation

PO
est homogène, demeure parallèle à Oyz (évident sur (2.13)), et que la variation relative de
section est :

(2.19)

O L E a−A
A
= −2 ν .
δ
`

ÉC
Puisque, dans la pratique, ν est positif cela implique que, en traction, l’aire de la section
droite diminue, et qu’en compression elle augmente.
2 – Traction-compression d’une barre cylindrique 155

U E
N IQ
On rappelle que la variation relative de volume (linéarisée) est (Ω − Ω0 )/Ω0 = div ξ = tr ε ,
δ

EC H
égale ici à (Ω − Ω0 )/Ω0 = (1 − 2 ν) , qui est donc toujours du signe de δ puisque ν ≤ 1/2 (cf.

T
`

Y
chapitre VII, § 5.5) : il y a augmentation de volume en traction et diminution en compression.

PO L
Efforts surfaciques sur les extrémités S0 et S`

L E
Les efforts surfaciques sur S0 et S` sont uniformément répartis et l’on a, pour le

O
ÉC
δ δ
vecteur contrainte : T = E ex sur S` et T = −E ex sur S0 .
` `
Le torseur des efforts surfaciques appliqués sur S` est celui d’une force (résultante)
parallèle à Ox appliquée au centre(3) de la section :
δ
(2.20) X = SE e sur S`
` x
(force égale et opposée appliquée au centre de S0 ).

U E
IQ
On retiendra la relation :

H N
EC
X δ
(2.21) =E

LY T S `

Autres façons de poser le problème

E PO
O L
ÉC

Figure 2 – Traction-compression d’une barre cylindrique : application du principe de


Saint Venant

À partir des résultats précédents et du théorème d’unicité, on voit que les mêmes
U E
champs σ et ε seront obtenus si l’on pose le problème en modifiant les conditions (2.4)
et (2.5) sur S0 et S` de la façon suivante :
N I Q
C H
TE
Le vecteur T est complètement donné sur S0 et S` et l’on suppose que ces données

Y
sont :

 T d = X ex

PO L
sur S`

E
(2.22) S

L
X

O
 T d = − ex sur S0

ÉC
S
(3) appelé aussi « centre d’inertie géométrique » ou plus simplement « centre d’inertie » sans qu’au-

cune considération de masse n’intervienne ici.


156 Chapitre IX – Quelques thèmes classiques en élasticité tridimensionnelle

U E
N IQ
efforts surfaciques uniformes sur les extrémités, avec X défini par (2.21).

EC H
Compte tenu de la forme (2.22) des conditions aux extrémités, les champs ξ so-

Y T
lutions de ce nouveau problème sont donnés par (2.13) modulo un champ rigidifiant

L
PO
(H.P.P.) sans aucune restriction.

O L E
Enfin, en appliquant le principe de Saint Venant (chapitre VIII, § 8), on admet
que la solution ci-dessus demeure valable en contrainte (et déformation), aux effets

ÉC
d’extrémités près, pour une barre suffisamment élancée si l’on applique à l’extrémité
S` (respectivement S0 ) des efforts surfaciques dont le torseur est celui d’une force X
(resp. −X ), parallèle à Ox, appliquée au centre de S` (resp. de S0 ) (figure 2).

2.4 Limite initiale d’élasticité de la barre en traction ou


compression simple

E
La problématique est identique à celle exposée au chapitre VIII (§ 7.7) à propos

IQ U
de la torsion d’une barre cylindrique. L’analyse est simplifiée par l’homogénéité du

N
champ de contrainte (2.6) de traction simple ou de compression simple.

EC H
On désigne par σ0+ et σ0− respectivement les limites initiales d’élasticité du maté-

LY T
riau constitutif isotrope, homogène, en traction simple et en compression simple. Les
limites initiales d’élasticité de la barre sont alors :

POX0+ = σ0+ S en traction


®
(2.23)

O L E −X0− = −σ0− S en compression ;

(2.24)
ÉC
• avec le critère de Tresca (chapitre VI, § 4.3) :
X0+ = X0− = σ0 S
• avec le critère de von Mises (chapitre VI, § 4.4) :

(2.25) X0+ = X0− = k 3 S .

2.5 Traction-torsion d’une barre cylindrique


Le principe de superposition (chapitre VIII, § 3.2) permet, à partir des résultats
précédents et de ceux établis au chapitre VIII (section 7) pour le problème de la

U E
Q
torsion, d’obtenir la solution du problème de traction (ou compression) et torsion
simultanées d’une barre cylindrique.
N I
C H
TE
Le couple de torsion C est ici porté par l’axe Ox (figure 3) et les formules du
chapitre VIII (section 7) sont à adapter en conséquence. On obtient ainsi, par super-
position :
LY
E
• pour le champ de contrainte
PO
O L
ÉC
(2.26)
C ∂ϕ C ∂ϕ X
σ= ( − z)(ey ⊗ ex + ex ⊗ ey ) + ( + y)(ez ⊗ ex + ex ⊗ ez ) + ex ⊗ ex
J ∂y J ∂z S
2 – Traction-compression d’une barre cylindrique 157

U E
• et pour le champ de déplacement
N IQ
C
EC H X

T
(2.27) ξ= (xy ez − xz ey + ϕ(y, z) ex ) + (x ex − ν(y ey + z ez )) .

Y
µJ ES

PO L
O L E
ÉC
Figure 3 – Traction (ou compression) et torsion d’une barre cylindrique

U E
Le chargement du système est défini par les deux paramètres X (force axiale) et C (couple

IQ
de torsion). La frontière initiale d’élasticité de la barre est engendrée par les valeurs de ces
paramètres pour lesquelles le critère de limite initiale d’élasticité du matériau est atteint pour

H N
la première fois en un point de la barre. L’état de contrainte étant plus complexe que dans les

EC
exemples étudiés précédemment, on se bornera à considérer les cas particuliers des critères

T
de limite d’élasticité de Tresca et de von Mises.

LY
En se plaçant en chaque point de la section dans la base orthonormée liée aux lignes de

PO
cisaillement, décrite au chapitre VIII (§ 7.7), σ est de la forme :

(2.28)

O L E σ = | τ | (eτ ⊗ eν + eν ⊗ eτ ) + σxx ex ⊗ ex

ÉC

| C | ∂ϕ ∂ϕ
(2.29) |τ | = (( − z)2 + ( + y)2 )1/2 .
J ∂y ∂z
Les contraintes principales, obtenues par exemple au moyen de la théorie des cercles de Mohr
(chapitre VI, § 3.2), s’écrivent :
σxx σ2
(2.30) σI , σIII = ± ( xx + | τ |2 )1/2 , σII = 0
2 4
d’où, pour l’application du critère de Tresca :
2
(2.31) f (σ) = (σxx + 4 | τ |2 )1/2 − σ0 .

Le déviateur s de σ s’écrit dans la même base orthonormée :

(2.32)
1

U E
Q
s = − σxx 1l + | τ | (eτ ⊗ eν + eν ⊗ eτ ) + σxx ex ⊗ ex

I
3
d’où, pour l’application du critère de von Mises :

H N
C
2

TE
σxx
(2.33) f (σ) = ( + | τ |2 )1/2 − k .
3

LY
On voit, puisque σxx est constant sur la section S, que pour déterminer la frontière initiale

PO
d’élasticité on doit, comme dans le cas de la torsion pure, déterminer le (les) point(s) où
la contrainte de cisaillement (qui ne dépend que de C) est maximale en valeur absolue. La

L E
frontière initiale d’élasticité de la barre est alors l’ellipse du plan (X , C) définie par :

O
ÉC
• avec le critère de Tresca
X2 C2
(2.34) + 4 A2 2 = σ02 ,
S2 J
158 Chapitre IX – Quelques thèmes classiques en élasticité tridimensionnelle

U E
• avec le critère de von Mises
N IQ
(2.35)
X2

EC H C2
+ 3 A2 2 = 3 k 2 ,

T S 2 J

LY ∂ϕ ∂ϕ

PO
où A2 désigne la valeur de ( −z)2 +( +y)2 au(x) point(s) où la contrainte de cisaillement
∂y ∂z

E
est maximale.

L
É C3 OFlexion normale d’une barre cylindrique
La pratique de la construction et de l’ingénierie mécanique offre des exemples
quotidiens de pièces cylindriques (prismatiques) de section quelconque, élancées, sou-
mises à des sollicitations de flexion : poutres, entretoises, mâts, solives, longerons,
etc... L’étude de ce problème général s’appuie sur le principe de Saint Venant pour se
ramener à un problème bien posé. Ce dernier est lui-même traité à travers le principe
de superposition à partir d’un problème de flexion particulier, plus simple, dont la
U E
IQ
compréhension éclaire celle du problème général. Il s’agit du problème de la flexion

N
normale qui fait l’objet de la présente section ; la superposition sera traitée dans les

H
EC
sections 4 et 5.

3.1
LY T
Position du problème de flexion normale

E PO
O L
ÉC

Figure 4 – Flexion normale d’une barre cylindrique : un problème bien posé


U E
N I Q
H
La barre étudiée est identique à celle du paragraphe 2.1. L’origine O des axes dans
C
TE
le plan S0 est placée au centre d’inertie de S0 , et les axes Oy et Oz sont dirigés

Y
suivant les axes principaux d’inertie (4) de S0 . On a donc les égalités, valables sur
toute section S :

PO L
E
Z Z Z
(3.1)

O Ly da = 0 , z da = 0 , y z da = 0 .

ÉC
S S S

(4) Comme dans la section 2, aucune considération relative à la masse n’intervient ici. Il s’agit à

proprement parler de l’inertie géométrique de la section.


3 – Flexion normale d’une barre cylindrique 159

U E
N
On définit les moments d’inertie principaux de la section S :
IQ
Z

EC HZ

T
(3.2) Iy = z 2 da , Iz = y 2 da .

LY S S

PO
Les données du problème sont supposées de la forme suivante.

L E
• Forces de masse nulles :
O
ÉC
(3.3) F =0

• Surface latérale libre de contrainte :


sur Ω .

(3.4) Td = 0 sur (∂Ω − S0 − S` ) .

• Aux extrémités : S0 et S` sont des surfaces Sξx , STy , STz avec

(3.5) ξxd = 0 , sur S0 et ξxd = −ω(`) y sur S`

U E
et
N IQ
(3.6)
EC H
Tyd = 0 et Tzd = 0 sur S0 et S` .

LY T
La figure 4 tente d’illustrer ces conditions aux extrémités dont la réalisation pra-

PO
tique est évidemment difficile !(5)

3.2
O L E
Forme de la solution

ÉC
L’idée intuitive qui préside à la construction de la solution consiste à imaginer que
la barre est constituée de fibres longitudinales solidaires les unes des autres ; chacune
de ces fibres est soumise à un effort de traction-compression proportionnel à la cote
y qui provoque un profil d’allongement-accourcissement, lui aussi proportionnel à y,
qui devrait permettre de satisfaire les conditions aux extrémités (3.5) et (3.6) :

(3.7) σ = A y ex ⊗ ex

où α est un paramètre à déterminer en fonction des données du problème. L’applica-


tion de la méthode des contraintes permet de justifier cette intuition.

Le champ de contrainte (3.7) satisfait évidemment les équations d’équilibre (1.1)


U E
I Q
sans forces de masse et les conditions aux limites sur les contraintes (3.4) et (3.6). Il
N
H
est donc statiquement admissible avec les données du problème.

TE C
Le champ de déformation associé à σ par la loi de comportement élastique li-

LY
néaire isotrope est fonction linéaire de la coordonnée y et satisfait les équations de

PO
compatibilité géométrique :

(3.8)
O L
ε= E A
y[ ex ⊗ ex − ν(ey ⊗ ey + ez ⊗ ez )] .

ÉC
E
(5) On rappelle que le problème bien posé sera utilisé à travers le principe de Saint Venant dont on

perçoit ici toute l’importance.


160 Chapitre IX – Quelques thèmes classiques en élasticité tridimensionnelle

U E
N
Son intégration aboutit au champ de déplacement
IQ
A
EC H
T

ξx = yx

Y

L
E


PO

A x2 y2 − z 2

(3.9) ξy = − ( + ν ),

E
 E 2 2

L

A

O

ξz = −ν yz

ÉC

E

défini à un déplacement rigidifiant (H.P.P.) près, qui doit satisfaire les conditions aux
extrémités (3.5). On en déduit l’expression de A en fonction des données du problème :

ω(`)
(3.10) A = −E ,
`

et les restrictions sur les déplacements rigidifiants arbitraires (H.P.P.), d’où

U E
IQ
 x
ξx = −ω(`) y

N

`

H


ω(`) x2 y2 − z 2

EC


(3.11) ξy = ( +ν ),

T
 ` 2 2

Y

ω(`)

L


ξz = ν yz

PO

`

O L E + rotation arbitraire autour de Ox,


+ translation arbitraire orthogonale à Ox, (H.P.P.).

ÉC
La solution du problème bien posé ainsi obtenue détermine la valeur des efforts ex-
térieurs qui sont exercés sur les sections d’extrémités. Il s’agit de vecteurs contraintes
normaux à la section, linéaires en y :

ω(`) ω(`)
(3.12) T =E y ex sur S0 et T = −E y ex sur S` .
` `

On peut alors calculer le torseur résultant des efforts sur S` : compte tenu de (3.1,
3.2) on voit que la résultante est nulle et que le moment résultant est porté par Oz,
égal à :

U E
Q
ω(`)

I
(3.13) M = Mz ez = EIz e sur S` ;

N
` z

C H
sur S0 le torseur est opposé. Le moment M = Mz ez est le moment de flexion
appliqué à l’extrémité S` de la barre.

LY TE
PO
Le champ de contrainte s’écrit ainsi en fonction de Mz :

O L E
ÉC
Mz
(3.14) σ=− y ex ⊗ ex
Iz
3 – Flexion normale d’une barre cylindrique 161

U E
3.3 Commentaires
N IQ
Forme du champ de contrainte
EC H
LY T
La solution construite correspond à un champ de contrainte uniaxial selon Ox.

PO
Le « profil des contraintes », c’est-à-dire la distribution de la composante σxx , est

E
L
linéaire en fonction de y et indépendant de la section droite considérée (figure 5). Si

ÉC O
Mz est positif, σxx est négative pour y > 0 et positive pour y < 0 : il y a compression
et raccourcissement (εxx < 0) des fibres (parallèles à Ox) supérieures, traction et
allongement (εxx > 0) des fibres inférieures.

En désignant par G le centre d’inertie de la section droite courante, l’axe Gz est


appelé axe neutre de S dans la flexion considérée : il sépare dans S la zone des fibres
comprimées de celle des fibres tendues.

U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
L
Figure 5 – Flexion normale d’une barre cylindrique : axe neutre, profils des contraintes

O
ÉC
σxx et des déformations εxx

Forme du champ de déplacement et déformée de la barre

On convient dans la suite, sans perte de généralité, d’adopter pour ξ l’expression


(3.11) sans addition d’aucune rotation autour de Ox ou translation parallèle à Ox.

Cette expression montre que, dans une section donnée d’abscisse x, la compo-
sante du déplacement parallèle à Ox est proportionnelle à la cote y. Il en résulte,
dans l’hypothèse des petites perturbations, que chaque « section droite »(6)
reste plane dans la transformation de la barre. Le plan de cette section subit une

E
rotation infinitésimale autour de Oz, proportionnelle à x :
x
I Q U
N
(3.15) ω(x) = ω(x)ez = ω(`) ez .

