Anda di halaman 1dari 503

BIBLIOTHÈQUE DES ÈCOLES FRA 'ÇAISES D'ATHÈNES ET DE ROME

FASCICULE DEUX CENT SOIXANTE DIX-HUIT

RECHERCHES SUR LE VOCABULAIRE


DE L'ARCHITECTURE GRECQUE,
D'APRÈS LES INSCRIPTIONS DE DÉLOS

PAR

Marie-Christine HELLMANN
Anckn ~mbrt! de l'Écoie!ronçoue d'AtM~$
ChercMtir au CNRS

ÈCOLE FRANÇAISE D'ATHÈNES


6, AUE DIDOT. 10680 ATllI::Nf:o:S

DSPOSITAIIIB:

DE SOCCARD tdilion-Diffu8ion
11, RUE DE M€:OICIS, 75006 PARIS

1992
.A~ide el yoOte, IIelon l'auteur. n'elIke pa. la
mtme chose! Je n'y entends Men. ~fli. pa_t.
J .~L. de CoI'ID8MOY, Diaurlalion .ur la monÎère
donl lu tgli.u doÎNnl l'~ MUu.. pour I/~
amrorm~. il l'Antifuilé tl il la 1H1I~ QrchÎla:lur~ (1714)
À la mémoire de Jean Hamburger
AVANT-PROPOS

Fruit. d'une fascination conjoinle pour l'architecture et pour les mols, née dans les années
1971-1975 lors des séminaires de M. Roland Martin à l'École Pratique des Hautes Études, celle
thèse de doctoral d'État soutenue en juin 1990 devant J'Université de Lyon II a éLé quelque
peu remaniée pour les besoins de la publication.
Ce m'est un agréable devoir de remercier vivement les membres de mon jury, qui ont tous
manifesté un grand intérêt pour ce travail MM. Georges Roux (rapporteur), Roland Étienne,
René Ginouvés, Georges Rougemont, Jacques Tréheux. Grâce à de multiples remarques failes
pendant une soutenance très animée, mais aussi par la communication d'importantes notes
complémentaires dans les mois qui ont suivi, ils m'ont permis de notablement améliorer le
manuscrit, en corrigeant des erreurs, en m'obligeant il préciser l'expression, il approfondir la
rénexion, ou en poussant il la suppression de développements non justifiés.
Nombreux sont ceux qui, il des titres divers, ont également droit à ma reconnaissance, car
ils ont encouragé la rédaction et la mise au point de cette thèse, qui connut bien des vicissi-
tudes en tout genre. Je songe d'abord il M. Pierre Gros, qui m'a accueillie en 1985 au sein du
laboratoire du C.N.R.S. qu'il dirige, l'Institut de recherche sur l'nrchitecture antique, et parmi
mes camarades de cette formation vivante et variée, je tiens il nommer tout particulièrement
Mme Marie-Françoise Billot, qui m'a toujours signalé telle inscription ou publication nouvelle,
a mis le doigt sur tel ou tel problème. Parmi les architectes, Philippe Fraisse a répondu sans
faille il mes demandes. Je songe aussi il M. Olivier Picard, directeur de l'École française
d'Athènes, qui s'est toujours enquis de l'avancement de cette thèse - et de mon activité en
général- avec beaucoup de bienveillance, avant d'accueillir le texte final dans une collection
de l'École. On trouvera au fil du livre, en note, les noms de plusieurs universitaires ou collègues
qui m'ont aidée ou conseillée sur des points particuliers; on verra aussi ce que je dois aux
analyses et aux avis de Mme Geneviève Husson, professeur il l'Université de Rouen, qui a
grandement facilité la mise en forme de mon travail, et son indispensable élargissement il la
papyrologie. Je n'aurai garde d'oublier tous ceux qui, scientifiques et informaticiens, m'ont
convaincue depuis de longues années de l'utilité d'un système de traitement informatique pour
une étude de ce genre, - et bien d'autres, au sein de ma famille; sans eux, sans leur soutien
constant, cette thèse n'aurait probablement jamais pu voir le jour.
A tous, y compris à ceux qui m'ont, un jour ou l'autre, simplement posé une question de
terminologie ou de technique architecturale, s'adresse ma vive gratitude.
Marie-Christine HELLMANN
Paris, décembre 1990
INTRODUCTION

BILAN DE PLUS DE CENT ANS


DE RECHERCHES EN LEXICOLOGIE ARCHITECTURALE

Il peut parait.re surprenant de s'intéresser au vocabulaire grec ancien de J'architecture:


que viennent faire les mots, m'a-t-on souvent. oppose, et avec eux la philologie et la linguis-
tique, dans un domaine où priment la forme et les réalités concrètes? Ne risque-t-on pas de
passer ainsi à côté de l'essentiel?
Pour cette raison, il n'est pas inutile de rappeler sur quoi se fonde notre connaissance de
l'architecture grecque antique: ce sont non seulement des édifices plus ou moins bicn conser-
vés, mais aussi des textes littéraires, papyrologiques et surtout épigraphiques, parmi lesquels
des devis, des cahiers des charges, des contrats d'adjudication et des comptes de construction,
qui reprennent, dans leur redoutable sécheresse, le langage des hommes de l'art - quand bien
même il serait quelque peu déformé par les tournures bureaucratiques. Les imlcriptions
contiennent des termes d'architecture inconnus en littérature (comme &:v"dlhilLIX, &p't"~À~e{lX,
7t"p06upwv), un nombre important d'hapax ou de mots rares; ellcs permettent de suppléer les
lacunes de l'information matérielle, et même d'envisager, à la limite, une reconstitution de
bâtiments dont rien n'était resté jusqu'à ces derniers temps, ainsi qu'en témoigne l'exemple de
l'Arsenal du Pirée. Il est en tout cas certain que si l'on veut réellement connaître le vocabu-
laire, pour ne pas dire le jargon, des gens du métier, architectes et artisans de l'Antiquité, on
l'approchera avec plus de sûreté dans les textes épigraphiques que dans les oeuvres littéraires,
surtout celles des Tragiques ou des Poétes, où il est souvent l'objet de glissements de sens. Dans
les éditions de textes littéraires, les contresens sur l'emploi d'un terme d'architecture sont
nombreux, alors qu'une meilleure connaissance de l'utilisation épigraphique du mot aiderait
souvent à distinguer le sens premier, technique, d'une évenluelle image poétique.
Nécessitant des compétences el des curiosités multiples, le vocabulaire architectural grec
n'est donc pas un domaine d'accès facile 1. Si l'idée de vouloir établir un lexique des termes
d'architecture du grec ancien n'est pas neuve, du moins l'expérience a-t-elle rarement été

(1) Un exemple parmi d'outres: au milieu dU1Y' eiècle av. J.-C., le devie/D, 507, pre!ICrit leequalitéeexigêee dee
pierres que l'on doillivrer. 11 est dit que la pierre doit être, entre autree, b6ÀÀl'jTO<; : oyant de traduire eponl..llnémellt
par .non recollée t, on Ile souviendra que lonqu'une pierre eet ca!lllée, l'habitude gre<:que eet de réajueter la partie
monquante avec un goujon. Voir il ee eujet notre rubrique 16@,,<Xrl'o~, infra.
-,-
tentée et, à ce jour, une seule fois menée jusqu'à son terme. Pourtant, quel etudiant, quel
traducteur d'un écrivain grec n'a pas un jour ou l'autre bute sur un de ces termes techniques',
dont Je sens est loin d'être êvident? Mais il est peu d'helh~nistes suffisamment familiers avec
J'art de la construction, eL on saurait d'autant moins le leur reprocher que les architectes
hellénistes sonL cer18inemenL encore moins nombreux. Et bien que l'enseignement de l'épi·
graphie grecque aiL loujours tenu en France une place d'honneur, l'école épigraphique fran-
çaise a généralement hésite li marcher sur les traces des tailleurs de pierre, malgré les injone·
Lions eL J'exemple de personnalilks telles que Louis Robert, et a le plus souvent préréré, à
l'ombre des bibliothèques, les ètudes prosopographiques, financières ou institutionnelles. Quant
il l'enseignement universitaire de l'architecture grecque, ce n'est qu'avec Roland Martin,
maniant également des connaissances techniques et philologiques, qu'il eut tout à rait droit de
cité, comme spécialité il part entière.
Malgré ces embûches, quelques érudits m'ont prècédee dans la voie choisie, et leur
exemple m'a encouragée il poursuivre. Il est juste de les citer, d'autant plus que beaucoup
d'entre eux sont mal connus, ou du moins ne sont pas appréciés il leur réelle valeur.

Les débuts.
Dès 1857, Th. L. DONALDsoN publiait il Paris, dans sa Collection des exemples tes plus
eslimés des portes monumentales de la Grèce el de t' /latie, un petit. Glossaire des termes employés
par Vitruve et autres écrivains anciens grecs et latins, relatir aux parties des porles monu-
mentales., glossaire dans l'ensemble solide. Mais il rallait élargir le champ de la recherche, et le
mérite en revint tout d'abord il H. BLÜMNBR, auteur d'une monumentale Technologie und
Terminologie der GewerlK und Kiimte bei Griechen und Romer, en cinq volumes parus de 1875 il
1886. Ce sont surtout les tomes 2 et 3 qui concernent la construction, avec une grande atten-
tion portée aux instruments et aux matériaux. L'intérêt de cette publication, qui malgré son
titre est de lecture relativement aisêe, et mérite Loujours d'être consullée, est amoindri par le
rait qu'elle se ronde presque uniquement sur des textes littéraires, très peu de textes épi-
graphiques ayant pu êlre pris en considérat.ion il celte date. Le poinl de vue est donc souvent
raussè, el en particulier, les pages consacrées aux carrières de pierre sonL dèsormais à revoir.
Car ce sonL bien les grandes découvertes épigraphiques du siècle dernier, plus exactemenl
celle d'une portion du devis du Temple de Zeus il Livadie, qui donnèrent. le véritable coup
d'envoi aux éludes de terminologie architecturale propremenl dite. Le sujet est Lout de suite
détriché par l'érudilion allemande, car il convienl bien a l'enseignement du lype .Altertums-
wissenschart., qui unil d'une manière indissoluble la philologie et l'archéologie. D'où cette
modeste c Disserlation. de 86 pages eL une planche en dépliant, rédigée en laLin par E. FABRI-
CIUS : De Archilectura graeca commentationes epigraphicae (1881). Dans sa prétace, J'auteur
dresse une liste, évidemment brève, des inscriptions architecLurales grecques alors connues, el
c'est le devis de Livadie, découvert en 1875, qui serl ensuite de prétexte il un développement
approrondi : reprise de la première édition, signée de Koumanoudis, puis commentaire, élargi il
des considérations générales sur l'administration des travaux publics chez les Grecs, enfin index
du vocabulaire grec. Il n'y a aujourd'hui plus grand chose il tirer de ce travail de pionnier, sans
grande prétentionS.

(2) Surtout li l'on prend l'exprellllion dennes d·,rehit.ecturet au 5C:n. large: il raut ,Ion considérer, en plu. des
mots touchant. 1. eonstruction proprement dite (chambre, pioche, parpaing, unal...), tout œux qui .'appliquent aux
conditions d'engagement detl travaux publia, au syctéme detl paiements et des adjudication•.
(3) Alors que l'article conl3cré par Fabricius' ce qui sera ID, rxn, danl Jlermu 17 (1882), p. 1 sq., vaull. peine
d'Hre relu; celte revue reproduit aussi, p. 569-b94, IJOn édilion commentée du devis de l'Arsenal du Pirée.
-3-
On n'en saurait dire autant, de la grande monographie que publia ft peu près au même
moment l'ingénieur des Ponts et Chaussées A. CHOISY: Études épigraphiques sur L'archilecture
grecque (1884). Sur 233 pages, il s'atlache principalement à quatre inscriptions, dont deux ont
souffert, selon lui, d'avoir fait jusqu'à présent l'objet de commentaires plus philologiques que
techniques. La formation de l'auteur explique les positions prises, tres dirrérentes de celles des
savants qui l'ont précédé (et qui suivront) : le texte grec est reproduit et traduit en français
sans discussion philologique, et le commentaire, où domine l'intérêt pour les questions de
charpenterie et de proportions, ainsi que pour les clauses financières, a pour but une restitution
graphique. Aprés avoir ainsi décortiqué le devis de l'Arsenal du Pirée, l'inscription relative aux
murs d'Athènes, les comptes de l'Érechtheion, et le devis de Livadie·, seuls textes jugés tsUS-
ceptibles d'une interprétation un peu suivie., il donne une «notice analytique des principales
inscriptions relatives aux travaux de construction chez les Grecs., sans prétendre être
complet: il évoque rapidement des fragments de la comptabilité des Propylées et du Parthé-
non, celle d'Éleusis, les comptes de travaux aux abords d'un temple à Trézéne, pour un des-
sèchement à Érétrie, et un devis de Lesbos. Suivent un index (incomplet) du vocabulaire
technique, et deux pages d'ultimes rectifications, bien insuffisantes aux yeux des hellénistes,
tant il est vrai que, sur un lexte grec déjà mal établi, les fautes de traductions abondent,
malgré l'aide apportée par quelques spécialistes du grec ancien. Désireux de vÎser un large
public, contrairement à Fabricius, Choisy peut évidemment être critiqué sur bien des points de
détail il n'en demeure pas moins que pour la première fois ces textes austères sont rendus
accessibles à d'autres personnes que des universitaires, auxquels l'auteur s'attache à expliquer,
en un langage technique relativement clair, les particularités de la taille des pierres ou les
problèmes de toiture, Le livre de Choisy fait date, tout comme le personnage, également auteur
d'une Hisloire de {'architeclure parue en 1899, fera longtemps autorite : c'est encore à lui que
l'on doit une traduction et un commentaire, aujourd'hui toutefois dépassés, de la délicate
inscription ID, 504, qui concerne l'établissement d'un plafond à caissons, et il donnera en
même temps quelques prudentes remarques sur un texte très mutilé, relatif à l'aménagement
du théâtre de Délos, qui sera ID, 505 (BCR 29 [1005], p, 460-470).
Cette brillante tentative ne fera pas toutefois d'émules en France, De son côte, la philo-
logie allemande continue de marquer des points, grâce à H. LATTERMANN et ses Griechische
Bauinschri{ten (137 pages et 4 planches), publiées la même année que l'article« Baurechnungen
von Delos., dans le BCR 32 (1908), p. 279-302, où il commente ID, 366, Six inscriptions, pour
la plupart déjà connues, mais pour lesquelles l'auteur possède des données inédites, sont réédi-
tées et analysées, suivies d'un index des termes techniques, en grec et en allemand: l'inscrip-
tion relative au Prostoon d'Éleusis (= IG Il 2,1666), un cahier des charges d'Éleusis (= IG II·,
1670), une inscription athénienne concernant un édifice délien (= ID, 104-4), le devis de Liva-
die, des spécifications pour la construction d'un temple à Mytilène (lG XII 2, Il), et un décret
du même lieu, traitant d'un portique (lG XII 2, 14). L'auteur, qui a l'avantage d'une solide
formation épigraphique, a beaucoup travaillé avec Lacey D. CASKEY, lequel commence alors à
réunir les éléments d'un lexique des termes d'architecture, en vue de la publication des comp-
tes de construction de l'Erechtheion, qui aura lieu en 1927 dans le gros ouvrage de G. P. STE-
VENS, J. M. PATON, The Erechtheum (avec un index des termes grecs). Mais l'amorce de lexique

(4) Dont il donne une vel'!!ion plus complète dans le BClI 2Q (1896), p. 332-335. Comme j'utiliserai souvent le
devis de Livadie, c'est le lieu de signaler que les étapes de sa publication, complexe, ontètè résumèes par ROI.I::TIENNR
et D. KNOIlPPLER, llyeltrA de molie..., BCll Suppl. 111(1976), p. 337 : la partie publièe et commentèe par Fabricius en
1881 est la plus importante et correspond à TG VII, 3073 (_ Syl/Qgel, 91'2), viennent ensuite les fragments /G VII
3074-3076; BCT-12Q (1896), p. 318-335: BCf[ 64-65 (1940-1941), p. 37-40; il faut y joindre la restitution du plan du
temple (jamais achevè) d'après le devis, paT G. Roux, MUIlle/u 17 (1960), p. 175-184. AloI'!! que l'inscription Hait
jusqu'aloI'!! dlltèe de 175-172 av. J.-C., cette date attribuèe à l'archonte fèdéral Andronikos est maintenant remontée
par I::tienne et Knoepfler à 220.
-4-
rédigé par Caskey restera inédit; on peuL toutefois en consulter le manuscrit, donlles rubriques
onL relativement bien résiste à l'épreuve du temps, à l'American School of Classical Studies
d'Athènes. Quelques arlîcles de Caskey sont liés il celle tentative de lexique: celui consacré il
.The 'Melopon' in the ErechLheumt, dans AJA 12 (1908), p. 184-197 (avec B. H. HILL), et il
.The Roofed Gallery on the Walls of Alhenu, AJA 14 (1910), p. 298-309. Oès le départ appa-
rait donc nettement la diHlculté d'un lexique: Caskey achoppe sur les particularités locales et
chronologiques, !lur l'importance du contexte pour déterminer le sens d'un terme d'archilec·
Lure, sur le nombre eL la valeur des synonymies comme des polysémies, !Iur le recours fréquent
aux métaphores'; un lexique de ce t.ype pose de toute façon un problème de présentation dans
la mesure où le st.rict. respect. de l'ordre alphabétique gène l'appréciaUon de nombreux termes
qui devraient rester dans leur, famille. d'origine ou de fonct.ion pour èt.re mieux compris.

Des essais qui tournent court.

Et ce n'est. pas la tent.ative d'un professeur il l'Athénée royal de Chimay, S. KAYSER, avec
• La terminologie de l'architect.ure grecquet, dans le Musü Btlge 13 (1909), qui fera réellement
avancer la question. l::dilé en trois livraisons ou l'ordre alphabétique n'est. pas respecté, limite à
la leUre A, ce travail consciencieux, qui puise dans les inscriptions comme dans la liUérature,
el qui prend parfois l'architecture en un sens fort large (c'est. ainsi qu'il relève jusqu'à à.n:mVTt,
.en face de,), n'est. pas à la hauteur de ses ambit.ions : pour prendre un exemple parmi d'autres,
les rubriques &.6upo.;, &Y3pwv ou &.~l.;, qui mériteraient un certain développement, sont très
brèves, alors que l'auteur s'étend longuement. sur des verbes comme Œ'o'lXT{fh)f.l.~, dont. il est.
permis de penser qu'ils ne le méritent guère. Il commet en outre quelques erreurs de traduc-
tion : par ex. pour oixpwT1jpw'I et &VTL'lTM8l). Cette tentative avait été précédée d'une étude de
.L'inscription du temple d'Asclépios à l::pidaure., dans le même Musée Belge, t..5 (1901),
p. 235, t. 6 (1902), p. 152-158 ,\ 322-329, t. 7 (1903), p. 5-15, ,\ t. 8 (1904), p. 5-20, avec un
index des termes techniques; le tout est émaillé d'a priori et d'erreurs. Le t.ravail de Kayser
allait. de toule façon se trouver annulé par la parut.ion, dans les années suivantes, d'une nou-
velle et. importante. Dissertalion, allemande.
C'est. en effet. F. EBERT, un professeur de lycée, qui publia en 1911 ses Fachausdriickt dt&
gritchischtn Bauhandwerk& (60 pages et. un index des termes grecs). Très bien documente, pré-
senté d'une manière claire et logique, suivant l'ordre de la const.ruction, ce petit ouvrage qui va
droit. à l'essentiel n'a pas reçu en son temps auprès des èrudits français l'accueil qu'il méritait.,
et les éloges de J. Bousquet - dans un article ou il analyse d'une manière toujours utile les
termes d'architecture d'une inscriplion de 8ta Lénika, en Crète' - représentent une excep-
tion 7. Assurément, le temps n'a pas manqué de révéler des lacunes el quelques erreurs, mais il
est impossible de souscrire aux remarques acides de R. Demangel, faites à l'occasion d'un
article où il reprend d'ailleurs à son compte les conclusions d'Ebert'. Bornons-nous il regretter

(5) Je reviendrai en conclusion sur en traiu caracl.!risliqueti d·un langage prélcienliOque. Comme l'ecrit Ph.
BRUNEAU, Bell 102 (1978), p. 140, 'loullangage technique tend la la mono~mie, c'est.-â-dire vi~ li conslituer une
nomenclature un, 6quivoque, enlre aulret en donnant IlUX mou exislanu une acception spécilllillée •.
(6) 8CII 62 (1938). p.386-408.
(7) Id enCONl, it taul incriminer tes circonstances historiques: tes mau'llli~s relations franco-allemandes, surtout.
depuis 1870, ont considérablement tOUSM! l'apllréeiation réciproque de nombreuses publications archéologi(lues ou
philologiques. A préaent que les paMions IIOnt un peu retombées et que l'on p·eut e!lpérer davantage d·objeclivil.! des
deux wtn, il y aurait un travail approtondi • faire sur cetle question, en signalant - entre autres - le cas d'Ebert,
qui me parait Ure resl.! relativemenl meconnu des hellénistes el an:héologues français. On complèterait. Ilinsi la tm
utile thèlle de CI. DIGEOI'I; lA cri" allemande de la peru~ (ronflJilt!, 1870-1911 (1959).
(8) ,METOnON., dan, "Hl6ngn O. NalXlrre (1'.l35), p. 123-128 : ,cel ealim.ble mèmoire (...],unlil terUinement
gagné .li tln révisé (...). Bourget remplllcc régulièrement Bourguet., ete.
-n-
que la deuxième partie de ce très uWe travail n'ait jamais paru; reste la première, centrée sur
les lem pies, et où il y a toujours il glaner, même si elle commence il dater. De toute façon, elle
demeurera longtemps la seule tentative sérieuse de synthèse dans un domaine où la docu-
mentation devient sans cesse plus abondante, et par conséquent de plus en plus difficile à
maîtriser.
C'est pourquoi jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale ne peuvent être signalés que
des articles consacrés à des points particuliers de l'architecture. Certains, par l'ampleur de leurs
vues, méritent néanmoins d'être rappelés; c'est le cas de l'article peu connu d'A. CAI.I)ERINI,
• Ricerche sul regime delle acque nell'Egitto greco-romano., Aegyptus 1 (1920), p. 37-62, ou le
riche vocabulaire papyrologique de l'eau est recensé, et de celui d'A. WILHELM, .Zu einer
Inschrift aus dem Heiligtum des Amphiaraost, JOAI 28 (1933), p. 52-61, qui donne d'impor-
tanles précisions sur le vocabulaire des portes. Bien qu'elle sorte le plus souvent de nos limites
chronologiques, l'oeuvre très approfondie de GI. DOWNEY ne saurait être passée sous silence, en
particulier pour «The Architectural Significance of the Use of the Words Stoa and Basilike in
Classical Literaturet, AJA 41 (1937), p. 194-211, et .On Sorne Post-Classical Greek Archi-
tecturai Termst, Trans. Am. Phil. Ass. 77 (1946), p. 22-34, où l'auteur déclare en note:.1 am
collecting material for a glossary of Greek architectural terms, particularly of the late antique
period t. Ce glossaire n'a jamais paru, mais on pourra le rattacher il l'index des termes archi-
tecturaux donné par Downey dans l'édition Loeb de l'ouvrage de PROCOPE, De Aedificiis. Il
faut aussi remarquer, à l'intérieur du livre de D. M. ROBINSON, Excavations in Olynthus XII.
Domestic and Public Architecture (1946), p. 399 sq., un appendice qui a demandé un travail en
collaboration: il reproduit non seulement des Testimonia selecia ad domum graecam periineniia,
mais aussi un assez gros index du vocabulaire de l'architecture domestique, avec renvoi à la
bibliographie Il. Enfin, le livre de D. S. ROBERTSON, Greek and Roman Archiiecture (1943 2e éd.),
offre en appendice (p. 379-300) un .Select Glossary of Architectural Termst, sans prétention,
très lacunaire, mais toujours utile pour un non-spécialiste.
Durant ces années émerge une seule entreprise collective d'une certaine taille - m~is c'est
précisément peut-être son ambition qui sera à l'origine de son échec: la Sylloge of Greek Archi-
iectural Inscriptions, sous la responsabilité de L. B. HOLLAND, Fr. W. HOUSEHOLDER Jr,
R. L. SCRANTON, avec la participation de P. H. Davis. En effet, après ces quelques entreprises
avortées ou insuffisantes, c'est à nouveau en vue d'un lexique des termes techniques qu'a été
systématiquement relevé et analysé le maximum d'inscriptions dites architecturales. Mais ce
projet de Sylloge, dont on peut consulter le manuscrit dactylographié à l'American School of
Classical Studies d'Athènes, ne vit jamais le jour (sinon sous la forme très rèduite d'un article
t.ardit de R. L. SCRANTON: «Greek Architectural Inscriptions 8S Documents., HLB 14 [H)6()],
p. 159-182), car il a été abandonné en 1950, devant l'impossibilité de taire financer une
recherche rendue de plus en plus ardue par la parution de nouveaux grands ensembles épi-
graphiques, qui nécessitaient une constante remise il jour du dossier. Les responsables avaient
d'ailleurs assez vite compris la vanité de cette distinction d'une catégorie d'. inscriptions archi-
tecturaleSt, même si cette expression était déjà consacrée par l'usage (en fait, d'après l'ail.
Bauinschriften) : il est bien clair qu'un cahier des charges ou un devis est une «Bauinschrifh,
mais a-t-on le droit d'écarter de cette Sylloge tous les décrets honorifiques récompensant tel ou
tel personnage qui a eu l'initiative d'une construction, alors que le texte nous livre un ou des
détails précieux en matière d'architecture? En définitive, c'est la lecture de toutes les inscrip-
tions grecques, sans exclusion a priori, qui doit servir de base à un lexique des termes archi-
tecturaux. Une fois cette constatation faite, les études de lexicologie architecturale se trou-
vaient inévitablement bloquées, quasiment contraintes de s'orienter vers des travaux partiels
sous peine de s'égarer et de ne pouvoir aboutir.

(9) Le compte rendu qu'en donne J. ~1. KRNT. dans CIPh 42 (1947), p. 199-201, est. sévère: il est.ime que le
t.ravail a été fHit. trQp vite et néceSllit.e ta carefully revisiono, le dictionnaire LSJ n'ayant. m~me pas éU! utilisé.
-6-

Des travaux dispersés. mais qui/ont date.


A partir des années 1955, un certain nombre de travaux, le plus souvent centrés sur un
point précis mais quelquefois lout de même de visées plus larges, ont permis d'indéniables
progrès; plusieurs d'entre eux seront mentionnés au fil de notre lexique; je me bornerai à
signaler ici, dans l'ordre chronologique, les articles ou livres les plus marquants:
- W. K. PlHTCHETT, «The Allie Slelait, Hesperia 25 (1956), p. 178-328 : à partir d'une
étude des «stèles attiques. de confiscation, l'auteur recense d'une manière délaillée le vocabu-
laire des portes et celui des tuiles.
- K. JEPPESEN, Paradeigmala (1958), p. 69-161 : l'auteur étudie et traduit plusieurs
importantes inscriptions attiques 10; celle analyse sérieuse et qui témoigne d'une bonne
connaissance du vocabulaire technique doit être complétée par l'article. Paradeigmata : Nach-
trage», AciaArch 32 (1961), p. 218-230.
- A. K. ORLANDOS, Tà. uÀtxli oO!J.~r; TWV à:p~}J.(wv 'E;u,:ljvwv (1955-1958, riche illustration) :
reposant sur une documentation littéraire et épigraphique d'une exceptionnelle ampleur, aisé-
ment consultable il l'aide d'un index, cet ouvrage de base d'un architecte-archéologue, en deux
tomes, n'aura vraiment le retentissement international qu'il méritait qu'à partir de sa traduc~
tion : Les matériaux de CQnsiruciion et la technique architeciuraie des anciens grecs (1966-1968, 162
et 315 pages), Si l'ensemble représente un apport inégalé jusqu'à ce jour, dans le détail, cer-
taines interprétations s'avèrent contestables (comme l'assimilation, souvent reprise, des
o-rpwTIjp~r; et des tuiles).

- A. REHM, dans Th. WIEGAND, Didymall: Die Inschriften (1958) : l'index général,
soigneusement fait, renvoie à une masse de vocabulaire architectural, qui sera complétee par
divers travaux postérieurs, dont l'article de W. GÛNTHER, .Eine neue didymeische Bauins-
chrift», IslMill 19-20 (1969-1970), p. 237-247, et le livre de W. VOIGTLÀNDER, Der jüngsle Apol-
lonlempel von Didyma, IsiMill Beiheft 14 (1975).
- A. T. HODGE, The Woodwork of Greek Roofs (1960) : avec un utile lexique détaillé des
termes techniques, toutefois incertain en plusieurs points, qui montre que la charpenterie
antique est un des secteurs les plus complexes Il.
- F. G. MAIER, Griechische Mauerbauinschrifien (1959-1961, 302 et 129 pages): comme
l'écrira L. ROBERT dans son abondant compte rendu, qui apporte des précisions supplémen-
taires (Gnomon 42 [1970], p. 579-603), te'est il la partie de lexicographie architecturale que
j'attribue le plus d'intérêt [.. ,]. Il Y a là un vrai profit». On y remarquera en particulier tout ce
qui concerne les parties des murs et les réparations.
- G, Roux, L'architecture de l'Argolide aux IV t ellIl t siècles av. J.-C. (1961; 483 pages
avec I1g., et un album de planches) : à cette étude poussée des inscriptions architecturales
d'Épidaure et de leur riche vocabulaire, il faut ajouter plusieurs articles du même auteur, dont,
en particulier, .Sur quelques termes d'architecture, EiAnMA, TAPEOI, TTAnEIE, Tin ait,
BCH 80 (1956), p. 507-521 ; • Les comptes du conseil et les comptes des Naopes. Journal d'un

(10) Son Lravail passe pour la meilleure analyse du devis de l'Arsenal du Pirée. 011 peuL encore sigllaler l'Hude de
E. LOREN1EN, The Ar$enal al Piraeu., de.igned by Philo and recon.lruded a{lu hi. descriptian by E. L. (1964), eL 1'011
aUend surtouL avec intérH la descripLion, comparée aux diverses inLerpréLalioll8 du devis, des resles de fondalions qui
viennenL d'êLre découvertll: Chronique du Bell 113 (1989), p. 589.
(11) Par exemple: 61.c~ ne SlIuraiL en aucun cas Hre un .door jamb., le senB de XGp"cp<tio~ a été précisé par
R. Martin, eL celui de 3op6... Il'est pas. enigtnalic. : c'est Hecouvrir d'une couche d'argile •. On peut compléter Hodge
par (entre autreB) L. HASELBERGER,' Diicher griechischer Wehrtiirme •• AM 94 (1979), surtout p. 106-108.
-7-
chanlien, RA 1966, p. 259-296 (nombreux termes); cThyméle., Bull. liaison Société des Amis
Biblio. Salomon Reinach 6 (1988), p. ~70; f: Problèmes delphiques d'architecture et d'épi-
graphie., RA 1989, p. 23·64.
- Roi. MARTIN, Manut!l d'archiledure gruque 1. Matériaux el techniques (1965; 522 pages,
riche iIIustral.ion) : la conception est â peu près la même que celle de l'ouvrage d'Orlandos,
c'esL-a-dire que l'auteur rait largement appel, surtout en nole, il. la documentation écrite. Il ne
cherche louleroîs pas il. surpasser l'érudition impressionnante d'Orlando!!. Mais trois articles ont
donné un avant-goùl des tomes suivanls, non parus, du Manuel: .Sur deux expressions
techniques de l'architecture grecque., RPhil 31 (1957), p. 66-81 (étude de (xpl4, Ôl,CTOJ; I"Té<.:tPOÇ
et xpu1t"t"6ç;),. Notes sur la charpenterie grecque., REG 80 (1967), p. 314-324 (élude de XOPUIflIlLOV,
x~pxl~), .Le palais d'Ulysse et les inscriptions de Délos., Recueil Pla88arL (1976), p. 125-134
(pour !J.tÀIl6pOV, !J.t:a63!J.1], X(WV, (M'1l6!J.6~, opa06up1]).
- A. BURF'ORD, • Notes on the Epidaurian Building Inscriptions., ABSA 61 (1966),
p. 254·333 : une réédition, et même, dans certains cas, une première édition de ces textes
permet à l'auteur de donner son avis sur le sens de nombreux termes d'architecture; ses
interprétations sont rassemblées en un substantiel index ". Elle revient sommairement sur ce
sujet dans. The purpose of inscribed Building Accounuu, AcLt'ls du Ve Congr~s InL. Epig. grt'lcque
el latine, Cambridge, 1967 (1971), p. 71-76.
- J. KUBIl~SKA, us monuments funéraires dans lt'ls inscriptions grecques de l'Asie ~1ineure
(1968; 165 pages, 19 clichés ou dessins, index): ce mémoire de l'E:cole Pratique des Hautes
E:tudes, inspiré par L. Robert, représente une très commode compilation. Toutefois, sur le plan
de l'interprétation souvent délicate des termes, d'indispensables corrections onl été apportées,
enlre aulres, par Th. DREW·BEAR, • Sorne Greek Wordu, Glolla 50 (1972), p. 61-96 et 182-228.
- S. SETTIS, • 'Esedra e ninfeo' nella terminologia archiletlonica dei mondo romano.
Dall'elâ repubblicana alla tarda antichilât, ANRlV 1,4 (1973), p. 662-745: ce gros article
reconstitue l'histoire de deux mots - et de quelques autres, comme Œ.o/k - à travers leurs
diverses attestations.
- A. DWORAKOWSKA, • Note on the Greek Terminology for Abrasive Stoneu, Archeologia
27 (Varsovie,1976), p. 43-49; du même auteur:. Noles on the Terminology for Stones used in
Ancient Greecet, ibid. 28 (1977), p. 1-18, .Notes on the Tools mentioned in the Building
Contract from Lebadeia: Kolaplt'lr, Xois, Leislriont, ibid. 29 (1978), p. 16-23; .Some Slane-
masons' Terms From the Lebadeian Inscription IG VII 3073 : TPIMMA, TPIMMATOAOrEO,
AIAKPOYOt, ibid. 30 (1979), p. 29-37; • AOEyeYNO: et le bornoyage dans l'artisanat antique.
AOOTEINO, KAMnTO, nEPIArO - Termes relatifs li la taille de la pierre t, ibid. 31 (1980),
p. 11-18. Tous ces articles, auxquels il faul joindre l'apport de certains passages du livre
Quarries in Ancienl Greect'l (1975), montrent une compétence rarement acquise dans la termino-
logie de l'extraction et la taille des pierres.
- Ph. BRUNEAU, • Un devis de pose de mosaïques: le papyrus Cuira Zen. 59665t, dans
ETHAH. Mélanges KOl1loléon (1980), p. 134-143 : si la démonstration est ici particulièrement
probante, J'acharnement justifié et stimulant de l'auteur à traquer les noms antiques de pave-
ment ne date pas de cet article, et un mémoire récent reprend tous ses travaux antérieurs :
.Philologie mosaïstiquet, JS 1988, p. 3-73.
- J. T AILLAROAT, • Le thème ~ 4où., en grec... t, REG 91 (1978), p. 1-11 : à partir de
l'étymologie, remarques très pertinentes sur les divers sens de ~.

(12) Parmi les correctiona pouiblet : lvrlllT...... n'est. pu un • upper COUrie of wall. mail un lcontre-pa",menh, le
~pw1'OY n'est pas une mosaique mllis un opa"ement. ou odllUtgu, et le lC.Ü.w~ est. bien un .balancier •.

,
-8-
- M. NOWICKA, «La peinture dans les papyrus grecSt, Archeologia 30 (Varsovie, 1979),
p. 21-28 : ce bref article rassemble d'intéressants termes techniques, surtout pour «le décor
polychrome des élêment.s architecturaux en bois~.
- M. MIERZWINSKI, .Sorne Noles on the Terminology of Figurai Supports in Greek and
Roman Architecture., E08 69 (1981), p. 235-240: fait utilement le point sur les mots désignant
les caryatides el les allantes.
- G. HUSSON, OIKIA. Le vocabulaire de la maison privée en Égypte d'après les papyrus
grecs (1983; 341 pages avec 34 fig. et un index): complélant et corrigeant les ouvrages de
F. LUCKHARO, Dus Privalhaus im ptolemiiischen und romischen Aegyplen (1914), et de
M. NOWICKA, La maison priuée dans l'Égypte plolëmaïque (1959), cette très utile thèse analyse
soigneusement les termes dans un lexique alphabêtique, mais qui serait aménagé pour étudier
ensemble certains mots de la même famille. Le grec d'Égypte est spécialement intéressant pour
tout ce qui concerne les portes et les fenêtres; on admirera au passage les 8upa:t 4<l!:uao3Wl,lpot,
portes à un seul battant mais peintes de manière à donner l'illusion d'un double battant...
Malgré la nécessité de tenir compte des particularités locales, l'auteur fait quelquefois des
comparaisons avec le matériel épigraphique et littéraire 13.
- Y. 8flETEL, Recherches sur le vocabulaire descriplif de la colonne en grec ancien: réalisé
sous la direction de J. irigoin, ce mémoire de maîtrise inédit (Paris IV, 1984) vaut surtout par
certaines remarques étymologiques.
- R. GINOUVÈS - RoI. MAflTlN, Dictionnaire méthodique de l'archileclure grecque el
romai"e 1. Matériaux, techniques de construclion, lech"iques el formes du décor; 1I. Les éléments de
la conslruclio" (1985-1992; index en français, allemand, anglais, grec moderne, italien, grec
ancien, latin, et nombreuses planches) : présenté sous une forme analytique, d'un style à mi-
chemin entre l'ouvrage spécialisé et la vulgarisation, ce dictionnaire très commode aura trois
tomes, le dernier devant être consacré aux «formes de la construction 1. Toutefois la limitation
volontaire des notes, au moins dans le tome l, ne permet pas les développements érudits qui
pourraient justifier telle ou telle traduction.
- F. PESANOO, O/KOS E KTESIS. La casa greca i" ela classica (1987; 207 pages, index,
ill.) : l'auteur, qui n'est ni philologue ni archéologue, mais se réclame de la • nouvelle histoire.,
analyse un certain nombre de testimonia littéraires et épigraphiques relatifs à la maison
grecque. Au-delà de sa «pétition de principe,l\ il arrive ainsi à mieux cerner le sens de mots
comme 8iX)"a:[J.o~, -ror.[J.LtLO\l, &:\lOpW'IL't"tÇ et YU'la:~l((,)\IL't"~~ (ce dernier devant représenter la • sphère
dévolue aux esclaves-femmes l, et non ce que nous entendons habituellement, avec une conno-
tation plutôt idyllique, par. gynécée .).

Le lexique d'Or/andos el Travlos, un «usuel ».


En dehors de ce qui précède, un seule entreprise globale à est signaler, et son aboutisse-
ment est trés récent. Il s'agit de l'ouvrage signé d'A. K. ORLAN DOS et I. N. TRAvLos,
AEEIKON APXAInN APXITEKTONIKON OPON (1986; 295 pages, sans illustration): réalisé
par les collaborateurs des deux architectes signataires, grâce à un énorme travail de dépouille-
ment systématique, sur de longues années, cet ouvrage posthume rassemble dans l'ordre alpha-

(13) Ce livre montre auasi que dans un domaine comme le nôtre. la collaboration de la pspyrologie et de
l'épigraphie sont indispensables, alonl que ces deux disciplines ont tendance il travailler chacune de wn côté, en raiwn
des spécificités du monde grec d');:gypte, qui ne doivent pourtant pa~ être exagèrt\e~ au point de fermer la P'Orte à toute
mise en parallèle.
(14) Relevée dan~ le compte rendu d'Y. GRANDJEAN, RA 1989, p. 370-372.
-9-
bélique 4755 termes du grec ancien, expliqués en grec moderne. Il 8, entre autres avantages,
celui de reproduire souvent la phrase dans laquelle le mot est employé. Parce qu'il couvre les
époques grecques classique, romaine et byzant.ine, dans toutes les régions du monde hellénique,
ce lexique permet, pour la première fois, d'avoir une idée du développement historique et
géographique de certains termes u, En dépit de quelques lacunes mal explicables, touchant
parfois des mols importants - manquent par ex. iO'1'tIXTÔptOV, 6ufJ-U"l'j, htvw..., XÀdolO'''. xp1jV't'j el sa
famille, v\J!J.1plXiov, Tl:a.v80XE'i'OV, 'fp(xk.;ov - , il offre un vocabulaire d'une richesse exceptionnelle,
ou l'on remarque d'assez nombreux hapax, ou supposés lels; il confirme (ce que des éludes
précédentes avaient parfois déjà remarqué) l'importance des synonymies el des métaphores, et
montre bien que vouloir lransposer dans l'Anliquité notre souci de rigueur, voire de normalisa-
lion du vocabulaire technique, peul fausser nolre apprécialion, Comme le dépouillemenl a élé
arrêté dans les années 1975, en laissanl même de côl.é quelques importants travaux des années
antérieures, des erreurs d'interprétation apparaissent quelquefois .1, Enfin, l'usage exclusif du
grec, ancien el moderne, risque de limiter la diffusion et. la portée de l'ouvrage; ce n'est pas lui
qui pourra apprendre au lecteur français (allemand, anglais, italien) quel est. le t.erme technique
correspondant dans sa propre langue,

La situation en /990,

Si, prenant du recul, nous considérons mainlenanll'ensemble du t.ravail accompli depuis le


siècle dernier, il me semble que les lexicologues proprement dils, en France comme à l'étranger,
n'ont guère apporté et n'apportent que peu de pierres a l'édifice H, Plutôt que d'incriminer un
cerlain manque de goût pour la t.echnique archileclurale el pour l'épigraphie, peul-être
convient.-il de remarquer que la lexicologie se penche avant tout sur l'et.yn'lologie, qui est
parofois même considérée comme une fin en soi: or force esl de conslater que celle-ci n'a qu'un
intérêt. relativement. secondaire en la matiére, et même qu'elle demeure souvent inconnue ou
incertaine; c'est un probléme sur lequel nous aurons l'occasion de revenir 11. Les épigraphistes,
bien que davantage tentés par des études d'un aulre type, sont nettement plus présents, même
si leur contribution se borne souvent il publier et traduire un terme t.echnique sans commen-
taire .'.

(15) M~me si l'u811ge qui est fait du texte de Vitruve est contestable: les auteurtl suppollent qu'il reproduit
directement des traités d'architectes grecs.
(16) Dans, A propos d'un lexique des termes d'arehilectuNl greeque., CQmpte~ el inllenlairu dam la dU grecque.
Atlt. du CQlloqut dt NtucMleI, 1986 (1988), p, 239-261, j'IIi tenlé d'apporter quelquet! complémellls el rectiflcalions,
avec une liste qui etl évidl'!mment loin d'Url'! compléte, li ce l..ezikon qui doit d'ores et d~ja HrI'! considéré comme un
tusueh. A ma connaillSllnce, il n'existe pD! d'aulNl entreprille de lexicologie archill'!cturale; G. NENel, .Proposte di
vocabolari teenici gn:ci., dans CotlMgno tlazionale.u lellici Itctlici delle arli e dû me.lieri (Pille, 1979), p. 163-180,
ml'!ntionne d\!fl tnlvaux d'un tout autrl'! gtn~ (lexique de la diplomatie grecque, de la d~mographie, d\!fl noml de va!ie5,
ete,).
(17) P.nni 1\!fI trav.ux réan", air' Ions ceux de M. CASIIVITl., tTl'!rnplet et sanctuaires: ce qu'app~nd J'Hude
lexicologique., dans Ttmpla ft IOtlduairet (1984, G. Roux H.), p. 81-'J6, et. Sur quelques déliignatians d'autels., Buff,
liaiMltl Soâtu da ami. th la Biblio, SnlornQtI Reinaclt 6 (1988), p. 57-.63.
(18) Je me luis toujourtl réreree au Didionnaire HymolOfique th fa langue grecque, de P. CHAI'fTRAINI!. qui a
l'avantage de mont.rer une bonne eonn.iuance de H. FRISI<, Gri«llilClIa dymolOfilChu WOrlerbuch. L'ouvrage de
Chantraine est 1Kl1lVent utile Iortl<Ju'illignale l'I'!mploi architeetur.1 des tennet relev8, mais les traductionsMint parfois
contestables (ex. &!lx!( traduit par .m.drier.). De IKln (:l)U:, A, J. VAN WINOEI<IlNI, Diclionnairfl ilymafOfiqul'! compli-
menlaire de la langue grecque (1986), propose des étymologies pour qUl'!lquet termes teehniques que Chantraine et Frisk
avail'!nliailllés danlle groupe .douteux., mai. il raut admettre que dansl'I'!nllemble il ne convainc guère (je Nlmercie
M- F, Skodll pour tet! indications Il ce sujet).
(19) II f/lut mettrl'! li part. l'oeuvre de L. Roberl, (lu'i1s'agis&e de son Bullelin ipigraphiqul'! ou de phralleSllarse-
méea dans ses nombreux articles ou monographies. La consultation de l'lndez dt' nll)l. grtc~ du Bull. ip., ou dl'!l Opera
Minora Stll'!cla, des lltllenica, de ta Carie Il (pour ne ciler que ceux-là) esl é cel égard éloquente: il est det lermes
-10-
Il est clair, dans tous les cas, qu'aujourd'hui le travail de l'helléniste ou de l'archéologue
qui s'interroge sur un ou plusieurs points de lexicologie architeclurale se trouve, d'une manière
paradoxale, à la fois facilité et compliqué.
En effet nous disposons maintenant, avec le livre signé d'Orlandos et de Travlos, du
lexique global attendu, ses faiblesses pouvant être en parUe corrigées par le recours au Diclion-
nair~ mëlhodiqu~ de GINouvb-MARTIN, et en attendant sa parution complète, aux manuels de
MARTIN ou d'ORL.ANOOS, et il quelques articles spécialisés. Mais l'énorme apport du Gr~~k­
English Laicon de LIODEL.L·SCOTT-JONES (1940, ge édit.) ne saurait être passe sous silence, en
tenant compte du fait qu'une partie du vocabulaire architectural, ainsi que des rectifications,
se trouvent dans le Supplemenl; quelques lacunes et erreurs ont été signalées par Th. DREW-
BEAR, Glolta 50 (1972), p. 61-96 et 182~228. Pour rester dans le cadre des gros ouvrages du type
lexique ou dictionnaire, l'intérêt de la Realencyclopaedi~ der klassischen Alterlumswissenschafl,
de PAULy-WISSOWA-KHOLL, est inégalé pour certains articles, en particulier ceux signés de
F. EDERT, qui complètent parfois sa monographie (aeloma, ihyra, meiopon, etc). Tçus ces
articles sont le plus souvent une mine de références aux textes anciens; il en va de même,
quoique dans une moindre proportion, pour J'indéracinable Dictionnaire des Antiquités Grecqu.es
et Romaines, publié sous la direction de DAREMBERG-SAGLIO-POTTIER lO • Dans les deux cas,
loutefois, bien des interpretations et des rMérences sont aujourd'hui inadéquates, une dirticulté
non négligeable, source de pertes de temps, résidant dans le renvoi à une édition épigraphique
jugée désormais périmée par les spécialistes.
L'approfondiS&ement. des connaissances'I a par ailleuMi revélé qu'il fallait se méfier de la tendance
naturelle des antiquisants i'I employer un terme grec sans le traduire, ou simplement en le francisant,
comme si sa signification !lait évidente et assuree. Or il y a souvent une différence entre l'usage contem-
porain dans le langage érudit, et l'usage antique, différence rarement perçue. C'est ainsi que nous parlons
d'un andron pour évoquer une salle de banquet, aloMi que cet héritage vitruvien masque le !leRS grec
d'catelier pour travail1euMi masculins. (par exemple i'I Délos), ou d'un mégaron en songeant à la salle de
réception du palais mycénien, et par extension à un certain t.ype de maison organisé autour de cette salle:
aloMi que pour Homère ce mot s'applique il tout abri ou même pièce à l'intérieur d'un bâtiment, et que
par la suite ce lera un .Iieu intérieun, fermé, convenant i'I des cultes i'I mystères. Sans même parler de ces
pylônes électriques qui ont si peu de rapport avec l'antique mJÀl{)", la liste serait longue de ces transcrip-
tions modernes de termes architecturaux grecs qui sont malheureuses ou simplement trompeuses, parce
qu'elles occultent l'histoire du mot.

Mais c'est la multiplication des études partielles qui pose un problème autrement sérieux.
Consacrer plusieurs pages il un groupe de mots ou parfois même un seul s'est très tôt avéré
indispensable (nous le voyons déjà avec le travail de Caskey), c'est d'ailleurs l'unique moyen,
pour un chercheur isolé, d'arriver il un résultat intéressant, puisqu'il ne peut prétendre dominer
sculla masse de documents qu'il faudrait parcourir et analyser pour une recherche positive. Si
fructueuse soit.-elle dans le délail, l'atomisation des travaux dans ce domaine ne peut être
suivie qu'avec difficulté par les rares spécialistes de lexicologie architecturale, et pas du tout

d'archit.eeture dont on ne pourra connaltre l'existence et le liens qu" tl'1lvers la lecture de L. Robert, car ils ne Ile
trouvent ni dan. LSJ, ni méme dans le Luikon d'ORu,l'Ioo8-TftAVLOS; et bien que L. Robert Ile lOit surtout consac",'
l'Asie Mineure et' l'époque romaine, pour des l'Ilisons qu'il a mainle!l fois exposées, on renc::ont.rel'll dans sel krill des
remarques v.lables pour toute l'arehit.eeture grec::que, quand on n'en tirel'll pasllimplement des hypolhesea ou des idhs
5limulantft pour notre propos.
flO) Il • sur la RE de PAULy-WISSOWA, qui de IOn c::6ll. est plus ric::he, l'avantage d'Ure illustre. Par exemple,
celui qui s'inlerroge .ur le terme xAc(,; pourra c::omparer les artides,ua dans le DAGR et &hl6tKr, &hJû.ul, dans la RE.
('U) Particulièrement net pour tout ce qui concerne les matériaux et leur travail, les parties du temple, les
mOll8iquea. Ac::tuellement, on .'intéresse davantage' l'eau, i'I l'habitation etaux modes d'oc::c::upatien du territoire.
-))-

par l'helléniste ou l'archéologue moyen, qui court ainsi le risque de s'en tenir à une biblio-
graphie vieillie et de se mettre à refaire un travail déjà existant, et même satisfaisant. La
lecture annuelle de la section • Architektun de la Archaologische Bibliographie permet d'avoir
une vision partielle de ces études publiées dans des revues très dispersées et d'accès de plus en
plus difficile, pour autant que le titre du travail donne une idée claire de son contenu, or des
développements intéressants pour notre propos se trouvent parfois au détour d'une publication
que l'on pourrait croire exclusivement technique ou purement archéologique. Si l'on excepte le
cas, relativement rare, des articles qui ne s'appuient que sur la littérature ou la papyrologie, et
il condition que l'information circule bien en direction du recenseur, les lacunes de la Arch.
Bibl. peuvent désormais être comblées par la section .Architecture~ de la nouvelle formule du
Bull. ép. A terme, c'est ainsi une véritable .banque de donnéest qui pourrait se constituer à
travers cette innovation.

Les inscriptions de Délos et la terminologie architecturale.


Pourquoi, dans cette situation, se consacrer plus précisément à la recherche et à l'analyse
du vocabulaire architectural dans les inscriptions déliennes? Le parti que j'ai choisi mérite
explication. Comme je l'ai dit, un chercheur travaillant seul ne peut prétendre dominer réelle-
ment toute la terminologie de l'architecture grecque, ce qui l'obligerait à partir - par exemple
- du dialecte des inscriptions de Delphes pour arriver aux problèmes si particuliers des édifices
de l'Ëgypte ptolémaïque, en passant par l'Argolide, la Sicile et les multiples constructions de
J'Asie Mineure d'époque impériale, sans oublier la relecture de tous les textes littéraires. Lors-
qu'on connait les difficultés que rencontre la publication des inscriptions d'un site grec, ou, de
la même façon, de l'architecture de ce site, on admettra qu'une vie ne suffirait pas pour faire un
lexique général sérieux, et les études monographiques s'avèrent a tous points de vue plus
rentables. L'unique entreprise qui ait fini par aboutir, celle d'ORLANDOS-TRAVLOS, était évi-
demment collective, elle représente pour nous une base, avec ses très grands profits, mais aussi
ses limites. Et c'est bien parce qu'il m'a paru qu'il y avait encore beaucoup à dire dans cette
matière que j'ai choisi de me concentrer sur l'épigraphie délienne.
En effet, les inscriptions déliennes, qui vont de la fin du Vie siècle au début du 1er siècle av.
J .-C., et sont pour ainsi dire toutes publiées, en de gros ensembles facilement accessibles (ce qui
n'est pas le cas de celles d'Athènes), l'emportent de loin sur les autres, comme celles de
Delphes, d'Épidaure ou de Didymes, par l'importance et la variété des termes architecturaux.
Ceux-ci se trouvent dans des dédicaces, des décrets, mais aussi des devis descriptifs ou des
cahiers des charges, rédigés par des architectes et des entrepreneurs, dans des inventaires de
bâtiments, et surtout d'abondants comptes de construction ou de rèparation, où l'on remarque
souvent le même vocabulaire que dans les devis, bien que la rédaction soit alors l'oeuvre de
hiéropes ou d'administrateurs athéniens, assistés d'un secrétaire chargé de transcrire et mettre
en forme les procès-verbaux: certes, le langage spécialisé pouvait et même devait subir ici une
déformation, une simplification, néanmoins, il est manifeste qu'au départ, lorsqu'ils traitent de
travaux, les hiéropes se contentent de suivre les instructions de l'architecte, en reprenant
partiellement son vocabulaire et ses formules tl . On comprend donc bien pourquoi, dans les
mémoires de Lattermann, de Kayser ou d'Ebert, et surtout. dans le Lexikon d'ORLANDos-
TRAVLOS, les références déliennes reviennent. sans cesse. Ajoutons que la présence d'actes
tattiquest, c'est-à-dire datant de l'occupation athénienne, autorise à sortir du champ propre-

('22) Sur ces fonctions des hiérol~8 et de leur secrétaire, voir VIAL, Dé/a" surtout p. 220 et 288; sur l'origine
I:l(lciule aisée des hiéropes et des administrateurs athéniens, apparemment supérieure à celte des artisans de la construc-
tion, ibid., p. 269, et ROUaSp.I., DiIQ, colonie ulh~nienne, p. 139.
-12-

ment insulaire, en se livrant à des comparaisons. Malgré les fréquentes lacunes des pierres, la
lecture des inscriptions de Délos permet donc de recenser et décortiquer un nombre considé-
rable de termes, qu'ils soient spécifiquement dé liens ou qu'ils se retrouvent ailleurs tout en
étant souvent fort rares, quand ce ne sont pas des hapax, mais les inconvénients d'une analyse
qui pourrait paraltre trop restrictive dans le temps et dans le lieu seront ainsi limités. Assuré-
ment les inscriptions déliennes, qui devront sans cesse être confrontées aux résultats des
fouilles, ne révèlent pas tout, car elles donnent bien plus de renseignements sur J'architecture
publique et religieuse que sur l'architecture domestique J3 . Notre lexique n'en comprend pas
moins, au bout du compte, 658 termes, dont un certain nombre ne figure ni dans le Lexikon
d'OnLANDos-TIlAVLOS, ni même dans le dictionnaire LSJ, sans parler des cas où le mot était
déjà connu dans ces deux ouvrages, mais avec une interprétation que je n'ai pas cru devoir
retenir. Il se peut aussi que, le mot étant connu, la référence délienne n'ait jamais éte signalée,
alors même qu'elle est tout il fait intéressante.
Pourtant, dit-on parfois, dans L'architecture hellénique et hellénistique à Délos jusqu'à l'évic-
tion des Détiens (Ire partie 1944,440 pages; 2e partie: première livraison en 1966,292 pages, et
deuxième livraison en ~978, 336 pages), R. Vallois a tout écrit sur J'architecture délienne, en ne
manquant pas d'utiliser les documents épigraphiques, et l'on ne pourra rien y ajouter utile-
ment, même si son ouvrage est d'une lecture difficile, avec des acquis durables et d'autres plus
contestables - ainsi que le relève le Guide de DélQs. Il n'est certes pas question de refaire le
travail de Vallois, et il ne s'agit pas ici d'une étude complète de l'architecture de l'1le sainte.
Mais si, plus modestement, notre lexique aura pu montrer que le champ des éludes déliennes
est pour ainsi dire inépuisable, et révèle toujours des surprises - ce que les ~ Déliens_ savent
bien - , il aura atteint son but 24 .

(Zl) Elles ne nous disent rien des tombes: voir il ce 5Ujet M.-TIL CO\JII.I.O\JD-L" DINAIIET, • Remarques sur
l'architecture funéraire déliennco, Archilecture el pot.ie. HommarJe il. G. flou% (1989), p. 19-38. Aucune inacript.ion funé-
raire ni administrative ne signale la présence de plusieur!l monuments ronds {th%n à Délos-Rhénée.
(24) Une première version de notre introduction a paru dans la REG 103 (19S9), p. 549-560.
PRÉSENTATION DU LEXIQUE

C'est l'ensemble des inscriptions de Délos qui a servi de matériau:} ce travail, ct non les
seules «inscriptions architecturalciH. Si la définition des différents groupes de «Greek Archi-
tecturai Inscriptions&, telle que l'a proposée R. L. Scranton (o. c. p. 5), cst sans conteste utile,
elle présente un caractère trompeur: il. la fin de son article, l'auteur ne consacre, sous le titre
«MiscellaneouS&, que deux brefs paragraphes il. ces pelites dédicaces, ces divers décrets ou ces
inventaires de temples et autres édifices publics - sans parler de la Chronique du Sara-
picioll - , qui recèlent tant d'expressions intéressantes pour notre lexique, en nommant les
différentes salles, les murs, etc. J'ai donc lu et utilisé toute l'épigraphie délienne, et non les
seules Bauinschriflen reconnues comme telles. Aucun texte, néanmoins, n'a fait l'objet d'une
relecture personnelle, sur place, le travail accompli par J. Tréheux me paraissant rendre cette
entreprise vaine; au surplus, ce lexique n'est pas et ne prétend pas être un mémoire d'épi-
graphiste de terrain, il se propose simplement de faire une synthése il partir des travaux déjà
reconnus des épigraphistes et des philologues, ainsi que des architectes et des archéologues qui
se consacrent il l'architecture.

Le Corpus dé/ien.
On sait.que les inscriptions de Délos ont été publiées dans deux collections distinctes, mais avec un
seul système, continu, de numérotation.
Les plus anciennement éditées sont les Inscripliones Graecae du programme de l'Académie de Berlin,
toujours citées IG :
- IG XI 2 : (no 105-289) Inscripliones Deli Jiberae. Tabulae arcnOlllum. Tabulae hieropoeorum anno-
rum 314-2fi(), par F. DURRBACH (1912).
- JG XI 4 : (no 51O~1349) Inscripfiones Deli liberae. Decreta, foedera, catalogi, dedicafione8, varia, par
P. ROUSSEL (1914).

Après 1914, les Français ont préféré poursuivre seuls la publication, sous le patronage de J'Académie
des Inscriptions et Belles-Lettres. Les Inscriptions de Délos, couramment abrégées ID, comptent aujour~
d'hui sept volumes:
- ID, nO \-88 ; Dédicaces et décrets, périodes de t'amphidyonie ionienne el de l'ampnidyonie allica-
déJienne, par A. PLASSART (1950).
ID, no 89_104-33 : Ampnidyonie allico-détienne, ades administralifs, par J. COUPRY (1972).
- ID, nO 290-371 : Comples des hiéropes, par F. DUlHHlACII (1926).
- ID, nO 372-509: Comptes des hiéropes. Lois ou règlemenls, confrals d'enlreprise el delJis, par
F. DUIlIHIACIl (1929).

- ID, nO 1400-1496 : Ades des fondionnaire8 athèniells préposés il l'adminisfration des sanduaire8
après 166 av. J.-C., par F. DURRBAcH et P. ROUSSEL (1935).
~ 14 ~

ID, nO 1497-2219: DécrellS el dédicacelS pOlSlérieurlS à 166 av. J.~C., par P. ROUSSEL et M. LAUNEY
(1937); on y reprend les textes publiés et commentés dans ROUSSEL, CullelS egyplie1l8.
~ ID, nO 2220-2879: Dédicaces poslérieures à 166. Texles divers el fragmenls postérieurs à 166 av.
J.-C., por P. ROUSSEL et M. LAUNEY (1937).

Rares sont les textes qui ne figurent pas dans ce grand ensemble, ce Corpus; il s'agit de trouvailles
plus ou moins récentes qui, sauf exception, ne sont pas restées inédites. Dans l'important livre de BRU-
NEAU, Culles, certains de ces documents sont reproduits; quelques-uns nous intéressent directement:
~ un règlement découvert par N. Kontoléon en 1926 et publié par ce dernier dans ArchDell 14
(1931-1932) [1935], p. 84-S9= BRUNEAU, Culles, p. 305,
~ une dédicace aux dieux égyptiens, conservée il Trévise et publiée par M. GUARDUCCI, ASAA
14-16 (1952-1954), p. 176 = BRUNEAU, Culfes, p. 458-459,
~ une liste de souscripteurs du Sanctuaire syrien: G. SlEllERT, BCfl92 (1968), p. 359-374 = BRU-
NEAU, Culles, p. 467,
- une version très améliorée de ID, 1522 = BRUNEAU, Culles, p. 630-631.

Il faut encore signaler:


- l'inscription publiée par F. SALVIAT, • Dédicace d'un 1"P{,'ilotx"t~ par les hermaïstes délienst, BCU
87 (1963), p. 252-264,
- une nouvelle version de ID, 2256, issue de la trouvaille de RoI. ÉTIENNE, BCU 105 (1981),
p.171-173,
une dédicace des Israélites de Délos, éditée par Ph. BRUNEAU, BCfI 106 (1982), surtout p. 471-
474.
- que certains volumes de l'Explora/ion archéologique de Délos (EAD) reproduisent des textes ou
des fragments de textes non connus des TG ou des ID. C'est le cas, en particulier, de quelques lignes
relatives il l'ana/emma du théâtre du Sanctuaire syrien, trouvées en 1970 et publiées par Er. WILL, EAD
35, p. 101.

D'autre part, il convient de tenir compte des corrections il diverses inscriptions, il la suite de relec-
tures effectuées il plusieurs reprises par Ph. H. Davis:
- .The Porch-Ceiling of the Temple of Apollo on Delost (avec L. B. BOLLAND), AJA 38 (1934),
p. 71-80: de gros changements sont apportés li la publication d'ID, 504, qui s'avère avoir des lignes plus
longues qu'on ne l'avait cru. Un certain nombre de termes restitués, en partie \lU totalement, dans
l'édition française, ne peuvent finalement être retenus.
- .On the Upkeep of 'Sacred Bouses' on Delos., BCH 59(1935), p. 78-91 : TG XI 2, 156, est recollé
avec 170 et 173,
- .The Delian Building ContractSt, BCH 61 (1937), p. 109-135: concerne ID, 502, 504 b, 506 d,
507, 507 bis, 50S,
- le résumé d'une conférence sur le théâtre de Délos, demeurée inédite, est reproduit dans AJA 41
(1937), p. 109 : l'auteUr modifie IG XI 2, 142, 199 et 291 (ce dernier texte étant combiné avec 292, 294 et
306). On peut y ajouter les corrections, portant en majorité sur des chiffres, de J. H. KENT,. Notes on the
Delian Farm Accountst, BCU 63 (1939), p. 232~245.

De son côté, J. Tréheux continue de donner le résultat de ses relectures et recollages, en particulier
dans. Les hiéropes déliens de 171 avant J .-C.t, BCfl109 (1985), p. 4~97,. Un document nouveau sur le
Néôrion et le Thesmophorio/1 à Délost, REG 99 (1986), p. 293-317 (réunion de IG X12, 219, 220, 221, 229),
et. Le sanctuaire de l'Inôpos à Délost, MusHelv 45 (1988), p. 154-157 (il propos de IG XI 2, 219, A, l. 45).
- 15-

Formule du lexique.
A l'usage, la presentation choisie par Mme G. Husson pour le vocabulaire papyrologique de la maison
s'est révélée la plus commode, et je ['ai adoptée pour mon propre lexique. C'est ainsi que chaque terme
d'architecture apparaissant dans les inscriptions déliennes 1 est présenté suivant l'ordre alphabétique
grec; il a parrois paru plus simple et plus logique de regrouper des moL'! dont la ronction est semblable, ou
dont l'étymologie est commune, dans une seule notice (ex. : il Mpoc, on lira ce qui concerne l'adjectif
&6upoç; il n-OCp&:8~lY!J.OC, on remarquera aussi -Nn-oç), mais on retrouvera toujours le terme il sa place alphabé-
tique, avec l'indication du renvoi. Sauf lorsque nou!! sommes en présence de répétitions aussi frequentes
que non instructives (par ex., pour fjÀo<; ou :lÙ>.d<;), toutes les attestations deliennes de chaque terme sont
notées, et le passage où il se lit est le plus souvent reproduit, les restitutions Hant celles du CorpwJ, il
l'exception de quelques cas qui seront signalés. Avec la référence au numéro et il la ligne de l'inscription,
est en général donnée la date du texte, mais lorsque les attestations pour un mot sont nombreuses, il n'a
pas semblé nécessaire de fournir chaque fois une date, quelques repères chronologiques dans la liste
pouvant paraltre suffisants. Il a également paru bon de préciser, quand cela était possible, il quel édifice
délien se rapportait le passage cité, et s'il s'agit d'un inventaire, ou d'un devis, d'un décret, d'une
dédicace; lorsqu'aucune précision de ce type n'est donnée, il faut comprendre que l'inscription concerne
un compte. Comme il a éte récemment proposé dans VIAL, Délos, les sigles IG XI 2, IG XI 4 et ID seront
supprimés, car la numérotation continue des inscriptions de Délos rend cette précision superflue. Mais
cela ne me dispensera pas, au cours de l'analyse du terme, de devoir citer selon les normes traditionnelles
les textes tirés d'autres volumes des Inscripliones Graecae'.
Assez nombreux sont les mots dont le sens a donné lieu il controverse; même si l'interprétation qu'il
convient d'adopter en définitive est évidente et indiscutable pour les rares spécialistes, j'ai jugé indispen-
sable de revenir en Jetai! sur certaines hésitations, car on ne peut manquer d'être frappé par la manière
dont des traductions erronées sont aisément reprises, même dans des ouvrages qui font autorité. La ou les
traductions que j'avance valent pour les occurrences déliennelS, et je ne vise nullement il donner tous les
sens du mot dans l'ensemble du monde grec, même si l'enquête se veut la plus large possible au fil du
commentaire. On verra que je ne prétends pliS non plus avoir trouvé une traduction assurée pour chaque
mot; après avoir examiné celles qui ont été proposees avant moi, il est arrivé que je demeure en suspens,
surtout si l'inscription est trop lacunaire ou nécessite de trop grandes restitutions, rendant le contexte peu
sûr. Lorsqu'en outre l'objet désigné dans l'inscription Il disparu, que l'étymologie est inconnue ou carré-
ment trompeuse, que les ressources du parallélisme ont été épuisées ou ne conviennent pas, l'honnêteté
commande d'en rester au point d'interrogation.
Pour la même raison, j'ai finalement renoncé il donner, il la suite de mon lexique, une traduction
suivie, phrase par phrase, des devis ou cahiers des charges déliens. En erret, il l'exception du nO I04A, qui
date de la première domination athénienne~, la série des nO 500 il 508 souUre de lacunes et d'incertitudes

(1) Je n'ai pas cru devoir retenir les termes entièrement restitués sans vraisemblance sumsante, ell particulier
ceux du devis 504 ; en me fondant sur la réédition de HoUand et Davis, j'ai exclu, contrairement au Laikon d'ORL"N-
Dos-TR"VLOS, b:"tth)"'I, lvcpd3<lj.l«I, ac~k ete.
(2) On verra que le iota souscrit est toujours adscrit dans ce lexique - conformément, en fait, a la graphie
habituelle des inscriptions (et des papyrus). Ajoutons que la transcription des termes grecs en français Posait un petit
problème typographique. Le recours aux italiques est traditionnel dans ce ClIS. J'ai toutefois pensé que lorsque le mot
grec est couramment utilisé - à ce qulil semble - par les arebéologues, il était (Mlrmis de le lai!iller en caractères
romains, éventuellement accentués; tels naos, oikos, krëpis, dromos, poros, hiéron, téménos, mégaron, kymation. J'ai
conservé les italiques pour les mots grecs déclinés (oik~molll), pour ceux qui !!ont à mon avis rarement employés dans le
discours arehéologique (oik()pedoll), pour les citlltions latines et les mots latins (Mlu usilés ou non accentués. Les termes
allemands, anglais ou italiens, sont aussi en romain, afin de ne pas abuser du recours déja a!l!!el. frèquent aux caractères
italiques. Un parti analogue a été adoptè par Ph. BRUN!!"U, JS 1988, p. 3.
(3) Je l'ai traduit dans, Un problème d'architecture et d'épigraphie déliennel, Bell 104 (1980), p. 151-159. On en
trouvera aussi une traduction allemande, par L. Semmlinger, dans l'appendice il H. L"uTflR, Zur geselbcho(fliclr~n
-16-

telles qu'ils ne peuvent raire l'objet que d'analyses partielles, rragment de ligne par rragment de ligne.
Dans ce type de texte, olt les rormules ne !IOnt pa~ stéreotypêes, les restitutions ne peuvent se raire aussi
aisément que dans les décrels.
Désireuse de m'en lenir il la terminologie dejà bien assez vasle de la construction, je n'ai pas accorde
de notice spéciale è des mols qui, bien que touchant à ce domaine, !IOrlaient du cadre de ma recherche, et
relevaient davantage d'etudes financières et juridiques. J'ai donc laissé de côté ce qui concerne les adjudi-
cations· et le système des paiements· ainsi que le role particulier des architectes et des commissions
architecturales·. Mais on verra que dans le détail, il n'a pas toujours été racile de dclerminer si tel ou tel
terme relevait bien du secteur architectural et mêril.8it ou non d'être admis dans ce lexique; il la verité,
bien des points se discutent. C'est ainsi que je n'ai pas retenu les unités de mesure, connues de tout
étudiant, mais je me sui~ penchée sur &&r.~ et «CfTPIlY(l),UJx.o~ : certes, CCII mots n'ont pas il Délos un sens
architectural, mais j'ai pensé que l'extension sémantique devait être ~ignalée, ain~i que les conrullion~
possibles. J'ai aussi retenu tous les noms des locaux des rermes, qui sont exclus du u:ûkon d'OIlLANDOS-
TRAVLOS, bien qu'ils illustrent l'architecture rurale; et j'ai étudié tmroapOfl.O~, qui n'est pourtant dans les
inscriptions déliennes (IU'Un nom de rerme : mais c'est pour pouvoir rappeler que le .champ de course des
chevaux. ne nécessitait pas dans la Grèce anlique une véritable structure architecturale, contrairement
au circus romain.
Le commentaire du ou des sens proposés peut être plus ou moinll long, et exiger, autant que possible,
des cornparai!lOns avec le matériel non délien, afin d'essayer de déterminer si notre rérérence représente
une particularité chronologique ou géographique. On trouvera par conséquent à la fin de notre étude un
index des termes non déliens cités ou analysés è titre de compuai!lOn. La lourdeur de l'appareil biblio-
graphique qui !lOus-tend celte recherche a imposé le recours il des abreviations : pour les périodiques et les
collections, ce !IOnt celles du BCH ou de l'Annu philologique, il défaut celles de la Archàologisl:he Bibl.,
pour les travaux (liw'4!s ou articles) fréquemment utilises, des rormules abrégées ont ëlé adoptées, qui ont
déjil été ulilisées dans cette inlroduction, el donl on dé<:ouvrira la liste détaillée dans les pages qui
suivent. Les sigles de certains recueils êpigraphiques onl été empruntés au Guide de l'ipigraphide (École
normale supérieure, Paris, 1989 2" éd.); on ajoutera le rëcent CID. U!s abréviations des publications
papyrologiques, ainsi que celles des litres d'ouvrages littéraires grecll, IIOnt celles qui ont êlé choisies par
LSJ. Par ailleurs, les lraductions qui !IOnt parrois proposées pour des textes littéraires grecll sont miennes,
sauf indication contraire.

Slellung de. bi/dtnden Kun.fIerl in der Griechi.chen Klunik, Er/anger For.chungen, Reihe A, 23 (1974), p. 74-76 (leI p. 36
li 73 sont conSllc~e.1I11l traduction d'fG 1",24 et '25, IG IV', 1. 102 et 103).
(4) Pour tP'l'0MtU..., voir A. BUflI'OflD. The Gruk Temple Bui/der. ul Epiduuro. (1009), p. 111-113.
(5) Il a été étudié par Th. HOMoLL!':, BeN 14 (1880), p. 464-467. Pour les amendes et leI retenues infligeell aux
entrepreneurs défaillanta, voir en dernier lieu Ù. TuOR, • Bemerkungen zum allgemeinen Werkbetrag., Sludi in Qnore
di A. Bi.cari (1'l84), 1). 471..!)14. Pour d'autrell cilluse., voir encore A. Wt'M6N"URG, .TeKte und Bemerkungen :l;um
Werkbetrag bei den Ùriechent, Siudien %Ur o/len Guchiclde. Fe.f.chrifl S. I..ouffer (1986), p. 1079-1088.
(6) Pour lei architectell, voir M. LACROtX, • Let architectes et les entrepreneurs A Déloll de 314 A240., RPhil38
(1914), p. 3OJ...326 (A compléter par Vu L, Di/ln, p. ~m); pour lell oommill8ions (épimélélell, hiéropell, MOlleS), voir
A. WITTEN8UAG, G,.ieclli,che &ukornrniuionen du oS. und 4. Johrhundt,.I, (1978), et VIAL, DiIM, p.247-250.
ABRÉVIATIONS BIBLIOGRAPHIQUES

BA8Ll>Z, Religions orienta/es = M.-Fr. BASLEZ, Recherches sur les conditions de pené/ra/ion el de diffu-
sion des religions orientaies à Délos (Tl"-I"' 8. (Juanl noire ère) (1977).
BESSAC, L'outillage lradilionnel = J.-CL BESSAC, L'ou/illage Iradilionnel du tailleur de pierre, de
l'Antiquité à nos jours (1986).
BLÛMNER, Technologie = H. BLÛMNER, Technologie und Terminologie der Gewerbe und Kümte bei
Griechen und Homer (1875-1886; 5 vol.; réédil. partielle en 1912).
BRUNEAU, Cul/es = Ph. BRUNEAU, Recherche, sur les culfes de Délos il l'époque hellénislique el il
l'époque impériale (1970).
BunFoRD, Nole$ = A. BURFORD, • Noles on the Epidaurian Building Inscriptions., AB8A 61 (1966),
p.254-333.
CID = Corpus des inscriptions de Delphes.
EBERT, Fachausdrücke= r. EBERT, Fachausdrucke des griechischen Bauhandwerks. I. Der Tempel
(1911).
GARLAN, Poliorcétique = Y. GAtiLAN, Recherches de poliorcélique grecque (1974).
GD = Ph. BRUNEAU - J. DUCAT, Guide de Délos (1983, 3e éd.)
GINOUVÈs-MARTIN, Diciionnuire mélhodique = R. GINOUVÈS - RoI. MARTIN, Didionnaire mélhodique
de l'archileclure grecque el romaine, t. 1 et Il (1985-1992).
HODGE, Woodwork of Greek Roofs = A. Trevor HODGE, The Woodwork of Greek Roofs (1960).
HUSSON, Oikia = G. HUSSON, O/K/A. Le vocabulaire de la maison privée en Égypte d'aprts les papy-
rus grecs (1983).
JHPPESEN, Paradeigmala = K. JEPPESEN, Paradeigmala. Three Mid-Fourlh Century Main Works of
Ilellenic Archiledure reconsidered (I958).
KAYSER, Terminologie=8. KAYSEII, .La terminologie de l'architecture grecque., Musée Belge 13
(1909), p. 37-56, 123-146,207-226.
KENT, Temple Esla/es = J. H. KENT, .The Temple Estates of Delos, Rheneia and MykonoSt, Hespe-
ria 17 (1948), p. 243-338.
KUBINSKA, Monumen/s funêraires = J. KUBINSKA, Les monuments funéraires dU/IS les inscriptions
grecques de l'Asie Mineure (1008).
LATTER MANN, Bauinschrif/en = H. LATTERMANN, Griechische Bauinschriften (1908).
MAIER, Mauerbuuinschriflen = r. G. MAl ER, Griechische Mauerbauùlschrif/en (1959-1961).
MARTIN, Manuel = Rot. MARTIN, Manuel d'archileclure grecque 1. Matériaux ellechniques (1965).
ORLANDOS, Matériaux de cons/rudion = A. K. ORLANDOS, Les matériaux de cons/rudion el la tech-
nique archiledurale des anciens grecs (1966~1008).
ORLANDOS-TRAVLOS, Lexikon = A. K. OPAAN<loOT ~ 1. N. TpATAoT, i\t~Llo:6'll &PX(ltW'll &pXtUl(TO'lltl(W'll ,o;PW'll
(1986).
PESANDO, Oikos e Ktesis = r. PESA~DO, O/KOS E KTES/S. La casa greca in elâ clussicu (1987).
ROUSSEL, Cultes égyptiens = P. ROUSSE!., Les culles égypliens iJ. Délos du 11/' au 1" sitcie av. J.-C.
(Annales de l'Est, 1915-1916).
- 18-

Roux, Amphictionie _ G. Roux, L'Amphidionie, Delpha et le Temple d'Apollon au IV' .ièc/e (1979).
Roux, Arch. Argolide = G. Roux, L'architeclure de l'Argolide auz IV' et Ill" ,iède. aD. J.-C. (1961).
SETTIS, E.u/ra e nin{eo = S. SETTIS, • 'Esedra e ninreo' neUa termiDologia architellonica dei mondo
romano. Dall'etil repubblicana alla larda antichiLà', ANRW 1,4 (1973), p. 662-745.
VALLOIS, A rchi/edure = R. VALLOIS, L'architecture he/Unique el helUni.lique à Dilo. ju.qu'â l'éviction
de. Déliens, 3 vol. (1944-1978).
VIAL, Dilo. = CI. VIAL, Délos indépendante (314-187 avant J.-C.). Élude d'une communauU civique e/
de 1ft. in.lilulions (BCH Suppl. X, 1984).
LEXIQUE DES TERMES
D'ARCHITECTURE DÉLIENS
plaque, plaleau, lable: 372, B, 1. 31 : en 200 av. J.-C., dans un inventaire d'objets, &elocx&Ç
[~uÀ~ ?]vOt; 2154 : en 106-105 av. J.-C., au Sarapieion C, Achilleus consacre à Hermès-Anoubis
Tb,," iiôllxoc (l'inscription se trouve sur la face supérieure d'un plateau rectangulaire en marbre
blanc, près du bord mouluré).
L'emploi d'.xeloc~ en littérature confirme que le sens originel et commun du mot, dont
l'étymologie reste obscure, est celui de • planche., • table., pour divers usages, en somme une
plaque mince, Par exemple, chez Aristote, A/h., 69, l, c'est une table pour compter les votes; le
sens de «tablette il. écrire. ou .table il. dessin. pour géomètres apparaît chez Sextus Empiricus,
M., 9, 282, et chez Iamblique, Protr., 34, et VP, 5, 22 1 , "A&a.~ et le diminutif &:ôâ:>t.~ov peuvent
aussi s'appliquer il. des planches ou • pétrins. pour faire la cuisine, selon Pollux (VI, 10; X, 1(6).
L'&eloc~ 2154 de Délos, aujourd'hui en deux fragments, présente une moulure superposant talon,
doucine, et bandeau, sur 4 cm d'épaisseur 1; selon W. Deonna, il conviendrait de distinguer la
simple .table., Tpâ.7tI!:l;oc ou Tpll7tÉl;tov 3, de l'.x&a.~, qui est plus précisément un plateau, mais dans
la mesure où il peut s'agir d'un • plateau de table., cette distinction ne paraît pas nécessaire.
Par conséquent, l'intérêt des deux mentions déliennes est de montrer clairement que
même il. la fin de l'époque hellénistique, .xÔIl~ n'était pas encore attesté comme terme d'architec-
ture - il. moins de considérer qu'un plateau ou une table d'offrandes relève de l'architecture •.
Quoi qu'il en soit, l'autorité de Vitruve, le fait que beaucoup de savants pensent qu'il s'est
contenté de puiser directement ses connaissances dans des traités perdus d'architectes de
l'époque hellénistique, sans intermédiaires 6 , tout cela fait qu'une confusion persistante s'est
établie entre &6oc~ et sa forme latinisée, abacus : or ce dernier mot, qui a gardé la plupart des
sens d'&eloc~, désigne aussi selon Vitruve la plaque de couronnement des chapiteaux ionique,
corinthien et toscan, afli/udo capiluli cum abaco, ... abaci crassiludo seplima capiluli altiludinis
(IV, l, lI). Bien que le glissement de sens du grec au latin soit aiscment compréhensible,

(1) Le diminutif ckM",a... peut aussi désigner une "-able il compten, d'après la déAnition du Luikon de Photius:
i9'O~ l".:.&oo" >tIl! i'll'oOS T<>Ù<; ),<>)"10...0..... rno<oùV'l"o, -sur quoi on jetaiL les dés et sur quoi on raisait les compte...
(2) Profil relevé dans EAD 18, p. 42 fig. 58,
(3) Dans EAD 18, p. 16-17, est dressée la liste des Irapewi offertes, Selon BASU>Z, Religir:m$ orienlalu, p.262
n. 75, la TpŒ'l'tt~a. se distingue de l'i&:~ en ce sens que celle-ci, a une fonction religieuse et sert au déIH'Jt d 'ofrrandcs pour
le sacrillce.; c'est le cas pour Sylloge', 996, l. Il (Smyrllc, 1"' siècle ap. J,-C.): 6.6&ltl'jO" .....p.,.4I" ...." 'r.p?>ç Tij" ;(P~(IW ~i:>"
6Ixna.l;6V'l"w"" • une table de marbre pour l'usage des sacrifiantst, et peut-être notre nO 2154, mais il l'origine 1'1&:(
possède une fonction tout aussi simple que la Tp6.'lttl;a., pour des repas rituels. De toule raçon la Tp6.m:~a. peut aussi être
une table d'offrandes: cf. la .... p6."'.l;ot Ti:>... ~LG(Iltbpw ... dans P. Coiro Zen. 569, 1. 24.
(4) Au sens où nO\lS parlons aujourd'hui d'aN;hitecture intérieure, de décoration, ou encore de. mobilier urbain t.
Pour une assez bonne vue d'ens~mble du problème posé par l'évolution sémantique d'i&:(, voir 000(\1$ dans la RE 1,
par HULSCH (et dans le Suppl. Band Ill, par FUlcHTlm), et surtout les rubriques &6b,0" et l&:~ dans ÛlILANllOS-
TRAVI.OS, Laîkon (où l'on a toutefois laissé de côté les rèrérences déliellnes).
(5) C'est le point de vue généralement adopté dans ÛRI.ANIlOS-TlIAVI.OS, Laikon, S'y oppose de maniére assez
convaincante S. FERlIl, Vilruvio, Archilellura (1960).
&Cl;lTOV -22-
l'abacus de l'ordre ionique étant eCfectivement une plaque mince, en aucun cas, dans l'état
actuel de notre documentation, &6~ ne saurait se rapporter à cette partie du chapiteau, tout
naturellement dite en français. abaque », et qui parait avoir Hé désignée couramment par les
Grecs d'après le nom de la. briquet carrée, épaisse, soit1tÀ!vOor;, si l'on en croit le témoignage de
Héron d'Alexandrie, Diopira, 3: 1tÀ!veov x(J;06:1ttp 8wp~xo\) x!ovOt; Xt't'6:ÀIOV, • plinthe,. c'est-à-dire le
couronnement de la colonne dorique», ou celui plus tardif d'Hésychius : 1tÀ(vOOt; . !J.&POÇ 1'L t'liç
XL't'IXÀljÇ t'Q\) x!oW>t;, • partie du chapiteau de la colonne», et Vitruve lui-même (IV, 3, 4, et 7, 3)
adopte piinihus pour ce que la langue française appelle aussi, d'un mot à l'accent médiéval, le
• tailloir» du chapiteau dorique (ou toscan).
La langue latine connaît un autre sens architectural pour abacus : • plaque de revêtement
en marbre. (en d'autres termes: crusta), réel ou imité en stuc, pour les murs, d'après une mode
très répandue à l'époque impériale e. L'époque grecque semble avoir connu une acception archi-
tecturale assez voisine au travers du diminutif &.lkt.x!axoç, qui doit signifier • panneau de
mosaïque. - soit une mosaïque. plaquée. - et non. petit cube de mosaïque e, comme on le
pense généralement 1.
Si l'on voit bien comment un mot ayant un sens aussi vague en grec a pu prendre un sens
architectural spécialisé en latin, il n'en demeure pas moins qu'il convient de garder au grec sa
valeur plus large, telle qu'on la comprend sans contestation possible dans les inscriptions
déliennes. Le problème est de pouvoir déterminer quand &lkt.~ -abacus a pris ce sens spécialisé:
les Grecs ont-ils toujours et seulement dit 1tÀ(veoç, n'ont-ils réellement jamais connu &61X~ pour
l'.abaque. des chapiteaux? Nous retombons ici dans l'Hernel problème, non résolu, des
sources grecques de Vitruve et de son degré de connaissance de la langue grecque.

abalon, lieu où il esl interdif d'entrer: 65: fin vie-début ve siècle av. J.-C., contre le Portique
d'Antigone, sur quatre bornes en marbre blanc plantées au pied d'une construction semi-
circulaire, le mot est entier ou restitué, IHilX"t"ov; 147, A, 1. Il : en 300 av. J .-C., llup(J; t'w~ &.OhM;
156, A, 1. 25 (relecture Ph. H. DAVIS, BCH 1935, p. 80) : t'Œ1tfrW!J.IX1"(J; TO\) &:oŒ[t'ou ; 159, A, 1. 41 :
1"0 &OIXt'OV l((J;ll&:PIXGll(J;L; 174, J. 7: en 281 av. J.-C., 1t1"]WfUi.1"1X 1"0\) &.66.1"(ou]; LAPALUS, EAD 19,
p. 105 : sur deux bornes fichées en terre aux angles Nord et Est d'une construction triangulaire
adossée à l'Agora des Italiens, traces d'un A, et de AB(ot"t"ov).
C'est grâce à Délos, où - une fois n'est pas coutume - nos inscriptions sont directement
reliées à des constructions très particulières, que le sens d'&tl(J;t'QV peut être relativement bien
défini. En .effet, si les atLestations du mot en dehors de Délos, à toutes époques, sous forme
d'adjectif ou de substantif, ne sont pas rares', et montrent bien que l'interdiction d'entrer (dr;-
ootlvw) est de nature religieuse, elles ne renseignent guère sur la structure et le statut exacts du
lieu, comme on peuL le voir d'après quelques exemples:
- PraklArchEt 1910, p. 102 (= IG P, 870; Céramique d'Athènes): H6poç: h~EpO
Tp~"t"o1tot"t"P&OV h&:61X"t"ov,

(6) Cf. Vitruve, VII, 3, 10, et 4, 4, et sUrWut Pline l'Ancien, HN, XXXIII, 159, et XXXV, 31-32.
(7) Voir li ce sujet la démonstration de Ph. 8RUN''''U,' Le sens de ABAKIIKOI (Athénée, V, 207 c) et l'invention
de l'OPUS TESSELLATUM., REG 80 (1967), p. 325-330 (il a réaffirmé son point de vue dons le JS 1988, p. 19). De son
clllé, R. Ginouvès me fait remorquer que l'emblema, ou panneau de mosaïque inséré, est effectivement préparé sur une
plaque, avec un petit rebord. _ _ _
(1) La rubrique 11\&.."<0" dans la RË (par STENGIlL), est trils insuffisante; celle d'ORLANDO"- TRAVLOS, i-nikon, est
nettement mieux documentée.
-23- QCa.TOY

IG IP, 4965 (fragmenllrouvé sur l'Acropole; Vie siècle av. J.·C.): 6.Lo~ K«[1'}xt6&:'C"o[u]
&6«1'0'1/,
IG IV', l, 122, 1. 23 (Ëpidaure): :ltllP'lA)mù.«:It{WL h T(;n Œ[MTpt hcx6:0tu3t:, 1. 25 el
suiv. : ~c(ÀOw}.o 3'ix 'foi) «M'tou (voir aussi 121,1. 4 el 21; 126, J. 19, ele.),
- PATON-HICKS, lni!. Kos l, p. 8, décret nO 8, J. II : dans l'Asclépieion, T]O\/ xwpov &.6a.TO"
xaOdpw[ocu, teonsacrer le lieu interdit d'accès.,
- Ail. PergamQn VII 1, 3, nO 134 (sur un aulel ; époque romaine) : li ~!-LOC; xa.1 't'ô :ltlEp~o\xoô6­
Il'11.&4 xa.6l.éPWTl1t &yto'" xa.l &&:r:rov :ltiiGtv .x.,apwr;-Ot.l;, «que ('aulel et l'enceinte soient saints et inter-
dits d'accès à tous les hommeu,
- Plutarque, Dio., 7: rljv oÙO'a."II IXÙÀ1)V••• &'6«'tOY xa.l. à.VC!aMoV, .la cour élant interdite d'ac-
cès el sans entrée.,
Polybe, XVI, 12, 7 : TOÙc;; d~ TG >Où .6.U)Ç &.6«TO" lILMv:-œC;,
Pollux, l, 186 : &MT'OV, &3\1"1"0'1, &~IXITOV, &.Oéa.T'OV, â.v&.XT'Opov,
La Souda, et Photius, Laikofl : &6a.-rov . t&p6v, &.1tp6a~T'OV, IPllf1ov.

Les abala dé/iens, une référence.


A Délos, cas unique, se rencontre aussi bien le type de l'abalon complet que celui de
('abalon pourvu d'une porte - par un paradoxe qui n'est qu'apparent. En effet, les construc-
tions GD 34 et GD 71 sont explicitement dèsignees, par les inscriptions 65 et EAD 19, p. 105,
comme étant des abala : il s'agit là d'une petite portion de terrain circonscrite par un mur haut
de 1 m ou 1,00 m, de forme semi·circulaire ou triangulaire s, l'ensemble étant hypéthre, de
sorte que GD 32 (la Théké, d'aprés un terme employé par Hérodote, IV, 35) et GD 63, qui
répondent à la même description, peuvent aussi être qualifiés d'abaLon. L'abalon semi-cir-
culaire en blocs de granit (pl. 1, 1) date du courant du Ille siècle; auparavant, ce même terrain
était seulement délimité par les quatre stèles en marbre, à peine dégrossies. Quant à la mention
147, A, 1. Il, elle doit pouvoir se rapporter d'après le contexte à une partie de l'Archégésion J ,
et signifie qu'un abalon n'est pas nécessairement un enclos à part, mais qu'il peut être compris
dans un ensemble; elle a "avantage de montrer que, contrairement à ce que pourrait faire
croire l'étymologie, et la répétition insistante de l'interdiction sur les quatre stèles 65, l'entrée
dans un abaton n'est pas absolument interdite, puisque celui-ci présente une porte, en fait elle
est aulorisée à certaines personnes. Assurément, le linteau découvert par Ch. Picard près du
Mur de Triarius et portant, en lettres du IVe siècle, l'inscription 68 : ~iv(,Jt oÙX 60-1." Èo-([t;\IlX~),_à
l'étranger iln'cst pas pcrmis d'entre,., doit provcnir de l'Archégésion, puisque ses dimensions
s'accordent avec la porte Est (soitl'entrêc principale)4 de ce sanctuairc qui est exclusivement
délien, par définition, mais ce texte n'est pas vraiment en rapport avec l'abaton, car celui-ci est
intérieur: l'interdiction d'entrer dans l'abaton signifie que certaines catégories de Déliens ne
sont pas en état d'y pénétrer ou n'ont pas qua lite pour cela.
Il n'existe donc pas de forf":e spécifique de l'abaton, qui est manifestement davantage un
terme cultuel qu'architectural à proprement parler; il faut le rattacher à ces diverses lois
sacrées qui interdisent aux fidèles l'accès à certains lieux, réservés aux seuls prêtres ou du
moins à une catégorie du personnel religieux', à moins que les profanes n'aient auparavant

tl) Je l'l!pl'l!nd. en partie la description de BRUNEAU. Cul/el, p. ,16. Pour l'.balon !lemi-circulai~, voir plus
spkialement CoURRY, EAD 5, p. 97-102.
(3) F. RORIlI'lT, Thymlle(I939), p. 222 et n. 6, y voit la cour inttrieul'l!, detimitée par un mUl'l!l. BRUNllAl.I, Cul/e.,
p. 46 eL 425, accepte ce poinL de vue.
(4) VA ....OIt.' Archi~edure.l.' p. 73, n. 8. Je doislell ~marquell ':lui auivent Il J. Tri:heull:.
(5) Comme Il elIt dIt expllCltemenL dant CJG 111,4896, C. 1. 4 (Egypte; epoque pl.olemaique) : ol ~ TT,< h TWt
'ASb_.

,
&CaTOY -24-
satisfait aux règlements G• A Épidaure, l'abaton se rattache au rile préliminaire à la consulta-
tion; et dans la description que fait Platon de l'acropole de l'Atlantide, cité idéale, l'adjectif
«6111"0'1 est employé pour désigner l'espace inviolable, 7tI!:p~66;'(,H xpua(;H 'l'ttp~6t6k'1fl.ho'l, .. enclos
d'une clôture d'on?, mais où peuvent néanmoins pénétrer ceux qui accomplissent les sacri-
fices : on retrouve bien l'idée que l'abal.on n'est pas interdit pour tous.

Adyton et anaktoron, des synonymes d'abaton?


Peut-être sur la foi de lexicographes comme Pollux s, les auteurs modernes assimilent le
plus souvent «6IXTO'l et «ÔUTO'" ou &"'&'XTOPO'l, deux termes non attestés à Délos~, Il semble pour-
tant que des différences assez neltes puissenl être faites,
Si le mot adyton est fréquemment utilisé 10 par les archéologues et architectes contempo-
rains pour qualifier certaines de leurs trouvailles, il ne l'a guère été par les Anciens; outre
quelques références littéraires où le mot paraît être un équivalent de hiéron ou de naos Il, il faut
avant tout cit.er de rares emplois épigraphiques el un texte de Plutarque, qui montrent que
l'adyton (littéralement: l'endroit où il n'est pas permis de se plonger) ne représente pas un
enclos indépendant, mais très exactement la partie secrète, la plus reculée, d'un temple ou d'un
sanctuaire: dans le Temple d'Apollon à Delphes, c'est le local d'où s'échappe un pneuma u ,
dans celui de Didymes, c'est la cella à ciel ouvert, accessible par une succession de passages 13,
enfin, dans le Temple de Zeus 3 Sardes, où est pratique un culte iranien - c'est-3-dire que le
Feu sacré est conservé dans une partie réservée de l'édifice - , seuls les néocores flhérapeul..es
du dieu. sont dits dtrnoptv6!J.tvo~ dç"t"o «ÔUTO"', .entrant dans l'adyton., expression quc l'on
retrouve en Égypte dans des conditions, semhle-t-il, comparables 14, Le terme est donc plus
précis qu'&611"t"o'l.
Quant à anaktoron, s'il a en commun avec abaton et adyton de faire partie du vocabulaire
religieux avant d'êl.re un terme d'architecture, il est peu attesté dans l'Antiquité, et dans des
conditions très spécifiques. L'étymologie permet de remonter jusqu'aux tablettes mycéniennes

(6) Voir, à Délos même, l'inscription 2529, qui règlemente l'accès au hiéron du Mont C)·nthe.
(7) Cri., l1G c, 4.
(8) Pour des écrivains d'ép.oque chrétienne, voir ORLANDOS-TRAVLOS, Luikan, './J.
{9} Pour 111 différence avec l'rr''p''v, voir notre rubrique, infra. F. ROBERT, dans Thymélt, met souvent sur le
même plon les deux termes.
(10) Parfois d'une manière contestee: cf. M. B. 11oLLINSIlEAO, .Against Iphigeneia's Adylon in Three Maillillod
TClIlllles" AJA 89 (1985), p. 419-440. En dernier lieu, voir S. K. THAI,tolANN, The 'Adylon'in Ihe Gruk Temple, of Soulh
Italy and Sicily (Thèse Berkeley 1976, Xerox Ulliven, Microfilms, Alln Arbor, 1987), p, 2-23.
(II) HomèT(l, JI. V, 448 et 512; Pindare, O., 7, 1. 32; lIèrodole, V, 72, 3; Euripide, Jan, 938; Diodore de Sicile,
XVI, 26, 2 (pour Delphes).
(12) Plutarque, De la di,parilion de, oracle" 50 c.
(13) Didyma II, nO 3\),1. 13: h Tijt o.v",llo.<J~'"I'ii' h .klt o.a.J't"w" .dans l'escalier qui est dans l'adylon,; 427, l. 8:
lÙ.dl; hrl rl.1ii~l>'t"tlv; 493, 1. Il: .cv t.po\v <Ju'l"'wv .cv h roi) o.a.J'\"{)u, ~Ia couronne sacrée qui vient de l'odytono. On en
rapprochera l'inscription "'poxh-njl'" UU[rou] sur la maquetle du Temple A de Nihll, signalée dans notre rubrique
"'''FIl3't"!'I''''' infro.
(14) Cf. L. ROBERT,. Une nouvelle inllCriplion grecque de Sardes; règlement de l'autori\.é perse relatH Il un culte
de Zeuso, CRA l avril-juin 1975, p. 306-330, où l'auteur souligne bien qu'il ne s'agit pas nécessairement d'une partie
souterraine, d'une crypte, comme c'est souvent le CliS pour le mégarQn, ainsi que pourrait le raire croire la définition
d'Hèsychius et Photius, I./J. IiillU't"Ov ' .c a7t'ijÀ"'tOV ~ rl. ht6"~<>qlOv Il'~0' roû !4pOÛ, .la grotte 011 la partie cacbée du temple 0
(la rubrique Uu't"Ov d'ORLANDos-TRAvLos, Luikan, choisit pourtant d'adopter eette conrusion aU't"Ov - l''r''pov -
1lva.".Opov). Pour l'~gypte, voir A.-J. LETRONNE, Recueil de, ifllcripliofll grecque, el laline, de l'Egyple l, Pierre de
Roselle, 1. 42 (= ooJ, no) : on place des édicules t... 'to" &8{,-:-o«;; DGI, 56 (Tanis), 1. 4 : 01 &1ll\4P'" x"I1't~"" x"l 01 d,.Q
Iii~U't"OV d<Tltop,u61l1lW1 1'tp/ll; 'tQV orroÀI.O"Il?1v .wv !Iu;,v, t les archiprêtres et les prophètes et ceux qui entrent dans l'adyl.on pour
l'habillement des dieux o.
-25-
qui connaissent déjà un wa-na-ka, ancêtre de l'&.v(ll; homérique, le tseigneurt l6 . Le dérivé
&.v.xx't"opov désigne alors le .palais du seigneun, dans l'An/ho PaL, IX, 65, ou plus souvenlle
tsancluaire d'une divinité., mais dans le cadre d'un culte oraculaire ou il mystères, si l'on
considère les références littéraires et épigraphiques qui renvoient au culte de Déméter U , des
Cabires il Thèbes 11, de Thétis 18, et enfin des Grands Dieux de Samothrace l'. C'est le dispositif
de Samothrace qui autorise il preciser davanlage : le bâtiment conçu pour l'inilialion aux
mystères est facilement accessible il un grand nombre de fidèles, mais il J'intérieur est délimitée
une zone réservée aux initiés, d'après une inscription trouvée sur le sol de cette partie 20 ; cetle
petite salle, le 'Saint des saints., fonctionnant comme un adylon (même si le terme n'est pas ici
attesté par un document), c'est l'édifice tout entier, englobant l'adyton, qui doit être appelé
anaktoron, Toutefois, il Éleusis, il ne semble pas qu'une distinction adyton-anaktoron puisse
être faite U : dans l'édifice appelé Télestérion ou Bleusinion, le «saint des saints .., surmonté
d'un opaion, est l'anaktOrQn des textes.

àYYEiov : voir U3pELoV

courant: 5(X), A, 1. 24-25 : en 297 av. J .-C., dans un devis, ·d.. at à.yû{lXta. bd "t'où,;; (.LIXXPO)ù,;; "t"o{x.ou,;;,
1. 38 : "t"w'J &.ytP-IXL<lW ~x&tG"t'ou "t'pe:i,;; 7t68e:,;;.
Dans le devis du Temple d'Asclépios à Délos, l'épithète &.ytÀIXZo,;; s'applique aux corniches,
y&ZGIX; la restitution est d'autant plus justifiée que ces pièces sont opposées il celles des nngles.
Attesté depuis Homére au sens de «appartenant au troupeau., comme dérivé d'&.ytl.:'l, à.ytÀIXZo,;;
se dit cn effet dans un contexte architectural d'élèments «couranLs .., par opposition il. ceux qui
sont d'un type spècial.
L'expression est bien connue en dehors de Délos, dans d'autres Bauinschrillen 1 on re-
trouve la même opposition pièces courantes - pièces d'angle dans le devis de Livadie, pour des
pierres d'assise·; dans des comptes d'Éleusis 3 , il. propos de tu îles qui sont il. distinguer des

(15) Voir l'analyse de M. CASEVITz, dans Temple, el ,ancillaire. grec, (1')84; G. Roux éd.), p. 94. II ne me parait
pliS nécessaire de supposer, comme l'auteur, que ['assimilation anakloron-abalon avancée par Pollux serait peut-être
due au rait que l'on sentait alors anaktoroll comme un dérivé de IivŒril~ : la similitude de sens est une raison suffisante,
(16) A ~leusis: Ilérodote, IX, 65: -ro 1i~&;)(w~Q~ h' E4ooiV\: Athéllée, IV, 167 f: Il Kéléai prés de Phlionte:
Pausanias, Il, 14, 4.
(17) P. \VOLTERS, Da. Kabirenheiliglum bei Theben 1, nO lia: -ro c1..a.)(~o~o,.Ii,.i&,l'<Cl~. Le texte de cette inscription,
datable du lOf siécle ap, J.-C" a été réétudié par S. KOUMANOUI)IS, dans Chari8ferian (Milange,) A. Orland08 11(1964),
p. 7-21.
(18) Euripide, Andr., 4J et 117.
(19) Saint lIippol~·te, Haer., V, 8, 10.
(20) P. M. FIl,\SEIl, Samolhrtlce Il, 1 : The Inscriptions on Stone (1900), p. 118-119, nO 63: Deorum. 8tlCra qui nan
acceperunt, non inlront c1"'û'lw" ",-1) dalcv<>.., • entrée interdite au non-initié •. Description dans K. LEHMANN, SamQthrac~.
A Guide fa Ihe E:uavalion8 and Ihe MU8eum (1955), p. 45-47,
(21) Voir O. AUllENSOIIN, JDAf 70 (1955), p. 1-49, qui résume les conclusions de 1. TRAvLOs, .TII 'A"&"'NlPOH,
ArchEph )950, p. 1-16.
m-Voir ORLANl)Os-TRAVLOS, 1.exikon, ,.v.
(2) A. WILtlELM, AM 22 (1897), p. 180, !. 2 : ",;'>'&a'" &.~M.{w" )(Cl' yw{,.,<:>;lw,., • l'assemblage des pierres couranles et
des pielTes d'angle., el!. 20: 'ril", ~"),,,6ŒCl 'ril,. c1y(EM.{Cl~, ~Jll~ &1 y",,.,,,,l..[,., .Ie carreau courant, et celui d'angle •.
(3) IG Il", 1672, 1. 209 : >U:~ClfLŒIl'; œy,I.<:>;i<:>;•.
-26~

tuiles d'égout, ou de la bordure du toit, dites i)ye:!L6vt<;, .de tête .. 4 ; à Delphes aussi 6 , les blocs
courants du temple classique d'Apollon sont dits l't"),(v6o~ &:YIE:À(iüu, pour les différencier de par-
paings spéciaux appelés .xye:(J.6.,,~; pour le Temple d'Apollon à Didymes, des «YEMLOl (ÀtOo~) sont
opposés à quatre sortes de blocs, moins nombreux, ayant nécessité un autre type de taille
(chapiteaux de pilastre, parpaings, «faux-parpaings f, pierres a moulure en kyma), cc qui per-
met à W. Günther' de voir dans ces &.ytÀa.LOI des blocs courants allongés (ail. Normal ou
gewôhnliche Quader).

crochet, collier: 163, A, 1. 18; 165, 1. Il et 28 : en 276 av. J .-C., sur des portes, avec des gonds,
un mascaron, et diverses autres pièces en métal.
Ce n'est qu'à Délos que le mot &:yxuJ.:'l trouve un emploi architectural; le Lexikon d'OHLAN-
oos-THAvLos, S.V., comprend «agrafe métallique en forme de n, pour relier des pierres ou du
bois •. Si les rérérences déliennes suggèrent bien, d'après le contexte, un élément métallique
fixe, il semble qu'il soit difficile d'être plus précis, car l'agrafe se dit en principe 8EafL6.;; 1, et les
emplois courants du mot lÎ.yxUJ..ll vont simplement dans le sens d'une attache recourbée, du type
courroie de javelot, crochet de chaine, etc!. C'est ainsi que Vallois 3 en vient il proposer des
«collierSt pour attacher les' gonds.
Toujours à Délos, dans 165, 1. 17, il est question de faire des rXyxuJ"a,ç pour des vases
transférés du Pythion : plutôt que des agrafes servant à maintenir ensemble des morceaux
cassés, technique effectivement attestée dans l'Antiquité·, ce sont sans doute de banals cro-
chets pour fixer les offrandes au mur~.

<lyopO, 0\
(TETpâ.ywvod

4yopâ. : agora, place publique: 145, 1. 21 : en 302 av. J .-C., du bois d.;; bttô)"yrrlX';; -rijç rXyopiit;; 146,
A, 1. 44 : ~~80fLE'i 117rà x1jpuxoç b] -rijl &yopiil; 159, A, 1. 49: "rOC ~uJ"a, èx "roü nouJ..uMf!IX'i"rf)ç dt; rlj'i
rXyopll'i hiyXM~; 165, 1. 61 : transport sur l'agora; 199, A, L 47 : bE'i~YXlXat'i !(x "rPiç rXyopiiç ~u).( IX,
D, L 43 : proclamation &v -rijt à.yopiit ; 287, A, 1. 63 : en 250 av. J.-C., rljv x61t"pov ~E'iEtyxlXa~'i Ek
rXyop&:v,1. 77 : "rW'i XEPIXf!'8w'i hEtYXMt "roc xMO"f!IX"t"1X dl; &yop&:v; 290, 1. 203 : &7rà "roü nu6(ou !'i~XlXat'i
"t"ày X~PlXfLO'i dç lÎ.yop&:'i; 404,1. 6 : en 188 av. J.-C., ["roc tvOLXtlX? "t"}7jç &:yopii.;; (et 455, Ac, 1. 10); 455,
Ab, 1. 36 (et restitution dans 462, B, 1. 26) : XIX"rM>UU~'i "rW'i &tOW'i 1"WV h Tit &:yo[piit (mème

(4) Dans TG II", 1627,1. 307. Voir aussi la rubrique W~!L6vto~, infra.
(5) BOUSQUET, CID JI, nO 56 Il, l. 83, 56 III, l. 7,17,59 Il, 1. 26, 62 Il A, l. 7.
(6) hlA/ift 19·2() (1969-1970), p. 238 1. 26.
(1) Voir notre rubrique 3~!L6~, dans yi>fl'i'0~' infra.
(2) Voir les exemple~ de~ dictionnaires BAILLY et LSJ, ain~i que Photiu~, Uzikon : «x6.......ov, X<ll 'roi; «yxwYO~ ~
X<lf.1dj. Ai-yt=, X<ll ~ 3~'Œ ;(olp «yxuÀ7I_
(3) Architeclure Il, 2, p. 455. Il considère que c'est un ~ynonyme de 3I1Xn,Àw<;, .anneau., comme à ~pidaure, dans
/G IV', l, 102, 1. l. 74: 3I1xT\lÀ(oL<;; 'roV:; Y'YÀu"o[,,;.
(4) DEaNNA, EAD 18, p. 18, en donne de~ exemples sur des morceijUX de plat.eau de table.
(5) J. Tréheux me ~ignale le mot voisin !yx\lT't"pOV, qui doit avoir ce sens dan~ un inventaire de Pergè: voir
B. PACE, l1u8onia. Ria. della Soc. Ital. di Archeologia 10 (1921), p. 171-173.
- 27- uyopâ

formule: 768); 460 dl, 1. 8 : id. ; 461, Aa, 1. 14 : Td: évo!x«lt TW'I otxlJf-lhwv TWV èv Tt~ ciyopih, 1. 50 :
EtÇ Td: èv)otx«lt"t"Îjç &yopiiç, 1. 64 : id.; 1299,1. 20: au dernier quart du Ille siècle av. J.-C., d'après
la Chronique du Sarapieion, une aUiche est placardée &'1 rit IMaM ~ç &tyopiiç; 1645, 1. 2 : dans
une dédicace, XIXTIXaXEU&:o"a(V}r1X -ri)v &yopa:v; 2562, 1. 10 : dans un décret (?), [ipylX ?]~6fUV6ç TE-ri)V
«yopliv.
TnpUYwvos: agora tétragone: 1709 et 1725 : au début du ,er siècle av. J.-C., dédicaces par oL rlj\l
TE't"P&:YW'iO\I ÈpYIX~6!J.EVOt; 1831 : vers le milieu du Ile siècle av. J.-C., dans une dédicace, bctlUÀlJrljÇ
~ç TE[TPIXY&!\lOIJ?].

Les débuts de l'agora.


Dans les tablettes en linéaire B de Pylos et de Cnossos, les mots a-ko-ra et a-ko-ra-jo ne
désignent qu'un troupeau de bétail l . Néanmoins, certains archéologues n'ont pas hésité il
nommer. agora. des places situées dans des villes minoennes, il Mallia par exemple, et il y voir
de véritables assemblées reprèsentatives du pouvoir civique, avant même l'installation du
pouvoir palatial l . Mais dans l'état actuel de la recherche, il est permis d'estimer que c'est
plutôt par un abus de langage que ces places peuvent être dénommées agora, au sens où nous
avons l'habitude d'entendre ce mot: avant de présenter une certaine forme architecturale, la
notion d'agora sous-entend un type de vie politique particulier, lié il la naissance de la polis, or
nous ne savons pratiquement rien des premières formes du pouvoir politique en Crète, où la
chronologie reste aussi mal assurée 3 •
En fait, c'est chez Homère et chez Hésiode, soit aux Ville et Vile siècles av. J.-C., qu'appa-
raît le mot agora au sens d'assemblée populaire mais aussi de lieu où la communauté se
rassemble, donc une place publique, et c'est ce sens qui deviendra prépondérant '. Dans le h:poç
xuxÀoç, le «cercle sacré_ de l'agora, se rend la justice; y ont également lieu des jeux et des
danses en l'honneur des héros morts et de certaines divinités 5 • C'est peu à peu qu'à son rôle
politique et religieux l'agora ajoutera un rôle commercial', ce dernier étant net il Délos, où
l'examen des différentes agoras montre qu'il n'existe pas un type canonique pour cette struc-
ture. souple qui s'adapte aux circonstances et aux besoins.

(1) J. T. KILLEN, .Linear B a-kor-a-ja/jOt, Mélangt$ L. R. Palmer (1976), p. 117-12l.


(2) Il s'agit surtout de H. VAN El'l'ENTERRIl, dans ù Palail de Mal/ia el la cité minQenne. €tude de $yntMse
(1980); !!On point de vue a été ampliné dans La cilé grecque (1985).
(3) Demièfe mise au point par J.-CI. POURSAT, .La ville minoenne de Malia: recherches et publications
recenten, RA 1988, surtout p. 77·78. L'auteur se demande si le complexe crypte hypost)'le-agora de Mallia ne serait
pas tout simplement lié Il .Ia preparation de céremonies et de fétes religieu8es.; mèmes reticences chez P. CARl.lf:R, La
r{)yaulé en Grèce avant Aluandre (1'JS4), p. 19 et n. 82.
(4) A la vue d'ensemble sur le sens du mot agora donnée par RoI. MARTIN, Ruherchulur l'agQra grecque (1951),
avec le compte rendu de J. TREHRUX, RPhîl28 (1954), p. 91-93, il faut dè!!Ormais ajouter la synthèse de P. CARLlIlR, a.
c. (pour le stade antérieur Il l'époque hellénistique: est !!Oulignée l'importance dea scènes de conseil et d'a!lSemblée dans
l'/liade et l'Odys.ü), et celle de W. MÜLLER-WIENER, Griuhische$ Bauwe$en in der Anlîke (1988), p. 162-166. Voir aussi
ORLANDOS-TRAVLOS, ùzikQn, $./J. &y<>p&; on y ajoutera la dédicace d'une &yopŒ ~""Tlxi), .marché aux dellrileS ali-
mentairen, d:ms ulle longue inscription d'époque impériale provenant d'Oinoanda, éditée par M. \VÔRRt.F:, Stadl und
Ftst im kai,erlichen Kleina.ien (1988), p. 4, l. 10, et p. 67-68, où l'on explique qu'il s'agit, comme pour 1''''y<>pŒ ~o't"~xil de
l'Hékateion de Lagina, ou encore l'tX!Nil7l"w).L<; &y<>p« de Cos, d'une place 8econdaÎre dont la superficie est relativement
faible par rapport à celle de l'agora principale, bien qu'elle !!Oit située au cenve de la ville.
(5) C'est l'idée développée par F. KOLR, Agm'a und Thea/er. Volk$- und Fe$IQtrlammlung (1981).
(6) Les fouilles de l'Agora d'Athènes ont montre que celle-ci devint un lieu de commerce dès le VI" siècle: voir
O. B. THOMPSON, The Alhenian AgQra, An Ancienf ShQpping Cellier (EzcavatiQ1lS of the Alhenian AgQra Pic/ure Book
nO 12, 1971).
ayopG - 28-

L'exemple délien,

En erret, à partir de l'époque hellénistique, une ville d'une certaine importance possède
plusieurs agoras, qui se complètent, A Délos, comment se présentent ces places avant tout
marchandes? Si l'on excepte l'inscription 1645, qui nomme Théophrastos comme créateur
d'une place publique (= GD 49), vers 126-124 av, J,-C" toutes les mentions d'une agora, sans
précision, ne peuvent concerner que celle aujourd'hui dite des Déliens (= GD 84), à cause de
l'exèdre en marbre qui s'éléve au milieu et qui porte des dédicaces du «Peuple des Dèlienst
(pl. XXI). A condition de laisser de côté la place d'assemblée pour les panégyries (qui devait
exister dès l'époque archaïque comme zone réservèe au centre du sanctuaire, entre l'Artémision
et l'Oikos des Naxiens, place ensuite dallée et bordée par le Portique des Naxiens), l'Agora des
Déliens, aussi dénommée par la suite «Tétragone., est la plus ancienne des quatre agoras
déliennes : celle dite à présent des Italiens (= GD 52), apparemment nommée 1tOl.G"t",xç dans les
inscriptions 7, est une propriété privée financée et construite presque d'un coup par et pour la
communauté italienne, ce n'est donc pas ce que nous entendons habituellement par agora,
enfin nous ne connaissons pas le nom antique de la place que nous appelons Agora des Her-
maïstes ou des Compélaliastes (= GD 2); toutes deux sont de conception récente (deuxième
moitié du Ile siècle av, J .-C.).
Les inscriptions évoquent autant l'architecture de l'Agora des Déliens que son rôle
commercial et politique - celui-ci étant révélé par les actes du «peuple des Déliens. et des
dédicaces de magistrats, trouvés sur place, Mais cette fonction politique est mineure dans la
mesure où l'assemblée du peuple ne s'y tient plus, En fait, située à dessein près du débarcadére,
par où arrivaient les marchandises, couverte de petits monuments et de statues (en particulier
des hermès), la place existait déjà comme agora d'être délimitée par des portiques bien alignés,
Le plus ancien de la série, le «Portique oblique., qui la ferme au Sud, était arrecté au commerce
dès le milieu du Ille siècle'. Lui faisait initialement pendant au Nord un premier état du
«Portique coudé.; les (J"t"OIX! des inscriptions 455 et 462 sont les deux ailes de ce même portique
construites dans le premier tiers du Ile siècle Il, sur les côtés Nord et Est de cetle place à peu
près rectangulaire (c'est en effet le sens, ici, du terme 1"E1"P,xywvo, 10), Permeltanlla communica-
tion entre l'agora et la mer, le • passage., 8!o8oç, dont il est question dans la Chronique du
Sarapieion (1299), doil être celui qui est percé dans le mur Est du Portique Sud, lequel borde
l'agora sur sa face occidentale depuis le milieu du Ille siècle. Le compte 287, B, 1. 142-143, cite
un Agoranomion, que Vallois propose d'identifier avec« un bâtiment long et étroit .., «un appen-
tis adossé au mur Est. l l de ce Portique Sud: à l'intérieur, les agoranomes devaient conserver

(7) Voir la rubrique """n&<;, jnfra,


(8) El peul-être même déjà avanl, d'après les recherches inêdil.es de Ch. LLINAS, l.! Agora Titragone à Délot
(Thèse de docwrat d'ét..al, Paris, 1971), surloul p. 602.
(9) VALLOIS, Archiltclurt 1. p. 65, pense en effet que les murs du nouvel alignement, avec les magasins, pour-
raient être plus anciens: on aurait complété une construction antérieure (Ch. Ll.tNAS, o. C., parle d'une .Stoa Nord
primitive.).
(10) Il est inutile de revenir sur les hésitations des érudit.s, (Illi cherchèrent longuement où se trouvait l'agora des
inscriptions et ce que signifiait exactement l'expression n,.p~y(,lVl,l' : voir la récapitulation de ROUsSEl., Délot colonie
alhtnitnnt, p. 294 n. 1. Pour un autre sens du mot, voir la rubrique "tM:xUl;, infra. On connalt d'autres cas où l'adjectif
s'applique il une agora, par ex. : Ins. EphtsOS 3, IK, '10 3005 (= Par.ch, Ephtsos 3, '10 5), 1. 13: k rlr- ~"p~y(,lVl,l~ <i.yopiv;
voir aussi M. SÈVE, BCU 103 (1979), p. 347. Pour une variante de celle formule, cf. H. SIlYIlIG, Scrlpla 1>0"'0 (1985),
p. 247-248 (= CRA/1940, p. 248-249): une inscriplion de Palmyre nomme le "'""P~'lllV, c'est-à-dire l'agonI reet..angu-
laire de la ville, également bordée de portiques.
(11) ArchilechJrc l, p. 65. Mais Ch. LUNAS, O. C., p. 145-149, souligne la fragilité de cetle hypothèse; cet appentis
est une construction très négligée, n'ayant pu servir qu'à titre temporaire. En tout état de cause, l'Agoranomion
pouvait se trouver dans n'importe lequel des portiques du marché,
-29-
les ët.alons des mesures publiques nécessaires aux marchands Il, el percevoir la location des
• bouliqueu de l' Agora, olx~fLlXTIl. Le même Portique Sud, avec ses multiples salles ou magasins,
devait aussi abriter des banquiers Il. Sur celle agora, on transporte des tuiles ou du bois pour
des (ré)adjudicalions, on y vend jusqu'a la fiente des pigeons, qui sert d'engrais; diverses
proclamations y sont failes, c'eslle lieu public par excellence. Il apparait aujourd'hui dallé, de
la même façon que l'Agora des Compelaliasles : ce dallage doit donc dater de l'époque athé-
nienne 14.
L'allure de l'agora de la dédicace 1645 est bien dirrérenle. On a longuement débattu du
rôle exact de Théophrastos : en quoi a-t-ill8ménagét le lieu, xa.Ta:GXCUâ.aar.YTIX? A vrai dire le
terme est vague, el les conslruct.ions qui bordenl celle agora au Nord sonl pour la pluparl
anlérieures à Théophraslos. Celle place sans plan précis, à peu près parallélipipédique, n'esl
faile que de terre ballue, boueuse les deux tiers de l'année; elle a été remblayée I l - c'est ce
travail que Théophraslos a dO prendre à sa charge - , et toutes ses faces étaienl à l'origine
encombrées d'ex-volo divers, aujourd'hui seuls les côlés Nord el Est le soul.. encore. Proche du
débarcadère, clle aussi devait servir au commerce, la dédicace du monument de Théophrastos
étant d'ailleurs l'oeuvre de marchands. Il ne fait pas de doute que son rôle élail, comme on l'a
dit, de .désengorgert l'Agora des Déliens, dont la superficie était assez réduite, et qui ne
pouvait de toute façon pas s'étendre puisqu'elle était bloquée de tous les côtés - et d'abord
par le Porlique de Philippe, qui la coupe des quais el la prive de dégagements: l'importance de
l'Agora des Déliens n'ayant pu que décliner à parlir de 210, date de l'érection de ce dernier
portique, c'est en fin de compte l'Agora des Compélaliasles el, plus au Nord, celle de Théo-
phrastos qui consliluerontle véritable prolongement du débarcadère. Sur cette simple -espla-
nadet 1', il n'y avait pas, semble-t-il, de bâtiment important, il faut seulemenl supposer des
bouliques pour le st.ockagc ct la vente, dans les maisons le long de la mer; cette agora n'était en
somme qu'un carrefour ouvert, une de ces places qui sont de • simples dégagements... (Iequels)
ne trouvent leur raison d'être que dans la présence du quai ... el sont des lieux de passage
quasiment obligatoire., selon les remarques de Ph. Fraisse l7 , qui oppose ces places sans
contours nets à l'espace quadrangulaire de l'Agora des Déliens, cernée par des portiques, selon
des formules inaugurées en Asie Mineure 1', HOUrt plutôt que véritable place selon lui, et
.faire-valoirt des édifices qui l'entourent.

Le problème de l'Agora des Italiens (pl. XXII, no 52).

Reste le cas de l'Agora des Italiens, sur lequel nous Ile saurions passer dons la mesure où elle a été
l'objet d'une polémique, peut-ôtre non close, entre Ph. Bruneau et F. Coarelli, fi propos de la dest.inat.ion
et la fonction réelle de cet espoce u . S'il est. indéniable que l'Agora des Italiens présente une ressemblance
formelle avec n'importe quelle agora hellenistique encadrée par des port.iques, iln'en demeure pas moins
qu'aucun texte anlique ne l'appelle agora, si bien qu 'après sa découverte elle rut d'abord nommée. Schola

(12) ROUSSE", mtOi colonie (lt/ltnienne, p. 179, et VIA", t:H.1(U. p. 233.


(13) R. BOGAERT, B(lnquu el bunquie... do1l$Iu cita gl"«fluu (1968), p. 186.
(14) ROUSSE", o. c., p. 2'96 n. 2; d. Ch. L"'NAS, o. c., p. 601 : .aux environs de 130 probablemenh.
(la) Voir la rubrique x., infra.
(16) L'expreMion est de ROUISE", o. c.. p.298.
(17) Dans .Anal)·§(! d'espa«:l urbains: les .plac~u il ~IOSI, BCH 107 (1983), p. 301-313 (où est qp.lement
rer.um~ la chronologie de l'Agora des ~Iiens).
(18) C'est le type rteent. que PauHnias (VI, 24, 2) II(lmme • ionien 1; il (!!it surtout illust.ré par l'Agora Nord de
Milet.
(19) Voir M. Cocco, PP '<!5 (1970), p. 446-449; Ph. BRUNEAU, BCIl99 (1975), p. 27J..275; F. CO.. RfI ...... dans /Mo
e r t/aIÎa. Op. Irul. Romani FÎnlQndiae 11 (1985), p. 557-564; Ph. B.• Bell 109 (1985), p. 557-664, et III (1987),
Il. :tl1..J39: .L·esela\'llge i\ Délos., MelQngn P.I.iNqlle, 3 (1989), p. 41-52. En dernier lieu, N. K. RAUH, RCfl116
(lm). p. 293-.1Xl. r voil IIR '''I"hli~''''m,,"1 ,1.. ~I'....rl .... v...· '''1 fni'.:enu d·lls!'!'1. bon$ argllnlenU.
-30-
Romanorum., pour bien marquer qu'il s'agissait d'une propriété pnvee, du lieu de réunÎon que les
Italiens de Délos s'étaient aménagé vers 100 av. J.-C. C'est du moinlll'opinion traditionnelle, admi&e par
lu fouilleurs de Délos; elle a été refusée en 1970 par M. Cocco, qui a préféré voir là le marché aux esclaves
de l'Ile. Elle a avancé plusieurs argumen18: Délos était, selon Strabon (XIV, 5, 2), un gros marché
d'esclaves, or celui-ci devait Ile tenÎr plus Spécialement au lieu dit. Agora des Italiens ft caf il est. voisin du
port, vasle et bien clos, avec un utile complexe thermal eL surtout une cour centrale - non dallée, au
contraire de l'Agora des DélieRa - ou l'on pouvait rassembler les esclaves quand il~ Il'étaient pas parqués
dam les étages supérieurs.
Ph. Bruneau a facilement montré qu'il n'y avait aucune raison sérieuse de voir plus spécialement
dans l'Agora des Italiens le lieu de commerce des esclaves; pour lui, la position de celle Agora s'explique
par .Ie désir probable d'édifier un ensemble symetrique de l'Agora dite des Déliens par rapport au
sanctuaire d'Apollon •. Cet ensemble présente d'ailleurs une décoration de mosaïques et. de stat.ues qui
peut paraltre t.rop riche pour un 'parc il esclaves •. F. Coarelli est ensuite revenu sur la question, en
rérutantles contre-argumentJI de Ph. Bruneau. Il conteste, en particulier, que l'épigTaphie désigne ce lieu
comme purement italien, et persiste il penser que c'est. l'endroit de Délos le mieux adapté pour un marché
d'esclaves, la dénominat.ion • Agora des Italiens. étant conventionnelle et tout' fait discutable. Les
caractéristiques originales de ce grand monument n'ont pas trouvé, jusqu" présent, d'explication ration-
nelle, or l'hypot.hèse .marché aux esclaves. conviendrait. bien mieux qu'. Agora des ltalienu. Coarelli
insiste, entre autres, sur son caractére fermé, et souligne que d'après l'épigraphie non exclusivement.
italienne de l'édifice Philostrate d'Ascalon y joua un grand rôle; en outre il est semblable à d'autres
bâtiments qui pourraient bien, eux aussi, être des marchés aux esclaves, comme le Prytanée de Magnésie
du Méandre etl'Agoro d'Éphèse. On accordera à Bruneau que ce Prytanée ne ressemble nullement'
l'Agora des Italiens, tandis que l'Agora d'Éphèse Hessemble simplement à bien des agorau, qu'un
complexe thermal, ou demeurant petit, n'avait vraiment rien de nécessaire pour un marché aux ellClaves,
et que d'autres édillces déliens n'ont aussi pour accès qu'un étroit couloir, sans qu'il (aille y supposer une
prison' esclaves. On lui accordera également. que si la fondation de l'Agora des Italiens peut être
remontée vers 130 av. J.-C., cette date n'a pas forcêment un lien avec la révolte des eselaves atleBlée'
cette époque. Dans le BCH de 1987 Bruneau reprend un dell arguments Iell plus troublants de Cocco et
Coarelli, à savoir l'étroitesse de l'accès il l'Agora. Certes, les propylées que l'on voit actuellement., et qui
représentent une large entrée, ne sont pas d'origine, mais on peut. tout de même trouver' l'angle Sud-
Ouest de l'Agora un espace libre large de 6,20 m, barré par la suite, et qui a pu jouer le même mie
d'ent.ree.
II est certain que la thèse de Cocco et Coarelli ne peut, telle quelle, emporter l'adhésion. Il n'en
demeure pas moins que l'Agora des Italiens pose un problème, sa ressemblance avec le plan des agoras
hellénistiques étant quelque peu superficielle - les boutiques, en particulier, n'y jouent qu'un rflle
secondaire - et sa fonction n'étant pas clairement définie.

lyw; lLylorY'i : voir 1C0000~W

lÎttôs, li
(c"f:TUlio~, -oY; Èft"QUTLOV, Tc); hrCllfti~, 'IJ; ICQ.ToA.TLOS, "'OY; ft"ClfKIU'~1 'IJ)
MTO~ : fronton, tympan: 154, A, 1. 47 : en 296 av. J .-C., pour la fenêtre TOU bt'['O]p-royuoU otxou;
500, A, 1. 29 : en 297 av. J .-C., dans le devis du Temple d' Asclépios, &:VO[!]~It~ TOÙÇ «noùç bc(l TO]
lV7tpoaOtv ylttaov, 1. 31 : TtpOç -ri)v XI1"l"11lf1op«v TOU «nou, 1. 32 : TŒ 8i: fL]~o"l1 TWV &.nwv ix TOU Mol;
il:vxotÀonvhw, 1. 37 : [llf1'ixa.dpou TOU «nou); 1409, Ba Il,1. 44 : au milieu du Ile siècle av. J.-C.,
dans un inventaire, «nouç 11.
-31 -

eW:T'ClLoo; (Ai.80';): (pierre) appartenanl au (ronlon : 104-24, 1. 31 : au milieu du IVe siècle av.
J.-C., dans un compte concernant le Temple athénien, fup(o); TW.... IXltn{IX(W h TWI T}o(XW~ TW~
6ma6a0 1(60.;;; 500, A, 1. 36 : dans un devis, (bnx6~«.;; 3~ TOÙ';; «tn~(?}oUl; 7tpà.;; -rij XŒTIXqlOp«V, 1. 42 :
(~u(n:~ 311 r.llvt"WV T]<:JV IX~nl4!w)v "T'i.;; fÙv ~act{.;;) xor.l bn8ŒaclÇ.

Ina"no... : pelil couronnemenl de (ronton : 421, 1. 17 : au début du Ile siècle av. J.-C., dans un
inventaire, marnOV (~u]1&[v)o(\I fLCfl01UÔSWIÜW....] (même formule dans 442, B, 1. 168; 443, Bb,
1. 92; 444, B, 1. 8).
è'll'Cl~ni.s: sima rampante: 5(X), A, 1. 40 : dans un devis, hnOi(":"w rn«~n-(3«.;; xor.l Àtovnnulf'lÎÀou,;; iy
y]wvuu.
KGTeUI.OS: rampanl : 500, A, 1. 39 : dans un devis, bd 3i TWV yt(awv TW\I xlX-rlXcnwv.
nupa.ni.o;: sima rampante, ou bloc d'angle inférieur de la sima rampanle: 161, A, 1. 55 : en 279
av. J.-C., dans le Pori nos naos, -rllto:; 7t«p«c-r13IXO:; &por.t xor.l -rllt.;; 3oxo61)x«e:; i7tITp~aor.~, 1. 80 : faire -rllte:;
7tor.plXu13«e:; dans le Temple d'Artémis.

Un terme bien représenté,


En ,'occurrence Délos ne se singularise pas: dans Lout. le monde grec, à t.out.es époques,
,zcTllç se rapporte clairement. au • fronLon. ou, à l'intèrieur de celui-ci, au t tympan t, le mur
triangulaire qui en constitue la partie principale et parfois, par extension, au toit ou aux
parties supérieures de l'édifice. La liste d'exemples qui suit. n'est pas exhaustive; je l'ai seule-
ment voulue significative 1 :
- Th. WIEGANO, Die archaÎ/Il:he Porosarchileklur der Akropolis zu Alhen (1904), p. 38 : sur
un bloc de l'Hécalompédon, comme marque de destination, or.Ù:Tii',
- le terme esl courant dans les comptes de construction de l'f:rechtheion, ainsi dans IG
1',474, Il,1. 187, 216 : yc'io:lX bd roe:; «ttT6ç, .Ies corniches pour les frontonSt,
- IG 11', 1668, 1. 39 (Arsenal du Pirée) : rn(61)acl ml TOÙO:; 'rO(XQUl; ycia« xuxÀWt xa:l TOÙÇ
IXte-roù!; otxo3ofl"'a~ xor.t yt:'io:« rnL6T,att xor.-rIXth~, .il posera sur les murs, loul autour, des corniches,
el il élèvera les frontons, el posera des corniches rampantes.,
IG IV', l, 102, l, 1. 89, 98, 99 (Temple d'Asclépios à t::pidaure),
- BeH 64-65 (194~1), p. 371. 9 (devis de Livadie) : do:; -rov «teTll\l,
- IG VU, 3170,1. 7 el 9 (Orchomène) : i\I TOV ,zcro\l èrd TW Ta.If'W 'Wi:i K«)J..(7t[1t'w, .dans le
[ronlon sur la tombe de Callippes,

(1) Bonne rubrique globale UT....... dans la RE, Suppl, Band IV (par EIIY.RT); voir aussi E. WIST""ND, Eranol 40
(19-12), p. 167sq., et OAUNDOS-TRAVl.OS, Lnikon, 1.0. hT6I;, liT.......' et les mots dérivb. L'étymologie est ginérale-
ment consÎdérée comme inconnue, mais pourrait bien él~ lémitique, d'après B. Ihlll1ll8IWINGEII, t De la méconnaill-
sance de quelques étymologies grecques t, Glolla 48 (1970), p. 42 : "teTbC; peut en eUet él~ rapproché de l'héb~u «yit,
toilleau de proiet. Pour la controvel"lle au sujet de l'application du nom de l'aigle au rronton, /1 partir d'une ode de
Pindare, on peut consulter B. LAPAl,.utl, 1A: (ron/on .cufplé ~n Gme... (1947), p. 66-69; M. C. SAH1N, ZPE 44 (19EU),
p. 146, imagine que les Grecs ont adopte le terme adcu pour leurs rrontonl /1 l'imitation des Ëgyptienl et des Hittites,
qui utilisaient le disque solaire ailé comme emblème de couronnement sur leul"ll monument. : l'hntOthê!le pa.... lt
tuperllue. Dsns tous les cas, lol"llqu'un texte emploie le mot ÙT&<;., il existe un risque de conrusion avec l'animal: par
ex., dlns Sgfloge', 996, l. 15 (Smyrne), il raut comprendre tl'tigle de Zeus> et non un fronton comme le pensent
OALAI'H}oIl-TRAVI.OS, Lu:ikon. de méme pour JGR IV, 809 (relevé /1 tort daM l'Index des tennes d'architecture des
/GR),
(2) «.1cT6c; est la ronne attico-ionienne anc~nne, dans les textes antérieul"ll à JOO av. J.-C. (cf. les invenLtires
tthéniens de l'Artémision délien, qui nomment un bijou "lnôç), maÎs bw.; exprime la tendance /lIa re<!uction de la
diphtongue. Remarquons que dan. le devis 500 est restituée III rorme ~, alors qu'on lit dans le méme texte
xaTdnGç : pour cette raison, il vaudrait mieux écrire hn&Lol; - si toutefois l'on accepte cette restitution.
Q,nos - 32-

Pausanias, 1,24,5 (à propos du Parthenon) : 07tôo-a. tv 'ro'i'ç xa.ÀOUl-lÉVOlÇ à.no'i'ç XE:'i''ra.~, flout
cc qui se trouve dans cc qu'on appelle les frontons.,
- Aristoph<lne, Ali" 1110 : 'r<xç y<xp ul-lwv otx(aç l:pÉo.jI0IJ.tV 7tpOç atn6v, tvOS maisons, nOU5 leur
ferons un toit avec un fronton. a,
- IG X IV, 644 (Bruttium, IIIC siècle av. J .-C,) : Ù7tO orov aù'l"ov Œnov Ù7tEÀOE:'i'v, • venir sous le
même toit. 4 .

Pour désigner cette partie de la construction, conséquence de l'invention du toit il double pente 6 , le
grec possede encore d'outres expressions, plus rores : le dérivé "l'Ô il:hw!J.a: ou a.hw!J.ll, qui dans l'ensemble
est d'un emploi plus tal'dir l , le mot très imagé 8éha., rapporté uniquement par L 8l::l<l<EIl, Anecd. Graeca,
202, 1. 20 : &:n'o,;; 7tp0mJÀluo,;; . '1"0 VÜ"" 4yo!J.cvo"" iU"l"W!J.Œ il 80''I"a:, de même que mip';;, 1 J'aile., n'est conn4 pour
ulle moitié de fronlon que par de rares exemples, dont la Souda: lt'l"ép';; 'ŒE'I"W!J.ll'l"Œ '!"Ii 'l"W"" LEpwv auyâ.o!J.a:"l"a.
1t'dpUYŒ';; xa.t il:tt'OOç xa.Àoüow, 1 aile les tympans, qui sont les toits des temples, on les appelle ailes et
rrontons l, et le Lexikon de Photius: a:!t:t'O( ''I"à. 1tpOv6!J.~Œ '1"(;,." va:w.. . XI;ll 't'à. <PŒ'l'\IW!J.a:'I"Œ "l"W"" bpo<pw.. . , 3tà. "l'Ô lO(xt""Œ~
7ITép';;t.. . &:t'l"OÜ, • frontons: le privilège des temples, avec les lambris des plafonds, parce qu'ils ressemblent
aux ailes d'Un aigle.', Quant à 't'1J!J.1ta.vo.. . , il n'y a que Vitruve pour lui donner Ulll;Cns architectural, qu'il
s'agisse de la surface triangulaire formée par les corniches (III, 5,12, IV, 3, 6 et 7, 5) ou d'un panneau de
porte (IV, 6, 4), remplissant lui aussi un vide.

Les mentions déliennes témoignent que le mot à.n6ç n'est pas reservé aux toits des temples
et autres grands édifices publics, puisqu'on fabrique aussi un fl'onton pour la fenêtre d'un oikos
(154, A, 1. 47), Il fauL alors songer au dispositif de la Maison aux frontons', ou même il la moitié
droite d'un linteau en marbre sculpté comme un faux fronton, trouvé dans la tcitcrne. de la
synagogue (pl. XX, 67) 8, Quant aux a.è"l"Ot qui apparaissenL dans des inventaires, si leur significa-
tion exacte nous échappe souvenL (oxh6ç en bronze dans 1443, C, 1. 6,9: sans doute un aigle), on
remarquera que dans 1409, le contexte suggère du bois, el, la presence d'éléments d'huisserie, à
la ligne suivante, invite il se demander s'il ne s'agit pas, là aussi, d'un placage décoratif
surmontant une baie, Dans l'inventaire de l'Artémision se voit un élément de collier, at&"l"oç
à.pyupoç (lOI, 1. 28; 104, 1. 97,98, 102; c'est le même qui est dit8]t.a.7t&7t"l"WXWç dans 338, Ba, 1. 4),
qui n'est pas sûrement interprétable: on peut songer à un aigle en pendentif, mais aussi il un
fermoir de collier en forme d'aigle, plutôt qu'a un petit fronton en or, pour ces naïskoi bien
connus dans la bijouterie hellénistique 10,

(3) En fait, il y a ici un jeu (calembour) sur le sens du mot: ,un toit en forme d'aigle •.
(4) Il faut manifestement voir ici une métonymie.
(5) Cf. LAPALl)s, o. c" p. 69. En dernier lieu, Th. SCHATTNER, dans Akten de3 XI//. fntem. Kongruus flir Ktuu.
ArcMologie, Berlin, 1988 (1990), p. 405-407, estime, il pllrtir d'un modèle trouvè Il Cliltanissett.3, ou le mur de fond du
fronton est en pente vers l'arrière, que le fronton aurait étè IIjoutè après le milieu du Vll" siècle il un toit en croupe,
celui-ci étant la forme de couverture commune ct III plu~ ancienne, Le frollton est fi distinguer du pignon, SII1l~ bar....,
hori7.0ntale V/eilon): voir GINOUVP-s-MART1N, Dicfionnaire méthodique Il, p. 127.
(fi) Voir les rèfè....,nces d'ORLANDos-TRAvLos, uzikon, 3.~. <i.h""fL'"
(7) Coiltrairement li ce qui est ècrit dans ORLANDos-TRAvLos, f.e:ûkon, 3./J. rnpuf;, le mot n'a pas un sens
arehitectural dans 440, A, 1. 3'2, où il est question d"ailest pour une statue.
(8) EAD 27, p. 134, 136-137: c'est une marque de l'innuence de la grande architecture publique dans des
constructions plus modestes.
(9) Voir BllUNIiAU, Culfe3, p. 485, pour le fragment de la synagogue de Délos, comparé il un autre faux fronton
d'Abdère: J. BOUSQUET, BClIfi'.? (1938), p. 51-54. On connait bien, ailleurs, ces pièces plaquées, dècoratives, dont la
vogue ~era grande il l'èpoque romaille: d, M, LVTTELToN, Baroque Architcclure in Ctauicat AntiquiJy (1974), par ex.
fig. 110 (fenêtre de la cella du Temple de Baal li Palmyre), et 112 (niche du Temple d'Isis il Pompéi). Dans le même
livre est iIlu~trée l'extrllordinaire favcur de ce détail ilOUS IH Renaissance, par ex, fig. 6 et 9.
(10) Quoique rare, l'aigle en pendentif exisle dans la bijouterie hellénistique: catal. TrW3ure3 of A1I1:ienl !I1audo-
Ilia (Thessalonique, 1979), pl. fi nO 10, et 25; r. MARSHALL, Ca/at. of fhe J~wellery in ( ...) the British !I1a8eum (1911),
nO 1682 et 1933. Pour l'inwrprHlIlioll ,fermoin, voir W. DEONNA, ~a:J: élud~8 de symoolisme retigicu:J:, La/omus 16
(1955), p. 113-114 ; R. Larflneur, Il /llli je dois toutes ces précisions, préfère cette dernière interprétation pour les bijoux
déliens, plutôt que celle de t (ronton. (en or).
-33-

La famille d'&:trÔ,;.

Il convient de s'altarder sur les termes de la même famille, parLiculièrement nombreux


dans les inscriptions déliennes Il. Les (Xù;'n(XtO~ Àt60~, • pierres du fronton t, présents dans un texte
d'époque athénienne el un autre datant. de l'Indépendance, se retrouvent dans les comptes de
l'Érechtheion I~. Le sens de l'épithète xoc't"oc(~)htor;, également connue en Attique et toujours
appliquée il des corniches, est conforme à l'étymologie: elle qualifie les pièces obliques, descen-
dantes ou Hampantest 13 , qui délimitent le triangle ainsi formé. Le substantif rnrxLt1"k ne laisse
pas d'être embarrassant: en effet, le mol n'apparaît à coup sûr dans aucun texte grec, et la
restitution de 500, A, 1. 40, ne repose que sur la phrase de Vitruve (III, 5,12) : insl.lper coronas
simae quae Graeci htIX~ET(aIXC; dicunt; le terme est t.out.efois généralement. admis par les spécia-
list.es 14, d'autant qu'a Délos est bien at.testé TO &1"ta.É:·nov. Mais si &1"ta.E'rte; doit. s'appliquer à une
.sima rampant.e., Vitruve faisant foi et. la corniehe Hampante. étant dislinguée dans la même
inscription par Xa.'l'a.É'l'IOe;, rien n'assure qu'il faille t.raduire de la même façon pour le diminut.if
&1"ta.tTtOV, l'étymologie et. le matériau - du bois - suggérant. lout aussi hien une corniche en
guise de couronnement de front.on. Faut-il rappeler que l'on trouve en At.t.ique yEi'O'a. t1"tl '!'Oùe;
o:z:tt'l'OUe;, ainsi que nous l'avons relevé, comme synonyme de Yt~(Ja. XIXTIXthtllt ?
En définilive, c'est 1tIXpllt{t)n{c; qui a fait jusqu'ici couler le plus d'encre. L'expression
1"ta.pllttt'l'tate; ÀtOV'l'oxÉ:<pIltÀOt, • il t.êtes de lions t, présente dans des inscriplions att.iques 15, mont.re
qu'il faut y voir une forme de chéneau. Si l'on s'en tient il l'ét.ymologie, c'est. encore une fois
l'idée d'une pièce limitant. les t.ympans qui vient il l'esprit., mais a priori elle ne serait. pas
nécessairement. rampante, 1"tlltpli signifiant seulement. «auprès de t, .le long de t. Toutefois, le
passage délien 161, A, 1. 55, qui subordonne le percement. de t.rous pour recevoir des abouts de
pout.res à l'enlèvement. des 1"ta.pa.nt3a.e;, cont.re 24 drachmes, invit.e bien il y voir des morceaux
rampants, car ces poutres doivent être des pannes sout.enant les chevrons 14. La plupart des
savants 11 en ont donc fait. un synonyme pur et simple d't1tIltLtT!c;. Mais l'objection de R. Martin
doit êt.re prise en considéra lion : «les rampants, en Allique ct. à celle époque, ne port.ent pas de
gargouilles en tête de lion, où elles ne joueraient aucun rôle; celles-ci sont. réservées aux ché-
neaux latéraux t, il propose donc d'y voir« les pièces situées aux angles inférieurs du front.on _Ill.
A vrai dire, rien n'empêche que 1"tGl:pa.(t)ET!e; puisse se rapport.er, dans certains cas (comme à
Délos), à la sima rampante tout. entière, dans d'aut.res (en Atlique et à Épidaure), plus parti-
culièrement au bloc d'angle inférieur de cetle sima.

(11) Il ne manque que T.J. h:u.iT..., .Ics figures du fronton, les sculptures tympllnaleso: voir ÛRI.ANDOS-TIlAVLOS,
Laikf)11, S.V.
(12) IG 1', 474, Il, L IBO.
(13) Suivant une • pentu, UT/llf'<>pd: voir la rubrique correspondanle. infra.
(14) Par ex. MARTIN, Manuel, p. 74 n. 7, et ORLANDOS-TRAVLOS, uzikon, s.v.
(15) IG III. 1627, 1. 302-304; 1666, B, L 15, 19-20,28-29.
(16) Nombreux exemples de tympans ainsi entaillés sur leurs versants dans les planches illustrant HODGE,
ltloodwork of Gruk Roof'.
(17) EBERT, Fachausdrücke, p. 44 (d'aprés une analyse assez confuse de l'expression dans les comptes du Teml)le
d'Asclépios il ~pidaure, IG IVI, l, 102, L 100: lt<1pal..nŒou; ul &Y'''Q~ou; ull*6pa TI'I;:~ &"p",'"')p(<>u;); ÛRLANOOS, Mal~­
riaux de con,lruetirm l, p. 87. semble assimiler les ltlp<1..u3t~ lt<1p&p<>\, les 1l;/lp/lc'l'Œt<; ell'htll'.n!~, mais ÛRI.ANDOS-TRAVLOs,
Laikon, s.v. 1t/lp/lnk, voient ici .Ia sima des 10ng9 côtés de l'édifice.; HonGE, ltlooduwrk of Gruk Roofs, p. 119, suit
LSJ : Haking sima lite 0, • lite on ra king cornice., toul comme BUFlf'OFlD, Noies, qui restaure en oulre [ mzpll"}rŒ",~
Mo dans IG IV', l, 111, A, 1. 1. De son côté, F. CoUIlIIV, BCH 45 (1922), p. 17, voyait aussi duns les 1l;<1p<1n!llc~ .Ies
tuiles de rive des rumpllntlll.
(18) MARTIN, Manuel, p. 74 el n. 7. C'Hait déjà l'opinion de LATTERMANN, BCH 32 (1908), p. 300, loujours en
partant de$ inscriptions atliques qui, comme celles d'J'.:llidaure, Ilssocient l'expression li des tuiles de bordure, -lrrc1l6~t<;.
Voir llussi Roux, Arch. Argolide, p. 105 :. pièces de raccord, les chéncaux d'angle avaient donc un caraclère hybride et
participaient fi la fois du chênellu de façade (ltllflll<.n!Ç) et dll chéneau laléral (h<>'n"KC<pV.-l)), d'où leur nom, dans
certaines inscriptions, de lt/lfl/l,mç ÀWYTOKCIf'/lÀi) •.
à8p<iUO'TO'i - 34-

ü9pa.uaTO'i, -av
(OIC"pwTO'i. -av; OICO).).'1TO'i, -av; OICUpPUJTO'i, -av j ÙY~"'i. -É'i)

&9pa.uCJTo'i : sans éclat, sans épaufrure: 507, 1.12-13 : vers 250 av. J.-C., dans un devis pour un
édil1ce indéterminé, 3VXq::I\,l;..ŒTTWV 7toXVTlX Uyt'ij, 1i6plXUO"'t"lX, th6u[1l't"lX, &:]xÛp6~0"'t"lX, à.xTjpw't"<X; 507 bis,
1. 23 (lecture Ph. H. DAVIS, BCH 1937, p. 132) : dans un devis pour l'Asclépieion, ocOp<xuO"'t"ou[r;.
UKfJPWTO'i : non ciré: voir ci-dessus.
à,ICO).).'lTO'i : non recollé, non réajusté: voir ci-dessus.
UICUpPLCJTO'i : sans fêlure (?) : voir ci-dessus.
Uy~"'i: sain: voir ci-dessus, ü9po.uCJTo'i, et 104-4, aA, 1. 6, 12 et 13, ab, 1. 54, bA, 1. 23 : au
milieu du IVe siècle av. J.-C., dans le cahier des charges du Temple athénien, à propos de
pierres; 1425, J, 1. 3: au milieu du Ile siècle av. J.-C., dans un inventaire, à propos de portes.
Le fait que soient rassemblés dans une même phrase du contrat 507 cinq adjectifs, qui
répondent à une même préoccupation de bon état des pierres, impose d'en donner une analyse
synthétique, en y ajoutant deux termes attestés dans d'autres textes, et qui évoquent les
mêmes problèmes. '
Les prescriptions déliennes ne constituent pas une particularité. Les maitres d'ouvrage
grecs se montrent souvent très exigeants sur la qualité du matériau qui sera utilisé; en effet,
que ce soit dans la carrière, pendant le transport, ou - comme à Délos - lors de la mise en
oeuvre, la pierre court sans cesse le risque d'être accidentée, et l'expérience montre qu'il est
pratiquement impossible, lorsqu'a lieu la réception des travaux, de ne pas rencontrer un dom-
mage du type de ceux que l'on cherche précisément à éviter.
Avant tout il convient que la pierre soit tsainelt, ôytTjr;. Le terme, qui revient souvent, à
Délos ou ailleurs l, est vague; on demande que le bloc n'ait aucun défaut d'aucune sorte et soit
par conséquent capable de tout supporter. C'est parfois seulement au moment de la mise en
oeuvre que les responsables remarqueront que la pierre est trop friable, ou susceptible de se
déliter trop vite. fi est certain qu'en dehors du marbre blanc dit de Paros et du marbre bleu
gris dit de Tinos, la plupart des marbres des Cyclades, à commencer par celui de Délos, et
même ceux de Naxos, sont d'une qualité très moyenne, à gros cristaux, et sont souvent parcou-
rus de fentes (pl. Il,.5). Mais ôy~Tjr; n'est pas applicable aux seules pierres; pour les portes
consignées dans l'inventaire 1425, l'adjectif indique un état général satisfaisant: bois non
vermoulu, non fendu, sans parasites.
La deuxième prescription, 1l0pIlUo"'l'Or;, t non blessée t, donc sans éclat ni épaufrure·, est
connue dans les inscriptions attiques 3 • C'est précisément pour minimiser les effets des chocs
inévitables que la ~ gaine de protection t, Il7tEPYOV, est enlevée le plus tard possible.
Lorsque l'éclat emporté dans l'accident est trop gros (ou, banalement, lorsqu'on a choisi
une pierre un peu trop petite), l'artisan cherchera il. ~mettre une piècet, 1f.l.6Àllf.l.<X l(l.6IlÀtt..,\ pour
masquer ou combler le manque. Certes, rapiécer vaut mieux que laisser en l'état, mais une
réparation de ce genre est toujours plus ou moins fragile, risque de céder un jour ou l'autre, et

{Il cr. IG 1Il, 1666, A, l. 11 : (o,y«}yiv 'EhU(l"lV&8l UYl'ij~ ut (&6p«ÔO'w"-,,]: IG VII, 3073, 1. 32 (devis de Livlldie, qui
connaît aussi, 1.103 et 117,'I'adjectir &pplly+'~, .sans fissure.).
(2) Cf. PIiOTlUS, Luikon ; .i6p"UO""tcv· l"lup6v, .ixÀa<awv.
(3) Voir les nombreuses attestations rassemblées dans ORI.ANDOS-TRAVI.OS. I~z:ikon, s.v.
(4) Voir notre rubrique Ij.l~),"'llJ4. infra.
-35- &&pa.uaTOS

surtout favorise les infiltrations. L'idéal - mais en général c'est l'économie qui prime - est
donc d'éliminer la pierre ainsi lésée et de la remplacer, afin qu'elle soit !XXUPÔLt:J't"OÇ, $sons fêlure.
(1)5, et plus spécialement Q:x6ÀÀTj't"oç, «non recollée •. Le premier terme ne se rencontre pas en
dehors des inscriptions déliennes; pour le deuxième, qui est allesté ailleurs sans préfixe priva-
tir, Orlandos a fait remarquer qu'il «n'implique pas nécessairement l'usage de la colle$'; il
s'agit simplement de réajuster les deux morceaux, et afin que J'adhésion soit parfaite, il est en
eHet plus sOr de recourir il un scellement par goujon, et même d'utiliser conjointement collage
et goujonnage?
Dernière prescription: la pierre doit être àx~pw't"oç, $non cirée •. C'est ici l'unique attesta-
tion architecturale de cet adjectif très rare. Il semble que la j'a.VWt:JLÇ, le $glaçage. avec un
produit gras (de la Hire., x'1Jp6ç, est alors mélangée 1'1 de l'huile), ait été habituellement prati-
quée sur les statues, pour les protégera. Pour rendre les édifices imperméables, les architectes
recourent en principe il la xovtlXO"LÇ ou il 1'à.À(o)~cp1)8, mais la pratique architecturale de la ganosis
est attestée au Ile siècle av. J.-C. en Crète, dans la dédicace de la reconstruction des temples
d'Aphrodite et d'Arès il Sta Lénika :... XlXt 't"!Xç opocpà.ç t7ttoYjXf:, XlXt 't"&.ç 66pIXç XlXt -rov XtplXflov, XlXt
~xj'a.vwt:Jf: 't"oç vlX6ç, $et il a mis en place leI' toits, les portes et les tuiles, et il a badigeonné à la circ
les temples. 10. De son côté Vitruve en parle également, mais cette fois le mélange cire-huile est
appliqué sur des enduits, comme dernière couche protectrice (VII, 9, 3 : deinde tune candela
finteisque puris subigat, uti signa marmorea nuda curantur {haec autem ganosis graece dicilurJ) 11,
alors qu'à Sta Lénika la ganosis a dO être faite seule, directemenl sur la pierre. Pourquoi le
contrat délien refuse-t-il cette finition? Sans doute parce qu'un habile badigeon il la cire peut
embellir le matériau et en masquer les imperfections, qui réapparaîtront néanmoins tôt ou
tard. De toute façon, une pierre parfaite ne devrait pas avoir besoin de cette couche grasse, qui
l'empêche en outre de respirer. Ceci au moment de la livraison, car une fois le bâtiment
construit rien n'empêche de recourir à la cire pour protéger de grandes surfaces, comme il Sta
Lénika.
Les exigences très rigoureuses des hièropes s'expliquent en partie par les dures conditions
clim:lliques de Délos, qui meltent la surface des pierres il rude épreuve. Quoi qu'il en soit, il est
certain que les nombreux défauts, visibles aujourd'hUI encore sur les blocs parvenus jusqu'à
nous, sont aulant dus à un certain lalsser-aller 12 des artisans qu'à des problèmes inévitables
dans toute construction.