H
`
La rotation différentielle de la section est
TE C
dω(x)
LY
Mz

PO
(3.16) = e .
dx E Iz z

O L E
Le champ de déformation ε étant indépendant de x, toutes les sections droites se

ÉC
déforment de façon identique dans leur plan.
(6) C’est-à-dire orthogonale à l’axe Ox.
162 Chapitre IX – Quelques thèmes classiques en élasticité tridimensionnelle

U E
N IQ
Afin de visualiser la déformée de la barre il est commode de reprendre l’idée

EC H
intuitive des fibres longitudinales constitutives. L’axe Ox, lieu des centres d’inertie des

T
sections droites est appelé fibre moyenne de la barre. Les équations de sa déformée

Y
(H.P.P.) se déduisent de (3.11) et (3.13) :
L
(3.17)
E PO y=
Mz x2
,z = 0

O L E Iz 2

ÉC
et décrivent une parabole située dans le plan Oxy que l’on assimile classiquement,
compte tenu de l’hypothèse des petites perturbations, à son cercle osculateur de cour-
bure
Mz
(3.18) χ= .
E Iz

Revenant aux sections droites, on remarque sur (3.8) que le champ de déformation
admet en tout point Ox, Oy et Oz comme directions principales : il n’y a donc pas

U E
IQ
de glissement entre ces directions. Cela implique que les sections droites demeurent

N
orthogonales à la fibre moyenne dans la transformation de la poutre, ce que

EC H
confirme la comparaison des expressions (3.16) et (3.18). Mais, de plus, cette propriété
étant vraie pour toutes les fibres longitudinales, il en résulte que les déformées

Y T
de toutes les fibres sont assimilables à des cercles situés dans des plans orthogonaux

L
PO
à Oz et dont la courbure est égale à (3.18).

O L E
Cette description, illustrée (et amplifiée) sur la figure 6, explique les deux qualifi-
catifs utilisés à propos du problème étudié ici :

ÉC
• La flexion est dite circulaire pour signifier que les fibres parallèles à Ox se trans-
forment en des arcs de cercles ;
• La flexion est dite normale pour signifier que ces arcs de cercles sont parallèles
à Oxy, c’est-à-dire orthogonaux à l’axe des moments de flexion appliqués.

On verra dans les sections suivantes que la première de ces deux propriétés est
toujours conservée dans la solution du problème général, ce qui n’est pas le cas pour
la seconde.

U E
N I Q
C H
LY TE
E PO
O L
ÉC
Figure 6 – Flexion normale d’une barre cylindrique : fibres et sections droites
3 – Flexion normale d’une barre cylindrique 163

U E
Respect de l’hypothèse des petites perturbations
N IQ
EC H
L’hypothèse des petites perturbations exige le respect de l’hypothèse de la trans-

Y T
formation infinitésimale. Le calcul du gradient de la transformation à partir de (3.11)

L
PO
et (3.13) met en évidence les conditions :

(3.19)
O L E | Mz |
E Iz
|x|  1 ,
| Mz |
E Iz
|y|  1 ,
| Mz |
E Iz
|z|  1 sur Ω .

ÉC Dans l ’hypothèse d’une barre élancée on a D/`  1, D diamètre (maximal) de la


section droite, et ces conditions se réduisent à :

| Mz |
(3.20) `1
E Iz

qui limite l’intensité du moment de flexion(7) .

« Hypothèse » de Navier-Bernoulli
U E
N IQ
H
On regroupe sous le nom d’hypothèse de Navier-Bernoulli les propositions

EC
suivantes :
• les sections droites restent planes,

LY T
• les sections droites demeurent orthogonales aux fibres.

PO
Dans le cas présent ces propriétés ont été obtenues comme des conséquences de la
E
L
résolution du problème par la méthode des contraintes, le champ σ étant postulé de

O
ÉC
la forme (3.7). Elles auraient pu aussi être prises comme point de départ intuitif dans
la résolution du même problème par la méthode des déplacements.

Il convient de signaler que, dans le cas d’autres modèles de comportement pour


le matériau constitutif de la barre (élasto-plasticité, viscoélasticité, . . . ) on procède
souvent à la résolution du problème de la flexion en partant a priori de l’hypothèse
de Navier-Bernoulli. Celle-ci n’est toutefois pas toujours justifiée, notamment dans le
cas d’hétérogénéité de comportement en section.

3.4 Limite initiale d’élasticité de la barre en flexion normale


La problématique de la recherche de la limite initiale d’élasticité de la barre en
U E
N I
(§ 7.7) à propos de la torsion. L’état de contrainte dans la barre n’est pas homogène.Q
flexion normale autour de la direction Oz est semblable à celle exposée au chapitre VIII

C H
C’est, en chaque point un état uniaxial de traction ou de compression : avec les

TE
notations de (2.4) on doit comparer l’intensité de cet état de contrainte aux valeurs σ0+

Y
et −σ0− des limites initiales d’élasticité du matériau homogène, isotrope, en traction
L
PO
simple et en compression simple.

L E
Les points les plus sollicités sont, d’après (3.14), situés sur les fibres les plus éloi-

O
gnées de l’axe Oz du côté des y positifs ou du côté des y négatifs selon le signe du

ÉC
(7) Cette condition (3.20) éclaire évidemment les assimilations géométriques faites concernant les

déformées des fibres.


164 Chapitre IX – Quelques thèmes classiques en élasticité tridimensionnelle

U E
moment appliqué et les valeurs relatives de
N
σ0+et σ0− .
IQ
On désigne par v 0 et −v 00 res-

EC H
pectivement les cotes de ces fibres. On a alors, pour les limites initiales d’élasticité de

T
la barre en flexion positive (Mz )+0 et négative −(Mz )0 autour de Oz :

LY

 (Mz )+ +

PO
0 = Min {σ0 Iz /v , σ0 Iz /v }
00 − 0
(3.21)

E
 (M )− = Min {σ + I /v 0 , σ − I /v 00 }

L
z 0 0 z 0 z

ÉC O
Avec les critères de Tresca ou de von Mises on a σ0+ = σ0− . La fibre la plus sollicitée
est la fibre la plus éloignée de l’axe Oz. En désignant par v la distance de cette fibre
à l’axe Oz, on a :

 (Mz )+ 0 = (Mz )0 = σ0 Iz /v (Tresca)

(3.22)
 (M )+ = (M )− = k √3 I /v (von Mises) .
z 0 z 0 z

3.5 Application du principe de Saint-Venant


U E
IQ
Dans l’hypothèse d’une barre élancée, D/`  1, le principe de Saint Venant permet
N
H
d’affirmer que la solution construite ci-dessus pour le problème bien posé (3.3, 3.5, 3.6)

EC
est valable, pour les champs de contrainte et de déformation, dans la partie courante

LY T
de la barre, quelle que soit la façon dont les efforts extérieurs sont appliqués aux
extrémités, pourvu qu’ils soient réductibles aux torseurs :
(3.23)
E PO
[O, 0, Mz ez ] sur S` et [O, 0, −Mz ez ] sur S0 .

O L
La solution est également valable pour le champ de déplacement et la déformée

ÉC
de la barre dans la partie courante de la barre. En effet, par raison de symétrie, la
section droite médiane de la barre reste plane dans la transformation ; l’intégration
du champ de déformation à partir de cette section, de part et d’autre, conduit alors
de nouveau à (3.11), que l’on exprime en fonction de la donnée Mz :

Mz
ξx = − yx
E Iz
Mz x2 y2 − z 2
(3.24) ξy = ( +ν )
E Iz 2 2
Mz
ξz = ν
E Iz
yz

U E
N I Q
+ rotation arbitraire autour de Ox
C H
TE
+ translation arbitraire orthogonale à Ox, (H.P.P.).

LY
Autrement dit : la flexion est circulaire et normale dans la partie courante de la

PO
barre, les sections droites y restent planes et orthogonales aux fibres.

L E
Dans la partie courante de la barre la détermination de la limite d’élasticité est
O
ÉC
identique à celle du paragraphe 3.4 ; mais on doit évidemment se prémunir contre les
effets d’extrémités, notamment les concentrations de contrainte en l’absence de congés
(cf. figure 20 du chapitre VIII).
4 – Flexion déviée d’une barre cylindrique 165

U E
N IQ
4 Flexion déviée d’une barre cylindrique
4.1 Flexion normale à l’axe Oy C H

Y T E
P O L
Les axes étant positionnés comme au paragraphe 3.1, il est clair que tout ce qui
a été établi dans la section précédente relativement à l’axe Oz peut être reproduit,

L E
mutatis mutandis (8) , relativement à l’axe Oy. Ainsi (figure 7) :

O
ÉC
My
(4.1) σ= z ex ⊗ ex
Iy
My
(4.2) ε= z[ ex ⊗ ex − ν (ey ⊗ ey + ez ⊗ ez )]
E Iy

My


 ξx = zx
E Iy



My

E

(4.3) ξy = −ν yz


 My
E Iy
x2 y2 − z 2
IQ U
N

 ξz = (− + ν ).

H

E Iy 2 2

T EC
+ rotation arbitraire autour de Ox

Y
+ translation arbitraire orthogonale à Ox, (H.P.P.)

PO L
est la solution du problème bien posé de (3.3, 3.5, 3.6) pour lequel les torseurs des

O L E
efforts extérieurs appliqués aux extrémités sont

ÉC
(4.4) [O, 0, My ey ] sur S` et [O, 0, −My ey ] sur S0 .

Dans chaque section droite, Oy est désormais axe neutre du profil linéaire des
contraintes. La flexion de la barre est circulaire, normale à Oy. La rotation différen-
tielle des sections est :
dω(x) My
(4.5) = e .
dx Ey y

U E
N I Q
C H
LY TE
E PO
L
Figure 7 – Flexion de la barre cylindrique normalement à Oy

ÉC O
(8) C’est-à-dire, notamment, en prenant garde aux changements de signes dus à l’orientation des

trièdres.
166 Chapitre IX – Quelques thèmes classiques en élasticité tridimensionnelle

U E
N IQ
La mise en application du principe de Saint Venant est strictement identique à
celle du paragraphe 3.5.

EC H
4.2
L
Flexion déviée
Y T
E PO
Le problème général de flexion d’une barre cylindrique évoqué en prologue de la

O L
section 4 concerne le cas où les moments de flexion M et − M appliqués aux extrémi-

ÉC
tés de la barre soit d’orientation quelconque, ce qui, sauf pour des sections de forme
particulière, implique que ces moments ne sont pas dirigés suivant un axe principal
d’inertie des sections droites. La solution du problème bien posé correspondant peut
être effectuée directement en suivant la démarche du paragraphe 3.2. Il est plus simple
et plus clair de l’obtenir en décomposant M selon les directions principales d’inertie :

(4.6) M = My ey + Mz ez

U E
N IQ
et en appliquant le principe de superposition aux deux solutions précédentes. Il vient
ainsi :
EC H
LY T
PO
Mz My
(4.7) σ = (− y+ z) ex ⊗ ex
Iz Iy

O L E
(4.8) ÉC ε = (−
Mz
E Iz
y+
My
E Iy
z)[ ex ⊗ ex − ν (ey ⊗ ey + ez ⊗ ez )]

Mz My
ξx = (− y+ z) x
E Iz E Iy
Mz x2 y2 − z 2 My
(4.9) ξy = ( +ν )−ν yz
E Iz 2 2 E Iy

ξz = ν
Mz
yz +
My x2
(− + ν
y2 − z 2
)
U E
Q
E Iz E Iy 2 2

N I
C H
TE
+ rotation arbitraire autour de OX

Y
+ translation arbitraire orthogonale à Ox, (H.P.P.).

PO L
O L E
ÉC
4 – Flexion déviée d’une barre cylindrique 167

U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC
Figure 8 – Flexion déviée : cas d’une barre prismatique de section droite rectangulaire

4.3 Commentaires

U E
IQ
Des deux solutions particulières précèdentes, cette solution générale conserve les

N
propriétés suivantes :

EC H
• Les champs de contrainte et de déformation sont indépendants de x, le champ de
contrainte est uniaxial selon Ox. Le profil des contraintes σ xx est linéaire. L’axe

Y
neutre des contraintes, d’équations
L T
(4.10)
E −
Mz
POy+
My
z = 0 , x = constante ,

O L E Iz E Iy

ÉC
partage la section droite courante d’abscisse x en deux zones : zone des fibres
comprimées et zone des fibres tendues.
• La contrainte σ xx de traction ou de compression en un point de la section droite
est proportionnelle à la distance de ce point à l’axe neutre.
• Il en résulte, en ce qui concerne la limite d’élasticité de la barre, suivant la
démarche du paragraphe 3.4, que les fibres les plus exposées sont les fibres les plus
éloignées de l’axe neutre, de part et d’autre de celui-ci.
• De même εxx est proportionnelle à la distance de ce point à l’axe neutre.
• Les sections droites restent planes dans la transformation de la barre.
• La déformation des sections droites dans leur plan est indépendante de l’abscisse

U E
Q
x.
• La rotation différentielle des sections droites est égale à :
N I
C H
(4.11)
dω(x)
=
Mz
LYe +
My
e TE
PO
dx E Iz z E Iy y

O L E
ÉC
• Le vecteur rotation de chaque section est colinéaire à l’axe neutre des contraintes.
• La fibre moyenne (axe Ox) est transformée en un cercle dans un plan orthogonal
à la direction (4.10) de l’axe neutre.
168 Chapitre IX – Quelques thèmes classiques en élasticité tridimensionnelle

U E
N IQ
• Les sections droites demeurent orthogonales à toutes les fibres dans la transfor-
mation.

EC H
T
• Toutes les fibres sont transformées en des cercles.

LY
PO
Autrement dit la flexion est encore circulaire. Mais on remarque que la flexion
s’effectue orthogonalement à l’axe neutre des contraintes, qui ne coïncide

L E
qu’exceptionnellement avec la direction du moment de flexion M. Pour cette raison,

O
ÉC
la flexion est dite déviée (9) .

Lorsque les symétries de la section droite sont telles que Iy = Iz , la flexion est
évidemment toujours circulaire.

Du point de vue pratique, il ressort de (4.11) que la courbure de la barre soumise


à un moment de flexion M donné est la plus faible lorsque M est colinéaire à l’axe
principal d’inertie de la section droite autour duquel l’inertie est maximale.(10) .

5 Flexion composée d’une barre cylindrique


U E
N IQ
5.1 Définition
EC H
Y T
Le problème de la flexion composée d’une barre cylindrique est celui où les
L
PO
efforts surfaciques appliqués à l’extrémité S` (resp. S0 ) définissent un torseur de ré-
sultante X (resp. −X ) parallèle à Ox, et de moment par rapport au centre d’inertie

L E
de la section égal à M (resp. −M) parallèle au plan Oyz :

O
ÉC
(5.1) X =X ex

(5.2) M =My ey + Mz ez

torseur des efforts


ï ò
(5.3) = [ O, X , M ]
surfaciques sur S`
De façon plus explicite ce problème est aussi appelé : problème de la flexion avec
effort normal, l’effort X étant l’effort normal appliqué à la section S` .

5.2 Solution du problème et commentaires

U E
Q
La solution du problème s’obtient en appliquant le principe de superposition à
partir des résultats des sections 2 et 4 ci-dessus. Il n’est donc pas nécessaire de la
N I
détailler ici.
C H
Y TE
On remarque que le champ de contrainte est uniaxial, indépendant de x :

L
PO
X Mz My
(5.4) σ=( − y+ z) ex ⊗ ex .