(5) Traduction incertaine: cet adjectif verbal est peut-être Il rattacher il xuplaaw,' heurter violemment>. L'hypo-
thèse d'une dérivation Il partir de x{,pl!...; soulève en effet des difficull.és : dans ce cas. ce serait une pierre 08ans petites
éminences, aux parois bien droites, non pyramidaleu (?), mais les autres adjectifs invitent plutôt Il chelX:her du côté de
l'état de la pierre, non de sa forme ou de la taille de 811 aurface.
(6) ORLANDOS, MaUriauz de con31rucfion l, p. 48 : exemples tirés d'Homère et du devis de l'Al"lICnal du Pirée; on
pourrait ajouter un pas811ge de ThéophraSle, HP, V, 7, 2, Il propos de l'assemblage de bois par xou""...; ou .mortai-
sag"'. pour la construction navale (commentaire llar S. AMlGUIlS, RA 1990, p. 90-92).
(7) Pour des exemplea sur des monuments anciens, voir EIlI!''''lfL'l. infra. La même technique est visible sur les
statues d'époque hellénistique, failes de plusieurs mOlX:eaux assemblés.
(8) Il en est question dans les comptes des hiéropes (144, B, 1. 5); voir la délinition de M. IloLLEAux, BCH 14
(1890), Il. 185 : la gano3i' a pour 'objet, tantôt quand il ,'agit de statues non peintes, d'adoucir, de IlOltr l'épiderme du
marbre et d'en atténuer l'édat trop vif - c'est alors une !!orte de patine - j tantôt, qualld il s'agit de statues p.einles,
de garantir et de préserver la couleur contre les innuences de la lumière et de l'atmosphère •.
(9) Voir la rubrique .i).O<qlij, infra.
(10) J. BOUSQUET, BC1I62 (1938), p. 386-408, surtout Il. 390. Voir le commentaire de MARTIN, Manud. p. 431 :
.on procédait Il un badigeonnage Il l'huile et Il la cire qui, en s'infiltrant dans les porosil.és de la pierre, en se lixant dans
la granulation, constituait une couche imperméable empêchant les infiltrations d'eau, même par osmose j cette pellicule
imperméable jouait le rôle que I"on demande aujourd'hui aux badigeon~ Il base de siliconeu.
(Il) Pour la dirtérence d'avec l'lyxlll1)<JI~. également Il base de cire, voir ce mot dans la rubrique rplll~, infra.
(12) Surtout Il l'époque athénienne (Il l'Agora des ltaliells : EAD 19, p. 14). Mais voir aU8!li les réparations do liS le
Portique de Philippe, EAD VII, \, p. 70, 103 n. 1.
- 36-

cieupos; a.8upwTo'i : voir Dupa

ULETlutos : voir Anos

Q,",pwTOS : voir ü8pauaTos

ciICO~).1'JTOS : voir ü8puUcrTos

o.lCÛpCl.CrTOS : voir ü8pauO'1"oS

aleiptériolJ, salle pour l'onction: 144, A, 1. 37-38: cn 304 (?) av. J.~C., ocÀet7t{'t1Jp]~o... ?; 199, A,
1. 105 : en 274 av. J .-C., à la palest,re, faire le toit de l'aleiplérion, 1. 112 : enlever -roll 'roilOV 'f0IJ.
(.LÉaol/ TOÙ &:ÀEnt"t'1)p(ou.

Les inscriptions déliennes fournissenlla plus ancienne mention d'un aleiplérion, dans tout
le monde grec. J. Delorme y voit une pièce rectangulaire «à l'Ouest de l'exèdre au centre de
l'aile méridionale. de la palestre l, car les ruines laissent supposer que l'on a abattu, à cette
dale, un mur mitoyen ou de refend (6 1'Orl0'; li (.LÉGo,;) pour former une salle; il donne également
une analyse complète du terme 2 , bicn atteste ailleurs sous l'Empire: les athlètes s'y oignent
d'huile, fournie par le gymnasiarque, avant de se livrer il leurs exercices, mais d'apres certains
texies J'huile était également utilisée lors des massages qui suivent les ablutions. Celle salle,
dont la structure exacte nous échappe, ne devait done pas être éloignée du bain, comme le
suggère aussi le fragment 101 d'Alexis, cité par Pollux (VIII, 166), qui met l'aleiptérion en
rapport avec des bains.
Dans tous les cas, c'était certainement une insLallation chauffée, comme le montrent
l'inscription des mystères d'Andanie3, qui parle d'une fourniture de bois, une autre inscription,
trouvée au gymnase de Théra prés d'une salle chauffée et mentionnant la dédicace d'un aleip-
térion il Hermès eL Héraklès, ainsi que des textes littéraires·.

(1) Dans l'êt-at 11 : voir EAD 25, p.137-138, et le plan p. 13!).


(2) J. DI!I.oRMK, Gymnusiun (1\:160), p. 301-304. Ajoul.er Buli. ip. 76, 133, à Ill'QPOS de C. Foss, dans GRBS 16
(1975), Il.217-226: en partJ.lnt d'une inscription de Sardes, des rv"-v," sièdes llll. J.-C., l'auteur pense que le mot
aleiptérion a pu ehanger de sens il Ilartir de l'époque impériale, et désigner non plus la pièee où l'on ,'enduisait d'huile,
mais tout l'ensemble des bains.
(3) IG V, l, 1390, 1. l06sq. (1'" siècle ap. J.-C.).
(4) Référence de Théra examinée par R. GINOUVI':S, Ba/oneu/ikt, p. 138, aù sont également signalés Théophraste,
Sud., 28, et Strabon (III, 6, 154).
- 37-

ù>"€(+W; Ù>"Ollt"l. TJ
(f:~a},,€'+W; f:TnKov~a.Wj KClTCl).€l+Wj KUTU}"a+iJ. 'r1 ; KUTUXPlW; KOVlCl, TJ; KOVlU....Cl ou KOV\....U, TO;
KOVlCLO'\S. " j KOVLUnlS. 0; KOv~ciw j KÔVLS, 'r1 ; >"€UK,OW j 'n'~po.KOVlCLO'\S' TJ ; 'n'Gpo.Kov~ciw; 'n'ip~U>"il+W;
'n'iP1KOVLQ.(oI; XPLW)

Ù).Olcl»1: application d'un badigeon, d'un vernis ou d'un enduit: 139, e, 1. 17: [à.},m?]1p~v t{~,:;]
n:Lff1J':;.
ci>..d+W: appliquer un badigeon, un vernis ou un enduit: 144, A, 1. 70: en 304 (?) av. J.-C.,
àJdljicr... . n l'hestiatorion, 1. 78 : à.Àdo.jlcr.V"n les autels, le mur Nord, el la krépis; 145,1. 24 : tXÀdo.jlcr.vn
un linleau; 158, A, 1. 76 : n:hnj':; (LI!:TP"rl-r{cr.t Tptr,:;] XOtr,:; BUo WaTt TOY Ki!:pcr.TWVIX à.ÀÛljilXt... à.ÀI!:l\/llXvn le
Kératôn, 1. 76-79 : ~ÀI!:~IjIIX](J.I!:V (avec une grande quanlilé de poix, pour les portes de tous les
sanctuaires, les linteaux, la scène du théâtre) ... .xÀdI.jlIXVTt (même rormule: 161, A, 1. 101); 159,
A, 1. 50 : TlO Èv TWt 'ApTE(LtO"Lc..H ... à.Ài!:lo.jllXvn; 203, A, 1. 47 : TOY Ki!:pIXTWVIX XIXL 1'0 ~UÀW(L1l XlXt TrtÇ
OUpll':; xat TWV /J.ÀÀwv 6GIl ~Àuo.jll!: (suil un achal de poix tJGT& ZprO"at TOY Ktpcr.Twva); 204, 1. 57 :
à.Àtrljlcr.1 le Kéralôn et les portes (suil un achal de poix, d'où la restilulion, 1. 58-59 : [à.À.I!:lo.jlaV"n Trt,:;
Oupa,:; Ta,:; Tt TOU] ltpou Xcr.L Trt,:; teV TWt ttpWI... rljv GX"rlv1J[v - rljv h TW~ O&à:-rPWt &.Àdo.jlllvt'~ --]; 219, A,
1. 42-48 : à.Àtlo.jlcr.vt't les éléments en bois de plusieurs édifices (Artémision?, Propylées, Néorion l,
Fonlaine Minoé, Létoon, Inopos, édifice d'Ortygie. scène du lhéâlre, Aphrodision, édifice de la
Nésos), 1. 53: dans le Thesmophorion, &.À&~ljIllvn?; 287, A, 1. 66: (poix) tJO"Tt ŒÀtrljlllt 1'0'01
KEpllTwva xal Tà. /J.ÀÀIX· Xilt AEW1p&XW~ &.ÀE~""avt't; 290,1. 81 : en 246 av. ,J.-C., à.Àtlo.jllXvt't le Kéralôn,
1. 87 : [à.Àtl]oflXvt't les autels, le mur du Thesmophorion et les marches, 1. 127 : dans une oikia,
T]OU ùn:tPWtoIJ TOÙ':; Tolzou,:; "t'où,:; f3PEX0(J.évou,:; à.ÀI!:lo.jlav"t't.
iCCl).t:'+w: badigeonner à (ond: 144, A, 1. 104: t~IlÀdo.jlllvt'\ (deux rois); 154, A, 1. 3: en 296 av.
J .-C., t!;a.Àtll.jla.vt't, 1. 29 : dans le Thesmophorion, "t'où,:; f3w(LOù,:; XlXt mv TOrZOV XlXt T&.Ç XplJn:t'aIlÇ
t~IXÀI!:lIjiŒvt't; 161, A, 1. 103 : en 279 av. J .-C., dans le Thesmophorion, -roùç f3W(Loùç t~oXÀdo.jloXvt't xa.t
yiiv Èvéyxa.. . n Xa.l Àl!:uxwo"a.vt't; 162, A, 1. 48 : !E,ClÀdlji(Xvt'~ le Kéralôn; 163, A. L 44 : tJO"n È!;aÀElo.jllXt
Tà. 8tIXTl!:tZlO"(J.IlToX, 1. 52 : t~IlÀdljlrxvt'~ le mur elles autels; 199, A, 1. 103-104 en 274 av. J.-C.,
te!;IXÀdl.jlavt'~ les autels, le mur Nord, le porlique, elle Temple de Koré ; 203, A,!. 49 : !E,IlÀdIjiClvt'~
les aulels dans le Thesmophorion ; 204, 1. 53 : Tà. te.. rij~ O"TO.it t~IlÀulfl~VIlL XlXt "t'à.ç XplJn:t'aIX[,:;; 287,
A, 1. 68,120: i!;IXÀt!o.jIlXV't"t le néokorion; 291, b, 1. 41 È!;IXÀt~""a.V't"t.
KQTCl).El+w : badigeonner de haut ell bas: 154, A, L 30 : "t'O TI:tZ~ov rij,:;] n:IXÀlXlO"TPIX':;... XIlTIlÀdo.jlrxvt'~,
1. 31 : 1'0 Tl!:yoç "t'ou otxou "t'ou ten:' 'O[p't1J}yllX~ XlXt 1'0 rij,:; xpijYf)':;... xaTIlÀdo.jlllvt'~; 161, A, 1. 115 :
)(IX"t'IlÀdljlcr.vt'~ le loil de la skéné; 290, 1. 97: rij,:; xP"rlv'i3o,:; -rij,:; qn:' 'Op't1Jy(a~ rljv 0po]1p1)v?
XIX"t'IlÀdIjiClvn ; 443, Bb, 1. 154 : tepyoÀlXôijO"av[Tt] xaTIlÀEro.jlll~ 1'0 [T]iyoç rijç otx!a.ç; 1416, BI, 1. 15 : au
milieu du Ile siècle av. J .-C., dans des prescriptions pour l'enlrelien de bâtiments loués, 60"1l~ TWV
o[tx ]~wv I!:t TWV OtXYj[!J.Œ}rwv EL ÈpYMTI'Jptwv ~ -r{w)v vcr.IJ7t'ljylwv e:! TWV iy80zlwv e:t "t'wv ten:_OtXtWV Et -ri:w]v Èn:t
TOr,:; XWplOLÇ E! "t'WV X~1tWV ~ G]"t'L XClTIX},I<pij, XCl"t'IXÀI!:lo.jlouO"t[v], B Il, 1. 13 : XIX"t'cr.Àdo.jlolJo"~V.
KGTa}"L+TJ application d'un badigeon de haut en bas: 1416, B 1, 1. 15 (voir ci-dessus,
KClTCl).El+w).

'n'iPl.O.}"E'+w : badigeonner loui autour: 440, A, 1. 39: en 173 av. J.-C., 1ttp~IlÀdljillvt'~ les aulels.
KoviCl: chaux, plâtre: 146, A, 1. 70, 71, 73: médimnes de XOVLa., el XOVLIXY x6n:"t'ouow; 165,1. 43:
en 276 av .•I.-C., pour l'Asc1épieion ; 204, 1. 75; 300, B, 1. 31.

(1) D'après la reledure de J. THt!:HRUX, REG 99 (1986), p. 305.


-38-
Kov(a....a, KOvl"'a.: préparation à base de chaux ou de plâtre: 291, h, J. 12: en 247 av. J.-C.,
xov(a:fJ-ox, sur l'ordre de l'architecte; 365, 1. 48 : TOÙ xov(f!(r:to<;, H.
kOVUJ.W: enduire Ou crépir avec de la chaux, sluquer : 144, B, 1. 6 : en 304 (?) av. J.-C., )(O'ltâ:O'oX'I"C'~
TOÙ..• ,1. Il : TOIL ~wflo" xOInâ:crcXV'Tt, 1. 20 ; [n]poç (6]po<pa:Zç XO\ltâ:O"llvn, 1. 26 : ['l"]OfJ. [f3)WflOV XO'lt«O'oX'I"C't;
146, A, 1. 75 : salaire au plâtrier "rav t1~),tOV olxoy XO"tlllJŒV'rt; 161, A,i. 96 : T1)'01 6ulJ.iÀ1jv TOti fiwlloÜ
'tau i:v "C'WL N~crwt XOV~&.O'IXvt"t; 163, A, 1. 19 : XO"'L«OoXV1't 'TO" ofxQv; 165, 1. 42 : XO"L«(I'IX~ les murs (du
Temple d'Asclépios?); 175, Ab, 1. 8: [X)ovtIXO'IXV't"t; 199, A, L lOS: dans la palestre, XOVl.â.(JoXL TOÙ"
X{OVOXC; ~t lprcran 'ta 7ttPLa't"U"tOV; 204, 1. 82 : XO\lLOCO"<XVTL; 290, 1. 150 : -rJOfol f3w!J.0v xovulalXL, 40 dr.

payées en deux fois, 1. 153 : xO"LlXa/Xt le Temple d'Aphrodite; 291, b, 1. 7 : wGn XO[V~IXGlXt; 292,
1. 16: [xo)vLIXa/Xl TO !8[IX'llo<;; 461, Ab, 1. 38: xovula/XL.
ÈTnKovlciw: crépir ou stuquer au-dessus: 219, A, 1. 27 (relecture J. TRÉHEux, REG 1986, p. 299):
bnXO"ulGIXVn T1)" 6u!J.&[À1J"; 229, A, 1. 10: bnXO"ulG/X"TL T1)v O'Tq&.v?
Trupa.koYlciw: crépir, stuquer le long de: 144, A, 1. 69 : 1t/xp/xxovL&:aoxv'n le mur de l'hestiatorion de
l'Asclépieion (puis, &ÀOt'll1)), 1. 116: 1tŒ.PŒ.XOVt&:G/XV'tt les murs de l'Eileithyiaion et de l'Amphistro-
phon, B, 1. 3 : n:[Œ.]p!XxoVta.a!XV'tL x/Xt TOY xép!XJJ.ov; 163, A, 1. 43 : en 275 av. J .~C., 1tŒ.p!Xxovt[&:a!X]vrL
(l'hestiatorion?); 403,1. 11 : en 183 av. J.-C., 1tIXp/X)(ov~&.alXt la toiture de l'Archégèsion.
TrlEpucovui.w: crépir, stuquer tout autour: 144, A, 1. 118 : 1ttp[tx]Ovt&:[(1)a.V't~ la porte du débarca-
dère; 154, A, 1. 33: en 296 av. J.-C., 1ttpLxovt&:aŒ.V'tlle puils dans la palestre; 443, Bb, 1. 165-
166 : pour les oikoi du Kynthion (?), 1ttptxOvtlx[a!XL les portiques.
ICOVLo.alii : action d'enduire de chaux, chaulage ou stucage: 1246, 1. 2 : dédicace aux dieux égyp-
tiens de T1)v op6'llwatv aùv T6n Xtp&:JJ.w[L) xa.l T1)v XOVLŒ.atV; 2085, 2086, 1. 3 : en 112-111 av. J .-C.,
dédicace de T1)V xovUtatv TOÛ 1ta.l1T0'llOpLOU.
TrUPUICOVlo.a,S : chaulage ou slucage le long de 365, 1. 48 : en 208 av. J.-C., 1ta.pa.XOVUtl1l\1 du
porche du Kynthion.
ICOYLUnlii: pfdtrier: 146, A, l. 74-75 : apport de sable et d'éclats de pierres, salaire pour le
plâtrier et son aide.
ICOVIS: poussière, poudre: 139, d, J. 10: [x0JJ.(aŒ.V't)IX1{1jh- x6vtv; 159, A, 1. 59: x6VtV (lecture Ph.
H. DAVIS, BCH 1935, p. 89, au lieu de xoI/(a.v dans les IG).
).,lEUICOc.J: blanchir au lait de chaux ou stuquer finement: 142, l. 57: en 308-306 av. J.-C., ÀtUXW-
O'/X"Tt ; 154, A, 1. 47; 161, A, 1. 72: ÀtuxwaŒ.V'tt les lys du plafond du Temple d'Asclépios, 1. 76:
les tableaux, 1. 103 : t~IXÀdI.j.oIX\I1'~ les autels du Thesmophorion xIXl y7jv héY)((lV'tt)((li uuxwaa.V'tL (...)
y7j Àtl))(1), 1 drachm.; 203, A, 1. 57 : ÀEUxwa!XV'tL ÀtUXWJJ.lXTIX ; 287, A, 1. 71 : en 250 av. J.-C., deux
J..tUXWJJ.IXTIX pour les contrals (...) ÀtUxwa/X\l'Tt.
Xp'w : appliquer un enduil, un badigeon ou un vernis: 199, A, 1. 36, 37 : en 274 av. J .-C., après la
mention de poix, xp(aa.al le I{ératôn (?), et Xpta{lXl/}r(t les portes de la skéné, 1. lOB : dans la
palestre, xovl&:aeu TOÛÇ XtOI/Œ.ç XŒ.t lPtalXl TO 1ttpLtTt1JÀLOI/ yiiL; 203, A, 1. 48 : en 269 av. J .-C., on
achète de la poix waTt XPtalX~ le Kéralôn et les autres édifices; 316, 1. 103 : dans le Thesmopho-
rion, xp{alXlI'f~ les autels (même formule: 338, Aa, 1. 44; 442, A, 1. 202); 372, A, 1. 84-85 : en 200
av. J.-C., de la poix waTt xptaIXt le Kératôn, les Propylées et les autres édifices (même formule:
396, A, 1. 79-80; 442, A, 1. 188), 1. 89 : T(;'n TOÙ':; ~wJJ.oùç xptalXlITt.
KUTUXPLW: appliquer de haut en bas un enduit, un badigeon ou un vernis: 199, A, 1. 102: pour la
skéné du théâtre, XIXTa.xptaa.vTL TO TEtXa.:;; 203, A, 1. 54 : dans l'Archégésion, paiement il Dionysos
Ti-rlJ )((lTa.xptaIXII'fL, l. 79 : XlXTIXXptGIXL l'orchestra du théâtre.
- 39-
Il existe de légers désaccords entre les spécialistes t qui ont essayé de fixer Je sens exact des
termes grecs désignant les enduits, vernis et autres badigeons. Orlandos estimait que l'IÎÀ(O)~lfl1j
(dite encore CÜOtiJ.6~ en Altique, ou &Àtvat~ à Épidaure) signifiait tSouvent l'enduit en général
sans que soit spécifié le nombre des couches ou la matière de sa composition~, et que dans le cas
où le mol fail partie d'une suite de travaux, il désigne la première couche, épaisse, avant \3
xov!Ctcnç. Mais les inscriptions où apparaissent les deux termes sont relativement peu nom-
breuses, et contradictoires. R. Martin, de son côté, veut distinguer l'enduit de chaux, xov(o;at.;,
de 1'&Àot<p1j, par le fait que celle-ci serait un badigeon • peut-être aussi à base de chaux, mais
plus souvent de plâtre ou de peinture, voire de poix.: si le sens de xov(or" la t:chaux., n'est
eUectivement pas discut.able, il n'en va pas de même des composantes préférentielles de
1'&:Ào~~1j, sans parler de la xiLG~r;. A vrai dire, les Anciens faisaient-ils une dist.inction t.rès net.te
entre ces t.ermes?

Définition de 1'&À.OIIp~.

Pour ce qui est de l'&ÀOt~1j, l'examen des inscriptions de Délos appelle cert.ains commen-
taires :
- l'&.Ào~~1j a clairement pour but, dans plusieurs cas, d'imperméabiliser: d'après 290,
1. 127, et. le travail sur des t.oits,
- en plusieurs endroits (en particulier pour le Kératôn), l'ŒÀot<p1j est explicit.ement nom-
mée comme étant un vernis, ou un badigeon, de poix', elle suppose donc une consist.ance
liquide,
- lorsqu'aucune précision de matière n'est. donnée, il doit s'agir encore de poix, pour
protéger les éléments en bois et les toits en tuiles, mais pour les murs, les soubassements, et les
autels, il faut comprendre une sorte de crépissage, en tout cas un enduit protecteur à base de
terre, éventuellement complété par une couche plus fine de terre blanche qui serait un léger
stucage (161, A, 1. 103: À.t:Ux6w, y1j MUX1j),
- il n'y a pas de différence réelle entre &.~!~w et !~(lÀd~w (le suffixe marque seulement
que le travail est fait à fond ou complètement); mais x(l1"(lÀd~w s'applique aux toits en pente, et
TCEpLlXÀE!~W au pourtour des autels,
- ce badigeonnage a lieu en général l'été, parce que .Ie travail est plus facile et. plus
efficace pendant la saison sèche.4,
- lorsque des édifices entiers, et non certaines de leurs parties, sont dits bénéficier d'une
àÀo~~1j, il faut comprendre, soit que le bâtiment est entièrement ou pour la plus grande part en
briques crues, bois et tuiles (c'est le cas du Kératôn, dont le nom revient si souvent pour cette
opération 'l, soit- s'il est en pierre - qu'il est recrépi, soit qu'en réalité les hiéropes songent
seulement aux part.ies fragiles de cette construction,
- quelquefois, l'à)m~1j fait partie d'une suite d'opérations: elle peut. int.ervenir après une
TClXpIXXOVta:G~r; (144, A, 1. 70), mais il arrive aussi qu'elle précède les autres couches (161, A, 1. 103).
Dans le premier cas, c'est peut-~tre une allusion au vernissage des huisseries - qui intervient

(2) etude d'ensemble dans MARTIN, Manuel, p. 423sq.; ORI.ANDOS, Maltriauz dt CQnslruc/ion l, p. 141-142;
OIlI.ANOos·TIIAVLOS, Ltxikotl, u,,; GINOUV~s-MART'N, Dietionnaire méthodique l, p. 136sq.
(3) Comme l'avait vu P. ROUSSEL, .La poix des Anthesteriat, REG 36 (1934), p. 177-179, c'est une simple
.mesure d'entretien •.
(4) TRÉIlEUX, 1. e, note 1.
(5) Le mérite d'avoir tardivement établi ce qui apparatt pourtant camme une évidence, il la lecture del! inscrip-
tions, revient il E. H. HOOKER, .The K'p<r.T':'von Delon, PCA 51 (1954), p. 54sq., suivie par BIIUNIlAU, Culin,
p.28-29.


- 40-

loujours après les lravaux sur les murs - ou encore li une fine couche de vernis protecteur sur
des enduits muraux, mais dans les autres cas, on pensera li un crépi de chaux' un peu grossier
sous une couche de finition.

&:J.c{rplJJ -XP{lJJ, des synonymes?

Il faut admettre que la distinction entre &h(lpW etlP(W n'est pas nelte. A Délos, le premier
terme, avec les mots de la même famille, esl un peu plus couranl que le second. Apres examen
des diverses allest.ations, il est permis de se rallier à l'opinion de Vallois 7 : ,'A"d'jlW et IP(w se
disenl d'un enduit à base de lerre ou de chaux, comme d'un vernis de poix; mais lli(qlw est
plus commun dans le premier emploi el lP(W dans le second., La lerre n'est expressément
nommée pour l'opéra lion de la IPtO"U; que dans 199, A, 1. lOS, mais il faulla supposer dans
l'entrelien de l'orchestra du théâlre et celui des aulels. En revanche, dans le cas du Kéralôn,
pour des portes, ou encore les loits de l'Archégésion, c'est certainement un vernis de poix qui
est appliqué. Et l'on a vu avec quelle fréquence l'achat de poix est spécifié dans les comptes '.
Mais l'idée que IP(w ou XŒ't"CllPtw pourrait supposer de préférence (?) un vernis de poix ne se
relrouve pas hors de Délos. RoI. Martin avail déjà noté' que IpÙJ!J4 ou Xp(w, .qui s'appliquent
essentiellement à des badigeonnages ou à des peintures à l'huile et à la poix, paraissent désigner
des enduits dans Diodore de Sicile, Il,9: Tb 1'tŒlOÇ mù XP(OlJ4mç, el. La Souda, s.v. XOVl4't"Cl( 'ol
T'OÙç m(xoue; 7ta:pIZV(OVfCÇ" Si nous analysons un nombre suffisant de références, le sens. badi-
geon ou vernis de poix. l'emporte-t-il vraiment sur celui d'.enduil.? Rien n'est moins sùr.
Dans l'épigraphie d'Asie Mineure, il apparalt que le terme Iptw se rapporte avant lout à un
enduit mural, sans doute à base de stuc. A Apollonia de la Salbaké, l'inscription commémorant
la construction du Parthénon de la Méter Oreia est claire : o!x030fJ.~oa:vttç XClt ;UÀ,WaIZVfCÇ xa:l
lUplZfJ.Waa:VfCÇ xa:! Xpt(O"a:>r.EÇ xa:t I:W)'plZlpYjOa:vttÇ l', ,ayanl construil, fait la charpenle, posé les
tuiles, fait l'enduil et les peintureSl; Xp(w désigne manifeslement l'enduit des murs qui seront
ensuile ornés de peintures, comme dans la dédicace d'un bâtimenl à Aphrodite el au Peuple:
rljv èx6hb)O'LV xa:! 't"àv mti't"wv x60"fJ.ov xa:l XpdOLV xa:l ypa:!p«çll, .le balcon en saillie et son décor,
l'enduit et les peintureSl. Une inscriplion de Panamara est elle aussi on ne peut plus expli-
cite I l : TOV Tljç ~HpClÇ vClàv XP(OIX\I"t"I!:Ç xa:l :ltÀ«oa:\I"t"l!:ç, .ayant failles enduits du temple d'Hera, et
modelé les reliefs en stuc •. Cependant, toujours il Panamara, on pourrait citer un cas
ambigu l' : 't"'Ïl~ ÀOL'lrijt otX080~.[tIXL] XIX! CJÙv 't"'Ïlt O"'t"Cy(<<al:~] XIX! TljL ),ontYj~ ;uM[aI:L--] xa:t CJÙv rii~ xpdar[L],
.Ie resle de la construction avec la loiture el le resle des boiseries avec l'enduit., mais si la
Xpi'o"~ç se rapporte aux boiseries el non aux murs, ce sera un vernis plulôt qu'une couche de stuc.
AdmeLLons que le composé br(XP~o"LÇ doive se rapporter plus neLLemenl à un vernis, par exemple
dans les comptes d'Épidaure, où la IPi'oLÇ 't"o(xwv se divise en 7t&.ÀIX;~Ç et en b(XP~GLÇ '., c'est-il-dire
qu'un enduit pour peintures est recouverl d'une fine couche de vernis. Mais XptW lui-même
demeure une expression vague, et nous ne pouvons que souscrire il l'avis de F, G. Maier, qui y

(6) Pour la différence (rarement res~lée dans le langage courant) entre enduit, badigeon, vernis, crepi. stucage,
voir GINouvÈ/I-MART1N. Oiclionnaire milhrxlique " p. l36sq.
(7) ArchileduNl Il,2, p. 380 n. 'l,
(8) Voir notre rubrique 1M<l"l, infra.
(9) MARTIN, Manuel, p. 423 n. 5. Précisons toutefois que Ica Grea n'ont jamais connu notre peinture il l'huile,
Illaia qu'ils utilisaient l'encaustique additionllé d'huile: voir notre rubrique ypœovll, infra,
(10) J. el L. AOBBRT, La Carie Il, p. 281 n· 162. Pour le sen' de (uMw, .coffrert, d'oû, dan!! certains ca!!,. faire la
charpentu, voir notre rubrique (...Mw, infra.
(II) J. et L. ROOI>RT, ibid.. p. 363 n· 185.
(12) Bell 15 (1891), p. 209 n" 151.
(13) JOAI28 (1933), p, 61. On oomparel1l, loujoul'!l' Panamara.l'inacriptioll oô un p~tre ~ n;.. ~ : dan,
çe CIII, on imagine mal autre chose qu'un enduit mural.
(14) IG IV., l, 109, 111,1.110 et 136 (cf. la 1.52, oû l'brl1J>lO\l; ,'applique aux tuilca).
-41 -

voit un terme trés général, simple synonyme d'Ii.ÀOt'P~ 15, sans qu'il faille d'emblée privilegier la
traduction par «badigeon t ou • vernis de poix t.

La famille de >coy/a.

Restent les mots de la famille de xo.,,(a., la «chaux t, obtenue par calcination de matériaux
calcaires dans un four spécial, ou le. plâtre t, résultat de la calcination des pierres à plâtre 11. To
xo.,,(oqJ.a., ainsi que la variante x6vt[.l.a. 17 , désignent plus spécialement le mélange de la XOVLa. avec
d'autres matières, pour former une pâte qui se pétrifiait 18, tandis que XO.,,(a.GLC:; concerne en
principe l'application de ce produit u . K6\1LC:;, quant à lui, a gardé le sens originel de • poussière t
(qui est aussi celui de xov(Il); dans un contexte architectural, c'est sans doute de la poudre de
pierre, qui peut être utilisée à des fins diverses.
Les dérivés de XO\ltll sont nombreux à Délos et s'appliquent à diverses opérations, mais
cette fois l'ambiguilé qui gouverne l'emploi d'&ÀoL'll~ ou de Xp'i"GtÇ a disparu: il s'agit toujours de
la pose d'un enduit à base de chaux ou d'un stucage. Hèsychius l'a exprimé clairement:
xO\ltll(JtÇ . &(Jf3~G"t"W(JLC:;.
Les enduits muraux sont les plus nombreux. Dans ce cas, ou bien les murs sont explicite-
ment nommes (144, A, 1. 69, où la rt"OtpIlXO\ltOt(JtC:; semble être une première couche, suivie d'une
&Ào~'P+', et 1. 116; 165, 1. 42), ou bien il est question de la XO\lta.O"tÇ d'un édifice tout entier: on
peut alors comprendre qu'en fait ce sont les parois qui sont concernées (146, A, 1. 74). La • porte
du débarcadèret (144, A, 1. 118) est l'objet d'une l"Ce:PtXovtMtÇ: s'il s'agit bien de celle dont le
linteau est engagé dans l'angle Nord-Est du Monument aux hexagones 211 , on aura sans doute
voulu protéger les matériaux de la corrosion marine, des passages, et accessoirement embellir
l'ensemble qui se trouvait ainsi harmonisé, car le mélange de pierres de couleurs diverses et de
qualité médiocre presente des inconvénients. Dans 199, A, J. 108, le stucage (XOVLŒGOtt) des
colonnes en poros de la palestre, pour imiter le marbre, est suivi de la pose d'un enduit de terre
fine (x:p'i"O"IlL y1j~) sur tout le péristyle; les traces de cette pratique, qui est encore mentionnée
pour les colonnades du Kynthion (443, Rb, 1. 165-166), s'observent sur tout le site, et le stucage
est également courant en dehors de Délos. Les autels sont facilement crépis ou stuqués, qu'il
s'agisse de l'autel tout entier ou seulement de sa table, la thymèlé : nous savom;ll que le
marbre ne supporte pas le feu et a besoin d'être préservé, principalement sur la partie supé-
rieure, qui est parfois recreusée pour recevoir un enduit protecteur (161, A, 1. 96; 219, A, l. 27);

(J5) Mauubauin3chrif!en Il, p. 73-74.


(16) Pour des dél.Jlils techniqueJJ, voir GINouvlis-MARTIN, Dictionnaire mélhodique l, p. 45, et (KIur les fours il
chaux, voir S. VEUVE, f'ouiIIe3 d'Ar Khanaum VI, l..t Gymna3t (1987), p. 76-78 (avec bibliograllhie).
(17) Le sens du mot x6YLIUt è Délos se discute. Dans le gymnase de Delphes, d'apre~ le compte de Dion (Bous-
QUET, CID Il, nO 139,1. 15), Asondms a Hé payé pour -mü x<>vllUt""'~ T'ii; rii~ Trk~ o"ii,n~ •• Ie pa~sage au crible de la terre du
kanimal : il est clair que le mot est pris ici au sens de la XO~1aTpOl des textes littéraires, d'où le conisterium, c'est-è-dire,
selon DRI.OIIME, Gymna3ion, p. 276-279, .une pièce IllIblée où les lutteul'll et pancratiate~ s'entralnaient aux èpreuves de
concours •. La m~me 'arène. est dite x6~...1Ut è Cythère, trx6YLIUt è Hypata, et x6YL~ dans les CaracUre$ de Théophraste.
Le Luikon d·ORI.ANDos-TRAvl.o~ opte pour le méme sens dons ID, 365, 1.48: il supprime alors la virgule entre
1l0lp"'X<>"(."n~ et XG~(IUtrnt;, considérant que l'on Il adjugé .Ie stucage du conislerium •. Bien que cette interprel.Jltion soit
grammaticalement plus satisfaisante, elle n'avait été suivie ni par l'éditeur des ID, ni par Delorme. JI est vrai que J'on
a peine il croire que les hiéropes, dons cette énumération de travaux partiels, n'auraient pas pris soin de preciser qu'il
s'agit de la palestre; et peut-étre nos travaux se l,lacent-ils également au Kynthion, mentionné dans la ligne pré-
cédente.
(18) Cil.Jltions et dHails dans ORLANDO!>, Matériaux dt conllruclion l, p. 138.
(19) Distinction raile par RoI. MARTIN, dans .Sur l'origine de~ décors en sluc dan~ l'architecture hellénistiqut".
Rayonnement grec. Mélange3 Ch. De/voyt (1982), p. 247-262.
(20) HEI.LMANN-FRAISSR, EAD 32, p. 70-71.
(21) Voir notre rubrique 13w1'6ç, infra.
- 42-

les nombreuses références déliennes n'ont loutefois pas la précision de certaines inscriptions
attiques, où la koniasis intervient après une aloiphé et avant une leukosis : lhcù,do/ocv'fL xocl
xO\lt«aa.'\I'1'L (...) ·d)'ll f3,wlû,\I 'fOU nÀOÛTW\IO<; 'Ttcpt.a.ÀcTo/cu, xO\lLliaa.L xa.l Àcuxwaoct n . Les analyses des
enduits déliens ont confirmé que les parois portaient plusieurs couches, de plus en plus fines ta
(pl. J, 3). Mettons à part le chaulage du puils de la palestre (l54, A, 1. 33): c'est une simple
mesure d'hygiène, qui n'empêche pas les infiltrations dans des parois non recouvertes d'un
enduit hydraulique, contrairement aux citernes. Les tuiles pouvaient également être chaulées
ou stuquées, comme de nos jours (144, B, 1. 3; 403, 1. Il).
Par ailleurs, en partant de l'inscription d'une mosaïque d'~rélrie, où l'expression xov(a.fLoc
Twv!8a.o:pÉw\I s'applique manifestement à un revêtement de sol mosaïqué, par extension de sens
du plâtre qui enloure les tesselles, Ph. Bruneau:U a proposé de reconsidérer la signification de
certaines koniasis déliennes. Si xovLâ.Ga.~ TO 18[oc'1l0<;]' dans 292, 1. 16, désigne à coup sûr la pose
d'un revêtement de sol, qui peut être simplement stuqué - il n'est en effet pas nécessaire de
penser chaque fois à une mosaique de galets ou de tesselles - , d'autres passages des inscrip·
tions de Délos • peuvent donner lieu à hésitationt. C'est ainsi que Ph. Bruneau cite la koniasis
du Temple de l'Aphrodision de Stésiléos, pour 115 drachmes (290, 1. 153) : on pourrait penser
que l'expression concerne le traitement des murs, or ceux-ci ne paraissent pas avoir été stu-
qués, alors que le sol est mosaïqué. C'est donc au travail sur le sol que le compte ferait allusion,
ce qu'il est toutefois permis de trouver surprenant, car un autre passage (165, 1. 42) distingue
bien, pour le Temple d'Asclépios (?), l'opération xov!o&.acu -roù<; 'fo(x:ou<; de celle qui consiste à
• faire le pavement en mosaique., TbI8a.o:po<; o./nl'1loÀo[y1jaoct. Bruneau cite encore l'inscription du
Sarapieion C où un mélanéphore dédie la koniasis du Paslophorion xocl 't"1l\l YPOLo:p~V 'fW\I n: 'fo!x:w\I
xocl 't"'ij<; bp0'1l~<; (2085-2086) : mais dans ce cas, il est possible de s'en tenir au sens d'enduit mural
servant de base pour des peintures, tout comme pour la x:pc(at.<; d'Asie Mineure déjà évoquée. Il
n'en demeure pas moins que le sens de trevêtement de sol stuqué ou mosaiquét ne devrait pas
reslcr méconnu 16.
Dans tous les cas, &;>"o~'1l1), IptGLI; ou xov(a.at.<;, >"CÛXWfJ.a., l'opération doit être régulièrement
renouvelée. Rien d'étonnant à ce que ces expressions reviennent souvent dans les inscriptions
de Délos. Mais même complétées par les allusions à une glaçure à la cire et les mentions de
peintures !fi, nos références restent très générales, elles ne laissent pas soupçonner la richesse et
la variété des stucs architecturaux mis au jour sur le site - qu'il s'agisse des murs peints en
léger relief avec appareil à bossages, ou des corniches en haut-reliep7 - , ni l'importante utili-
sation d'enduits hydrauliques dans les citernes.

(22) tG Il", 1672, 1. 108 et 140.


(23) MARTIN, MOIllJe/, p. 424-429.
(24) Dons AK 12 (1969), p. 80-82.
(25) Dons U soncluai~ d It cu/lt dts di~ini/~I igyplitnnts li tr~lrit (EPR045, 1975), p. 77, Ph. BIIUNllAU propose
enco~ de traduire br.o,,!ota~ 't<IÙ Œvcp,{khp<>lJ {b l&r.Jepo..; ",,1 {o~ ",)olxotH; V;"'YP~'I''1<1~, dans un décret des Juifs de
Bèréniké, • non comme le stucage du 801, mais comme la pose d'un pavement..
(26) Voir nos rubriques h~p"''t<Iç, YPIX'I'~, lyxlX",,"'Ç.
(27) RoI. MARTIN, /. c. nole 19, attribuait l'origine de ces décors en stuc il la Macédoine, tout en rappelant les
nombreux parallèles qui peuvent être faits entre les décors alexandrins et ceux de Délos.
- 43-

montée (rampe ou escalier) : 158, A, 1. 64 : en 282 av. J.-C., TOÛ otXljfLŒTOC;; TOÛ h rij~ «vor.M.alE:\ ;
165, 1. 14 : dans le Pythion, èPYMlX.fUv<.n TT,V [«}vâ.6a.a~v &xrTr: [O(i:vor.~] 't"à:c; 7tlX.plX.6upi:3lX.ç ; 287, A, 1. 56 :
en 250 av. J.-C., dans la Nésos, «v&:f:ia:aLv 'IW~iJaa:V1"~ 1111; 290,1. 64-65, restituées d'oprès 1. 69 :
TT,v &.v&:6a:aLv TT,v h NiJaw~ XOL't"a:aX(v«aa:V1"~; 2055-2056 : en 117-116 av. J .-C., dédicace aux dieux
égyptiens de 1JIIX),(3tC;;, de ~WflO{ ct d'une «v&:6a:atC;; 2098, 1. 7 ct 2203, 1. 3 : on consacre aux dieux
égyptiens TT,V &.v&:6a:a~v xlXl't"oùc;; TO(lOUC;; 1wc;; '("OÛ va:oû; 2283, 1. 5 : vers la fin du Ile siècle av. J.-C.,
Diophanl.os dédie aux dieux syriens TT,v à.v.x6IXO"tV ; M. GUARDUCCI, ASAA 30-32 (1952-1954),
p. 176: en 109-108 av. J.-C., Dionysios fait la dédicoce aux dieux égyptiens de ~w!J.ot et d'une
.xvd6ClaLC;;.
Alors que l'étymologie suggère une simple monlée, les emplois liUkraires et épigraphiques
d'&.v&.&:a~c;;, assez nombreux, évoquent parfois très précisément un escalier. Celui-ci peut être
provisoire, faire partie d'un échafaudage, comme dans 165,1. 14, oû il est question de poser des
fenêtres à l'aide d'une anobosis l • Mais le plus souvent, il s'agit d'une struclure permanente. Les
dédicaces aux dieux égyptiens de Délos font effectivement allusion aux divers escaliers permet-
lant l'accès aux Sarapieia·, et 2283 concerne le grand escalier d'accès au Sanctuaire syrien 1.
Mais Dionysios n'a sllrement pas fait construire une «v&.&:au;; et des autels: il a seulement
embelli ceux offerts par Hipponikos auparavant (2055-2056).
En revanche, nous avons plus de mal à nous imaginer 1'à.v&.Mau;; de la Nésos, dans les
comptes 287 et 290 - et pourquoi pas déjà 158, car les lignes precedentes de ce texle parlent
de t.ravaux dans la Nésos". Cet. aménagement. avait élé compris par Ph. Bruneau comme élant
une simple monlée (c'est-à-dire, en fait, une rampe) dans le chemin en penle, par opposition à
un escalier, XÀi:~, dont il est question dans 287, A, 1. 97; il a élé contredit par J. Tréheux',
qui a justement signalé que cetle XÀi:!J.~· est l'échelle d'un oikos et non un escalier dans un
chemin, ce qui conduit finalement J. Tréheux à traduire &:v&:6IXatc;; par .escaliert, au contraire de
Ph. Bruneau.
Si nous quillons Délos, nous retrouvons la même ambivalence pour &:v6.6Cla~c;;, à toules
époques 7 :
- c'est une Hampe., pour accéder à la Tour de Babel, dans Hérodote (I, 181), pour
arriver à l'agora d'Éphèse, dans Ins. Ephesos 3, IK, nO 3005,1. 12-13, et probablement aussi
pour monter à l'acropole d'Amathonte sur son flanc Est, où est gravée IGR III, 975: Aoux~oc;;
OùLti),).~OC;; Kll),).{V~XOc;; -rljv 6.v6.&taw Tllu1"l'jv O"ÙV TT,v &:lJIci:3~ (mais il ne reste rien de toute cette

(1) VALLOIS, Ar'chil«lul'e 1. p. 41 n. 10, el Il, p. 469.


(2) P,.eeisons qu'Er. WII.L, d.ns El. dili~nnes, 8CII Suppl. 1 (lm), p. 595, .ttribue 2055-2056 au Sarapieion B et.
non au C comme le voulait. 1l0UIIBL, Cuita igypli~nl, p. 144-145.
(3) Er. WILL, EAD 35, p. 100.
(4) M.il BnuSBAU, Cuf/n, p. 18&-186, • monlrë qu'il ét.it dirlieile d'affirmer que l'oikemo du compte 158 !le
lrouvail bÎen dant la N~.
(5) Dans le Rtcueil Plo..orl (1976), p. 193 n. 10.
(6) C"elIl d'ailleun li que réside la difrérenee enlre les synonymell ~ et. Mi5cml( : le deuxième lenne, contraÎ-
rement. tU premier, ne peul I·appliquer.il une khelle (voir également. nolre rubrique~, jnfra).
(7) Les exernplell qui suivenl complèlent.la rubrique d·OnLAl'looa-TflAvLOS. ùzikon, 1.11.
- 44-
installation), sans oublier les statues placées il Lindos h tlv.llfi[â.JaCl, d'aprés BUNKENBERG,
Lindos Il, inscriptions. nO 419.1. 31,
- mais c'est un tescaliert, varianle pour «va:&xOj.L&;, dans Didgma Il, nO 26 B, 1. 19, et
nO 39, 1. 13 : ~~tCJI,lj.L~ [».6j.Ll]8l,lç 300 Cv Tij~ «va:.6ŒlfU Tijt Cv ";"Wt «3ÛTWt, .nous avons ravalé deux
marches dans l'escalier de l'adylont, et dans le papyrus Excavaliolls al Dllra Ellropos, Filial
Reporls V, l, nO 19, 1. 14 (division des parties d'une maison entre les membres d'une même
famille).
En définitive, on sera lenté de préférer dans tous les cas la t.raduction par • montée. (ail.
Aufgang, pour les premiers éditeurs du texte d'f:phèse), celle par .escaliert ou trampe. élant
tout de même le résultat d'une interprétation secondaire, qui trahit notre souci moderne de
precision.

ù.VGICGh'pw; GVGICù.8Gpcns, "


(&lGICa-hlpw; ÈICICG8oIpw; CJUVGva.ICG8a.ipw; CJUWICICG8a.ipw; xoûs, 0)

civa.ICU8oIpw: - lIelloyer: 144, A, 1. 73 : en 304 (1) av. J.-C., à l'Inopos, a.va:.x«Oâ.prxCJl ril" lyptxJl";
156, A, 1. 29 : 1tTWIol4 à:va:xœMpI,lCJt, 1. 33-34 : dans des pièces en sous-sol, TOy XOûv oiva:xa.6ci[pc:r.G\v];
161, A, 1. 82 : en 279 av. J.-C., dans le théâtre, rilv Opl~<r.ptl'I xl,ll TOÙÇ Oâ.xouç oiva:xœM.lV-tG~ 1tt1t.ov
loiN ~e:véyxI,lGt, 1. 103-104 : oiva:xa.Oâ.pI,lYTl le Thesmophorion; 175, Aa, 1. 8: dans le théâtre,
3t.â.ppouv oiva:[xa.62.p}-; 199, A, 1. 55: en 274 av. J.-C., il l'inopos, TOp ~61J.0ü ut rilv tfGptxJtY
oiva:xa.M.pa{vn; 203, A, 1. 33 : en 269 av. J .·C., TOIM; oxl~pùç oiva:xa.M.pctG\ ,OlJç Cv ,Wl b:pwt, 1. 38-
39 : la skéné du théâtre, 1. 43-44 : le chemin dans la Nésos, 1. 85 : ,0'11 -ro1"t"OV rijt 3t03Wl, dans le
théâtre; 205, Ba, 1. 23 : 't'O <r.â.3~oy axâ.~rxGW xl,ll «va:xa.6â.P.lllft; 219, A, 1. 25 : le chemin qui méne il
l'Aselépieion; 287, A, 1. 43 : Èpya.'l,ltç ,0 L&pOY «va:xI,l6a.pI,lGtv, 1. 44 : le Dioskourion (et 1. 60), 1. 46 :
le théâtre, 1. 50 : Tl)v Ê~l,lywy!31,l, dans le théâlre, 1. 63 : xa.l ,oy loiN .-rov 1"t"POç ,Wt tcpw~ oiva:xa.6â.pl,l-
D't'l, 1. 76 : Êpyâ.'t"I,l\Ç ,0'11 'Eaxl,lpwyrx; 338, Aa, 1. 39 : <lyrxxI,l6â.pl,lD't -roùç ofxO\IÇ; BRUNEAU, Culles,
p. 305 (règlement de 202 av. J .-C.) : ne rien jeter dç TO'l à.)va.xl,lpOI:VTa ,61to'l près de l'autel de
Dionysosl.
- déblayer, affouiller (dans le cadre de l'établissement de fondations) : 290, 1. 194 : en 246 av.
J .-C., hl,lxrxOrxPl,lfoLl:Yw[t 8i: -ro Oll:foLiÀ~o'l](etl. 201-202), pour le pèrisl.yle de l'Asclépieion ; 505, l. 20 :
dans un devis relatif au théâtre, oivl,lxa.Oipa.t 8i: ,W'I bt ,0 GUPII:O'l OlfoLIÀlw(v; 507 bis, 1. 8 : dans un
devis pour l'Asclépieion, à;yrxltl,lOalp6foLtYOÇ 1w.; Gn(ptOü.
CJUVUVGICa-8a.lpw: "elloger ensemble: 163, A, 1. 36 (276 av. J.-C.).
ù.va-lCa.hpcns: dtblaiement, affollillement : 507 bis, 1. 10 : au milieu du Ille siècle av. J.-C., dans
un devis pour l' Asclépieion, [1tptOû!U"Oç Tl)v ŒYI.lxa.6rxpow -ro~ 6c1U).!OU;.
3lGICa-h'pw: nettoyer à travers, curer: 287, A, 1. 79 : en 250 av. J.-C., dans la skéné du théâtre,
TOÙ,ç XPOlJYOlJç 3l.(l)(1,l6«lV-tvt~.
ÈICICa.8a-'pw: neUoyer â (ond, curer: 144, A, 1. 87: lxxa.6&.prxvn rlrr xp'l!:vi3]a; 146, A, 1. 76: lx·

(1) Li &oMi. j'Ii Ilroc:bté la on choix, en naillOn du ClIraclère le plus lIOuvent purement répétitif des mentions.


- 45-

xa6i)p«O't.. . des colonnes, après les avoir passées au nitre; 148, 1. 67 : en 301 av. J.-C., TO" lh-jO'«upo.. .
[ht}u.r.O&:pIX'r.'t ; 219, A, 1. 27 : dans un édifice indéterminé, U«~Lo-(lV':"~ xal -my lOÛ.. . htx«6«p«~t,
1. 57: [i]v TW~ kpwt ixxo:t(rip«vn); 234, 1. 7: [,,]cWj)O'i>o.. . ixx«O&:p«O'~; 287, A, 1. 75: ipyri'MI.Ç-m.. .
~op.o" ixx«O&:PClO't'" 1. 78 : èxX«OrXp«O'\'I le ymphaion; 290, 1. 95 : le puits de la palestre; 366, A,
1. 34435 : l'inopos.
l7UWKKCl8alpw: nelloytr ensemble il fond: 153, 1. Il : O'U'I(Xx«Oâ.pCl-r.~ une fonlaine.
XOÛ,; : dib/ais: voir ci-dessus, à.VG.KCl8aipw el .KKa.8al~. Ajouler : 161, A, 1. 57 : après démoli-
tion de l'enceinte provisoire en briques du Porinos naos, -my lOÛ" ~tv!yxa:O'l; 199, A, 1. 110 :
dans la paleslre, è8«~lO'ott TO O'i«~]ptO'Tijpto . . Xot! T«O:; 0'1"0«0:; x«t '1"«0:; iÇé8poto:;, xotl ['I"]O.. . l0Ù'l ~t'ltyxotvn;
269, g, 1. 14: '1"0[.. .] loG.. . ; 290, 1. 87: 'l"oy loG.. . ix TOÛ 9ca{p.O(poplou ;;çt.. .éy]x«'r.'t l ; 291, h, 1. 25:
~c. . tyxJor... . n '1"0" loG.. . , hors du Thesmophorion,

Alors que x«O«lpw s'applique il la pUl'ification rituelle d'un sancluaire par le sacrirlce d'un
porc, nolé régulièrement avec la formule lOtpoo:; '1"0 ltpo.. . (ou '1"0 Eh:0'p.oo:p6pto.. . ) xllOŒpotaOllt, les
composés &:.. . IXX«O<J.(pW, 8vxx<J.OIl(pw et ixx<J.O<J.(pw, avec les surcomposés o,u.... a:.. . a:x<J,O<J,(pw ct au.. .(x-
x«O<J,(pw, concernent des opérations de nettoyage bien spécifiques.
Sur un site traversé par les vents et les pluics une bonne partie de l'année, de la terre, des
graminées, etloutes sorles de produits sont sans cesse apportés dans les sanctuaires de l'île,
dans les différents espaces des bâtiments publics, et sur les chemins. Dans ces conditions, les
administrateurs doivent payer des ouvriers pour enlever les mauvaises herbes, la terre et les
dèchets en lout genre, Ce neU.oyage était spécialement nécessaire pour les pièces en sous-sol
(156, A, 1. 33-34), elles caniveaux ou tout ce qui sert. il l'écoulement de l'eau; c'est. ainsi que la
présence d'&'IlXX«Oa.(pw pousse â comprendre onn}oûo:;, les tconduiles f, et non 05lOuç, dans 203, A,
1. 33. Lorsqu'un mur est effondre, il est. indispensable d'enlever les parties lombées (c'est le sens
de la formule du passage 156, A, 1. 29). De loute façon, il convient de net.toyer régulièrement
J'ensemble du hiéron d'Apollon (287, A, 1. 43) et. les aulres sanctuaires, comme le Thesmopho-
rion et. le Dioskourion, ces opérat.ions étant manifestement. liées aux preparatifs des diverses
fêles: un hiéron ou un lémimos doit. èt.re propre, x«Orxp6ç, comme il ressort. du règlement de
l'année 202, publié par Konloléon et repris par Ph. Bruneau. C'est. suivant. le même ordre
d'idées que les chemins (celui de la Nésos, el celui qui mène â l'Asclépieion) doivent être remis
en étal. et donc nivelés, sous peine de devenir impraticables au moment où l'on en aura le plus
besoin, pour les processions. Le résultat est. un tas d'ordures que certaines inscriptions nom-
ment X61t"pOç3, mais la plupart parlent de .déblais., xoùo:;; ils sont. ensuite emportés ct sans
doute jetés à la mer, comme aujourd'hui. Le loGo:; est particulièremenl important dans les
constructions en cours ou les reconstructions; il comprend alors, en plus de la terre, les déchets
de taille, les briques démolies (161, A, l. 57)-loul ce que l'ail. entend par le terme Bauschull.
Ce genre de nettoyage était pratiqué dans toute la Grèce, à ioules les époques, l'épigraphie
et divers écrivains s'en font l'écho 4. Il faut alors dislinguer le netloyagc des sanctuaires et le
service spécifique de la voirie, conllé aux astynomes, non seulement à Pergame, mais probable-
ment. aussi à Délos. où l'on connait trois astynomes en fonclion'.

(2) Les IG ~tituenl:l~]nvn. or l'on a loujou~. a\'« lov.;,le verbe ~~. BRUN"IlAU, Culin, p. 286, n. 2,
:I\'ail déjà fail celle n:marque,
(3) BRUNEAU, li. dtli~nnu, Bell Suppl. 1 (19ïJ), p. 134-135.
(4) Voir les IKlmbreuses rérérencetl données dans ORLASIH)S- TRA\·I.05, lo:.ikon, 1.1', ~lf-. Certaines se
luperposenl toul il fail aux expl'l!!!l8iolll déliennes ; IG II, 313, 1. 154 ; 1{il] h[..Jp&. ~di;>l'IJ; Diodore de Sicile, X Ill.
56 : nelto)'er une partie tombée de la muraille, XVII l, 33 ; un vÎeux canill. Pendanl ce temp', io Delphes. on coupe les
herbes autour des pie"," du Temple d'Apollon; =i.w; îJ8o<.,,; ~l TO~ 1Wrl ril~ vz6., (BoUIIQUIIT, CID II. '1- 34 ",
1.64).
(5) D'aprês les in&cripliolll lZl6, 1144, l<l<la. 1147. Sur le role det 1Illvnomes. \'oir P. STANI..II'1'. Ilncitnl Gr«k
Markd n~lIfafion. and Conlrol. (Th~ Berkeley, 1976), p. 1!l7·237; le I)rin~ipal documtnl Klle règlement de Per-
game, OGI, <183.
- 46-

Mais le terme à....exx«6apau;, et dans certains cas le verbe à.YlXxa.Oex{pw, s'appliquent à un


nettoyage d'un caractère particulier: il s'agit, en creusant une tranchèe de fondation, de
présenter un fossé aux parois et surtout au fond neLs, sans pierraille, toute la terre de déblais
ayant été évacuée. Cette opération est indispensable pour pouvoir procéder ensuite à l'affer-
missement du sol, qui doit, pour une bonne assise, être aussi solide que le rocher, quand il n'a
pas été possible de creuser, précisèment, jusqu'à ce niveau '. On comprend que les comptes ou
devis ayant à traiter de fondations insistent toujours sur l'étape du déblaiement de la lranchée,
particulièrement importante dans le cas d'une reconstruction, où existent déjà d'anciennes
fondations: en dehors des textes déliens, il en est question dans l'épigraphie attique 7, dans
celle d'~pidaure', ou encore à Mytilène', et dans le devis de Livadie lt .
L'hapax G\1WI.\/Œxa.6atpw apparalt dans un contexte trop lacunaire pour que nous puissions
comprendre de quoi il est question. Quant à htxa.Oa.lp<.l, il peut être un synonyme pur et simple
d'riYIXxa.Oa.(pw; par exemple, lorsqu'il faut nettoyer l'inopos ou une de ses parties, c'est indif·
féremmentl'un ou l'autre terme que l'on emploie (144, A, 1. 73; 366, A, 1. 34-35). C'est la même
impression qui ressort de 219, A, 1. 27 : faire un sol a eu pour conséquence la formation d'un tas
de déblais à propos duquel est cet.te fois employé le verbe lxx«fh(pw. Mais la nuance de sens qui
ressort des préfixes «YIX- (nettoyer de bas en haut) et. lx· (nettoyer à fond) est aussi parfois
respeclèe : seullxx«Oex(p6l pouvait convenir pour le nettoyage des colonnes, dans les .creux, des
cannelures (146, A, 1. 76), el, avec 3uxxa:Oex(pw et surtout. l'hapax auvtxxcx6extpw, il est certaine-
ment plus approprié qu'à....IlXIX6atpw pour le ,curage. d'une fontaine, d'un puiLs, ou d'une
'grille. d'écoulement, Tj6fL6ç. 'E)(.X.IXOex(pw est dans tous les cas un verbe couramment employé en
grec classique et à l'époque romaine - comme «YlXxexOi1(pw, mais il est. un peu plus fréquent. en
ce sens - pour l'indispensable nettoyage des installations hydrauliques, maintes fois prescrit,
ainsi dans le règlement des astynomes de Pergame Il, et. à Delphes où, vers le milieu du
Ille siècle av. J ,-C" la fontaine Casta lie est mentionnée à l'occasion de la célébration des jeux
pyt.hiques lt , enfin en Égypte, où, dans l'inscription de Flavius Tatianus relative au canal
d'Alexandrie, on lit txnx&.6cx(?}ri1~, cependant qu'riYIXxa.Oa.pex~ est utilisé pour le curage du pu ils
du Paneion d'E1-Kanaïs IS.

(6) Voir la rubrillue 6c",c(t)l.l.O'I, infra,


(7) M, Ilou.KAUX, tl, d'tpigrophie el d'hi./, grtcqlle l, p, 348; MAIKI\, MOllerballinlChriflen Il, p. 87 (Skeuothéque
du Pirée).
(8) 10 IV', l, 106, l, 1. 25: ..iit; &:v«(l&'pa\o<; .. ii~ ..6"l'pw'I, 'le nettoyage deslossèllf. Voir Ilussi Roux, Areh. Arg()/ide,
p. $1.
(9) 10 XII 2, Il,1. Il : &:V«ll.Œ6Œlt>w~..o "p0a6.",ù.,ou",C'I'Ov, .en netloyant la fondation adjacente 0 (fin du IV' siècle
av. J.-C.; réfèrence commentee par LATTIlIlMANN, BallinlChriflen, p, 1Q6..107; texte corrigé et réanalyse par
A, J, HRlllllRIlRf<, .Ob!lervalions on 1G XII, 2, 10 and 110, 7.PE 74 [1008], p. 111-132). Il est permis de regretter que
dans les Articles hœll.Œ6ol(pw et &:"<I<l<6.6olpal.oÇ du Lu:ikon d'ORI... NnOs-TIlAVI.OB, ne soit pas faile une distinction entre les
textes où il esl question du nettoyage d'un bAliment ou d'un &llnctuaire, et ceux qui concernent une tranchee de
fondation: dans le deuxième cas, la ma!!lle du déblaiement est plus impoortllllte, etl'opéralion prend un autre sens que
le simple nettoyage périodique.
(10) 10 VII, 3073, 1. 64. Precisons que le verbe ~œ6œlpw peUtlluBlli se dire pour le netloyage du !lOI dans la
carrière, quand il faut enlever les debris poour dégager les veines; P. Pelrie Il, 4 (9), l. 4 Bq •• et Didyma Il, nO Ml,
1. 161Kf.: &:"<I<u&œp.n.: -.oÛ.. ,M'f'O\lto", .Ie nettoyage... de la carrière'.
(II) 001,483.1. 174 : ~6œt,,&,~ -.où<; t..w-.llj.lo"",, .netto)'er les conduites souterraine.., et 214).212 : ~, les
puilll, etc.
(12) BOUBQUIIT, CID Il, n" 139, 1. 42: ~fJipœ,. Dans le mème texte, le motbU6œp<n<; est toutefois employè'

...-.
plusieul'8 reprises pour des tra'·aux non hydrauliques. tandis que pour le netto)'age des fosses d'irrigation d'Héraclée,
dans 10 XIV, 645, 1. 132. c'est ~6œ~ qui est p~fèrt: ~to.n ai lwJahl.oÇ d 3c;;'vtQ, 'fi ftp 'fi œÙ't"w.. 1."'9b

(13) A. BP.f<NAND, lA lkllo trlyplien d'opm le. lezln gren 1. Confiru Libyque. (1970), p. 340-346, et l4 PoneÎon
d'EI·Ka"ai. (197'1), p. 55-60, n" 12.
- 47-

QVaICEpaJ1-ÔW : voir ICEpa.!J.'S

mur de soulènement : 163, A, 1. 38 : en 276 av. J.-C., au Mont Cynthe, HOouç Uf!oüo{~] - dç TG
«V&:À1Jf!f!IX; 165, 1. 33 : TOUÇ :KIXTIXÀ'lTÇTi)plXç TOÙ «vIXÀ4)f!IMToÇ TOÙ Kuvij(ou À!6wv OXTW l't631Xç TPL6:xOVTIX,
1. 35 : otxo3of!~alX~ TO (à.]v6:[À'l]f!ILIX; 287, A, 1. 103-104 : en 250 av. J.-C., dans le Nymphaion, Ta
à.V&;À1JIL(J.IX otxo3oIL'ij(l"IX~; 1817: en 96-95 av. J.-C., dédicace de 1'.xv&:À1JIL(J.IX et du 1tuÀwv du Kyn-
thion; Er. WILL, EAD 35, p. 101 : en 109-107 av. J.-C., consécration de l'<<V.xÀljILf!1X à Aphrodite
Hagné.
L'étymologie du mot (même racine que ÀIXf.lÔ&:VW) suggère un «support de bas en hauh, un
moyen de «tenir quelque chose vers le haut., d'ou, en architecture, un «mur de soutènement. l •
A Délos, cette forte structure en granit est toujours bien visible au Kynthion (= CD 105),
cependant qu'Er. Will rattache l'inscription du Sanctuaire syrien au« puissant mur de soutène-
ment de l'aile Sud du portique du théâtre, ou un des murs bordant la cavea •. Quant au
Nymphaion de Délos, il n'est pas localisé et n'est connu que par les inscriptions: précisément,
la mention d'un analemma -et, dans 1839, d'un arc (?) et d'un portail- montre que ce n'était
pas une petite construction sans importance (pl. VI, 19).
Le terme n'est pas rare dans les inscriptions de toutes origines à partir du IVe siècle av.
J.~C., dans la Septante, et chez des historiens tardifs 2, mais il a parfois été traduit par t:Subs-
truction.: c'est la traduction choisie par le dictionnaire BAILLY, par KAYSER, Terminologie,
p. 127 (<<on appelle «v&:k'lILf!1X toute substruction.), et par Th. Reinach pour une dédicace au
théâtre de Geyre 3 , tandis que P. Goukowsky, dans l'édition de la CUF, adopte «soubassement.
pour la citadelle de Persépolis dont parle Diodore de Sicile (XVII, 71). De même, F. Durrbach,
dans son édition des lC, veut assimiler Ùl'tOaOf.l~ et «v&:Àlj!J.(J.IX, car les deux structures peuvent
porter une assise d'arase, :KIXTIXÀlj7ITi)pe;ç, or le premier mot se réfère bien a une fsubstruction .4.
Ce point de vue ne paraît pas pouvoir être accepté. Chaque fois que le mot &.v&;À"'IILILIX peut
être rattaché a une installation conservee, il est manifeste qu'il s'agit bien d'un mur de soutène-
ment 6 . On l'a vu a Délos, on le constate pour le théâtre de Geyre, ainsi qu'a lasos'. Il en va de

(1) Cf. PHOTIUS, Ltxikon : &"&);l'J;lf1/l . 64'wfL", .m;P'YfL".


(2) Voir les passages commodément reproduits dans QRLANDOS-TRAVI.OS, Ltxikorl, S.U.; ajouter la rMêrence de
notre note 3. et G. PETZI.. ZPE 9 (I972), p. 64-67 : publication d'une épitaphe romaine de Smyrne, avec une installa-
tion funéraire complexe, dont un <i..&)."I)j.l;lll Mpoallro 'roi> 1ll~ll'J"l!ou, 'mur de soutènement en avant du monument.
(texte commentè par L. ROBERT. Bull. tp. 72,380. qui rappelle qu'un &'vi)."1)"1'4 n'est paB une .Umfriedungsmauer.,
mais un mur de soutènement sur une pente).
(3) REG 19 (I906), p. 226-227. nO 133 (_ MAMA VIIl, 436).
(4) Voir notre rubrique \I7<OOofL1), infra.
(5) Pour la différence exacte entre ces termes, voir GINOUVÈs-MART1N, Dictionnaire mil/IOdique 11 : la suhBtruc-
tion, comme le soubassement, forme la partie inférieure d'une construction, mais ce n'est paB un mur, qui serait en
élévation.
(6) ln •. la.o.2, fK, nO 249 {_CIG, 2681}.
- 48-

même pour 1'«vV.1j(.t(.to: du sanctuaire d'Apollon Maléatas il Épidaure, mentionné dans les ins-
criptions', et c'est bien un mur de soutenement que les Cnidiens ont dedié il l'Apollon de
Delphes l . Qu:mt aux textes littéraires, ils insistent d'une manière très significative sur la
hauleur et l'imporlance de cette structure.

local ou at~li~r pou.r Jrauaill~urs d~ 8eZ~ m08culin


'Y8pWv: 104·32, 1. 9 : au I~ siécle av. J.-C., location d'un «v3pWv; 156, A, J. 35, 38 et 39 : peu
avant 282 av. J .-C., TOÛ 7tpt'Kr."wwv "t"wv ci..,apwYW'II, 1. 49 : TOU; olxi)!Lo:f a~'11 TOi( 7to:p«? rlj'll O&:>.a.}rro:v x.o:l
TW~ XÀL<l'!w~ x.cd "t"W~ oiv3pw'II~; 157, A, 1. 10 : [TW'II â.v3p~'IIw'll TW'II 7tpOç Tij~ 6o:MTJni~ (même formule
dans 162, A, 1. 15; 201, A, 1. 12; 296, A, 1. 15-16); 158, A, 1. 18: en 282 av. J.-C., dans l'oilUa
Charéleia, TW'II OIX1jfL&TCdV à.(.tlpO-ripCd'll "t"W'II Ô1'tO TOùç â.v3pw'\Illç; 161, A, 1. 18 : Tlj.;; «..,afK'l'll.Ti30.;; l'::O:p«
:E<.iTb.{ovk TW'II liv3p~YW'II "t"W'II 'l'l'pàç Tii~ 6o:MT1'l'j~ (•..) TOÜ à.v3pw'IOÇ TOÙ lx.o~u TOUTCd'll; 199, A, 1. 68 :
dans l'oikia Charéleia, TOÜ à...,apW'IIO';; TOÙ bd 6o:Maal'j~, B, 1. 93: location nj.;; XllPTf"=~ TW'II
Wp4'11W'll et TOÜ oiv3pw'\IO';; TOÛ 'l'l'llpi 6o:Ma{al'j~] ; 203, A, 1. 25 : andron de l'oikia Charéleia, 1. 27 :
location TOÙ «'oI3PW'\IO';; -:oü Xtl:-rCd rij.;; Xap1jTI:{O:<;, 1. 35 : on répare la porle de l'andron de Charéteia ;
225, b, 1. 8 (lacune); 226, A, 1. 11-12 : location de nj.;; Xllpl')'rti:o:.;; Tèl'll liv3pw'\Ill et de Tèl'll &'II3pW'\Ill Tèl(.t
7tpO';; TT,~ OIXÀ&aGl'j~; 235, 1. 13 (lacune); 268, 1. 8 : andron de Charéteia ; 274, 1. 19 (lacune); 287, A,
1. 24·25: en 250 av. J.-C., une pout.re est.lombée lx TOÛ à.v3pw'IIO';;, 1. 35, 1. 121-12'2.; 290,1. 25:
TW'II â...,apW'llWY TW'II bd 6o:M:aGl'j~ xo:l TWV Ùl'::~pWtCdV; 314, A, 1. 141 (lacune); 353, A, 1. 17: location
TW'II à.v3p~'IIwY; 356 bis, A, 1. 15, 17 : en 210 av. J,·C" location 'fw'II1~lj.;; liv3pw'IICd'll; 366, A, 1. 97 :
dans Charéleia, TOÙ';; civ3pw'IIaç, B, 1. 26 : TWY «v3pw-.{w'II]; 400, 1. 13: en 192 av. J.-C., location de
TOÙ';; &v3pw'IIO:';; (même formule: 403, 1. 54); 403, 1. 61; 442, A, 1. 144 : en 179 av. J.-C., dans une
synoikia 1
iLv8pWvl.OY: - Charéleia: 287, A,!. 171, deux andronia sans porte, dont. un avec lhalamos;
373,8,1. 13-14; - Charoneia : 287, A, 1. 166, à.y8p~v~oY avec porte; peut.-êLre 356 bis, B, l, 37;
374, Aa, 1. 7·8; - Chersonésos: 461, Bb, 1. 56; - Dionysion: 287, A, 1. 161, deux andronia,
séparés, sans porle; - Epislhéneia : 374, B, 1. 18; - Kérameion: 287, A, 1. 147: liy8p6Jvtov
T1tOUpw!J.!vov - bd "t'OÙ X~7tOU (Mpo: - el à;v8pwv~ov &'Oupov; - Limnai : 287, A, 1. 159, sans porle;-
Nikou Choros : 287, A, 1. 157, sans porle; 373, 8, 1. 7; 445, 1. 23; - Panormos : 287, A, 1. 167;
374, Ab, 1.4; 440, B, 1. 20 1 ; 452, 1,22: «y8pwvtoY avec porle; - Phoinikès: 374, Aa, 1. 19:
«]...apW[v~o:1] Il &'Oupa ; - Pyrgoi : 287, A, 173, deux andrQrlia ; - Rhamnoi : 287, A, 1. 154 :
«y8p6JvtoY avec port.e; 374, Aa, 1.26; - Thaléon (?) : 366, B, l, 13-14; - Hippodromos : 356
bis, B, 1. 33 (d'après J, TRÉHEUX, BCH 1986, p. 431); - domaine inconnu: 373, B, 1. 18-19;
374, Ab, 1. 9-10; 406, B, 1. 83 (sans porle).
iLv8pwvÎn~: 157,A, 1.11; 158, A, 1.18-19; 161,A, 1.16-17 : toujours dans l'oikia Charéteia,
avec une gynaikonifis, et T'ii.;; liv8pCdVh'wo,;; 'l'l'o:pàt EwTt:>'[ouk TWY li."apw\lWv "t"w(.t 'l'l'p0';; TT,L OIXÀ&:M'TJ~;
même formule dans 162, A, 1. 14-15.

(7) Clichk danll A. BURFORD, The Grnk Temple Hui/den al F:pidaurm (1969), pl, 9.
(8) FD 111,4, n· 461,1.2. Le mot. lie ~ncont~ plu.ieurs foil et.lllnl tquivoque danl l'epigraphie delphique.
(1) Danll les ID. On lit ici '~«, leetu~ con"nnee par K8I'1T, Bel/53 (1939), p. 244, où il rest.itue le nom du
domaine, Je reste Keptique, car ~ n'est jlmaill emplo)·e il ~IOI dan,lle cali d'une ferme, et danlla dellCription de
PaoonnOi dat~ de 250, On lit bien ~... Une confu.ion a dO lie produire.
-49- G.v6pWv

D'après nos listes, une distinction s'opère tout de suite entre les .maisons sacréeSt, pro-
priétés urbaines, qui peuvent avoir une andronitis ou un andron, et les domaines ruraux, qui
possèdent des andronia, terme spécifiquement délien.

&v8pWllïTlç.

Formé sur oXv8pw'I avec le suffixe féminin -"'t'L/;, attesté dans les vocabulaires techniques,
oX'I8pWVrTLI; disparaît des inscriptions déliennes à partir de 279 av. J .~C., pour être remplacé par
Œ.'18pwv, dans l'oikia Charéteia. Chez les écrivains attiques 2, Œ.'18pWVrT~1; est destiné à distinguer
l'appartement ou la zone des hommes (angl. men's quarter), celle où ils vivent, travaillent et
dorment, de celle des femmes. L'opposition notée par Lysias (Meurtre d'Erat., 1,9) est très
explicite: OtX(8LOV t:(1TL fLOL 8L'I"I:ÀOÜV, lO"IX fxo'l T& ŒVW TOrl; xchw XIXTlX -rljv YU'lIX~XWVrTW XOLI XIXT& -rljv
Otv8pWllrTL'I, .ma maison a un étage, la disposition est la même en bas et en haut, pour l'apparte-
ment des femmes et pour celui des hommes •. Mais on remarquera que dans la maison selon
Vitruve (VI, 7, 4) la répartition des sexes ne se fait pas par étages: pour Vitruve, les chambres
qui constituent l'andronitis et la gynaikonilis se groupent autour de deux cours, plan qui ne se
retrouve pas, sauf exception, dans les maisons dégagées à Délos, où la gynaikonilis n'est d'ail-
leurs pas située avec précision, si bien que Chamonard en vient à supposer que les femmes
_devaient d'ordinaire travailler dans la coun 3 . On peut simplement affirmer qu'andronitis est
un terme général, en grec, pour qualifier une certaine zone de la maison, réservée aux hommes,
quelles que soient sa configuration et sa place exactes.

&v8pWII, un terme ambivalent.

A Délos, où l'on loue .l'andronitis près des andrones qui sont au bord de la men (161, A,
1. 16-17), Œ.'18pWVrTLI; est donc une variante pour oXv8pwv. Ce deuxième terme est de loin le plus
courant, dans l'Antiquité et surtout dans la langue archéologique moderne, où il est systéma-
tiquement 4 appliqué à la pièce principale, ou une des pièces principales, d'une maison urbaine.
Elle est accessible depuis la cour, elle est suffisamment grande pour pouvoir contenir un certain
nombre de lits, placés le long des murs, ce qui entraîne la présence d'une porte désaxée, et de
fenêtres pour l'aération, le sol étant lavable et les murs soigneusement stuqués: il s'agit donc
de la salle de banquet, élément essentiel du _standing f, où le maître de maison reçoit ses hôtes.
C'est aussi le sens qu'il faut adopter lorsqu'un andron est cité dans un sanctuaire, cette fois
pour des banquets publics, plus formels 5 . L'andron doit donc en principe être distingué des

(2) Voir les références d'ÛRLANDOS-TRAVI.OS, 1~.ûkQn, S.U., et notre rubrique YUV(lL>(w"i'tl.l;.
(3) EAD V III, l, p. 176. Mois la MaillOn des Masques poumlit illustrer la description vitruvienne, avec andronilis
et gynaikonifis groupées autour de deux COUI"8 différentes: voir A. nUM~F, JDAf 50 (1935), p. 1-8-
(4) Tout il rait caractéristique il cet égard est la position adOlltée par HOEI'YNER-SCllwANDNEn, flous und Stadl
im klassischen Griuhenland (1986) : réexamen des maisons d'ûlynthe, du Pirée, de Cassopé, de Priène, possedant une
,salle de réception. (avec une reconstitution lrès parlante d'un andron, p. 178), d'Abdère, et méme de Doura-Europos
(où cetle pièce correspond en rait au diwan oriental). Un emploi analogue du mot andron avait été fait par L. B. 110L-
LAND, ,CQlophono, Ihsperia 13 (1944), p. 91-171.
(5) Analyse globale du lerme et exemples, nombreux dans tout le monde grec, il partir de l'époque cloSllique :
ÛRI.ANDOll-TRAVLOS, Luikon, s.v.: ajouler J. CHAMPA, Labraumla 111, 2. p. 1O~1 1 (longue étude comparative du mot
en partant de la dédicace, par Mausole. d'un :mdron dans le sanctuaire de Zeus LahraundOll). Dans sa communication
au xlll·CQngrès Intern. d'Ar<:héologie Classique (Berlin, 1988), intitulée ,Hellenistic Architecture in Light of Lote
Classica! Lahraunda., P. Hellstrôm a analysé la différence, apparue il l'époque hellénistique, enlre les plans des
androncs privés et ceux des 88nctuaires, comme ceux de Labraunda, qui sont de véritables petits temple!! in anfis, avec
une lorge niche dans le mur de fond de la ,o,;ella., le tout sur plan axial. Enfin, je Il 'adhère lIas racilement il lïnlerpréta~
tion de BLINKENBERG, Lindos II. InscripJions, nO 290 (88 av. J.-C.): pour 6 ml ,0;> à.Wlp';;yo~, l'auteur comprend qu'il
-50-
plcce!> il dormir et il travailler, sa (onelion apparaît bien dans la boutade d'Aristophane, Ec.,
676 : "rOC 8tXOC(JTI]PUl xa.l "tac:; O"t"OŒ.<:; &vôPW\lOCo; n:Œ.V'T1J. Tl:m~(Jw, .Ics tribunaux et les portiques, je ferai de
tout des salles il. manger.; c'est alors un synonyme d'heslialorion, ou encore, dans certains cas,
d'oikos'.
Dans l'adoption quasi unanime de celle définition, l'influence de Vitruve (VI, 7, 5) a une
large part; Graeci enim à:."ôpwvcr.ç appellani accus, ubi convivia viri/ia soient esse, quod eo mulieres
non acceduni; c'est sur lui que s'est fondé Chamonard pour reconnaître les andrones - ou
iriciinia, pour reprendre un synonyme employé par Vitruve - dans les ruines des maisons du
Quartier du Théàtre 7.
Néanmoins, lorsqu'on considère l'emploi du mol dans les inscriplions déliennes, il esl
évidenl que Lous ces andrones el a"dronilides appart.cnanl à des maisons sacrées ne sont pas des
salles de banquets, mais bien des, aleliers pour lravailleurs masculins. '. J'en veux pour preuve
le fait qu'ils sonl loués à parl, indépendammenl du resle de l'oikia - les divers andrones de
l'oikia Charéleia élanl lanlôt pris globalement, tanlôl dislingués - , et à des arlisans, prali-
quanl toutes les spécialilés 8 • La présence, dans un cas (156), d'un prostoon ou colonnade de
façade, qui prolonge les andrones, va sans doule aussi en faveur de celle inlerprélalion. R. Val-
lois esl allé plus loin en assimilanl les oikemaia el les andrones : mais s'il esl exacl que les
obci)!J.IX't'1X 't'Ot 1tpO~ TI}~ t1ÛI&:OG'7Jt)W;t 't'Il t1tt 't'o&ro~~ (161) semblent devenir par la suite les ŒVÔPWVEÇ or
bd 6û,.x0G'7Jt )W;t 't'Ot U1tEPWtlX (290), les deux expressions voisinenl plusieurs fois dans la même
phrase 10, si bien qu'andron doit servir à désigner plus spécialement l'atelier où travaillent des
hommes (esclaves ou hommes libres), otX1)1J.1X étant un terme plus général.

L '&.v8pWV1011 délien.

Quant il ŒVÔpWV~ov, ce diminutif délien n'est pas non plus une petite salle de banquet Il. De
toute façon, l'&.vapWVtOV était-il nécessairement plus petit qu'un &.vapwv ? Il Y a lieu d'en douter,
d'après la manière dont les administrateurs mettent sur le même plan l'~t8plX et 1'!~i8ptOV,
l'U1ttpW~OV el l'u1ttpwt8~ov. La fonction exacte de 1'&'vôp6mov ne peut être à peu près saisie qu'en
comparant l'état des lieux de chaque domaine, que celui-ci dispose ou non de celte piéce. Il
n'est toutefois pas possible de suivre Kent U lorsqu'il suggère que l'andronion serait parfois

s'agit probablement du responsable .d'un logement provisoire, construit pour abriler les ouvriers pendant la durée du
travail.; pourtant, dans un sanctuaire, on verrait mieux une ,aile de banquet.
(6) Il est caractéristique des moeurs grecques, au point qu'on rencontre la transcription du mot dans un texte en
palmyrénien : J. STARCKY, Syria 26 (1944), p. 55-59. Voir aU811i M. ROSTOVTZI;FF, E;n;al)a/ions 0/ Dura EurofWs, Fiflh
&ason of Work, Okt. 1931-March 1932, p. 114 : dans une inscriptioll de 54 ap. J.-C., les membres d'une associatioll,
aux noms presque lous sémitiques, ont elevé au dieu Aphlad "r.v ci...3p~_ ""U'l:tlv.
(7) EAD Vlll, l, p, 170-176; d. 8CH 77 (1953), pl. XLV (Maison de l'Hermès, piéce C).
(8) La formule est de S. MOLINlRfI, dans JA!S • maisons sacrüu d~ Dt/os.
(9) Voir le tableau de VIAL, lUlos, p. 351-353: elle remarque que • les locaux n'avaient ni structure ni équipe-
me.nt caractéristiques et pouvaient servir indistinctement aux divers corps de métier: les andrones de la Charéteia ont
servi successivement il Philtès, un marehand de bois, et IJ Mènés, Ull marbrieTf. Cf. R. OSllOflNF., Chiron 18 (1988),
p.301 : ,(...) Ergoteles leased the andrones and the eslule Kerameion and seems 1.0 have supplied pinewood; Menes
renled an andron and trllded in slone, Mnesileos renled andron~s and SUPI)lied paint, Phil les renled lin andron and
supplied wood •.
(10) Exemples rllssembles par VA ....OIS lui-même, Archil~clure l, p. 218-219.
(11) C'esll)(Jurlant ce qu'a pensé tout naturellement HOlllNSON, Excaualions al Olynlllus XII, p. 454, en Ten-
vO~'ant il la Maison des Comédiens de Dèlos ou il d'aulres maisons urbaines. Mais on sait (lue les diminutifs peuvent
avoir de mllllil)les valeurs.
(12) Temple Es/a/es, p. 296-2<)7; conlM, R. OS80RNIl, ,Building and Residence in Classical and Hellenistic
Greece., AIJSA 80(1980), p. 121-12'2, qui propose III définition:.a ground-floor room with externa' acce8!l.... a special
local coinage from alldron to refer to a room which was in parallel posilion lo lhe andrem but was not in fact an
f1ndron •.
-51 -

remplacé par une sl:llle à l'étage, qui remplirait alors le même rôle (ce serait, dans ce cas, une
pièce à dormir pour les hommes, qui travaillent le jour dans la salle commune, le kleision, les
couples mariés devant dormir dans un thalamos), car s'il est exact que Skitoneia, qui n'a pas
d'andronion, est augmenté d'un étage, il est d'autres domaines qui cumulent un .pièce à
l'étage. et un andronion (287, A, 1. 157, 159, 161, 171). En outre, d'après certaines attestations,
l'étage semble davantage convenir aux femmes. Mais je ne pense pas non plus que le mot,
comme l'écrit Vallois 13, *peut s'appliquer à toules les chambres secondaires directement acces-
sibles de la coun : on doit plutôt y voir un certain type de local, réservé aux hommes, servant
au travail comme au repos la nuit, peut-être effectivement jugé d'un intérêt secondaire pour
l'exploitation dans la mesure où il est cité, en principe, après des installations comme le pailler,
le moulin, l'étable. Certains domaines ont deux andronia, et l'un d'eux donne sur un thalamos
(287, A, 1. 171). En définil.ive, Vallois doit avoir raison lorsqu'il doute que les «oikemala aienl
eté nettement distingués des andronia .. u . En effet, le domaine de Leimon, qui n'a ni thalamos,
ni andronion, ni étage, n'a pu rassembler tout son petit monde que dans un kleision et éven-
tuellement un oikema (287, A, 1. 148-149), cependant que les deux corps de bâtiments de
Charoneia disposent, l'un d'un andronion, l'autre d'un oikema. L'assimilation n'est tout de
même pas complète: R. Osborne voit justement dans a'6t'r)f.llX *an unspecific term for a building
with no current particular use. n , un bâtiment neutre quant à sa fonction, ce qui n'est pas
exactement le cas de l'andronion, si l'on tient compte de l'étymologie.

à,v8ÉI.UOV: - ornemenl floral, fail de palmelles et de lolus al/ernés 145,1. 15 : en 302 av. J.-C.,
dans l'Asclépieion, èyxaM.~lXvt"t Iiv6Éf.ltlX (7); 165, 1. 24 : en 276 av. J.-C., on peint sur le plafond
du PyLhion 'TO: &.v6éll-tlX 'TO: hd TW'f XUfLllTtWV;
- ornemenl en forme de pa/meUe: 1413, b, 1. 22-23 (restitué par VALLOIS, Archiieclure II, 2,
p.452, n. 5) : vers le milieu du Ile siècle av. J.-C., dans un invenLaire, 7tÉvt"t lU: al Èx mü
cXv6e(f.ltolJ].

o.vlkll-W"Os: pourvu d'un ornemenl floral (en forme de pafmelle) : 1403, Ab, Il,1. 80 (restiLué par
Vallois); 1439, Abc, l, 1. 47; 1441, A, 1,1. 68; 1450, A, l. 48: dans des inventaires, t1tl!11tlXO''TplX
Œ.'J6tf.lw't"a..

Les inventaires athéniens de Délos menLionnenl fréquemmenL des f.l~ÀlX XIXL liv6tf.ltlX, «des
pommes el. des fleurslt, parmi des objets en or. Mais les .l1eurs- uLilisées en architecture sont
bien auLre chose, et les comptes de consLruct.ion de l'ÉrechLheion désignent par ce mot la bande
florale figurée en ceinture sur des colonnes ioniques, des chapiteaux d'anLe, le couronnement du
linteau, ou sur l'épikraniLis l . Ce décor est codifié: il fait toujours alLerner des 10Lus et des
palmettes, quand il ne présente pas des lotus seuls, ou encore des palmetLes seules, de Lypes
dirférenLs; si le schéma de base resle le même, il varie dans le détail 2. A Délos, on a conservé

(13) Ar~hilulurt l, p. 214.


(14) VALLOtS, ibid.
(15) OSBORNE, o. ~., p. l'lI.
(1) STEVENS-PATON, The Eruhlheum, p. 2OJsq.
(2) Voir GINOUVEs-MARTlN, Dictionnaire mélhodique l, pour des exemples illustrés. II ne faudraiL pas resLreindre
l'anthémian au groupement des lotus alternant avec des palmeLtes, comme on a parfois tendance li le faire d'après le
cas de l'Brechtheion : ainsi D. S. ROBERTSON, Gruk cmd Roman Archifecture (1943,2< éd.), p. 380. Quant au diction-
naire LSJ,-il traduit li Lori par ,holleyauckle pattern on Ionie columnso, en cit.ant l'Erechtheion.
- 52-

les traces des rinceaux il palmettes peints sur des éléments du Grand temple, ou des palmettes
alternant avec des lotus l>ur une sima de l'îlot des Comèdiens 3 .
Toujours au Temple d'Apollon, les marteaux de porte à.v6tf.lw"t"&., en métal, ne procèdent
évidemmcnt pas du principe de la composition linéaire ct ne comportent qu'un seul élémcnl t ,
comme les XOtJ..u1t't"Ïlpti.; liv6tf.lw"t"OL des inscriptions attiques 6, c'est-a-dire des antéfixes où s'épa-
nouit une palmctte. Un inventaire de Délos (1413) précise que cette palmette - à.v6É:flLOV a donc
ici un sens restreint - est a cinq feuilles découpées.
Le foit qu'<iv64:(.l~ov puisse s'appliquer à des palmett.es et non exclusivement à des fleurs ne doit pas
surprendre. Ph. Bruneau a montré qu'&:v60~ et les mols de sa famille • appartiennent au vocabulaire de la
décoration artificielle en général (entre autres la broderie) et de la mosaïque en particulier, et désignent
alors ulle décoration polychrome de motifs variés et non pas seulement floraux.'.

o'vTUhW,Q : anlilhéma, conlre~parement : 203, A, 1. 45 : en 269 av. J .-C., &:v"t"I6-tj(f.l)oc bd 't"Œ.ç roJÀocç;
500, A, 1. 17~18: en 297 av. J.-C., dans le devis du Temple d'Asclépios, mot restitué, pour les
triglyphes, et J. 35 : pour le fronton, 't"à.vn61Jf.loc"t"oç.
O,YTlTle"",l: poser un contre-parement: 500, A, 1. 17 : dans le devis du Temple d'Asclépios,
&:V"t"~e~at~ ôè 't[li]L 't"pLyMopWL à.[V"t"L6-tjf.lIl], l. 33. . ,J

Uniquement attesté en épigraphie 1, au contraire du verbe à.v't"L't"I6-tjfAoL, antithéma est un de


ces mots que les archéologues ont tendance à ne pas traduire, alors qu'il n'est guère fréquent et
que son sens exact n'est pas toujours bien saisi '.
Dans le compte 203, c'est sans doute il un .contre~linteau., doublant il l'arrière la pièce
principale, qu'il est fait. allusion; selon Chamonard 3, cette disposition est. de règle dans les

(3) EAD 12. Il. 28 fig. 38, p. 6g, fig. Sg. et p. 85-86; EAD 27, p. 32 et pl. 5; voir 3ussi nos pl. Il,7, et IV, 13. Une
belle succession de lotus et palmettes est peinte sur la corniche de la Tombe de Philippe: M. ANDRONIKOS, Vagina,
The Royal Tom", (1%4), p. 100. Mais il ne reste que de faibles traces du décor de lotus et de palmettes peint ~ur la race
interne du linteau du Tré!lOr des AthénienS,:l Delphes: H. BÜSING, .Ein Anthemion in Delphi., Siudies in Classiwl
Arl and Archaell}{Jy. Mélanges P. 1/. t'on BlankenhaYM (lg79), p. 29-36.
(4) Voir la rubrique rn1mra...... l"'~, infra
(5) TG Il'' 1627, b, l. 306 et 310.
(6) Dans le JS lœ8, p. 21-22, 24, à propos des b....o..d tai'J''l de Démétrios de Phalère.
(1) Analyse globale: CASKEY, AM 36 (1911), p. 342 (mais il ne parle que de la frise et du rronton), paragraphe
comlllété dans Sn:vENs-PATON, The Eruhlheum, p. 343 et n. 1; QIlLANDOS-TRA VI.OS, LaikQn, S.U. b.V'd6c(.lGl (forme plus
fréquente qu'b."",tfhof'Gl) et &""""llhJf'~' Les synonymes b......tf'Ope>i; et &V't'!.UXlllV sont nettement plus rares et ne se ren-
contrent, resl~ctivement, que dans l'épigraphie attique et de Milet. L'hapax b.",,!6i.'lIJ.<l., attesté au pl. dans P. Ozy. III,
498, 1. 16 (lI Osiècle ap. J.-C.), n'est sans doute pas, malgré les apparences formelles, l'équivalent d'hdfholJ.<l.: le
contexte suggère ptuLôt des • moellons de remplissage., car le prix payé est faible, pour ces pierres que l'on suppose
.je~s contre_ les parements interne et externe (voir ~lussoN, Oikia, p. 312).
(2) C'est ainsi que BURFORD, Noies, p. 329, troduit fi tort &"",llhJf"I' par. upper course of wall •.
(3) EAD VIII, 2, p. 270-271, fig. 134·135.
-53-
maisons déliennes, pour éviter une rupture. D'aulre part, dans la publication du Temple d'As-
clépios, F. Robert' a bien repêre ['antithéma de la frise, dit.contre-frise., dont les dimensions
correspondent à celles énoncées dans le devis 500. Il Y a aussi un antilhéma de fronton que l'on
découpe pour mettre en place la failière (1. 35).
Naturellement, l'usage de ces blocs formant tcontre-paremenh n'était pOlS limité aux
parties de la construct.ion qui sonl mentionnées dans Ics inscriptions déliennes. Toujours pour
le Temple d'Asclépios, on connait l'anlithéma en granit de la krépis, alors que la façade est en
marbre; son épaisseur esl«légérement inégale_ 5 • Certains blocs de la krépis du Grand temple
d'Apollon «occupaient toute la profondeur du massif, mais la plupart etaient complétés en
arrière au moyen d'autres blocs.', il existait une contre-architrave (alors que l'épistyle du
Temple d'Asclépios est fait d'une seule piece, tres épaisse 1) et une contre~frise,
Dans tout. le monde grec, que cc soit pour la krépis 8 , pour l'élévation des murs', et. surt.out. pour
l'épist.yle et la frise, comme pour les rront.ons IO , l'usage des anlithemala est. général dés l'époque
archaiquel\. N'étant. pas dest.inées li être visibles, ces pierres sont. parfois choisies dans un mat.ériau de
qualit.é inférieure il.

lL11'uyw : voir I(O,""ltw

à,lI'EXÉKLOTOS : voir f:KlI'EXUUW

à.lI'OYElaOw; 411'OYElawaii : voir YEWOV

(4) EAD 20, p. 91 el 95.


(5) Ibid., p. 73.
(6) CoURIIY, EAD 12, p. 9, et 16a, ()Our le~ anlilh~mala du Temple des Atheniens.
(7) VAU.OIS, Architecture Il, l, p. 221 sq., a montré que les épistyles déliens sont parfois taillés d'une seule llièce.
(8) A ~pidoure, en ()OTOS: IG IV", l, 106, 1,1. 34-35, 68, 71, 98; il Tré7.ène: IG IV, 863, 1. 69; clâ Delphes:
BOUSQUET, CID Il, nO 116 B, 1. 10.
(~) Pour un mur il ~Ieusis, en bréche (la foçode élant en 'pierre d'~gine.): IG 11", 1672, 1. 21.
(10) Dons les comptes de l'Érechtheion, il coté d'!vn6tj.«l'l"'" (tG 1',475, 1,1. 12), on lit aussi &.vnfi6~o pour le
contre-parement des épistyles (lG 1",474, J, 1. 26, 11,1. 220). Les fronlons de l'Érechtheion sont également doublés. A
Didymes, il s'agit de doubler la frise: Oidyma Il, nO 32, 1. 14, nO 3~, 1. n, nO 41, 1. 12, 17.
(11) DAux-lhNSF.N, FfJ II, L~ Tr~sor de Siphnos, p. 139sq.: du loichobal.e au fronlon, les anlilhcmala, d'une
faible épaisseur, sont en marbre, et l'on trouve parfois deux assises d'unlilhemala pour une assise du mur en façade.
(12) Les Ilnlilhemala de l'Érechtheion sont tantôt en marbre pentélique, tlllltôt en pierre d'~gine; mais à Délos,
ceux du Temple des Alhéniens sont en marbre. Dans la Maison de l'Hermès, l'ép~i8lleur des épistyles du péristyle oblige
à admettre un antithéma en bois, selon ,1. DRtoIlMR, BGII 77 (1953), p. 46~.
-54-

apodylérioTl : dans l'inventaire du gymnase, 1417, A, 1,1. 123, 125 (pièce ouvrant sur un por-
tique), el. 141 (nommée après l'exedrion).
J. Delorme a étudié d'une manière approfondie le rôle el la structure de cette salle, à
partir de nombreuses mentions tant littéraires qu'épigraphiques 1. L'apodytérion est véritablc-
mentie noyau archileclural du gymnase, c'est la pièce dont le nom appara1l1e plus tôt dans les
lextes, dès le début de la guerre du Péloponnèse. D'après les peintures de vascs, deux passages
de Platon, el la mention d'un apodytérion à Delphes dans le compte de Dion, ce tvestiairet-
pour s'en tenir à la traduction littérale du mol- est plus qu'un simple endroit où l'on laisse les
vêlements, c'esl en fail une grande salle commune pourvue de bancs, pouvant servir il. toutes
sortes de pratiques (massages, discussions) hors le bain; si elle a pu li l'origine être aussi le cadre
de spéculations intellecluelles, ce rôle d'enseignement a fini par être dévolu plus spécialement il.
l'exedrÎon.
A Délos, vers le milieu du II~ siècle avant notre ère, les administrateurs signalent • contre •
(n:p6ç) l'apodytérion, il. droite, un flambeau, un petit Héraklès, et quatre statuettes, dont une h
...iilL ...o(XWt. L'identification de cette pièce n'a pas été facile.

Comme les administrateurs parlent il nouveau de l'apodytérion quelques lignes plus loin, mais sans
mentionner d'offrandes, les commentateurs ont compris qu'il y avait deux pièces portant ce nom dans le
gymnase. Ils ont alors retenu 1 deux chambres sous les portiques Ouest et Nord. L'inventaire de Kallistra-
tos ne signalant qu'une salle sous le portique Ouest, le premier apodytérion serait dans ce cas la salle G, la
plus importante, avec ses 14,95 m x 12,70 m. Nantie d'une niche dans le mur de fond, elle s'ouvre sur le
portique par trois cintres de marbre bleu. Le deuxième apodytérion, nommé après l'exedrion et donnant
sur le portique Nord, serait quant à lui la salle D, plus petite, et qui précède le loutron, E. Elle a fourni
deux bases de statues en bronze, inscrites, et un aulel. L'inslallation inlérieure de ces deux pièces
demeure inconnue; elles étaient apparemment sans sièges, au contraire de l'exedrion alors identifié dans C,
et possédaient sans doute des étagères pour ranger les vêtements.

Mais nous devons désormais nous en tenir à une autre analyse~ 0 a été reconnu comme
faisant partie du lauiran, au même titre que E, il. cause de son sol dallé, et c'est G qui est
véritablement l'exedrion des inscriptions. Le premier, G. Roux 3 a envisagé en même temps
l'existence d'un seul apodytérion, reconnu dans la grande exèdre C sous le portique Nord, et
J. Tréheux· est du même avis, par des voies différentes. Il faut en effet admettre que les
administrateurs, entrant dans le gymnase par le Sud, faisaient deux fois le tour du péristyle,
une première fois de droite il. gauche, puis arrivés au bout ils opéraient un demi-tour en suivanl
le sens des aiguilles d'une montre pour inventorier celle fois les offrandes en bronze conservées
dans les salles, ils repassaient alors devant l'apodyt.érion. Celui-ci ne contient pas lui-même de
statues, elles sont. à l'extérieur: et en effet la belle salle C est. bordée de bancs sur t.rois côtés,
soit 37 m de longueur, on n'y trouve pas de place pour loger la statue en bronze de grandeur
naturelle que les Déliens ont. consacrée, selon l'invent.aire, .dans l'exedrian, (1. 133-134).

(1) DELORME, Gymnu,iQn, p. 151-152, et 296-301. Ajouwr la mention de J. CRAMP", u.braunda 111,2, p.21
n° 22 : Titus Flavius le jeune dédie un &",o1l"rljpLOv il Zeus LHlJraundios (c'est une extension du bain construit pllr
Claudius Ménéll1(5).
(2) AIJDUT, EAD 28. partage l'avi5 de J. Delorme.
(3) nCN 104 (1980), p. 142.
(4) Dans t Une nouvelle lectu~ de l'Inventaire du gymnase il Délou. flCII 112 (1988), p. 583-589.
-55-

ù,,08plYICOw
( Ovo~, Ô )

Ù1foePIYICOw: (re)meltrt en place le couronnement d'un mur: 144, A, 1. 84 : en 304 (1) av. J.-C.,
Œ1W)6pt.{y)xWo-Clvn un mur de la palestre, après réparation, 1. 88 : un mur près de l'Oikos de
Karystos, après .v.OLlplJ, 1. 103 : dans un édifice inconnu, après une réparation.
Ovos: pierre dt couronnement en bâiiert: 372, A, 1. 158: en 200 av. J.-C.,
lpyo{Mt6ijOll\/'t'L] &vt{OLXo&O(! ?]!!liO'IXL Toi 1't"~7t"n~xo't"Œ XŒl1tt1::0v'pc.6~ 't'oü 7tlpc.66Àou (-t'lou nocMdou xa:l
6\/0'" hnOc\w;u.
Le mol Opr'l'XOç, largement all.eslè dans tout le monde grec depuis Homère pour désigner
un • couronnemenlt de mur, d'épistyle ou de stèle, sous toules ses tormes l, ne l'est pas à Délos,
aû existe néanmoins un intéressant dérivé verbal, &.noOpLYXOw. Il signifie que l'on met ou plutôt
remet en place ce couronnement, qui avait Hé enlevé pour pouvoir procéder à une réparation
ou un travail quelconque sur le mur!. De mème, 1'0péraLion dite «7roYÛO'WGI.Ç, du verbe «norl!:~­
0'6w, s'applique il la cremisea aussi bien qu'à la • mise en placet de la corniche, )'troOy!.
Toutefois, en dehors de Délos, l'action rendue par le substantif «noOpLyxWGI.Ç ne sous·
entend pas une réparation ou un enLreLien préalable: ainsi il Trézène, d'après la formule 'rolxwy
).,\OLvwy «7roOp~yxWa~o" dans le contexte de IG IV, 823,1. 39-40.
En l'absence du mol Oplyxoo;, nous rencontrons à Délos un terme qui devait avoir un sens
équivalenl: 6'100;, 1'.Anea, d'où par analogie, ce qui ressemble il un bât porté par l'âne, c'esl-à-
dire, ici, un .chaperona de mur. Le sens se lire clairement du contexte el de l'image évoquée.
Elle ne se retrouve exactement dans aucun autre texte, mais on pourra la rapprocher de
passages littéraires el épigraphiques où 6'100; représente la pierre supérieure d'une meule 4 .

atrOIC0IolIolQ : voir f:trlICOm}

citro~iw : voir ~iw

citrGaICGtrTW : voir alCGtrTW

(1) VoirJ. JANNOR... Y, Bell 64-65 (1940-1941), p. 38-39 (Il prollOf de Delphes): CII"'NTR""N"I':, Dictionnaiu ilymo-
logique, '.0., u
et OIl1.... NOO'· T"...v1.o" lAzikofl, '.1'.; ajouter BoVIIQVET, FI) Il, Tri.o, de Cl/,ine, p. 54. Par extenllion,
8p''Y''iIç peut aussi ,'appliquer au mur tout. entier ou Il une c10tun!.
(2) Ce aen, a ~lé Habl; par J. T~heux il la demande de F. CH... llOVX, REG 65 (1952), p. 282, n. J. Dans cet
article, r.uteur revient sur le sena de 6pLyx&ç, parfoi, mal compri,: il peut reprHenler aussi bien tun lit de brtlnches
~pineutea entrem~l~. qu'une v~ritable comiche.
(3) Voir la rubrique yàao-., infra.
(4) Dan. Xtnophon. An., l, 5, 5, et Aristote, Pr., 35, 3. En tpigraphie. dans la loi de Gortyne et du. delllltèlea
.Uiques de confilCation : rHtrences dan. W. K. PIUTCHETT, lIu~,iQ ~ (1956), p. 298, IOU' &-.00; bnc:r..


apyo'i

cill'OO'TpWVVUI-U : voir C7TpWI-lU

cipyas. - ay

<"ÎlAlTEX';S• .-is)
cipyas : non travaillé, non dressé: 297, A, 1. 5 : cn 240 av. J .-C., dans une construction indéter-
minée, .xPyW\I "16w\I.
TJlAlTEX"S : à demi-fini 199, A, l. 100 (entièrement restitué).
L'expression ,,!6o~ .xpyol est employée par Pausanias (1, 37, 5, et Il,25,7) pour désigner les
blocs cyclopéens de Tyrinthe qui sont mis en oeuvre bruts, non dégrossis 1, par opposition aux
blocs taillés il joints. On conn3Ît aussi l'adjeclif .xPY0!J.h-W'TtOç, qui s'applique il un parement
Husliquelt 2 , c'est+à-dire intentionnellement non travaillé de manière il donner une impression
de pierre ~bl'Ute., dans un but décoratif.
Toutefois, il n'est pas certain qu'il faille comprendre de la même façon les "mm &pYOl de
Délos, dans 297, A, 1. 5, car seul le granit est susceptible d'y être employé en blocs .bruts., et à
partir de l'époque hellénistique il est tout de même le plus souvent l.aillé 3. On relèvera alors
que l'adjeclif .xpy6ç apparaît plusieurs fois dans les comptes de l'Érechtheion, où l'on rencontre
un .xpyO\l x1.l!J.!X'no\l, des .xpyoùç 'Tt63(Xç pour l'astragale, et des .xpyoùç Œ.p!J.OUç 4. Dans ce cas, il ne
signifie p3S que la pierre n'a jamais été dressée, mais qu'elle est il l'état d'ébauche, les moulures
étant simplement profilées, et la plus grande partie de la finition - en particulier la sculpture
- restant, il faire, car nous en sommes tout juste au stade ~!J.ltpyoç, donc. à la moitié du
travail.. Les colonnes du Grand temple d'Apollon à Délos, sans cannelures dans leur partie
inférieure, sont un exemple souvent invoqué de travail .non fini. 5 •
De son côté, l'adjeclif ~!J.ltpyoç, connu en prose classique et dans les comptes de l'Érech-
theion, n'est pas attesté dans les comptes déliens, où a toutefois été restitué le synonyme
~!J.m:"~ç. Le contexte irait en faveur de la restitution, car il est question d'un travail archi-
tectur31 accompli et payé par tranches, mais le scepticisme s'impose dans la mesure où ~!J.t'l"e"~ç
est un mot rare, qui semble appartenir au registre poét..ique et non à celui des inscriptions li.

(1) cr. ORI.ANDOS, Ma/triauz de construc/ioll 1 l, II. 160.


(2) QRI.A.NDOS, Ma/triauz de cons/ruclion Il, p. 183 n. 4, d'aprés Philan de By>.anee, Bel., 82, l, et l'inscriptian
dea Murs d'Athènes republiée par l'.IAIKR, Mauerbauimchriflen l, nO Il, 1. 40 (= IG 11',463).
(3) VALLOIS, Archileclure Il, l, p, 12-13sq.
(4) lG JI, 474, Il, 1. 130, 148, 166.
(5) Et laissé volontairement il ce stade. Th, E. K ... I.PA.XIS, HEM lTELES. Akzidenlelle Un{erligktit und f Bouen-
Sfil~ in der griechi.chen Baukun.1 (1985), a bien analysé l'ambiguïté de cette notian de o non-fini., que les Grecs ne
sentaient pas nécessairement comme·négative. Bien que l'on en trouve déj/l des e"emple~ /1 l'époque archaique, c'est
surtaut:l partir du IV' siècle que la gaine de pratedion est parfois laissée en place, ~Ilns doule pour abtenir un effet
décoratif.
(6) Vair les exemples donnés par ÛRI.... NDOS-TR ... VI.OS, Luikrm, '.1>. +,!,-!&pyo~ et +,!'-In),-t:ç.
-57-

Qj)T,,),l.la., ,;

(inn~o.c~. ~)

Qp·nÀl'~Q.: nacle coïncidence des joints des pierre. : 500, A, 1. 4 et 26: en 297 av, J.-C., dans le
devis du Temple d'Asclépios, <ptûywv Œp.v..~Ota.v.
itrQ.~Ollh1
: aflernance des joints: 507, 1. Il : vers 250 av, J .-C., dans un devis pour un édifice
indéterminé, h rnoqJ.ot6or:i,.
Pour assurer la bonne cohésion el. la résistance d'un mur appareillé, il esl. important
d'éviter, lors du montage (le devis délien nO 500 insiste bien: lPtûywv), que les joints verticaux
des pierres superposées se trouvent sur la même ligne. Il est même absolumenl. de règle, dans la
consl.ruction en murs isodomes ou pseudo-isodomes - comme dans les murs de briques - , que
les joints de l'assise supérieure tombent au milieu du lit de la pierre posée en-dessous 1 (pl. JI, 6).
Le composé «p-t"v..tOta., qui s'applique précisément à l'. exact ajustagu ou à la Ijuste coin-
cidence des joints des pierres., se rencontre aussi dans deux inscriptions d'Grapos, du IVe siècle
av. J.-C.!, ainsi qu'à Éleusis, à la même époque'. Mais tn-llfoLoJ.iij est un hapax délien, dans un
contexte lacunaire où il est question d'opérations de pose et de ravalement; au lieu de traduire
par Idovetailing. comme le propose arbitrairement le dictionnaire LSJ, on pensera plutôt à
.l'alternance des joints., d'après ŒJ.l.ot6ij, qui signifie couramment • l'alternance., .Ia succes-
sion., et d'après la variante Œ7ta.J.l.ot6Tj, dans IG Il', 1670, B, 1. 60: tn-}tpYŒ~tafku 3i: XI1't"Œ ~v
aroizov warov 314vcxYj (7ta.pri J.I.~xo, xa:l] ~ Œ1":a.J.l.ot6W..., t1nettre à l'horizontale dans chaque assise,
d'une manière continue, dans le sens de la longueur, et en alternance •.

cicruY0'i VOil' Ù"lpWLOV

","",p, "
(ornement en forme d') etoilt : au milieu du Ile siècle av. J .-C., inventoriés sur la porle de la cella
du Temple d'Apollon : 1403,Ab Il,1.83-84; 1413,b,1.26; 1439, Abc 1,1.54; 1441,A 1,1. 70;
1450, A, 1. 50, oicrrépc, oipyupoi tn-UtqPl.IO"W!Û"Ol.

(1) MAlITlN, Manu~/. p. 395aq. Ce !IOuei esl poslérieur. l'époque archaique: VAU.OIS. Archil«lul't Il, 1. p. &4.
(2) IG VII, 4'255. 1. 'l7 (~publiee "'te une traduclion par G. AIlGOUI>, .Installalions hydrauliques de l'Amphia~
raion d'Oropos., dans les Adn du 3' Congru inl~r. aur la BioIi~ antique [MonWal, 1985). surtoul p, 13-16), el ArchEph
1923, p. 45, n" 124, 1. 29 : t.["'...:k.~ l'-~ ~ lnIfLfl{..c}o{.]. (reJ)ubliee avec un commentaire par G, AI'IGOUD, dans
OO/OTIKA. Vorlnige Iltlm,j. Inlern. Kollaquium zu Ehnm IH)I\ Prof. I)r. S. I.au((". Munich, 1986(1989). p. 243-252).
(3) IG Il", 1671. 1.35-36 (portique de Philon) : .~I]!K«-. lL~o;j n6dt;.
-58-
Ce sont des pièces de cèdre qui étaient ainsi décorées d'une multitude d'étoiles 1 en argent
doré; il n'est pas étonnant qu'aucune ne soit parvenue jusqu'à nous. Au lieu d'être découpées,
ces étoiles ressortaient peut-être en relie! sur un disque, comme ceux trouvés dans l'anti-
chambre de la Tombe de Philippe, à Vergina 2,
En dehors de Délos, les étoiles, sculptées ou peintes, sont surtout connues comme orne-
ments de caissons de plafond 3, où elles évoquent le ciel, tout en s'adaptant bien à la forme du
caisson.

petite baguette, petit astragale: 396, B, 1. 71 (194 av. J.-C.); 1403, Bb l, 1. Il au milieu du
II~ siècle av. J.-C., dans des inventaires, ~&.aw St XlXt à.a't'plXyeXÀtaxouç Tpe:1"Ç; 1417, A II,1. 144.

Les attestations délienncs d'.xa't"paYCJ.À(O"xoç ne concernent. pas des éléments d'architecl.ure,


elles représentent. le décor de simples offrandes. Si j'ai tout.efois t.enu à les relever, c'est. parce
que 1'à.()l"pa.ya.Àoç est une moulure de profil convexe 1 largement employée à tous les niveaux des
bâtiments: après avoir orné le pied des murs du Trésor de Si phnos à Delphes, elle est. cit.ée
dans les compt.es de const.rucl.ion de l'Érechtheion, pour les colonnes, les comptes de Didymes
et ceux d'Épidaure, pour res plafonds, parfois sous la forme d'un diminutif à.o"Tpa.ya.ÀLOV I . Elle
est. souvent. décorée de perles et de pirouet.tes 3 .

uO)(aaTOO; : voir péw~s

UÙ""-1J: cour: - inventaire du Prytanée: 1416, A l, J. 92; 1417, B l, J. 99; - inventaire du


Samothrakeion : 1417, A l, J. 161; 1423, Ba Il, 1. 13; - décret l.raitant de l'Établissement des
Poséidoniasl.es de Bérytos : 1520, 1. 23, 91; ~ emplacement exact inconnu: 1416, B Il, 1. 52,
x1j1tOV 1tpoc:; TËL a.ÔÀËL.

Uij"EIOo;: de fa cour: dans les domaines ruraux, aux Ille et Ile siècles av. J.-C., Bupa. a.ùÀda., dans

(1) Réc91)itlll~tion d~ns VAu.ors, Archileciure Il,2, p. 452 et n. 1.


(2) M. ANIlRONll<OS, Vergina. The RU!ja! TQmbt (1984), p. 178 fig. 143-144; pour une autre lombe macédonicnne,
voir le catal. expo. TreaslJfts uf Ancienl Maudunia (Thessalonique, 1979), pl. 5 fig. 28.
(3) Références dans OflLANDos-TflAvLos, Lexiku", t.V. «~p, et nolre n,brique >t&À;fI), infra. On remarquera
surtout .le modéle de l'ët.oile en boiH (dans BOUSQUI':T, CID JI, nO 32.1. 4), qui ne peut être prévue (lue pour un
plafoild. En revanche, la rubrique «<:Inp(I)(o~, d~ns le Lexikon, est de trop: en effet, les «...npl""", que l'on rencontre
dans les inscriptions détiennes ne sont que les petites étoiles de bon augure qui surmontent les bonnets des Dioscures.
(1) Voir la définition de GINOUVÈs-MART1N, Diciionnaire m~lhodique l, p. 158.
(2) ~rechtheion: IG 1",474, l. 137, 141, etc.; Didymes: Didyma Il, nb 39, 1. 20: ><O'.nyî.(4lltftC'; &,""p&rlltî.o~, .nous
~vons sculpté un astragales, sur le portail: ~pidaure : tG IV', l, 102, 1,1. 58, 78, 83, et 103, 1. 91 : -roü lt"'pddYftllt"to~
"t;;;~ lyyî.ufld"''''v, «""tP'trlltî.(,,,~ >«li xUlU<"t("'~' .Ie modèle des moulures sculptées, des petits astragales et des moulures en
kyma •.
(3) Cf. B. WRSRNRRRG,.Kymlltion und Astragal., Marb IVPr 1971-1972, p. 1 et n. 3: .'A,""p«y"'î.o~ meintsowohl
den Ilundstllb ais auch den Perlstab •.
- 59- uü}vuos, uùA"1

287, A, 1. 145sq. (ou O:Ù),ELO: seul, au milieu du IVe siècle, dans 104-32,1. 6)1; 338, Ab, 1. 90: dans
un passage lacunaire, -["rOH 6u]php<iH "rWt o:ù),dw(t----.
Le mot o:ù),ij, connu depuis Homère, désigne normalement 2 une cour, c'est-à-dire un espace
fermé, à l'air libre. Mais dans le détail, la disposition et la fonction de cette cour varient assez,
comme on peut déjà le voir pur les seuls exemples déliens, ou o:,jÀ~ est tantôt une cour de ferme,
tantôt celle d'un sancl..uaire ou encore d'un édifice apparenlé à une habitation urbaine.

Les cours des fermes.


La cour des domaines ruraux n'est connue dans les inscriptions que par SB porte, à travers
l'expression Oûpo: O:ùÀtLo:, Naturellement celle-ci existe pour toutes les fermes, et Charoneia ainsi
que Limnai et Phoinikés en possèdent deux. C'est même en principe par elle que commence
l'énumération des bâtiments qui constituent la propriété; il arrive aussi que cette t: porte de la
coun soit citée après les bâtiments, mais avant les plantations'. Il faut donc imaginer que
ceux-là sont compris dans l'a.ùÀ~ qui forme un enclos. L'agencement exact de ces constructions
au sein de la cour et par rapport à ses murs ne nous échappe pas totalement: d'après l'explora-
tion effectuée par Kent, qui a abouti à la découverte des restes de trois fermes à Rhénée et une
à Délos, et si l'on tient compte des récentes fouille's de M. 8runet 4 , en y comparant des fermes
découvertes dans d'autres régions de la Grèce antique 6 , il convient de se représenter la cour
comme un espace vide, rectangulaire ou carré, sur lequel s'ouvrent des bâtiments qui
empiètent sur elle et en forment également la limite, quand celle-ci n'est pas constituée par un
-muret de pierres sèches. La surface de la cour semble toujours plus importante que celle des
locaux qui en dépendent. Mais sans doute tous les bâtiments agricoles nc donnaient-ils pas sur
cette cour; dans son exploration des fermes déliennes, M. Brunet a trouvé des indices en faveur
de leur dispersion. La cour de la ferme remarquée à Palia Vardhia est quant à elle divisée en
deux par un mur, ce qui a suggéré à Kent 8 de l'identifier avec l'antique Charoneia, pour
laquelle l'état des lieux mentionne deux cours. Mais les nouvelles recherches effectuées par
M.-TIL Le Dinahet ont infirmé cette identification longtemps admise, et d'après les plans
encore inèdits qu'elle a relevés, il s'avère qu'existaient à Rhénée d'autres fermes présentant le

(1) Dans 156, A, l. 53, P. H. Davis lit 6Up'" ",lMuo~, ()Ourtant les inscriptions déliennes ont normalement 6Upot
«UMlG:. Dans la terminologie gt'ecque classique, la !lU?", «lj),!'G<: est d'ailleurs le plus !lOuvent il distinguer de la OUp« «0),,(<<
(voir notre rubrique 6Up«, infra), car la première désigne en principe la porte de la maison qui permet l'accès il une cour
Întérieure. D'où la définition de Photius, u:cikon : «lj),!IG~, ~ «110 ril~ UGÙ IIp6l"l Wp« ril~ G{Kl<!l;, ce qui ne l'empêche pas
d'assimiler ensuite «u),&i« Wp« et «1Mc1.O~.
(2) Mais chez Homère, le mot «1.0),1] désigne, plutôt qu'une cour, .Ie mur d'enceinte de la COUrt, e~c1os d'une
paliSllade: voir L. Dl!vOY, ~La renaÎSIIance des mots homériqueH, LEe 16 (1948), p. 329-353, surtout p. 345-346. En
.outre, après Alexandre, le mot s'applique progreSllivement il une rèsidence princière, un palais: B. T .\101101,' Aula Regia,
«0),'Ïl and aulat, 0pu'eula Garolo Kuenyi dedieala (1968), p. 13a-240, surtout 141-160. où l'on rappelle que dllns le
langage cultivé IInglo-saxon, une aula est une grande salle de rèunion.
(3) V.\LLOIS, Archileclure l, p. 213.
(4) KI!NT, Temple Er/a/ta, p. 251 (rerme de Palia Vardhill), et 294-295. La .rerme aux jambages de gt'anitt est
rouillée depuis 1987 Ilar Michéle Brunet à Délos même, au Sud du sanctuaire; je tiens il la remercier ()Our les renseigne-
menu qu'elle m'a toujours aimablement communiqués. Un premier plan a été publié dans le BG11112 (1988), p. 787-
791 : la cour semble partiellement (1) pavée et drainée par une canalisation.
(5) Voir les plans comllaratifa publiés par J. Pl!tIRK.\ dans Problemer de la/erre en Gr~u onciennt(I973), p. 126-
127 fig. 2. Aujourd'hui encore, les fermes des Cyclades présentent cet aspect.
(6) cr. note 4; l'auteur voit aussi dans un angle de la cour les restes de l'oikia que, seule, cette propriété devait
()Osséder. Mais cette interprètation du mot oikia est conlestable (voir notre rubrique G{K{«, infra ), et de toute façon,
après une nouvelle exploralion effectuée en 1977, M.-Th. Le Dinahet et J. Seigne ont préféré conclure à la présence, en
cet endroit, d'une citerne: voir 11-1.-Th. LE DINAHET, • Identification des domaines d'A ()Ollon il Rhénée~, Lu Cyclades,
MaUriau:t pour une ~/ude dt 9~/)9raphie hi,/orique (1983), p. 139 et 240, n. 19.
- no-
même plun que celle de Pulia Vardhia, avec dcux cours et des murs d'enceinte remontant au
Illesiècle, date de nos inscriptions '.
Dans tous les cas, il Délos-Rhénée comme ailleurs, une ferme fi 'est évidemment pas conce-
vable sans au moins une cour. Et nu~delà de cette structure reetnngulaire, des murets peuvent
constituer un deuxième, voire un troisième enclos, de plus en plus vaste, tous faisant partie de
la même propriété: c'est ainsi que se présente le domaine rural de Vari en Attique 8 , le
deuxième enclos renfermant peut-être un jardin et le troisième étant consacré à d'autres activi-
tés agricoles, Mais le terme QI.1»,~ doit sans doute être réservé à la cour principale, la EluplX IXÙ),r:l«
s'ouvrant sur elle, et non sur les enclos secondaires, qui ne portent pas de seuils i .

Les cours urbaines,

Les autres cours des inscriptions déliennes sont d'un type différent. On peut toutefois
considérer qu'au moins deux d'entre elles représentent une variante de l'espace hypèthre,
souvent pé,ris,tyle, ~encontré dans le~. mai.sons d'hab~Lations de l'lie: elles appartiennent au
Prytanée, a 1 Etablissement des Poseldolliastes de Berytos, et au Samothrakeion. .
Le Prytanée de Délos, bien connu par des restes et par des documents écrits, est il la base
de toutes les études qui ont été faites sur les prytanées antiques, c'est même avant tout sur lui
que s'est fondé S. G, Mîller pour définir un f:plan-typet de prytanée, dont la cour intérieure
serait un élément indispensable 10. Nous pouvons ainsi reconnaître dans l'IXù,,~ qu'évoquent les
inscriptions la cour grossièrement rectangulaire, précédée d'un portique au Sud, originellement
pavée de larges plaques de gneiss, avec une conduite d'évacuation dans un angle Il,
La cour mentionnée duns le décret 1520, relatif à l'activité religieuse des Poséidoniastes de
Bérytos, rappelle également, mais de plus loin, l'architecture domestique: comme Ph. Bruneau

(7) L'identification avec Charoneia avait encore Hé acceptée par M.-Th. LI' D1Nlt.HET dans tLes domaines
d'Apollon., DossiuB hisloire el archeologie 105 (mai 1986), p. 70-72. Enlre-lemps, un sondage a monlré que les restes
assimilés par Kenl au pyrgos mentionné dans l"élal des lieux de Charoneia ne correspondent pas, en réalité, il une lour :
BeU III (1987), p. 655-662. Dans une leUre du 21 juillet 1989, M.-Th. Le Dinahel veul bien en outre me préciser que
dans celte fouille (toutefois partielle) de Pa lia Vardhia trien ne témoigne d'une conslruelion ou d'un usage antérieur il
la seconde moilié du Il' siécle., et face il la description de Charol1eia, elle se demande même tSi les deux ensembles
é13ienl contigus ou s'ils étaienl il quel(IUe distance l'ul1 de l'autre •.
(8) J. E. JONES, A. J. GRMIAM, L. H. SACIŒTT, tAn Attie Country l'iouse below the Cave of Pan at Vari.,
ABSA 68 (1973), p. 355-<152. 11 est précisé, p. 367-369, que la cour principale (Area Vlll) est irrégulièrement pavèe,
contrairement aux pièces qui s'ouvrent sur elle, et qui ont un sol en terre.
(9) Dans .Building and Residel1ce in Classical and Hel1enistic Greece., ABSA 80 (1985), p. 121, R. OSBORNE
s'est demandé si O'.u"ij ne pouvait pas, dans certains textes, désigner la ferme lout entière, el non pas seulemenl cetle
cour, qui en esl un élément essentiel. Nous avons vu que ce n'est nullemcnlle CliS il Délos, mais il vaut la peine de
signaler cette extension possible de sens (illustrée à notre épo(lue par l'ail. Ilof). Osborne cite il l'appui de !IOn hypothése
une inscription de Thespies, où l'on loue ri)Y y«y xlll ~Ih Il'').(\:Y (BCII Hl3I, p. 177,1. 34, 38, 46), une aulre de Hyettos en
Béotie (ETIIlNNE-KNOEPFLER, Bell Suppl. 111 [1976], p.24<1 n. lO: [IIÙM.~] est toutefois elltièremel1l restitué), et
.perhaps.. , the meanings of aulos/a/ell in tC III, IV, 78-80, nO l, 1. 55sq .•. Pour Thespies et Hyetlos, c'esl effective-
menlle sens qui s'impose, el de même, L. ROBERT, dans l~ ,ancluaire de Silluri 1 (1945), p. 86-87, a jugé bon de
traduire Il,,,,ij par .ferme. dans des inscriptions de Mylasa où des terres sont décrites: KIlI-rl)y 41,)'iy Il]ùÀi{y -- aùY ~Il"il;
ol]x.ktLl; ""Il"il; bt,~J,),oUaIlLl;? ---) xa.l roti mJPYo[u--- (avec plusieurs autres exemples rappelant par certains poinl.!! les ètal.!!
des lieux des fermes de Rhénée).
(lO) Dans The Prylaneion (1978), p, 30 et6i-78, surtout p. 69lig. 4 (room Il) : le tCourtyard. serait un télémenl
spécifique. du prytanée; tin any event, there must have been an area within the prytaneion precinct open to the air
but clearly defined as part or the prytaneion •. A Imbros, le décretlG Xll 8,50, mentionne aussi Il la 1. 6 l'IlU"ij du
Prytanée, et le fait que celui d'Ëphèse est dit Hre précéde d'un mJ"';'y laisse peut-étre supposer une cour, comme semble
l'admettre H. ENGIlU"ANN,. Oie Bauinsehrirten des Prytaneions von Ephesos., /l.lelangu II. Velters (1985), p. 155-157,
où l'on parle d'un tVorhof •.
(11) Elle était occupée par quatre hermés de marbre, ainsi que des stèles où étaient consignés les inventaires.
Voir plus généralemenl notre rubrique npu"tllniov, infra.
-61-

"a établi II, il fauL y reconnalLre la • peLiLe cour X. (par opposit.ion aux. grandes cours t E et. F),
à peu pres rectangulaire, Lenant lieu d'antichambre au sanctuaire V, et où étaient installés des
auLels et des statues honorifiques, sur un sol dallé de plaques de gneiss. Elle éLait bordée partie
de colonnades, partie de murs pleins, avec une exèdre en marbre blanc devant J'un d'entre eux.
Comme on le voit, sa fonction est avant tout religieuse, mais c'est aussi une 'cour d'hon-
neun l !. On peut donc considérer qu'il s'agiL d'une cour atypique, comme l'ELablissement
lui-même, et la rattacher tout aussi bien aux cours des maisons d'habitation qu'aux parvis de
sanctuaire, dont l'aùÀ~ du SamoLhrakeion est un exemple.
Telle qu'elle est mentionnée dans des inventaires aLhéniens, cette aÙÀ~ appartient il la
deuxième époque du sanctuaire des Cabires l4 . En fait, il s'agit simplement. de la terrasse
inférieure remblayée, de manière à constituer un terre-plein, non dallé, enclos, aux contours
vaKuement arrondis, et servant lui aussi à l'exposition de staLues. A vrai dire, il n'existe pas de
forme type pour ces cours ou parvis de sanct.uaire, que l'on retrouve ailleurs dans de nombreux
textes Il.
Resle le .jardin proche de la court, dont parle 1416, B, Il, 1. 52. Dans son éLude consacree
aux jardins urbains de Délos, Ph. Bruneau Il ne se prononce pas sur l'identification de cetLe
cour, ni sur son emplacement. A priori, il n'est pas inLerdit de penser à l'aùÀ~ du Prytanée, citëe
dans le même document, mais on imagine mal un jardin dans cetLe zone du sanduaire, et de
toute façon il y a déjà un .jardin pres du Néorion t, donc non loin du Prytanée. TouL au plus
peut-on penser, d'après le contexte, que cet ensemble est situé à J'intérieur de la ville, et
peut-on être assuré que les mots a:ùÀij et XTj1ro, ne sont pas synonymes il Délos, tandis qu'ailleurs
sont connues des cours plantées d'urbres 17 . 1\ faut en tout cas exclure la cour intérieure d'une
maison, alors même qu'a:ùM, est susceptible de désigner, en d'autres lieux, cette structure 18.
Force est nnalement d'avouer, sur ce point de topographie, notre ignorance.

pailler, grange pour la paille: - à Charêleia : 287, A, 1. 170; 351, 1. 7; 356 bis, A, 1. 40; 373, B,
1. 12;-Charoneia: 287,A, 1. lM; 403, 1. 51; -Chersonésos: 440, B, 1. 25; 461, Bb, 1. 56;-
Dionysion: 287, A, 1. 161; Leimon: 287, A, 1. 149; - Limnai: 351,1. Il; 374, Aa, 1. 13;-
Nikou Choros: 287, A, 1. 156; 373, B, 1. 6; 445, 1. 22; - Panormos: 287, A,l. 168; 374, Ab,
1. 5; - Phoinikès : 287, A, 1. 152; - Pyrgoi : 287, A, 1. 174; - nom de domaine illisible: 374,
Aa, 1. 9 (restitué).
Formé sur &xupo'\l, .Ia paille., avec le suffixe locatif -W'\I, le terme &xuPW\I n'est altestë qu'à

(12) Voir BIIUI'IBAU, Cuffn, p. 623-628; Mtlongn M. J. Vtrma.urtn 1 (1978), p.I60-190. et GD ~7.
(13) L'expreuion l!$t de Ch. PICARO. EAD 6. p.~.
(14) DIIUI'IK"'U, Culin, p. 381 (.... u bibliographie).
(15) En signalant des travaux /10 1'1lli.l.i du temille de Delphes, G. ROUGKMOl'<T, CID l, nO 10, 1.35, et p. 116,
renvoie à D. M. PIPP10I, S/udC/tll 8 (1'J66), p. 91. qui Il rassemblé les textes parlant d'une Illi.).~ prils d'un temple.• cour
ou parvis, endroit destiné à l'exposition de slatues ou de sléles de toule sorle •.
(16) nClI 103 (1979), p. 89-00.
(17) En l::gYllt(', où lu cour eslun iolérnenl essentiel d'une muison : I1U8&ON. Oiki(l, Il. 45-.'..4.
(18) Références dlllls RORINIION. &r.(lllll/ions 0/ OIyn/hm XII. p. 4aa.
-62-
Délos, aux Ille etue siècles av. J.-C.; les Tables d'Héraclée, dans IG XIV, 645,1. 139, disent
àxup~oç, et les papyrus emploient, pour le même bâtiment, les mols "xupo&ijxlI ou àxupo~).6)v 1.
A Délos-Rhénée, les domaines qui ne possèdent. pas de • paillen, ou .grange pour la
paillet, sont une minorité: Hippodromos, Kérameion, Rhamnoi, Skiloneia, Soloé-Korakiai.
L'exislence d'un "XUpw... est nécessairement liée à la produclion de céréales' el à l'élevage du
bétail, dont. la paille const.it.ue la lit.ière et. la nourrit.ure habit.uelle, en l'absence de prés'.
Lorsqu'un pailler apparait. dans les listes de locat.ions des domaines, il est. donc normal qu'il soil
en principe indiqué avant. ou après J'étable; il peut. aussi êt.re commodèment. sit.ué à proximité
de la bergerie (Charoneia et. Leimon : ent.re étable el bergerie), du moulin (Limnai et. Nikou
Choros), de la grange à céréales (Charéleia), ou encore de la cuisine (Panormos). Ce local pouvait.
êt.re de t.aille assez important.e, puisqu'il est. précisé, en 445, 1. 22, qu'il est. io-t'U),w(J1:voç, c'est.·à-
dire que le toit. devait. êt.re sout.enu par un pot.eau. Enfin, le rait qu'il soit. en principe nommé
sans porte peut. êt.re rapproché de la prescription des Tables d'Héraclée, où il est. demandé au
locataire de rournir la porle', à moins, tout simplement, que cet.le st.ruct.ure n'ait jamais eu à
Délos de porle, qui n'était pas vraiment nécessaire pour un pailler; à la rigueur, une barrière
mobile pouvait surfire à protéger l'entrée .

disqu~, goujon: 161, A, 1. 70: en 279 av. J.-C.,


. ", ~
~u),o... ~k "['(lç «~i3aç 'l'orc; a!pO'J3u),ou; -roù x(o\lolj;.
Au début. du Ille siècle avant notre ère, l'a.~k délienne est encore t.rès éloignée de notre
ubsidet : c'est. une cheville cylindrique qui sert à réunir deux tambours de colonne, et corres·
pond il ce t.ype de goujon qu'on appelle ailleurs un r.6J..oç 1.
Malgré les apparences, l'évolution sémantique est relat.ivement claire: à l'origine, le mol
ti~u;; signifie ut.t.achet', d'oil toute chose recourbée, comme une • roUet, y compris le • disque
solaire., la .voûle célesle,', et finalement. cel emploi architectural à Délos, qui reslera un
uniwm. On en ret.rouve toutetois la t.race dans cet.le glose d'Hésychius : ~rVJ3u;, ti~~u; TWV
at'1JJ..w..., le mot. ~IX),U;; ayant suivi, en gros, la mème évolut.ion sémant.ique qu'ti~u;; : il représente
tout objet. en torme de cercle, interrompu ou non', si bien qu'à l'époque romaine le sens normal
des deux termes est. .arc., .voûle. 6 • Enfin, il partir de l'époque peléo-chrétienne, l'dt~(ç va
devenir l'abside, cet appendice circulaire caractéristique des lieux de culte'.

(1) HUSsON,Oikia, p. 56-57. Les papyrus distinguent la grange pour la paille de celle pour le rourrage, xop-roEHJll"l.
Prèci!lOns que l''XupolWjx''llippartenait il un établissement de bain, oil la Ilaille cOllstituait le principal combustible: voir
B. MEYER, • Problèmes du combustible dans Ics bains publics de l'ÉIn'pte grecque et romaine., Egillo e lIoria anlica
dall'Elleni.mo al/'eM araoo. Alli dei coll()fluio inlernazitmale, Bologne, 1987 (HI89), p. 50&-571.
(2) Mail il l'inverse, un domaine produi$llnt des cérblet ne pollllède pas nketlllllirement un «XupW~, remarque
M. BRUNET, • Contribution il l'hisloire rurale de Délo.., Bell 114 (1990), p. 669-&82.
(3) KErocT, Temple Ellal«, p. 295. Voir austi M.-CI. t\)I0URIITI'I, u pain tll'huile dan. la G'~ anlique (1986).
p. 71~72: eUe rappelle, d'aprês Théophrasle, IIP, VIII, 4. l, qu'on utilise également III v-ilIe hach~ dans la construc-
tion. Danll le u. de ~l"" oil l'on manque de boill, III paille pouvllit encore IICrv;r de COmbultible pou, let réchaud•.
(4) IG XIV. Ma. 1. 142.
(1) Mo\RTIN. Manuel, p. 2'9J.-29-'.
(2) CHANTRAINI!, Didionnai~ ilymologique: méme nlcine qu'l=w, .joindre •. Voi, aU!ll9i lIésychiull: i~.
au-""L
(J) Voi, Photius. 'AZilron : iVL; . oG-t....; ~ W. (61t.-...uJÙ.<n '<0;; "pox";;, ~ 3l b;' II.V<oÎi ixto'..."1'0", .c'ett ainsi
qu·on appehlit le cercle en boill de la roue, et le cercle de fer qui ett au-dellllull d·elle>. Pou, let autres llenll, on trouvera
loulB let réfènmcel dan. l'étude approfondie de SIfTTIII, &tdro. e nin(eo, surtout p. 6J9.68(),
(4) Voi, notre rubrique ~. infra.
(5) DRurmOl-TRAYLOS, Laikrm, U'. ,~.
(6) Voir l'emploi du mot en ce liens dans WAIlIlINGTON. IGI"s: n" 2043. 2176, 2219, 2239 a, 2251, 2401, 24n.
-63-

péL8pov, TO

- base: 163, Ba, 1. 4: en 275 av. J.-C., "'IX XUfl!X-noc TO: è:". TWL ~,iepCJH 't"W'I &.y{OCÀflŒ:'t"WV; 372, A,
1. 165 : en 200 av. J.-C., pour l'Ekklésiaslérion, d .. 't"à. ~&:apll H6(w)v YWVliXtW\I; 1403, Rb 11, 1.24 :
au milieu du Ile siècle av. J.-C., dans un inventaire, ~&;Oprx ÀŒLVOC; 1896, 1. 4-5 : vers 70 av. J.-C.,
dans llne dédicace, 'rd ~&.epcr. 6.{t} KuvlJtM.
- bancs, sièges (au pl.) : 274, 1. 24 : pour les jeux, 't"o~ Til 13iXO[pIXP; 287, A, J. 133 : en 250 av.
J .-C., 13.xlJpew. kvdyxoca.L.
Ainsi qu'il ressort de nos retérences el de plusieurs inventaires d'époque athénienne, où de
nombreux 13&;Opoc sont consignés parmi les oHrandes 2 , le mot 13.xOpo'l a principalement dans les
inscriptions déliennes le sens de «base., en pierre, en bois, ou en mélal, et employée de diverses
manières. En ce qui concerne l'Ekklésiastérion, il faut sans doute comprendre que les ~Opor.
tiennent lieu de • plinthes. pour les pierres d'angle; dans les autres cas, ce sont des bases de
statues'.
Seule l'inscription 1896 pose un problème, et le premier éditeur, A. Plassarl, refusait déjà
de se prononcer sur le sens du mot, mais excluait avec raison les degrés du grand escalier du
Kynthion 4. Certes, ici aussi il est possible de songer il des bases; on sait toutefois qu'au pluriel
le mot désigne assez souvent des sièges, dans les inscriptions 3 : en effet, il deux reprises, les
hiéropes pourvoient au transport de bancs en bois au stade, il l'occasion de concours, et l'on ne
saurait exclure que des bancs aient également été offerls à Zeus.
Les quelques attestations déliennes sont loin d'épuiser toutes les nuances de sens de ~&.6pov,
pour lesquelles le contexte est déterminant'.

flo.),UVf.iov, TO
().'1VOç, ,,; AOUTpWv, 0)

pa).o.vt:iov : bain public: 89, 1. 10; 98, B, 1. 33; 104-20, 1. 3 (restitué); 104-33, A, 1. 7 : dans des
étals de locations, au IV" siècle av. J .-C., ~or."or.vei'ov appartenant à Ariston 1.

(1) Le texte des TG donne IW-[otvt:'ot], mais J. THfl'HWX, daM Mél(ln9~$ V(In E((enluu (1986), p. 134 n. 33, a
montré qu'il rallait lire ~llplX, dans ce contexte de concours, analogue li celui de 287, A, 1. 133.
(2) Comme dans 104-2, B, 1. 10 : «YlIpl.lXY'l"(axCl~ XP\I)oClW; <ipyup"'ù~ [~)cXIlp<>~ Ix",,~, .une statuette en or ayant une ba$e
en argentt; 1417, A, l, 1. 77: dans le Portique du Thesmophorion, /!il:llpa. ~"N."IX.
(3) Ce qui correspond bien aux déflnitions d'Hésychius: ~il:llpa., ,i:l"~'l"IX, ~:ia•..;, et ~il:llpCI", ~'ijj.l-lX, ~(n~, "1tc1t6!\O~.
Touterois, ~llpo" dirrére de ~(l"; (voir notre rubrique correspondante) par le fait qu'il ne peut jamais désigner le lit
d'une pierTe. De son côté, Photius, Lezikan, assimile ~llpo" li Il.j.lé).,o~, oies fondations •.
(4) EAD Il, p. 111. Le lieu de trouvaille, oau Nord de l'escalier du Cynth,,_, Ile prouve rien.
(5) Cf. L. ROfHHIT, dans DllS GAGNII>l\s-DtWAMURZ·K"IIIL-GINOUVEa, Laodicù du LYco" U nymphù (1969),
p. 25'): bancs pour décorer ulle agora, et Bull. ip. 64,470:.6 siégellf, tMllp....', au gymnase de la8Os. Voir aussi la
~llpwa,~ delphique, ou oconfection de bancs. pour le stade p),thique; BOUSQUET, CID Il, nO 139, 1. 27, 29.
(6) Trèll nombreux exemples dans ÛRLANDOS-TRAVLOS, Lexikon, s.v.
(1) Je n'ai pas tenu compte de la prétendue mention de 'tel f~c,;),{IXvt:,1X dans 274, 1. 24, et me suis conrormée à la
proposition de J. Tréheux : voir à ce sujet la rubrique ~6p"'~, supra.
j3cÀavIOîov - 64-

ÀOUT~V: salle de bai" 156, A, 1. 68 : peu avant 282 av. J.-C., dans la palestre, 't"OÛ ÀOUTPWVOÇTŒ
tl1l:6Àomot oi.xo8o{-tl)O"oxvn, 1. 70; 199, A, 1. 105: en 274 av. J.-C., à la palestre, oPOO:PWO"ox[L] 1{ov
ÀOu't"pwv]ox; 204, 1. 36: dans la palestre, réparer le ÀOu't"pwv, 1. 41-42; 1417, A 1,1. 147: au milieu
du Ile siècle av, J.-C" dans l'inventaire du gymnase.
XTlVO'i: cuve (pour le bain): 159, A, 1. 46: transport d'une "'lv6ç du Nymphaion à la palestre;
1412, a, 1. 22,1417, A 1,1. 147 et 1423, BalI, J. 4: inventaire du gymnase, dans la salle de
bain: "'lI/OÙç {-ttnwpouç 't"pt1ç, bd 't"oG ~86:o:pouç 860.

Le ba/aneion délien.

C'est il Délos, à l'époque de la première domination athénienne, que se lit une des plus
anciennes mentions du mot f)ox"oxvt10v, le, bain public t, dans le monde grec. Tandis que ÀOu't"pwv
désigne plus exactement, comme nous le verrons, la ,salle de bain t, ~ox"oxvti:ov se rapporte à un
grand établissement, comportant plusieurs salles (vestibules, salles de service, etc.), oû les
baigneurs - en général des hommes du peuple, car il va de soi que les riches particuliers
possédaient des bains privés - disposent de cuves plates, le plus souvent bâties, avec un siège
à l'arrière et une coupelle rapportée en terre cuite à l'avant, pour parachever la vidange.
Alors que les bains d'Olympie et d'Athènes, près du Dipylon, représentent dès le v e siècle
les plus anciens bains publics connus en Grèce 2, rien ne nous est resté de ce ,bain d'Ariston t
attesté à Délos. D'après le contexte des inscriptions, il devait être situé dans Délos même, et
etait tout naturellement utilisé, par rapport aux locations, comme point de repère: c'est ainsi
que l'on signale que les ateliers de céramique confisqués à Euphantos en sont proches, La
relativement bonne alimentation en eau de l'ile, par fontaines, puits et citernes, devait être
propice il la marche de ce genre de. bâtiment, dont on sait qu'il s'en construisit progressivement
dans toutes les villes importantes, et en particulier les ports. Aujourd'hui, le seul bain encore
discernable à Délos est celui des Thermcs dc l'Agora des Italiens, qui doit probablcment être
daté du 1er siècle avant notre ère 3 ; c'est il cette installation que se rapporte l'inscription 1736,
qui parle d'un facQnicum. Il est vrai que Délos disposait alors également d'un gymnase et de
palestres, et lorsque les gymnases se multiplient cn Grèce, les deux établissements ont tendance
à se confondre, YU!J.li6.O"t(l1i et ~1XÀ.a.litrOIi s'employant l'un pour l'autre f . Relevons encore la men-
tion isolée d'une Ûlt6XIX\)0"~Ç, dans un contexte lacunaire du Ile siècle av. J.-C. : il n'est pas
impossible que cet «hypocauste~ rudimentaire ait appartenu à la Palcstre du Lac'.
Le document délien du IVe siècle montre, avec quelques autres', que ces bains publics,
normalement cités par le nom du propriétaire, appartenaient à des particuliers, certainement
des riches personnages, si l'on considère que ce bâtiment complexe et son exploitation devaient
représenter un gros capital.

Les ).O()1'pwv,tç.

A côté de ce balaneion, deux ÀOUTPWVtÇ sont signalés à Délos, dans le gymnase et à la


palestre. R. Ginouvès a reconstitué l'histoire du mot Ào\J't"PWI/ : dérivé de "oum, qui s'applique

(2) R. GINOUVES, Balalltulik~ (1962), p. 183sq, Le terme /!ŒÀllniov, d'étymologie obscure, est attesté il partir
d'Aris!.ophane. En principe, il n'était pa~ besoin de préciser que ce bain était public. 11 arrive !.outefois ~ mais tres
rarement ~ que /!«),«...r".. ~'applique au bain d'une maison particulière; il est alon! dit [,J,w-n><6.., comme dans Plu-
tarque, Dem., 24.
(3) eAD 19, p, 77sq., et GD 52, thermes des six Mlles H.
(4) GINOUVjl:!I, O. t., p. 148.
(5) Voir le problème posé par ce terme dons notre rubrique &":6><1100"1<;, infra.
(6) GINOUVÈ!I, o. t., p. 215, où l'on rappelle qu'en tgypte, le propriétaire pouvait s'en remettre il un gérant.
- 65-

très précisément à J'acte de ~ laven un corps vivant (ou une statue), par opposition à 1tMvt~v,
.Iaven les mains, les pieds, ou un objet?, c'est vers la fin du v e siècle avant notre ère qu'il
apparait dans les textes el les inscriptions, sous les deux formes équivalentes, Àou'l"p6v el
ÀOU'l"PWV 8 , pour designer le bain ou plus précisément la «salle de bain du gymnase., une pièce
indispensable en ce lieu. Plus tard, Vitruve distinguera dans les gymnases et palestres le bain
d'eau chaude et le bain d'eau froide, en déclarant que c'est ce dernier que .Ies Grecs appellent
ÀOU't'p6\jt (V, Il,2).
L'identification de cette pièce dans les ruines de Ja Palestre du Lac est loin d'être évidente, car
J'édifice, qui remonte au moins au v' siècle, a subi par la suite maintes réfections. Les comptes de
J'Indépendance parlent de faire le plafond du ÀOU'l"p~V (199), il est aussi question (204) d'effectuer des
réparations dans cetle pièce. Si bien q-..;e Je sens du verbe obl.o3ofJ.tc.l, dans 156, A, l. 68, n'est pas clair:
(aut~iJ comprendre, en l'occurrence, une construction ou une rèlection I? J. Delorme, dans Ja publication
des palestres deliennes, paraît opter pour la construction d'une nouvelle salle, puisqu'il propose - avec, il
est vrai, beaucoup de réserves - de la reconnaltre dans la petite pièce C, carree, au Sud de H, dans l'angle
Nord-Ouest lO : ajoutée au plan primitif, elle est située il J'arrière du portique, qui l'abrite du contact avec
l'air extérieur, elle possède des murs stuqués et une banquette contre le mur Ouest, qui aurait pu selon
Delorme supporter des cuves ou À'I)VOL, comme celle qui est apportée du Nymphaion. Quant il la pièce
actuellement visible il l'angle Nord-Est, contre le mur de Triarius, et qui est manifestement une salle de
bain d'après son pavage imperméable, en tuileaux, elle ne date que de Ja seconde domination athénienne.

L'identification du ),ou-rpwv du gymnase pose nettement moins de problèmes. Pour


J. Audiat, il ne peut s'agir que de l'ensemble constitué par les deux salles D et E, au Nord-
Ouest 11 : la salle de bain proprement dite devait être la pièce E, fermée, avec des murs épais
pour préserver de l'humidité - mais ils n'etaient pas stuqués - , et un dallage de briques
striées pour éviter les chutes, elle était précédée d'une autre salle également carrelée, représen-
tée par DIs. Le critère de l'imperméabilité se retrouve ailleurs 13 : il Délos même, dans la
Palestre de granit, la salle de bain est reconnaissable à ses briques plates, et dans celle du
gymnase de Pergame on marchait sur des plaques de calcaire. L'absence de tout système
d'adduction d'eau à proximité ne doit pas retenir l'attention, puisqu'on pouvait aller puiser
avec des seaux dans la mer, ou encore il une mare située non loin du gymnase. D'après l'inven-
taire de Kallistratos, la salle E, dontl'idenlificalion n'a pas été contestee, aurait précisément
dû contenir des ),'I)vo! ou eauges*, .-cuves* de marbre, deux reposant sur le sol, et trois étant
IA-ntc.lpo~, .-surélevées*, c'est-à-dire placées sur des colonnettes ou piédroits: le remplissage
pouvait se faire avec des vases du type de ceux remisés dans l'épistasion. A7Jv6ç est un de ces
termes qui, en grec, désignent .. tout objet creux l, et donc tour il tour un .- pressoir il vin t, une
.-auge* pour faire boire le bétail, une .-cuve il ablutionst, rectangulaire ou même arrondie-
c'est le sens à Délos et dans des inscriptions traitant des gymnases de Pergame et d'Érythrées 14

(7) Distinction faite par G. Roux dans • Llltis : le bain rituel d'Athén~ il Delphes., R"uonnefflenlgrtc. Mé/anges
Ch. De/voye (1982), p. 227~235.
(8l GINOUVÈS, o. c., p. 129, n. 7, avec de nombreuses rMérences : la Ilremière est celle du Pseudo-Xénophon, A/h.,
2, 10, mais les llutN!S sont surtout épigraphiques. Dans fns. Priene, nO 122, 1. 76-7Î, le mot signifie plutôt • dépenses
pour le baint. Pour une étude d'ensemble du loutron du gymnase, voir aussi DELORME, Gymnasion, p. 30<1-.311.
(9) Pour l'ambivalence du mot, voir notre rubrique 0,><03<>1'1"', infra.
(10) EAD 25, p. 136-137.
(11) EAD 28, p. 14.
(12) Où certains ont cru reCOllnallre, Il tort, le .vestiairet: voir notre rubrique Œno8....n\p,o~, supra.
(13) Dans tous les gymnases ou palestres que l'on connait, le loutron se distingue pur lIll dallage ou Ull sol de
mosaique. Seul le gymnase d'Ai KhalloulIl fuit exception, , .. ns salle d'ablutions caracterisée: S. Veuve explique cette
originalité par le fait que la • différenciation fonctionnelle des espaces habitables n'a jamais Hé le fort de l'architecture
grêco-bactriennet (F(luillu d'Ar Khanoum VI. Le gymnase [1 987}, p. 104).
(1<1) A Pergame, d1'ns AM 32 (1007). p. 273 nO 10. 1. 10. (\ Érythrées, dans RBG 14 (1901), 1).297.
-66-
- , de là un .cercueil. ou «sarcophage., el même, à .Bleu si!!, une .cuvette. ou «crapaudine
inférieure. en bronze, dans laquelle joue la porte a. On a retrouvé ailleurs, par exemple au
gymnase de Priène 18, de ces auges surelevees par des piédroits; le bain hellénistique de Némée,
à l'angle Sud-Ouest du sanctuaire de Zeus l ?, illustre également bien le procédé. On ne man~
quera pas de relever que la présence constante - du moins dans les installations découvertes
jusqu'à présent - de piédroits pour soutenir les {envi arraiblit l'hypothèse de Delorme qui
voulait les placer sur une banquelte dans la pièce C de la palestre de Délos.

Les sal/es de bains privées.


Dans les maisons d'habitation, plutôt que des lenoi, ce sont surtout des vasques à pied
haut qui ont. été ret.rouvées, installées soit dans de vérit.ables salles de bains, soit en n'importe
quel aut.re emplacement, en particulier dans la cour, près des puits ou citernes, puisque .Ia
toilette n'exigeait pas nécessairement une pièce spécialisée~18. Lorsque cette pièce, si pet.ite
soit-elle, existe, elle se signale par son sol pavé, parfois en pente pour faciliter l'évacuation de
l'eau, avec une ou plusieurs cuves pourvues de sièges à l'arrière, de taille variable, en pierre, en
terre cuit.e ou encore en métal (pl. n. 8). La baignoire. saboh pouvait aussi être posée sur un
massif de stuc hydraulique, comme dans la Maison de l'Hermès 18.

IlQcnS. TJ
(' " •
u.p~o~w j ap~vla.
,.".. •• ,.", .,. •
" j ap~os, 0; aU)(Cl.«JTOS. -OV; Eopa, '1; E~O~EW; t:1T'bODLS, " j ~OI\Ub"'lOV,
, 'P.
1Tpooap~oyTJ, TJ)

pa.o'lS : - base (de statue) : au milieu du Ile siècle av. J .-C., dans les inventaires 1403, Bb l, J. Il
et 28; 1442. A, 1. 79; 1811;
- lil inférieur, de pose (d'un bloc), par opposit.ion au fit supérieur, d'attente, dit È11'LCa.cns : 500,
A, 1. 6, Il, 42 : en 297 av. J .-C., dans le devis du Temple d'Asclépios; peut-être 401 bis, A, 1. 7.
Ë8pa: lit inférieur, lit de pose: 104-4, aA, 1. 5 : au milieu du IVe siécle av. J.-C., dans le cahier
des charges du Temple athénien, xcdke:'ï de; iôpocv; 505, 1. 17 : au Ille siècle av. J .-C., dans un
devis relatif au théâtre, È:v lÔPl:ll.
QP~otw: assembler parfaitement: 504, A,!. 9-10 : en 279 av. J.-C., dans le devis du plafond du
Temple d'Apollon, &'pll-0]aŒTw TOÙe; y61l-'fl0ue; Ete; TOÙe; o"'r-Fj[Il-0v]oce;; 505, 1. 12: dans un devis, 7tOCp«
TOÙe; ô~6]ôoue; 1'0 Il-tcV 1l-11XOe; à;p[1l-6]~oVToce;.