E
S Iz Iy

O L
(9) On remarque sur (4.11) que dω(x)

ÉC
dx
est toujours situé dans l’angle aigu formé par M et la direction
principale d’inertie autour de laquelle l’inertie de la section droite est la plus faible.
(10) Lorsque la différence entre les moments d’inertie principaux est grande, pour cette orientation

de M la barre est sensible aux phénomènes d’instabilité.


5 – Flexion composée d’une barre cylindrique 169

U E
N IQ
L’axe neutre qui sépare, dans la section droite courante, la zone des fibres tendues

EC H
de celle des fibres comprimées a pour équation, dans le plan de S :

(5.5)
LY T X

Mz
y+
My
z=0.

PO
S Iz Iy

O L E
Il est parallèle à l’axe neutre du problème de la flexion sans effort normal pour le
même moment de flexion M mais ne passe pas par G si X 6= 0 (figure 9).

ÉC Comme au paragraphe 4.3, la contrainte de traction ou de compression dans une


fibre de la barre est proportionnelle à sa distance à l’axe neutre. Il en va de même
pour les déformations.

Il peut se faire, selon les valeurs de X /S, My /Iy et Mz /Iz , que l’axe neutre soit
extérieur à la section droite S. Dans ce cas les fibres de la barre sont soit toutes
tendues, soit toutes comprimées.

U E
Le chargement de la barre est défini par les trois paramètres scalaires X , My et Mz . La

IQ
frontière initiale d’élasticité de la barre est engendrée par les valeurs de ces paramètres

N
pour lesquelles la limite initiale d’élasticité du matériau constitutif en traction simple ou en

H
EC
compression simple est atteinte pour la première fois dans une fibre (problématique identique
à celle du paragraphe 2.5). Sans entrer dans plus de détail il est clair que les fibres concernées,

LY T
comme dans l’analyse menée précédemment (§ 3.4), sont les fibres les plus éloignées de l’axe
neutre de part et d’autre de celui-ci.

E PO
O L
ÉC

Figure 9 – Flexion composée : cas d’une barre prismatique de section droite


rectangulaire

U E
5.3 Problème de Saint Venant
N I Q
C H
TE
Le problème de la flexion composée est un cas particulier du problème dit « de

Y
Saint Venant » qui concerne l’équilibre élastique d’une barre cylindrique (prismatique)
L
PO
soumise à des efforts appliqués à ses extrémités. Au-delà de la flexion composée on

E
peut, au moyen des résultats établis au chapitre VIII (§ 7) et ci-dessus, traiter par le

L
principe de superposition le cas où les torseurs des efforts appliqués aux extrémités

O
ÉC
sont de la forme :

(5.6) [ O , X ex , C ex + My ey + Mz ez ] sur S`
170 Chapitre IX – Quelques thèmes classiques en élasticité tridimensionnelle

U E
N IQ
et [ O , −X ex , −Cex − My ey − Mz ez ] sur S0 ; il suffit en effet de superposer, à la

EC H
solution précédente, celle du problème de la torsion.

Y T
Le cas général où la résultante du torseur des efforts surfaciques appliqués sur S` a

L
PO
aussi des composantes selon Oy et Oz, appelées composantes de l’effort tranchant
sur S` , a été résolu par Saint Venant. Le problème correspondant est connu sous le

L E
nom de problème de Saint Venant.

O
É C5.4 Applications pratiques
Les sollicitations de flexion sont très fréquentes dans la pratique quotidienne de
l’ingéniérie civile ou mécanique, ce qui explique l’importance des solutions apportées
au XIXe siècle aux problèmes d’équilibre élastique correspondants. Elles fournissent
(éventuellement a postiori) un chemin scientifique pour adapter la conception et le
dimensionnement d’une structure aux propriétés de ses matériaux constitutifs. Elles

U
ont aussi permis, quand les performances techniques ont été mûres (par exemple : qua-
E
IQ
lité des bétons, des aciers, des résines, etc...), l’invention de « nouveaux matériaux »
conçus pour résister aux sollicitations appliquées.

H N
exemple de tels matériaux nouveaux.
Y T EC
Le béton armé, précurseur d’autres actuels matériaux composites(11) , est un

PO L
Le béton, « pierre artificielle » résistant fort bien à la compression mais étant doté

O L E
d’une résistance à la traction faible et/ou non fiable, ne se prête pas à la constitution
de barres susceptibles d’être soumises à des sollicitations de flexion. En introduisant

ÉC
dans la partie tendue de la barre des armatures longitudinales en acier (fer à béton),
solidaires du béton par adhérence (armatures dites passives) on donne à la section
composite ainsi constituée la résistance à la traction nécessaire pour que la barre
résiste en flexion (figure 10).

U E
N I Q
C H
LY TE
PO
Figure 10 – Poutre en double-T, armée pour résister en flexion positive

O L E
ÉC
(11) Encore que la technique des matériaux composites soit bien ancienne, comme en témoignent les

ziggurats de Mésopotamie et « 6. Pharaon commanda ce jour-là même aux exacteurs qui étaient sur
le peuple, et à ses commissaires, disant : 7. Vous ne donnerez plus de paille à ce peuple pour faire
des briques, comme auparavant ; mais qu’ils aillent et qu’ils s’amassent de la paille. » (Exode, V).
5 – Flexion composée d’une barre cylindrique 171

U E
N IQ
Le béton précontraint est, quant à lui, l’exemple d’une technique constructive

EC H
nouvelle dont l’explication réside simplement dans la solution du problème de flexion

T
composée, mais dont la réalisation effective dépend essentiellement de la qualité du

Y
béton et de l’acier du point de vue du comportement différé (viscoélasticité, fluage,
L
PO
relaxation).

L E
L’idée initiale consiste à mettre en place dans une poutre en béton, préalablement

O
à sa mise sous charge, un champ de compression uniforme de telle sorte que sous

ÉC
les sollicitations de flexion, en application de (4.7), les contraintes dans le béton de-
meurent toutes compressives. La précontrainte est exercée par un câble ancré dans
les deux sections d’extrémité de la poutre après mise en tension par des vérins (fi-
gure 11). On conçoit qu’il est essentiel pour la bonne performance de la poutre consi-
dérée, que la formule (4.7) assure le caractère compressif des contraintes tout au long
de la vie de cette structure, c’est-à-dire que l’effort de compression engendré par la
tension du câble actif soit sinon constant, du moins parfaitement maîtrisé malgré les

E
comportements différés des matériaux.

IQ U
Dans la pratique, les câbles de précontrainte, placés dans des gaines, suivent dans

N
la poutre des trajets déterminés de façon optimale en fonction des charges supportées
H
EC
par les ouvrages.

LY T
E PO
O L
ÉC

U E
N I Q
C H
LY TE
E PO
O L
ÉC Figure 11 – Mise en tension de câbles de précontrainte
172 Chapitre IX – Quelques thèmes classiques en élasticité tridimensionnelle

U E
N I Q sous
6 Équilibre élastique d’une sphère creuse
pression
E C H
L Y T
O
6.1 Position du problème
P
L E
On considère une enveloppe sphérique de centre O de rayons intérieur et extérieur

ÉCO
respectivement r0 et r1 (figure 12). En utilisant un système de coordonnées sphériques
de centre O (cf. annexe II, section 4), les données sont de la forme suivante.

• Les forces de masses sont nulles :


(6.1) F =0 sur Ω .
• Les données au contour portent exclusivement sur les efforts surfaciques :
pression normale uniforme égale à p0 exercée à l’intérieur de la sphère
(6.2) T d = p0 e r pour r = r0 (∂S0 ) ,
U E
N IQ
pression normale uniforme égale à p1 exercée à l’extérieur de la sphère
(6.3) T d = −p1 er pour r = r1
EC H
(∂S1 ) .

LY T
E PO
O L
ÉC

Figure 12 – Équilibre élastique d’une sphère creuse sous pression


U E
N I Q
C H
6.2 Forme de la solution

LY TE
PO
Résolution par la méthode des déplacements. Les symétries de la géométrie, du

E
chargement et du matériau constitutif homogène (isotrope) incitent à rechercher un

L
champ de déplacement radial , fonction de r seul, qu’il est commode de mettre
O
ÉC
sous la forme :
(6.4) ξ = r f (r) er .
6 – Équilibre élastique d’une sphère creuse sous pression 173

U E
N IQ
On en déduit les expressions de ε et de σ associées par la loi de comportement

EC H
élastique linéaire, isotrope, dans la base locale orthonormée des coordonnées sphé-

T
riques :

LY
PO
(6.5) ε = (r f 0 (r) + f (r)) er ⊗ er + f (r)(eθ ⊗ eθ + eϕ ⊗ eϕ ) ,

(6.6)
O L E σ = (3 λ + 2 µ)f (r) 1l + (λ + 2 µ) r f 0 (r) er ⊗ er

ÉC + λ r f 0 (r)(eθ ⊗ eθ + eϕ ⊗ eϕ ) .

Les équations d’équilibre se réduisent à :

(6.7) (λ + 2 µ)(4 f 0 (r) + r f 00 (r)) = 0

dont on déduit
b
U E
IQ
(6.8) ξ = (a r + )e (a et b : constantes à déterminer) .
r2 r

H N
EC
Les expressions du champ de déformation et du champ de contrainte sont alors,
sous formes explicites :

LY T
PO
2b b
(6.9) εrr =a− 3 , εθθ = εϕϕ = a + , autres εij = 0 ;

O L E r r3

ÉC  σrr = A − 2 B , B

σθθ = σϕϕ = A +
(6.10) r3 r3
autres σij = 0

avec

(6.11) A = (3 λ + 2 µ) a et B = 2µb .

Le champ de contrainte σ satisfait les conditions aux limites (6.2) et (6.3) qui
permettent de déterminer A et B en fonction des données du problème :

p0 r03 − p1 r13 1 (p0 − p1 ) r03 r13


U E
(6.12) A=
r13 − r03
B=
2 r13 − r03
N I Q
et
C H
(6.13) ξ=(
A
r+
LY
B
)e . TE
PO
3λ+2µ 2 µ r2 r

O L E
ÉC
174 Chapitre IX – Quelques thèmes classiques en élasticité tridimensionnelle

U E
6.3 Commentaires
N IQ
EC H
LY T
Équation de Navier, fonction de déplacement

PO
L’équation (6.7) peut être obtenue directement en explicitant l’équation de Navier en coordon-

E
nées sphériques. On peut aussi remarquer que le champ de déplacement (6.4) est irrotationnel

O L
et dérive d’une fonction de déplacement ϕ(r) (cf. chapitre VIII, § 5.2). Cette fonction doit

ÉC
alors vérifier l’équation (5.9) du chapitre VIII qui se réduit ici à :
(6.14) ∆ϕ = div ξ = 3 f (r) + r f 0 (r) = 3 a constante ,
intégrale première de l’équation de Navier (6.7).

Cas de la coque sphérique mince

On désigne par e = r1 − r0 l’épaisseur de la coque, par R = (r0 + r1 )/2 son rayon moyen et
l’on suppose que :
(6.15) e  r1 (coque mince) .

U E
IQ
e

N
La solution se développe alors, en considérant comme infiniment petit :

H
R

EC

 σrr = − p0 + p1 + (p0 − p1 ) r − R

T
(6.16) 2 e

Y
(p0 − p1 ) R p0 + p1 (p0 − p1 )(r − R)

L
 σθθ = σϕϕ = − − .
2e 2 2e

PO
Compte tenu de (6.15) on voit que l’on a :

E
L
(p0 − p1 ) R

O
(6.17) | σrr |  | σθθ | avec σθθ = σϕϕ '

ÉC
2e
Cette formule donnant la partie principale de la contrainte σθθ (= σϕϕ ) dans le cas d’une
enveloppe mince peut s’obtenir par le raisonnement élémentaire de statique appliqué à une
demi-coque sphérique, qui est schématisé sur la figure 13 : en faisant l’hypothèse que la
distribution des contraintes σθθ est uniforme sur la section le problème devient, en effet,

U E
N I Q
C H
LY TE
Figure 13 – Équilibre global d’une demi-coque sphérique mince

E PO
L
statiquement déterminé et l’on obtient, en annulant la résultante des efforts extérieurs exercés

O
ÉC
sur la demi-enveloppe,
(6.18) 2π Re σθθ = π R2 (p0 − p1 )
d’où (6.17).
6 – Équilibre élastique d’une sphère creuse sous pression 175

U E
Autre façon de poser le problème
N IQ
EC H
T
Il est clair que la même forme de solution obtenue au paragraphe 6.2 sera valable si les

Y
données sur la paroi extérieure par exemple portent sur le déplacement ξ et sont de la forme :

(6.19)

PO L ξd = δ1 er sur ∂S1 .

O L E La détermination des constantes a, b, A, B liées entre elles par les formules (6.10) se fera alors
en fonction des données p0 et δ1 . En conséquence, les expressions finales des composantes de

ÉC
σ feront intervenir les constantes élastiques du matériau, alors que dans le cas précédent elles
en étaient indépendantes.
Cavité sphérique dans un milieu élastique infini

Pour étudier le problème d’une cavité sphérique de rayon r0 dans un milieu infini, on considère
le problème du paragraphe 6.1 et l’on fait tendre le rapport r1 /r0 vers l’infini. La donnée sur
∂S∞ est du type (6.19) avec :
(6.20) ξd = 0 sur ∂S∞ (12) ;

U E
IQ
la notion du milieu « infini » correspond en effet physiquement à un milieu assez vaste pour
que tout déplacement soit « bloqué » à une distance suffisante.

H N
EC
On en déduit par (6.8) : a = 0. Puis par (6.10) il vient A = 0, ce qui implique la nullité des

Y T
1
contraintes à l’infini (13) , et B = p0 r03 .

L
2

PO
La solution s’écrit ainsi pour ξ et σ :

E
O L p0 r03 Ä r0 ä3 p0 Ä r0 ä3
(6.21) ξ= er , σrr = −p0 , σθθ = σϕϕ = .

ÉC
4 µ r2 r 2 r

Cas de la sphère pleine

Dans le cas de la sphère pleine, il n’y a pas de cavité sur la figure 12. Le champ de déplace-
ment est encore recherché sous la forme (6.4) et le raisonnement se poursuite à l’identique
jusqu’à (6.11). Il n’y a qu’une condition aux limites, pour r = r1 , qui permet de déterminer
A : il vient ainsi A = −p1 . La détermination de B est issue de celle de b. En effet, la fonction
r f (r), qui donne l’amplitude du déplacement ξ radial et indépendant de r, doit être nulle
pour r = 0, faute de quoi l’hypothèse de bijectivité (chapitre I, § 3.2) ne serait pas satis-
faite : la particule située initialement en r = 0 serait transportée sur la surface sphérique de
rayon |ξ(0)|. Il vient donc : b = 0 et B = 0 .

Le champ σ est homogène :

U E
(6.22) σ = −p1 1l (pression isotrope) .

N I Q
Le champ de déplacement s’écrit :
C H
TE
p1

Y
(6.23) ξ=− re (à un déplacement rigidifiant près) .

L
3λ + 2µ r

PO
La forme de cette solution met en évidence qu’elle demeure valable pour un solide plein de

E
forme quelconque soumis, en l’absence de forces de masse, à une pression normale uniforme

L
p1 à son contour (résultat qui s’établit directement sans difficulté).

O
(12) À
(13) Il ÉC
un déplacement rigidifiant près évidemment.
s’agit bien d’une implication.
176 Chapitre IX – Quelques thèmes classiques en élasticité tridimensionnelle

U E
N IQ
Afin d’examiner comment l’on passe du cas de la sphère creuse à celui de la sphère pleine

EC H
on pose φ = (r0 /r1 )3 et ρ = (r/r1 )3 . Les expressions (6.10, 6.12) des contraintes principales
s’écrivent alors :

LY T
 φ 1−ρ
 σrr = −p1 + (p1 − p0 )

O
1−φ ρ
(6.24)

P
φ 1 + 2ρ

E
 σθθ = σϕϕ = −p1 − (p1 − p0 ) .

L
1 − φ 2ρ

ÉCO
On voit ainsi que pour une sphère de rayon extérieur donné, le tenseur des contraintes en
un point donné (ρ fixé) tend vers le tenseur isotrope (6.22) quand le rayon de la cavité tend
vers zéro (φ → 0). En ce sens, on peut dire que l’on passe continûment du cas de la sphère
creuse à celui de la sphère pleine. En revanche, si l’on suit la surface intérieure de la sphère
(ρ = φ > 0), le tenseur des contraintes tend vers :

 σrr = −p0
(6.25)
 σθθ = σϕϕ = p0 − 3 p1
2 2

U E
Si l’on s’intéresse par exemple à σrr , on voit que, lorsque φ → 0, le profil hyperbolique de

IQ
σrr en fonction de ρ tend vers un diagramme bilinéaire : σrr = −p1 pour φ < ρ ≤ 1 et

N
σrr = −p0 pour ρ = φ. Ce comportement montre comment la présence d’une cavité, si petite

le paragraphe suivant.

EC H
soit-elle, modifie la répartitiion des contraintes dans la sphère ; on reviendra sur ce point dans

LY T
PO
6.4 Limite initiale d’élasticité de la sphère creuse sous pression

O L E
Le chargement du système est défini par les deux paramètres p0 et p1 . On se

ÉC
bornera ici à la recherche de sa frontière initiale d’élasticité avec les critères de Tresca
et de von Mises pour le matériau constitutif homogène, isotrope.

Au point courant M de l’enveloppe sphérique (figure 12) les contraintes principales,


dirigées selon la base orthonormée des coordonnées sphériques, sont données par (6.10)
et (6.12). La fonction de charge de Tresca s’écrit :

3B
(6.26) f (σ(r, θ, ϕ)) = |σrr − σθθ | − σ0 = − σ0
r3
soit

(6.27) f (σ(r, θ, ϕ)) =


3 |p0 − p1 |  r0 r1 3
− σ0 .
U E
2 r13 − r03 r

N I Q
C H
TE
Le déviateur des contraintes a pour valeurs principales

2B
LY B

PO
(6.28) srr = − sθθ = sϕϕ =
r3 r3

L E
et la fonction de charge de von Mises s’écrit :

O
ÉC

√ B 3 |p0 − p1 |  r0 r1 3
(6.29) f (σ(r, θ, ϕ)) = 3 3 − k = −k .
r 2 r13 − r03 r
7 – Équilibre élastique d’un tube cylindrique sous pression 177

U E
N IQ
On voit sur (6.27) et (6.29) que les points les plus sollicités vis à vis de l’un

EC H
ou l’autre critère sont toujours les points de la surface intérieure ∂S0 de l’enveloppe

T
sphérique (r minimal). De plus, la sollicitation ne dépend en fait que de la différence

Y
entre les deux pressions appliquées et elle lui est (évidemment) proportionnelle. On
L
PO
pose
(6.30)

O L E ∆ p = (p1 − p0 )

ÉC
et les équations (6.27) et (6.29) permettent de déterminer les limites initiales d’élas-
ticité de l’enveloppe sphérique pour ∆ p positive ou négative soit (∆ p)+
0 et −(∆ p)0 :

2 r03
Å ã
(6.31) (∆ p)+ −
0 = (∆ p)0 = σ0 1 − 3 (Tresca)
3 r1
2 √ r03
Å ã
(6.32) (∆ p)+
0 = (∆ p)−
0 = k 3 1 − (von Mises) .
3 r13

E
Il est particulièrement intéressant d’examiner les conséquences de ces résultats dans le cas

U
d’une sphère creuse de rayon r1 , dont le rayon de la surface intérieure tend vers zéro

IQ
(φ = (r0 /r1 )3 → 0). On voit, à partir des équations (6.31) et (6.32) ou directement à partir

N
de (6.25) que :
2

EC H

(∆p)+ −
0 = (∆p)0 = σ0 (Tresca)
3

T
(6.33) √
2

Y
(∆p)+ = (∆p)− = k 3 (von Mises)

L
0 0
3

PO
Ceci limite notamment la pression p1 lorsque la pression p0 est nulle alors qu’au contraire,

E
L
pour la sphère pleine, l’expression (6.22) du champ de contrainte (champ de pression isotrope

O
homogène), montre qu’il n’y a pas de limite pour la pression p1 . Du point de vue pratique,

ÉC
la comparaison entre ces deux résultats met en évidence l’importance que peut avoir la
présence d’un défaut dans un solide. Un résultat semblable est observé dans le cas d’une
sphère creuse autour d’une inclusion indéformable.

7 Équilibre élastique d’un tube cylindrique sous


pression
7.1 Position du problème
On considère un tube cylindrique circulaire de rayons intérieur et extérieur res-
pectivement r0 et r1 , d’axe Oz et de hauteur `. On utilise un système de coordonnées
U E
cylindriques d’axe Oz centré en O dans la section de base S0 (figure 14). Les données
du problème sont les suivantes :
N I Q
C H
TE
• forces de masse nulles
(7.1) F =0
LY sur Ω ,

E PO
• sur les parois intérieure et extérieure du tube

O L
ÉC
(7.2) T d = p0 e r pour r = r0 (∂S0 ) ,
d
(7.3) T = −p1 er pour r = r1 (∂S1 ) ,
178 Chapitre IX – Quelques thèmes classiques en élasticité tridimensionnelle

U E
N IQ
H
• sur les sections d’extrémités

(7.4) Trd = 0

Y T
sur S0 et S` ,
EC
(7.5)
et
Tθd = 0

PO L sur S0 et S` ,

O L E 4ξzd = 0

ÉC
(7.6) sur S0 ,
(7.7) ξzd =δ sur S` ,
ou bien

(7.8) Tzd = −σ sur S0 ,


Figure 14: Équilibre élastique d’un tube
(7.9) Tzd =σ sur S` . cylindrique

U E
IQ
7.2 Forme de la solution

H N
EC
Résolution par la méthode des déplacements. Compte tenu des symétries de la
géométrie, du chargement et du matériau constitutif homogène (isotrope) on cherche
le champ de déplacement sous la forme

LY T
(7.10)

E PO ξ = r f (r) er + g(z) ez

O L
dont on déduit le champ ε et le champ σ associé par la loi de comportement élas-

ÉC
tique linéaire, isotrope, exprimés dans la base locale orthonormée des coordonnées
cylindriques :

(7.11) ε = (f (r) + r f 0 (r)) er ⊗ er + f (r) eθ ⊗ eθ + g 0 (z) ez ⊗ ez ,


(7.12) σ = λ (r f 0 (r) + 2 f (r) + g 0 (z)) 1l + 2 µ (f (r) + r f 0 (r)) er ⊗ er
+ 2 µ f (r) eθ ⊗ eθ + 2 µ g 0 (z) ez ⊗ ez .

Les équations d’équilibre se réduisent à

E

 (λ + 2 µ)(3 f 0 (r) + r f 00 (r) ) = 0
(7.13)

I Q U
N
 (λ + 2 µ) g 00 (z) = 0

C H
TE
d’où :

(7.14)
b
LY(a, b, c : constantes à déterminer) .

PO
ξ = (a r + ) er + c z ez
r

L E
Ce champ ξ satisfait les conditions (7.6 et 7.7), si celles-ci sont imposées ; elles

O
ÉC
déterminent alors c :

(7.15) c = δ/` .
7 – Équilibre élastique d’un tube cylindrique sous pression 179

U E
N IQ
Les expressions du champ de déformation ε et du champ de contrainte σ sont,
sous formes explicites :

EC H
Y T
 εrr = a − b b

L
εθθ = a + 2 εzz = c

PO
(7.16) r2 r
autres εij = 0 ;

E

O L
ÉC

B B
σrr = A − , σθθ = A + , σzz = C

(7.17) r2 r2
 autres σij = 0

avec A = 2(λ + µ) a + λ c , B = 2µb, C = 2 λ a + (λ + 2 µ) c ,

ou encore

(7.18) a=
1
(A − ν(A + C)) , b=
B
, c=
1

U
(C − 2 ν A) .
E
IQ
E 2µ E

H N
Le champ σ décrit par (7.17) satisfait les conditions aux limites (7.2) et (7.3) qui

EC
permettent de déterminer A et B, en fonction des données du problème sur les parois
intérieure et extérieure :

LY T
PO
p0 r02 − p1 r12 (p0 − p1 ) r02 r12
(7.19) A= B=

E
r12 − r02 r12 − r02

O L
ce qui définit totalement la distribution de σrr et σθθ .

ÉC
La connaissance complète de σzz et du déplacement ξ nécessite de déterminer c
et C.
• Si les conditions aux limites selon la direction z sur S0 et S` portent sur le déplacement, C
est déterminé par (7.15) et (7.18) à partir de (7.6) et (7.7), d’où :

δ
(7.20) σzz = 2 ν A + E
`
et

E
A(1 + ν)(1 − 2 ν) δ B δ
(7.21) ξ = (( ) er + z ez .
U
− ν )r +
E ` 2µr `
En particulier, si δ = 0 (longueur du tube maintenue constante), on a :
N I Q
C H
TE
A(1 + ν)(1 − 2 ν) B
(7.22) ξ=( r+ )e
E
LY 2µr r

PO
et l’on a affaire à un problème de déformation plane (cf. annexe III, section 2)(14) .

E
O L
(14) On remarquera que la solution du problème pour δ 6= 0 s’obtient par une superposition de la

ÉC
solution pour δ = 0 et de la solution du problème de la traction-compression donnée dans la section
2 : à titre d’exemple, la formule générale (7.21) donnant ξ résulte (au changement de notation près)
de l’addition de (7.22) et (2.13).
180 Chapitre IX – Quelques thèmes classiques en élasticité tridimensionnelle

U E
N IQ
• Si les conditions aux limites selon la direction z sur S0 et S` portent sur le vecteur-contrainte,

EC H
C est obtenu par (7.17) à partir de (7.8) et (7.9), d’où :

(7.23)
LY T σzz = σ

E PO
et l’on achève de déterminer ξ par (7.18) :

O L
ÉC
(1 − ν)A − ν σ B 1
(7.24) ξ=( r+ ) er + (σ − 2 ν A)z ez .
E 2µr E
En particulier, si σ = 0 (sections d’extrémités libres), on a :
σzz = 0
et l’on a affaire à un problème de contrainte plane (cf. annexe III, section 3).

7.3 Commentaires

U E
IQ
Équation de Navier, fonction de déplacement

H N
EC
Les équations différentielles qui permettent de déterminer f (r), g(z) et donc ξ sous la forme

T
(7.14), peuvent aussi s’obtenir directement en explicitant l’équation de Navier en coordonnées

Y
cylindriques.

PO L
On remarque également que le champ de déplacement (7.10) est irrotationnel et dérive d’une

E
fonction de déplacement ϕ de la forme ϕ(r, z) = ϕ1 (r) + ϕ2 (z). En explicitant l’équation

L
(5.9) du chapitre VIII à satisfaire par ϕ il vient

O
ÉC
(7.25) ∆ϕ = div ξ = 2 f (r) + r f 0 (r) + g 0 (z) = constante
intégrale première de l’équation de Navier, dont on déduit :
®
2 f (r) + r f 0 (r) = 2a constante ,
(7.26)
g 0 (z) = c constante ,

d’où l’expression (7.14) de ξ.

Tube cylindrique circulaire mince

Avec les notations homologues de celles du paragraphe 6.3 on trouve :

(7.27) | σzz |  | σθθ | où σθθ '


(p0 − p1 ) R
,
U E
I Q
e

N
formule que l’on peut obtenir par un raisonnement statique d’équilibre global analogue à
celui de la figure 13.

C H
Cavité cylindrique dans un milieu infini

LY TE
PO
Les données imposent les déplacements nuls à l’infini, d’où : c = 0 , a = 0 , A = 0 et

E
L
B = p0 r02 . On en déduit pour σ :

(7.28)

ÉC O σrr = −p0
Ä r0 ä2
r
σθθ = p0
Ä r0 ä2
r
σzz = 0 .
Récapitulatif des formules essentielles 181

U E
N IQ
EC H
Récapitulatif des formules essentielles

LY T
E PO
O L
ÉC
• Traction-compression d’une barre cylindrique
δ
σ=E e ⊗ ex
` x
δ
ξ= (x ex − ν(y ey + z ez ))
`
δ δ
ε = ex ⊗ ex − ν (ey ⊗ ey + ez ⊗ ez )
` `

E
X δ

U
=E

IQ
S `

N
X0+ = X0− = σ0 S (Tresca)

X0+ = X0− = k 3 S (von Mises)
EC H
LY T
• Flexion normale d’une barre cylindrique

E
M = Mz ez
PO
O L
ÉC
Mz
σ=− y ex ⊗ ex
Iz
 Mz
 ξx = − yx
E Iz





Mz x2 y2 − z 2


ξy = ( +ν )


 E Iz 2 2

 ξz = ν Mz y z



E Iz

dω (x) Mz
χ= =

E
dx E Iz
dω(x)
=
Mz
e
E Iz z
I Q U
N
dx
(Mz )+ −
0 = (Mz )0 = σ0
Iz
(Tresca)
C H
TE
v

Y
√ Iz

L
(Mz )+ −
0 = (Mz )0 = k 3 (von Mises)

PO
v

O L E
ÉC
182 Chapitre IX – Quelques thèmes classiques en élasticité tridimensionnelle

U E
N IQ
• Flexion d’une barre cylindrique
EC H
LY T
PO
M = My ey + Mz ez

O L E σ = (−
Mz
Iz
y+
My
Iy
z) ex ⊗ ex

ÉC
dω(x) Mz My
=( e + e )
dx E Iz z E Iy y

• Sphère creuse sous pression

B B
σrr = A − 2 3
, σθθ = σϕϕ = A + 3 , autres σij = 0
r r

E
A B

U
ξ=( r+ )e
3λ+2µ 2 µ r2 r
p0 r03 − p1 r13 1 (p0 − p1 )r03 r13
N IQ
H
A= 3 3 B=
r13 − r03

EC
r1 − r0 2

T
2 r3

Y
(∆p)+ = = σ0 (1 − 03 ) (Tresca)
(∆p)−

L
0 0
3 r1

PO
2 √ r03
(∆p)+
0 = (∆p)0 = k 3 (1 − 3 ) (von Mises)

O L E 3 r1

ÉC
• Tube cylindrique circulaire sous pression

B B δ
σrr = A − 2
, σθθ = A + 2 , σzz = 2 ν A + E , autres σij = 0
r r `
A(1 + ν)(1 − 2ν) δ B δ
ξ = (( − ν )r + ) e + z ez
E ` 2µr r `
p0 r02 − p1 r12 (p0 − p1 )r02 r12
A= B=
r12 − r02 r12 − r02

U E
N I Q
C H
LY TE
E PO
O L
ÉC
Exercices 183

U E
Exercices
N IQ
EC H
LY T
PO
Dans tous ces exercices l’état initial , sous chargement nul, pris comme référence

E
pour le système étudié, est supposé naturel .