(15) Les références se trouvent dans LSJ; ajouter, ()Our le dernier sens, K. KOUROUNTOTIS, EleLuiniaka (1932),
p. 193-196. L. ROIlERT, RPhi/48 (1974), p. 240, a signalé un cerlain nombre de ces molli paSllés du vocabulaire des
bains il celui des lambeaux: oulre "'1..6<;, on peul noter l,,~o"o.<;, !f.'~dt'"l, "hprt, m..:).o.:;, 7NCIÙ.!<;, m;ptc., axdtq»'J.
(16) Th. WlEGAND - H. SCIIRADEn, Priene (1')()4), fig. 278.
(17) CornmuRicalion de S. G. Miller au XIII· Collgrh Intern. d'Archéologie Classique (Berlin, 1988) : • The Balh
al Nemea and it<! Place in lhe Development of HellenisUc Building Type.. Ce bain ne fail pas partie d'une paleslre,
contrairement il ceux de Priène ou de Delphes.
(18) GINOUVF:S, Q. C., p. 174. Les Déliena semblenl mème 8voir connu l'U!l8ge du bidel port.alif, en lerre cuile,
selon Ph. BRUNEAU, BCll 99 (1975,) p. 308-310.
(19) BCII 77 (1953), p. 444-496: dam la satie de bain C, qui $ne parall pas avoir fail partie du programme
primitif •. Sur la rareté des salles de bains Il Dèlos, voir EAD VIII. 1, p. 190-191. Au conlraire, il Olynlhe, les salles de
bains, avec baignoire encastrée, faisaienl parlie de chaque unilé d'habilation : voir il ce sujel EzcavaliQns al Olyulhus
Vll1.
- 67-

Ap~OV~Q : joint latéral: 505, 1. 18 : dans un devis, 'l'occ:; OCPI-l0\lta.c:; ~u\I"l'Œeu;.

QP~05 : joinllaléral : 227, A, 1. 16; 500, A, 1. 6 : en 297 av. J .-C., dans un devis, ~PYCl~6I-le\loc:; 'rocc:;
~iÎO'e~k XO:L 'rocc:; hn6iÎO'e~c:; xa1 'roùe:; apl-l0ùC:; a7to O'lfIuPa:e:;, 1. 43 (restitué), 1. 44 : aPl-loùe:; ~o~tW\l].
1Tpo<JQp~ovil: assemblage, ajustement: 504, A, 1. 9 : dans le devis du plafond du Temple d'Apol-
lon, ~'"l1-l6\1w" È\I 7tpomXPI-l0[YlXtc:;J.
G.aXClaT05: qui ne laisse pas de jeu, sans fente: 505, 1. 17: dans un devis, 7tÀiÎ'roc:; ~e6"IJx{)'r("C:; tv
13pIlL «O'1.iÎO'"I"ouc:;.
lliof;f:w : aiguiser: 500, A, 1. 44 : dans un devis, bel] 8L -roü x60'1-l0u 7ta:\I"l'oc:; apl-loùe:; ~~o~t(ù", 1. 46 :
[~~ tÀ]a.tou xllll-l0Àu68{o[u i:~o~t(Ù\l.

)1o).,uC:;lhov : {il à plomb: voir ci-dessus, lltotf:w.

Comme ~iÎepO\l, ~iÎO'Le:; est un de ces mots fort vagues à l'origine, mais qui ont fini par avoir
un sens architectural bien précis. Il peut parfois se rapporter à une base de colonne l, mais à
Délos comme ailleurs, c'est avant tout une base de statue 2, et Lechniquement, la tbaselt d'une
pierre, c'est-à-dire son lit inférieur ou lit de pose. Dans le devis du Temple d'Asclépios, ~ilm<; est
tout naturellement associé en ce sens à t7t(6a:O'L<;, le • lit. supérieur~ ou .Iit d'attente., et à apI-l6c:;,
le .joint latéral., pour lequel existe le doublet apl-l0"tll. Bilm<; est employé de la même manière
dans le devis de Livadie 3 , mais on peut aussi rencontrer les synonymes l3pa: et ~lfItapll, .Iit
supérieun et «lit inférieun 4 • -Eapa: peut toutefois aussi désigner n'importe quel lit, et tlfli8pll le
lit supérieur & : par conséquent, si l'on accepte la restitution - on ne peut. plus hypothétique-
de 13pllC:; dans 500, A, 1. 5, il faudra comprendre «les lits., sans précision, puisque les lits
supérieurs sont désignés par t7t~66:O'e~c:;, à la ligne suivante.
Dans une construction qui n'utilise aucun liant d'aucune sorte, il est normal que les devis
insistent sur la qualité du travail demandé pour les faces qui seront en contact direct, c'est-à-
dire les lits et les joints lat.éraux, qui doivent d'abord être dressés au marteau, puis, surtout,
avec des ciseaux bien arrûtés. Le.fil à plomb., I-l0M68LO\l, associé au niveau en forme de A, est
d'un usage constant·. On doit s'aider en frottant (500, A, 1. 43) la surface des lits en cercle
uvee de l'huile d'une jeune pousse., ce qui permet de repérer les aspérités et d'obtenir une
surface encore plus lisse. Les arêtes, prolongées par un cadre d'anathyrose, doivent être impec-
cablement dégagées, quel que soit le scellement métallique utilisé; d'où l'expression «aiguisen
les joints, dans 500, A, 1. 44, avec le verbe ~o~t(ù, exclusivement délien, que l'on peut rappro-
cher d'un adjectif de la famille de O~U\lW : O~UWpLOr;, .à angles bien vifu, dans le devis du
Temple de Zeus à Livadie 7. L'idéal est représenté par le résultat atteint dans les constructions
classiques de l'Acropole, où les joints ne sont plus apparents. Il n'y a alors «aucun jeu~,
uucune fente. visible; c'est ce que veut. signifier l'adjectif «axa:O''roc:; (de O'1.6:~(ù, .fendre~),

(1) Exemples dans ORLANDOS-TRAVLOS, Uzikon, •. ~.


(2) Ou encore une Mom&la-.;, • base en rorme de pattes de liont (vers le milieu du [J" siècle av. J.-C., dans des
inventaires: Tpl"o&a '"P'l)î'Y'JP"'''tvov M:<i..{-ro&la,v] (1;(oVTIZ) (1432, Ab 11, 1. 10). Cette décoration est très frèquente dans
l'antiquité gréco-romaine, pour toute !IOrte de mobilier: tables, bancs, et objets divers. Nombreux exemples de pieds
de table en marbre dans EAD 18: voir !,ussi, pour une base de trépied en patles de lion, Euavalions al Olynlhu. X, pl.
LXV, nO 983.
(3) IG VII. 3073, 1. 111.
(4) C'esl ainsi qu'il raul comprendre une inscription d'Éleusis, IG Il", 1671. 1.47.
(5) Voir MARTIN, Manuel. p. 192 Il. 7, el ORLANDOS-TRAVLOS, l.ezikrJ/l, •. v. Illpa..
(6) On en a trouvé à Délos: EAD 18, pl. 71. 11°577.
(7) IG VII, 3073, 1. 133. Pour b~,j...., el ~\>(ItJI.' à Délos, voir nolre rubrique mtJl.', infra.
-68-
employé dans le devis relatif au t.héâtre de Délos, dans le devis de Livadie, et dans le texte
traitant de la construction d'une caualÎsalion il l'Amphiaraion d'Oropos·.
Les prescriptions en ce sens sont. donc nombreuses' dans tout le monde grec, identiques à
celles que nous lisons dans le document relatif au Temple d'Asclépios à Délos. Mais alors que le
terme â.P!!6ç, el avec lui le verbe a.piJ.6(w, se rencontrent souvent. dans les diverses Bauinschrif-
leD II, 505, 1. 18, parait. bien être la seule attestation épigraphique d'«PIL0-M., qui il vrai dire
insiste davantage sur la notion de t: parfait jointoyage., comme le souligne Hésychius : a.PIJ.0v(TjI;,
(JIJ(~II:Wçll. Le devis du plafond du Temple d'Apollon connait encore, pour l'tassemblage.,
l'hapax npoallPlLoyij. que J'on peut rapprocher de l'operation dite GUVtl.PlL0rfJ en Asie Mineure,
pour la fixation de cruslae 1t .

marche, degré: 508, b, 1. 10-11 : peu avant 250 av. J .-C., dans un devis d'Un êdifice indéterminé,
'mlX; f».G!4:OÙt;;].... 1'0 GTPWlJ.lX GÙV 'm'it;; f».a[lJ.0ü;;].
L'inscription délienne est très fragmentaire, mais le sens de f».GIJ.Ot;; n'y fait pas de doute:
ces f».GIJ.0! doivent être des. marches., ou plutôt les t degrës. d'Une krépis, au-dessus de laquelle
se trouve le dallage 1.
BocGlLOt;; est utilisé il partir de l'époque hellenistique dans tout le monde grec, le plus
souvent sous la forme ionienne, f».OIJ.6ç" ou encore f».O~. Même au singulier, il faut parfois y
voir un tescaliert, comme pour le composé ŒVOC&tOIJ.Ot;;t.

base, socle: 145,1. 27 (302 av. J.-C.); 147, A, 1. 18; 148,1. 68-S9; 153, 1. 12-13; 159, A, 1. 65
(281 av. J.-C.); 166, 1. 7; 199, C, 1. 67-68; 203, 1. 56 (269 av. J.-C.)'.
Comme ~.xOpo", ~(lGk, ~IXGIJ.OÇ, ct ~~IJ.(l, ~Ot-ri)p est un de ces mols de la même famille que
~lX(VW, qui concernent tous, d'une manière ou d'une autre, une rorrne de • base. ou de • degré •.
BOt-ri)p sc distingue par la relative raiblesse de sa fréquence; il est attesté à partir du IVe siècle

(8) Voir OIlI.ANOOS-TIIAVI.OS, I.Qikon, I.Q. : redjeclif est toujounI essoc::ifJ' ~,. le mite en place des pie"," el
eu !lerrage des jointe. Le texle d'Qropotl est commenlfJ par G. AllGOlID, dan, OO/OTIKA. Vorlnige IIOm 5. Inlern.
BOOlien-Kolloquium tu Ehrtn DOn Pr. Dr. S. Lou(fu, Munich, 1966 (1989), !urtoul p. 249.
(9) MAIITlr'I. Monuel, p. 192·197.
(10) MAI~II, MoueroouinKhrifùn Il, p. 86.
(II) Pourtantllomèl't ronnaillSllit dfJj' celte valeur en:hit.eclurale d'lftw'IÛI : voir Olll.Ar'lOOS-TRAVI.OS, wikon,
1.11. œw.6<o. <ip~ et ~....
(12) L. ROIIUIIT, JS 1962, p. 41.
(1) A Skepsi., ils dèsigne.ntles sièges du lhUtl't (JMI 3 (19(0), p. 56. 1. 13-15), meil celle inlerprilttion est
exclue. DfJlos, où est e.mployfJ regulièrement • cette lin le !.enne 8ixDl..
(2) cr. MAI~II. /l1autriJouin.dirifltn l, n- 59, 1. 9-10 (C)'t.ique, Iv"-III" sikles ev. J.-C. _ MICHEl., 596) : 'tOp. ~
x,:tl ~~ 0Ùt0301'-~1. Dans le l. Il, p. 81, l'auteur signale eUlIlIi le !lens .Wehrgangtllreppe-.
(1) Lisle non exhaustive.
-69-

avant notre ère! pour désigner un seuiJ3, plus exceptionnellement une base de statue, ou la
planche d'appel d'une piste d'élan, dans un gymnase. Mais à Délos, dans tous les cas, il ne
s'applique qu'à un tsocle. de stèle.

base (de statue) : 2080, 1. 1 : vers 104 av. J.-C., au Sarapieion C, dédicace de TO ~~fLll'

Par rapport aux autres mots de la même racine que ~a:{\I(a), t marchen, et que nous avons
déjà étudiés, ~~fla: présent.e l'originalité d'être susceptible de sens très divers: en Attique, c'est
une tCstradet, à l'époque paléochretienne, le tsaint bèrnat est une certaine partie de l'église, ct
dans deux inscriptions déliennes, ce sont des tempreintes de pieds t, marque du passage de la
divinité 1.
En donnant la première publication de la dédicace 2080 aux dieux égyptiens, P. Roussel!
pensait que le terme ~~fLll devait désigner ici un t autel •. Il excluait le sens de t base de statue t,
ou d'tempreinte de pieds., parce que le bloc de marbre inscrit était selon lui trop haut
(0,745 ml. Dans le Corpus, on opte pourtant avec raison pour une tbase de statue., car le mot
se rencontre assez couramment ailleurs en ce semiS, ce qui n'a rien de surprenant d'après
l'étymologie, alors qu'il ne paraît pas pouvoir signifier. aulel., sens pour lequel on atlendraitle
terme ~WIl-6ç.

bouLeulérion, salle du Conseil: 512, 1. 13: 513, 1. 22; 514, C, 1. 6; 525-526,1. 19, etc.! : dans des
décrets, &:'IIa:rP&.~a:~ 8è TO o.jIlj'f~O"fla: "t'1)'11 lJ.è'll ~O\)À.~'II d" TO ~O\)À.t\)Tljp~O'll, ToÙr; 8è ltpo1l:o~OÙr; dr; TO ttp6\j.
Les fonctions de la Boulé ou Conseil de Délos ont été étudiées en détail par CI. Vial!; on
sait que les bouleutes n'étaient pas chargés de la publication sur pierre des textes législatifs,
attribuée aux hiéropes, mais dans la mesure ou ils veillaient à leur préservation sous forme
d'archives, deux salles devaient leur être attribuées: l'une servant aux réunions, aux séances,
l'autre rassemblant les archives sur papyrus. On attend donc du ~ouÀ.t\)TljpW\j3 dé lien qu'il
présente celle double disposition.

(2) Voir les quelques références de LSJ et d'ORLANDos-TRAvl.os, 1.e;I;ikol1, I.V. Le composé ùm>&.T7jp, employé
dans le devis de Livadie, se rapporte aux .socleu ou _plintheu des piédroits; G. Roux, MUIH~lv 17 (1960), p. 179·
181: quant au terme !fL&.T7jP, uniquement connu par Vitruve et une inscription de Némée, c'est peut-être un _degre.,
selon K. JEPPESEN, Labraunda l, l, p. 47-48, n. 20.
(3) Pollux, Il,200: !»'rijp, 6 0036" !",'o~ 1h''''''''C'I.
(1) ID, 1263 et 2103, !!ont relevées à tort. dans ORI.ANDOS-TRAVLOll, Luikon, I.V. ~'ii"'<:t, pour illustrer le sens de
.base •.
(2) Cull~1 ~gypfi~l1l, n 6 151.
(3) Cf. L. ROBERT, RA 2 (1933), p. 138, n6 84. Voir par exeml,le Ali. P~rgamon VIII, 1, n& 167, 1. 15: !7I"'YP"''P<:t1
bd ",i; ~~fL'ZTn<;, _inllCriptions sur la base de la statue., et VIII, 2, n& 252,1.40.
(1) Selon le calcul de Vu 1., Dilol, p. 112 n. 100, cette clause mentionnant le bouleutérion se lit dans 62 décrets de
l'Indépendance. On la trouve encore fréquemment !!Ous la seeonde domination athénienne.
(2) Dilol, p. 96-112.
(3) Au lieu du suffixe locatif -t"I)p.ov, on peut trouver -i;ov : ~u),,:'ov est attesté à Chalcédon et il Delphes (Syllog~~,
1011,1. 16, 17, et 614, 1. 34).
-70-

• Pour l'origine du moinst, Je bouleutérion de Délos a été identifié par Vallois 4 avec un
bâtiment barlong, l'édifice Delta (= GD 21), dalé du Vie siécle d'aprés une colonnette portant
une dédicace archaïque à Athéna Polias, colonnette dont la base rait partie de l'assise de
réglage du mur. Cet édifice en marbre délien avait donc certainement une ronction civique. Il
se divise en deux parties: une pièce, au Nord, est attribuée aux archives, l'autre, à deux portes
percées dans le long côté Ouest, est parcourue en son centre par une rangée de piliers, qui ne
pouvaient Kêner ni la vue ni l'audition, si l'on imagine que les bouleutes s'y réunissaient sur des
bancs en bois (pl. m.
9).
L'édifice 6. se trouvait primitivement, semble·t·il, il l'extêrieur du hiéron. En exposant prudemment
son hypothése, Vallois n'exclut pas que cette construction ait pu changer d'affeelation au moment de son
rattachement au sanctuaire et devenir un oikos, le bouteutêrion apparaissant alors dans les inscriptionB
sous un autre nom.

Ph. Bruneau a jugé l'identification, douteuse.', mais sans exposer les motifs de son scepti·
cisme. Je me rallierais plus volontiers à l'opinion de W. MacDonald qui, tout en reconnaissant
que cette identification n'est nullement assurée, l'estime 'probable.'. En eHet l'édifice li. est
proche du prytanée, comme il convient; on peut juger sa disposition intérieure pratique, et le
plan allongé de l'ensemble, qui fait songer à un portique, se retrouve ailleurs. Les plans sans
cesse reproduits des bQuleuleria de Priène ou d'Assas ne doivent pas tromper, car c'est seule-
ment à partir de l'époque hellénistique que la structure quadrangulaire devient prépondé-
rante 7 • Auparavant, deux catégories rivalisaient pour ce genre de bâtiment: le plan carré,
comme celui de l'ancien bouleutérion d'Alhènes, et le plan plus ou moins allongé, comme à
Délos, Calaurie, Olympie, Orchomène, oû se remarque chaque rois une colonnade intérieure '.

étable: - Charéteia : 287, A, 1. 17: en 250 av. J.-C., ~UcnIXm.~ lcnu).w!Ltw~ &6upo~; 356 bis, 8,
1. 43; 373, B,I. 12 (restitué); -Charoneia :287,A, 1. 165 et 166;356 bis, B, 1. 37 (?); 374, Aa,
1. 4; 403, 1. 50·51; - Chersonésos : 440, B, 1. 25; 461, Rb, 1. 56; - Hippodromos : 287, A,
J. 144;- Leimon: 287, A, 1. 148;- Limnai :287, A, 1. 158;-Nikou Choros: 287,A, 1. 157;
373, B, 1. 6-7; 445, 1. 23; - Panormos: 287, A, 1. 168; 374, Ab, 1. 5; - Phoinikès: 287, A,
1. 152; - Pyrgoi: 287, A, 1. 163; - Rhamnoi: 287, A,!. 155; 374, Aa, 1. 5 (restitué);-
Skitoneia : 287, A, 1. 163; - Soloé et Korakiai : 287, A, 1. 150; 351, 1. 12 (restitué); 374, B,
1. 14;-lieu illisible ou non conservé: 138, A, 1. 7; 145,1. 19; 356 bis, 8, 1. 26;366, B, 1. 10-11
(Th'lénn 1); 373, A, 1. 33; 374, Aa, 1. 8, B, 1. 8-9, 24.

(4) Archi/«lu~ 1. p.2a-'l6. 119-121.


(5) GD. p. &..
(6) W. A. MtlloN"I.O. Tht poIilica/ Mn/irl9 Plucu of fllt GruI... (1943). p. 127 !KJ., surtout 157. 18"l·I84. 284-285.
(7) Le livre de F. KRISCHKN, Anlîb Rolhiiuur (1941), ne considère que celte ~poque; il a inlpi~ l'article
~P'O'" de Il. K.bU..KR dans l'EAA. CeII publications ne donnent qu'une id~ lrb partiel.le de l'histoire et de la
typologie des bouftultrio.
(8) MtI>ON....D. O. t .• p. 255!KJ. Dans ce C.1i n'existe pas le ri!KJue de conrulion avec un od~n, comme' Cauope
ou Il Dodone, où a été degagé un pelitlheAlre de plan c.rré. On pourrn délionn.i. compléter le lr-avail de Mc Donald
par celui de O. GSIUIt, Dit F.nlwick/ung.guchiehlt dt. gri«hiKhen Bouleufuion. (Oiuert. Vienne, 1987).
-71 -
En dehors des inscriptions déliennes, le terme ~OUa"tlltHÇ ou ~o6a"tllatç, «l'endroit où se tient
le boeuh, se lit dans l'oeuvre de quelques écrivains 1; les papyrus connaissent les formes ~owv et
~OU(J1"&:(HOV2.
Mais c'est à Délos que le mot est particulièrement fréquent. Seuls les domaines de Diony-
sion et de Kérameion n'ont pas d'«étable., le premier est toutefois une exploitation de faible
importance et le deuxième devait être un atelier artisanal. En revanche, Charoneia possède
deux locaux de ce type, qui peut donc être considéré comme indispensable pour une ferme.
L'étable est louée sans porte (si l'on excepte celle du domaine de Leimon), une simple barrière
mobile pouvant de toute façon tenir lieu de fermeture, et elle est normalement située près du
.paillen, cixupwv3, qui fournit la nourriture et la litière pour les bêles, mais il est notable qu'il y
a au total davantage d'étables que de paillers. Elles sont l'objet d'un certain entretien, comme
le montre 145,1. 19, où du bois est destiné à une ~ua"t(l(Hç. C'est sans doute aussi en bois qu'a
été confectionné le poteau soutenant le toit de l'étable de Charëleia, qui doit être un peu plus
grande que les autres.
Cette place des étables peut surprendre lorsqu'on considère l'aridité du sol des Cyclades, et
la relativement faible extension de l'élevage des bovins dans la Grèce contemporaine. Mais les
donnèes de l'économie actuelle ne sauraient être transposées dans l'Antiquité. Les statistiques
modernes «témoignent d'un appauvrissement progressif de la Grèce en gros bétail, et il est
vraisemblable que la Grèce antique comptait proportionnellement plus de têtes de gros bétail
que la Grèce modernes·. Non seulement les bovins fournissaient, comme aujourd'hui encore, le
fumier pour amender le sol5, mais surtout ils étaient utilisés pour toutes sortes d'activités, pour
le transport, éventuellement pour la traction des meules, et avant tout pour le gros travail des
labours'; M. Brunet note justement que la ~OÛ(J1"Ill1LÇ pouvait fort bien «n'abriter que la paire
de boeufs nécessaire au laboun 7 , ceux-ci étant mentionnés, avec les moutons, parmi les biens
susceptibles d'une saisie, selon la Hiéra Syngraphé de Délos (503, 1. 34 et 46).
Vers la fin de 1700, Pillon de Tournefort a effectivement décrit Rhénée comme un bon lieu
d'élevage: .La grande Délos n'est plus habitée, les montagnes sont peu élevées, couvertes
d'excellents pâturages, et son terrain est bon pour la vigne les habitants de Mycone, qui la
cultivent avec soin, y nourrissent des chevaux, des boeufs, des moutons et des vignesl B .

degré: 166,1. 4: vers 275 av. J.-C., dans un contexte lacunaire, ["trlc]ç ~WIJ.(8IlÇ olxo8(0IJ.Mallv["tt;
290,1. 128: en 246 av, J,-C., réparations dans une oikia, Xllt "trlcç ~wfJ.l:(8]a.ç; 2226, 1. 16-17: en
128-127 av. J.-C., au Sanctuaire syrien, dédicace de "trlc" ~W!!(8ct(ç "t)oü VIlOÜ.

(1) Eschyle, Pr., 653 (au pL, signalé dans LSJ); Callimaque, Hymne il mlos, 102 (et scholie au même vel"ll);
DÎogène Laêrce, 9, 3.
(2) HUSSON, Oikia, p. 60-61. Dans ce cu, les boeufs peuvent servÎr il faÎre wumer la roue à eau.
(3) Voir la rubrique &'X"p':'v, 'upra. Par l'inlennédiaire du pailler, l'étable se lrouve aUSlli proche, le CliS échéant,
de la hergerie,
(4) A. JARDÉ, Le, céréales dan, l'Antiquité 9reCfiue (1979, 2< éd.), p. 126.
(5) JAAOI::, o. c., p. 87, qui souligne la difficulté de cet élevage,
(6) Les terres cuites béotiennes du VI' siécJe qui représentent des boeufs tirant une charrue sont bien connues (un
exemplaire au Musée du Louvre, n~ B 103). L'imporlllnce des boeufs à Délos!IC traduit aussi par la mention, dans les
inventaires, de harnachements en bois doré, offert.ll en ex-voto.
(7) .Contribution à l'hiswÎre rurale de DéloSt, 8CH 114 (1990), p. 669-682.
(8) Rela/ion d'un voyage au I.evanl, LelJre VII (1727): passllge cité par M.-Th, COUll.I.OUO, EAD JO, p. 340, et
VIAL, Dé/a" p, 320.


-72-
Alors que le fragmenl d'inscriplion 166 ne permel pas de comprendre il. quoi s'applique
précisémenl le mol ~wIL(r;, les deux aulres men lions sonl plus claires: dans 290, on répare un
mur .el les degres., el dans 2226, c'esl le prêl.re Achaios qui a oftert .une chapelle, la piéce
annexe, elles degrés de la chapelle.; or la fouille a réve1e au côté Sud du Sancl.uaire syrien ce
qu'Er. Will appelle une «grande chapelle., avec une piece associée, ct devant elles la rondalion
d'un perron permettant l'accès il. ces deux salles 1. Mais Er. Will déclarez qu'il ne peut décider si
l'élat actuel de cetle zone correspond il. la situa lion initiale, antérieure à la date de la dédidace
d'Achaios, ou si les restes appartiennenl bien aux structures dédiées. Le rapprochement semble
pourtant satisfaisant: la descriplion faite dans 2226 peut lout il. fail s'appliquer aux ruines de
la «grande chapelle., surtout si l'on considère la présence d'un perron sur le Lerrain ell'indica-
tion de degrés dans le lexte.
Les trois emplois déliens de ~wfol(r;, il. des dales difterentes, sont donc conformes il. ce que
suggère l'élymologie : de la même famille que ~1X(\lW, le terme, au demeurant assez peu attesté
en dehors de Délos, s'applique il. une .marche., un .degré., mais contrairemenl il. son syno-
nyme ~iXO"!J.or;, plus fréquent, il ne parait pas convenir pour un escalier complet. C'est aussi
parfois une .base. 3 , mais non un .petit autel., comme on pourrait le croire d'après le sens le
plus fréquent du mot dont il est le diminutif, ~w!J.or;. Hérodote ne laisse pas de doute il. ce sujet,
en parlant des degrés d'une pyramide, pour laquelle il pose l'équivalence &."1X61X6!J.o[ ===l ~wfol(8EÇ
(II, 125, 1), équivalence reprise par Hésychius, sous la forme ~w!J.t81Xr; . &.\lIX~&O'UÇ.

Pw",o~: auiel: -les autels du sancl.uaire d'Apollon: 142, 1. 61 : en 308-306 av. J.-C., ~uÀIX bd
f3w!J.ouç (même formule: 321, A, 1. 3; 354,1. 65; 371, A, 1. 56; 372, A, 1. 86; 396, A, 1. 71; 440,
A,1. 11-12, 14 etsq.; 442, A, 1. 185 etsq.) ; 144, B, 1. II : TO\l ~w!J.O\l XO\lL&O'IX\l'TL "t'Oü 'A7t"of.[ÀW)vor;
"t'oG T&!J.tv[t}rou, 1. 26 ; 162, A, 1. 50 : &.vOPIXXtÇ bd "t'aù[ç f3w!J.ouç (formule fréquente: 223, A, 1. 5;
290, 1. 55, 95); 163, A, 1. 52 : è~IXÀC(~IX\l'TL -ror -roï:x.or xot1 't'oùç ~w[!J.ouç (même formule: 290, 1. 87);
316,1. 75: en 231 av. J.-C., 8&ql\llX~ Xot1 foluppt"IXL bd 't'oùç f3wfolouÇ (mème formule restituée: 338,
Aa, 1. 23); 338, Aa, 1. 17: O''t'&lJ'IX\lW!J.IX't'1X è:7t"t f3wILour; (liste complète de ces couronnes pour les
autels dans BRUNEAU, Culles, p.119) ; 440, A, 1. 39 : en 173 av. J .-C., 1't"tPW;À&(o./IIXV"t"L 't'où" ~w!J.ouç;
- Kératôn ou Keratinos Bomos: voir BRUNEAU, Culles, p. 22sq., pour les al.testations;-
autels de Dionysos: 159, A, L 44 : en 281 av. J.-C., transport de pierres; 440, A, 1. 88 : du bois
pour l'autel; 442, B, 1. 231-232 : des pierres pour j'autel de D., dr; 't'O'i d8olJ'6po\l xot1 't'oùr; O''t'ot't'o[ùç
--; 443, Bb, 1. 157 (travaux); BRUNEAU, Cultes, p. 305,1. 22: règlement de voirie, de 202 av.
J.-C., il. placer7t"[otp]àt 't'O\l f3w!J.o\l 1'OÜ lÎ.LO\lU(JOU; - autels d'Artémis: 144, B, 1. 15; 154, A, 1. 28:
en 296 av. J.-C., Lx:oü\I &."lXx]1X6&.plX(J~ autour de l'autel; 161, A, 1. 95 : 't"1l\l OuILt:À1')\I "t'aG ~w!J.0ü 't'aG È\I
'tijt N1)O'M XO'iL&.O'IXV"t"L ; 290, 1. 150 : apparemment pour l'Artémision dans l'île, l[proÀot~YjO'IX\I't't "t']o!J.
~w!J.O\l XO\lL&'(JotL (40 dr. payées en deux fois); - autels du Thesmophorion : 154, A, J. 28 : "t'oùç
~w!J.oùr; 't'où.; !v 't'[Wt] E1tO'!J.olJ'op[Wt (...) È~I.lÀdl.j.olXV"t"L (même formule: 161, A, 1. 103, Xott yTJ\I èvÉ"yXotV"t"t

(1) EAD 35, p. 11-13, fig. 3-4.


(2) o. C., p. 98-99.
(3) Cf. KUBINSKA, Monllmen/r flln~rairtl, p. 78-79. Voir all~~i BIII/. ~p. 61, 747 : il Pogla, des bases, ~l!LcÎlm,
()Ortent les statues des vainqueurs.
- 73-

xCt( >"EuxwalXvn); 287, A, 1. 60: TOV ~wfLoV tmOLxo30fL~aa:vTL; 159, A, 1. 18: xp(aa:VTt les autels du
Thesmophorion; 409, A, l. 8 : ~+]OtxoôofL'ijaIXL TOÙ':; f3wfLoùÇ To(UÇ (Thesmophorion 1); 447, 1. 15 : en
182 av. J.~C., xp!aa:vTL TOÙÇ f3wl,WUÇ], dans le Thesmophorion; ~ aulel de Poséidon: 287, A,
l. 110; - autel du Létoon : 154, A, 1. 40 : TG ntX(OV TG lTlXpiX TOl-l- ~Wl-l-GV m;a6v; 1417, AI, 1. 113;
- autels de Zeus: 154, A, 1. 20 : TOÜ [.6.ulç1] T0l-l- f3wl-l-GI/ ofUl>..taa:VTL ; 1882 eL 1883 : sur un peLit
bloc quadrangulaire, dédicace d'un autel il Zeus Kynthios; 2306 : dédicace d'autels à Zeus
HypsisLos et aux dieux; - auLel de Niké : 372, A, 1. 112: en 200 av. J.-C., Maou ÀtUXOU 'OÜ dç
-rov ~WfLOV ~ç N!x1jç; - auLels des dieux égyptiens: 1299,1. 63-64: dans la Chronique du
Sarapieion, Ou6tvnç ~wl-l-0!; 1434, l, 1. 20 : dans un invenLaire, tlTt TOU f3Wl-l-0]U (de même: 1440, B,
1.8; 1442, A, 1. 47); 2055 et 2056: en 117~116 av. J.-C., dédicace de niches, d'auLels, et d'un
escalier; 2087 et 2088: Nicias dédie les auLels, le dallage et les sphinx; 2133, 1. 2 : --- TGV
f3w]l-l-6v 1; - autels du Sanctuaire syrien: 2232 et 2334 : dédicace d'un autel par un prêtre;
M. GUARDUCCI, ASAA 30-32 (1952-1954), p. 176 : en 109-108 av. J .-C., dédicace de TOÙÇ ~wl-l-oùç
xa:t T1Jv &:veHia:otv; - auLel du Cabirion : 2597: en 126-125 av. J.-C., dédicace de la >.[a:l-l-lT«3a: TWV]
tQl'li6W[V] T1Jv bd f3wfL6v; - au théâtre: 199, A, J. 95; - inventaires: 1417, A l, J. 76: f3wfLGV
~u>..wov, 1. 113-114 : (Létoon) tlTbropov tlTt TOU f3wfLoû o"LÔ1jpOÛV ëxov lTlXpa:o"TCI.ÔIX X&:ÀX1jv; 1443, C,
1. 14 : (Thesmophorion) TG fLtTEVEx6èv &.lTG TOÛ [f3wJ(L[oü]; - autels domesLiques ou assimilés:
1791: dédicace d'un autel cylindrique dans l'ÉLablissement des Poseidoniastes; - divers:
1306 : dédicace de TOV f3wfL6v; 1403, Bb II,1. 85,93 : sur un vase, OL a]vfL6a:>..6l-l-EVOt dç [T]GfL ~wfLôv;
1522, 1. II : sous Trajan, TG IJriJtpLafLlX &:Va:[Y]OpEUEa6[a:t &.El 1] tlTt .OU [f3]WfLOÛ [aùv TWt 1] >"Otlt"W(L)
x6afLwL
Ècrxtipa. : - brasier ou réchaud porlatif: 104, 1. 142~143, et 104-10, 1. 10-11, 104-11, B, 1. 35,
104-12, 1. 114: au IVe siècle av. J.-C., dans des invenLaires d\objeLs en 1er, è:a:x&:pa: l-l-EY&:),1j
a:ùT6aTpotpoç, ia:x&:pCtt fLtXPCt(; 145,1. 58; 161, B, 1. 124: en 279 av. J.-C., dans un inventaire,
ia:xoipa:t lTupxa:Lol TpELÇ, 1. 128 : dans la Chalcothèque, Èa:xa.pa: o"tô1jpii; 199, B, 1. 89 : dans la Chalco-
thèque, deux Èa:x&pCtr; 1t1JpXlXtOU':; en bronze; 219, B, l. 74 : è:a:x&:pIXV a~ô1j[piiv ; 1416, A 1,1. 14-15 :
au milieu du Ile siècle av. J.-C., dans l'inventaire du Temple d'Anoubis, !a:x«pa:[v] >.[EoVTô]ÔlXatV
ibtt1t1Jpov f):ouaa:v 7tu[p]tp6pov, en bronze (même lormule, 1417, B 1, 1. Il; 1452, A, J. 14415); 1442,
A, J. 81 : dans l'invenLaire du Kynthion, [è]a:x.xpa:v T1Jv f3«a~v {mo6t6pwfLbn]V.
- chariol, appareil de transport: 203, A, J. 33: en 269 av. J.-C., Èa:xa.pa:v ~U),WGa:VTL, B, J. 97 :
dans l'Oikos des Andriens, Èa:xa.pa:v ),~01jYGV lTlXpt3ofLEV.
llOXOpl8~ov : petil réchaud ou brûle-parfum: 164, B, 1. 17 (inventaire).
f:crxa.p~ov: pelit brasier, réchaud ou brûle-parfum: 219, B, J. 74: vers 272 av. J.-C., dans la
Chalcothèque, [Èa:xa:p!ou fLtXPOû 'ÏlfLUO"\J xIXTEa:y6ç]; 1403, Bb II, 1. 34-35 : Èa:x«ptOV Xa:),xoûv 7tIXML6v,
ml0fLEVIX oùx qov (inventaire des oikoi du Cynthe, même lormule: 1417, A Il, J. 57).
Ècrxapl'i : réchaud brûle-parfum: 161, B, J. 102: dans un invenLaire, tO"):a:pl.:; &:pyupii, Bou),o(l6.ya:r;
&.vli&rjfLa:, ôJ.x1jv o"ùv TWL ÈfLmlPM (même formule: 194,1. 4; 199, B, 1. 16); 219, B, 1. 52 : [taXlXp!ôa:
Boup,.OfL&:YIX, ô),x1jv aùv TWt 7ttpmupwt.
lloxopWv: escharon, fieu où se trouve f'eschara : 144, A, 1. 61 : au Dioskourion l, des roseaux tir;
TGV ÈO"J{IXPWVa:, 1. 96 : (lieu indéterminé) salaire il Olympos TWL tO"hlXpwvL tpd~a:vn, 1. 99 : autre
salaire il Olympos, pour un travail indêterminé sur TGV ta:xa:pWVIX XlXt TG TlXfL~ELOV ; 156, A, J. 23-24
(complété par Ph. H. Davis) : otxoôOfLJ1JO"a:VTt TGV TOLXo[V T]oÜ Èa:xa:pwvoç TOÜ Èv TWt TEl-l-tVEt TOÛ
'ApY'lYi'fou, 10 orgyes; 287, A, 1. 76 en 250 av. J .-C., on neLtoie TGV Èa:xa:pWVIX; 409, A, 1. 12 : TiXr;
6ùpa:ç TOÛ 'EaXlXpwl/oç )(4t lù..EI3[a:ç; 440, A, 1. 82 : réparations È7tt TGV otXOI/ -rov 7tpOç TWt ÈO"J{a:PWVL;
1409, Ba JI, 1. 26 : dans l'inventaire de l'Oikos des Andriens, tx] TOÜ 'Ea:xa:PWI/Oç ~tOVTIX (de
même: 1400,1. 4); 1416, A 1,1. 36: dans un inventaire • hors du dromost du Sarapieion,
XIX),X(OV Xa:TWLXoô0!J.1jfLtvov Èv TWt Èa:xa:pWVt.

(1) Pour l'aUribuLion de ceL escharon !lU DiOl!kourion, ,"oir BRUNEAU, Cull~l. p. 385.
- 74-

9u.,.ÉA1') : foyer ou lable de l'aulel : 104-16,1. 8, et 104-17, 1. 3-4: au milieu du IVe siècle av, J,-C"
dans des inventaires, O]uJJ.tkl'jv Ex.ov X.(Û\X~[v (?); 144, A, 1. 109 : mention isolée; 161, A, 1. 95 : T'1Jv
6uJJ.ÉÀl1v 't'oG ~wJJ.0G 't'oG &v "tij~ N1jaw~ xovt«alXvn; 199, B, 1. 90 : 7tlXpIX8dYIl4't'1X 't'oG Ku-.{O(}ou, "tijç
OuIJ.ÉÀl'jç; 219, A, 1. 27 (complété par J. TRÉHEux, REG 1986, p, 299) : e:1tu(ov~&talXvn T'1Jv OulJ.t[À'1Iv];
316,1. 126: réparer la 6uJJ.ÉÀl1v tv [?].
.Base. est le premier sens de ~wJJ.6ç ; il prédomine dans les inscriptions funéraires d'Asie
Mineure, où ~wJJ.6ç s'applique en principe au tSoubassemenh du tombeau t, Toutefois, dés les
textes homériques, le mot a désigné plus spécialement un • autel., au détriment de son sens
originel assez vite oublié, bien que celui-ci se retrouve dans des mots de la même famille:
~wJJ.lç, le .degré. s , et ~wJJ.taxoç, la .base de slatue. 4 .
A Délos, certains autels peuvent nous rappeler ce sens primitif de _base •. Dans le dromos
du Sarapieion C ont en effet eté mises au jour des bases de deux types alternant; les unes, qui
supporl.ent les sphinx de la dédicace 2087, sont faites d'un massif de poros sur une dalle de
gneiss, les autres, qui doivent être les .autels. offerts par Nicias, Hant en maçonnerie 5.

Les divers autels déliens.


Ce n'est pas ici le lieu d'entreprendre une typologie des autels déliens; ce travail est en
cours ailleurs·. Nous nous contenterons de noter que les fouilles ont révélé une grande variété
de bornoi à Délos:
- massifs rectangulaires de moellons, en principe stuqués 7 (pl. V, 15),
- simples petits blocs, quadrangulaires ou ronds, plus ou moins moulurés: c'est un type
particulièrement banal, surtout pour le culle domestique,
- autels à antes et plateau surbaissé, dont plusieurs exemplaires de tailles diverses se
rencontrent depuis le milieu du Vie siécle jusqu'au Ile siécle av. J,-C., ce qui permet à RoI.
Étienne d'avancer l'hypothèse d'un type cycladique de Wangenaltiire .,
- autels quadrangulaires construits, à partir du IVe siécle, le plus souvent en assemblant
quatre orthostates retenus par une lable à fronlons. Ils ne sonl pas rares: ainsi à l'Heraion, au
Dodékathéon, à l'Aphrodision, L'un d'eux, dédié dès la fin du ve siécle à Athéna el Apollon
Paion, est même à triglyphes bas, forme exceplionnelle en dehors du Péloponnèse el de la
Grande Gréce,
- parmi les aulels monolilhes funéraires ou volifs, qui apparaissenl à Délos dans le
premier liers du lie siècle av. J .-C., lrès peu sonl quadrangulaires, alors que le lype cylindrique,
le plus souvenl orné de bucranes el de guirlandes, esl fréquent,
- autels à fosse du lype escharon, comme à l'Archégésion (voir ci-dessous),

(2) KUIlI((:S"A, Monumtnls (unàuiru, s.v.


(3l Voir notre rubrique ~", ... k;, supra.
(4) Par ex. dans 1409, Bu Il, l. 49; 141U, Il l, 1. 83-84; 1417, IJ l, 1. 90; 14~, [[, 1. fi; 1429, Il Il, l. 24.
(5) Pour des dHai[s, voir BIIUNF.AU, BCII 104 (1980), p. 163!J(1·
(6) Voir les actes du colloque L'tspuce sacrifiât! dans/'llnliquiU, Lyon, 1988 (1991), p. 7r:r84.
(7) Par ex., pour [e culLe domestique: EIlD VIII. l, p, 201, et A. PI.... SS... RT, BCII 40 (1916), p. 176: dans le
Quartier du Stade, un exemplaire couvert de peintures liturgiques, .le couronnement supporte Ulle sorte de plate-
forme, stuquée sur [a face supérieure, en arrière de [a I,(lrtie stuquée s'élev(lit une petite vOllLe en berceau également
déeorée, il l'intérieur, de lleintureso. Les (lute[s en massifs de moellons stuqués retrouvés il Dé[os d(lLent du début du
1" siècle av. J .-C., mais le type est certainement ancien.
(8) Li~te donnée P(lr Roi. ÉTIf:NNE -J.-P. BIIAUN, Ténos 1 (19S6), p. 171-172: autel de Zeus Polieus (GD 23 El,
autel anonyme du Prytllnée (GD 23 B), autel anciennement dit d'A pollon Génétor (GD 68), autel du Dodékathéon (GD
51 A ou B), 8utel de POIIéidon Nauklarios, au Sud de [a Salle hypostyle, autel de Dionysos. pfils du Théatre, autel B du
Dioskourion. Ajouter l'autel de l'Artémision: Roi. f:Tlf:NNIi - Ph. FRAISSE, Bef{ 113 (1989), p. 451-460.
- 75-

Quel esl l'inlérêl des informalions données par l'épigraphie?


Avanl loul ellcs permellenl de se faire une idée, si sommaire soil-elle, de cel taulel de
comeu, qui lienl une place cenlrale dans les légendes déliennes. L'expression Keraiinos Bomos
ne se lil qu'une seule fois, en 290, 1. 223; par ailleurs, il partir de l'Indépendance il est abon~
damment question du Kératôn, qui devait abriler cet autel: l'examen des lextes mont.re que le
Kératôn était une st.ruet.ure légère essent.iellemenl en boÎs et t.uiles, qu'un vernissage régulier
avec de la poix devait. protéger. Cert.ains l'ident.ifient. avec l'édifice GD 42 (qui l'aurait englobé),
d'aut.res, plus nombreux, avec le Monument il abside, GD 39 11 •
Les inscriptions nous signalent. aussi quelques autels non retrouvés ou non situés avec
précision: celui du Létoon, celui de l'Art.émision dans l'Ile, ceux du Thesmophorion. Alors
qu'un invent.aire parle d'un _aut.el en bois., évidemment. votif, le text.e 372, A, 1. 112, men-
tionne un t.ransport de marbres pour l'autel de Niké, qui devait. être fail, comme tanl d'aut.res,
de quatre plaques de marbre posées de chant.. Il semble qu'il y ait eu deux autels de Dionysos
et. non un comme on l'a longlemps pensé: un premier aulel près du sanctuaire de Léto,
impliqué par le réglement. de voirie de 202 av. J.-C., et. en const.ruction dès 281; un aut.re, il
anles, près du théâtre, en construction à la date de 179 av. J.-C. (442, B, 1. 231_232)10.

L'entretien des autels.


Les comptes parlent d'abord de l'enlrelien et du décor des autels lors des fêtes. Certains
autels portent en permanence des oHrandes (1434, l, 1. 20sq., dans le sanet.uaire d'Anoubis); en
out.re, il faut périodiquement. acheter du bois et du charbon pour braler les victimes, ainsi que
du feuillage pour les couronnes et les guirlandes (essentiellement du laurier et de la myrrhe)
servant à la fdécoration., l(60"f.lor:; (1522)tt. Il arrive que l'on refasse la base d'un autel (287, A,
1. 60). Mais surtout, on veille à ce que la surface du marbre, qui normalement ne supporte pas le
feu et. se dégrade, soit. recouverte d'un enduit ou d'un badigeon. Trois expressions sont alors
employées:
- l'autel est l'objet. d'une koniasîs, c'est-à-dire qu'on l'enduit de chaux ou de stuc. L'opé-
ration pouvait concerner l'autel tout entier, comme c'était probablement le cas pour celui de
l'Artémision dans l'Ile: en 290, 1. 150 (246 av. J.-C.), eUe cst payée 40 drachmes, c'est-à-dire
une somme relativement élevée, versée en deux fois 12. Ailleurs (161, A,1. 95), c'est seulement la
thymélé, c'est-à-dire le foyer ou la table de cet autel qui est. enduite, pour 1 drachme.
- le plus souvent, il est. question d'une &.ÀoLlf~' Lorsque cet enduit est appliqué sur de la
pierre il devait. être il base de terre ou encore de chaux, cette sorte de crépissage était éven-
t.uellement suivie d'un slucage ou d'une couche de lait de chaux en guise de finition (comme
dans 161, A, 1. 103, pour 16 drachmes). Les aulels pouvaient alors être enlièremenl crépis ou
fcrépis il fond., É~ŒÀdlfw, à moins qu'avant loulleur pourtour soit ainsi recouvert (1't"lE:pLŒÀdlfw,
dans 440, A, 1. 39). Une inscript.ion d'Éleusis est encore plus explicite: pour un autel se suc-
cèdent les verbes 7tIE:PLŒÀIE:Lo/ŒL xŒl XOVL&o"ŒL l(Œt ÀIE:UXWO"ŒL (lG II,2 2 , 1672, 1. 140), qui montrent
qu'onl été appliquées lrois couches de plus en plus fines, crépi, stuc, el lait de chaux.
~ la XPLo"~/; désigne une opérat.ion semblable il 1'&.ÀOLlf~, pour les aulels du Thesmophorion.

(9) Pour ceU..e question toujours controversee, on lira les analyses de BRUNEAU. Cultes, p. 19sq., en y ajoutant
l'article de Il. GAI.LET DE SANTERRE, t Keraton, Pythion et Nèorion il Délos., Rayannemenl grec. Mé/anges Ch. De/vagt
(1982), p. 201-226 (avec la grosse bibliographie antérieure).
(10) Démonstration par RoI. E:TlENNE, tAutels IL Délos: deux points de topographie., Archifec/ure e/ poi,ie.
Hammage à G. Rou:e (1989). surtout p. 47-50.
(Il) Voir IL ce sujet notre rubrique ",bafll>l;, infra.
(12) La pratique qui consiste à badigeonner de stuc un autel en briques ou en moellons est également atl.estée il
Magnesie, ln,. Magntsia, nO 100, 1. 89-90, et dans un papyrus du Fayoum: voir IL ce propos le développement de
L. ROBERT, dans Essay, in Honor of C. Bradford Wel/e, (1966), p. 187 sq.
- 76-
Dans tous les cas il s'agit de préserver le marbre, sensible li la chaleur. On a remarqué 13
que la table des autels pariens, el parfois les parois internes d'autels li antes, !\Onl plus ou moins
grossièrement recreusées à la pointe, ce qui pourrait effectivement se comprendre comme un
lravail destiné li accrocher l'enduit proteeteur l4 . Et lorsque l'autel est en moellons ou en
maçonnerie, ou si c'est une simple base, il esl encore plus nécessaire de le crépir entièrement, en
insist.'lnt sur le pourtour. Enfin, il n'est pas interdit de penser que le • nivellement de l'autel.
dont il est question en 154, A, 1. 20, se rapporte li une sorte de lissage de l'enduit sur la table.
En principe, le refouillement remarqué sur certains couronnements d'autel était jusqu'à pré-
sent mis en liaison avec des plaques mélalliques amovibles, qui devaient supporter le feu: e'esl
ce que supposent, par exemple, A. Bammer pour le grand autel d'f:phèse, et RoI. f:tienne pour
celui de Tinos 15 • Les inscriptions de Délos n'imposent-elles pas, désormais, de penser de pré-
férence à un enduit, régulièrement renouvelé, sur celte surface?

La Jamîlle d·é~&.pa..

En dehors des bomoi sont attestés plusieurs !axlXpWVtr; : celui du Dioskourion, celui de
l'Archégésion, un autre pour lequel travaille Olympos, dans le compte 144, celui des comptes
287, 409, 440, et deux autres cités dans des inventaires, La valeur locative du surfixe -wv ne
laisse pas de doute quant au sens du mot; c'est l'endroit ou se lrouve une ÈO"Xa.PIl, mot déjà
connu en mycénien et qui se rapporte à un doyen, d'après la définition d'Hésychius : ÈOX&.pll . TO
l'tÛp Xilt ,) T67tor; IlÙTOÙ, .Ie feu ct son emplacemenl», ou encore 13w[J.oc; ta6'1t"tooc;, oùx ex ),,({lou
ù~o6[J.tVQc;, .un aulel au ras du sol, sans pierres superposées •. Seull'escharon de l'Archégésion a
pu être exactement localisé el défini, grâce aux travaux de F, Robertie. Da·ns la cour dallée qui
représente le sanctuaire proprement dit, _une rangée de pierres dessine de façon très grossière
un cercle incomplel, à l'intérieur duquel on a trouvé une épaisse couche de cendres. (pl. 10); m.
la surface correspond à peu près à celle donnée dans le compte 156, A, 1. 23 : 10 orgyes, soit
environ 40 m 2. Il est manifeste que le _mun qui délimite l'escharon a été refail plusieurs fois 17,
Celui du Dioskourion était pourvu d'un toit, d'après la mention de XIXÀIX[J.tOtl; ou .claies de
roseaux., mais nous ne connaissons pas la localisation de l'escharon cite à la 1. 96 du même
compte: est-ce encore celui du Dioskourion 18? Et est-il identique à celui de 409, A, 1. 12, qui
avait des portes, ou celui de 440, A, 1. 82, proche d'un oikos Ill? Quant à l'escharon _hors du
dromos~ du Sarapieion C, et ou un _vase de métal esl encastré t, pourquoi n'aurait-il pas aussi
contenu un rhyton, comme celui (ptwv) mentionné dans l'Oikos des Andriens? Toutes ces
questions demeurent sans réponse.

(13) G. GRU8F.N,' Naxos und Paros 1t, AA 1982, p. 186 et R. 41, où l'auteur évoque également un bloc mouluré
de Thasos qu'il attribue il une lable d'aulel en raison du même refouillement. La thèse a étè reprise el développée par
t\. OHNESOIlG, dans les acles du colloque l/~.pac~ .acrificiû dans l'An/iquift, Lyon, 1988 (1991).
(14) C'est aussi l'avis de G. Roux, .Thymélh, Bull. liaison &cim des Amis Biblio. Sa/ornon Rûnach 1) (1988),
p.66.
(la) ÉTIENNE-BRAUN, Hnos l, p. 115-116.
(16) F. ROBERT, ThymtliJ (1939), p. 189-100. Toutefois, nous ne le suivrons pas lorsqu'il écrit qu'. un escharon est
une grande elSchara, le mot eschara conservant dans cette définilion son sens de foyero: cM/ra, G. Roux, BCN 103
(1979), p. 115 et Tl. 25 (remarques sur la valeur du suffixe -';'v).
(17) Seule tentative de mise de point sur ce sanctuaire non encore publié: BIlUNIlAU, Cul/er, p. 424-425.
(18) Pour G. Roux, BCII 105 (J98I), p. 52-53, le temple A du Dioskourion pourrait être l'escharon, il serait alors
il la fois .....6ç et !<TJ.l1pwv: d'aprés le compte 144, A, 1. 59-00, le Dioskourion contenait en oulre des tables et des supports
de table, et serait donc aussi hestiatoriOll.
(19) VALLOIS, Archileclure l, p. 89-91, plaçait cet oikos dans le Sanctuaire égYlltien et le confondait avec le
Temille C. COll/ra, Ph. BRUNF.AU, BCIl 104 (1980), p. 168sq., qui voit dans C. sous l'Indépendance, un Temple d'Isis.
-77-
Nous serons un peu plus heureux avec les escharai ou escharia dont parlent les inventaires,
dès le IVe siècle. Il faut y voir des .brasiers_ ou rèchauds portatifs en métal, de tailles diverses,
et pourvus d'une base ou de pieds. La Chalcothèque de Délos en renferme plusieurs exem-
plaires, comme celle d'Athènes: t.:rxclpon XOlÀXOlL Èo:p'(W'l 1tÜp x}xh:w, .des brasiers en bronze sur
lesquels brOie le feuI, lit-on en lG IJI, 120, L 46. Certains sont mentionnés avec un bthtupov,
c'est-il-dire, ici, le .foyen proprement dit, le gril sur lequel court le feu 20, d'où, également,
l'emploi de l'épithète nUPXOltOÇ, pour bien marquer que la fonction de l'objet est de brûler une
offrande. Le mot a le plus souvent un sens concret, instrumental, contrairement il. È<rT!Cl, un
autre terme qui signifie également .foyen mais qui est rare en épigraphie 21 . L'eschara peut
servir au culte et est alors assimilée il un autel; le 1tÜp EV TW~ nvfHwt (199, A, 1. L 42), où brûlait
un feu perpétuel, était sans doute un réchaud de cette catégorie. Mais rien n'empêche de
n'utiliser le réchaud qu'à des fins culinaires, ou encore pour le chauffage et l'éclairage.
Toutefois, le sens de • brasien ne convient pas pour 203, A, 1. 33, et B, 1. 97: en raison de
la forme de l'eschara, le mot a pu s'appliquer cette fois à un appareil, une sorte de chariot ou
traineau, qui a servi au transport de pierres".
La fonction utilitaire est en tout cas celle qui semble primordiale pour deux autres mots de
la même famille: les E<rXOlp(ç et tOXOlp(8mv (et probablement aussi ÈOXclPLov, diminutif déjà cité
d'tOXclplX), qui sont la plupart du temps de simples .réchauds. ou .fourneaux_. On a retrouvé il.
Délos de nombreux fragments de ces ustensiles en terre cuite U , Beaucoup sont relativement
modestes, qu'il s'agisse du banal brasero (bas) ou du réchaud à sole (typiquement dé lien), mais
le réchaud il. pied élevé peut atteindre une très grande taille et présenter un décor exubérant,
comme celui mis au jour dans le Quartier du Théâtre, et souvent reproduit:M, Sur ces pièces,
qui portent sur la base évasée un foyer cylindrique, le pourtour est couronné par trois appen~
dices quadrangulaires, avec des saillies intérieures qui supportent le chaudron ou le plat, Mais
un passage de Pollux (X, 99-101) montre que ce que nous appelons aujourd'hui néchaud_
pouvait porter en grec plusieurs dénominations: TaV Ot XOlÀOUltCvov XUTp67tooor. ÈaTt Ith xOll M<rOl'lor.
XEXÀ'I}ltÉ:."o'l EÙPEL"', .. où 1t~'I ,);ÀÀ.); xell ~Clu."à." li." t!7to~ç Tà." XVTp67toÔlX, XClt 7tOU xoJ Ô:'I0PclXLOV TOÜTO XOlt
tOX&:PLO."... xcz! 7tOU XlXt ÈOXlltp(ÔlX.

(20) Le plus bel exemplaire de ce type d'escha ra est conservé li Lyon: S, BOUCHF-II ~.a., Bronu, fJnljqu~, Il
(1980), p. 43, nO 262. Daté du début de l'Empire, l'objet est presque carré et orné de mascarons, avec quatre pieds de
fauve, Pour d'autres exemples, éventuellement en lerre cuite, très simples, voir DA GR, S.o, rocu/u,.
(21) Pour une analyse comparèe de l'emploi de ces deux mots en grec, voir M. CA8EVITZ, .Sur quelques désigna-
tions d'autels., Bull. liai,on Sociiti d~, Amis Bib/io. Salomon R~inach 6 (1988), p. 57-63. L'auteur relève que le .pain
cuit aur le gril est l'lox",pl'Ol' et 1'l<Tz."'po~ doit être un poisson lIOit cuit au gril IIOÎt en forme de gril., Pour !a"l'l""
L. ROBERT, RPhi/34 (1958), p. 32-33, note que c'est d'abord l'au leI du foyer, celui des prytanées, mais qu'il Ire produit
maintes confusions entre foyer et autel, !a"l'!co et ~", ...6" si bien que le terme n'est pas toujours en rapport avec le culte
du foyer. Rappelons que le mot !<r,.!co n'allparalt il Dèlos que pour signifier la divinité.
(22) J'adopte ici l'interprètatioll d'ORI.ANDOS, lHaUriaux de cons/ruc/ion II, p. 21, contre celle de J. Trèheux, qui
pensait que l'on lIvait répare ou consolidé avec du bois (~,,),.6"') une eschara de type traditionnel, en bronze: 8eH 76
(1952), p. 566. Ce n'est pas le lreul endroit où l'image du gril - !o:ry:&pOl évoque autre chose qu'un brasier, soit une
.plate-rorme.: Philon, B~l., 9'2, 13, mentionne une !o:ry:&pOl qui est la base d'un appareil de poliorcétique. et Vitruve
emploie aussi ~,chara sur le mode métaphorique, comme synonyme de basi,: cf. L. CAI.LEDAT et P. FLEURY. commen-
laire au l:k Architeclura X (CUF', 1986), p. 236-237, 254. Voir également l'eschori, signalé{) dans IG Il", 1673,1. 63, que
G. RAEP!lAET, dans AC 53 (1984), p. 112, interpréte avec raison comme ulle <sorte de plancher-support pour objet
lourd., dans le cadre d'un transport de Ilierres.
(23) Je remercie O. Didelot qui m'a familiarisée avec les réchauds, grâce il l'enquète qu'elle a longuement menée
sur ce matériel dans toute la Médilemlnée. En attendant la publication de sa thése, r Ilecherches sur les rechauds
hellénislillues de Dêlos. (Strasbourg Il, 1990), on consultera F. MAYENCE, • Fouilles de Délos. Les réchuuds en terre
cuite>, Bell Z9 (19(5), p. 373-404 (avec les divers noms des réchauds dans l'Antiquité), et G. SrEIlERT, F:AD 27,
l'. 267-276.
(24) GD, p. 249 flg. 94.
-78-
Certains textes révèlent que la même ambiguïté et diversité régnait pour désigner le
.. brûle-parfum •. En principe, le f3wI-l-6o:;, l'ÈOXliplX comme nOXlXp(o:; devaient être distincts de
l'.encensoin ou du «brûle-parfum., destiné li une fumigation prolongée, et qui peut être un
objet métallique de grande taille terminé par une sorte de phiale ajourée u. Le terme le plus
courant pour« brûle-parfum. est OUl-l-tlX-rilptOV, et des inscriptions d'Asie Mineure distinguent bien
le f3wp.6ç et son ou ses lhymialeria, des accessoires qui peuvent être fixés dans une cavité en
entonnoir creusée sur l'autel; de même, sur l'autel de l'Anoubieion de Délos se trouve parmi
diverses offrandes en métal une Àt/kvw-r(o:;, autre terme pour le .. brûle-parfum. (1442, A, 1. 46-
48)2e. Mais les choses ne sont pas toujours aussi simples: lorsqu'il est en pierre ou en terre
cuite, le brûle-parfum a souvent l'allure d'un autel miniature l1 , comme ces autels à cornes
trouvés au Sarapieion B et qui correspondent peut-être aux 6u6tvn:o:; f3wl-l-0! évoqués dans la
Chronique du Sarapieion. Formé sur la racine de Oûw, «brûlen, trépandre de la fumée ou un
parfum., et finalement .faire une offrande par combustion. 28 , le thymiaterion a bien pour
première fonction d'être un autel portatif. Et de même qu'un tautel., ~wp.6o:;, qui sert normale-
ment pour un sacrifice, peut aussi être utilisé pour y consumer de J'encens, certains textes
montrent que l'escharis pouvait elle aussi servir au culte et à la crémation de parfums: selon
Plutarque (Cross., XVI, 553), Atéius «plaça un réchaud (escharis ) embrasé à la porte, et lorsque
Crassus arriva, il fit des fumigations et des libations sur le réchaud en prononçant des impréca-
tions.. Bien qu'il faille à coup sûr faire une distinction préliminaire entre autel, réchaud et
brûle-parfum, on imagine facilement que des confusions étaient possibles, et les inscriptions
déliennes prouvent qu'il ne faut pas chercher à voir là des catégories nellement distinguées.
Tandis que le Temple d'Anou bis possédait une eschara à palles de lion et epipyron, le Létoon
conservait un fhymialerion pour procession, !(xov bd'l't'u]pov ;(IXÀXOÜV (1417, A 1,1. 105), le Temple
d'Apollon un autre lhymialerion dontl'epipyron élait tombé (1429, B l, 1. 78), cependant que
dans le LéLoon est encore signalé un «epipyron en fer sur l'autel, avec un montant en bronze.
(1417, A 1,1. 113-114). Le terme semble tout à fait synonyme d'empyron et de peripyron,
employés pour le foyer du brûle-parfum en argent offert par la barbare Boulomaga, un superbe
objet qui est dit tantôt ÈOXlXp(o:;, tantôt OUP.~IX-rilP~OVU.

La Oup.D.7).

Reste la 6ul-l-t:Àl], toujours de la même famille que Oûw. Son interpréLation n'est pas évi-
dente, si l'on songe que pour parler du monument rond d'Épidaure, les comptes de construc-
tion du sanctuaire, au IVe siècle, emploient le lerme thymélé et non Tholos, retenu par la
postérité à la suile de Pausanias (Il, 27, 3), et que Pralinas désigne par Lhymélé l'orchestra
circulaire du théâtre, vouée à Dionysos (apud Athénée, XIV, 617c). F. Robert a tenté de

(Z» Il est rep~senté sur des vases en relief: cf. DAGR , I.V. luribu/um. En lait ce genre d'objet ne servait pas
seulement li 10 fumigation de l'encens, mais éventuellement pour celle du soufre ou de la poix, comme il est dit dans
Clt. VI, 323'23 (jeux séculaires de 17 av. J.-C.).
(26) Inscriptions d'Asie Mineure relevées par J. et L. ROBERT, t.a Cari#! Il, p. 362-363, nO 182 (où l'on lrouve
aussi ).~~w"pk pour le .brOle-parfum.). Le mol ).ll3ill~W"'k et son diminutif reviennent assez souvent, isolés, dans les
inventaires détiens, sans association direele il l'antel. En revanche, l'autel du Forum d'A!I!!ise !lervait bien d~ base il une
batterie de fhymialeria portables: P. GROS - D. TIIEODORESCU, MEFRA 99 (1987), p. 694-710, surtout hg. 6.
(27) D'intél'essantIJ élementIJ d'analyse sont apportés par W. DI!ONNA,' Mobilier délient, BClf 58 (1934), p. 381·
447, et F. QUEYR"I., • PelitIJ autels et culle royal, !>Ctits autels et brûle-parfurnu, Bull. liail!>n Socitft dei Amis Biblio.
Sa/ornon Reinuch 6(1988), p. 13-Z>. Aulres menlions d'autels Il encens en pierre dans L. et J. ROBI!RT, Cluros 1 (1989),
p. 41. Voir aU!I!!i M.-J. CHAVANE, Su/amine de Chypre VI. us (M/ifs objets (1975), nO s 375-3ro.
(28) D'apres CHANTRAINE, Dictionnaire éfymologique.
(29) Références données par J. TRl'lIIEUX, RA 1951,2, p. 5: on trouve &u~Ir;trijp'Q~ dans 203, B, 1. 44; 287, B.
1. :>1-52; 442, 8, l. 30, et 1429, B 1, 1. 78-81.
- 79-

montrer que cette dénomination devait reposer sur le sens primitif du mot thymélé, que les
textes littéraires, il vrai dire surtout poétiques, permettent d'établir: • foyen ou table d'un
autel, où sont brùlées les offrandes. Dans son sens propre, la Ou(liÀT) est en effet assimilable il
une partie de l'autel, l'èax«pa: ~w[J.oü, interprétation confirmée par Hésychius : 6u[J.ÉÀll . TO bd~
7tI.lpO'l, È~'w~ ÈmOûouotv, ~ lÔllipoç itp6'1, d'où, parfois, l'autellui-mème, ainsi que l'écrit par ailleurs
Photius: 6UfLl:ÀT) . 't"Ov I3w[J.6v 30 . L'épigraphie vient confirmer cette traduction. Un règlement de
l'Asclépieion de Pergame demande de déposer des galet.tes bd lÇw OU[J.l:ÀT)'1, .sur l'autel exté-
rieun 3t, et surtout. deux attestations déliennes sont. claires: en 161, A, 1. 95, et. 219, A, 1. 27, un
paiement est accordé pour le crépissage de la thymélé d'un autel, c'est.-a-dire sa partie supé-
rieure, celle qui est recreusée pour recevoir l'enduit protecteur. Quant au 1t"llp&.ÔtLYfJ.Il de la
thymélé du Kynthion, c'Hait sans doute une maquette du monument dans son entier, plutôt
que le modèle du seul foyer de l'autel 32 .
Mais la thymélé enregistrée dans des inventaires athéniens très lacunaires (104-16, 1. 8;
104-17, 1. 3-4) ne me paraît pas devoir il coup sùr être le foyer d'un lhymialerion, comme le
propose l'éditeur: pour cette partie du brùle-parfum, n'attendrait-on pas epipyrorl plutôt que
thymélé? Certes, les deux mols sont synonymes, mais les textes déliens postérieurs préfèrent
manifestement epipyron. Les lacunes des inventaires ne nous permettent pas de choisir entre
les deux interprétations possibles: ou bien cett.e thymélé d'époque athénienne est un brasier
cultuel, comme le suggère un passage d'Euripide, El., 713-715, où l'on décrit des .thymélés
ciselées dans l'or qui s'envolaient. pour porter le feu sur les autels, il la manière de ces encen-
soirs balancés dans l'air lors des processions, ou bien ce pourrait être le foyer intérieur d'un
temple, mobile, comme la thymélé d'Hestia il l'intérieur du Temple d'Apollon il Delphes 33 .

alvéole: 504, A, J. 7 : en 279 av. J.-C., dans un devis, wç t[!PYMTa.]i Tà. TpTjfLllTIl TWV YMTPW'I.
Le texte traite de l'établissement du plafond du Temple d'Apollon, dont il a déjà été
question dans le compte 181. La même expression, cette fois sous la forme YIlOTTjp, se rencontre
dans les comptes de l'Érechtheion, toujours pour le plafond l, et ne peut s'appliquer, dans les
deux cas, qu'aux .creux. ou .alvéoles_ des caissons 2 •
Connus depuis Homère, les deux termes, YIlO"'"t"Tjp, • ventre., et. son dérivé Y«!TTpll, • vase.,
sont facilement employés en grec comme métaphores, pour toute concavité'. Les comptes de
Didymes fournissent l'occasion d'une interprétation architecturale différente de celle de Délos
ou d'Athènes: cette fois il est fait allusion au kalalhos sculpté des chapiteaux d'ante du
Dodékastylos, leur trenflement. rappelle effectivement une forme arrondie·.

(30) F. ROBBRT, Thymé/è, p. 259sq., d'aprèti A. S. F. Gow, .The melinjngof the word Thymelel, JIIS32(1912),
p. 213sq. En dernier lieu, voir F. SElLER, Die griechische Th%s (1986), p. 86, et surtout l'article de G. Roux cité
supra, note 14.
(31) Ch. lü.BrçIlT, lmchri(len de, A,clepiûon" nO 161, 1. ')..10.
(3'2) Voir notre rubrique "",pa.3t:'"l"!'4, infra.
(33) Mentionnée dans l'hymne d'Aristonoos de Corinthe: FD 111,2, nO 192.
(1) IG 1",474, 11,1. 253 = STEVENS-PATON, The iErechfheum, p. 321.
(2) Aintii que l'avait compris A. Cllorsy, Bell 29 (19(5), p. 464, lors de la Ilremière llublication de l'inscription
délienne : cles cavités des alvéoles •. En reprenant son analyse, Holland et Davis traduisent. the hale!! of the belliesl, et
précisent.The tbellies. must ob'liously be the ventral surfaces or soffll.s of the klimakideu (AJA 38 [1934], p. 75).
(3) Nombreux exemples dans LSJ.
(4) Didymo Il, nO 39,1. 4 (les .concavitéu app,Htienllent aux 'pierres angulaireu citéeti 1. 3); voir W. VOlG~
TLÂNDHfI, Der jrJ.ngs/e Apol/oll/empelllQll J)idymo, II/Mill Beihe(l14 (1975). p. 95 : t die au' den Antenblôcken sibenden
bauchrôrmigen Steine •.
-80-

YElOO,", (-od: corniche, larmier: 104-24, 1. 18, 21, 25, 35 (au pl.) : au milieu du IVe siècle av.
J.-C., dans un compte athénien pour un Temple; 144, A, 1. 58, 62: en 304 (?) av. J.-C., YE~alX
pour le Dioskourion, en bois, J. 77,80: pour le Thesmophorion, J. 108: pour un édifice indéter-
miné; 290, 1. 125 : en 246 av. J .-C., dans une maison, réparer Tà. YE:~c"1X Tà. 7t"e:a6VTIX, 1. 169 : À(601)
Àe:I)XOÙ yâO"IX 7I:Ot~o"a.L pour le Temple de Déméter, 1. 219 : pour le péristyle de l'Asclépieion; 400,
J. 40 : en 192 av. J .-C., dans un compte de matériaux, ydtni; 403, 1. 10 : ydO'w\I TW.. . hl Tà.Ç O"Toa.ç,
1.44 : ydGYJ (en pierre, pour la Salle hypostyle); 406, A, 1. 24 yâC"1X du Kératôn; 500, A,
1. 21-23, 27~29, 39 : en 297 av. J.-C., en pierre, dans le devis pour le Temple d'Asclépios.
à.1foYElO'Ow: meUre ou remettre en place la corniche: 104-5, A, 1. Il : au IVe siècle av. J.-C., dans
un contexte lacunaire; 204, 1. 69 : en 268 av. J .-C., TO\l olxo\l TO\l i7l:' 'OPTUY(IXL XlXt Œ.7I:OYELc"w(aIXVTt.
à.1foy1wwaL'i : (re)mise en place de la corniche: 366, A, 1. 7 : vers 207 av. J.-C., au cours de ia
restauration du péribole du Poulydamas, ~ç boye:[t}aWO'EWÇ.
YEwnl1fOu'i : support de la corniche: 104-24, 1. 18-19 : dans le compte athénien traitant d'un
Temple, bd TOi) ye:t<rij7l:]oôoç i . . TWt TOLXWL.
Dans toute l'Antiquité grecque et gréco-romaine, la corniche est désignée par le mot
yt:~ao\lt,
qu'aujourd'hui les archéologues el architectes se dispensent souvent de traduire. Ce
couronnement en saillie d'un édifice est situé au-dessus de l'entablement (104-24, 1. 25-26 :
he:p[oç TW.. . ydO"w.. . TW)v &\lW hl TOÙ ~wÏToü, tun second parmi les blocs de corniche, là-haut,
au-dessus de la frise ..), et sous la couverture proprement dite; il est destiné à protéger les parois
du ruissellement des eaux - d'où le nom de tlarmien qu'on lui donne parfois, ulle partie du
soffite pouvant être taillée en coupe-larmes. Il est normal que le mot revienne souvent dans les
inscriptions déliennes 2 , et qu'il y soit question de tposen ou de .remettre la corniche .., &'7I:0YEL-
0'6w; Délos connait même un hapax, &'7I:oyt:tawO"tç, dans un contexte de réparation 3 : la corniche
de ce mur de péribole était très probablement faite de terres cuites en surplomb, comme celles
citées dans l'inscription des Murs d'Athènes •. En effet, dans les grands édifices publics, la
corniche est normalement en pierre, mais on connaît aussi des éléments en bois, évidemment
bien vernis et surmontés de tuiles: c'est le deuxième type de geison, le plus simple.
Le devis délien 5(X) montre que le terme peut être employé au singulier collecW6; il
distingue les tcorniches arrières t, Tà. [ôt 67tLo-Ot:\I YE~o"lX (1. 23, restitué avec beaucoup de vraisem-
blance), et fla corniche d'avant., TO] ËV1tpoa6t:\I y&~o"o\l (1. 29), des pièces fcourantes., &:YEÀIX~a.

(1) On trouve le doublet y~îao~ dans <100, 1. <10, <103, 1. <1<1, et en Asie Mineure: cf. ORLANDOS-TRAVLOS. ùzikofl,
S.V. Aprés avoir signalé que l'étymologie est inconnue, CIIANTRA1NE, Diclionnaire ~Iymologique. rllpTJ(llle que le mot
subsiste en grec moderne au sens de .comichu, tauvenlf.
(2) Ou ailleurs: dans les comptes de n~:rechtheion; dllns IG "', 1668. 1. 39 (Arsenal du Pi.-(!e); ou MAMA VIII,
498,1. 20: X<l.l ~",q>6po,,~ xCil yd"'1 TOt.; xdoow b-..("I"l6c,,,M.J "iia,v, .avoir posé les blocs de frise et de corniche sur toules
les colonnes f.
(3) Formé sur yda....,..~, qui est ainsi expliqué par Hésychius:"I"o..-'ii~aTlr<l~ U,;éx.ov.• Ia partie du toit qui cat en
saillief.
(4) IG 11',463, l. 71 : &1<oy,,,,W[on, l"J "l"OÙ ~"'lkv )'t'Iao</; xop."elo</;, .il posera III corniche en plaques corinthiennes,
il partir de l'extkrieurt.
(5) Cf. EBERT, Fachausdrûcke, p. 32: .\Vie op60aN."l~, b-",,.,j).wv, "l"ply)."1"'~, ist y~iaov sowohl das gan>:e Bauglied
aIs aeine eil17.ell1en Blôcke •.
-81-

(1. 24-25), qui se trouvent sur les longs murs, et des blocs .d'anglet, 'l'W[\ltll'LIX (1. 23-24, 'l't'LaIX
étant toujours sous-entendu), pour finir par les HampantSt (x.IXTIXn{wv, l. 39) du fronton. Dans
tous les cas, il convient de veiller à la. pente., XIXTIX't!Op6: 8, et des pénalités sont prévues pour les
corniches livrées mutilées (104-24).
Parmi les mots dérivés, on connaît yt~(riFt"ou~ ou ytto""1't"68La(Lll, littéralement .Ie pied de la
corniche t 7, le verbe correspondant étant 'l'tL<f7l'ro8lCw, li; poser le support de la corniche t. Le
premier terme est restitué avec une bonne vraisemblance à Délos, dans une inscription
d'époque athénienne, ou il paraît bien, d'après le conlexte, désigner plus précisément les fden-
ticulest 8 (le singulier ayant ici une valeur collective), qui se trouvent effectivement en position
de porter la corniche (pl. IV, 13). En revanche, dans l'inscription des Murs d'Athènes (IG 112,
463, 1. (1), il vaut mieux en rester à l'idée globale de support ell surplomb, .the projecting
under-structure which carries the geisont~..

Y€v€10V, TÔ

Y€v€\OV: penture (?) ou pince (1) : 165, 1. Il cl 28 : en 276 av. J.-C., 'l'i\ltLIX, sur les porles du
Porinos naos et du Temple d'Apollon.
I(Qpl('YO~ : au pl., pinces: 165, 1. t 1 et 28.
C'est le seul emploi architectural connu du terme yivELo\l, la .màchoiret. Il convient d'ex-
clure l'interprétation suggérée par ORLANDOS-TRAVLOS, Lexikon, s.v., .peut-ètre frise ou
console (de porle)~. Le contexte (fournitures de diverses pièces métalliques pour des portes)
montre sans doute possible qu'il faut y voir soit un élément en rapport avec les gonds, des
sortes de pentures (. elles enserraient le vantail enlre leur branche externe el leur branche
interne, comme des • mentonnières t ou comme des • mâchoires t, ainsi que le propose R. V31-
lois l ), soit un outil, comme les XIXpX{VOL en forme de pinces de crabe cités dans la même ligneZ.

poni : 203, A, 1. 46 : en 269 av. J.-C., t"où~ Totlou~ 1t"lXpoLxo8o(L~GIXVTt ht Tij~ 'l'tlPuplX~ Tij~ bd -roi)
'H plXxÀdou.