O L
ÉC
IX.1 - Avec les notations et les mêmes hypothèses géométriques et de comportement
que dans la section 7 du chapitre IX, on étudie l’équilibre d’un tube cylindrique sous
l’action des seules forces extérieures suivantes : contraintes tangentielles parallèles au
plan (Oxy), d’intensités constantes τ0 et τ1 exercées respectivement sur chacune des
parois du tube r = r0 et r = r1 .

Éléments de réponse.

E
Méthode des déplacements. On cherche ξ sous la forme ξ = f (r) eθ , d’où :
1 f f
ε = (f 0 − ) (er ⊗ eθ + eθ ⊗ er ) et σ = µ (f 0 − ) (er ⊗ eθ + eθ ⊗ er ).

IQ U
N
2 r r

H
Les équations d’équilibre se réduisent à

EC
µ(f 00 + f 0 /r − f /r 2 ) = 0 qui peut aussi s’obtenir directement en écrivant l’équation de

T
Navier.

Y
Conditions au contour :

PO L
σrθ = τ0 pour r = r0 , σrθ = τ1 pour r = r1
τ0 r02 = τ1 r12 (équilibre global : [Fe ] = 0) .
Solution :

O L
r2 E
ÉC
σ = τ0 02 (er ⊗ eθ + eθ ⊗ er ) ,
r
τ0 r2
ξ= (r − 0 ) eθ si l’on impose ξ = 0 pour r = r0 .
2µ r
Commentaire.
Les conditions sur les sections d’extrémités pour lesquelles cette solution est valable sont, par
exemple, de la forme T d = 0 : sections libres de contrainte.

IX.2 - Avec les notations et les mêmes hypothèses géométriques et de comportement


que dans la section 7 du chapitre IX, on étudie l’équilibre d’un tube cylindrique
soumis sur ses parois intérieure et extérieure (r = r0 et r = r1 ) à des contraintes
tangentielles parallèles à Oz, d’intensité constante respectivement égales à τ0 et τ1 et
qui s’équilibrent sans force de masse.

U E
N I Q
Éléments de réponse.

C H
TE
Méthode des déplacements. On cherche ξ sous la forme ξ = f (r) ez , d’où :

Y
ε = f 0 (r) (er ⊗ ez + ez ⊗ er ) / 2 et σ = µ f 0 (r) (er ⊗ ez + ez ⊗ er ).

PO
Les équations d’équilibre se réduisent à
µ(f 00 + f 0 / r) = 0 L
qui peut aussi s’obtenir directement en écrivant l’équation de Navier.

L E
Conditions au contour :

O
σrz = τ0 pour r = r0 , σrz = τ1 pour r = r1

ÉC
τ0 r0 = τ1 r1 (équilibre global : [Fe ] = 0) .
184 Chapitre IX - Quelques problèmes classiques d’élasticité tridimensionnelle

U E
Solution :
N IQ
r0
σ = τ0 (er ⊗ ez + ez ⊗ er ) .
r

EC H
T
τ0 r0 r

Y
ξ= ln e si l’on impose ξ = 0 pour r = r0 .

L
µ r0 z

PO
Commentaire.

E
On remarque que cette solution, pour être valable, nécessite que soient appliqués, sur les

L
r0
sections d’extrémités, les vecteurs contraintes radiaux de la forme : T d = −τ0 er sur S0 et

O
r

ÉC
r0
T d = τ0 er sur S` . Le torseur de ces efforts sur chacune des bases est nul.
r
Dans le cas où les sections d’extrémités sont libres de contrainte, la solution est valable dans
la partie courante du tube en application du principe de Saint Venant.

IX.3 - Effets thermiques. On considère un solide cylindrique parallèle à Ox, de


longueur ` et de section S, constitué d’un matériau homogène, isotrope, thermoélas-
tique linéaire. La surface latérale du cylindre est libre de contrainte ; il n’y a pas de
force de masse. On se place dans l’hypothèse des petites perturbations. Dans l’état

U
initial, pris comme état de référence, le champ de contrainte est nul (état initial na-
E
IQ
turel), et les sections d’extrémités S0 et S` sont en contact sans frottement avec deux

N
parois rigoureusement immobiles. À partir de cet état initial on impose au solide une
H
EC
augmentation de température τ uniforme. Déterminer les champs de contrainte, de

T
déformation et de déplacement dans le solide ainsi que le torseur des efforts exercés

LY
sur la paroi x = `. Cas de l’acier : E = 2, 1 × 105 MPa, α = 1, 25 × 10−5 K−1 , pour

PO
τ = 20 K.

O L E
Éléments de réponse :

ÉC
Méthode des contraintes : les termes complémentaires (6.13) dans les équations (6.8) ou (6.9)
du chapitre VIII sont nuls (grad τ = 0, ∆τ = 0) .
Solution : champ uniaxial homogène σ = −E α τ ex ⊗ ex ,
ε = α τ (1 + ν) (ey ⊗ ey + ez ⊗ ez ) homogène, ξ = α τ (1 + ν) (y ey + z ez ) .
Le torseur des efforts exercés sur la paroi x = ` est celui de la force E α τ Sex appliquée au
centre de S` .
Commentaire.
En se référant au chapitre II (§ 6.4) on se trouve dans le cas où le champ de déformation
ετ est géométriquement compatible (uniforme, égal à α τ 1l), mais où aucun champ ξ , cor-
τ
respondant ne permet de satisfaire les conditions en déplacements imposées au contour :
les déformations élastiques associées au champ de contrainte σ, elles aussi géométriquement
compatibles, permettent de satisfaire ces conditions au contour.

U E
IX.4 - Compression avec confinement. On considère un solide cylindrique de
N I Q
H
section S, d’axe Oz, de hauteur `, constitué d’un matériau homogène, linéairement

TE C
élastique, isotrope. Étudier, dans l’hypothèse des petites perturbations, l’état d’équi-
libre de ce solide lorsqu’il est soumis, à partir de l’état initial naturel, aux sollicitations

LY
suivantes (expérience de compression entre plateaux sans frottement, avec pression

PO
de « confinement ») :

L E
• forces de masse nulles,

O
ÉC
• T d = −p n sur la surface latérale,
• Txd = Tyd = 0 , ξzd = 0 sur S0 ,
• Txd = Tyd = 0 , ξzd = δ sur S` , (δ ≥ 0) .
Exercices 185

U E
Éléments de réponse
N IQ
EC
Champ de contrainte homogène dans le solide :
H
T
δ
σ = −p (er ⊗ er + eθ ⊗ eθ ) + (E − 2 ν p) ez ⊗ ez (coordonnées cylindriques d’axe Oz).

Y
`

p L
Champ de déformation homogène :

PO
δ δ
ε = ( − (1 + ν) (1 − 2 ν) − ν ) (er ⊗ er + eθ ⊗ eθ ) + ez ⊗ ez .

E
E ` `

O L
Champ de déplacement :

ÉC
p δ δ
ξ(x) = −( (1 + ν) (1 − 2 ν) + ν ) r er + z ez (à un déplacement rigidifiant près parallèle
E ` `
au plan Oxy).
IX.5 - Compression d’un solide composite. On étudie, dans l’hypothèse des pe-
tites perturbations la compression d’un solide composite défini comme suit : cylindre
circulaire droit d’axe Oz, de hauteur `, de rayon extérieur b, constitué d’un noyau co-
axial cylindrique de section circulaire de rayon a, et d’une matrice annulaire comprise
entre les rayons a et b (a/b = α). Les matériaux constitutifs des deux éléments sont
homogènes, linéairement élastiques, isotropes ; les caractéristiques élastiques sont E 0

U E
et ν 0 pour le matériau du noyau, E 00 et ν 00 pour le matériau de la matrice. On suppose

IQ
qu’il y a adhérence totale au contact entre le noyau et la matrice. Le cylindre est

N
H
soumis, à partir de l’état initial naturel, à la sollicitation définie par :

EC
• forces de masse nulles,

T
d
pour r = b (surface latérale) ,

Y
• T =0
• Txd = Tyd = 0 , ξzd = 0
• Txd = Tyd = 0 , ξzd = δ
PO L
sur S0
sur S` , δ ≤ 0 .

L E
Déterminer les champs de contrainte, de déformation et de déplacement dans le solide.

O
ÉC
Calculer, en fonction de δ, l’effort résultant à exercer sur la section S` du solide
composite.

U E
N I Q
C H
Éléments de réponse.

LY TE
PO
• La condition à l’interface entre les deux éléments constitutifs du solide s’écrit en désignant
par 0 et 00 les grandeurs relatives au noyau et à la matrice respectivement, pour r = a :

L E
σ 0 (x) . er = σ 00 (x) . er (continuité du vecteur contrainte),

O
ξ 0 (x) = ξ00 (x) (adhérence noyau-matrice).

ÉC
• Compte tenu des symétries du problème (de géométrie, de chargement et de comportement)
on cherche à le résoudre en utilisant les résultats de Ex. IX.4 pour le noyau et ceux du chapitre
IX (section 7) pour la matrice.
186 Chapitre IX - Quelques problèmes classiques d’élasticité tridimensionnelle

U E
N IQ
Pour les solutions de ces deux problèmes ξ , ε et σ sont de la forme :

ξ(x) = ξr (r) er +
δ
ze

EC H
T
` z

Y
d ξr ξr δ

L
ε(x) = e ⊗ er + e ⊗ eθ + ez ⊗ ez

PO
dr r r θ `
σ (x) = σrr (r) er ⊗ er + σθθ (r) eθ ⊗ eθ + σzz ez ⊗ ez .

L E
Les conditions à l’interface r = a se réduisent à : σrr 0 (a) = σ 00 (a) et ξ 0 (a) = ξ 00 (a) .
rr r r

O
On pose p = −σrr (a) = −σrr (a) ; la détermination de p par l’équation de continuité de ξr (a)
0 00

ÉC
achève la résolution du problème.
On a :
p δ
ξr0 (a) = −a ( 0 (1 + ν 0 ) (1 − 2ν 0 ) + ν 0 )
E `
δ p 2 00
00 00 00 1 + α (1 − 2 ν )
ξr (a) = −a (ν − 00 (1 + ν ) )
` E 1 − α2
d’où :
δ (1 − 2 ν 0 ) (1 + ν 0 ) 1 + α2 (1 − 2 ν 00 ) −1
p = (ν 00 − ν 0 ) ( + (1 + ν 00 ) ) .
` E 0 E 00 (1 − α2 )

E
En portant cette valeur de p dans les expressions des champs ξ 0 , ε0 , σ0 , et ξ 00 , ε00 et σ 00 on

U
IQ
obtient la solution complète du problème.

N
En particulier :

H
2
0 = E 0 δ − 2 ν 0 p et σ 00 = E 00 δ + 2 ν 00 p α

EC
σzz zz .
` ` 1 − α2

T
L’effort résultant à exercer sur la section S` du solide composite est une force axiale Φ :
δ

L
Φ = π b2 (α2 E 0 + (1 − α2 ) E 00
Y
PO
`
(1 + ν 0 ) (1 − 2ν 0 ) 1 + ν 00 1 + α2 (1 − 2 ν 00 ) −1

E
+ 2 (ν 00 − ν 0 )2 α2 ( + ) ) ez .

L
E 0 E 00 1 − α2

O
Commentaire.

ÉC
On remarque que p = 0 si et seulement si ν 0 = ν 00 . p est positif (interface comprimée) pour
δ < 0 (expérience de compression entre plateaux) si ν 00 > ν 0 . Si la matrice et le noyau
n’étaient pas solidarisés à l’interface et s’il existait un jeu suffisant pour que les frontières
des deux éléments pour r = a demeurent libres de contrainte, la solution du problème serait
l’état de compression simple dans chacun de ces éléments cylindriques. L’effort résultant à
exercer serait une force axiale Φ0 :
δ
Φ0 = π b2 (α2 E 0 + (1 − α2 ) E 00 ) .
`
On constate donc que si et seulement si ν 0 = ν 00 on a Φ = Φ0 .
Si ν 0 6= ν 00 l’intensité de la force à exercer sur le solide composite est toujours supérieure à
| Φ0 | .
Cela signifie que, définissant le module « apparent » Ea du solide dans cette expérience par
Ea = | Φ | ` / π b2 δ on a : Ea ≥ α2 E 0 + (1 − α2 ) E 00 , où le deuxième membre représente
la moyenne volumique des modules de Young des matériaux constitutifs. On donnera au

U E
Q
chapitre X (§ 5.3) un encadrement valable pour Ea en toute généralité dès que la proportion

N
relative des deux matériaux constitutifs est connue, indépendamment de leur distribution
I
H
géométrique dans le solide. Celui-ci fournirait dans le cas présent la valeur approchée par

C
1 1

TE
défaut : (α2 0 + (1 − α2 ) 00 )−1 .
E E

LY
PO
IX.6 - Compression d’un échantillon en matériau anisotrope. Étudier, dans
l’hypothèse des petites perturbations, l’équilibre d’un solide cylindrique d’axe Oz, de

L E
hauteur `, constitué d’un matériau homogène, linéairement élastique, orthotrope de

O
ÉC
révolution autour de la direction c (cf. chapitre VII, § 5.7), soumis à partir de l’état
initial naturel au chargement défini par :
Exercices 187

U E
• forces de masse nulles,
N IQ
• T d = 0 sur la surface latérale,

EC H
T
• T d = p ez en tout point de la section d’extrémité S0 (z = 0) ,

LY
• T d = −p ez en tout point de la section d’extrémité S` (z = `) , où p est une constante.

E PO
Éléments de réponse.

O L
• La solution est constituée du champ de contrainte homogène σ = −p ez ⊗ ez et du champ

ÉC
de déformation associé par la loi de comportement (formule 5.65 du chapitre VII,) écrite en
transformation infinitésimale : ce champ est lui aussi homogène donc intégrable.
• Plus précisément, en posant α = (c , ez ), en prenant a et ex dans le plan défini par c et ez ,
et en prenant b = ey , les trièdres (ex , ey , ez ) et (a , b , c) étant orthonormés directs on a :
p p p
σaa = − (1 − cos 2 α) , σac = σca = − sin 2 α , σcc = − (1 + cos 2 α) , autres σαβ = 0 ;
2 2 2
et par la loi de comportement
p 1 − cos 2 α ν 0 (1 + cos 2α)
 
εaa = − −
2 E E

E
0

U
p ν(1 − cos 2α) ν 0 (1 + cos 2 α)
 
εbb = − − −

IQ
2
 0 E E0

N
p ν (1 − cos 2α) 1 + cos 2 α


H
εcc = − − +

EC
2 E0 E0
p sin 2 α

T
εac = − , autres εαβ = 0 .

Y
2 2G

L
Commentaire.

PO
À partir des formules ci-dessus on peut calculer les composantes εij de ε dans la base
ex , ey , ez .