(6) Pour ce mo~ e~ ceux qui précèdent, voir nos rubriques correspondantes.
(7) Comme l'expliquen~ la &Juda: ff, ~q"v rii~ 3"""ü, ~',,~ m Y~'(f()V ia~', y"a[:rt""~ ,,<lÙ;:~.'" .10 partie en saillie de
10 poutre, sur loquelle se trouve la corniche, est appelée 'pied de la corniche' f, et Photius, u:rik(ln : y"a(:rt<l1X; >«lI
y.:o.a",6.B<a~' ff, ~,j)."v "G~",~ llly.:w ff, .m"~),'llltv "Ill 'l'l:p<>v rl)v ydallv.• on appelle ainsi 10 pièce en bois qui est placée sous
la corniche et qui la porte>.
(8) C'es~ l'interprÇta~ion proposée Illlr VA'.I.OlS, Archileelure l, p. <116-<117, n. 3, e~ reprise dans GUVOUVilll-M"'R-
TIN, Dicfionnaire m~lhrxliqut: JI, Il. 120-121, n. 534, e~ 1).123.
('l) L. B. IhH.r .... NIl .• The K;,t"slpl(";,srn" of the \V"lls of ,\then~ •. A.III rrl (1\)'"...>0). l'. 337-338.
(1) Arehifec/ure 11,2, p. <155.
(2) Sur l'emploi des >«lpx[",,,, vair ÛRLANI)OS, Ma/liriaux de cons/rue/ion 11, p. 'M, avec d'autres références épi-
graphiques ou littèrllires. Rappelons qu'ou singulier, le mo~ s'applique ù un compas: ÛRL... NOOS, o. c., p. 65.
- 82-
Scion R. Vallois, qui identifiaitl'Hérakleion de l'Indépendance avec le Samothrakeion de
l'époque athénienne, c'est-il-dire GD 93, le pont délien, non conservé, devait être situé tdans la
région du Samothrakeion, soit sur le canal, soit plutôt sur l'Inopos, au Sud du réservoir infé-
rieurtl, mais Ph, Bruneau a montré qu'en réalité tl'emplacement de l'Hérakleion reste
inconnu.', Quoi qu'il en soit, au Ille siècle avant notre ère, on tborde. ce pont de murs,
c'est-à-dire que l'on y construit des parapets.
Ce sens de. ponl. pour yc<puPIX esl posl-homérique l, Le mol esl employé avec celte accept.ion dans les
inscript.ions de Delphes et. d'Oropost - ent.re aut.res, Jusqu'à l'époque chrétienne, il signifie nat.urelle~
menl aussi taqueduc.&,

lerre(matériau): 142,1. 63; 161, A, 1. 103,104: en 279 av. J.-C., après crépissage des autels
du Thesmophorion, xaù Yil~ !~!YXIX~"n XotL htUXWGIXV'H (...), y'ii htUX~, 1 dr,; 199, A, 1. lOS: dans la
pa lestre, XlXt Xpi:Got~ 't'o 7t"tp~GWÀw~ y'ii~; 297, A, 1. lB : -OCplll rlj~ y'ii~ rlj~ 7t"EcrOijcrrx~;
- terre, terrain, propriété : 89, 1. 15: au v e siècle av. J.-C., [rlj~ yij~ rlj~ tv 6.~hM rlj~ r}e.pa~
ttJ.lcrewcroc~ xrxt TOÙÇ X~1roÇ xrxt Taç o!xirxç, 1. 20 : ["t"'i'j~ y'ii~ "t"'i'j~ !~ 'Pl)~d]rx~ rlj~ ltpa~ !o"lJ.(crewo"ot~; 135,
1. 23 : en 313 av. J.-C. (?), revenus 1"11ç yijç 1"11ç 'E7t"~o"Ot\ldrxç, 1. 25 : 1"11ç y'iiç 1"11ç bd nOpOIJ.i:'n (et 138,
A, 1. 8) ; 142, 1. 4, 5 : location de terres; 156, H, 1. 10: location de rlj~ y[1j~] rlj~ 'E7t"~crebEuq~J;
158, A, 1. 7, 8, 10: location de diverses terres (de même: 161, A, 1. 6-14; 162, A, 1. 5-12).
Dans ses emplois concrets, le terme yij se lit dans les inscriptions déliennes avec deux
acceptions possibles: soit il s'agit du matériau, soit les hiéropes entendent par là les domaines
d'Apollon il Délos ou à Rhénée, qu'ils mettent en location,
Dans le premier cas, il peut èlre question d'un enduit. de terre fine, éventuellement. d'une légére
couche de st.uc 1 . Dans les autres cas, chaque yYj, suivie d'un nom de lieu ou de personne, represente un
ltpov TifW"Ol;, c'est-à-dire un domaine d'Apollon, On sait. que jusqu'en 432 av, J.-C. c'est la yTj de Délos et
la yTj de Rhénée qui sont offertes globalement en location (89) ; apres cette date esl intervenue une
division: les textes parlent désormais de (epa TI;f!éV"l'j, détaillés en yYj hl:! nop6f!Sn, yYj Cf! nupyo~, yYj h
Aet!J.S,lV~, yTj h EoMet, elc, La dirrérence avec le mot xwp!ov, egalement employé sous l'Indépendance pour
un .terraim, reside dans le fait que le XWpLov appartient en principe à un particulier. C'est peu il peu, et.
principalemenl sous la seconde domination athénienne, que les domaines d'Apollon pourront à l'occasion
ètre dits, eux aussi, xwpLOvl.

(1) VALLOIS, Archilufu~ l, p. 82.


(2) BRUNEAU, Culf~e, p. 400-401.
(3) ClIANTRAINE, DicliMnoire ~Iymologiqu~: chez Homère, n'est employé qu'au pl., au sens de • levées de terre
qui conticnnent un cours d'eall'. C'est ()Ourqlloi VAN WINDRJ(RNS, Diclionnaire ~Iymologique rompUmenJaire, envisage
ainsi J'extension semantiquc: .le passage par eaut serait devenu le .passage. tout court.
(4) G. ROUGEMONT, CID l, nO 10,1. 41; IG VII, 4'l55, l. 7: «TM TGU '""p.:.....TGç TGii rlj~ YC'i'vp"'ç, .depuis le dallage
du pont.,
(5) Ainsi dans Bull. ~p. 41,138 a (Phrygie). Voir allssi SEG 1983(86), nO 1051 : inscription commémorant, en 314
ap. J.-C., près de Cyzique, la construction d'une ré'i'up:r.; et li propos d'un texte du VI" siècle ap. J.-C. commémorant la
construction ou la rèfection d'un .()Ont., G. DAGRON-D. FRISSEL, /n8. de Cilicie (1987), p. 96-97, nO 51, rappellelll le
sellS lJ'O!lSible d'aqueduc, en renvoyant li celui de C. Sextilius Pollio, dit pons et yé'Pupe>: dans l'inscription bilingue
DESSAU, 1 Il (= Ine. Epheeo8, Reperlorium, lK VII, l, 3(92).
(1) Pour des dètails, voir notre rubrique «),0"1'1), supra.
(2) Voir notrc rubrique xjjno<;, infra.
-83- ylyAuJI-O$. yva+-:iov

articulation (d'une porte), paumelle: 142, 1. 49: en 308-306 DV. J.-C., yÀÛll-ouç (fausse ortho-
graphe pour y~yMf.louç); 165,1. 15 : en 276 av. J .-C., pour les porles du Temple <lUX sept statues,
et 1. 29, pour les portes contre-vent du Grand temple d'Apollon.
Parmi les différents termes qui peuvent s'appliquer au mécanisme d'ouverture d'une
porle, les inscripLions déliennes connaissent les ytYÀu(-lo~ qui, fixés sur le battant elle dormant,
permettent au vantail de pratiquer une rotation, suivant. la définition d'Hésychius : y!yyÀu!J.oc:;·
o OTpCopOfJ-EVOc; r61J.<floç bd 'fWV Oupwv. Ils sont en mélal - du moins ceux du Temple d'A pollon, car
les précisions manquent pour les autres - , alors que ceux du Temple d'Asclépios à Épidaure
sont en bois l, ce qui nécessite un renforcement par une bague. Il est toutefois possible qu'il y
ait une différence entre les Y(YÀu!J.o~ du Temple des Athéniens et ceux du Grand temple, car ces
derniers sont dits appartenir à des X,0tVtx(i)tc:;, c'est-à-dire des cylindres montés en un système de
charniéres: R. Vallois en conclut 2 que c'est une paire de x,0mx(8tÇ qui forme _une articulation
appelée ytyyÀu!J.oc:;., suivant un autre sens courant du mot 3 .

yAaplS : voir ~4w

atelier de foulon: 98, B, 1. 45; 104-11, A, 1. 28 (au IVe siècle av. J .-C., dans une liste de loca-
tions).
Le mot YVIX'flti:O'l est formé sur xv&:'fl0c:; ou YV&:'fl0C:;, le _chardon des cardeurs., avec le suffixe
-tlO'l fréquent pour les noms d'atelier. Artisanat indispensable dans toute ville antique, car ils
procédaient au nettoyage, à l'apprêt et au cardage des étoffes, les ateliers de foulon consti-
tuaient généralement une installation à part!, en raison de leur taille et des désagréments qu'ils
suscitaient pour le voisinage, mais ils pouvaient néanmoins, comme en Égypte 2, être attenants
à une maison d'habitation. Gros consommateurs d'eau, ils ne devaient pas être trop éloignés
d'une source ou d'un point d'eau quelconque 3. Ils nécessitent, au minimum, des bassins à eau
pour le lavage et des cuves cimentées pour le foulage, ainsi que d'autres salles(.

(1) IG IV', l, 102, l, 1. 74, et Roux, Arch. Argolid~, p. l'M, qui précise que ,la graphie norm~le,est y!yyN.iI'<>",
avec réduction des consonnes dans les inscriptions.
(2) Architecture Il.2, Il.455, Voir aussi notre rubrique X(jI~IKk;, dans ITtpoo;:>l{,~, infra.
(3) Atlesté en particulier chez Hippocrate, 411, 12, et 452; Héron d'Alexandrie, A ut., 263. Ces difrérentes valeurs
de Y!rr).l)"o~ (charniéres d'une porte ou d'une armure, articulation des membres), qui impliquent toujours un mouve-
ment tournant, ont été analyllées par F. SKODA, Le redoublement upreuif, IHI unil!~rsaI linguisliqu~ (1982), p. 136-137.
(1) Comme dans l'anecdote rapportée par Hérodote, IV, H. De son côté, Lysias, dans Contre Pancl~on, 2, parle
d'aller voir quelqu'un .iI l'atelier de foulon, où il travaillait.: on peut alors supposer que l'oikia de nolre homme
n'était pas IIU même elldroit.
(2) HUSSON, Oikia, p. 84: dans un lexte du Iv" siècle ap. J.-C., il est question d'une maison <1Ùv yvor.cpdM.
(3) Un bon exemple étudié par P. AOESCII, .L'eau et les textiles: Chorsiai de Béotie •. L:homme etl'euu III
(1986), p. 93-99; un autre commenté par D. FRlSSIlI., 'Deux listes de (IUDrtiers d'Antioche aslreints au creusement
d'un canal (73-74 après J.-C.)., 5yria 62 (1985), surtout p. 88-89, avec la bibliograllhie.
(4) Pour le délail des multiples opérations, voir DAOn, I.l!. ful/onica, et l'ensemble de piéces ouvrant sur une cour
v....... -84-
C'est ce qui a permis il Chamonal'd de supposer que certaines pièces du Quartier du
Théâtre' servaient. il cel arLisanal, surtout lorsqu'une couche d'argile grise, qui serait de la
terre à foulon (1), est restée au fond des cuves, el qu'une de ces pièces possède également un
.long (ourneau il ouvertures circulaires, desLinécs à cuire des mixtures tinctoriales plut.ôt que
des alimenlu'. Mais ce n'est là qu'une fragile hypothèse, car il cst certain que les cuves,
surtout quand elles presentent. un ressaut ayant. pu former siège, doivent aussi raire penser à
des bains, dont la présence parailrail. moÎns singulière dans une habitation par ailleurs
luxueuse. El bien que l'on ne puisse exclure que foulage et teinture aient Hé praliquës simulta-
nement. dans le même ét.ablissement., comme cela semble avoir été le cas à l' Ist.hme de Corint.he
et. à Chorsiai en Béot.ie 1, les foulons elles leinluriers viennenl en principe, du moins à Pompéi,
de corporations dirrerenles.
A Delos, nous sommes d'autant. plus tenlés d'y voir des act.ivilés séparées que des .tein-
lureries de pourpre., 1roP"f'UPO~"f'tLa.', ont élé repérées sur le rivage oriental, près de la Syna-
gogue, el sans doute à Fourni'. Ces fabriques, en plein air, utilisaienl des gros billols pour le
concassage du murex el des cuves rectangulaires, probablemenl pour le fillrage. Mais pour
l'heure, aucune structure pouvant à coup sùr être rapportée à un atelier de foulon n'a élé
relrouvée à Délos.

v6tA+os, ô; vo~+wnlP~o", Ta

(&~s. ô ou &OP'"', Ta; ~traAIO", Ta; ~oAup&s, 0; I&OAup&xol:w; TETpa.lVW)

ybJ1+Os goujon, Imon, cheuille : 104-5, A, 1. 7 : au milieu du IVe siècle av. J .-C., depenses dç
1 :
't'à; x~6vt<l rOILCPO~,
1. 32-33 : (8)Eall0ü; xa.t rOvq{o~]; 104-24, 1. 12-13 : dans un compte pour le
Temple athénien, t:k 8t:afLà. xa.t rOll'll0ur; xa.t IL6).u~o~; 158, A, 1. 61: en 282 av. J.-C., pour le
Pori nos naos, 14 y6IL'llw~ el 4 8wlJ.w~ ; 163, A, 1. 35-36 : yO!!<pOur; xa.t 8t:alJ.our; pour une clôture;
165, 1. 10 : en bronze, pour des fenêtres, 1. 30 : en bronze, pour le revêtement en bois de
l'Asclepieion; 199, A, 1. 90, B, 1. 72, el 203, B, 1. 7 : fabriquer des y61A-lpOUr; xocl8t:aILOUr; en bronze
pour le Kynthion; 290, 1. 178: en 246 av. J.-C., en bronze, pour les épistyles des portes
d'entrée au théâlre, 1. 186: pour les sièges du théâtre; 366, A, 1. 47 : vers 207 av. J.-C., en bois
de hêtre, pOUr la Salle hypostyle; 461, Ab,!. 44 : pour un édifice inconnu; 504, A, 1. 10 el 15 :
en 279 av. J.-C., dans un devis pour le Temple d'Apollon'.
Y0j.l+wnlpIOV: forel : 163, A, 1. 14.
&:a~os(-Ov): crampon: 199, C, 1. 5 : x<xl 8Ea!!l:oUr;]; 203, B, 1. 94 : dans l'inventaire de l'ûikos des
Andriens,4 8E0IA-0ÙÇ xa.)"xoür; IA-tya.)"our;; 287, B, 1. 153 : dans un inventaire, 16 8E0IA-0( du cadre de

commune dkouvert dan~ Ull grand complexe artisanal: Soinl-Homain-en Gal, Guide orchêolagique de /0 France 2 (1984),
p.80-83.
(5) EAD VIII, 1, p. 43-45, et 214-215.
(6) Selon \V. DEONN...., La aie prion de. ~Iien. (1948), p. 56.
(7) Cf. G. K.... RO.... R...., tDyeing and \Vea...ing Worka at bthmiu, AJA 65 (1961), p. 261-266, et ROUCH, o. c.
(8) Le mot est attesté en littérature, non il Délos, où l'on connalt toutefois Ull _teinturier de pourpre_,
.... ~'PG" dan~ 400, 1. 7.
(9) Voir Ph. BRUNE....U, BClI93 (1969), p. 7a9-791 (....ee la li.le des aulre. ,teinlureries_ connuell en Grèce), et.
BCII 102 (1978), p. 110-114.
(1) Pour -r6lL~ 3c.op.k et ",G>.u&3oI;, je n'ai pas jugé néeelNire de donner toules let allestation~, car elles sonl
rt~lilives.
(2) Aux 1. 6 et. 10 de ce texte, on lit. dan. les ID XCfl'~, en un mol. La lran5eript.ion est de Choi~y el a été
repriae telle quelle par Durrbach, bien que le aen. n'apparaisse pli' et. que le terme demeure inconnu. Il raut certaine-
ment lire ~~, comme dan~ IG Il', 1670. 1.8, d'aplÜ 1I0LLAND-D....VIS, AJA 38 (1934). p. 72-73.
- 85 - Yôli+o'i

la porte du Temple d'Apollon; 406, A, 1. 86: en 190 av. J.-C., pour un édil1ce indéterminé (voir
YO~+Oi pour d'autres attestations).

È~"'O~LOV: gaine de gou.jon 104·4, uA, l. 6 : au milieu du IVe siècle av. J.-C., dans le cahier des
charges pour le Temple athénien, nt'pii\l<X~ 8l x<xt Toîe; t[J.7to),(Ote; xcXt [J.oÀu~80;(0'ij(JcXt (restitué 1. 8 et
9) .
.... Ô~u~i : plomb: 104-4, uA, 1. 1 dans le cahier des charges pour le Temple athénien, (x]<xt
[J.0[1.U~8]M xer:! xt(aJflpt(ô]t, 1. 9-10: [1tÀ~v t[J.7t]o[À[wv X]lXt [J.01.U~80u; 104-24,1. 13: fourniture de
ôtG[J.1l xr.d Y0[J.'P0ùe; XcXt [J.6Àu~80v; 142, l. 27 : [J.6Àu[~8]ov; 144, B, 1. 69 : [J.ol.U~IJ}ou [~-~ x]p!XT"l'Jt -rii~
0{-riJÀl'Jt ?]; 145, 1. 44 : [J.6Àu~ôo\l 7tep~;(b:u; 147, A, J. 20 : [J.6Àu~8[oe;]; 148, 1. 69 : [J.6Àu~ôoe; T1jt (J-riJÀlj~
(même formule: 203, H, 1. 20); 153, 1. 13: [J.01.U~80u 'lj[J.~·("(iÀ<XV1"o\l; 159, A, 1. 67: tL6Àu~80e; ; 372,
1. 115 : [J.6Àu~0e;; 403, 1. 13 : tLol.U~80u de; T1)v x<X"t'<x;(w\ltu[atv].
.... o~ulJ8oxcKw: couler du. plomb: 104-4, uA, 1. 6; 159, A, 1. 39; 203, B, 1. 20; 219, A, 1. 32 et37.
Tf:TPUlVW: percer, forer: voir ci-dessus, È.... "'O~IOV, et 287, A, 1. 118 : Tp~a<xvn "t'ae; ~â:aete;.

Les scellements verticaux,


Attestés depuis Homère 3 , et constamment associés dans les inscriptions aux ôta[J.0[, qui
servent aux scellements horizontaux, les y6[J.'P0~ sont les petits éléments (goujons, tenons, che-
villes) nécessaires aux scellements verticaux, non seulement pour les tambours des colonnes
(104-5, A, 1. 7), mais dans toutes les parties des édifices 4 où l'emploi du ciment ou du mortier
est inconnu. Les gomphoi sont fréquemment en métal, mais les texles de Délos mentionnent
aussi (366, A, 1. 47) des goujons en bois de hêtre, peut~ètre pour un travail de charpenterie ou
de menuiserie, comme à Éleusis~.

Si l'on excepte les réalisations de Naxos et de Paros à l'époque archaïque, réalisations qui se caracté-
risent par l'absence quasi totale de scellements horizontaux et verticaux, l'utilisation de goujons carrés en
bois, gainés de plomb, est une technique bien connue dans tous les édifices grecs dés le Vie siècle 4, pour
renforcer les angles et les extrémités; il Dèlos même, on en trouve dans le toichobate du Grand temple
d'Apollon 7, et plus généralement il partir de la première occupation athénienne. Il apparaît que ce sont
les Athéniens qui ont introduit, dans le .Temple aux sept statues., le goujon plat, en métal, avec un canal
de coulée venant d'en haul'.

A Délos comme ailleurs, les goujons se multiplient au fil des siècles et alleignentles parties
hautes. A l'époque hellénistique se généralise l'emploi du canal de coulée horizontal; le recours
à un canal de coulée est signifié dans les textes architecturaux de tous lieux et de toutes
époques par le verbe !"-oÀv68oI0kw', ou même la périphrase [J.6Àu68ov 7ttP~lkw, .. couler du plomb ..

(3) Voir ORLANDOS-TRAVLOS, J.e:J;ikon, '.v.


(4) La définition d'llésychius : y6f.'90~~ . ~ctï.;
~c." ~';').(o.>" dlpf.'0Yctl.;. .la jonction des pièçes en bois., ne concerne que
la charpente.
(5) MAIRIl., MauubauinschriflcR l, nO Hl, l. 13 (vers 330 av. J.-C.): y6f.'J90'~ fdÀ'.... ~ 7j 1rnÀi,.... ~. Dans le Iléristyle
de la Maison de l'Hermès, les colonnes élaient scellées par des dés de bois en acacia, enveloppés dans des chapes de
plomb: J. DF.I.ORMF.. Bell 77 (1953). p. 462.
(6) MARTIN, MORue/. p. 280sq. Sans canal de coulée, le goujon ne peut être enchâssé dans le plomb, en principe,
que dans sa partie inFérieure: seul le çanal oblique, venant d'en haut, permet de le tnoyen complètement.
(7) CoUflRY, EAD 12, p. 91. Autres exemples: Dodèkatbèon (EAfJ 22, p. 72·73). Monument des Pl'()golloi (EAD
5, p. 77), et a~ujettissementde la frise sur J'èpistyle de l'Etablissement des Poséidolliastes de Bèrytos (EA D 6, p. 101).
(8) (:QUIHIY, o. C., p. 1'39-200 : aux angles et aux extrémités sont même utilisés des goujons renforcés, en T ou en
r.
-86-
(145, 1. 44). Les inscriptions déliennes signalent souvent à la fin de la liste d'un compte l'achat
de t: plomb l, fJ,6Î1u68o<;, en gcnéral pour sceller la stèle sur laquelle est inscrit le rapport énoncé 10.
On connaissait également à Délos un type de goujon plus complexe, à emboîtement, dit
!!J.1t"6"~o.... En effet, dans l'acle athénien 104-4, est prévu le goujon nage des tambours de colonne
par creusement des llgainest, !fJ.7t6À~ot, qui entourent les goujons ou lenons, dits ailleurs 7t6Î10t.
Les deux termes sont employés conjointement dans une autre inscription attique, relative au
portique de Philon à Éleusis (IG 11', 1675)11: des .goujons cylindriques., n6Àouç (fTpo'('YUi.QUo;
(1. 10-11,23-24), sont engages dans la cuvette d'une pièce quadrangulaire (1. 23-24 : èVIXPIL6(ft~ dç
TOC tf.ln:6Àw. &:Pf.l6TTO'l1'IXÇ XlXl bp60ùç XIX! tÙ'l'6pvouç [n:6Àouç]), elle-même placée dans la cavité de
scellement de la pierre; cette gaine en deux parties, haut et bas, est métallique (1. 4 : n:ot~(fIX~ XlXl.
tf.ln:6Àw. x.IXÀxœ), comme probablement aussi il Délos, où il est spécifié (104-4, aA, 1. 9-10) que
«l'adjudicataire devra fournir lout ce qui est nécessaire pour le travail à l'exception des gaines
de goujon et du plomb. : la fourniture du métal fait l'objet d'un marché il part, dont se
chargent les Naopes eux-mêmes. Une coulée de plomb peut enfin renforcer le joint, comme il
est demandé il Délos. Ce dispositif plus complexe que le goujon simple, gomphos, a été utiliBé
pour d'importants édifices attiques de la fin du ve siècle et se répand de plus en plus au
IVe siècle, date de la construction délienne; si elles sont il l'origine en bois, ces pièces de
scellement seront ensuite métalliques 12.
Quant au dérivé Y0f.l'flWt"1JPLOV, composé il l'aide du suffixe -t"1JpLOV qui a servi il former
quelques noms d'instruments, il a été interpreté par certains comme un simple synonyme de
y6IL'fl0çI3. Pourtant, Héron d'Alexandrie, Aut., 271, en fait bien un outil du type du foret,
rejoignant ainsi une scholie d'Hçmère, Od., V, 246, qui Y voit un synonyme de Tp{U'I"IXVGV. Il
semble donc plus naturel de considérer le Y0f.l'flWt"1JPWI fabriqué par le forgeron Dexios comme
un instrument servant à «percen (Tt'l'plX(VW, de la même racine que TPUn:IXVOV 14) les mortaises qui
recevront les goujons.

Les scellements horizontaux.


C'est évidemment le même artisan qui fournit U les goujons et les «crampons t, 8E(fILOL ou
8EGf.lIX -le genre n'est pas net - , aptes au scellement sur le plan horizontal. A Délos, le terme
ôtG!L6ç est presque toujours joint à y6IL'fl0ç, ce qui montre qu'il désigne specialement le crampon,
et non le scellement en général, comme on pourrait le penser d'après le verbe ôéw, «lien,
«scellen14. Même lorsque les desmoi sont nommés seuls, c'est ce sens de «crampont qui
s'impose: les nombreux desmoi du cadre de la porte du Temple d'Apollon étaient destinés il
éviter le risque élevé de glissement horizontal (287, B, 1. 153), et les crampons étant toujours
plus gros que les goujons, la valeur du métal pouvait être jugée suffisamment importante pour
qu'on entreposât des pièces momentanément sans emploi, par exemple dans l'Oikos des
Andriens (203, B, 1. 94).

(10) Parmi les nombreuses meulions de fJi>).u63oç il Délos, !leule celle de \04-4, aA, 1. l, ne semble pas concerner le
sccllement au plomb des goujons et des crampons, (}Our llulllnt, touterois, que le caraetére lacunaire du contexte
permette d'en juger. L',swciation avec la pierre ponce, X{<TIjPIÇ, qui sert au polil!83ge des marbres, fait ici penser a un
gabarit en plomb pour les moulures, ou encore au crayon qui était couramment utilisé sur IClI chantiers; voir à <.:e sujet
notre mbrique ",,,,pŒ1lC(YIUl, infra.
(11) Texte et traduction anglaise dans JIlf'PIlS"N, Pllradeigma/a, p. 145.
(12) Cf. M"RTIN, Manuel, p. 293-29-1.
(13) LSJ, suivi par ORL.. Nl)os-TII... vt.Qs, I~xiko".
(I-I) TC'I"p"'{..... est également attesté en épigraphie attique; voir ORLM'mos·T,uVLOS, f.,nikon, S,V.
(15) De même il Delphes; BOUSQUIlT, CID Il, n 59 l, l. 12-'20.
Q

(16) Qui a aUl!8i donné ivacGl'-oç, le .ehaillage. en bois pour la .liaison. des murs, dans IG Il" 1671, 1. 22 et 26.
-87- ypaoH

Comment procédait-on pour les scellements horizontaux? Sur les lits d'attente des pierres, une
cavité est ménagée le long du joint latéral, ou l'on enfonce une piéce de la même forme, qui opère ainsi
une liaison. Les contours et les emplacements varient suivant les époques. Dans les édifices archaïques de
la domination naxo-parienne, les rares crampons sont évasés, en queue d'aronde sans, puis avec embolon,
et parfois en ,bois 17 . D'abord situes de préférence dans les angles et dans les parties haules, les crampons
Cil bronze ou en fcr. largement noyés dans du plomb, deviennent par la suite de plus en plus nombreux, et
prennent des formes diverses. La queue d'aronde avec embolon se prolonge particulièrement il Délos lB, en
même lemps qu'émerge, dés le milieu du VI" siècle et plutôt pour les petits édifices, un autre type, le
crampon en double r. A l'époque classique, 1<1 domin<ltion athénienne apportera le crampon en double T,
qui ser<l peu à peu supplanté par l'agrafe cn n, omniprésente dés 111 fin du IV" siècle, non seulement à
Délos mais dans les ruines de tous les sites grecs.

Comme les inscriptions permettent de dater assez bien la construction de bon nombre
d'édil1ces déTiens, l'étude de leurs scellements fournit des indices chronologiques qui peuvent
ètre utilisés en d'autres points de la Grèce III.

(8IUtW~Q'TU(OS' ..", -aY; ÈykGIW ou ÈYkUIW; ËykGUI.lU, TO; ËykGUO'IS, 1) ; È1TIYPO+W; '"IpOs, 0;
I.l'XTos. 1); 1TIYOICIOY, 1'0; ""Yat, ô; +II.lUeIOY, TO ou +'I.lUeOS, ô)

yfKl+iJ: - peinture: 287, B, 1. 145: en 250 av. J.-C., inventaire ou otl rpotcpl.d; 290, 1. 100:
réparation 00 ott fpotcpott; 364, A, 1. 15 : vers 210 av. J .-C., rljv ypllCP~V 'roÜ XEpllfL[ou ; 372, A, 1. 164,
et 403,1. 8,26 : 00 ~ ypllCP~ ~ 'ApGlv61J':;; 400, 1. 39 : bd 't'!X':; rpllcp!X,:; 't'!X':; tv 't'Wl !XXÀlJGlotGT'lJpt{IH; 440,
A, 1. 80: en 173 av. J.-C., Il! 't'oü KwÀw't'ou YPIlCPllt; 1403, Bb l, 1. 94, Bb II, 1. 18,26, et 1417, A
II, 1. 37 : au milieu du Ile siècle av. J .-C., dans des inventaires, pinakes ou leukomala portant
des peintures; 1414, b T, 1. 3-11 ; inventaire Èv 't'W~ otXfJ.l~ Èv [li~ Il! fplltpllq, avec la liste (de même:
1426, A l, 1. 21-32; fragments dans 1412, e, 1. 7 : f;(oV't'1l YPIlCP~V YUVlX{lXdIlV]); 2085 et 2086 : en
112-111 av. J.-C., dans le Pastophorion, on dedie rljv yplltp~V des murs et du plafond;
- pinacothèque: 203, B, 1. 101 ; inventaire de la rpottp~ (de même: 205, Ba, 1. 10, 15, 18); 287,
A, 1. 100 ; 1tp6,:; nt fpllcptL'.
ypQ.+w: peindre: 146, A, 1. 81: en 301 av. J.-C., YPIl~IlV't'l 't'où.:; 't'o(rou.:;; 158, A, 1. 67 pour le
proskènion, ypllo/llV't't 1t(VIlXIl':;; 163, Ba, 1. 4 : [YPIl]o/(l'.{T]~ 't'!X XUfL(XTtIl Èv 't'Wt ~1l6pfJ.lt; 165, 1. 23 : dans
le Pylhion, YPO:o/llt rljv ôpocp~v, 1. 24 : 't'!X &:v6!fLt.Il... Yp6..... Il~; 199, A, 1. 97 : en 274 av. J .-C., au
théâtre, YPllo/llt 't'àr.ç CJX1jv!X,:; xotl 't'!X 1tllpIlCJX~"lll; 366, A, 1. 28 ; ypllofll~ rljv ôpo'P~v du lanterneau de la
Salle hypostyle; 461, Ab, 1. 39 : en 169 av. J.-C., YPllo/llt [rlj)v ôpo'P~[v] 't'oü VIlOÜ (indélerminé).
è1TlYpQ.+w: peindre sur; 165, L 4: cn 276 av. J.-C., dans le Temple d'Apollon, 't'!X Ô(XTUIl 't'!X
bnYEypllfLfLtvll.
FrKU'W, èvkClIw: peindre à l'encaustique: 199, A, 1. 77 : en 274 av. J.-C., pour la barrière du
Pythion, Èyxot{ÛGIlV't'~], 1. 80 : dans le thalamos, tyÀIl~6vTt èyxllüGIl~ 't'!X XtlfLO:'t't.Il; 290, 1. 145-146 : en
246 av. J.-C., dans le Temple d'Apollon, èy[x]llüGIl~ les portes contre-vent, 1. 151 : ÈyXIlÜO'Il~ une

(17) Voir H~LLMANN-FRA1SS~, EAD 32. p. 5-9, et notre pl. 111, Il. On adrnirera encore un autel près du Prytanée,
qui présente des grosses queues d'aronde très évasées (pl. lU, 12).
(18) Oél.!lilB dans le chapitre très documenté de V,u.l.ors, Archilulure Il,2, p. 534-582.
(19) Particulièrement li Tinos, où les scellements évoluent, sernble-t-il .• de la m~me raçon qu'a Délos>: RoI.
~T[ENNH-J.-P. BRAUN, nn()s '(I986), p. 153-IM.
-88-
statue; 366, A, L 25 : pour le lanterneau de la Salle hypostyle, èv)((XÜO'IX~ 1t(~a.Xa[i;]; 370, L 27 : en
203 av. J.·C., hXGlÔO'Gl\l"l"~ (lacune); 372, At 1. 101 : T(;n !V)(QlooœY'n xa.l xlJpoü, pour une statue; 506,
d, 1. 20 : dans un contrat d'entreprise, xed éyxo:ooŒ.<; (lacune).
iylCo,U....a.: peinture à l'encaustique: 1414, b 1,1. 5, et 1426, A 1,1. 23 : au milieu du Ile siècle av.
J .-C., dans la Graphe, inventaire de pinakes votifs, dont 1'I:pOç TWl ŒnNvn w(rwt (...) qOVTIX
fyxlJ.ul-l4 ; 1417, A 1,1. 20: dans un inventaire, OuptO'l :IU:~lXO" llJ. 1t>..r.UG(w~ qov'nt fyxŒ.U1J4 (mème
lormule à plusieurs reprises dans les 1. suiv.)
aclion de peindre à l'mcauslique, peinture il l'encoulllique : 2085-2086 : en 112-11 J av.
iyICCLUO"5 :
J.·C., dans le Paslophorion, dédicace de riJv fyxCllJGW TW" Oupwv.
K'l'jpOç: tire: 104-5, A, 1. 4 : xlJpOe;, fLD.To(~ ; 165, 1. 26 : !J.D.T)oU xa.l xlJpoü pour le plafond du
Porinos naos; 219, A, 1. 40: a-n:{yvWa«'l}n ut xl'jp(;)~ xÀw«vn; 372, A,I. 101 : T(;n M«W«\/"t"\ xa.l
xl'jpoü.
)lo.,.o~ : t'Ouge (couleur pour peinture) : voir ci-dessus, '"1pO~, et 145, 1. 13 : achat de fLV.'rou,
x6ÀÀl'jç.
",vaE: - plaque, panneau: 104, 1. 36-37: en 364-363 av. J.·C., dans un inventaire, 7t{Y(t~)
x.P\JO"oü,; (..•), aTocOjJ.o", [bnyryp:..'lna.~) b:l TW~ d_XL TW'" &pyupw... ; 1403, B Il, 1. 21 : au milieu du
Ile siècle av. J.-C., dans l'inventaire du Temple d'Agathé Tyehe, 7tv.0u.; À~O!vouç ÈjJ. mY!;l~~'"
ÀtO(VOL.;, 1. 22 : xpwü xupl.lÀTj ÀtotV1'j t.!J. l'd...a.xt Àt{otV«lt), J. 25 : Wt...ocxuo X(t).xoüo; 300; 1426, B Il, 1. 49 :
dans un inventaire, myocXGlç X«ÀXoùç 000 bnypocqliç qoV't'«ç;
- rein/lire sur panneau, lableau : 142, 1. 45 : cn 308-306 av. J.-C., pour l'Artémision (?),
TO'" n{\>tt.XGl, 1. -17 : npô'i -roùç d ...a.xaç; 157, A, 1. 67-68 : pour le proskénion, yp«YocV't'~ ntya.xaç; 159,
A,!. 30: cn 281 av. J.-C., transport de TOÙ'; r.l...OCXI1Ç au théâlre; 161, A, 1. 75: pour le modèle
dcs Prop)'lées, achat d'un nl...ocxa., 1. 76: Èn~(l'XlI:u«a«V't'~ 1'0'" 1tt...lJ.xa. (...) ÀwxwaiXvt"t 1'0'" n{VI1XGl
&jJ.qlo1'tpwlnv; 199, A, 1. 95 : TOi'Ç 'lULÀiXwi'ç nl"'iX~t ,W" 1tiXPiX(l'XT)"tW" xûxÀWt nll:p~q:I[p&:]~I1~; 234, 1. 10 : T,x
,xY«À!J.a.TiX xa.t ,oùç n{YŒXllç; 366, A, 1. 25 (voir iyX«tw); 31-1, B, 1. 167: dans un inventaire, 1t(\I(t~
du logeion ; 403, 1. 8 : en 189 av. J .-C., 1'0 7Mpll1tl:Tlla!J.a. ,Wt nl"iXxt où Yj YPIlCPYj Yj 'Ap[at...61J'i] ; 442, A,
-ro
1. 232 : d'il T"Ij... XiX't"ll(I'Xt(U~} "tW... 7tt... rS:xWY 1"W'" bd Àoyti'OY ; 443, Bb, 1. 158 : &:}nOXGlTlla(T:riart[t] 1'Oll'i
nl"'llxiX'i,1. 161 : Xll1'(la{TMaocvt[t Tb} nl...ocxa.; 504, A, 1. 17: en 279 av. J.-C., dans le devis pour le
plafond du Temple d'Apollon, TOlle; 1tL"IlXGl'i; 1403, Bb 1, 1. 94: au milieu du Ile siècle av. J.-C.,
dans des inventaires, npoç TWt &'ntv]oc...n TOL)'.Wt &OÛpWTO["'] YPllCPYj" l)'.o"T«, Bb Il, 1. 18 : 1tL"IlXGl';
l:f1~Àl)TOUÇ ypllcpiç lxo'f'["llç Ilû[o (même formule: 1417, A 11,1. 36-37); 1412, a, 1. 34: n:l...a.xl1.ç
bpocptxou.; (même formule: 1414, a II, 1. 14; 1417, A Il, l. 17; 1443, B Il, 1. 96); 1417, A l,
1. -10 : nl"llx«ç] etXO"tXOÛç, 1. 67-68 : nl"llx«ç tLXO"txoû.; (...) &.,,"ou~ &:y«Otf1«T[txoù.; nÀtLOUe; (id., 1. 151,
A Il, 1. 8, 13-14), A 11, 1. 15 : n:LIJa.XIl ~û"t'X}", 1. 51-52 : n{"llxllç etXO"txoùç x«l &'ÀÀo" !J.EtCo" &'Oûpw'ro" ;
1426, A 1,1. 17: [1tt... I1.Xl1.ç... yp«]cp,xç qOV't'l1.ç uOUPW!J.t:VDUÇ, 13 Il, 1. 50-51 : nl"llxllç lI1tO T"1J" ôp0'fl1j"
1l~'l'J}f:Xf:i'.; III ypll'fl,x'i i)'.ovt«'i, 1. 53 : nl...a.x« yp«cp,x<; lXDV"tiX ; 1442, B, 1. 42 : m"'&:XLIl ypll'fl,x.:; 1)'.0V't'1l,
XGlL f:~lj.; 1'OU[TW"] 1tt"IlXt<; !J.«xpOt 1l~a.Cw~«1'tXOt YP«ql,x.; 1)'.0V't'f:'; (même formule: 1443, B Il, 1. 110).

"lVci,klOY: pelit lableau, lableaulin : 1417, A 1,1. 17: dans des inventaires, &.ÀÀIl m...&.x~a. d(xo"t]x.à.
xill &._OIl:jJ.Œ1'~x&, A Il, 1. 25; 1442, B, 1. 42 : m...axLO'. ypa.cp~ 1)'.0V't«.
3~a.~W)1a.TlkO~ : qui (ail le tour CQmme une (riBe : voir ","'a.t, ci-dessus.
+l)lu8l0V, +~u80~ : blanc de céruse: 145, 1. 9 : dans une liste d'achats et de travaux, ~(jJ.u60.;
165, 1. 25 : pour le plafond et les colonnes du Pythion, o/~!J.uO{ou.
Plusieurs termes épigraphiques témoignent de la rréquence des peintures à Dêlos, rait
-89- , ..+01
abondammenL confirmé par les Lrouvailles archéologiques 1. Les diverses techniques connues
dans le monde grec y étaÎenL uLilisées.

Les techniques.
Les Anciens ignorant la véritable peinture à l'huile, le procédé le plus simple et apparemment le plus
courant' éLaitla détrempe ou peinture a lem~ra : économique, elle peut s'enlever à l'éponge, car le liant
des pigments dëLrempés dans l'eau est une émulsion soluble du type glu organique (gomme arabique, colle
de poisson), ou encore blanc d'oeuf, lait. Les stèles peintes de Démétrios, par exemple, ont étè exéculèes a
tempera', ce qui montre que ce procédé pourtant fragile, applique au pinceau directement sur le marbre,
n'était pas réservé à l'intérieur. Pour les murs, c'est généralement la fresque qui est choisie, soit que les
couleurs aient été appliquées sur l'enduit frais, soit que l'on préfère le (rnco 8ecca, en melangeant les
couleurs avec de l'eau de chaux pour les appliquer sur l'enduit déjà sec. Mais il. Délos, la frise figurée des
revêtements muraux peints a {resca était faite à la détrempe.
La dernière technique employée par les Grecs est la peinture à l'encaustique qui, comme la détrempe
déjà connue auparavant, pourrait être d'origine égyptienne. Elle consiste en l'application de couleurs
délayées dans de la cire fondue, additionnée d'huile. Selon Pline (HN, XXXV, 122), l'un des premiers
artistes grecs à s'en servir fut Pausias de Sicyone, dans la première moitie du Iv" siècle. Cette peinture
pouvait se faife sur du bois - que l'on songe aux I)()rtraits de momies du Fayoum, qui ont l'aspect de
notre peinture à l'huile - comme sur du marbre; c'est ainsi que les inscriptions attiques et les comptes
d'tpidaure' mentionnent le. pauage à l'encaustique. de nombreux membres d'architecture. On voit tout
de luite la différence d'avec la gan06i,' : celle-ô n'est qu'une dernière couche gt'asse de cire, non coloree.
Pour ce qui est des couleurs, d'après plusieurs textes qui trouvent leur confinnation dans les restes
parvenus jusqu'à nous, les principaux pigments ét.aient le blanc, le rouge - tous deux mentionnés il
DélOII - , le noir, le jaune, soilles qualre couleurs naturelles, auxquelles il faul ajouter le bleu elle vert·.
Mais dans le cas de la rresque, pour le blanc el poUf le mélange des couleurs, on a recoUnl à la chaux.

Les dillerses peintures déliennes.


Les inscriptions déliennes n'entrenl pas vraimenL dans les détails, puisqu'en dehors des
l.ermes yplXq>lj eL ypŒq>W, qui sonl très généraux el ne préjugent pas de la l.echnique, elles se
contenl.enL de préciser dans quelques cas qu'il s'agiL d'un Lravail à l'encaustique. Il fauL alors
remarquer deux interprétations possibles de YPIX~lj, YPŒq>W : soit ces mols s'appliquent aux
couleurs étendues sur un mur ou n'imporle quelle portion d'un bâtiment, la 8urrace couverte

(1) Bibliogt"lIphie rllr.semblée dflns le GD, p. 81-87. Ajouter ce qui étail peu~tre un plateau il (ouleu" ou palelle
de peintre: Ph. BRUNIlAU. neu 99 (197a), p. 31!.
(2) Sur Itlllechniques de la peinlure gre<::que, voir la bibliographie donnée par A. llouvllRflT, dans /lil/oin et
imaginaire de la peinture anei/mne (1989), el dans la reëdilion d·A. AIlIN"'CII, R«.ueil Milliet. Tala urt« et latin. relalif.
à l'hi.loire de la peinture aneienne (1985). l..a lecture des éludes cone.crées il <:el! t.e<:hniques frappe pllr les discordances
qui ont longlernJl!l existé entre les différenU auteul"ll, et qui subllistent en partie.
(3) V. von GIUoHVH,' Die belOanen Grab$telen von Demetria.., La Th_lie. Aeta de la Table ronde, Lyon. 1975
(1977), surtout p. 113-114; id., .Zur Technik griechischen Malerei auf Marmon, JDAI96 (1981), p. 120-1a6.
(4) RHérences dans O.. UNOOI·TRAVLOS, Uzikol1. '.0. fr-........,.,~.
(&) Voir m.p<o>n><; dan. notre rubrique 16?",UG't'O<;. • upro. Danl rIOS complelI, la cÎre n'est. ~I seulement atlelll.ée en
li.i50n .vec la peinture il l'encaustique : elle peut .ul$i servir. plus genéralement, il imperméabiliser, comme d.ns 219,
A, 1. 40.
(6) Voir M. Suu .. n, Mon. PioE 14 (1908), p. 124-127. On trou\'era une synthèse commode du 5OUn:es, essen-
tiellement Pline (HN, XX XV et XXXVIII) et. Vitruve (VII), dans E. ÂLKTTI. La I«.nica della pilluro greca e romano a
l'ent;oudo (1981); voir ,ullIi V. J. BIIUNO, Form and C%r in Greek Pllinling (19ï7) p. 5o:hq., et M. :'I/owlCI(A, .La
peinture dans les papyrus gre<::.., Ardeologia 30 (Val"llQvie, 1979), p. 21-28.
-90-
étant importante, soit il s'agit d'un véritable tableau, de dimensions plus réduites. Ce sont
d'ailleurs probablement les mêmes artistes qui onl exécuté les peintures murales elles tableaux
ou tableautins, si l'on en juge d'après J'aclivité variée, assez bien connue par la documentation
papyrologique, du peintre alexandrin Théophilos 7,
La ypot<p7J 1j 'Apo'~v6'l-; (372, A, l. 164; 403, L 8, 26) étaÎt. certainement. un portrait parmi ceux, fort
nombreux, de la reine lagide; le mol est ici synonyme d'EtXWII ypa.9. qui est le terme exact pour une
effigie peinte ou un port.rait. individuel, par opposition à une .statue-portrait. en bronze d'Arsinoe.,
signalée dans 1417, A I,l. 9: dx6W1.X(lh'ij.. . 8. Avec d'autres tableaux, dont. \lne oeuvre de Parrhasios, le
portrait d'Arsinoé était exposé dès le Ill" siècle avant notre ère dans un oikos tenant lieu de véritable
pinacothèque, dite pour cette raison rplX<p1j, où IX! rplX<pIXL, dont Vallois a montré' qu'elle doit être identique
à celle dite de Kolotès (440, A, l. 80), soit l'orx.o.; l'I WL 1,1.[ YP!1<pI,l.L de la seconde domination athénienne, qui
lui-même ne fait sans doute qu'un avec l'olxo.; 6 ,..po.; Ti:'lL 'Ex.Ûl'jQ"LI,l.lJTI]ptM, et le tout étant identifié avec
l'édifice Nord, GD 35. Les inventaires notent que ces tableaux sont accrochés sur lei ou tel mur et même
_contre la colonne de droite f ou _de gauche f.

Pour s'en tenir à l'archileclure proprement dite, la peinture des plafonds d'édifices impor-
tants est assez souvent relevée par les hieropes, davantage que celle des murs, sans doute parce
que les caissons peuvent être ornés de «lableaux~, 7ttvl,l.xrç, et que l'ensemble peut être figuré en
trompe-l'oeil 10, toute la surface du plafond pouvant d'ailleurs ressembler à un tapis ou une
mosaïque. La bordure des plafonds est aussi l'occasion de peindre des frises à ornements floraux
(OCV6i:f.lLIX) plus ou moins complexes, alors que la peinture murale reste, à cette époque, d'une
relative simplicité, encore que les bandes décoratives connaissent une rapide extension: en
plus de la peinture du • premier style ~ à la maniére grecque, qui reproduit une maçonnerie en
trompe-l'oeil - plinthe, soubassement d'orthostates, bandeau parfois figuré (pl. J, 2; IV, 14), et
succession d'assises isodomes ou pseudo-isodomes, puis assises terminales - , Délos a égaIe-
ment connu un décor du _second style~, avec des compositions de colonnades et édicules
toujours en trompe~l'oeil". Toc IHx"t1JlX, les «impostes grillagées. sur les portes du Temple
d'Apollon (165, l. 4) étaient peintes ' !, et les tuiles de marbre (364, A, 1. 15) pouvaient être
décorées d'une couche uniforme de couleur s'il s'agissait de tuiles courantes, et même de pal-
mettes pour les anléfixes. C'est aussi pour égaliser la teinte des marbres veinés du Pyihion que
l'on passe une couche de blanc de céruse 13, ~Lf.lU6lO'I, sur les dalles du plafond el les colonnes

(7) M. NowrcKA, .Théophilos, peintre alexandrin et IlOn acti'litét, Aleuandria e il mondo ellenis/ico-romano
(S/udi in onore di A. Adriani) Il (1984), Il. '256-259. Toutefois, l'édit de Dioclétien distingue le [m,x:oJyp.i'tl"';, ou piclor
parie/arius, et "[ct"ovoJypli~, ou pic/or imaginarius.
(8) Au sujet du mot d,,61~, qui désigne normalement la sUltue-portrait, voit D. METZI.ER, Por/ral und GeseIl-
scha" (1971), p. 160.
(9) Archileclure l, p. 59-61 ; dans Bef{ 53 (1929), p. 304, il rappelait que cette Graphe !lCrvait globalement de
magasin de matériaux: _elle renfermait deux planches de noyer, une porte enlevée li la MaillOn de Ménippé, et
46 médimnes 112 de stuc •. Voir aussi Ch. PICARD, _La Pinacothèque de Cololés il Délos., RA 26 (1946), p. 99-100. Cette
notion pouvant être rendue par une périphrase du type 01,,1')1'4 fxo~ ypo:.<:pli~ (Pausanias, l, 22, 6; Alhénes). Le mot
""~Ol"O%X1') est une cli!ation tardive; connu de Strabon (X IV, l, 14; Il Samos) et surwut de Vitruve, il vient d'être
restitué daM une inscription (non datée) de Chios : ""V/lxtl(%x.1')", d'apli!s ZPE 73 (1988), p. 73.
(10) D'après une expression d'Athénée, V, 196 c: <jXlOO[1Ol"1X ypOllM"«.
(Il) A. BARBHT, La peinlure murale rQmaine (1985), p. 23-25, Il cumpléter avec le rapport de F. AUBE, Bef{ III
(1987), p. 642-643, ou est en outre signalé, wujours dans la Maison de l'épée, ce qui pourrait être le premier plafond
peint reconnu Il Délos (avec emprunta au repertoire mosaïstique). Pour le. premier style., on notera que les orlhostates
en stuc des maisons déliennes sont parfois peinta d'un motif imilant l'alblltre, technique lrés alexandrine.
(12) Voir la rubrique IUx1'UO~, infra.' El"ypli<:pw doil plutôt signifier ici. peindre. et non. écrire •. La confusion est
fli!quente, dans un sens comme dans l·outre : ainsi, dans 287, A, 1. 80, la phra!lC myp«<+o",Vl"' b:t 'li> "'p<l(Il(.-l).. ,o~ évoque une
inscription et non une peinture comme le pense le Luikrm d'ÛRLANoos-TRAvLos qui, s.v. YP«<:P"', voudrait également
traduire _peindre. dans 507,1.9, où il faut en réalité comprendre qu'il est question de prescriplions écrites.
(13) Le carbonate de ploll1h ou blanc de céruse, dit <+04<..&<; ou <+O'Il{,6,o.., est un poisoll violent, qui cst plusieurs fois
-91 -

(165,1. 25), et le Ponnos naos bénéficie d'un traitement encore plus raffiné, puisqu'on paye du
trouge et de la ciru à un artisan qui s'occupe de peindre le plafond à l'encaustique (165,1. 26).
Pour les pans de murs et certaines frises intérieures, c'est la fresque ou la détrempe qui doit se
cacher sous les termes rPŒIfIT" rp«ep<al, mais l'encaust.ique parail être souvent. en cause, aussi bien
pour les membres d'archilecture exposés aux intempéries, par exemple les tuiles, que pour les
plafonds, comme celui du Porinos naos. Les comptes du Temple d'Asclépios à f:pidaure, quant
il eux, évoquent clairement le décor à l'encaustique pour les chéneaux en marbre il t.êt.es de
lion, ou encore pour la périslasis en poros stuqué 14. L'emploi de l'une ou l'aulre lechnique ne
paraît pas obéir à des règles part.iculières, s:wf, peul-êlre, l'obligat.ion de tenir comple du temps
et de l'argent prevus.
Car l'encaust.ique est. un t.rait.ement qui embellit. et. protège tout. il la fois, mais revienl
assez cher à cause de sa relative complexité et. de sa lenteur d'exécution: larda piclurae ralio,
dit Pline (HN, XL, 124). Dans l'inventaire de la Graphé, plusieurs boucliers encadrés et offerts
en ex-voto sont. en bois recouvert d'encaustique (1417, A l, J. 19-28); ce sont manifestement. des
objets très précieux. La ment.ion précise de l'encaustique dans les textes déliens donne l'impres-
sion que l'on veut conférer un certain luxe à d'importants édHices publics, temples et Salle
hypostyle. Parmi ces constructions, le Pastophorion est un cas un peu à part: c'est un bâti-
ment. t.ypiquement. égyptien l', or l'f:gypte greco-romaine arrect.ionnait la peint.ure en général
et. l'encaust.ique en part.iculier. A l'exception du plafond du Porinos naos et. des cent vingl
pinakes du lanterneau de la Salle hypostyle, les surfaces ainsi peintes ne semblent pas être très
importantes: des portes en bois (Temple d'Apollon, Pastophorion), une barrière et. des mou-
lures dans le Pythion, détail que l'on peut. rapprocher de J'ovolo des piliers et des chapiteaux
ioniques de la Maison des Comédiens, décoré d'une frise d'oves et. de dards peints il l'encaus-
t.ique l'. Le recours à l'frxa.ulnç pour peindre des éléments architecluraux en bois, principale-
ment. des portes et des fenêt.res, est également mentionné dans des papyrus, et au IVe siècle de
notre ère un vers d'Ausone se fait. encore l'écho de cet.te préférence 17. Il est. bien possible qu'à
Délos comme en f:gypte, des portes aient été peintes ainsi t à l'imitation du boilU, ~uÀl'nI.3+,ç,
c'est-à-dire que l'on voulait donner à une essence médiocre l'apparence d'un bois precieux, ou
du moins joliment veiné.
Mais l'encaustique ne concerne pas seulement. l'architecture: les textes déliens en parlent
aussi à propos de la x.6a!!TjO"uo des stat.ues, qui présentent. alors des teintes douces, ou pour une
stèle de pierre que J'on érige ". Enfin, il existe des tableaux peints de cette façon, des m'lllx.l:ç.

Les pinakes.
Le mol 'It"{"IX~ s'applique fi tout f panneau. ou f plaque l, surt.out s'il est inscrit ou peint. On
rencontre même dans J'inventaire du Temple d'Agalhé Tyché des pinakes en pierre, porlant ce
qui semble être des bas-reliefs, ainsi que des pinakes en mélal, sans doute travaillés au
repoussé. Mais à Délos comme ailleurs la très grande majorité des pinakes sont des peintures

.Uate dent les textes grecs et l.lin,. Au lieu de I"ancienne lecture t1M1810Y, 8U"'ORO. Noln. relILaure [tIo:N&u8Iou dans
1G IV'. 1. 118. A, 1. 61," propos du dkor de \a statue d'Asd~pios, et. renvoie il 1. menlt<m du mot dan. 1G V l, 1390.
1. 22. Dan. P. Cairo Zt". IV, 59764. ArUmodorotl!le ch.rge de peindre les eadrell en boit des fenHrelI, .vec:: de 1. cire et.
divel1lell couleure, dont le </It+d60.0-0. De IOn côte, Pline l'Ancien cannait. aUMi le ,uimilhium (fiN, XXXV, 37) pour la
peinture: c'est une véritable couleur, et non un simple enduit.
(14) 1G IVI, l, 102. l, 1.24 et 109.
(15) Voir notre rubrique ~«'"'Gf6P<o~, ;,,(ra.
(16) EAD 27, p. 33.
(17) Références et analyses dans NowrcK.... o. c. l'lou, 6, p. 26-28.
(18) 290. 1. 151 (pour \a statue d·Aphrodiu,), 2'.?9 (pour le, trois statues du Pythion); 506, d, 1. 20.
-92-
sur panneaux Il. Toules n'étaient pourtant pas executées à l'encaustique. C'est ainsi que les
pjnak~8 du thMlre, c'est-il-dire le décor peint. que 1'011 changeait en montant de nouvelles
représentations, n'avaient. nullement besoin de celle Formule rartinee. Les nolables différenees
de prix (158, A, J. 67·68 : de 30 il 100 drachmes la piece) de ces panneaux de décor doivent
s'expliquer par des dimensions plus ou moins grandes, ou même des sujels plus ou moins riches,
davantage que par une technique plus coûteuse. Une bonne partie des nombreux pinakes
men lion nés dans les comptes ou les inventaires devaient être rails d'une couche de peinture sur
enduit de stuc, lui-même adhérant. à une toile encollée sur un panneau cn bois. Pline J'Ancien
décrit à plusieurs reprises celle technique inspirée de la fresque pariélale (HN, XXXV, 31, 49,
118). Aucun tableau de ce type n'a éLé retrouvé à Délos, et jusqu'à présent seul le site d'Ai
Khanoum en a livré des fragments-, avec une frise de lions passant ft droite, ou l'on reconnait
même une fine dorure à la feuille. Celle-ci pouvait aussi recouvrir le m~ XPOGoijç mentionné
dans 104, 1. 36-37, s'il n'est pas entièrement en mêlai précieux. Et l'expression ÀCUx~Il\/'1'~ TOy
mYCtXll pour preparer un dessin d'architecture, le modèle des Propylées (161, A, 1. 76), peut à
bon droit être interprétée comme une allusion à celte couche crayeuse qui constituait le fond
du panneau, sur ses deux faces.
Nos pinakt:8 sont donc d'une asse7. grande variéLéll, Nous revîendrons aîlleurs sur le cas
peu banal du modèle des Propylées, une pièce rare à verser au dossier très discuté du projet
architectural dans l'Antiquît..e n . Parmi les autres pinakes, certains sont 0P01p\xot, c'est-A·dire
qu'ils s'adaptaient à un caisson de plafond, comme ceux du Temple d'Apollon, du prodomos de
l'Aphrodîsion, ou encore les cent vingt peintures à l'encaustique du lanterneau de la Salle
hypostyle. Grâce aux comptes du Temple d'Asclépios il f:pidaure, qui sonl un peu plus précis il
ce sujet, nous pouvons imaginer ces xa.MILfLIlTIl Tl:P006UfWY sur bois, • couvercles de caissons ornés
de portraits peints. (le mot x«1vILILIl étant ici synonyme de TI:(YIl~ opoqaxoc;)ts, à moins que ne
soient representées de véritables scènes figurées, il l'image des centaures en bas-reliefs qui
orneront plus tard le plafond du Hiéron de Samothrace"'. Toujours selon Pline (HN, XXXV,
124), c'est Pausias qui auraÎt le premier entrepris de peindre des Jacunaria. L'indication est
inexacte: à l'époque de Pausias les caissons peints existaient déjà, ceux exécutés vers 390-380
sur le marbre dans le Monument des éréides il Xanlhos n'étant certainement pas les premiers,
si l'on tient compte du phénomène de la pétrificalion de l'architecture en bois 1$. Peut-être

(19) Comme celles inventoriée8 8ur des atèle8 attique8 de confiscalion : voir W. K, PRITCHIITT, He.peria 25
(HY.>6), p. 250-253 (Ilvec une Hude globale du mot). O'aprè8 Hesycliiu8, "'{.... I<I:~. <lVŒYfIOl'l'",I, d,,6~. nl~"",,,,, . TI\~ 0"",y{3«~.
Pour la Souda, ",{VOl( , o""'~~ ttwyp"''P'If'lvtJ, 'l,lunche I)einte •. Pour l'illterprêtlltion de pinU:l: comme plaque de marbre en
bus-relief, rappelon8 qu'une plaque portont divel1l bU8tes est bien désignè<:l comme T1:!YIllUl dans une inscription de
Thenalonique, IG X 2, l, nO 357, et l'on connalt les O"TUÀO"'•...r...<1I ou bas-reliefs reclangulaires sur les colannes du temple
de la reine Apolloni8 Il Cyzique. Pour les pinake. comme tablelles servant à l'arllchage et à l'archivage des décisions
admini8trative!!, voir en dernier lieu S. G'iORGOUOI, ,Maniè~ d'archivage et archives de cilh. u •• aD()ir. de l'tcri/u~
en Cria ant:ienne (IIOU8 la direction de M. Delienne. 1988), surtout p. 236; dan8 le mf,me recueil, p. 273-304, le pinllZ
comme carte de geogr1lphie, iIIU8trant l'.mbiguitè de ypci.;><o>. 'écrire-detlliiner., est étudié p.r Ch. Jacob.
(20) H.-P. FRANCFORT, F(}IJilia d'Ar Khonoum 111,2. U IOncluaire du lemple à niche' indenlhl: les IroufKlilin
(19&4), p. 32-33, avec bibl)ogr1lphie fur le 8ujet.
(21) Voir l',n,lr-e de R. VALLOIS, ,Les pinake& délienllt, Mifanga llol/cala (1913). p. 2.89-299.
(22) Voir notre rubrique =pi3al'Jo"", in(M.
(23) IG IV', 1. 102, 1.57 el 77, Voir le commentaire de Roux, Arch. Argolide, p, l23sq" où l'on montre qu'il
s'agillMil de cai!l!lOns en bois.
(24) H. EHRHAI'lI>T, &mt>thMke (1985), p. 338 et fig. 115,
(25) Voir la synthese de K, TANCK~, FiguM/ko..ellen griechi.cher und rlimitcher Sieindecken (Europaiache lIoch-
schulschriften, 1989) : un fragment de cai8110n du Monument des Nérèides est orné d'une ~te féminine vue de trois-
qUllrlll, LeI CaiSllOIl8 peinlll ont évidemment dîl precéder les caislIOns el] bu-relief, IItt.ellUls pour la première foi8 au
Mnusolée d'~llllicnrlla88e, et qui connaltront un magnifique dévelOl,pement à l'époque rornoine. Pour les couleul1l
ernllloyées sur Ce8 cni8l1Ons. d'après le8 restes conservés, voir p, 46-47, avec bibliographie. Je ne sui8 pas l'auleur sur
(IUelques poinlll : c'e8t ainsi qu'elle pense (p, 15) que les 1'I"p&'w"'", des in8cription8 d'~pidaure seraient dell malIQues et
-93-
Pline voulait-il tout simplement dire que Pausias Hait le meilleur, ou le plus renommé, des
peintres sur caissons. Quelle était la technique utilisée? Le nom de PausÎa! élant. lié aussi bien
à l'encaustique qu'aux caissons, c'est sans doute celle technique qui prédominait, d'autant
plus que ces plaques situées il des emplacements mal éclairés pouvaient ainsi profiter de la
luminosité plus rorle des couleurs rnélangêes à la cire, qui protégeait. aussi des méfaits de
l'exposition à J'air.
A côté de ces pinakt:& complétement intégrés à l'édifice, les fex-voto. (1't(V«xc.; ckY«lkl-Ulnlto()
ou les .portrailu (7t(VOlXCl; dxov~xo!) sont des pièces f:Suspenduest, lJP'"lIJ.OOl (1417, A 1,1. 14), el
donc amovibles, qui encombraient. les murs el même les colonnes, de l'Héraion au gymnase en
passant par le Kynthion et l'Asclépieion, quand elles n'étaient pas sur une base, bd ~atwç
(1417, A J, 1. 11 et suiv.); là aussi, bien que les mols propres lyxlXufLŒ ou ëyxIXlw n'apparaissent
pas souvent, la technique employée pouvait être assez fréquemment l'encaustique, surtout si le
pinax a un lien avec l'Égypte, qui doit être la patrie du procédé et ou le goût pour les tableaux
en tout genre est bien attesté 18 : gageons que le portrait de la reine Arsinoé ne méritait rien
moins que la cire, pour l'honorer et durer plus longtemps - encore que la présence d'un rideau
protecteur irait peut·èlre plutôt, dira-t-on, en faveur de la détrempe. D'inspiration religieuse,
les ex-voto étaient le plus souvent des oeuvres médiocres, de caractère artisanal, comme celles
que l'on voit toujours dans certaines de nos églises, alors que les portraits, s'ils étaient
commandés il un artiste renommé, pouvaient ne pas être dépourvus de valeur artistique. Un
pinax est susceptible de porter plusieurs dessins, souvent deux, généralement à petite echelle,
s'il est grandeur nature, il peut être défini par l'adjectif T'Î:Àr:LOÇ. Au rideau (403, 1. 8) peuvent
être substitués deux petits tvolelst, Oûp:xç (mot restitué dans 1426, A 1,1. 30; leur absence est
manifestée par l'épithète &:Oûpw-rm; opposée au participe mtupw~ç); tout cela rappelle irrésis-
tiblement les icônes dans les chapelles et églises de la Grèce contemporaine. Par securité,
certains pinaku' sont t insérést ou enchâssés, lfL6Àl)TOL 11, ils possèdent alors un cadre qui, s'il
n'est pas en bois, est fait de baguettes en bronze (x«hwv, dans 142, 1. 48).
Enfin, une mention particulière doit être réservée aux mVIXXU; 3LlJVCXCiç et 3ta.l';wfLŒnx.oL du
Temple d'Agathé Tyché : ce sont, places sous le plafond et apparemment sur toute la longueur
des murs du prodomos, des l.ableaux oblongs qui composaient une sorte de t frise t continue,
3r.«l';wfLlX, cependant que des ttableautinst, 1nVtDUIX, se trouvaient dans le prolongement (aux
retours d'angle ?). Le procédé de la frise pariétale est connu en Orient depuis plusieurs siècles.,
mais cette fois il semble que nous ayons affaire il des pièces amovibles, suivant la mode
grecque. C'est toutefois le seul endroit ou il faut supposer des tableaux allongés avec un motif
continu, sorte de mixage des deux manières. Il est vraisemblable que la population si mêlée de
Délos avait réussi il faire de cette ville un creuset de dirférentes traditions artistiques.

non dCll ttt.es-porlnliu. alol"l que çe dernier tens ClIl courant pour le mot o:p6G...'I:O"I; d'autre parl elle hê&i~ à a8llimiler
UÀ~nr. el,n~ ~o(, alol"l que le mot ~ a bien ici le sena de tcouvercle. et non de .SchalbreU. (n. 353).
Sur ICll aiMOnS ptinlll, voir encore la IlOte de G. Roux. t La plafondll peints de CaïulIo. RPhil 89 (1963), p. 8S-89.
(26) On trouvera loul.et les riférences utiles dllnll M. NOWICK", O. c. not.n 6 el7. Il ne faudraitlout de méme pall
lrop privilégier l'encaulltique. puisque ICll porlraill du FlIyoum. par uemple, fonl appel .il différent.n t.eehniques :
certains sont a lcmpllra. la majorité sont. à l'encaustique. d·auttefl utilisent des couleutll à la cire pour la tUe. la
détrempe pour le teflte du penonnage et le fond.
(27) Voir notre rubrique ll&IU->yroç. infra.
(28) FR"NcroRT, o. c. nole 20.
-94-

YU,-,YÔ.cnoY, TO
(,,<ÙlU"",",. ~)

YUII-VG.alOy l : gymnase: 182,1. 5 : duns une transmission de matériaux, ["C']où y{\Jfl.VI~]cr(OU X«M-
1J.'if31X~]; 287, A, J. 112 : en 250 av. J .-C., réparer les tuiles Lombées du gymnase; 372, A, 1. 106 :
en 200 av. J .-C., GlOl~(11 d, -ro ru!L~«.aLOV, 1. 149 : (JX(t.qll:Lcr. dl; 1'0 Y1J!J.VlltnoV; 373, H, 1. 27 : "1"0('1] iv T(;n
{yuJl,A.-.{ lla(wL 1]; 440, A, 1. 43-44 : en 173 av. J .-C., GlOlV(OV [et, "l"]O )'Ufivâmo\l; 1412, a, 1. 13-24 : au
milieu du Ile siècle av. J.-C., inventaire du gymnase; 1417, A,i. 118-154 : inventaire du gym-
nase (de même: 1423, Ba Il, 1. 1-8; 1426, B l, 1. 43-50).
wClAClUnpcl: paledre : 104,1. 141; 104·10,1. 8,104-11, B, 1. 34, el 104-12, 1. 113: au milieu du
IVe siècle av. J.-C., dans des inventaires, -rpoxèu; br. n:(Ù,«(cnp«ç ; 139,1. 9 (lacune); 144, A, 1. 83,
84 : en 304 (?) av. J.-C., réparation du mur Sud de la palestre et remise en place du couronne·
ment., achat. d'un mœ~ûo... pour la palest.re; 146, A, 1. 20 : TOy YllU}.O... 1'0... [dç] rl) 1ta:Mt{Ccrrpcl"'];
147, A, 1. 4: en 300 av. J.-C., t.ravaux sur la porle de de la palest.re, 1. 6 : YllulO bnaxcu«Gllyt'~
-ro... h Tij~ x«1'Cil1ta:À«Ecrrprx[l] (même formule: 165, 1. 16) ; 154, A, 1. 5 : en 296 av. J.-C., dr; rl)...
7tll).a:!crrprx rl)... XhCil 30xo... bt[ ~6Évn.], 1. 7 ; ùrni 1'0 1tp680fJ.0", Tijr; xâ:1'Cil [1trx).a:[crrprxç], 1. 8 : x1]lCil'" dt;
7trxlrx!GTPrx[ ], 1. 30 : 1'0 TC~XqOV 'tijr;] 7trxÀrx[aTprxc:; xrx1'rxÀd~rxvn, 1. 33 : 1'0 IfIP!rxP 1'0 !fJ. 7trxÀrx((Tfprx~ 7tCPI-
xov~«arxV1'~; 156, A, J. 57 et. suiv.: transport de 1500 briques [dt; rl)v otxtrxv rl)v 7tpo]ç T1jv 7trxÀ«(-
crrp«v, et. de bois depuis le sanct.uaire jusqu'à la palestre, B, 1. 21 : tuiles pour la palest.re; 159,
A, 1. 29: en 281 av. J.-C., O"1.o~v(ov cL; 7tllÀc:r.((TfP(lV (même formule: 158, A, 1. 72; 203, A, 1. 40;
287,A, 1. 46,64,74,81 ;290, 1. 81,92; 291, b, 1. 15,t, 1. 5;338, Aa, 1. 20,37;354, J. 60, 71, 78;
444, A, 1. 36; 460, t, 1. 69), 1. 46 ; ex. 1'OÜ NUfLopa.Lou dc:; 7tllÀIlLcrrpclv À'l'JvOY xot1'llXofL(ac:r.a\; 161, A, 1. 98,
99 : pour la palest.re, 1'poXl.À.dc:r.c:;, O"1.0IV(o..., CJxot~ci'o... ; 163, B, J. Il (lacune); 165,1. 20, 48 et. suiv. :
en 276 av. J .-C., adjudicat.ion de 350 pieds de poros de Mykonos dc:; rlj... l(iSpa:" rijc:; lta:Àt.lEcrrpc:r.ç
xott 1'0 m:pl.(rtillO", et. adjudication de t.uiles pour la palest.re, 1. 61 : yc:r.uÀoÙ<;"t'OÙ/; Cv 1"ij11tllMEcrrpou
«v&yo(uen; 199, A, 1. 15 : en 274 av. J .-C., TW'" 3f.a.'tIPc:r.YfLllTW" ex. rijç 7ta:Àt.lEcrrpc:r.c;, J. 17 : 1'W" À(Owv
1'WV m:plye:vo!J.É:"<ù" ex. rijç 7ta:Àt.ltcrrPllt;;, 1. 29 et suiv., 40-41, 45, 49, 52, 57-58, 60, 64-65 : transport
d'objets, de bois et de pierres vers la palest.re, 1. 68 : Oùpc:r.v à.rni 1"ijr; 7ta:ÀlXmpc:r.ç, 1. 104 et suiv. :
adjudication, dans la palestre, du toit du toulron, du paidagogeion, de l'aleiplerion, de l'exèdre,
de la stoa au Nord et. des deux (Tf 0«( sans étage, 1. 108 : crépir les colonnes et le péristyle, 109 :
faire le toit de la palest.re, 110 ; faire le sol du sphairisterjon, des (J1'o(lL et des exèdres, III : faire
un verrou et une serrure pour la port.e de la palest.re, 112: 8Ll.ÀIt\" 1'0'01 1'OrXOV 1'OfJ. (J.!ao" "l'OÙ
à.Àtt7t"nlp(ou [xll]l1'oÜ 1tll~8llYWYIt(ou"t'Où &,pxc:r.tou; 203, A, 1. 42: en 269 av. J.·C., confection d'un
CJxot'tlcrov pour la palestre, 1. 44 : 1'O[y ypuÀov ~uÀwa(l:V1'l1'OV lx rijc:; 7tIXÀlXLG"tpc:r.r;, 1. 52 : xâ:80v 1'0'01 Iv rii~
1tIXÀlXLcrrplll hnmuuâ.Gc:r.V1'l, B, 1. 8-9; 204, A, 1. 36, 52 : construct.ion du loutron de la palest.re,
1. 41 : une clé pour la palest.re, 1. 64 ; 205, Bb, 1. 26 : le gaulos; 219, Ab, 1. 34 : t.ransport. de
pierres de la palest.re au Hieropoion, 1. 37 : le gautos, 1. 44 : vernissage des portes et des épis-
tyles de la pal~st.re; 233, LlO (lacune); 287, A, 1. 64: en 250 av. J.-C., xotUt; pour la palestre,
1. 84 : ck Tà. lcpà. 'Til Etlcl6uLx~ 1'« rn6fLC"« h 'tÙ 1ta:Àœmprxt, 1. 112; remettre des tuiles dans la
palestre, J. 131 ; de l'huile pour la palestre; 290, 1. 51 : de l'huile, 1. 76 : une CJxot'Pû; pour la
palestre, 1. 95 : net.toyer le puits dans la palest.re, 1. 108, 112: divers achats pour la palestre;

(1) J'ai utilillé, liVe<: quelques aménagements, les lisles de rHérences données pour Y"\Lv6.cno~ et nù,iXWI'plll par
J. DKLORME, dans 1..f' pale.I~•. EA D 25. et J. AUlHAT, dalls U gymllo.e, EAI) 28. Je Il 'ai con8Crvé que les pa881lges où
les deux mots apparaissent, et 11lÎIlSé de côlé ceux où les monumenU sont simplement évoqués par une de leurs partiel
(par ex. le xyste). 5llns que soÎt spécifié le nOIl1 de l'ensemble.
-95-
296, 1. 19 (lacune); ~7, At 1. 27 (lacune); 316, 1. 72 : en 231 av. J.-C., .p6I~O". iliL8àç x«l
lCÀwv(ou dl; l't«ÀŒUrTPŒ'I; 324, 1. 20 (rest.it.ué); 338, Au, 1. 37 : nettoyage du puits de la palestre,
1. 54,55.61; 354, 1. 76 : rëparation de la porle Tijç lipxa!«l; T.(Ù4!(f':"PŒ' ; 403, a, 1. 4 : vers 189 av.
J .-C., ['twv o-rowv èv rijl mt]M(CfTp!ll .Ii )(2..à. xÎ:paqLO\/; 440, A, 1. 27 et 444, At J. 26 : paiement li un
employé pour la palest.re; 1406, B, 1. 12: dans un bail, ':"0" TopOr; rij~ 7t1XÀa.![oTprn; 1143 : vers 100
av. J.-C., L. 0I'bius... palaesirat dedil; 1926, l. 5 : en 118-117 av. J.-C., dédicace èx T'iiI; Nuc{Qo[u
-roü] AlE:wvE&u Mù.~'t'é[wk 7t«À«(etTP[«ç]; 1932, 1. 6-7 : en 94-93 av. J.-C., dédicace he. TOi) Nut.'lpŒ'tou
x.cd NLX'lp&:rou 'Ah~(l~ptCù\/ 7tIXÀa.LaTplXÇ; 1953, 1. 6 : en 138-137 av. J .-C., dédicace ix rijç Nudou roû
Atwv(80u 7t«M(etTp«ç ; 2595: en 133-132 av. J.-C., I:'T'OlGœç (fltÀoXÀ.touç KoÀwvijOcv, 1"t«t.30Tp(~ljC;.
6.Vi:ypŒ~t'I'
b. Tijç ÙlUTOÜ 7tŒM(o-rpa.Ç.
Délos est le seul site qui peut se targuer de la présence simultanée, dans les inscriptions et
sur le terrain, d'un gymnase el d'au moins une palcstre. Les fouilles ont en eHet achevé de
mettre au jour dans le Nord dc l'île les ruines d'un grand gymnase, qui a pu être identifié sans
doute possible avec le YUfJ.~6mo~ des inscriptions. La quesLion des palestres déliennes est plus
complexe. Les premiers administrateurs athéniens, puis les hiéropes, parlent presque toujours
d'un établissement municipal dit.la palestrc., maislrois fois de la X6.TW 7tŒÀ.Œ'O"TPŒ el une fois
d'une uncienne palestre.; enfin, sous la seconde domination athénienne, les textes nous font
connaître au moins lrois autres palestres, celles-ci manirestement privées 1 . Or Ics fouilleurs ont
dégagé deux groupes de constructions susceptibles d'être qualifiés de palestre, l'un dans la
région du Lac, et l'autre dit aujourd'hui. Palestre de Granits, bien que ses matériaux soient
surlout le gneiss et le poros.
C'est en essayant. d'abord de cerner les sens respecLifs des mots YUlJ.vŒ0"10'l et. 7tŒÀll!o-rpa: que
nous pourrons vérifier l'idenWication de la Palestre dite du Lac avec celle si souvent mention-
née dans les comptes de l'Indépendance.

Le gymnase.