L E
Outre les composantes : εxx , εyy , εzz on trouve :

O
ÉC
p 1 − cos 2α 1 + (1 + 2 ν 0 ) cos 2 α cos 2 α
 
εxz = εzx = − sin 2 α − + ,
4 E E0 G
autres εij = 0 .
Si le matériau n’est pas isotrope on a εxz 6= 0 si α 6= 0 ou π/2. Cela signifie que la déformation
du cylindre se fait avec glissement (chapitre II, § 3.2) des directions orthogonales x et z :
autrement dit le cylindre « s’écrase » et « se déverse » sur le côté (pour p > 0) s’il est
sollicité hors de ses « axes d’orthotropie ». Ceci illustre la difficulté de la réalisation pratique
d’une expérience de compression simple, ou de traction simple (cf. Chapitre VII, § 2.2), sur
un échantillon en matériau anisotrope.

IX.7 - Effets thermiques. On considère un solide cylindrique d’axe Oz, de hau-


teur ` , de section droite circulaire S (rayon R), constitué d’un matériau homogène,
isotrope, thermoélastique linéaire. Ce solide, dans l’état initial naturel et avec une
distribution de température homogène T0 , est placé entre les plateaux d’une presse,
U E
supposés indéformables et parfaitement lisses, parallèles au plan Oxy. On donne un
déplacement ξzd = δ (δ < 0) au plateau supérieur, le plateau inférieur étant immobile,
N I Q
C H
tandis qu’une variation de température de la forme τ = τ0 f (r) à partir de T0 s’établit

TE
à l’intérieur du solide (par suite d’une modification des conditions aux limites sur T ) ;

LY
on suppose f continue et continûment différentiable pour 0 ≤ r ≤ R. Il n’y a pas de

PO
forces de masse. En supposant que la liaison au contact entre S0 ou S` et les plateaux

E
est persistante, déterminer les déplacements et les contraintes dans le cylindre.

O L
ÉC
188 Chapitre IX - Quelques problèmes classiques d’élasticité tridimensionnelle

U E
Éléments de réponse.
N IQ
EC H
• On peut transformer le problème posé en un problème d’élasticité isotherme (chapitre VIII,
§ 4.3). Pour ce problème en posant :

Y T
σ 0 = σ + k τ0 f (r) 1l

L
PO
df
ρ F 0 = −k τ0 e
dr r

E
et avec les conditions aux limites :

O L
T 0d = k τ0 f (R) er pour r = R ,

ÉC
Tx0d = Ty0d = 0 , ξzd = 0 sur S0 ,
Tx0d = Ty0d = 0 , ξzd = δ sur S`
(en faisant l’hypothèse que la liaison unilatérale sur S0 et S` est persistante).
• On cherche le champ de déplacement solution sous la forme ξ(x) = ξr (r) er + ξz (z) ez
qui dérive d’une fonction de déplacement ϕ (x) = α (r) + β (z) .
Les forces de masse dérivent du potentiel V 0 (x) : ρ V 0 (x) = k τ0 f (r) .
On tire de la formule (5.9) du chapitre VIII :
d2 α(r) 1 dα (r) d2 β (z)
(λ + 2 µ) ( 2
+ + ) = k τ0 f (r) + C .
dz 2

E
dr r dr

U
dβ (z)
D’où, compte tenu des conditions aux limites sur ξz (z) = :

IQ
Z rdz

N
dβ(z) δ dα(r) k τ0 1

H
ξz (z) = = z et ξr (r) = = Ar + u f (u) du
dz ` dr α +2µ r 0

EC
puisque σ , et donc ε , doivent être finis pour r = 0.

Y T
La détermination de A se fait à partir de la condition aux limites sur les contraintes pour
r=R :
L
PO
0 = λ div ξ + 2 µ ε
σrr 0
rr , σrr (R) = k τ0 f (R) ;

E
δ k τ0

L
div ξ = ∆ϕ = 2 A + + f (r)

O
` λ + 2µ

ÉC
Z R
µ k τ0 1 λ δ
A= u f (u) du − .
(λ + µ) (λ + 2 µ) R2 0 2(λ + µ) `
Les directions principales de σ sont er , eθ , ez et on a :
Z R Z r
1 −2ν 1 1
σrr = k τ0 ( u f (u) du − u f (u) du)
1 − ν R2 0
r2 0
Z R Z r
1 −2ν 1 1
σθθ = k τ0 ( u f (u) du + u f (u) du − f (r))
1 − ν R2 0
r2 0
Z R
δ 2 ν (1 − 2 ν) 1 1 − 2ν
σzz = E + k τ0 u f (u) du − k τ0 f (r) .
` 1−ν R2 0 1−ν
Commentaire.

E
• L’équation (2.27) du chapitre VIII montre que, sauf singularité thermique sur l’axe du
cylindre, l’équilibre thermique de ce solide n’est réalisé que lorsque la fonction f est constante
(on retrouve alors les résultats de Ex. IX.3). Les autres répartitions de τ correspondent à des

I Q U
situations transitoires.

H N
C
• Pour que la liaison sur S0 et S` soit persistante il faut et suffit que dans la solution précédente

TE
on ait σzz (r) ≤ 0 pour 0 ≤ r ≤ R. D’où, en désignant par r0 la valeur de r pour laquelle
τ0 f (r) est minimum, la condition σzz (r0 ) ≤ 0 :

LY
PO
Z R
δ k τ0 (1 − 2 ν) 1
≤ (f (r0 ) − 2ν 2 u f (u) du) .

E
` E 1−ν R

L
0

ÉC O
IX.8 - Traction simple en transformation finie. Dans l’expérience de traction
simple effectuée pour identifier la loi de comportement d’un caoutchouc ou d’un poly-
mère la dilatation λ selon la direction de traction peut atteindre des valeurs de l’ordre
Exercices 189

U E
N IQ
de 6 à 10. Une telle expérience doit donc être analysée en grandes déformations. Le

EC H
problème d’évolution isotherme est modélisé comme suit.

Y T
Éprouvette cylindrique constituée d’un matériau homogène, isotrope. Configuration

L
PO
initiale, de référence : longueur `0 , section S0 , axe OX. Configuration actuelle :
longueur `(t) = λ(t) `0 , pas de déplacement selon Ox de la section origine (x = 0).

O L E
Chargement :

ÉC
• forces de masse nulles,
• surface latérale libre de contrainte,
• sections d’extrémités lisses : contraintes tangentielles nulles sur ces sections.
Le matériau est supposé élastique, incompressible.

Déterminer la relation entre la force de traction Q(t) exercée sur l’éprouvette et la


dilatation λ(t) en fonction de l’expression ψ du potentiel thermodynamique (cf. Ex.
VII.10).

U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
L
Éléments de réponse.

O
ÉC
On utilise l’approche par les déplacements hors des hypothèses de linéarisation.
• L’homogénéité et l’isotropie du matériau, la forme des données, incitent à rechercher une
solution du problème d’évolution sous la forme d’une transformation homogène à chaque
instant :
x = λ X , y = λ2 Y , z = λ3 Z , λ2 = λ3 ,
qui satisfait évidemment les données en déplacement. (λ et λ2 sont des fonctions de t dont on
ne fait plus apparaître explicitement la dépendance pour alléger les formules). On a alors :
F = λ ex ⊗ ex + λ2 (ey ⊗ ey + ez ⊗ ez ) .
L’incompressibilité du matériau permet de déterminer λ2 :
det F = λ λ22 = 1 ⇒ λ2 = λ−1/2 .
• On utilise les résultats de Ex.VII.10 pour exprimer la loi de comportement élastique.
OX , OY , OZ sont directions principales de e(X), donc de π(X). Elles sont ici invariantes

E
dans le transport convectif : σ(x) admet Ox , Oy et Oz comme directions principales.
σ(x) = σ1 (x) ex ⊗ ex + σ2 (x) ey ⊗ ey + σ3 (x) ez ⊗ ez .

I Q U
N
∂ψ

H
σ1 (x) = λ1 ρ0 (λ , λ−1/2 , λ−1/2 ) + η (x) ,

C
∂λ1

TE
∂ψ
σ2 (x) = λ2 ρ0 (λ , λ−1/2 , λ−1/2 ) + η (x) ,

Y
∂λ2

σ3 (x) = λ3 ρ0
∂ψ
∂λ3
PO L
(λ , λ−1/2 , λ−1/2 ) + η (x) .

O L E
ψ étant symétrique en λ1 , λ2 , λ3 on a :
∂ψ
∂λ2
(λ , λ−1/2 , λ−1/2 ) =
∂ψ
∂λ3
(λ , λ−1/2 , λ−1/2 ) .

ÉC
Le scalaire η (x) est laissé indéterminé en chaque point par la loi de comportement.
• Équations d’équilibre.
div σ = 0 ⇒ grad η = 0 sur Ωt : le champ σ est donc constant.
190 Chapitre IX - Quelques problèmes classiques d’élasticité tridimensionnelle

U E
N IQ
Les conditions aux limites sur les sections d’extrémités sont satisfaites car Ox est direction

EC H
principale pour σ . Les conditions aux limites sur la surface latérale déterminent η en fonction
de λ :
η = −λ−1/2 ρ0
∂ψ

LY T
(λ , λ−1/2 , λ−1/2 ) .

PO
∂λ3
Le champ σ est homogène, uniaxial :

O L E
σ = ρ0 (λ
∂ψ
∂λ1
(λ , λ−1/2 , λ−1/2 ) − λ−1/2
∂ψ
∂λ3
(λ , λ−1/2 , λ−1/2 )) ex ⊗ ex .

ÉC
• La force de traction Q(λ) est donnée par Q(λ) = S σ1 où S = S0 /λ d’où :
∂ψ ∂ψ
Q(λ) = S0 ρ0 ( (λ , λ−1/2 , λ−1/2 ) − λ−3/2 (λ , λ−1/2 , λ−1/2 )) .
∂λ1 ∂λ3
En posant w(λ) = ρ0 ψ(λ , λ−1/2 , λ−1/2 ) ,
dw (λ)
il vient : Q(λ) = S0 .

• Cette formule générale valable pour tout matériau élastique, isotrope, incompressible, peut
notamment être appliquée aux divers modèles de comportement examinés dans Ex.VII.11.
Les résultats correspondants sont représentés sur la figure : on a identifié les comportements

E
linéarisés donnés par chacun de ces modèles (les courbes ont toutes la même tangente ini-

U
IQ
tiale de pente 3) en adoptant pour les modèles de Mooney-Rivlin et de Ogden les valeurs
numériques données dans Ex.VII.11.

H N
• La validation expérimentale de ces modèles (expérience de L.R.G. Treloar par exemple) fait

EC
apparaître que le modèle d’Ogden à trois termes permet de rendre compte convenablement

T
de l’inflexion caractéristique de la courbe de traction simple du caoutchouc ; le modèle de

Y
Mooney-Rivlin, et même le modèle Néo-Hookien très simple, peuvent aussi être utilisés avec
profit.

PO L
O L E
ÉC

U E
N I Q
C H
Commentaire.

LY TE
On constate sur cet exemple, comme indiqué au chapitre VII (§ 4.3), que l’indétermination

PO
laissée au niveau local par la loi de comportement est levée dans la résolution du problème par

E
la prise en compte de toutes les équations dont celle de la liaison interne d’incompressibilité :

L
le champ η est déterminé. On remarque aussi la conformité de la démarche suivie avec le

ÉC O
schéma de résolution donné sur la figure 3 du chapitre VIII. (Bien noter que les équations
de la statique pour σ sont écrites sur la configuration actuelle). Une analyse tout à fait
semblable permettrait d’étudier la traction équi-biaxiale, expérience utilisée elle aussi pour
l’identification des lois de comportement du caoutchouc et des polymères : l’échantillon a
Exercices 191

U E
N IQ
la forme d’un élément de plaque épaisse carré, ses faces supérieure et inférieure sont libres

EC H
de contrainte tandis que l’on impose normalement aux faces latérales des élongations égales
(une sollicitation de ce type, mais non homogène, est analysée dans Ex. IX.9).

LY T
PO
IX.9 - Expansion d’une enveloppe sphérique en transformation finie. On
considère une enveloppe dont les rayons intérieur et extérieur dans la configuration

L E
initiale de référence sont A et B, et qui est constituée d’un matériau homogène,

O
isotrope, élastique, incompressible. Étudier le problème d’évolution correspondant au

ÉC
gonflement de cette enveloppe lorsqu’elle est soumise à l’extérieur à une pression
constante pe et à l’intérieur à une pression pi (t) croissant à partir de pe . Donner en
particulier la relation entre pi (t) et le paramètre géométrique λ(A, t) = a(t)/A où a(t)
désigne le rayon intérieur de l’enveloppe dans la configuration actuelle, en fonction
de l’expression ψ du potentiel thermodynamique du matériau (cf. Ex. VII.10). Cas du
matériau Néo-Hookien (cf. Ex. VII.11). Cas de l’enveloppe «mince».

E
Éléments de réponse.

IQ U
• L’homogénéité et l’isotropie du matériau, la forme des données, incitent à rechercher une
solution du problème d’évolution sous la forme d’une transformation purement radiale à
chaque instant.

H N
EC
OM = λ (R) OM 0 où R = | OM 0 | (O : centre de l’enveloppe sphérique). (On ne fait
plus apparaître explicitement la dépendance en t).

Y T
Désignant par (R , Θ , Φ) et (r , θ , ϕ) respectivement les coordonnées sphériques de M0 et

L
M , et par (eR , eΘ , eΦ ) et (er , eθ , eϕ ) les bases locales orthonormées en M0 et M , on a :

PO

E
F (R , Θ , Φ) = (R + λ) er ⊗ eR + λ (eθ + eΘ + eϕ ⊗ eΦ )

L
dR

O
= λ1 (R) er ⊗ eR + λ2 (R) eθ ⊗ eΘ + λ3 (R) eϕ ⊗ eΦ

ÉC
où er = eR , eθ = eΘ , eϕ = eΦ car les bases en M0 et M sont parallèles.
• L’incompressibilité du matériau permet de déterminer λ (R). On a :
dλ d
det F = λ3 (R) + R λ2 (R) = λ2 (R) (R λ (R)) = 1 , d’où :
dR dR
A 3
λ (R) = (1 + 3 (λ3 (A) − 1))1/3
R
λ1 (R) = λ−2 (R) , λ2 (R) = λ3 (R) = λ (R)
(conservation du volume de l’enveloppe sphérique de rayons A et R dans κ0 , a et r dans κt ) .
• On utilise les résultats de Ex.VII.10 pour exprimer la loi de comportement élastique.
eR , eΘ , eΦ sont directions principales de e et π en M0 . Elles sont transportées convective-
ment selon les directions er , eθ , eϕ , parallèles qui sont principales pour σ en M :
σ(x) = σ1 (x) er ⊗ er + σ2 (x) eθ ⊗ eθ + σ3 (x) eϕ ⊗ eϕ ,
∂ψ −2

U E
Q
σ1 (x) = λ−2 (R) ρ0 (λ (R) , λ (R) , λ (R)) + η (r , θ , ϕ) ,

I
∂λ1

σ2 (x) = λ (R) ρ0
∂ψ −2
(λ (R) , λ (R) , λ(R)) + η (r , θ , ϕ) ,
H N
C
∂λ2

TE
∂ψ −2

Y
σ3 (x) = λ (R) ρ0 (λ (R) , λ (R) , λ (R)) + η (r , θ , ϕ) .

L
∂λ3

PO
ψ étant symétrique en λ1 , λ2 , λ3 on a :

E
∂ψ −2 ∂ψ −2
(λ (R) , λ (R) , λ(R)) = (λ (R) , λ (R) , λ (R)) .