On sait que le mot YUlJ.vŒ0"10'l est dérivé de lVIJ.vŒCW, ts'entraîner nu s. A la limite, un espace
libre recouvert. de sable suffisait pour les exercices physiques, et ce n'est que peu à peu que cet
espace a Hé architect.uralement. st.ructuré, la superficie et. l'importance fonctionnelle des
const.ructions finissant. par l'emporter sur celle de la cour hypét.hre. Si l'on crédite en général
At.hènes des premiers établissements de gymnast.ique S, les plus anciennes ruines d'un gymnase,
datées d'environ 335·330 av. J .-C., ont été relevées à Delphes; elles rassemblent une cour
péristyle avec diverses pièces ouvrant sur la colonnade, un louiron et un xyste 4. C'eslle plan
qui se ret.rouve dans tous les autres établissements pouvant. être définis comme gymnases, y
compris celui de Délos: une cour péristyle bordée de pièces sur un ou plusieurs côlés sert à
l'enseignement ou aux exercices .gymniqueu, d'après les buts de l'éducation à la grecque, el
une autre zone est occupée par les pistes de course. C'est. d'ailleurs ainsi que Vitruve (V, Il)
décrit le gymnase grec, formé de deux ensembles. Le dernier gymnase publié, celui d'Ai Kha-
noum en Bactriane, est particulièrement. intéressant. en ce sens qu'il est l'édifice qui, dans les
détails, ISe rapproche le plus de la description vit.ruviennes, davantage que celui de Samos, par

(2) Noull IdmeUrons, IVec DIlLOfl)lIl, GymnalÎon, p. 159-160. que Il dédi~ce litine 1743 ne concerne pli une
paleal/"l') pri\'ée, mlil • un don' une IlIIIOCiltion lportive •.
(3) Les trois gnndl gymnlses d·Athênes. l'Ac.adêmie. le Lycée et le Cynoutgell. auraient. exillUl l"lnt ou au
tempa de Solon: dern~/"l') mise lU pointlur cette question, IVec 1. bibliographie .nÜrieunI, par M.-Fr. BILLOT, dlnl
l'article .A~d!miu du DÎclionnoÎre dllS philtmlphta On/ÎqUIlS 1 (1989; A. Goulet éd.), p. 7C6-i06.
(4) Voir noue rubrique t~, Înfra. J. B9UIlQUET, Et. • ur /tl compta dt Dtlplla (1988), p. 170 n. 10, date le
gymnase entre 337 et m IV. J.-C.
yu~vcialov -96-
la • fusion des deux ensembles», l'alignement. des axes d'implantation e, et f le caractère gran-
diose_ de la cour principale~.
A Délos, la proximité du stade, les tl'ouvailles d'objets faites sur place et surtout la
relative coincidence des ruines avec le texte des inventaires e, achèvent de convaincre que GD
76 est bien le gyrhnase des inscriptions. Il apparail dans les comptes dès la première moitié du
III~ siècle, avec une simple mention de travaux sur le toit. Par la suite, si l'on excepte les
renvois au xysle, il ne sera plus question que d'instruments pour le gymnase, et il faudra
attendre les inventaires du II~ siècle pour rencontrer autour de la cour et du 1t"e:p!a"t"w~ov une liste
de locaux: &:1t"oôun,pwv, È~tÔp~a., arpcup!a"t"pa., Èma"t"&.a~ov, Àou"t"pwv, Q"1JnWv~a. 7. C'est ce dernier état,
peut-être aménagé vers la fin du III~ siècle selon Audiat, et manifestement abandonné après 88,
qui est aujourd'hui seul visible, empêchant de déterminer le plan antérieur. L'examen des
ruines montre qu'une grande activité régna encore dans l'édifice vers la fin du II~ siècle:
remaniement du péristyle, de certaines façades, puis ouverture d'une deuxième porte au Sud
(pl. XXIII).
Le gymnase de Délos possède pratiquement tous les locaux rencontrés dans d'autres gym-
nases, à l'exception de l'. arène», xov~o"n,p~O\l, de l'aieiplerion, et d'une piscine (mais le Àou't'pW\I
est bien là). Les exèdres y tiennent ulle grande place et l'on a calculé qu'une centaine d'audi-
teurs pouvaient s'installer dans l'exedriQn principal (salle C), richement orné. Comme ailleurs,
l'apparition du xyste y est relativement tardive.

La distinction gymnase-palestre.

Dans sa grande étude synthétique, J. Delorme a établi que le mot YU~\I&.o"~o\l .désigne
constamment l'ensemble de l'établissement d'éducation, jamais une de ses partiest 8 . Car on a
parfois pensé qu'il fallait distinguer un gymnase au sens propre, étroit, et le gymnase au sens
large, à partir du compte delphique de Dion, qui nomme un yu~v&.(J~O\l dans une énumération de
pièces au gymnase 8 : en réalité, il faut sans doute comprendre que l'on parle ici du Heste du
gymn3se», "t"oû (&ÀÀou) YUIJ.\la.a!ou. D'aut.re part, on admet en général que le mot 7ta.Àa.(a't'pOt s'ap-
plique habituellement, non pas au péristyle du gymnase, qui est dit dans plusieurs textes (de
Délos, Delphes, Pergame) 7ttptO""t"UÀov ou 7ttp(a't'ûHov, mais à un édifice fait de la seule cour péri-
style et des locaux qui en dépendent directement, les installations extérieures pour la prome-
nade ou pour la course n'étant pas jugées nécessaires, comme le confirme l'étymologie qui met
l'accent sur la 1t"&.À1j, la .lutle_ llI . Non seulement Vitruve (VI, Il,3) décrit bien la palestre
grecque de celte manière, mais la distinction ent.re la palais/ra et la piste de course est faite dès
la plus ancienne attestation du premier mot, chez Hérodote (VI, 126) : il écrit en effet qu'au
second quart du VI~ siécle, Clisthène fit construire à Olympie XOtt ôp61J.0v xa.t 7ta.À<da't'pa.\I.
En raison de ses dimensions supérieures le gymnase est donc normalement un établisse-
ment d'état extra-urbain, alors que la palestre, qui nécessite moins d'espace, peut être privée, à
l'intèrieur de la ville.

(5) S. VEUVE, Fouiller d'Aï Khanoum VI. f~ gymnu.u (1987), p. 103-104.


(6) Les conclusions de J. TRKHEUX,' Une nouvelle lecture de l'inventaire d" gymnase Il Délos., BCH 112 (1988),
p. 583-589, ont été approuvées par Ph. BRUNEAU, BCH 114 (1990), p. 576-581.
(7) Pour des détails, et sur la dirliculté Il reconnaltre tous ces loc~ux, voir nos rubriques Œ'Il03IJ..-IjPIl''', W3p'o..,
i'Ilt<:M"«alo", ÀO""'pW", avyrw"toç (dans yw.....), a'i""p(<T'l"pcl.
(8) J. Delorme a réitéré les conclusions de Gymnil$ion dans le 8CH 106 (1982), p. 56-57.
(9) BOUSQUET, CID Il, nO 131.l, 1. 10.
(10) La diHérence entre palestre et gymnase a été étudiée par DIlI.OI<l>lIl, GymnosiOfl, p. 253-271, puis pllr
S. L. Gu.SS, Palais/ra and Gymnasium in Gruk Archil~cfu.re (Thèse Univel'!lity of Pellllsylvallia 1967, Univ. Microfilms,
Ann Arbor, 19(8), p. 69-81, ou l'on reléve que les gymnases de l'Académie et du Lycée, sur lesquels nous avons nombre
de testimonia, sont décrit.s Il travers leul'!llieux de promenade et de course. S. L. GLASS a résumé son point de vue dans
.The Greek Gymnasium. Some Problems., Th~ Archarology of the D/ympics (1988: W. J. Raschke éd.), p. 155-173.
-97 -

Les palestres (pl. XXD).


Tel qu'il se presente aujourd'hui, l'édifice GD 66 est.--il une palestre, et si oui, est.--ce la
rnù.ot!G'Tpcr: des comptes '1 A ces deux questions la reponse n'apparaissait pas d'emblée. Rassem-
blons les arguments avancés par Delorme pour justifier l'appellation. Palestre de granitt l l : le
bâtiment a été compare aux autres édifices à coup sûr identifiés comme palestres, la superficie
de la cour à citerne est importante, par rapport à celle des constructions qui la bordent, on y
remarque un loutron chauffé et des latrines; ajoutons-y des trouvailles typiques d'un établisse-
ment d'éducation Il. Toutefois, sa date tardive interdit d'y voir la palestre des comptes, car elle
semble avoir été construite dans la première moitié de la seconde domination athénienne, soit
entre 150 et 125 av. J.-C.
Restent les constructions GD 67, dites. Palestre du Lac t. D'après son plan - une grande
cour rectangulaire entourée de salles - et surtout la teneur de certaines inscriptions qui y ont
été retrouvées, c'est sans conteste un «établissement public d'éducation & 13. Mais les lacunes et
la superposition des ruines imposent une extrême prudence dans leur interprétation.
J. Delorme a néanmoins pu distinguer au minimum trois étals, quelques restes laissant suppo-
ser un état encore antérieur, peut-être archaïque. La situation actuellement visible correspond
à l'etat III, qui résulte de remaniements opérés au troisième quart du Ile siècle, d'après l'étude
iconographique d'une frise peinte. Il montre une cour creusée d'une citerne et bordée d'un seul
portique, sur l'aile occidentale; parmi les divers locaux (exèdres, salle de bain, latrines) se
remarque une concamerola ,1udatio voûtée, donc le seul exemple connu de celle décrite par
Vitruve. Dans l'état Il, que la base d'Eurymanthès, encastree dans le mur oriental, date du
premier quart du Ille siècle, la cour alors sans citerne s'ornait d'un portique à dix colonnes sur
les côtés Nord, douze colonnes à l'Est et à l'Ouest, l'aile Sud en était dépourvue, mais on y
trouvait une grande exèdre. Quant à l'état l, presque entièrement effacé par le deuxième, il
n'est pas possible d'en déterminer le plan exact. Selon Delorme, le mur occidental, le plus
ancien, pourrait remonter jusqu'au ye siêcle.
L'antériorité de ces ruines par rapport. à celles de la Palestre de Granit ainsi que le conlenu
des inscriptions de l'Indépendance invilent à voir dans cet édifice la rnù.ottaTprx par excellence,
et permettent de mieux comprendre sa disposition. Nous ne pouvons rien tirer des lextes de la
première domination athénienne, ou il n'est question que d'une .pouliet, TPO;(OC;, certainement
pour un puils l •. Par la suite, vers la fin du IVe siècle, interviennent quelques réparations. Et
c'est entre 284 et 274 qu'ont lieu de grands travaux sur le péristyle, dont il est précisé qu'il
possédait trois colonnades, une au Nord et deux &(fTryO~, .sans étage., d'ou il s'ensuit que le
portique septentrional avait un étage 16. Ces travaux doivent correspondre il 10 mise en place de
l'etat 1l, pour lequel les briques sont employées en nombre, il côté du poros des inscriptions. Le
fail que l'on passe il la poix les épistyles (219, Ab, 1. 44) montre qu'ils étaient en bois, ce qui
concorde avec la réalité des fouilles. Mais le Olprxtp!'o"-ri)pto... et le hOUTpWV signalés sont bien plus
difficiles à situer que 1'~t3pClI', et même que l'cihll:tlt''t''iJptOV ou le ltCltlhrwrcIovl7. Il existait,

(11) EAD 25, p.68sq.