L
∂λ2 ∂λ3

ÉC O
Le champ scalaire η (r , θ , ϕ) est laissé indéterminé par la loi de comportement.
• Équations d’équilibre.
div σ = 0 en coordonnées sphériques fournit :
∂η(r , θ , ϕ)
= 0 et
∂η(r , θ , ϕ)
=0;
∂θ ∂ϕ
192 Chapitre IX - Quelques problèmes classiques d’élasticité tridimensionnelle

U E
η n’est donc fonction que de r .
N IQ
Puis en remarquant qu’ici :

EC H
1
r
LY T
(2 σrr − σθθ − σϕϕ ) = −
1 dw
R dλ (R)

PO
où l’on a posé w (λ) = ρ0 ψ (λ−2 , λ , λ) , il vient par la première équation d’équilibre :

E
O L
Å ã
d ∂ψ −2 dη 1 dw

ÉC
λ−2 (R) ρ0 (λ (R) , λ(R) , λ(R)) + − =0.
dr ∂λ1 dr R dλ(R)

En posant H (R) = η (r) = η (R λ (R)) et compte tenu de dr/dR = λ−2 (R) :


Å ã
dH d ∂ψ −2 1 dw
(R) = − λ−2 (R)ρ0 (λ (R) , λ (R) , λ (R)) + .
dR dR ∂λ1 R λ2 (R) dλ (R)
Les conditions aux limites s’écrivent :
∂ψ
pour r = a , R = A : λ−2 (A) ρ0 (A) + H (A) = −pi

E
∂λ1

pour r = b , R = B : λ−2 (B) ρ0


∂ψ
(B) + H (B) = −pe .

IQ U
N
∂λ1

EC H
• Le champ η(r) , ou H(R) , est ainsi déterminé en fonction du paramètre géométrique λ(A).
En effet λ(A) étant donné, la fonction λ (R) est connue et H (R) est déterminé par intégration

T
de l’équation différentielle à partir de la condition aux limites pour R = B.

LY
En effectuant le changement de variable (licite) R 7→ λ (R) :

E PO λ(R)
Z
∂ψ dw dλ

L
H (R) = −pe − λ−2 (R) ρ0 (R) + ( ) .
∂λ1 dλ 1 − λ3

O
λ(B)

ÉC
Ceci détermine, par la condition aux limites pour R = A, la valeur de la pression intérieure
pi correspondant à λ (A) :
Z λ(A)
dw dλ
pi = pe + ( )
λ(B)
dλ λ3 − 1

A3 3
où w (λ) = ρ0 ψ (λ−2 , λ , λ) et λ3 (R) = 1 + (λ (A) − 1) .
R3
• Pour le matériau Néo-Hookien
µ
w(λ) = ρ0 ψ (λ−2 , λ , λ) = (λ−4 + 2 λ2 − 3) .
2
Z λ(B)
1 + λ3
D’où : pi = pe − 2 µ
λ5
dλ ,

U E
Q
λ(A)

1 1 2 2

N I
H
pi = pe + µ ( 4 − + − ).
2 λ (B) 2 λ4 (A) λ (B) λ (A)

TE C
• Dans le cas d’une enveloppe mince, (B − A)/A = α  1, on obtient au 1er ordre en α :
1 dw

LY
PO
pi ' pe + α (λ (A)) .
λ2 (A) dλ

E
1 1

L
• Pour le matériau Néo-Hookien : pi ' pe + 2 µ α( − 7 ).

O
λ (A) λ (A)

ÉC
1 1
La fonction ( − 7 ) est monotone croissante à partir de la valeur 0 pour λ = 1 jusqu’à son
λ λ
maximum atteint pour λ = λcr = 71/6 = 1, 383. Elle est ensuite décroissante.
Exercices 193

U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC
Commentaire.
Au début de l’évolution, lorsque λ(A) est voisin de 1 , on se trouve dans le cadre de l’hypothèse

E
des petites perturbations permettant la linéarisation. La relation obtenue dans le cas du

U
matériau Néo-Hookien par exemple se linéarise en (pi −pe ) ' 4µ(1−A3 /B 3 )(λ(A)−1) et l’on

IQ
vérifie que ce résultat est identique à celui (6.12, 6.13) du paragraphe 6.2 : en effet, le matériau

N
étant incompressible, la constante de Lamé λ est infinie ; en outre, la constante matérielle

H
µ du modèle Néo-Hookien est identifiée comme le module de cisaillement en transformation

EC
infinitésimale (cf. Ex. VIII.11). Pour l’enveloppe sphérique mince on a mis en évidence qu’au

T
delà de cette période linéaire l’expansion nécessite une pression croissante tant que λ (A) <

Y
λcr ' 1, 383 ; au delà de λcr l’expansion se poursuit sous pression décroissante. On devra

PO L
donc contrôler la pression durant l’opération de gonflage pour éviter une instabilité : ce
problème modélise par exemple l’expansion d’un ballon de baudruche pour lequel ce type

E
d’instabilité est bien connu. L’étude numérique de la correspondance entre λ(A) et (pi − pe )

L
pour diverses valeurs du paramètre A/B correspondant à une enveloppe sphérique épaisse

O
ÉC
montre la persistance du phénomène mis en évidence pour l’enveloppe mince.

A (pi − pe )cr A
λcr '
B µ B−A
0,98 1,39 1,25
0,9 1,43 1,30
0,7 1,64 1,52
0,5 1,83 1,63

La formule générale établie pour (pi −pe ) en fonction de λ(A) permet l’étude du problème avec
d’autres modèles de comportement isotrope, élastique, incompressible tels que ceux examinés
dans Ex.VII.11.
La perte d’unicité de la correspondance entre pi (t) et λ(A, t) illustre les considérations du
chapitre VIII (§ 1.3 et 3.1). On voit en particulier que la donnée de la sollicitation pi (t) ne

U
permet pas de définir le problème d’équilibre thermoélastique à cet instant sans connaître
E
Q
l’évolution antérieure.

N I
C H
IX.10 - Torsion en transformation finie. On étudie le problème d’évolution cor-

TE
respondant à la torsion d’une barre cylindrique de section circulaire, posé comme au

LY
chapitre VIII (section 7), hors de l’hypothèse des petites perturbations. On désigne

PO
par L et A la longueur et le rayon de la barre dans la configuration initiale de réfé-

E
rence (état naturel). Le matériau constitutif est élastique, isotrope, incompressible :

L
son comportement est défini par le matériau Néo-Hookien (cf. Ex. VII.11). En recher-
O
ÉC
chant une solution en déplacement semblable à celle obtenue en petites perturbations,
déterminer les efforts à exercer sur les bases pour réaliser cette expérience. Préciser
l’hypothèse de la transformation infinitésimale et commenter.
194 Chapitre IX - Quelques problèmes classiques d’élasticité tridimensionnelle

U E
Élément de réponse
N IQ
EC H
• L’homologue en transformation finie de la solution en déplacement trouvée pour la barre
de section circulaire (chapitre VIII, § 7.6) s’écrit en coordonnées cylindriques :

Y T
r = R , θ = Θ + α Z , z = Z , (OZ et Oz suivant l’axe de la barre)

L
PO
où (R, Θ, Z) désignent les coordonnées dans la configuration initiale de référence, et (r, θ, z)
les coordonnées dans la configuration actuelle chargée.

O L E
On en déduit :
F (R, Θ, Z) = er ⊗ eR + eθ ⊗ eΘ + ez ⊗ eZ + α R eθ ⊗ eZ

ÉC
en introduisant les bases locales orthonormées en M0 et M (cf. Ex. II.6 pour la méthode).
On vérifie que det F (R, Θ, Z) = 1 (invariance du volume) par le calcul de C =t F . F , ou
en remarquant que :
F (R, Θ, Z) = U (R, Θ, Z) . (1l + α R eΘ ⊗ eZ )
avec U (R, Θ, Z) = er ⊗ eR + eθ ⊗ eΘ + ez ⊗ eZ .
• Avec le modèle Néo-Hookien la loi de comportement s’écrit (cf. Ex. VII.11) :
σ = µ F . tF + η 1l avec det F = 1 , η scalaire arbitraire.
Ici, avec l’expression trouvée pour F dans la transformation choisie :

U
σ (r, θ, z) = µ (1l + α r (eθ ⊗ ez + ez ⊗ eθ ) + α2 r 2 eθ ⊗ eθ ) + η (r, θ, z) 1l
E
IQ
où le champ η est laissé indéterminé.

N
• Équations d’équilibre :
div σ = 0 en coordonnées cylindriques fournit

EC H
T
∂η ∂η ∂η
(r, θ, z) = 0 , (r, θ, r) = 0 , (r, θ, z) = µ α2 r .

Y
∂θ ∂z ∂r

PO L
Les conditions aux limites sur la surface latérale s’écrivent σ (r, θ , z) . er = 0 pour r = A ,
ce qui achève de déterminer le champ η :

L E
η (r) = µ (α2

O
r 2 − A2
2
− 1) d’où :

ÉC
r 2 − A2
σ (r, θ, z) = µ α r (eθ ⊗ ez + ez ⊗ eθ ) + µ α2 1l + µ α2 r 2 eθ ⊗ eθ .
2
• On a construit une solution du problème correspondant aux conditions aux limites suivantes
sur les sections d’extrémités.
r 2 − A2
Pour z = L : Trd = 0 , Tθd (r) = µ α r , Tzd (r) = µ α2 ;
2
d’où les éléments de réduction du torseur résultant :
π A4
couple de torsion : C = µ α e = µ α J ez ,
2 z
π A4 J
effort normal (compressif) : Z = −µ α2 e = −µ α2 ez .
4 z 2
Pour z = 0 : conditions opposées.
• Transformation infinitésimale et déformation infinitésimale.
La transformation infinitésimale impose deux conditions :

U E
Q
k ∇ξ k  1 ⇒ | α Z |  1 pour 0 < Z < L ⇒ | α L |  1
et | α R |  1 pour 0 < R < A ⇒ | α A |  1 .
N I
C H
La déformation infinitésimale k e k  1, ne nécessite que la condition | α A |  1 .

TE
Sous cette condition σ (r, θ, z) se réduit à son premier terme :

LY
σ (r, θ, z) ' µ α r (eθ ⊗ ez + ez ⊗ eθ ) .

PO
Il est commode, pour apprécier les ordres de grandeur de C et Z, d’écrire, en désignant par

E
S la section de la barre :

L
µS A µS

O
C = (α A) ez , Z = −(α A)2 e
4 z

ÉC
2
qui montrent que Z est alors du deuxième ordre.
Exercices 195

U E
Commentaire.
N IQ
EC H
Dans le cas de la déformation finie on a mis en évidence la nécessité d’exercer un effort axial
compressif, appliqué selon la distribution parabolique Tzd (r) pour la solution homologue de

Y T
celle trouvée pour la barre de section circulaire dans l’hypothèse des petites perturbations :

L
absence de gauchissement, et de toute dilatation selon Oz. Cet effet du second ordre est

PO
connu sous le nom « d’effet Poynting ». Il signifie aussi, qu’en l’absence d’effort axial, la

E
torsion d’une barre à section circulaire en déformation finie produirait un gauchissement et

L
une dilatation axiale. (Pour les raisons indiquées au chapitre VIII (§ 7.6), ce gauchissement

ÉC O ne pouvait être du premier ordre).


On rappelle que pour le modèle Néo-Hookien la constante matérielle µ peut être identifiée
sur l’expression linéarisée de la loi de comportement correspondante qui s’écrit : σ = 2 µ ε +
ω 1l ; µ représente le module de cisaillement de ce matériau incompressible en transformation
infinitésimale. On remarque que la contrainte de cisaillement σθz = σzθ conserve la même
expression en transformation finie que dans la solution « H.P.P. », α représentant la rotation
différentielle. Le couple de torsion demeure proportionnel à la rotation différentielle en
transformation finie : C = (µ J) α. Les déformées des fibres sont des hélices circulaires d’axe
Oz. L’hypothèse des petites perturbations ajoute, aux conditions | α L |  1 et | α A |  1
de la transformation infinitésimale, la condition « α L A petit » des petits déplacements (cf.

E
chapitre VIII, § 7.2).

IQ U
Les résultats obtenus retrouvent et généralisent au cas de la déformation infinitésimale,
hors des hypothèses de la transformation infinitésimale et des petits déplacements, ceux

N
trouvés en « H.P.P. » pour les contraintes et les efforts. L’hypothèse d’incompressibilité du

H
EC
matériau n’est évidemment pas restrictive dans cette conclusion car la solution construite en
H.P.P. n’implique aucune variation de volume.

Y T
Le même résultat peut être établi pour une barre de section quelconque, de la façon suivante.

L
Recherchant la solution sous la forme r = R , θ = Θ + α Z , z = Z + α ϕ (R, Θ), on

PO
montre qu’en déformation infinitésimale la fonction de gauchissement ϕ est déterminée, dans
∂ϕ

E
la configuration initiale de référence, par les mêmes équations ∆ϕ = 0 sur S0 et =

L
∂N

O
(N ∧ OM 0 ) . eZ sur ∂S0 établies dans l’hypothèse des petites perturbations.

ÉC

U E
N I Q
C H
LY TE
E PO
O L
ÉC
U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC

U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC

U E
N I Q
C H
LY TE
E PO
O L
ÉC
U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
Chapitre X
ÉC
Approches variationnelles
en thermoélasticité linéarisée
U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC
MOTS CLÉS

Champs de déplacement cinématiquement admissibles.


Champs de contrainte statiquement admissibles.
Dualisation. Théorème des travaux virtuels.
Convexité. Principes variationnels.
Minimum de l’énergie potentielle.
U E
Minimum de l’énergie complémentaire.
Unicité. Encadrement énergétique.
N I Q
Méthodes numériques. Approximation.
C H
TE
Formule de Clapeyron. Module apparent.

LY
Théorème de réciprocité.

PO
Champs d’autocontrainte. Inconnues hyperstatiques.

E
Paramètres de chargement. Théorème de Castigliano.

L
Théorème du potentiel minimum.
O
ÉC
197
U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC

U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC

U E
N I Q
C H
LY TE
E PO
O L
ÉC
Chapitre X – Approches variationnelles en thermoélasticité linéarisée 199

U E
N IQ
EC H
LY T
P O
E
En bref...
L
ÉCO
Les approches variationnelles du problème d’équilibre thermoélastique
linéarisé s’appuient sur deux arguments mathématiques essentiels : la dua-
lisation et la convexité. Le théorème des travaux virtuels exprime la dua-
lisation des équations de l’équilibre écrites sur la configuration initiale de

E
référence en utilisant, comme champs de vitesse virtuels, des champs de

néarisée correspondante.
IQ U
déplacements définis sur la configuration initiale avec la déformation li-

H N
EC
La loi de comportement thermoélastique linarisée qui intervient dans le

LY T
problème dérive d’un potentiel strictement convexe, fonction du tenseur
des déformations linéarisé ou, de façon duale, du potentiel convexe conju-

PO
gué, fonction strictement convexe du tenseur ds contraintes de Cauchy

E
(section 1).

O L
ÉC
Deux principes variationnels simples caractérisent un champ de dépla-
cement et le champ de contrainte solutions du problème d’équilibre ther-
moélastique linéarisé par une propriété de minimum d’une fonctionnelle
convexe respectivement sur l’ensemble des champs cinématiquement ad-
missibles et sur l’ensemble des champs statiquement admissibles. Ainsi,
tout champ de déplacement solution rend minimale la fonctionnelle Éner-
gie potentielle sur les champs cinématiquement admissibles avec les don-
nées du problème. De même, le champ de contrainte solution rend mini-
male la fonctionnelle Énergie complémentaire sur les champs statiquement
admissibles. Il s’agit de deux principes variationnels duals ; les valeurs mi-
nimales des deux fonctionnelles, atteintes pour la solution du problème,
sont opposées (sections 2 et 3).

U E
Outre la démonstration des théorèmes d’unicité pour le champ de dé-
N I Q
H
placement (à un éventuel déplacement rigidifiant près) et du champ de

TE C
contrainte, solutions du problème, ces résultats conduisent aux méthodes
variationnelles de résolution. On explore l’un ou l’autre des ensembles des

LY
champs de déplacement cinématiquement admissibles ou des champs de

PO
contrainte statiquement admissibles et l’on y minimise la fonctionnelle ap-

O L E
propriée : c’est cette minimisation qui assure que le champ de contrainte
ou le champ de déformation, associé par la loi de comportement au champ

ÉC
minimisant trouvé, satisfait les équations de champ et les conditions aux
limites qui le concernent (sections 2 et 3).
200 Chapitre X – Approches variationnelles en thermoélasticité linéarisée

U E
N IQ
Les méthodes variationnelles permettent d’introduire le concept de so-

EC H
lution approchée. Elles sont exploitées analytiquement ou numériquement,

T
notamment par discrétisation comme dans la méthode des éléments finis.

Y
La mise en œuvre simultanée des principes variationnels sur les déplace-
L
PO
ments et sur les contraintes permet d’aboutir à un encadrement énergé-

E
tique de la solution (sections 3 et 4).

O L
Dans le cas particulier de l’équilibre isotherme à partir de l’état initial

ÉC
naturel, les expressions du potentiel élastique et du potentiel conjugué
sont des formes quadratiques homogènes ; l’énergie élastique du système
dans son état d’équilibre élastique s’obtient par la formule de Clapeyron,
tandis que le théorème de réciprocité exprime la symétrie qui existe entre
deux états d’équilibre distincts pour un même système (section 5).

L’ensemble des champs de contrainte statiquement admissibles pour le


problème est un espace affine dont l’espace des champs d’autocontrainte

U E
est l’espace vectoriel associé : les champs d’autocontrainte sont statique-

IQ
ment admissibles pour le problème avec des données statiques nulles. La

N
dimension de cet espace vectoriel définit le degré d’hyperstaticité du pro-
H
EC
blème. Le développement des champs d’autocontrainte sur une base définit

T
un système d’inconnues hyperstatiques (section 6).

LY
PO
Considérant, dans l’hypothèse des petites perturbations, un même sys-
tème soumis à des données statiques et cinématiques linéairement variables

L E
en fonction d’un nombre fini de paramètres de chargement et de déplace-

O
ÉC
ment, l’expression du travail virtuel des efforts extérieurs dans le théorème
des travaux virtuels fait apparaître le produit de chacun de ces paramètres
par son paramètre cinématique ou statique associé, qui se trouve ainsi dé-
fini (section 7).

Pour un tel système, constitué d’un matériau thermoélastique, le théo-


rème de Castigliano fournit l’expression de la loi thermoélastique qui ex-
prime le comportement global de ce système. Elle relie tous les paramètres
statiques (chargement) à tous les paramètres cinématiques (déplacement).
Elle s’exprime, de façon analogue à la loi de comportement thermoélastique
locale du matériau constitutif, au moyen d’un potentiel convexe. Dans les
mêmes conditions, le théorème du potentiel minimum permet de détermi-
ner les valeurs des inconnues hyperstatiques dans un état d’équilibre ther-
U E
moélastique : les inconnues hyperstatiques peuvent s’interpréter comme

N I Q
H
des paramètres de chargement supplémentaires dont les paramètres ciné-

(section 8).
TE C
matiques associés doivent être nuls dans l’état d’équilibre thermoélastique

LY
E PO
O L
ÉC
Chapitre X – Approches variationnelles en thermoélasticité linéarisée 201

U E
N IQ
EC H
Principales notations

LY T
E
Notation
PO Signification 1ère formule

O L
ÉC
σ0 champ d’autocontrainte initial (1.3)
ξ̂ champ de déplacement virtuel (1.10)
ε̂ déformation linéarisée associée à ξ̂ (1.10)
Λ tenseur des complaisances élastiques (1.21)
α tenseur des dilatations thermiques (1.21)
W(τ, ξ ) 0
énergie élastique de déformation de ξ 0
(2.10)
Φ(ξ ) 0
travail virtuel des données
U E (2.11)
en efforts dans ξ
IQ
HN
W(τ, ξ 0 ) − Φ(ξ 0 ) énergie potentielle de ξ 0 (2.12)
W (τ, σ )
∗ 0

T E C
énergie élastique de contrainte de σ 0
(3.8)

LY
travail virtuel des forces de surfaces engendrées (3.9)
∗ 0
Φ (σ )

O
par σ 0 dans les déplacements donnés
P
Ea
O L E
W∗ (τ, σ 0 ) − Φ∗ (σ 0 ) énergie complémentaire de σ 0
module apparent
(3.10)
(5.25)

ÉC hi
A(STi )
symbole de la moyenne volumique
espace vectoriel des champs
(5.29)
(6.2)
d’autocontrainte pour le problème
σa champ d’autocontrainte (6.3)
A(∂Ω) espace vectoriel des champs (6.6)
d’autocontrainte pour le système
X = (X1 , . . . , Xk ) vecteur des inconnues hyperstatiques (6.13)

W (τ, X ) 0
énergie élastique de contrainte, (6.14)
fonction de X 0
W ∗ (τ, X 0 ) − Φ∗ (X 0 ) énergie complémentaire,
U(6.16)
E
fonction de X 0

N I Q
Q = (Q1 , . . . , Qn )
q = (q1 , . . . , qn )
paramètres de chargement
paramètres cinématiques
E C H (7.16)
(7.16)

Y T
POL
A espace vectoriel des σ a S.A. avec Q = 0 (7.23)
W (τ, Q )
∗ 0
énergie élastique de contrainte, (8.5)

W ∗ (τ, Q0 , X 0 )
O E
fonction de Q0
L
énergie élastique de contrainte, (8.21)

ÉC fonction de Q0 et de X 0
202 Chapitre X – Approches variationnelles en thermoélasticité linéarisée

U E
N IQ
1
EC H
Méthodes directes et méthodes variationnelles . . . . . . 205

Y T
1.1 Rappel de la problématique . . . . . . . . . . . . . . . .

L
205

PO
1.2 Méthodes directes de résolution . . . . . . . . . . . . . . 208
1.3 Méthodes variationnelles : présentation . . . . . . . . . 208

O L E 1.4 Théorème des travaux virtuels . . . . . . . . . . . . . . 209

ÉC
1.5 Notions sur la convexité . . . . . . . . . . . . . . . . . . 210
1.6 Expressions de la loi de comportement thermoélastique
linéarisée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 213
2 Minimum de l’énergie potentielle . . . . . . . . . . . . . . 214
2.1 Convexité de C (Sξi , ξid ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . 214
2.2 Principe de minimum pour les déplacements . . . . . . . 215
2.3 Expressions explicites de l’énergie élastique de ξ 0 . . . . 218
2.4 Unicité de la solution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 218
2.5 Cas du matériau thermoélastique avec liaisons internes .

U E 219

IQ
3 Minimum de l’énergie complémentaire . . . . . . . . . . . 220

N
3.1 Convexité de S (F , STi , Tid ) . . . . . . . . . . . . . . . . 220

EC H
3.2 Principe de minimum pour les contraintes . . . . . . . . 220

T
3.3 Expressions explicites de l’énergie élastique de σ0 . . . . 223

LY
3.4 Unicité de la solution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 224

PO
3.5 Combinaison des principes de minimum pour les dépla-

E
cements et pour les contraintes . . . . . . . . . . . . . . 224

O L
3.6 Cas du matériau thermoélastique avec liaisons internes . 226

ÉC
4 Approches variationnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . 227
4.1 Réciproques des principes de minimum . . . . . . . . . . 227
4.2 Méthodes variationnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . 229
5 État initial naturel, équilibre isotherme . . . . . . . . . . 234
5.1 Expressions de l’énergie élastique . . . . . . . . . . . . . 234
5.2 Formule de Clapeyron . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 236
5.3 Exemple d’application : module apparent d’un cylindre
hétérogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 237
5.4 Théorème de réciprocité de Maxwell-Betti . . . . . . . . 240
6 Champs d’autocontrainte. Théorème du potentiel mi-
nimum . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 242
6.1 Champs d’autocontrainte . . . . . . . . . . . . . . . . .

U
242
E
6.2 Minimum de l’énergie complémentaire, théorème du po-

N
tentiel minimum . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
I Q 244

C H
6.3 Commentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 245

TE
7 Problème paramétré . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 247

LY
7.1 Objectifs de l’étude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 247

PO
7.2 Champs statiquement admissibles et champs cinémati-

E
quement admissibles pour le problème paramétré . . . . 247

O L
7.3 Champs d’autocontrainte pour le problème paramétré . 250

ÉC
7.4 Exemples de problèmes paramétrés . . . . . . . . . . . . 251
8 Théorèmes de l’énergie pour les problèmes paramétrés . 256
8.1 Théorème de Castigliano . . . . . . . . . . . . . . . . . 256
Chapitre X – Approches variationnelles en thermoélasticité linéarisée 203

U E
IQ
HN
8.2Théorème du potentiel minimum . . . . . . . . . . . . . 260

C
8.3Équilibre isotherme et état initial naturel en élasticité

T E
linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Y
264

L
9 Pour conclure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 265

P O
10 Note historique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 266

E
Récapitulatif des formules essentielles . . . . . . . . . . . . . 269

O L Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 274

ÉC

U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC

U E
N I Q
C H
LY TE
E PO
O L
ÉC
U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC

U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC

U E
N I Q
C H
LY TE
E PO
O L
ÉC
1 – Méthodes directes et méthodes variationnelles 205

U E
N IQ
C H
Approches variationnelles
E
L Y T linéarisée
en thermoélasticité
O
P
OL E
ÉC
1 Méthodes directes et méthodes variationnelles

1.1 Rappel de la problématique

E
Au chapitre VIII, après la définition de l’évolution thermoélastique quasi-statique

U
IQ
d’un système, puis la description de la procédure de résolution correspondante, on

N
s’est intéressé à la linéarisation de ce problème au voisinage d’un état initial connu.

EC H
À partir de l’état initial naturel, cette linéarisation ramène le problème d’évolu-

Y T
tion au problème de l’équilibre thermoélastique du système, dans la configuration

L
PO
initiale, avec les valeurs actuelles des sollicitations. Les hypothèses de linéarisation
énoncées alors (chapitre VIII, § 3.3) décrivent le domaine de pertinence pratique de

L E
cette simplification considérable du problème qui permet, notamment, de traiter in-

O
dépendamment et préalablement le problème thermique, transformant ainsi le champ

ÉC
de température en une donnée du problème thermoélastique. En s’appuyant sur l’hy-
pothèse plus forte des petites perturbations (chapitre VIII, § 3.5), on aboutit au
même résultat à partir d’un état initial prrécontraint, qu’il soit autocontraint pour
le problème ou préchargé : les équations pour le champ de déplacement et pour le
champ de variation de contrainte à partir de l’état initial sont celles de l’équilibre
thermoélastique linéarisé avec pour données les variations de sollicitations.

De plus, on a vu (chapitre VIII, § 4.3) qu’une transformation simple permet dans


tous ces cas de se ramener à l’étude d’un problème isotherme. Cette propriété a été
mise à profit dans l’exposé des méthodes de résolution directes du problème d’équilibre
thermoélastique linéarisé au chapitre VIII.

U E
I Q
Enfin, il est essentiel de rappeleer l’importance de la forme des conditions aux

N
limites, dont la nature ne doit pas varier entre la configuration initiale et la configu-
ration actuelle sur les mêmes surfaces matérielles.
C H
Y TE
Le présent chapitre est consacré à la présentation de méthodes variationnelles
L
PO
pour la détermination des champs de contrainte et de déplacement, solutions d’un
problème d’équilibre thermoélastique linéarisé à partir d’un état initial naturel ou

L E
précontraint ; le champ de température est une donnée du problème. Les notations

O
ÉC
sont celles du chapitre VIII : σ 0 désigne le champ de précontrainte, qui est en équilibre
avec le champ de force de masse F 0 sur Ω0 et, sur STi (0), avec Ti0 composante du
vecteur contrainte engendré par σ 0 au contour (chapitre VIII, § 2.3).
206 Chapitre X – Approches variationnelles en thermoélasticité linéarisée

U E
N IQ
Les équations de ce problème, établies au chapitre VIII (§ 3.5), sont complétées par

EC H
l’équation de saut du champ σ, en tenant compte des équations d’équilibre satisfaites

T
dans la configuration initiale :

LY
E PO sur Ω0 ,
L
div σ + ρ0 F = 0

ÉC O [[ σ ]] . n = 0 sur Σσ

ρ = ρ0 (1 − div ξ) sur Ω0

σ − σ0 = A : ε − k τ sur Ω0

Ti = Tid sur STi = STi (0)

U E
IQ
ξi = ξid sur Sξi = SUi (0) .

H N
Y T EC
où l’on rappelle que, compte tenu de l’hypothèse faite sur l’état de précontrainte, les
tenseurs A et k sont relatifs à l’état naturel du matériau constitutif (cf. chapitre
VII, § 5.4).
PO L
O L E
Comme au chapitre VIII (§ 4.1), on simplifiera désormais l’écriture en ne faisant

ÉC
plus apparaître explicitement la référence à la configuration initiale par les notations
Ω0 , ∂Ω0 , ρ0 . L’ensemble des équations de champs et des conditions aux limites aux-
quelles on se référera dans la suite apparaît ci-dessous (1.1 à 1.7)) : équations écrites
sur la géométrie initiale avec la masse volumique initiale.

(1.1) div σ + ρ F = 0 sur Ω ,

(1.2) [[ σ ]] . n = 0 sur Σσ

(1.3) σ = σ 0 + A : ε − k τ sur Ω ;
U E
N I Q
H
(1.4) Ti = Tid sur ST i = STi (0)

(1.5) ξi = ξid sur Sξi = SUi (0) .


TE C
LY
PO
(1.6) STi ∪ Sxii = ∂Ω et STi = ∅, i = 1, 2, 3

(1.7)
O L E
ε = (grad ξ +t grad ξ)/2 sur Ω .

ÉC
La figure 1 schématise le problème ainsi posé
1 – Méthodes directes et méthodes variationnelles 207

U E
N IQ
EC H
LY T
E PO
O L
ÉC
Figure 1 – Équilibre thermoélastique à partir d’un état initial précontraint

Du point de vue des conditions mathématiques de régularité des champs concernés,


on se place dans le cadre général déjà discuté (chapitre VIII, § 4.2) :
U E
• champs de contrainte continus et continûment différentiables par mor-

N IQ
H
ceaux ,

EC
• champs de déplacement continus, continûment différentiables par mor-

LY T
ceaux , sur le volume Ω du système.

PO
Les définitions des champs de contrainte statiquement admissibles et des champs
de déplacement cinématiquement admissibles sont ainsi précisées.

O L E
ÉC
Champs de contrainte statiquement admissibles avec F et T di sur ST