(12) Ph. BRUN RAU, OCII 102 (1978), p. lal-la2.
(13) EAD 25. p. 117.
(14) Voir noll'e rubrique ",uavlj. in(,.". Les allu!lionl au puiu de la palestre !KInt relalivement nombreu!le!l, par
nnt.enn~i.;re de IOn t)lIUme de puisage, ou par !KIn enll'etien.
(15) Voir il ce !Iujet. noe rubriquet ~ et. ~'" in(,.".
(16) Voir noe rubriques ~pc:n. (IIOU!l ~), l(Upo. et. CJ9«~"'LIlY.
(17) Voir nOll ",briques .u.e,ltT'Ijpo.oy et >=kr...,..ro.., en particulier pour le !len!l de Cet mali. On rem'rquera que !Ii
le gymna!le et la palestre poeeedent en grol let mémet sallet, t"o/eipluion et le paidQ~ion n·uillent qu'il la paltlllnl,
qui n'a pl!! I"opodylerian du gymna!lt: ce • vestiaire- est nécet68ire Iii où 1"on u'entralne nu •.
~~~ -~-

apparemment au Sud, un «ancien paidagogeion t séparé par une cloison de l'aleipterion, lequel a
étê agrandi par la démolition du mur (199, A, 1. 112). L'ancien paidagogeion devait logiquement
appart.enir à l'état l, qui posséda il une antichambre ou 1tp6&lA-~ (154, A, 1. 7)11 et sans doute
déjà au moins une colonnade à étage, d'après l'expression ~ mTla) ltllÀtlmpa., attestée dès 300 av.
J .-C. En eHet celle-ci doit signifier le t bas de la pa lestre t, donc le rez-de·chaussée de la Palestre
du Lac, plutôt que la tpalestre du bas t, qui serait alors un monument indépendant Il. Dans ces
conditions, les lravaux de 294-274, avec les achats de poros, devraient être compris comme le
remplacement d'anciens soutiens qui êtaient peut·èlre en bois, les quantilés énormes de poros
ne s'expliquant pas pour une simple restauration.
L'enlretien de la palestre de l'Hat Il, en particulier de ses portes, a continué de préoccuper
les administrateurs. Il n'esl plus fait menlion de celle palestre à partir de l'invenlaire 1406,
soille milieu du Ile siècle; c'esl désormais le gymnase qui passe au premier plan dans les lexles.
Les ruines permettent néanmoins d'arfirmer que la Paleslre du Lac n'a pas cessé d'être restsu·
rée, transformée et fréquentée, des inscriptions du gymnase délaissé en 88 ayant alors été
transférées à la Palestre. Selon toute vraisemblance les évènements de 69 signifièrent son
abandon, si bien que Triarius put utiliser le mur Est comme parement externe de son enceinte
fortifiée.
Une question loujours en suspens esl celle de 1'à.Pla;(ar, mù,.a;(a-rpill. (354,1. 76). J. Delorme a
d'abord pensé que ce serait l'édifice de la période amphictyonique, avant de renoncer à cetle
hypothèse et d'avancer celle d'un édifice «archaïque t, mais aucune des deux propositions ne
peul être surfissmment étayée. De son côté, J. Tréheux a voulu rattacher • l'ancienne palestret
à un état antérieur de la' Palestre de Granit: il estimait que les fondations visibles à une ttrès
grande profondeun sous cet édifice pourraient être précisément 1'&pIlll.tŒ 1tlXÀI:r.La-rpa., qui corres-
pondrait aussi à la mw:da-rpa. des inventaires amphictyoniques, et à la X«TW mV.a.lo"fp,2, -. Néan-
moins, les niveaux respectifs des fondations des deux palestres visibles de nos jours paraissent
s'y opposer- I . Oans ces conditions, aucun texte n'évoquerait à coup sûr la grande Paleslre de
Granit: ne faudrailril pas alors penser que c'était un établissement privé, et non municipal tl ?
Le gymnase et les deux palestres déliennes sont certes des constructions relativement peu
soignées et d'une taille modeste par rapport aux autres monuments remplissant la même fonc·
tion dans le monde grec. Malgré tout, et en dépit des réels problèmes d'identification non
résolus - peut·êlre même insolubles - , les inscriptions relatives à ce gymnase et à la palaistra
representent des documents d'un intérêt exceptionnel pour l'étude de ce genre d'édifice. Non
seulement ils sont parmi les plus anciens, mais surtout ils nous renseignent abondamment. on
l'a vu, sur la terminologie architecturale des établissements d'éducation.

(18) Voir. ce lujet notre robrique 'I<~, infra.


(19) L'inLerpréLlUon de cetLe formule a alimente une polémique; voir en dernier lieu DIlLORMR. EAD 25, p. 171-
ITh. Le Jens de ~ un.. ~"",.i DéIOli elitlié. celui de l'expression delphique TG l".I\l..wno~ TG U'fW (dans FD 111,4,
n· 136), poul'Iaquelle je me rallie il ravis de J. POUILLOUX, Et. dt:lphi,uu, BCII Suppl. IV (1977), p. 114-115: e'etl
&l!ns doute .Ie bal du gymnaJet, sur la t.erTll!lliC inférieure. II est vrai que malgré la similitude de la formule, la situatton
est nnalement différente; dans un ClS, ce Jerait un 1"ll1:,,(Je-chausser:. dans l'autre, un niveau en contrebas.
(20) BCtI 76 (1962). p.582-584 ; la t1~pa des hiél'Opell serait 110<"1 bien celle du La.c, tandis que IOUS la
seconde domination Ilhênienne, ven 150. on aurait r1IMl les l''lllIlea de l'&n<<l<< t1~laTpot et Mine. cet empltcemenl
l'actuelle PalClltre de Granit.
(21) DELORME, EAD25, p. 173-174: le niveau des fondalions de la Palestre de Granil n'est pas inferieur. celui
de la Palestre du Lac.
(22) Comme l'ecrit DRLORlIlF.. Gymncuitm, p. 410.
-99-

ZQne de la maison ou atelier réservé aux femmes: 161, A, 1. 17; 162, A,I. 14; 199, A, 1. 9; 204,
1. 32; 290,1. 26: au Ille siècle av. J.-C., dans l'oikia Charét.cia.
Le mol ruVOtlXWV n'élant attesté que chez Xénophon 1, c'eslle dérive YU\la;~:KWVr'f~ç;2 qui est
habituellement employé en grec classique pour désigner la partie de la maison réservée aux
Cemmes, le egynécée •. Elles s'y livraient, aux travaux jugés propres il leur sexe, en particulier la
coulure el le lissage, el s'occupaient des jeunes enfants!.
Le Lerme YUVoclxw\O'tnç reste de toute façon peu fréquent. Dans les inscriptions déliennes,
comme dans d'autres textes 4, la sphère des femmes est mentionnée en même temps que
1'&.vBpw\I ou ]'ocv8pw"ht<; - qui est, à Délos, J'atelier ou le ,lieu dévolu aux travailleurs de sexe
masculin., et non une • salle de réception pour les hommes. 5 ; ces deux types de locaux sont
toujours opposés, et, dans notre Ile, loués séparément. Toutes les .maisons sacrées. de Délos ne
possédaient pas de gynaikonitis; nous n'en connaissons que pour un établissement aussi impor-
tant que celui de Charéteia. ,
La forme, les dimensions et la position exacte de la gynaikonilis à Délos nous échappent;
rien ne prouve, en outre, que cette zone avait partout ct toujours la même structure, Pour
Vitruve traitant de l'habitation domestique (VI, 7,2), la gynaikonitis se groupe autour de la
premiére cour de la maison et commence par la pros/as, ou prosladium, flanquée à droite ct il
gauche de deux chambres symétriquement opposées, le thalamos ct l'amphifhalamos. Mais selon
Chamonard', .le groupement indiqué par Vitruve des chambres de l'habitation autour de deux
cours, constituant ainsi une andronitis et une gynaikonilis, ne se retrouve pas il Délos., affirma-
tion qui doit être nuancée, lorsqu'on regarde par exemple le plan de la Maison des masques,
dont A. RumpP s'est précisément servi pour illustrer la description vitruvienne.
Qu'en est-il ailleurs? On n'a pu mettre en évidence une gynaikonifis il Olynthe', mais à
Érétrie, la Maison aux mosaïques et la Maison nO 2 du • Westtorquartien correspondent bien,
elles aussi, à la description de Vitruve, avec leurs deux cours: l'une possède deux andrones,
tandis que l'autre zone contient la cuisine, le bain et quelques pièces pour travailler ct dormir Il.
Il est toutefois permis de supposer que, à Délos comme dans d'autres régions, la gynaikonifis
devait pouvoir se trouver à l'étage 10, ce qui revient à dire que l'accès y était surveillé par les

(1) Cyr., V, 5, 2,
(2) CIlANTRAINIJ, La {ormalion des noms tn grtC ancitn, p. 3<10 : il est forme avec le suffixe féminin -"",,>, connu
dans le~ vocabulaires lechniques.
(3) On songe aux paroles de Télemaque il sa mere : • Va dans ta chambre, veille il les travaux, métier et
quenouille. (Od., XX l, 350-351), et li l' '::conomique de Xénophon: • C'est li l'abri que doivent être élevés les nouveaux-
néll, li l'abri aUlIsi que doit être préparée la farine que donnent les céréales, c'est de même ennn que doivent être
confectionnés les vêlements avec de III laine. (VII, 20-21).
(4) Voir ORLANDOS-TRAVLOS, Luikon, s.o. ; ajouler Maxime de Tyr, 4, 2.
(5) Voir notre rubrique 6.Y3PC:.~-«Y3P"'~'"tT.~, supra.
(6) EAD VIII, l, p,H38-169.
(7) JIJAI50 (1935), p. 1-8. Conlro, toutefois, M. KRUll, AI! 1985, p. 95-106.
(8) Voir J. W. GRAHAM, Excavation' 01 Olynlhu' VIII, p. 169-172: «No trace of segreguted apartment, noreven
of single rooms dennitely set apart for the use of womell, is to he found at Olynthus (...), the andron was only
p«uliarly, not ezclusiody, the men's roomt.
(9) Voir la communication de K. REliER, .Die spiitklassisch-hellenistischen Hiiuser von Erelria., au
Xlll~ Congri!$ inlemlltional d'an::héologie classique (Berlin, 1988), et l'article de P. OUCRE'\',' Architecture et poésie: le
CilS de III Mai!!On aux moslliques à trétri"", duns Archileclurt d poisit. Hommagt à G. Roux (W89), surtout p. 57.
(10) Cf. l'indication de Lysias, AI~urlre d'Eral(N!., 9, cilé !!Ous notre rubrique dE..ap.:.~, et Ménandre, Sam., 230, où la
femme descend du premier étage. On y ajoulera le vers d'Aristophane, Th., 797, où les femmes regardent par la
fenêtre: il est alors plus vraisembloble de les imaginer à l'étage - mais !Illns assurance.
ywvio, ywY~oioç - 100-

hommes, vivant et travaillant au rez~de-chaussée. Ceux-ci vont parfois jusqu'à prévoir, pour
celle gynaikonifis, une ~ porte fermant à clé., une &Uprx f3rxÀIXvwT1j, «pour éviten, dit Xéno-
phon ", ~que l'on n'emporte rien indüment et que les esclaves n'aient des enfants sans notre
permission •. Ajouté à la phrase de la Samienne de Ménandre, où la gynaikQnilis est un atelier
de lissage, et une inscription du Bas-Empire où le mot yuV(UXÛOV désigne un atelier impérial de
tissage de laine n, le texte de Xénophon donne à penser que ce lieu est plus spécialement
réservé aux activités des femmes de basse condition et aux esclaves de sexe féminin, comme
l'andronitis, il Délos, est liée à la sphère artisanale masculine (esclaves et hommes libres) 13.
La situation du _gynécée. et la coutume en font de toute façon un lieu retiré, où les femmes sont
confinées. Les peintures de vases il figures rouges donnent une idée du mobilier de la pièce, essentiellement
chaises et coffres, mais l'image d'un bonheur simple et presque idyllique qu'elles nous renvoient 1. est
certainement peu conforme il la réalité. Dans tous les cas, il s'agît de soustraire les femmes il la vie
publique, de garder en retrait un groupe de «mineures, marginales, exclues de ce 'club d'hommes' qu'est
la cité., pour reprendre une expression de Cl. Mossél 6 ,

YWYLQ: angle : 104~24, 1. 37: à propos du Temple athénien; 158, A, 1. 84: en 282 av. J.-C.,
otxo8olJ-iJO"lXv"t't TYjv YWVtlXV 't'oü 'Ap't'&!J.t[O"(jou; 176, l, 9 : édifice indéterminé; 199, A, 1. 104 : réparer
l'angle du Temple de Koré; 219, A, 1. 58: TYjv Yw(VLIXY 't'oü... &....oLxo8oIJ-iJO"IX'oI't"t]; 500, A, 1. 40: en
297 av. J.-C., dans le devis du Temple d'Asclépios, pose de la sima &y)']w...1IXL; 1417, C, 1. 44-45:
au milieu du Ile siècle av, J.-C" dans un état de locations, &'n:à"t"'ije:; )'w...11Xe:; 'toü n:poOup!ou, l, 51 : tn:t
TYj... )'w...11X'" 't'oü n:pootxo8of!iJfLlX't'oe:;.
ywv~Qio~: d'angle, angulaire; 104~24, 1,23,24,27,28 : au milieu du IVe siècle av. J.-C., dans le
compte traitant du Temple athénien, pierres d'angle; 205, Be, 1. 29: en 267 av. J.-C" ["t'w~
yw ?}i~IX{M IJ-E:J..&.6pM; 372, A, 1. 165 : en 200 av. J .-C., pierres d'angle de l'Ekklesiastérion ; 500,
A, 1. 23-24: dans le devis du Temple d'Asclépios,"t'11 8è: yw[v~lXtlX; 504, A, 1. 5: dans le devis du
Tem pie d'A pollon, o"u...l:E:u~hw 8è: [xIX1] "t'Œ.ç YW"'l.O'.tlXe:;.
TrQPQYwv~os : qui est à eôté de l'angle, qui louche à un anale: 504, A, 1. 6 (devis du plafond du
Temple d'Apollon).
aUYYWvLo~ : qui est ensemble à l'angle.' 442, A, 1. 229 : en 179 av. J .-C., de:; "t'oùe:; un:o"t'6vouç "t'oùç
O"UYYWVLOUe:;; auyywvlQ (subsl.): salles qui sonl ensemble, à l'angle: 1412, a, 1. 23; 1417, A l,
1. 148 : dans l'inventaire du gymnase.

(11) Dec., IX, 5 (traduction CUF), Mais dans ce texte, rien ne laisse supposer que l'appartement des femmes se
trouvait il l'étage, il est seulement question d'une separation.
(12) Bull. ~p. 58, 316,
(1 3) C'e~t la conclusion il laquelle aboutit également, par d'autres voies que les nôtrea, PESANDO, Dikos e Klesis.
(1<1) Comme sur l'épinétron du Peintre d'~rétrie (Musée national d'Athènes, nO 1629), où les remmea bavardent
entre elles, se parent, et jouent avec un oiseau, pendant que volètent des petil.8 Eros.
(15) Dans La femme dam la Gr~ce anlique (1983, avec la bibliographie sur le sujet), p. 89-90 :, D'un bout il J'autre
de l'èchelle sociale, d'une extrèmitè du monde grec il J'autre, et pendant cinq siècles, c'est aux mêmes tâches que la
femme est vouée, aux Ulches domestiques de l'intèrieur, de l'oiko8t. De leur côté, HOEPFNER-SCHWANONER, fiOUl und
Stadt im klaSiischen Griechenland, p. 273, font aussi remarquer que la gynaikQnilis n'est nullement comparable, par sa
fonction, il l'ondron, pris au sens de ualle de banquet., donc un lieu de rassemblement et de vie sociale pour les
hommes: ce n'est rien d'autre qu'une 'priSOlu.
- 101-

Ce n'est pas seulement parce que l'.anglet d'un bâtiment, ywvla. l , consl.Îtue un point de
repère topographique qu'il en est question dans les inscriptions déliennes. Ce point devant être
particulièrement soigné pour assurer une bonne cohésion (pl. l, 4)1, il est normal que les textes,
déliens ou autres, parlent assez souvent des angles, d'autant plus que cett.e partie est spéciale-
ment exposée aux chocs et doit donc fréquemment être réparée. En conséquence, dans l'ins-
cription athénienne 104-24, des amendes sont infligées aux constructeurs qui ont mutilé les
pierres d'angle, lesquelles ont une forme particulière (pour l'appareil en besace, en crossette,
etc.); elles s'opposent alors aux pièces tcourant.eu, &:YÙJXi'OL
Les pierres tà côté de l'anglet, mlP«YWVl.O~, c'est·à-dire juste après la pierre d'angle, sont
aussi mentionnées à plusieurs reprises dans les comptes de Didymes, soit à la même date que
l'inscription délienne J .
Mais seule l'épigraphie délienne connait l'adjectif cruyywv~o<;·, qui, au pluriel neutre subs-
tantivé, désigne .Ies pièces qui sont à l'angle, ensemble", soilles pelîtes pièces H', H", et l'au
Sud-Ouesl du gymnase.

&ap.ént, 8Ea}1bs : voir y~+o~

Sta.Ka.8a.ipw : voir ilv<uca.8a.ipw

S~a.Kf:O"a.~

(ilVa.Kf:O.... a.~; èva.Kf:O.... a.~)

SI.Q.Kf:O.... a.~: réparer (de pari en pari) : 154, A, l. 10: en 296 aV. J.-C., dons l'Héraion; 199, A,
1. 69 : le toit de l'oikia Sosileia, 1. 104 : l'angle du Temple de Koré; 219, A, 1. 31 : vers 272 av.

(1) Pour d'autrn &ens du moL (angle en matMmaLique, ~uern'l, projec::lion angulain'l d'une pile de ponl, angle de
pendentil), voir Gl. DOWNRY, Tron•. Am. Phil. Au. 77 (1946), p. 29-30.
(2) MARTIN, Maflu~l, p. 4ô'ltq.
(3) OR.....NI)Ol·TRAVLOI, Laikofl,'.11.
(4) Voir au"i la rubrique ûrin-., in{r(J.
~) G. Roux, Bell 104 (1980), p. 148. J. AUDIAT, Bell 56 (1930), p. 128, IvtiL simplemenL compris • les sallell
d·tngle •. Le dicUonntin'l LSJ en n:ste au tiens douteux., alon que le Laikon d·ORLANI)OI·TRAVLOS lraduiL. peu~lre
pièce d'.nglu, m!me pour 442, A, 1. 2'29.
&a.ppous - 102-

J.-C., le mur d'enceinte près de la mer, J. 37: dans l'Artémision; 228, 1. 9; lacune; 287, A,
1.72: une partie du toit de l'Amphistrophon, l. 112; la toiture de plusieurs bâtiments; 290,
l. 67 : en 246 av. J.-C., l'entrée du Kérat6n, l. 99 : le mur Nord du Poulydamas, J. 100 : dans la
Graphé,1. 124: le mur d'une maison, l. 126: des corniches tombées d'une maison, 1. 129 : le
mur d'une maison; 338, Ab, J. 79 : lacune; 354, 1. 82 : lacune.
'",ukf:O~(n: réparer (de bas en haut) : 203, A, 1. 56 : en 269 av. J.-C., le mur d'une maison.
€va.kf:O~Ul: réparer (à l'intérieur) : 203, A, l. 55 : le mur de l'oikia Charéleia.
Les comptes des hiéropes déliens étant pour une bonne part consacrés il. des réparations,
plusieurs verbes signifiant Héparen ou Heconstruire. y sont employés il. de nombreuses
reprises 1 ; parmi eux 8t'Xxio!J.lXt et iVIXXiofLIXL occupent une place il. part, dans la mesure où ils ne
sont pas connus en dehors des inscriptions déliennes. Au contraire, le verbe simple &:xiO!J.lXt, qui
signifie couramment en médecine • appliquer un remède., est employé dans un contexte archi-
tecturai il. Livadie : si J'entrepreneur fait un dommage, .il doit le réparer il. ses fraiSt, &:xdaew
'foi'.; lô(ou; &:V1JÀWf.tOto"w 1; et le substantif !.XI!:O"u; se rencontre au sens de • réparation. dans les
comptes d'f:pidaure et ceux du Temple d'Apollon il. Delphes 3 •
Tout comme son parent à.v'Xxio!J.lXt - qui apparaît chez Diodore de Sicile, LU, 37-,
8LIXxiof.tOtt s'applique plus spécialement il. la réparation d'une partie d'un édifice, par exemple un
mur, et doit signifier que celle partie est complètement ou du moins fortement réparée, par
opposition au simple repiquage ou il. la mise en place d'une pièce·. En revanche, &VIlX&O!L«L doit
se dire précisément d'une réparation _à l'intérieun d'un mur.

8U:lppou'i, Il
(iypualS. ,,; EtapUal'i. ,,; iiuyc.ry15, ,,; ÔXETO'i, l:t)

8U:lPpous : caniveau, conduite en lravers: 175, Aa, l. 8 : 8t6:ppouv &:vo{xtt.8'Xp; 204, 1. 56,61 : en 268
av. J .-C., au pl., dans le théâtre.
Ëypual5: conduite d'évacualion, émissaire; 144, A, 1. 73 : en 304 (1) av. J.-C., nettoyage de
l'!ypuo"~ç de J'Inopos.

Etapucns: conduite d'adduction: 199, A, 1. 55 : en 274 av. J.-C., 'fo]ü li8!LoÙ xtt.L -rljv t(apuatv
&:VŒxtt.06:plX[V'fL].
i~a.yc.ry'5: conduile d'évacualion: 287, A, 1. 50: cn 250 av. J.-C., dans le théâtre, nettoyer-rlj\l
~Œywy(all, 1. 93 : pour l'Inopos, faire 't'1)\1 iÇIlYWyl8Œ.

(1) Voir nos rubriques UT<l.mr.EU6.C", et G!x03ol'-''''. infra.


(2) Bal 20 (1896). p. 323, l. 22.
(3) 1G IV', 102, Il, 1. 276. 111,1. 297 (portes). et BOUSQUET, CID JI, nO 31,1. 62 (on appareil de levage).
(4) Cf. 287, A, 1. 70 : N~xG"'ph"" x.Mvo.ç lvn(vo.Vl"' ut .JLa.....ollfUv"" : on tend des bandes sur les lits et on les répare.
- 103- 8U\.PPOU5

0XCTO,: conduite, canalisation: 203, A, 1. 33 : en 269 av. J.-C., dans le hiéron, 1A-~a6w't"()u; TOÙÇ
onCT]oùt;; à.\I11X(lO&:pllal.
S'il exisl.e à Délos plusieurs mols pour désigner les conduites, la situation est très complexe
sur le terrain et ne permet pas d'identifier avec précision le dispositif dont il est chaque fois
question.
Dans Lout le monde grec, le terme habituel pour la canalisation construite, d'adduction ou
d'évacuation, en terre cuite ou en pierre, est 0ltT6ç l. Le mot n'apparalt qu'une seule fois à
Délos, sous la forme 610Ç, qui doit ètre une faute de lapicide, car l'emploi du verbe 4\1l1XllOa.lpW,
fréquent pour le curage des installations hydrauliques, ne s'explique vraiment que si l'on
restitue brln}&;. Le sanctuaire d'Apollon et ses abords sont errectivement sillonnés de canalisa-
tions, de section rectangulaire ou cylindrique, mais elles sont bien mal conservées et il est
généralement impossible d'en connaitre les points de départ et d'arrivée'. La plus intéressante
est celle qui longe la face Sud de l'Agora des Italiens et Loutle péribole Est du hiéron d'Apol·
Ion, car elle possede des amphores percées en guise de pots de décantation et de regards, qui
facilitent l'entretien a.
En dehors d'bICT&;, plusieurs termes employés dans les inscriptions déliennes se rattachent
â l'abondante famille de ~w, •couler •. Cette famille lexicale, connue depuis Homère, est égaIe-
ment bien attestée dans d'autres textes littéraires ou inscriptions: c'est ainsi que le locataire
du verger d'Héraklès à Thasos est autorisé, sous certaines conditions, à utiliser l'eau publique
dérivée par des canaux (~toYT\)4, on peut aussi lire t-ypo«, .Ie canal d'évacuatiollt, dans "épi-
graphie de Delphes, ou encore ~k, la l'canalisation., dans celle d'Halaesa en Sicile, enfin prüp.a.,
.l'écoulement dans un caniveau t, chez Plutarque '. A Délos, outre la formule vague orŒ
U1tOpéOYTll, qui doit s'appliquer à des conduites ou canalisations soul.erraines (146, A, 1. 34), on
relèvera les 3llippo~ du théUre de Délos. A l'origine, 3llippoUt;; désigne un simple ,écoulemenh,
comme dans l'inscription de l'Amphiaraion d'Oropos relative à la construction d'une canalisa-
tion'. Mais chez Diodore de Sicile (XIII, 47) et Strabon (IV, 1,2), il faut envisager un petit
canal ou un caniveau, et il en va de même à Délos. Car le 31.6.ppouç dont le nettoyage est
mentionné dans 175, Aa, 1. 8, se rapporte très probablement au théâtre, comme ceux du l.exl.e
204 7 : il doit alors s'agir du caniveau qui rassemblait les eaux de pluie en faisant le tour de
l'orchestra, avant de se diviser en deux branches Nord et Sud qui longeaient la skéné pour
déverser leur contenu dans la grande citerne par des gargouilles'.

(1) lhude du terme, avec la bibliographie antérieure et de nombreuses cillllion8, por G. ARcoIJD, • Construction
d'un aqueduc 'grec· aux frontière8 de l'Attique (Oropos)., JOllrniu d'iludu lur lu aqutduc. romain., Lyon, 1977 (1983,
~d. J.·P. Boucher), 1). 1.11. Pour le8 6l:CTOI ",'tTCWp<>', voir notre rubrique ",rn",f>O/;, ùlfra.
(2) nemarque de VAU..OIS, Arcllilulurt l, p. 190 et n. 8. A DéIOll comme lur tou81el8ites anciennement fouill~s,
le8 canali8otion8 ont longtemp8 été d~laissée9. Ce !!ont les fouilieuTll de ragora d'Athènes qui le8 premiers leur mar·
(Iuérent de I"intérH, en particulier J. Mc Camp: voir la récapitulation de Il. KtIl:N"'8T, don8' Zur Wasllerversorgung
grieehi8cher Stiidte., Wollnllng.oou im Alttrlum. Di.ku"iontn :ur ArclliiologilchM 8auforlchung 3 (1978), p. 114.125.
(3) Cf. L.. . P.UU8. F:AD 19, p. 2 fig. 2 et 3. et L. BIURO, 8C/121 (1907), p. 478. Dan8 me rubrique ~iG", je
relève que le mot «r-r-ill" poutTait d~signer, dans deux p,as8lIges de8 inIKription8 de DéIOll, des amphores de ce type.
(4) Voir M. L.... uNI:IY, BCII61 (1937). surtout p. 387-388 (ne<: d·autre8 exemples ~pigraphiques).
(ri) Re8peetivement dan8 BOUSQUET, CID 11, nO 43, 1. 63, lG XIV, 352, Il,1.35(11' 8iècle av. J.-C.), et Plulllrque,
Mora/io, 811 b.
(6) IG VII, 42&>, 1.21 : cf. G. ARGOUO, .Inslllllalions hydrauliques de l"Amphial"&ion d'Oropoti., Adu du
J' Conglil inlun. lur la INolit Anliqut (Mont~al, 1985), p. 13-14.
(7) Selon Il. 8ul-1.l:I, Vnltrlucllungtn an gri«lIilChtn TII«Jltrn (1928), p. 188, le lran8port de 47 pienu au thèAtre,
mentionn~ en 204, 1. 51, lot rapporterait il ces mêmes ~llG', mais le contexte est trop lacunlire et ne pennet pas d'en
d~eider.
(8) Voir J. CHANO!'l....RD, BCII 2O~1896), p. 313 et pl. XIX: 4cani\·eau large de 0 m 29, di8tant de 0 m 50 du
premier Mmg. (il est également vi8ible .ur la pl. XX du Bell al [1927D; V"'I,.UlIS, Artllil«lul'e l, p. 265-266. De rmme,
au thèfllre d'Argue, un cani\'eau fai8llitle tour de l'orchestra et. fonctionna tout au long de la ~riode d'utili8lltion du

,
&uÎ.ppoU'i - 104-

Le terme È:~otywy(ç, également employé pour le théâtre, peut représenter un simple syno-
nyme pour la même installation, mais il peut aussi s'appliquer à une autre conduite ou canal
d'évacuation, d'après le préfixe, peut-être pour les eaux ruissel1ant de la limite extérieure de la
cavea. On a en effet retrouvé une conduite au-delà de la grande porte Nord, en même temps
qu'une troisième gargouille sur le côté Sud de la citerne; les caniveaux de l'orchestra n'étaient
donc pas l'unique moyen d'évacuation des caux de ruissellement du théâtre.
En dehors de Délos, iÇotywy(ç n'est pas un mot rare à proprement parler, il se rencontre
dans les comptes d'Ëpidaure Il, et chez Philon de Byzance 10. Son contraire, dGotywyfj ou Hanal
d'adduction., est connu de Strabon (V, 3, 8), et dans des inscriptions d'époque romaine concer-
nant des aqueducs Il.
Alors que l'épigraphie délienne ne connaît pas o3plXywyti"ov, dans le même groupe lexical 12,
!~lXywy(ç est encore usité par les hiéropes à propos de l'Inopos, en même temps que deux autres
termes 13 beaucoup plus rares, iYPlJO"LÇ et ELGplJO"LÇ. Le second est un hapax, alors que le premier se
retrouve, sous la forme ~xpuo"",;, dans Polybe (IV, 39, 7-8), avec le sens général d'.émissaire •.
Mais Vallois se demandait si l'do"puo"~ç délienne ne se confondait pas avec l'lypUO"t.Ç14, tout
simplement. Si l'on préfère les différencier, il faudra envisager une canalisation d'amont et au
moins une autre d'aval, t~otywy(ç et lyPlJO"LÇ. Et en effet, des bouches pour amener l'eau, au
nombre de quatre, existent au Sud-Est du réservoir inférieur de l'Inopos (pl. V, 16), cependant
que de multiples dispositifs de trop-plein ont été signalés 16 : en cas d'excès, l'évacuation.des
eaux du • torrenh était assurée par un petit orifice percé toutes les deux marches sur le côté
gauche, chaque orifice donnant accès à un canal horizontal, large en moyenne de 10 cm, dont
l'entrée pouvait être bouchée, suivant un système très simple de vannes. Si ces vannes étaient
ouvertes, l'eau arrivait dans une poche puis dans deux petits réservoirs; on avait en outre
prévu, toujours pour l'évacuation, une ouverture rectangulaire en forme de niche dans le mur
Nord de la plate-forme de puisage (pl. V, 17). C'est certainement à ce système complexe de
canaux que font allusion les trois termes employés par les hiéropes pour l'Inopos.
Pour avoir une vue d'ensemble du vocabulaire des canaux et canalisations à Délos, il nous
faudra encore recenser, il part, les 6puy!J.ot et 3~6puy!J.ot, ainsi que le mot GWÀ1jv. On remarquera
toutefois qu'il n'est pas question dans nos textes de l'irrigation des terres cultivées, alors que le
problème devait se poser, en particulier pour les X~1t()~II.

thëAtre., sans autre systéme d'évacuation des eaux: BCH 111 (1987), p. 605. Même dispositif dans les thèAtres d'Héra-
cleia Minoa, Solus et Syracuse: voir K. MITENS, Tealri grui e lea/ri ispirali all'archilellura greco in Sicilia e nell'Ilalia
muidionale, Ana/u/a Romana, Suppl. fn6/iluli Danici 13 (1988), p. 25.
(9) lG IV', 109, 1, 1. 115, 119, 111, l. 96-97; 116, l. 2.
(10) Bd., 100,32.
(11) IGR 111. 804 (Aspendas); IV, 242 (= lm. liadrianoi und Hadrianûa, lK, nO 44).
(12) Bien attesté ailleun, mais I)as avant l'époque impériale, contrairement au plus classique Mpo:.ywy!lt; voir
QRLANDOS-TRAVLOS, ~ikan, s.u.
(13) En effet, puisqu'un ~61l6<; est mentionné ailleurs comme appartenant il l'inopos, c'est toujours du même
réservoir qu'il s'agit en 199, A, 1. 55, où le contexte est lacunaire.
(14) Archifu/ure l, p. 202.
(15) Faurnie sans plans, la description de V,U.I.OIS, Archifeclure l, p. 197-202, est quasiment incompréhensible.
Pour y voir un peu plus clair, on se reportera au rapport de M. HOLL&AUX, CRAl 1909, p. 408sq., avec quelques
photos et dessins. Vne fouille complémentaire serait nécessaire pour pouvoir vraiment préciser le fonctionnement de
l'Inopoil, son alimentation et ses dérivlltions. On se souviendra que dans le BCH 77 (1953), p. 447, J. DELORME
mentionne la trouvaille d'un canal il radier empierré, qui a coupé à l'époque Homaine tardive. un angle de la Maison
de l'Hermès, et qu'il pense pouvoir Hre un exutoire de l'lnopos déjà repéré _quelques dizaines de mètres plus haut, en
contrebas du Sllrapeieon A •.
(16) Voir il ce sujet G. ARGOUD, .Eau et agriculture en Grèce., L'homme e/l'eQu IV (1987), p. 27-42.
- 105-

IU1TOlXo~: au sing., murlransversal, de refend; au pL, parpaings: 139, d, 1. 3 [ro~] ôtoiTO~IO[~]


(lacune); 144, A,!. 57 : en 304 (?) av. J.-C., TO~ ÔtoiTO~XO~ «wnxo3oIL"ijarx...[T' dans le Dioskourion,
1. 85 : ro[ùk 3[~}ro[(xJouç 1... è{~}o~)(o&!J.fprxvn, 1. 97 : -tO~ ôr.a.TOlloV «vo~)(o3o!J.~arxV'n, 1. 106 : TOiIO~
o[Xo3ofA.~arx....n )«<1 ro~ 3r.a.TO~XO~; 199, C, 1. 32-33 : en 274 av. J .-C., «\/ŒXo!J.Larx....n 3t.OlTO(XW~ 7t63rxç
é630!J."ijXOVfOl.
l14nLXK7}lG: mur lrOnJlVersal (dans une enceinle) : 163, A, 1. 44: en 276 av. J.-C., l(«ÀCi~l1"<<
3t.OlT1:~XLa~Trx.

~ : lranJlVersa/: 156, A, 1. 38: peu avant2S2 av. J.-C., -tO~ 3r.a.fUO'0~ [TO'lO~; 324,1. 24 :
TÔ~ T'OLXo~? -tO~ 3r.a.!J.]Cao~ [T)w~ orxw~.

Inconnus en littérature mais presents dans l'épigraphie atLique et surtout dans celle de
Didymes, les lSuhtlllOl sont généralement. considéres comme des pierres qui traversenlle mur de
parl en part, c'est-à-dire des 1 parpaingu, ou des 1 boulisseSt 1.
A Délos, dans 199, C, 1. 32-33, ce sont. effectivement des pierres du lype parpaings qui sont
apportées et mises en oeuvre pour le Kynthion. On remarque des parpaings dans certains murs
des Palest.res du Lac el de Granit (par exemple), mais cetle situation n'estloulefois pas la plus
fréquente sur l'tle, car la construction cycladique privilégie les murs à double parement, chacun
étant élevé en parallèle et indépendamment l'un de l'aulre.
Toutefois, un simple bloc ne saurail ètre en cause lorsqu'il est queslion de réparer un
8r.a.T01XOÇ: c'est alors toul un Imur transversal. qu'il faut comprendre. 6.tŒTOll01; esl ici un
synonyme de l'expression non ambigue () 8~a.!J.lEaol; TOLXOI;, qui se rencontre dans un comple délien
de la même époque et est elle-même comme un renforcement. de la périphrase 6 Toixoç 6 !daoç
(199, A, 1. 112), ou encore 6 814 fdaou ToilOI; (156, A, 1. 34)1.
Le 81.&.Totxoç du Dioskourion pose un problème particulier (144, A, 1. 57). En effet, G. Roux
pense qu'il faut reconnallre ce mur de refend dans la rangée de dalles de gneiss qui se voil dans
la partie Sud du Temple A, lequel aurait été remanié à la fin du IVe siècle av. J .-C. pour faire un
prodomos divisant la salle rectangulaire primilive'. De son côté, Ph. Bruneau conleste l'exis-
lence de ce mur de refend sur le terrain: il eslime la rangée trop large pour un mur, irrégulière
- ce qui est. exact. - ct non parlailement parallèle au mur Sud, ce qui n'est pas, à mon avis,
une objection dirimanle'. Rest.e l'attest.ation épigraphique de ce mur, dont il faul bien tenir
compte, et. quelle aulre interprèlation peut.-on donner de cet.te rangée de dalles en t.ravers du
Temple A?

(1) RHérenCfl dane OflLAN008-TflAVL08, Lnikon, '.11. Cf. MAflTIN. M(lnuel, p. 220, et. MAIIlR, Moueroouintchrif-
len Il, p. 87: obei Bauten Binder'. On comparera les parpaings de Didymo Il, n' 25, A, 1. 21: 23, B, 1.19; 26, A, 1. 8.
67, B. 1. 39, 42, 44, etc" aux ~"''t'O<Xot Ou ,faux-parpaings ° d'une nouvelle Bauinschrift de Didymell publiée par
W. GOr;oTIŒR, 1.IMii/l9-20 (1969-1970), p. 238, l. 13: ce sont deux carreaux diapo~8 de mllniére Il donner l'î11usion
d'un parpaing, Nln8 doule par mesure d'économie, le parplling repréwntant. un gros volume de pierre, que III t.IIrriére,
avec lei veinell, n'est pas toujours capable de fournir.
(2) Ce sont. les compta de Didymes et quelques textes plus tIIrdif. qui connai_nt le compoee ~x.... :
Didymo Il, nO 25 A, 1. 13,26 B, 1. 21, Th, 77; Dura EuroIW-, Finol RefXJrl V, l, nO 19, 1. 12 et. 13: voir aUMi 8C1l 33
(1909), p. 4a2 1. 16 (inscription d'Argol, soua Man:-Aurele).
(3) IlCll 100 (1981). p.46 IIg. a, et p. al. G. Roux comprend alors «VOOt~, danl 144, A, 1. a7, comme
oconstruire en monllnto, et. non comme oreparero, qui est. néanmoins le .eus usuel du verbe" ~Ios.
(4) Bell III (1987), p. 316. Une l~re obliquité du mur de refend ne Murait Ure réellement. g!nllnte.
- 106-
Délos connalt encore un autre type de mur de refend, ou mur transversal, appliqué à une
enceinte: celle-ci possède des 3t.a.'UlI!lJfLll't'a:, qui bénéficient de la pose d'un enduit. Le contexte
de la seule attestation délienne du terme est lacunaire. Dans les lignes qui précèdent, il est
question de l'enceinte du Kynthion, mais les hiéropes semblent ensuite être passés dans le
sanctuaire d'Apollon. Le péribole de celui-ci ne paratt pourtant pas avoir comporté des murs
transversaux, et à part l'enceinte du Kynthion, on ne voit pas à quelle autre zone de Délos
pourrait s'appliquer ce mot qui, à la différence du simple 3l6:'t'f.ItIOÇ, se rencontre de préférence
dans un contexte militaire, de fortifications:
10 lIt, 463, 1. 53, l21 : dans les murs d'Athènes',
10 lIt, 1672,1. 24 et 39: dans le mur d'enceinte d'~leusis,
SEO IX, 110',1. 22 (vers 191-190 av. J.-C.) : mur d'enceinte d'~lat.ee,
Polybe (VIII, 34, 9) : à l'intérieur du port de Carthage'.
De création relativement récente, les 3t.a.'fUXLafLll't'a: seront de plus en plus en faveur à partir
de l'époque hellénistique, au fur et à mesure que se développe l'art des fortifications et que la
longueur des enceintes s'accroit? A Délos, il n'est pas question de pouvoir s'opposer à une
attaque, mais la position du Kynthion fait qu'il est entouré, comme une acropole, d'un mur
d'enceinte aujourd'hui tres ruiné, qui est effectivement coupé de murs transversaux.

3lCITOYCUOY. 1'0
(3l6.TOYO';, -ov)

&a.TOva.IOY: poutrtilt: 1417, A 1,1. 73 : au milieu du Ile siècle av. J.-C., dans un inventaire,
lJlX'IIL3a:ç bd 3t.a.'t'o'l/ll(w'II ~U).('IIW'II.

3Ui.TOYO~: tendu de part en parl; au neutre substantivé: poulrtlle : 290, 1. 216 : en 246 av. J .-C.,
pour l'Asclépieion, St4't'O'l/ll BUo.
Comme U7ttp1'O'lllXto'll, également de la même racine que n('II(O), • tendre., St.a.WW.UO\l est un de
ces termes purement techniques, qui sont assez rares. 11 est attesté au Ille siècle av. J .-C. dans
P. Petrie 2, 14, et chez Athénée, V, 205 f; dans tous les cas, il se rapporte à un objet • tendu de
part en pa rh, c'est-à-dire, chez Athénée, à une tringle, et dans les inscriptions de Délos, à des
poutrelles soutenant des planches ou planchettes. Les 3L&;1'O'll1X ulilisés pour le péristyle de l'As-
c1épicion, ct pour lesquels il faut sous·entendre le mot ~ûÀa:, doivent être du même type l •

continu: 500, A, 1. 19: en 297 av. J.-C., dans le devis du Temple d'Asclépios, ÀHl}o'll IM:tpol0'll
qo'll't""a: 1'0'11 x6lJILo\l 1'0'11 CltYtO'll rix(o] ILET[07t{ou xa:L 1'pLy).,ÛtpOIJ ?

~) Au sujet de cette ill!lcription, voir la définition de MAIStI, Mauubauinuhrif1tn Il, p. 81 :. Abllchnitl.llmauer in


einem grôBleren Festungsring :r.ur Verkleinerung des Verteidigunpraumnl.
(6) Pour d'autres exemples, voir QRl.Al'IDOS-TRAVLOS, Luikon, '.0. &otulXlafl4. Sur le temlin, le plu! bel exemple
de dialeiehi.ma l5e trouve il Stral.os d'Acamanie (J.·P. "DA)!, L'aldilttlUfe mililai~ gt«que [1981], p. 228). Mais le mot
peut .ulli déligner, comme che!. Thucydide (Ill, 34: VII. 6), la portion de ""rf.in délimitée par ce rempart.
(7) GARI.A/'f, Paliordtiquf. p. 189: • Le!! &ot'mX~t'\laMuraient aux délenseufll dei! positions de repli •.
(1) Cf. lIé1ychiua : j.LÛ.o<6pcr. • obcht. Ud~, &o~1l.; ~ 'fJ _1 w......- ..
- 107-

Il n'existe pas d'autre attestation de cet adjectif. Comme 8LIX"t"pqW signifie «courir de part
et d'autre, jusqu'au bout., Durrbach, dans son commentaire aux ID, hésite entre les sens de
«continu. ou «traversant. l , et se décide en définitive pour la deuxième interprétation, en
comprenant: «une pièce occupant toute la profondeur de l'assise, telle que pouvaient être les
triglyphes d'angle •. La frise dorique du Temple d'Asclèpios étant pourvue d'anlilhemala, le
sens de «traversant. ne peut convenir que s'il s'agit réellement de la pièce d'angle, ce qui est
pure hypothèse pour un texte aussi mutilé. C'est pourquoi il semble préférable de s'en tenir au
sens de «continu. l , lequel peut fort bien s'appliquer à une pierre de l'entablement où, sur un
même bloc, un triglyphe fait suite à une métope.

8t4.+pa.y~Q,. TO; 8u:a+pa.y~ciTlOV, TG i 8l0+pcicroc.l


(1TlEP(+pa.yliU, TO; 1TlEpUf!pcioaw; +pciacrw)

8ul.+pa.yliU: barrière, cloison: 146, A, 1. 66: en 301 av. J.-C., du bois ttç 8Lâ.qlpIXWIX; 158, A,
1. 53-54: en 282 av. J.-C., dans le Temple d'Artémis, &:1Ù.l ? -roi) 1't"po?)66P()U 1't"pOç 1"0 SLâ.qlplXrfLIX
ÇUÀWO"IXL xlXl 8LlXqlp&:ÇlXl &:1Ù> "t"wv U1't"IXPX6V1"WV 8tIXIfIPIX)'fUÎ"t"wv 1't"pOç -rljv ôpolfl~v; 365, 1. 34-39 : en 208 av.
J.-C., dans la Salle hypostyle, 8LlXlflpli),ILIX't'1X en pierre, entre les colonnes.
8l0+pa.y.,.ciTlOV: pelite barrière: 199, A, 1. 15: en 274 av. J.-C., dans la palestre, 't'wv
8t.IXqlplX)'fLIX"t"(wv, 1. 45 : 't'« 8LlXqlpIX)'!J.Ii"n1X &:1't"~érXlXV1"l.
8lQ,+péLoc:fw: dresser une barrière en travers: 158, A, 1. 53 : voir ci-dessus, 8ul'pa.y~Q,; 159, A,
1. 52: dans le prodomos du Temple d'Apollon, OUpIXV 8LIXlflpliçlXV1"L.
+pciacn.J: dresser une barrière: 1417, C, 1. 82 : dans un état de locations, IfIpliÇll:L.
1TlEpL+pa.YIA4: clôture, barrière circulaire: 287, A, 1. 117 : en 250 av. J.-C., 't'o 1't"tpLIfIPIX)'fLIX 1tOl~0"1XV1"L
't'oi) Y)Àlo"t"po(n]LOIJ; 1409, Ba Il, 1. 8 et 1423, Bb l, 1. 6: au milieu du Ile siècle av. J.-C., dans
l'inventaire du Hiéropoion, O"IXv(81Xç 't'ŒÇ Èv 't'Wl 7UpLqlpli)'!J.IX't'L.
1TlEP\+PUOViIJ: enlourer d'une barrière, d'une clôture: 199, A, 1. 95: au théâtre, XuxÀwt
m:pLq{pli]ÇlXl; 500, A, 1. JO: en 297 av. J.-C., dans le devis du Temple d'Asclépios, [7UpLqlpliçlXl;]
't'oùç 't'OLXOUÇ.

«Dans ses emplois concrets, le groupe de qlpliT't'EIV, qlpli)'!J.IX, etc., emporte l'idée de 'dresser
une barrière verticale'. Ce sens est fondamental et usuel., écrit J. Taillardat 1. Effectivement,
les barrières ou clôtures ne manquent pas dans les comptes déliens, où elles peuvent porter
divers noms!.
Le 8Lâ.qlplX)'fLIX, ou son diminutif 8lIXIfIPIX)'!J.Ii·uov, peut être en bois ou en pÎerre, mais sa forme
exacte reste inconnue. li paraît avant tout utilisé, à Délos 3 , pour fermer des entrecolonnements

(1) ID nO s 372-509, p. 307. Le Suppl. de LSJ s'en tient au uens douteux •.


(2) Ainsi que l'ont choisi ORl.ANDos-TnAvLos, 1.nikon, J. u.
(I)RPhiI39 (1965), p. 83. Dans la même famille se place Tr~q>P"'fL«, attesté dans Ps. Aristote, (kc., 1347 a, 1. 5-6.
et dans une inscription du port de Thasos au sens de. balcon., cependant que ilol"'P"''''''w s'applique, dans les papyrus,
au blocage des ouverture3 d'une maison par des briques (HUSSON, Oik;a, p. 114-115).
(2) Pour la différence exacte d'avec Il{XTUOV, x'Ytù.1.;, "'puq>:<x"'~, fL«l<ù.À"'ù~ tlUpœ, m:pl&).~ et "'~p'oL>to3o",lo:, voir ces
rubriques, infra.
(3) Comme dans les comptes de 1'J::rechtheion et le devis de l'Arsenal du Pirée: CASKEY d3ns STEVENS-PATON,
The Erechlheum, p. 340 et 370. Voir aussi Didyma 11, nO 30, 1. 14. Mais dans une lettre de Marc·Aun'!le et d'Hadrien li la
cité de Coronée, les ..,P«YIUl et Il,lirpP<<Ylolot sont de'il sortes de .barrageso, dans le cadre du droinoge du Lac Copoïs:
- IOS-

avec. du bois, ainsi dans le prodomos du Temple d'Artémis, ou une baie, comme celle du
prodomos du Temple d'Apollon, avec une barrière provisoire en bois., le doute subsistant pour
les installations en pierre de la Salle hypostyle: dans les entrecolonnements de la façade, ou il.
l'intérieur, entre les supports ioniques 5 ? Il faut en tout cas exclure l'interprétation de Courby,
qui pensait que le mot s'appliquait à des échafaudages temporaires, ct voulait réserver, il. tort,
le sens de • barrière entre les colonnes. à 1'puq:uxx:ror;'. Dans le prodomos 7 du Temple d'Artémis,
la situation est particulièrement complexe: on demande de • mettre en place un revêtement de
bois depuis le porche (1) jusqu'à la barrière, et fermer à partir des lltlXo:pp6.yfJ.IX1'O: existants jus-
qu'au plafond., le tout pour une somme importante; il y avait donc de véritables cloisons de
bois atteignant le plafond, et formant sans doute un passage jusqu'à la porte 8 •
Quant au 1u:ploppa:y!J.Ot ou • clôture. de certains édifices déliens, ce n'était rien de plus qu'une
modeste barrière de planches, qui peut être provisoire, pour protéger une façade pendant des
travaux: par exemple, autour du Temple d'Asclépios (si la restitution est exacte, il s'agit de
préserver les murs pendant la pose des colonnes), et probablement pour l'Héliotropion. La
skéné du théâtre est momentanément close avec d'anciens pinakes (199, A, 1. 95); enfin, d'après
les inventaires, le Hiéropoion n'était sans doute lui-même qu'une sorte d'enclos, avec une
construction où le bois et la brique entraient pour la plus grande partI.
En dehors de Délos, des l't"tpto:pp6.yfJ.<X't"1X sont quelquefois attestés pour des ensembles funé-
raires, ces clôtures étant alors plus modestes et moins courantes que les 1u:plllo)..ot 10,

8lÉfMLO')1Q : supporl : 287, A, l, 84 : en 250 av. J .-C., ~u)..ov dr; 1'0 l't"p611ofJ.ov -roü NIXOÜ 't"oü 'Al't"6ÀÀwvor;
lltépctO"fJ.a:; 1403, Bb l, 1. 46: (inventaire, restitution J. TRI§:HEux, CRAI 1987, p. 174) [xa:l
lltt:pdO"fJ.]a:'t"<X,

J. M. F0881lY, .The City Archive at Coroneia, Boiotia_, Euphro,yn~ 11-12 (1981-82), p. 44-59, nO 4.; enfin, pour des
exemples de o:ppŒ)'.... ou 8""o:ppŒ)'.... comme .barrière. d'un canal (sorte d'écluse), voir D. FEIS8IlL, Syria 62 (1985), p. 87
et n. 19.
(4) cr, J, TRRHIWX, dans Complu tl invenlairt. dans la ciU grtCliue. Adu du collaque de Ntuchdld, 1986 (1988),
p.3O : • Le verbe ~""o:pp&.'M't'V et le salaiNl payé à Satyros montrent à l'évidence qu'il s'agit d'une clôture provisoire en
bois •.
(5) VAI.I.OIS, EAD 2 bis, p. 37, polle la question !l8ns décider.
(6) BOl 45 (1921), p. m. Mais pour des féchafaudages., ne dirail.-on pas plulôt txP<Œ ?
(7) Ce veatibule n'eat plua visble sur le terrain, ce sont les inscriptions qui obligent à le suppoll(lr : voir nos
rubriques npMofLot; et npb6upov, infra.
(8) VALLOIS, Archi/eclure Il,2, p. 421 : ,L'emploi d'ù7tŒPX0Vl"« ~'«o:ppŒYfLŒ'l"I.< pour les cloisons qui séparaient des
parties latérales le passage réservé au milieu du prodomos laisserait croire qu'il s'agit là plulôt de la resl.auration d'un
aménagement ant.érieur que d'une mesure te~porairet. Ce sens de cloison pour ~""O:PPŒ),fLŒ Il(l retrouve dans Thucydide
(l, 133), et sans doute aussi pour IG IV', 115,1. 22 (~pidllure).
(9) Démonstration par J. TRtHIlUX, fL'Hiüop(ûon et les oikoi du sanduaire li Délos •. Siemmala. Mélonge.
J. Labar~ (1987), p. 383-386.
(10) KUBINSKA, Monummll funéraius, p. 137. Ajouter Ali. Pergamon Vil l, 2, nO 145--146, 333 A, et VIII, 3,
nO 14.
- 109-

ipc.i&I : ~layer, soulenir: 352, 1. 15: dans une adjudication, èpcia{rx}..


ipucn~ : ~laiemtnt. support: 340, 1. 7 : dans un édifice indéterminé, dç ~ .pcr.(n~; 403, 1. 24 : en
189 av. J.-C., dç T?j'l lpl{ta)w TOÙ ~u>.{w.".,ç ~uÀŒ -J.
L'étymologie ne laisse pas de doute sur le sens de ces termes qui ne sont guère courants il
Délos 1. Le devis du Pirée, lG III, 1668, 1. 68,70,80, permet de se figurer le 3dpcto"!LtX du Temple
d'Apollon à Délos comme une pièce en bois traversant (3Ul -) l'espace intérieur de mur en mur
pour.soutenir., i:pe!&!, un plancher ou un plafond, selon le casl; son faible prix (4 drachmes),
équivalant à celui d'un 86xr.o'l, ne peut faire envisager qu'un élément relativement I~ger, du
genre poutrelle.
Mais le caractère très lacunaire des actes 340, 352, et 403, ne permet pas d'émetl.re une
hypothèse quant il la nature de l'opération évoquée par le verbe èpd8w et le substantif lpeLO'U:;.
Le uoutien. ou .support. a pu se faire aussi bien par un pilier que par un étai, toujours en
bois.

3l'Upo~ : voir 'Upl~

8i.~Xa. : voir cneâ.,..,...,

treillis. croisillons: 165, 1. 4: en 276 av. J.-C., achat de bois cù; T« 3(xTU«, 1. 13-14 dans le
Temple d'Apollon, TIà: lJ(xTU« Td: bnyryprxv.~ m«yw TW'I Bupw'I.
Le 3(XTUO'I étant un • filet de pêche., le Thesaurus donne ce terme comme synonyme de
xœyxillrx, • grille.. La mention délienne représente un des rares emplois architecturaux du
mot l , mais il convient d'y ajouter les attestations de l'adjectif 3r.x"ruwT6.. , .grillagé avec des
barreaux obliques., c'est-à-dire des losanges ou des croisillons: ainsi dans un papyrus, ou l'on
oppose les fenêtres XlX'Xl'lWTlXl, • à barreaux. (simples), aux OupL3t<; 8LXTUWTŒ! l, • fenêtres à bar-
reaux obliques. ou «II treillis., expression qui se retrouve telle quelle, et sous la forme substan-
tivée TO 8r.X"ruWT6'1, dans des passages de la Septanie l •
A Délos, les 8!x"rul1sont placés au-dessus des • portes contre-vent. du pronaos et de l'opis-
thodome du Temple d'Apollon, ce qui permet à F. Courby d'y voir des • impostes grillagées.·.

(1) Parmi lee ~-voto que menlionnenllee in"entairet, on relhe toutefois plusieurs lpc~w. OI!Y;pi. ou • supporta
en rero, dllns 372, B, 1. 41; 442, B, 1. 171, etc:.
(2) Pour LSJ, osupporting bellm •.
(1) Voir les aUeslaliont, toutes au moinll d'époque hellénislique, bien relevêes dans Ollul'foos-TIIAVLOS. Lezi-
kon, '.0. 3éxTUll"f, &.xTUMT6t;.
(2) Huasol'f, Oikio. p. III, 182, te demande jus~menl s'il ne faul plis "oirdanll ce.lreîlli! !"annonu detl moucha-
rabieha des maisons musulmane...
(3) Ez. 41, 16, el/V' Lio" du Roi. 1,2:,w harn 'Oxol;~ &c4 -nlÙ &.x'NW':'llÙ -nlÙ b "'W4 ~...:m.;; ....... b
~. xzi t,p~, .el Ochol.ias tomba par III fenêtre' lreilliJ de l'étage de 1I& maison' Samarie, et. fuL blessé •.
Cel accidenllaiSlle suppoter qu'il ,'lIgil de légers eroisî11ona en bois. amovibles el peu~lre mailleeroehéa.
(4) EAD 12, p. 82 n. 1 el m, d'apm BCII34 (1910). p. 506-007. Cedisposilife"islaildéj' au Temple d'Aphaia il
~ne : A. FUIITW"'NGLIlR, Ae,ina, da. lItiliglum dtr Ap"aia (1906), pl. 33 eL 38.
6lolio, - 110-

Elles sonl.peintest, bnycypllf-l.fLtva. 5, l'emploi de ce verbe suggerant un trompe-l'oeil t, sur un


panneau de bois posé par Antigonos, spécialiste des travaux de menuiserie et de charpenterie?,
L'architeclure domestique de Délos connaissait les véritables croisillons, comme dans
cette fenêtre à encadrement monolithe trouvée dans le Quarlier du ThéAtre, avec des losanges
taillés dans la brèche de ponces. Fermer une ouverture à l'aide d'un motif de barreaux entre-
croisés en losanges, à l'image du filet de pêche si familier aux habitants des Cyclades, n'a donc
rien de surprenant ici, et l'on pourrait en citer des exemples dans d'autres régions du monde
grec ou romain',

- passage: 1299, 1. 20 : au dernier quart du Ille siècle av. J.-C., d'après la Chronique du
Sarapieion, une afl1che est placardée È\l nT 8~6ôwt T'ijç &yopoiç; 507 bis, J. 25 : vers 248 av. J.-C.,
dans un devis traitant de l'Asclépieion, T1Jv ôloôo[v] (lacune)
- promenoir: 203, A, 1. 82 : en 269 av. J .-C., verser le premier paiement rijo:; ôt680u rijo:; Èv 1'W~
6t&.:1'pwt, 1. 85 : nettoyer l'emplacement T'ijt ôt68wt T'ijt Èv 1'W~ 6&6:rpwt Tl:a.\I1'1X xUXÀWt; 505, 1. 8, 10,
12: dans un devis relatif il l'aménagement du théâtre, pierres placées Tl:lXp« 't'dt.:; ôt680u.:;.
Les ôloôo~ déliennes sont susceptibles de deux interprétations: ou bien il s'agit, au pur sens
étymologique, d'un • passage étroih, comme dans la Chronique du Sarapieion, le Portique Sud
présentant effectivement une entrée en Corme de passage pour l'Agora des Déliens 1 , ou bien,
dans le cas du théâtre, la diodos correspond au • promenoin ou couloir horizontal de circulation
séparant les rangées de sièges. Un théâtre peut avoir un seul promenoir, il peu près au milieu de
la pente - c'est le cas il Délos ou il f::pidaure - , ou même deux, comme pour le théâtre de
Dionysos il Athènes. Les ô(080t du devis 505 seront donc, selon l'hypothèse très vraisemblable
de Vallois, .Ies divisions de la ôloôoo:; correspondant aux Xtpx!ôt.:;. t.
Si le sens global de 'passage. est connu il partir de l'époque classique, en littérature, en
épigraphie et dans un papyrus', l'application de ôtoôoo:; au couloir de circulation du théâtre est
jusqu'à présent propre aux inscriptions déliennes. Quant au mot Ôta.~Wf.l.1X employé aujourd'hui

(5) Je préfère traduire ici ypa.'I'CoI par • peindre. plutôt que par .écrire., car les croisillons s'y prélent mat. Voir
notre rubrique YP"''I'ij, Jupra.
(6) Proposition de VALLOIS, Archileclurt Il, 2, p.456. Les croisillons en trompe-J'oeil sont atlestétl dans la
peinture romaine: A. BARBf:T, lA ~inlurt murale romaine (1985), p. 26 lig. 13 (stucs de Caso, du 1" style pompéien),
et p. 120 Ilg. 75 (Pompéi, porle peinle dons 10 Villo des Mystères).
(7) Cf. 161, A, 1. 65; 287, A, 1.44,51, 112; 290, l. 174.
(81 CHAMONARD, EAD VIII, 2, p. 290 fig. 161 : le codre reproduit le type de la porte dorique.
(9) W: WILLBERG, • Die Fassode der Bibliothek in Ephesu80, JQA 1 Il (1008), p. 116-135 : ou-dessus des portes se
placent des feuêtres il grillage de marbre, dont on a retrouvé des fragments. R. HERRIG, JDAI44 (1929), p. 245 fig. 15,
cite un autre exemple, ontérieur, de .Gitlerverschlu!lso: uue terre cuite votive de Gnathia montre une scène de
banquet, entre des murs dont toule la wne supérieure est faile de croisillons. L'abaton d'~pidaure avoit déjà connu ce
motif pour des balustrades, on le relrouve il l'éloge de la Stoa athénienne d'Attale. Enfin, en Asie Mineure, des stèles
funéraires en forme de porle peuvent être sculptées de motifs empruntés il l'orchileclure réelle, por ex. de grands
1000anges: M. WAELKENS, Die klcino,i(J/j,chen Tiirllcine (1986), pl. 27 fig. 148.
(1) Ph. BRUNEAU, BCR 99 (1975), p. 281-'2:82.
(2) VALLOIS, Ar(;hilecture l, p. 233 n. 3.
(3) Le mot n'est toutefois pas vraiment courant: voir ORLANDoa-TRAVLOS, l..c:cikon, I.~.; por ex., dans l'inscrip-
tion relative il la Skeuothèque du Pirée, IG Il', 1668, 1. 12-13, il eat précisé de laisser au milieu un 'passoge pour le
public., &(40~ ~,;" &+'1"'" : ajouler BOUSQUET, CID Il, nO 79 A, 1. 43-44 : >«lm m~ IM{&o~l, à propos de l'érection de 100
bornes·frontières dans les. défilés •. Dans BGU VI, 1273, 1. 15 (époque ptolémoïque), c'est un passoge entre une maison
et 10 rue. .
- 111 - 811,Aoûç, 8ôKlOV

par les archéologues pour celle structure, il désignait dans l'Antiquité la frise qui .faitle toun
d'un édifice, avant de se lire dans quelques inscriptions d'Asie Mineurc concernant des théâtres,
puis de passer dans le vocabulaire de Vitruve, à qui nous l'avons emprunté 4.

8u)puyp.u : voir oPUY~Q

8....,Aoûs. -11, --ow


en deux parUe. : 287, A, 1. 152: en 250 av. J.·C., dans le domaine de Phoinikés, 1tpof~(X1'wv:t
3\1tÀoû\l.
Selon le contexte, l'adjectif 3L1tAoi)ç, 4doublet, peut recouvrir des réalités tres différentes.
Dans Lysias, Meurtre d'Eral., 1,9, il signifie que la maison est.à deux niveaux,·, mais lorsque
le terme s'applique à un portique, la 3~1::ÀTj <fTOâ. est en principe un 4portique à deux nefSt I .
Dans le cas de notre bergerie, apparemment la seule de ce type à Délos, un étage ne pourrait
éventuellement s'expliquer que comme grenier à paille, mais la présence d'un â.xup4\1 dans ce
domaine rend cette hypothèse superflue. C'est donc une bergerie divisée 4en deux parties, pour
une séparation des bêtes qui est signalée ici; elle devait êlre plus grande que la moyenne.

8LCJ'TEYOS : voir Û1l"EpWl.OY

&cuu;ç: poutre: 144, A, 1. 42: en 304 (?) av. J.-C., dans l'Qikos des Déliens, rii\ 30XWL x«).v!J.!-'4
itOL~a<l\'T~, 1. 64 : découpe d'un palmier d<; Boxou/;; 145,1.20 : Boxoe; xlXpuf\llj, 12 dr., 4 autres Boxo(,
'L!J.~ riie; Boxoü , 9 dr., 1. 23; 146, A, 1. 64 : du bois de; Boxoù[e;]; 154, A, 1. fi : dans la palestre, 'riJ\I
X&.W 30xo\l btt[OÉ'IT\, et 1. 7 : TTjc; B' Ulpcup&Odallç Boxo[ü .0] xp~aL!J.O\l U1tO 'to ltp6Bo!J.o\l, 1. 8 : on scie 'riJ\I
3ox6\1 (1. 28: restitué par Ph. H. Davis); 159, A, 1. 45: en 281 av. J.-C., Boxo\l U1tOOLtttL'J-roÜ
olx~fLŒToe;; 161, D, 1. 118 et 125 : 5.ÀÀlJv Boxllv !"aLXQ:1t1JXUV pour le logeiQn du théâtrc; 199, A,
1. 33 : en 274 av. J .-C., transport de dokoi depuis le X-W!J.lX, 1. 45 : transport de dokoi dans le
sanctuaire, depuis une maison, 1. 113 : dans la palestre, !J.ÉÀIXOplX UitOOÉVTL UitO .&e; Boxoùç BU<.!; 287,
A, 1. 105 : fl-ÉÀ<lOpOV xa.t Boxoùç È!J.~IXÀELV Ele; .o'J otxo'J, 1. 121 : pour un andron, deux dokoi, 16 dr.,
1. 170 : dans un domaine, un 6IlÀIX!J.0c; avec Boxov Ètt't1JÀw!J.É\Iljv; 366, A, 1. 8 : vers 207 av. J .-C.,
dans la Salle hypostyle, faire les épistyles Xllt T&C; Boxoù<; .èr.<; iitllvW (et 1. 12, 16-17,45); 372, A,

(4) Voir &ot(WlU'TLX&1; dan! notre rubrique y~",i). • upra, et. OIlLANOOll-TRAVLOS, lAzikon, •. u. &i(WIl4. J.-Ch.
Moretli anllonce une étude sur ce terme.
(1) Texte cité en dHail dllnsla rubrique dE4pW~, ,upro. Rap()tlons qu'un hêtiment. dit. •• deux nivesux. ou .deux
étage". &l'lM;;'; ou 3~ poMède, conc~tement., un étage au-dellllus du ru-de-ehaulllée.
(2) Récapitulation dan. A. BALLANO, Fouilfa de Xonllto. VII, lrruriptiofll (1981), p. 191 n. 131,' propos d'une
inllC:ript.ion de 149 ap. J.-C.: .pluMt. qu'un portique. deux étaget (telll que peut. Iluni avoir l'expnssion, cf.
L. Robert, lIellenieo IX, p. 31 ; J. Delorme, Gymn(llion, p. 386), &~~ on'04 .'applique. un portique. deux ners. C·est.
en particulier le sen. que donne Vitruve il portit:ulI dupiez da ni sa detc:ription du périlt.)·le du gymnalU. Voir aussi
J. J. CoULTON, AJA 75 (1971), p. 183-184, qui donne la pnHérence au sen. de portique' deux nefs. L'invel'!lt, un
portique uanl étage ni oolonnade intérieure., se dît.dEx>.œ~. " Delphet : 8ou'QulIT, CIl) Il, n' 113,1.9,21,28,
29.
- 112-
1. 108-109 : TOÙ; 'fàç 8(0]xoùç U;eÀxooa.a~" xlXl btl~ÀTj'tIXÇ xexl 'fW" IUM.Opw..., 1. 169 : ~6pov.... xlXl
30xoù<; li.; 403, 1. 4 : pour les portiques de la palestre, dokoi, 1. 23 : 30xoùç a-rporrJÀrl.ç 3V«l7ri)le~,
1. 37: ['tàç ix 'fOÜ li.]w8exa.Oiou xexOalpdMGIXÇ 8oxouç; 440, A, 1. 76: en 173 av. J.-C., 3oxoù<;
<rrpoyyUÀrl.ç pour l'oikos du Kynthion; 444, B, 1. 108-110 : 3oxoù<; a-rpoyyUl.cx[ç... 't"UPPYW'lIOU<;
3oxou<;; 1416, B l, 1. 7 : au milieu du II~ siècle av. J .-C., on prescrit aux locataires de remplacer
les dokoi lombées des maisons, B Il, 1. 40, 45 : 3oxoùç 11-l~i'.
86,nOY: ptlile poutre: 145,1. 12: en 302 av. J.-C., pour les propylées de l'Asclépieion, !;uÀIX dç
(3)6xllX; 146, A, J. 68 : 36x~ov, 6 dr.; 156, A, 1. 32 : 36xllX 840, 9 dr. ; 1. 40-42 : 36x{or. pour les loits;
199, A, J. 44 : en 274 av. J.-C., àn:oxol-lw:xvn lx rijç o{xu.,ç rijç M~mtljç 36xlo" xa.l b:~~Àirra.<;.
6oK(~: pelile poulre: 287, A, 1. 24 : en 250 av. J.-C., 3ox(3oç au'lttt'P4J.~ç rijç XOlOalpE6dO'lJç lx
'toü «...3pw'lIOl;.
6oKo&r1K'rl : cuvellt,logemtnl pour un about dt poulrt : 161, A, 1. 55 : en 279 av. J.-C., wü nwp!'IOu
'tàç 'Il:a.pru-n&r.ç ipcr.1 XOll 'flÎç 3oxo6TjXOlç Èn:t.'tpTjOIXl.

L'étymologie du mot 3ox6ç demeure inconnue l . Le nou qui entoure son origine el celle de
ses diminutifs ou dérivés n'a d'égal que la dirficulté d'en donner une lraduction précise. Ils
montrent bien il quel point, dans la Grèce antique, la désigna lion de la charpenterie est il mille
lieues' de la complexe terminologie contemporaine.
Il est dès l'abord tentant de distinguer un !;uÀo" d'une 3ox6ç, en estimant que le premier
mot désigne le bois comme maLêriau, le deuxième un certain type de pièce de bois, travaillée,
ou encore que le !;uÀo" se rapporte il ce que nous appelons aujourd'hui un madrier, par opposi-
tion à la poutre, 3ox6ç'. En elret, sous la rubrique globale E:l'AA, les comptes déliens ras-
semblent parfois toutes sortes de pièces de bois, dont les Soxo! (ainsi dans 372, A, 1. 159sq.), et il
arrive que l'on enregistre la fourniture de ~UÀIX et<; 36xllX (145,1. 12). Il n'en demeure pas moins
qu'à plusieurs reprises les deux mots semblent bien interchangeables - surtout lorsque les
poutres sont qualifiées d'. équarries., comme dans 444, B, 1. 101 et lOS, où l'on a d'abord ~UÀIX
'te'tp&YW\IŒ, puis Soxol 'fItTpiXyw'lOt, ou lorsqu'il est simplement question de • poutres rondes a ou de
• rondins a, 8oxot G'fPOyyUÀIJ:I.
Le bois étant une denrée rare il Délos, importée', les hiéropes enregistrent soigneusement
l'achat et le transport de ces pièces, depuis le port ou d'un bàtiment à l'autre, puisqu'elles sont
éventuellement entreposées, dans un ~uMw ou un autre lieu de dépôt, et réutilisées (199, A,
l. 44-45). La mention de Boxo! en bois de palmier (144, A, 1. 64) ou de noyer (145,1. 20) ne doit
pas tromper: ces essences sont exceptionnelles, race au chêne et au sapin, de loin les plus
employées 6 .

(1) Selon E. SENVENlsn, RPhi/58 (1932), p. 127-128. il ne s'apparente pas à 3oxro.., ou Iléxo..... : fiaolé en gre<:,
30x6ç Il de rorle8 chances d'appartenir Il ce vocabulaire technique préhellénique auquel les GTeClI ont ~mprunté nombre
de tenneB relatifs la la comtruction : ~v (jûM6pov), loÛ'l«pov, y.i<r(..)ov, ~, 6p<yx6(, ltÀ(- ou "9(~, ~»'l,
cror.'JIlc. etc.
(2) Voir la ce sujet leB réflexions deMAlIHI.Mautrbouirluhri(ltrlll.p.90n.113.
(3) GINOUVt.$-MARTIN, Didiorlnai~ milhodiqut l, p. 28-29, commencent par faire c~tte distinction. puis ajoutent
tm justement (note 131) qu'en rait elle n'est pas de mile pour l'Antiquité. et que par ailleurl elle n'existe pas dans
touteB leB langue- nlOdemeB.
(4) Pour ceUe qUe!ltion. voir D. MULLlEt, I.e 00;, dan, fa Grke antique: prrxiuclion, tOmm~rR, ufifi$ltiorl (TM:&e
de 3< cycle dactyl., Paria l, 1980), et Surtout R. ~hllGGS, Tr«' and Timber in fhe Anci~nt Mtdilerrorlffln Wortd (1981),
p.44hq.
(5,) Pour la large varièlé des bois utili!léa dans la construction délienne, voir la rieapitulation de VALLOIS,
Ardtilmurt Il,2, p. 400-404, eL notre rubriqu~ (w...v, infra.
- 113

Dans la plupart des cas - ct ccci est vrai pour Délos comme pour les attesta Lions en
dehors de l'île sainte e - , l'emploi de 80XOL ou de 36xt4 est signalé en rapport avec d'autres
pièces de charpente ou de toiture (i:1tL~À~C;, xtt.À«~(c;, x&:Àu~f.tOL, XtplX~OC;, ~iÉÀlXepO\l, cr'fl~\I ou cr'fl~~,
cr'fll)x(crxoi;, etc.), ou dans une zone au voisinage du toit, comme les solives placées sur les
épistyles de bois de la Salle hypostyle (366, A, 1. 6). Quand on précise que la 8ox6ç est soutenue
par un poteau (287, A, L 170), il est encore question du toit. C'est donc la traduction très vague
- comme en français - par. poutre t qui s'impose. Y a-t-il, enfin, une différence réelle entre
une 8ox6c;, une 8ox(ç et un 36xto\l? Le prix moins élevé des 36XLIX tend it justifier l'emploi du
terme • petite poutre., mais il faudrait pouvoir disposer de davantage de points de comparai-
son, et s'entendre sur les dimensions maximales de l'objet. Les dcux diminutifs, 8oxtc; et 86XLO\l,
sont exactement synonymes, tout au plus peut.-on remarquer que le deuxiéme est attesté à
Délos et dans les papyrus, alors que le premier est préféré ailleurs 7.
Engagées dans une charpente, ces 8oxo( doivent être en fait des chevrons (mais parfois
aussi des pannes), distingués à plusieurs reprises des ~iÉ"Cl6p« ou _poutres-maitresses t, et des
autres éléments de la charpente qui remplissent des fonctions différentes 8 •
L'épigraphie délienne connaît encore un hapax, 8oxo6'Îlx'l). L'étymologie (il est composé
avec %x'I), le Hoffreh qui enferme) et le contexte ne laissent pas de doute sur le sens du mot: il
faut y voir, ainsi que l'avait compris F'. Courbye, les blocs portant les cuvettes «où s'encastrent
les abouts des pannes, à l'arrière de la corniche rampante, qu'il s'agisse dcs blocs de la corniche
elle-même ou d'une rangée indépendante. 1o . Dans tout le monde grec, nombreux sont les blocs
conserves susceptibles d'illustrer ce dispositif très simple 11.

8ôJ.lO 'i• ..;


(&wI1t1, Ta)

8ôlW'i: demeure: 1533,1. 19: vers 100 av. J.-C., dans l'épigramme cn l'honneur de Sima los,
36~o\l ~tv{ LO....

&w11t1 : pièce: 1533, 1. 8 : 8Wf.tOL1"Cl \lClLW....


Tous deux traditionnellement rattachés il la même racine "dem- que 8i~w, _construire en
couches étagées. l, 86~o.; et 8w~1X sont des termes régulièrement employés par Homére, le pre-
mier s'appliquant de préférence à la maison tout entière, le deuxiéme aux parties de la maison,
aux pièces 1. Le poète utilisait avec la même fréquence olxoc; ou otXL« et orx'l)~«; mais olxo.; paraît
différer de 86~oc; par le fait qu'il représente l'ensemble de la propriété, jusqu'à la famille qui

(6) Particulièrement dans les papyrus, où une <>lx!a ~&n<"'fdvrJ est une' maison au toit charpente., bien que les
3ox,,{ puissent peut-Hre aussi, dans un cas, représenter les chlllnBges de bois des mul'!l: HUSSON, Oikio, p. 194-195.
(7) ORLANDOS-TRAVLOS, ùzikon, S,V.
(8) Voir nOil rubriqUe!! xOPl>CI'""o"', !1Uor.0p"~, ....p"'-djp, "9iJ~, infra.
(9) EAD 12, p. 232.
(10) ORLAN DOS- TRAVl.OS, l~zikon, S.V., rèservent ces cuvettes, il la suite d·ORLA;o.·I)OS, MaUriauz de eons/ruclion
l, p. 23, à la poutre faltière, ce qui est en contradiction avec le lexte délien et les alvéoles relevées sur de nombreux
édifices: les logementl! servent pour loulcs les poulres horizonlales, à lous les niveaux.
(Il) Voir HODGI>, o. C., pl. ll-Vll el XIII.
(1) Celte valeur précise de la racine, dèjà allestée en mycénien, a été mise en évidence par E. BRNVRNISTIl, BSL
51 (1955), p. 17-11). Voir aussi, pour la mème famille, notre rubri\IUe ob(~<>",é"" infra.
(2) Exemple8 dans LSJ, S,V. L'expression périphrastique IlWf1Œ"Ol \'Ol(", au lx"" • h" bilen, est d'ailleurs lout à fait
homérique: Od., l,53, XXIV, 151,304.
- 114-

l'occupe'. Par la suite, UJ.LOç et 8wJ.Lll resteront dans le langage poétique, par exemple pour
désigner la demeure des dieux, le temple. Mais à partir de l'époque hellénistique 8wJ.L1X prend
couramment le sens de .toit plate ou .terrasse., non attesté à Délos'.

recouvrir d'une couche d'argile: 156, A, 1. 28: peu avant 282 av. J.~C., 30pWaIXV'n XlXl XIX... ; 287,
A, 1. 121 : ipyliTŒtt; b0GX6.~(n XlXl 8opWalXvn; 4-43, Sb, 1. 159: en 178 av. J.~C., 3opWaIX~ XlXl
XCpa.~WalXt.

A Délos, le verbe 8op6w est toujours en rapport avec la charpente ou la toiture: dans 156,
A, 1. 28, il est auparavant quest.ion de roseaux, et dans 287, A, 1. 121, de pout.res. L'inscription
-443, H, 1. 159, met à la suite la pose des tuiles, comme dans plusieurs textes attiques d'époque
classique, qui connaissent aussi le substantif Mpwott; :
- IG III, 463, 1. 68-69 (Longs Murs d'Athènes) : Vrto~wv ÀO~v ~ x«Mj.l.O'll 3o[P]<:xn:~ 'ltTjÀw~
TJxupc.{j.l.év)w~ ... XlXl xcp~~~, .aprés avoir mis en-dessous des gousses ou des roseaux il étendra
une couche d'argile mélangée de paille hachée... et il posera les tuiles.; dans le même texte,
1. 73, on trouve [ix]80pW[CJ]E~ 1nJÀw~ TJxupwj.l.évWt, avec le même sens.
- IG Ill, 1668, 1. 58 (Arsenal du Pirée): 8opWaIXc; lttplXj.l.WaI:~, .après avoir mis une couche
d'argile, il posera les tuiles.,
- IG III, 1682,1. 29 (J::leusis) : T1l'll MpWCJt'll [XlXl xcplif1w(J~'11 np.'ÎJ'II lttpcljJ.ou à.n03WaD., .il assurera la
pose d'une couche d'argile et des tuiles, sans fournir les tuileu.
La prat.ique qui vise à imperméabiliser et surtout isoler le toit en intercalant une couche
d'argile, mélangée à des matières végétales, entre la charpente et les tuiles de terre cuite, est
courante sans être générale t ; elle existe aujourd'hui encore dans les Cyclades et ailleurs'.
Il s'en faut néanmoins que 8op6w et MpwO'~c; aient part.out cette valeur particulière. En fait,
l'opération qui consiste à recouvrir d'un enduit ou d'une couche d'argile ne s'applique pas
exclusivement au toit: dans P. Mich. Zen. 37, 1. 9-10, ce sont les salles à manger de Diotimos
qui ont un plafond bien plan car crépi par une 36pwJ.Lll, variante du terme UpwO'tt; employé au
Ille siècle avant notre ère avec le même sens dans P. Petrie 111,46 (3), J. 7', cependant que
dans P. Mich. V, 253, 1. 4-5 (30 ap. J.-C.), une moitié de chambre à coucher est dite «8wpw-rO'II
(soit une graphie fautive pour 6:80pw"t"6c;), un hapax qui signifie sans doute .. non enduit de
plâtre., .. non crépi.'. En Asie Mineure, l'operation ne concerne pas non plus le toit, comme le

(3) C'est la conclusion /J laquelle aboutit J. Il. Sem'lloT, Synonymik der griechi.chen Sproche Il (1879), p. 508!KJ.
(4) Exemples papyrologiques dans HUSSON, Oikia, p. 63·65.
(1) P.oor CASI<li:Y dans STEVENS-PATON, The Erech/heum, p. 368-369, .The use of a layer of clay wu probably
gt!neral in Greece on buildings which had leTTa colla lilest, les luiles de marbre étant exclues car lrop lourdes el
. n'ayant nul besoin d'Un isolant supplémentaire. Mais on a souvenl remarqué - ainsi A. MARTIN dans REG 75 (1962),
1).242 - que le manque d'espace disponible enlre la ligne supérieure des chevrons et les luiles. dont le niveau peut êlre
connu li partir des corniches rampantes, empêche d'adrneUre qu'une couche compléte pouvait être inlerposée dans
tous let édifices. 1100(;1., 1Voodwork of Grl!l!k Roof•• p. 65sq., pense que l'argile était seulemenl utilisée pour consolider
les joinu, duns la majorilé des cu; W. MUI.I.F.R-Wn;NER, Griedi.che. BlltHw.en in der Anfike (1988), p. 104. rappelle
qu'elle servail aU!illi a empêcher les gli!i!lemenl.s el fi mainlenir les luiles non fixèea par des chevilles. Voir encore notre
rubrique Xo:Ù.<'lfll< - ~. infra.
(2) S. VEU'II". "'ouilln d'Ai Khanoum \'1. fA gymnfJH (1!l87), p. 14-15: on a remnnu cetle couche d'argile
par-dessus Uil épais matelas de roseaux jusque sur ce sile de Bactriane. pour la couverture du lO'mnase, mais dans ce
cu les tuiles Il/nl remplacèea par un enduit de torchis. car le toit est pratiquement plat.
(3) M. NOWIC"A, lA maiwn prioh dan. r{gyp/e ploUmufque, p.68.
(4) Cilé par IIU"ON, Oikia, p.64.
-115-

montre la Mpwaw:; des pierres du chantier de Didymes', travail exécuté dans la carriére, et qui
doit désigner un mode de protection des blocs pendant le transport, peut-être avec de l'argile
mélangée de paille hachée'; à Smyrne, J'auteur d'une inscription funéraire déclare: irf6pa.aa. T'Ij...
CJOpO'" x.a.l ~+,pn(aa.] aù... T(;)I h30pb.l!LŒ.T1, 'j'ai acheté le sarcophage et l'ai pourvu d'un endoroma "
ce que J. Bingen suggère de comprendre, par haplographie, cru... 't"(711 &<30... > 3opb.l!LŒ.'n, c'est-â-
dire une talJusion au crépissage intérieur du tombeau avec une couche d'argile,'.
Dans tous les cas, qu'il s'agisse d'un toit ou d'aulre chose, c'est une couche terreuse qui est
appliquée, et non de la peinture ou du vernis, comme l'avait pensé naguère L. Kjellberg' : les
inscriptions atliques sont claires sur ce point, et dans IG lIt, 1682,1. 29, on distingue bien +,
&>.~ql'~ T(;)\I ~ûÀ(l'" de la Mpwaw:;.

allée de sphinx: 1416, A, l, l. 22 : au milieu du Ile siècle av. J.-C., dans l'inventaire du Sara-
pieion C, liste d'offrandes t... T(;)I 8p6!J.M, 1. 32 : lx't"(\(; TOÜ 8p6f!ou, l. 36 : ix TOÜ Sp6!!ou (mêmes
formules dans 1417, B, l, l. 22, l. 33, 36; 1442, A, 1. Il; 1452, A, 1. 23 : h T(;)I1tpo86!LWI, lapsus
pour 3p6!Lw~, 1. 28, 29).
Dans un contexte architectural, le mot3p6f!0Ij; est susceptible de diverses interprétations l .
Le dramos li l'intérieur du gymnase a été analysé par J. Delorme t : celui-ci montre que le sens
de 'piste de courset estcd'un emploi ancien ou volontairement archaisant (...) et ne se ren-
contre plus normalement après la période classique., car il sera alors remplacé par l'ensemble
que fonnenl le xyste 1 et la 1ta.pa.3pof!u;. CetLe piste étant en général' il ciel ouvert, dans la
verdure, elle allait tout naturellement de pair avec des allées pour les promeneurs, comme
celles de l'Académie de Cimon'.
C'est par analogie de forme que le terme dromos a pu aussi s'appliquer à l'allée de sphinx
qui, dans un sancluaire de divinités égyptiennes, mène au(x) temple(s). Un passage de Strabon
(XVII, 1,28) décrit bien ce type particulier de dromos : cA l'entrêe du sanctuaire le !lOI est
dallé, il a la largeur d'un plet.hre environ, ou moins encore, il est au moins trois ou quatre fois
aussi long, et souvent davantage: c'est ce qu'on appelle le cdromost, comme Callimaque a dit
cvoici le dramos sacré d'Anoubisi. Sur loute S8 longueur, à la file, de chaque côté, se dressent
des sphinx de pierre, écartés les uns des autres de vingt coudées ou un peu plus, de sorte qu'il y
a une rangée de sphinx à droite et une autre il gauche; après les sphinx vient un grand
propylon, puis, en avançant, un autre propylon, et un autre encore: car ni le nombre des
propylon ni celui des sphinx n'est fixe, la situation diffère d'un sanctuaire à l'autre, et il en va

(5) Tenne re!ltitu~ avee beaucoup de vraisemblance dans Didymo Il, nO 40, 1. 19.
(6) Interprétation admise par MAIlTlf'{, Manud, p. 170. i partir de. inscriptions attique.. Mais A. RflNM. Didyma
Il, p. 54, relève justement que ce proc~è n'est pa!! connu par ai1leul'll; il préfère rester dans le doute.
(7) ln•. Smyrna f, fK, nO 243,1.2-3; compte rendu dans AC 53 (1984), p. 470-471.
(8) Dans Sluditn :u dtn onlibn DodIûnrhdcun~n (Skri{ltr iJumoni.Wra Vtltn.ka".-Sam(undtf j Up".alo, 24
[1927l. 5). p. 7: cité par VALLOIS. Ardittdure Il,2. p. 401 n. 3.
(1) Elles !!ont rallllembl~ dant OIlLAl'I"OO!!-tRAvLOS, Ltzikon, '.It. Pour le sell!l de uladel, sinon Ihippodromeo,
voir G. ROUGEMof'{T, CID l, nO 3, 1. 1-2, et nO 10. 1. 36 (1),42.
('1) GJ/mnlUiltn. p. 287.
(3) Voir \a nlbrique (....,'tt\\I. in(ro.
(4) Dan!! Platon, Eulhd.• 272e-273a, il est question. au Lycee. d'une • piste couverteo. ~ ~ .
(5) Plutarque, Cim., 13 : I~ xdapok ..... t......,..toeç ..........TlM.t;. _des pistes propres et des promenoil'll ombragea •.
Eupolis, un contemporain d·Arislophu.e cite par Diogène Laeru (III, 7), parle quant i IUÎ dei _pistes ombragml,
Ncnttoeç ~\I, dans l' Acad~mie.
&lpllCOt -116-

de même pour la longueur et. la largeur des dromoSt', Mais en dehors des inscript.ions déliennes,
il n'exist.e pas d'aut.re at.lest.ation épigraphique de 3p0f!Ol; en ce sens égypt.ien 1,
Sous rêserve d'une certaine souplesse par adapt.ation au terrain, le dromos d'un sanct.uaire
égyptien prêsente des caractéristiques que l'on doit retrouver d'un lieu à l'autre. Assurément,
l'espace dit 0 sur le plan dressé par les fouilleurs français au Sarapieion C' répond à la descrip-
tion de St.rabon : cet.te Javenue. monumentale, beaucoup plus longue que large, dallée de
gneiss, est. bordée par des murets ou s'adossent. allernativement des aulels et. des bases de
sphinx en calcaire 1; toutefois, l'allée n'aboutit pas à un • propylon " mais directement. à l'en-
trée du Temple C. Ph. Bruneau a mont.ré que si l'accès au sanctuaire se fait actuellement par le
propylée A, derrière le Temple C, il devait. y avoir à l'origine une porle au Nord, face à l'ent.rée
du dromos, lequel fut aménagé dès le début. de l'époque at.hénienne I l (pl. VI, 18).
Ce dromos ll était orné, d'après les inventaires du Ile siècle, d'ex-volo en lout genre:
plusieurs statues et statuettes en bronze, un bnlle-parfum, des trêpieds delphiques, un grand
cratère. L'expression t hors du dromOSt utilisée ensuite par les administrateurs doit. s'appliquer
non seulement à la zone comprise ent.re le dromos et le portique B-B qui entoure complètement.
le sancluaire sur quatre côtês, mais aussi au port.ique lui-même, car on signale des offrandes en
bois et d'aulres • sur le mUrl, ainsi que des pinaku.
Le remarquable développement architectural du sanctuaire délien dit assez son impor-
tance. Ses ruines const.ituent même la seule illust.rat.ion, en Grèce, du texte de Strabon: en
effel, le plan du sanctuaire des divinilês égyptiennes à ~rêtrie ne présente pas un dromos, mais
une 'COUri qui en est l'équivalent, avec ses murets 1••

~Cl:voir~'i

dorique: 500, A, 1. 15: en 279 av. J,-C., dans le devis du Temple d'Asclépios, bn61]a&~ bn.(JTUÀ~o"
3}wp~l(o",

La restitution inspire confiance: d'après le contexte, il est certainement question ici de la


pose de l'épistyle du temple, sous la frise de t.riglyphes et de métopes. Cet épistyle lisse était
couronné, ainsi qu'il convient, par un bandeau portant regufae ct gouttes 1.
Comme son pendant tW,,~l(Oç, l'adjectif 8WP~l(Ol; est rare en grec ancien. En dehors de cette

(6) J'ai repris, en y apportant quelques modincations, la traduction de B. VAN DR \VALLE, .Le temple egyptien
d'alll'ès Strabon, XVII, 1,28., dans 1I0mmo~1 Cl W, I)eonllo, '.o(Ilomo. 28 (1957), p. 480-508.
(7) Dans SIR/S, 349 (Hamada, en Pamphylie), le mot est restitu~ ezempli grolio [m,,).,i;,11« Dt! ~o~l, et dans
SI/liS, 511, de Terracina en Italie, le mot. est transcrit en latin. L'Miteur remarque: .dromu., id ni ~O<;, Oill .IlCro
od lemplum Aegyplium (eren., in lingull 'Illinll hic primum occlJ"il •.
(8) _ GD 100, ng.82.
(9) LéI dMicace 2œ7, du debutdu ,'" siecle av. J,-C., montre effectivement qu'au moins dans son dernier état, le
drom08 a ~l~ l'objet. des largesses d'un mélanéphore, qui a oUert • let auuls, le d.llage, les sphinx et l'horloge-.
(10) LJ chronologie est dévelop()ée par Ph. BIIUf'Ul"'U, t Le Oromo. elle Temple C du Sarapieion C de 0é10ll •.
BCII 104 (1980), p. 161-188,
(II) Pour mémoire, il faut signaler que dans.A quoi servaient les dromoi des Sarapieiah, RA 41 (1953),
p. 206--207, Ch. Picard avait proposé d'y voir,' la suiu d'une série d'extrapolations, • l'aire ..crie primitive de la
COUfM d'Apiu (!).
(12) Ph. BIIUHII':,o.U, lA .onduoire elle clJlle dn dioinilb Igypliennn b trilrie (EPRO 45, 1975), p. 122.
(1) F. R081lAT, EAD 20, p.86-87.
- 117- ÈyVlTpOw

attestation délienne, il n'apparaît que dans deux inscriptions attiques Z, un passage de l'Oresle
d'Euripide, où il est question des ~triglyphes doriques. (v. 1372), et une ligne de Pollux (VII,
121), où l'on dit que le ~stylobate correspond il la base de la colonne dori~ue., précisément
parce que celle-ci, au contraire de la colonne ionique, n'a pas de base canonique. De son côté,
Pausanias (V, 10,2) est seul il connaître le synonyme 8wp~oç.
En fait, les termes 8wpu(6ç et twv~x6ç sont éminemment vitruviens; c'est dans l'œuvre de
l'architecte romain que revient il plusieurs reprises la définition des différents ordres, et c'est il
lui que nous avons emprunté cette division qui nous est si familière. Si nous tenons compte du
vers d'Euripide, c'est au moins au ve siècle que remonte cette notion d'tordre •. Mais il partir
de quand a-t-elle fait l'objet d'une systématisation, d'un travail théorique? Ici encore, Vitruve
se réfère certainement il des traités perdus d'architectures.

voir ypo.+"

laver au nitre: 146, A, l. 76: en 301 av. J.-C., 'l"où.:; x([o}-I(t.ç È:yv~'I"pwo(t.o~.

Dans le cadre des diverses opérations d'entretien, les hiéropes versent 14 drachmes il des
ouvriers qui ~ont lavé au nitre les colonnes et les ont nettoyées., jusque dans le fond des
cannelures (È:x-x(t.6~p(t.OIV), c'est-il-dire bien rincées il l'eau, car le vhpov, très efl1cace, pourrait
abîmer la surface de la pierre. D'après le contexte, le bâtiment en question devait être l'Oikos
des Déliens. Il doit s'agir de colonnes en marbre, précisément sans stuc pro Lecteur.
Un autre passage des comptes se rapporte il une opération du même genre, par un seul
journalier, mais on use d'une formule plus simple: - '1"0 nuOwv 01toyyto(t.v-n X(I,t x(t.'I"(t.v(o.jI(I,V'l"~ (219,
A,I.33).
Faisant office de soude caustique, le nitre mélangé il de l'eau est souvent utilisé sur les
chantiers pour nettoyer il fond les pierres, et donc mettre il vif toutes les aspérités. On lit par
exemple dans le devis du Temple de Zeus il Livadie ~ laver au nitre les stèles et rendre les
lettres propres., t:laver au nitre le joint el le rincer il l'eau claire. l .

(2) IG Il', 1665, 1. 21; 1666, A, 1. 55.


(3) Sur cette question des source!! grecques de Vitruve, voir en dernier lieu R. A. TO:\lUNSON, .Vitruvius and
l-IermogeneSf, dans /Hunus non ingratum. Procudings of th~ International SympO",jm on Vi/rlluiru' D~ A N;hil~dllra and
Ihe Hel/enis/ie and Repub/iean Arehiteclurt! (Hl89; Il. Geertmanll et J. J. De .long éd.), p. 71-75.
(1) IG Vil, 3073, 1. 86 et 169.
- 118-

Éypucnç : voir 8lo.PPOUÇ

È8a+ttw; i8a.+Oç, TO
(8o.1TE&v, TO)

Ë8u+Oç: sol: 161, A, l. 57: en 279 av. J.-C., dans le Pori nos naos, 't'o é8occpoç ôftocÀLaocm; 165,
1. 42 : dans l'Asclépieion, 't'D fôoccpoç 4nlcpoÀo(y'i1aoc~; 291, b, 1. 7 + 292, l. 16 (restitution de Ph.
H. Davis) : en 247 av. J .-C., x.o'J~liaoct 't'o i8( occpoç; 505, 1. 14 : au 1er tiers du me siècle av. J .-C.,
dans le devis pour les gradins du théâtre, OCTl:ot11'tptwaocç 't'à l8occpoç; 1417, A 1,1. 147, et 1423, Ba
II,1.4: au milieu du Ile siècle av. J.-C., dans l'inventaire du gymnase, deux bassins h]l =1I
l:ÔIlqlOUÇ.
È8U+ltW : faire le sol : 158, A, 1. 66 : en 282 av. J .-C., l:ôrxcp(arx>rt{~ j'Oikos des Déliens; 175, Aa,
1. 3: [l:]ôrxcpLarx'JT~ (lacune); 199, A, 1. 85: en 274 av. J.-C., l:8occp[aoc~ le Dioskourion, l. 110: le
splwirisierion, les portiques et les exèdres de la palestre; 219, A, 1. 27 : vers 272 av. J.-C.,
l:ôrxcptarx'tn; 354, 1. 62 : en 218 av. J .-C., l:ôrxcptarx'I'Tt le propylon.
8G.1TE80v: sol: 1522,1. 23 : sous Trajan, un décret est inscrit sur une stèle qui sera placée dç ['t'à]
ÔIlTl:tÔO'J 't'à b. 't'Wt Lt:pWt.
Bien que les lexicographes mettent sur le même plan ÔIlm;:ôo'J et E8occpoç, au sens général de
«sol., en renvoyant pour les deux mols à la racine de y'i11, éôrxcpoç se distingue en s'appliquant le
plus souvent à la mise en place d'un t sol de terre. dans un bâtiment. Ce sol de terre battue Z
n'est pas nécessairement ferme et à niveau, puisque l'on signale qu'il faut à l'occasion le
Haffermin, &.7tolm:ptOW (505, 1. 14), et le tIlivelen, 0ftocÀ(Cw (161, A, 1. 57). Il arrive aussi que
l'on décide d'y • poser une mosaïque., t/t"IJcpoÀoy'i1arxt (165, l. 42), ou le tstuquen, x.ovLliaoct 3 . Les
attestations déliennes distinguent donc le sol et le pavement mosaïqué, de même qu'à Aphrodi-
l'lias, sur le pulpitum du théâtre, ont été dédiées ... 't'oùç x.dovrxç xrxt 't'o'J xrx't" ocù't'w'J x.oaftov xrx! rljv
axou't'Àwm'J TOli =(xou XIX! 'roi) kM.cpouç, .les colonnes et leur décor, ainsi que le placage du mur et
[le dallage] du soh'. C'est ici le sol de terre qui a été dallé, de même qu'on lit dans un passage
de Douris de Samos que Démétrios de Phalère a fait faire oc'Je~x.oc 1«lÀÀà. 'rW'J k8«cpwv t>J 't'o~
oc'J8pwa~'J6 : le sol des salles de banquets a reçu des mosaïques à ornement noral. On ne peut
donc se contenter d'écrire, comme L. Robert à propos d'une inscription de Cyrénaïque,
qu'lôa.cpoç. doit s'appliquer au pavement de marbre, comme dans une série d'autres inscriptions

(1) lIésychius, Photius et la Souda assimilent lIbe&oy et ISŒ9'l'>; Eustathe précise; lIbE30y.o lll<upoç, 'tI:ŒpOl'O iii, b
tan yi'j, ",,(.0 od&oy. Selon J. H. H. SCHMlI}T, Synollymik der gritchischtll Sprache III (1879). p. 6&-67, c'est/l"''tI:d10Y qui
signifie originellement, chez Homére, .Ie !lOI.. landis qu'l&t<p<lç peut aussi S'IlIIJllîquer au .fond. d'un navire ou d'un
objet.
En général mêlée de cl13rbons. selon Ph. BRUNEAU, BCff 92 (1968), p. 687,
(2)
&Ào~, supra: le revêtement de sol ainsi posé peut être stuqué mais aussi
(3) Voir "oy,"'..... dans la rubrique
mosaiqué.
(4) D. J. MAC DON"l.ll, (;reek and Raman Coi", (ram Aphrodisias (British Archeol. Reporls, Suppl. "ries 9,1976),

(5) Texle republié d~n8 le ./S H188, p. 23.


- 119-

que nous avons réunies~8. La formule est ambiguë; il parait préférable de partir du sens le plus
courant, • sol en terre ~ 7, pour signaler que ce sol est éventuellement recouvert d'un dallage, si
bien que par extension, le mot peul s'appliquer directement il ce dallage. C'est le cas dans
l'invenlaire du gymnase de Délos, où des bassins sont. placés sur l'lil<<qmç de la salle de bain: or
nous savons qu'elle était carrelée.
De son côté, le verbe &81X!plt;w concerne la confection d'un sol de terre dans les pièces de la
palestre (199, A, 1. 85), mais les Propylées étaient. dallés (354, 1. 62), ainsi que le Dioskourion,
puisqu'on fournil des pierres (199, A, 1. 85). Le passage 219, A, 1. 27, est. trop lacunaire pour
pouvoir se prêter il une interpretation. ~
Précisons qu'lillX!pot:; n'a jamais il Délos le sens de .niveau du sol~, il partir duquel se fait la
construction 8; cet.te traduction peut s'imposer ailleurs:
- pour la const.ruction d'une fontaine et de bains il Oropos, ArchEph 1923, p. 36 nO 123,1. 43 :
O(l4ÀlO'lXl tO'ov "t"w~ EMlpl}~, s égaliser au niveau du sol~,
- dans le sanctuaire de Zeus Panamaros, BCH 28 (1904), p. 45-46, nO 30, 1. 6-7 (époque impé-
riale) : O'l(,ou"t"ÀW(ft~V Œ7tO iMlpout:; !J.É;(P~t:; op6lpoU O"rOIXV, • poser un placage de marbre dans le por-
tique, depuis le sol jusqu'au plafond s,
- dans le papyrus CPR 95, 17 (Ille siècle ap. J.-C.) : Œ7tO ÈMlpout:; !J.É;(P~ 7t"I1VTOÇ UofOUÇ, sdepuis le
sol jusque tout. en hauh,
- dans WADDINGTON, IGLS, 2412 (époque chrétienne).

i:8pa : voir pu(nç

ElrAN : voir U8pt:iov

Ei80+0poç, 0
(tW'iTOS, ô ou tWïTOV, Ta)

El80+0POÇ : frise figurée: 442, B, 1. 232 : en 179 av. J.-C., pour l'aut.el de Dionysos, "t"W'l] 7tIXPIXl<tt-
fLÉvWV À!OW'I "t"oùç dt:; "t"ov dilolp6pov l(,lXt "t"oùt:; O''fIX'fO[ÙÇ...
tWïTOS : frise figurée: 104-24,1. 26 : au milieu du IVe siécle av. J.-C., dans le Temple athénien,
lupot:; 'fWV yttO'w'I "t"W'l a.vw È7tl 'fOÙ t;Wt"t"où EV 't"Wt 't"o(lJxw~.
Il est désormais admis que l'autel de Dionysos nommé dans 442, B, J. 232, est bien celui il
antes, datable du début du Ile siècle avant notre ère et sit.ué sur l'esplanade du théâtre l •
L'dilolpopot:; serait alors, soit une frise de rosaces et bucranes placée sur les orthostates de la
base, soit une frise sculptée restituée il l'étage par RoI. Étienne et J.-P. Braun z. Le couronne-

(6) Bull. ép. 64, 562. Je n'ai pu trouver il quelles inscriptions l'auteur faisait allusion.
(7) Ou, comme le propose BOUSQUET, CID Il, il propos du nO 79 B, 1. 9 : Isoi aplani plutôt que pavement •. On en
r,appro;:hera I~ fait qu'en ~gypte, I~ désigne le Isoi égalisé, bien plané., lorsqu'une terre a été submergée et que
1eau s est retu'ée : cr. D. BONNEAU, Papyrology 28 (1985), p. 137.
(8) cr. LATTERMANN, BauiflSchri(len, p. 107 : 1Wahrend 1"61'1"o~ und X"'plo.. mehr planimetriseh ist Ua.,!,,,, mehr
stereotomiseh-konkret der ·BlIugrund'.. '
(1) BRUNEAU, Culle!, p. 304-309.
(2) RoI. ~TIIlNNE, .Autels à Délos; deux points de topographie., Archileclure el pai!ie. Hommage li G. Rouz
(1989), surtout p. 47-50 (où J'on élimine les slltyrisques attribués par Vallois li cet autel).


- 120-
ment des orthostates il bucranes prouve en effet qu'il y avait un étage. Dans les deux cas,
l'd8olf'bpo.:; est une • frise figurée., d'après dao.:;, .la forme., .l'aspech, .Ia figuret 3 .
Le dictionnaire LSJ avait d'abord compris d8olf'bpo.; comme .la partie du tombeau qui
porte l'image du dMunt., d'après l'emploi du terme dans des inscriptions funéraires d'Aphrodi-
si as et de ses environs; dans le Suppl., on préfère tout de même. frise., en donnant la référence
délienne. Pour sa part, J. Kubinska 4 voit dans dOolf'6po.; une • frise sculptée, placée entre le
sarcophage et le soubassement., car elle reste dans un contexte funéraire, et le LexikQn
d'OnLANDos-TRAvLos lui emboîte le pas, mais en produisant le passage des comptes des hié-
ropes il l'appui. Th. Drew-Bear 5 s'est justement élevé contre cette interprétation: l'exemple de
l'doolf'6poç délien montre bien que le terme n'est pas réservé il l'architecture des tombeaux, les
figures ne sont pas forcément celles des défunts, et il faut toujours comprendre .tri se figurée.,
sans plus. Les comptes de Didymes achévent de le prouver, eux qui opposent l'ttoolf'bpoç ~
restitué d'après 1"0: &!OlJ, dans Didyma Il, nO 264, respectivement 1. 9 et 13 ~ au xonfLoIf'6po.;, la
• frise il ornements géométriques ou végétaux., dans Didyma Il, nO 32, 1. 14 '.
En somme, ttoolf'6poç est un équivalent de ~wtoIf'6poç, mieux attesté 7, mais dit il Délos, sous
la premiére domination athénienne, ~wi:1"6ç ou ~wt1"6v. Le mot est un hapax au genre indécis, et
déclaré de • sens douteux. dans les dictionnaires 8. Pourtant, la racine, qui renvoie à 1"0: ~WtlX ou
~6ltOl.lX, les ,figures. ou ,statues. e, et le contexte de l'inscription, qui suggère un élément du
mur, sous la corniche, imposent l'idée d'une frise figurée. Effectivement, dans les comptes
de l'Érechtheion, 1"0: ~WllX suffit pour désigner cette frise, qui se détache sur la pierre noire
d'Éleusis to.

entrée monumenlale : 142, l. 27 : en 308-306 av. J .-C., 't1jv t!(I"o[oov 't1j)v 1"OU eU1"pOU; 165, 1. 30 :
dans le Temple d'Apollon, Èv T'ii~ dn60wt 1"OU VMU; 290, l. 67; en 246 av. J.-C., 1""YJv t[nooo?)v 't1j.. .
d.; 1"0.. . KtplX1"wVIX o~lXx]tnlXll-tVM, 1. 176, 179: 1"~V EÏaooo.. . du théâtre; 366, A, 1. 30: vers 207 av.
J .-C., faire des portes el les poser bd 't1jv t!nooo.. . 1"OU 'Alf'poolalou; 2293, 1. 3-4 : vers la fin du
Ile siècle av. J.-C., dans le Sanctuaire syrien, dédicace à Aphrodite Hagné de 1""YJv E!noOo.....

E!ao8o.; s'applique concrètement au • lieu par où l'on entre_, de quelque type qu'il soit t •
Mais il Délos, le mot évoque plus spécialement une entrée monumentale, non une banale porte

(3) CIlANTIl .... NE, Didioflflai~ étymologique ..., S.o.


(4) Monumenls funéraires, p. 60.
(5) Glolfa 50 (1972), p. 68-69.
(6) Ce serait trè~ précisément la frise il 81lthémiOll : voir W. VOIGTI.ANDER, lsfMiff Beihef' 14 (1975), p. 45 n. 134.
(7) MAMA VIII, 498, 1. 20 (Aphrodisia~, He siècle IIp. J.-C.): Xll' ~~6ll"OU; >«<1 yd"") T<l;:~ xdG<Jw br~'t1:e~,.m.Œ']
l'r;'<IW, _et avoir posé les blocs de frise et de corniche sur toutes les colonneS'.

(8) LSJ, et OnLANDos-TIlAVLOS, uzikofl, S.O.


(9) A Délos, les 1;;;;"" du Temple des Athéniens (1409, Ba Il, 1. 47) sont des slatues, mais le mot s'applique aussi li
des figures en relief sur une phiale (161, B. l. 70). Une ill8crilltion funéraire d'Asie Mineure parle de bas-reliefs dits 3",,,,,
ou I;;;;'ll (Bull. ép. 82, 280 = SEG 32,1612), qui doivent êlre les portraits sculptés des dHun\..s, dits ailleurs ~t:u3l«
(C. P. JONF;S, Jns 73 [1983], p. 1251. 10). Toujours' il Délos, dans 1426, B JI, 1. 40. les [l;t:>M'1l sont encore des statues.
(10) IG P, 474. col. l, 1. 42.
(1) Excmples en littéralure: Arislote, Afh., 63, 2; en épigraphie: dédicllce de 't"1)v lJ"ro.h "Ill' ~v dau80v >«<, Til<;
tlUpllt; (lG VII, 2235, Thisbé).
-121 -

de maison 2 : porle de sanctuaire ou de temple, pour l'Aphrodision de Stesileos (les 6upoct devant
alors être les vantaux, ou toute l'huisserie), le Kératôn, et le sanctuaire de la deesse syrienne,
où 1'&'('0'080'0 estl'entree Nord de la grande Cour, il distinguer des Propylées proprement dits, qui
ont sans dout.e succédé il une inst.allalion un peu plus modeste 3 ; dans le Temple d'Apollon,
eIGo8oç concerne tout le prodomos, où sont installées les portes contre-vent. Enfin, il peut se
rapporter aux différentes entrées du théâtre; d'abord aux deux grandes portes qui, installées
obliquement. de part et. d'autre de l'orchest.ra, entre l'analemma et le proskenion, en constituent
le principal accés, pour le public comme pour les acteurs, et d'autre part aux trois entrées qui
se trouvaient sur le pourtour de la cavea.
L'inscription qui définit les deux premiéres entrées serait gravée sur l'épistyle du paraske~
nio/! Sud, où Vallois 4 croit lire, à la fin de la premiére ligne, en lettres de la fin du Ille siécle ...
d}:ro[8]o'O. Le texte du compte 14'2, l. 27, datable de la fin du IVe siècle, et qui doit se rapporler à
une de ces portes de l'orchestra, fait envisager une construction en plusieurs étapes, les pre-
miéres e:tG08ot étant sans doute en bois. Dans leur dernier état, ces entrées avaient 2,70 m de
largeur, et. l'absence de t.rous de gonds montre qu'il n'y avait pas de bat.lants!>. En revanche,
l'eisodos menlionnée dans le compte 290, 1. 176 et 179, est une de celles de l'epithealron, auquel
on travaille à l'époque de cetle inscription. Pour ce qui est des trois entrées sur le pourt.our de
la cavea, l~s recherches de J .-Ch. 1\10rett.i 6 ont montré que ce sont. les entrées Nord et Est, sous
forme de rampes, qui appart.iennent. il la première phase de construction, celle-là même qui a
vu l'éreclion des jambages aux extrémités du proskénion. La rampe Nord a été refaite au
moment. de l'ouverture post.érieure d'une entrée au Sud de l'anafemma. Les portes de ces t.rois
accès ont. encore une fois de grands encadrements: on a en effet retrouve des demi-colonnes
écartées de 2,50 m, qui supportaient par l'intermédiaire d'un chapit.eau une architrave à regu~
lae sous une corniche (pl. VI, 19). Le compte 290 précise même que pour édifier ces beaux accès,
il a fallu fsupprimen (1. 179) les deux kerkides extrêmes, et donc modifier le t.racé initial de
l'analemma.
Il semble qu'e:tGo80o:; soit le terme normal pour les ent.rées dans les théâtres, si l'on en croit
Aristophane 7, ainsi que la Souda : 'l'tlXpIXO'X~vt«, 0 St .M8up.oç 't'rXo:; txoc't'É:pw6e:v 't'7j'o 0PX~O"t'P«'O tta68ou'O
oli't'w ~Y)Gt x«Àt'i'O'O«~, .paraskenia Didyme dit qu'on appelle ainsi les entrées de chaque côté de
l'orchestra t. Il n'empêche que le langage archéologique contemporain n'a retenu pour l'entrée
lawrale à l'orchestra que le mot mipoSo'O, qui se rencont.re à Délos, mais sans rapport avec le
t.héàtre, et. n'a été employé qu'épisodiquement ailleurs au sens de «passage d'entrée des
acleurst s.

(2) Délos ne connalt pas l'expression oI(1,,30~ xlXl fE;oa~, qui désigne normalement en itgypte le passage d'entrée ou
.l'entree-etrsorlie. d'une maison: cf. HUSSON. Oikiu, Il. 66-72. De même fi Mylasa : L. ROBERT, U 5anctuaire de Sinuri
l, p. ~I n 62 et 62 a, et en Palestine, il l'époque chrétienne: Bul/. ép. 50,215.
Q

(3) Er. WU.I., EAIJ 35, p. 106.


(4) Archi/ecture 1. p. 228-230, et fig. 2. Voir aussi notre rubrique (J)('I)~. infra.
(5) J. CIlAMONARIl •• Le théâtre de Délos>. Bell 20 (1896), p. 256-318.
(6) BCII 113 (1989), Il. 74(i...751 : fouille destinée il verifier les conclusions d·Y. BEQUIGNON - J. REPLAT,. Le lrace
du lhéâtre de Délos>, BClI 51 (1927). p. 401-422.
(7) Nu .• 3~: Ao., 296.
(8) Duns PluhNIUe, /}emdr., 34; Pollux, IV, 126 et 128: fG XII, 9, 2Q7. 1. 55 (itretrie; Ill" siécle av. J.-C.). et
lm. fasos, IK. n" 160-.I(;û (inst.:rilltions sur le pilustre de la parodos, au 11" siècle av. J.-C.). On ne pourra donc qu'ap'
prouver O. TAnIN (lUI, dans The Siafluru(f of Aesehylu!. The Dramatie Use of Exils and En/ranCe! in Greek Tragedy
(1977). p. 44!.l. prefere s'en tenir il oI"o~"c; ['lu lot (lU',., "'''pnll.. ~, pour les entrées au théâtre.
- 122-

dc:rPUc:rIS : voir 6uippous

ÈKKa8alpCol : voir ùvaKa8alpCol

ekklésiastérion, salle de l'assemblee : 316, 1. lOI : en 231 av. J.-C., une serrure btl'ti ÈXXÀlJO'LIXO'-
-djpw[v ; 354, 1. 66 : en 218 av. J .-C., t7tt(JXtvŒmlV''t'L "t'1]V 6upIXv 'fOl) ÈXXÀlJO'L!XO'TTjp([ou]; 372, A, 1. 140,
142-143, 165, 167: en 200 av. J.-C., taille et transport de pierres pour des parastades de
l'ekklés., pose d'un stylobate; 400, 1. 33, 39, 46 : achat de bois, de tuiles et de pierres (?) pour
l'ekklés.; 402, 1. 3 : confection d'une porte bd Tt TO~ m:p(OoÂov TOl) ÈXXÂlJ(J~IX(JTTjp([OU] ; 403,1. 27 :
portes de l'ekklésiastérion; 442, B, 1. 219 : en 179 av. J.-C., travaux dans l'ekklésiastérion
(lacune); 1417, A l, 1. 8.: au milieu du Ile siècle av. J.-C., inventaire de l'oikos 'n'pOt;; T(;jL ÈXXÂlJO'LIX-
O'TTjplw~, 1. 33: inventaire de l'ekklésiastérion; 1497, 1. 3-4: dans un décret du milieu du
Ile siècle av. J .-C., è:xXÀlJO'llX XUp(1X Èv TWL ÈXXÂlJO'LIXO'TTjplWL (même formule: 1498, 1. 3; 1501,1. 2-3;
1502, 1. 3-4; 1503, 1. 2-3); 1506, 1. 2-3 : dans un décret en faveur d'un poète, ~ouÂ1j Èv 1'WL
èxXÀlJO'LIXO'T[lJ]p(WL, 1. 8 : auditions lv TE TWL è:(x)X){YJ}:r~IX(JTTjp(WL XIXI è:v 1'WL 6t&T{PWL].

Formé avec le suffixe locatif -TIjpwv, le terme è:xxÂlJ(JL!XO"t'7Jpwv est rare, à vrai dire surtout
délien; outre nos inscriptions on n'en connaît que deux attestations 1. Il faut admettre que dans
la majorité des cas, les textes se contentent d'évoquer les décisions prises Èv T1i~ ÈXXÂlJ(JUlL, .dans
l'assemblée., laquelle peut d'ailleurs se tenir au théâtre: ainsi à Délos, sous la seconde domina-
tion athénienne (1497 bis, A, 1. 5; 1504,1. 52; 1507,1. 39), mais aussi, dès l'époque classique, il
Athènes, Corinthe, Messène 2. En dehors de ces quelques ekklesiasleria et du cas particulier de la
Pnyx, il n'existe donc pas une architecture spéciale pour ce type d'assemblée; le fait est
notable '.
Alors qu'il n'Hait évidemment pas question de l'assemblée du peuple des Déliens sous
l'Amphictyonie, l'ekklésiastérion n'apparaît dans les comptes de l'Indépendance qu'en 231,
mais il propos de travaux d'entretien, qui prouvent que le bâtiment existait depuis quelque
temps déjà. Des travaux bien plus importants auront encore lieu en 200. Cette salle fermée
possédait un péribole.
Vallois a identifié l'ekklésiast.érion avec l'édifice CD 47, en invoquant divers arguments· :
1) la proximité effective du Dodékat.héon et. du Thesmophorion, suggérée par la rédaction des
inventaires at.héniens, l'. oikos il côté de l'ekklésiastérion. étant alors assimilé à la Graphé et à
l'édifice Nord, CD 35,2) l'existence d'un ordre à parastades dans l'état. 111, fort. complexe, de
l'édifice Cp 47, ordre qui pourrait correspondre aux transformations détaillées dans le compte
372. Ph. Bruneau a jugé l'ident.ificat.ion .possible.~, W. A. MacDonald et Cl. Vial sont plus
sceptiques s, il cause de l'étrange forme de CD 47, qui remonte au début du ve siècle et a été

(1) Olhia (1'" moitié du IV' siècle uv ..I.-C.): SyUoge l , 218, 1. 10; Deny~ d'Haricama~ge, Anliq. Rom., IV, 38.
(2) Voir la synthé~e de W. A. J',fCJ)ONAU), 'l'he l'olilica/ Meeling Plates of /ht Greeks (1943), surtout p. 62-67, el
'Jl-%.
(3) Et relevé par Il. IIANSF:N. daTl~ J)t/llokrll/ie und IIrchile~'lur, Wohntn in der klaulIchtn Polis 2 (1'J89), p. 66.
(4) IIrchi/edure l, p. 45-46 et 171~172.
(5) GI). p. !l.':>.
(6) VIA'" mlos, p. 130.
- 123- f:I(II:o~AQ,ivw

plusieurs fois remanié, avec une capacité d'accueil limitée: environ 500 personnes pouvaient
s'y tenir, or les citoyens dé liens étaient nettement plus nombreux (pl. XXI).
Reconnaissons la faiblesse de la relation entre les inscriptions de l'Indépendance et les
ruines de GD 47, ainsi que la valeur très relative de l'argument de proximité appuyé sur la
succession des inventaires: le Dodékathéon et le GD 35 sont bien voisins du GD 47, mais il
s'avère que le GD 48 n'était pas le Thesmophorion 7. En revanche, le fait que la capacitè
d'accueil de GD 47 soit insuffisante pour tous les Déliens ne me parait pas être de nature il
gêner son identification comme ekklésiastérion. En effet, le contenu du décret 1506 prouve que
cet èdifice pouvait aussi abriter une séance du Conseil restreint, la ~ouÀ~, et tenir lieu de simple
odéon ou auditorium, pour des prestations artistiques; nous retrouvons finalement ici la défini-
tion de Vitruve (VII, 5, 5), qui faisait de l'ekklésiastérion un .petit théâtre •. On peut donc
supposer que l'assemblée des Déliens se tenait habituellement au théâtre, la salle fermée
n'étant utilisée qu'en cas d'impossibilité: ou, tout simplement, parce qu'en réalité seul un
nombre restreint de citoyens jugeait bon de se déplacer?

creuser: 500, A, 1. 32: en 297 av. J.-C., dans le devis du Temple d'Asclépios, 't'oc 8è f.l]É(Jll 't'wv
&.t't'wv h 't'ou tvt'oc::; t."xotÀ(u."hw, l. 34 : ÈXXOtÀll(VW." "foX f.lÉO"ll.
Les verbes xOlMw ou XO~M(VW sont peu fréquents dans un contexte architectural t, et c'est
ici le seul emploi en ce sens des composés bexOtÀOtL"'W ou ÈVl(.otÀOtlvw, de toute façon très rares. Le
préfixe indique que l'opération est faite en profondeur, dans un but précis: pour compenser le
poids élevé que représentent les sculptures installées à l'avant du tympan, on enlève le plus
souvent une certaine quantité de matière à l'arrière des blocs de fronton, afin que l'ensemble ne
représente pas une trop lourde charge pour l'entablement, et que le centre de gravité préserve
l'équilibre.
Les substantifs XOD-OtO'f.lll et XOLÀWf.lll ne paraissent jamais avoir eu cette valeur particulière
de • creux de décharge •. Pourtant, le principe du creux de décharge semble utilisé depuis les
plus anciennes constructions grecques. Il se remarque en particulier dans les orthostates des
frontons, au Trésor de Si ph nos, et pour ceux du Parthénon 1. Mais les frontons ne sont pas seuls
concernés: pour faciliter le transport et le levage, on peut aussi alléger une architrave, un
linteau, comme celui engagé dans l'angle du Monument aux hexagones de Oé10s 3 (pl. VI, 20), ou
un simple tambour de colonne 4 •

f.K1Tt:).t:KG.t.J : voir 11'f:).t:KUi

(7) G. Roux a montrè que c'était une salle de hanquet, et J. TRÉIlEUX, dans. Localisation du Thesmophorion à
DélOH, Bell 111 (1987), p. 495-4!l9, cherche maintenant ce sanctuaire du côté de Skardhana.
(1) Voir ÛRl.ANDOB·TRAV1.OS, l..e;,:ikon, 1.0.
(2) DAux·HANBRN, FI) Il, l..e T~élo~ dt Siphnol, p. 204-207, et A. K. ÛRLANDOB, 'H 'Apx\n>tw~..i) wû nŒp&cvWW<;
"(1978), p. 522-523, fig. 347-348.
(3) HEI,""'ANN·FRAISSE, EAD 32, p. 44.
(4) J. J. COULTON, G~uk Archilecll al W(l~k (1977), p. 145 fig. 63; plusieurs exemples depuis le VII" ~iède HV.
J.-C.
-124-

ËJolC,>"'H1Q : pièce insérée: 104-24, 1. 21, 2f>, 28-29, 31,34,38, peut-èlre 39 : au milieu du IVe siècle
av. J.-C., dans un compte traitant du Temple athénien, tf.l.o>"1j~ é:lJ-oo.>..e:Zv.
ËJolC,Àl1Tos : inséré: 104-5, A, l. 2 : 1tlV]OCKOCI; é:f.l.B[),~Toul;? (hypothèse J. Coupry); 1403, Bb rr, 1. 18,
et 1417, A Il, 1. 36: au milieu du Il'' siècle av. J.-C., dans des inventaires, 1tLVOCXOCI; é:f.l.OÀ~"t"OUI;
ypocCPrXl; tXO\ITOCI; Mo.

L'acte 104-24 rapporte les amendes infligées aux entrepreneurs, pour les défauts constatés
dans la construction: chaque fois qu'il apparaît qu'une pierre nouvellement mise en œuvre est
mutilée, il convient quc l'entrepreneur • mette une pièce., tf.l.6kIJIJ-oc tIl-6oc),e:tv. En effet, lf.l.6>"ljll-oc
désigne couramment toute pièce fabriquée à part puis. insérée., tf.l.l»),ljTOI;. C'est ainsi que l'em-
blcma est, en latin transcrit du grec, le médaillon ou le panneau central d'une mosaïque l, ou
encore, dans les inventaires dé liens, un médaillon inscré au centre d'un vase 2 (313, a, 1. 78 et
102). De la même façon, les 1t(VOCKEI; llJ-l)À1j"t"ot mentionnés dans le Temple d'Agathé Tyché sont
des tableaux mis sous cadre et .insérés. dans le mur 3 .
Dans 104-24, le nombl'e des pierres victimes d'un accident au moment de la mise en place,
et nécessitant une pièce, est particulièrement élevé: c'est bien pourquoi un autre texte délien (
précise à l'avance que tous les blocs doivent être 5.6POCUO"TOC, .non ébréchés., &.x6ll1jTOC, .non
recollés. (ou Héajustes.), la réparation étant bien souvent aussi inesthétique que fragile. Il
n'empêche que dans tout le monde grec, il toutes époques, des pièces rapportées ont été signa-
lées ~.

(1) Lucilius, IV, 993; Varron, Rusi., "',2,4. Dans la même famille, l'hapax parimboia (du grec Tl<1pCj.l&J.fj)se lit
sur une platlue conservée au Musée romain de Vidy, et doit se rapf'Orter /1 une pièce insérée dans le mur: COI.I.ART - vAN
BKR(:IIKM, nuv 47 (1939), p. 138 (= G. \VAl.SI,." R(jmi8ch~ Imchriflell {lUS der SChWÛl, n" 56). Je dois cette rérérence il
D. Knoepfler.
(2) La vllisselle de métal comf'Orte asse7. souvent des emb/~mulu, en fort relief: voir par ex. B. BARR-SHAMRAR,
• Macedonian Metal Vases in Perspective., Maced"nifl ond Greec~ in La/~ C/ossicol and Eorly Jüif~nislic Time#. (1982),
p. 132 IIg. 18.
(3) Voir Tl[""~, dans Ilotre rubrique ypœcp"Ï), supra. Le LuiktJn d·ORI.ANDOS-TRAVI.OS comprend que le pinax
~mM~los de Délos n'est pas ulle peinture, mais une mosaïque; l'interprétation, qui s'inspire de l'existence d'~mbl~mala
mosaiqués, et peut-Ure aussi du rait que YP"CP"Ï) puisse dans certains cas désigner une mOll3ique, ne me convainc pas, en
raison du sens habituel du mot 7t[""~' Rappelons qu'en IgJû a été trouvé il Herculanum un pinœr: ~mbl~los pris dans un
ch.hsis ou plutôt une caissette en bois proronde d'environ 2 cm : A. MAruRI,. Note su di un nuovo dipinto ercolanese.,
BoflArI~ 31 (1937-1938), p. 481-489.
(4) Voir la rubrique 1l6p'''''1't"Gi;, ,upra.
(5) Pour l'époque archaique, voir DAUX-JlANSKN, F'D Il, U Trisor d~ Siphnos, p. 165, n" B 5 (réparation faite
avant la pose de la pierre); pour le Temple d'Athéna il Priène, voir W. MÜI.I.KR-WIENER, Griechisches BQuwtsen in der
Alllike (1988), p. 'M IIg. 49.
- 125-

pièu ~ngagü: 161, D, 1. 118-119: en 279 av. J.-C., pour le Porinos naos, des poulres dt; Tb[y
ll-l)60Aoy 'rWl ~8pWl.

Appartenanl, comme ll-l6À1jI-lIX, à la famille d'i:I-l6«).).w, 1'l",,60Aoç ou l",,60Aoy esl une .pièce
engagée. dans quelque chose: cela peut être la .barre d'un verrou Il, ou, à Délos même, un
• éperon de navire 1 entreposé dans l'ûikos des Andriens t, enfin, pour le toit du Pori nos naos, un
ensemble de poutres servant à soutenir la faltière, et formé d'une poutre de 16 coudées, une
autre de 10 coudées, et des .coupes .de bois plus petites. Que l'tI-l6o>"oy puisse être en rapport
avec l'entablement de la colonnade est montré par un vers d'Euripide, À«ïvlX XLOO'lY lI-l6o>"IX', et le
fait que le mot désigne couramment cet entablement ou un même un portique tout entier dans
des inscriptions d'époque romaine ou post-romaine, comme il Jerash ou est dédié, au IVe siècle
de notre ère, TO t[phoy TO[Ü] i",,66[>..]ou 4.
Mais ce sens tardif de .portiquel est bien éloigné de ce que suggère l'atlestation délienne,
el il reste que la nature exacte de J'installlltion mentionnée pour le Porinos naOs n'est pas
claire. On partage la perplexité de F. Courby i : • S'agilril d'une pose de charpente destinée à
étayer provisoirement la panne ou à en faciliter la mise en plllce? Est-ce quelque assemblage de
jambes de force? On ne saurait le dire.,

ÈvkQlw : voir ypa.+ft

(1) Euripide, Ph .. Il,1.


(2) 442, B, l. 167. Cf. une inseription ~laLi,"e aux récompenses accornf:etl il un navarque d'lsll"Ol: on lui élèvera
sa Italue, .en anne$, sur un éperon de navire. (Rull. ip. 62, 2(3).
(3) & .. &JI. (lU," J, Bnux, d"n~ IŒG 74 (19&1), p. 40, traduit p.r .1e$lra\·ée!I de pierre sur les colonneS'.
(4) CIG, 4662 b_ \\'I!LLK$ dans KftAEUI'i"G, GnvulJ, nt 28l}.28I, 1. 6-7 (othe use of ~ lo mean 'portico' i,
familiaro, avec: ~n\'oi il GI. DoWNIlY, AJA 41 (19371 p. 208, qui analyse l'emploi du mol par MALALA8: pour des
colonnades le long d'une rue ou pour des portiques le long d'uoe cour in~rieure). Auhu .lleslaUona d'un embolon au
sen. de portique: à ThyalÎre, IJCII II (1887), p. 474 n- 43, il tph~, f'orxllUngtn in Epllno. III, p. 100 nt 8. 1. 11-12
(début du Il' siècle ap. J.-C.), elll Sardes, dan, C. Foss, RytQ,oIine and Turkisll &rdis (1976). o. 18 et 19,
(5) E,I/) 12. p.232.
-126-

muco8o...,i:w : voir ohco6otûw

mur qui tombe I/OUS les yeux, qui ed en {ace: 442, B, 1. 245 : en 179 av. J .-C., faire une xt:~~'11
ixlX'tipW~ 001ttWl TW'II G"f'Oi;j'll.
Dans ce passage, l'emploi de wnpoç suggère qu'il est question des deux murs qui
encadrent des porliques, malheureusement non identifiés. Ces murs ,tombent sous les yeux t
(d'après la racine 01t-) pour celui qui s'approche de l'édifice; xt:~Tj doit se comprendre comme
l''extrémitét de ce mur, c'est-à-dire le pilier d'anLeI. L'expression oomo'll est connue depuis
Homère, qui l'utilise au pluriel, toujours pour le • mur qui est en face t à partir de l'entrée, et
qui est dit .resplendissantt l .
En dehors de ces emplois en poésie, la mention délienne fait exception et frappe par son
imprécision. De fait, si l'on s'en tient aux critères modernes, ht:l1tLOV ne saurait être considéré
comme un véritable Lerme d'architecture, et montre bien que contrairement à nous, les Grecs
n'éprouvaient pas le besoin de posséder un mot spécialisé pour chaque partie d'un édifice.

4~f:8pu: exèdre: - dans la palestre: 163, B, 1. 13: en 276 av. J.-C., ctc; ~v l~t3plXv; 165,
1. 20-21 : transport de poros pour l'exèdre et le péristyle, l. 45 : du bois de tilleul pour l'exèdre
(de la palestre plutôt que de l' Asclépieion 1); 199, A, 1. 105 : en 274 av. J .-C., couvrir l'exèdre,
\. 110 : faire le sol des exèdres; - dans le Sarapieion C : 1416, A l, 1. 21 : au milieu du Ile siècle
av. J.-C., inventaire h Til iÇ[HlplX~, 1. 51 : 1tpOC; -riXe; èÇ,t3plXO;; (mème formule dans 1417, B J, 1. 21,
53); 1452, A, 1. 20, 43, B, 1. 3: inventaire l'II T'il L;UpI,U; 2205: après 87 av. J.-C., Antiochos
signale qu'il a réparé l'exèdre; - dans le Sanctuaire syrien: 2248, 1. 2-3 : en 112-111 av. J.-C.,
dédicace d'une exèdre par un groupe de thérapeutes; 2253 et 2254, 1. 1,2288, 1. 4 : en 106-105
av. J.-C., dédicace d'une exèdre par Midas; 2255,1. 5-6: vers 90 av. J.-C., dédicace d'une
exèdre par P. Plotius; 2266, 1. 1-2: vers 90 av. J.-C., dédicace d'une exèdre par P. Aemilius;
- dans l'Agora des Italiens: 2454 : Philostrale d'Ascalon dédie une exèdre xor,l -rd: h lXù[~~--];
- au Kynthion : 1878 : en 96-95 av. J .-C., Diophantos déclare avoir fait restaurer une exèdre.

(1) Inl.erprêLMt.ioll d'I';IlKRT, FtlchUllldrlickr. p. II).


(2) 11.. VIII. 435: XIII, 261; ad., XXII. 121. EXlllillUé l'llr Pollux, 11,53.
- 127-

i:ii8plOY: (peiite) exèdre: - dans l'inventaire du gymnase, au milieu du Ile siècle av. J.-C. :
1401, e, 1. 6; 1412, a, 1. 18; 1417, A l, l. 133-134, 148 : iv 'Û~1t i~e:aptc..H, Ev Tott.; ~e:aptotç; - dans
l'inventaire du Sarapieion C : 1416, A 1,1. 61, et 1417, B l, 1. 64 : ~v T(;n ~e:8p(c..H.

Les diverses acceptions du terme.

Les grands bancs de marbre à dossier, de forme semi-circulaire ou rectangulaire, qui


jalonnent le sanctuaire d'Apollon, sont aujourd'hui un des traits marquants du paysage archi-
tectural de l'île. Le plus ancien, dalè du début du Ille siècle avant notre ère, est semi-circulaire
et situé sur l'Agora Tetragone 1 (pl. VII, 21. 23). Ces structures indépendantes, à l'air libre, sont
couramment dénommées de nos jours «exèdres •. Mais les exCdres dont il est question dans les
inscriptions déliennes ne sont pas du même type; elles permettent de comprendre à quel point,
pour les Anciens, le terme etait soupiez.
Si l'on s'en tient à l'étymologie, l'iÇ-é8pll est bien un «siège à l'extérieun, un endroit pour
s'asseoir en plein air. La plus ancienne attestation du terme nous est donnée par Hérodote, sous
la forme 1tpo~ÉaplJ c'était effectivement, d'après le contexte du paragraphe VII, 44, une
structure en marbre blanc installée sur une colline, ou Xerxès s'asseyait pour converser avec
Artabane et avoir une vue d'ensemble de sa flotte en marche sur l'Hellespont. Un passage de
Strabon 3 appelle t~É8pll un «siège. comparable, une sorte de banc indépendant offrant une .vue
circulaire,.. Il n'empêche qu'à la même époque, le sens de .banc en plein airt, le plus souvent
semi-circulaire et orné de statues, sera normalement rendu avec le mot ~1-t~XUXÀ~OV4.
Car peu après Hérodote, l'Oreste d'Euripide témoigne qu'un glissement de sens s'est pro-
duit pour ~É8pll : on y lit au v. 1449 que les esclaves phrygiens d'Hélène sont enfermés dans des
Hxèdres,., ce sont donc de véritables salles, qui sont • hors de l'l8pcu, apparemment pris ici au
sens large de lieu d'habitation. Mais cette explication étymologique ne convient plis pour les
inscriptions de Délos, ou une .exèdre. est pourtant aussi un local, un endroit abrité, en prin-
cipe pourvu de sièges.

Les exèdres dé/iennes.

En effet, les inscriptions déliennes nous confirment qu'au début du lII e siècle av. J.-C. la
Palestre du Lac possédait plusieurs exèdres, dont on «fait le sol,., mais l'une d'elles, dont on
.. fait la couverture., se distingue plus spécialement. Celle-ci serait, selon J. Delorme, la salle
semi-circulaire située au centre de l'aile méridionale et donnant sur la cour péristyle 5. Celle
forme paraît exceptionnelle, car ce genre de pièce sera ailleurs rectangulaire, comme nous le
verrons. Delorme y voit une étape chronologique: de semi-circulaires à l'origine, les exèdres
intérieures seraient ensuite devenues rectangulaires, la première forme ne se conservant que

(1) Ce monument a été soigneusement étudié par Ch. LUNAS. t'Agora T~lragone à Di/D, (Thè!le dactyl., Paris 1,
1971), p. 493-512.
(2) _La terminologia moderna non rispecchia, su questo punto, quella degli antichi. ; c'est une des conclusions de
S. SRTTtS, qui ulilise abondamment le matériel délien, dans Eudra e nin(eo. Je reprends ici une partie de son analyse
très développée, qui s'appuie sur l'article ezedro de la RE, dO à r. w. DEI CH MANN.
(3) Strabon, XIII, 4, 5: _Au-dessus de Sardes esl situé le mont l'mOlos, h~. Œxi""PUOlL (lXo1dj~ lxo~, U;UpŒ~ MuXOÜ
,../1"'•.
).(60", n,pabl" ll'r"~, &... 'oii K«1"01t"t,utt... Tri x(,lÙ.W' SETTIS, dans Escdra e nin(eo, parle justement à ce propos de
_belvédère., dont nous ne connaissons pas le plan exact.
(4) Ainsi dans Plutarque. AI<!Z., 17,4; Publ., 12, 1; et Diodore de Sicile, l, 92, 1 ; les juges sont asais p( TWO~
~fLl.X"x)·(O".
(5) Gymnasion, p. 116 et 327, el EA D 25, p. 133-139, et fig. 32. J. Delorme restitue avee prudence trois colonnes
en raçade. 11 ne dit rien de la présence de sièges.
- 128-
dons les monuments à l'air libre'. S. SeU,is s'est justement élevé contre cette supposition trop
rapide' : dans le monde romain et paléochrétien, les absides, normalement bordées de sièges,
seront aussi nommées .exédrest.
De fait, la multiplication, au Ile siècle av. J.-C., dons les Hablissements d'éducation, des
salles barlongues donnant sur un portique est due à diverses raisons de commodité: elles sont
faciles li construire, sont ouvertes et couvertes, elles orrrent un plus grand espace pour l'en-
seignement. C'est le cas des ~i!pt.« du gymnase de Délos. Les inventaires distinguent alors un
~i3pto'll principal, orné de statues, et des ~Upt.« rapidement comptabilisées en dernier, avec les
pièces d'angle. Celles-ci doivent correspondre aux pièces K et M qui donnent sur l'exlérieur,
tandis que le premier ~UptO'll est l'espace G à l'Ouest, qui est en réalité une salle d'honneur
précédée d'une porte à trois cint.res et richement décorée d'une statue grandeur nature dans la
niche du fond, ainsi que d'aut.res statues plus petites'; sur la cour peristyle ouvrent plusieurs
autres salles de dimensions moindres mais de même type: rectangulaires, li colonnes ioniques
(deux supports ou plus) en façade. J. Audial remarque que seuls les textes déliens emploient le
terme U;UptO\l pour une partie d'un gymnase et. que la dirrérence d'avec U;UjXl n'apparaît. pas t;
errectivement, le nom d'aedrion appliqué li la grande salle Nord, qui correspond en définitive li
l'ephebeum de Vitruve 10, donne li penser que les deux mols sontlout à fait superposables dans
l'esprit des administrateurs, et que l'aedrÎQfI n'est pas nécessairement de dimensions réduites 11
(pl. vn. 24).
Si elle n'a pas la même fonction, car ne servant qu'aux rencontres et aux conversations, la
loge installée dans le côlê Nord-Est de l'Agora des Italiens et nommée exèdre par une inscrip-
tion sur l'entablement (2454), répond au même type architectural 11. La salle principale
(10,15 m x 7,03 10) de l'aile Ouest ne s'en distingue que par la présence d'une niche en forme de
fer il cheval dans le mur de fond, destinée il recevoir la statue de C. Cluvius réalisée par Agasias
d'Ëphèse : cette forme plus raffinée d'exèdre, loujours de dimensions importantes, se retrouve
à l'angle Nord-Ouest, où une pièce IS il pilastres et colonnes en façade, sans oublier la présence
d'un banc, constituera par la suite le vestibule des thermes. Dans tous les cas, ces exèdres liées
il un portique ou un péristyle intérieur s'avèrent être une des trouvailles les plus caracléris-
tiques de l'architecture hellénistique 14.
Restent les exèdres édifiées dans des sancluaires. Celui de la déesse syrienne n'en manque
pus u, mais seules quatre d'enlre elles sont nommées dans les inscriptions. Le plus ancien de ces
textes, 2248, concerne vraisemblablement l'exèdre du Nord-Ouest de la terrasse 18 : une salle
barlongue pavée de mosaïque, avec une banquette sur trois côtes et une entrée faite d'un banal
seuil. Par la suite P. Plolius fit construire une pièce semblable au Nord-Est (pl. VU, 22);
l'inscription 2255 se trouve sur le seuil remployé, qui précède un dallage d'éclats de marbre, dit

(6) EAI) 25, p. 133 n. 6.


(7) O, c., p. tm-679.
(8) L'e:udriOIl avait été 3utl"(!fois re<:onnu dans la salle C au Nord, suivant une ancienne hypothèse. En fait, C
doit Hre l'apodylerion et G l'aedrion : voir GI) 76, ng. 64.
(9) Bell 54 (1930), p. 121.
(10) DHl.oR."IH, Gymnasion, p. 329. citant Vitruve; l'epllebeum doit être une nlledra amplillima cam udibu.,
pour de grands et nombreux étudiants.
(II) Il en va de m"me, semble-t-il, dan! les inseriptiOIl! funéraires d'Asie Mineure (où les eddres associées Il des
tombeaux paraissent toutefois Hre des hanCll en plein air, et non une pike) : KUBINS"", MonumenfJ funéraire., p. 117.
'F~Up\O~ est de toute façon un terme nlre en dehon de DéI06.
(12) Pottl) 19. salle 42= GD a2, lig. 42, Ylie L. On y replace la hast 2M9, Înscrile de deux poèmes; cf. F. CoA-
RIII.I.I, dans Oelo e "Ualia, Op. Inti. Romani Finlandiae Il (1982), p. 131.
(13) GIJ 52, salle 1-1. L'exèdre de l'aile Ouest est la salle E.
(loi) C'est. ce qui rrappe H. LAUTER, Die Arellile1.'far du flel1eni.mu. (1986), p. 121.
(15) Er. WII.I., PottD 35, p. lia lig. 62.
(16) WII.L, o, C., p. 80-84. 102.
- 129-

M06<rTpW"W'II dans 2302. L'entrée estloutefois plus monumentale, car encadrée de deux colonnes
en poros stuqué, et l'on distingue encore les petits escaliers d'acces â la banquette, également
couverte d'éclats de marbre. Les parois sont revètues de mortier peintn. Quant â l'exèdre
offerte par P. Aemilius au Sud-Ouest du théâtre 1', elle n'en diffère que par un grand seuil â
l'Ouest, et un petit escalier d'accès coupant la banquette Est" L'exédre dédiée par Midas et
ouvrant sur le grand portique du Sanctuaire est plus complexe 1'; si le plan de base est loujours
le même (une colonnade corinlhienne permet l'entrée dans une salle barlongue), la mosaique est
cetle fois en opus lessellalum, cas unique dans le Sanctuaire syrien, et cette salle précède une
piece annexe très ruinée, dite oikos, servant sans doule d'office et de cuisine. Midas ms de
Zénon devait être vraiment très fier de sa consécration, puisqu'il la proclame dans t.rois textes.
Ces banquetles maçonnées, hautes d'environ 80 cm, profondes d'environ 135 cm, et
munies d'escaliers d'accès, ne pouvaient être autre chose que des lits pour salles de banquets,
recouverts de coussins. On sait que ces salles de réception il banqueLies sont d'origine orientale,
les lits étant d'abord des meubles, plus bas lO • Au terme de son analyse, Er. Will conchlt que ce
sont les Syriens qui ont dû, les premiers, importer dans l'Ile tUn type de structure qui leur était
familier dans leur patrie. lI . Cette tSalle de banquet. est appelée à Délos (et ailleurs U ) HJBpa.,
l'accent étant alors mis sur son aménagement, mais elle peut aussi se dire oÎkos ou hestiatorion,
selon que l'on insiste davantage sur sa structure architecturale ou sur sa fonction U : une fois de
plus, la langue grecque ne possède pas de terme propre, et ne recule pas devant la synonymie.
L'exèdre mentionnée au pied de l'escalier d'accès au Kynthion, au lourn:mt du 1er siècle
avant notre ère, est encore du même type, celui de la salle de banquet pavée d'une mosaïque de
marbre"'. Mais pour situer les multiples ~!3p«1 et l'U;t!plo'll élevés dans le Sarapieion C, nous
manquons d'une publication exhaustive de l'ensemble, de toute façon très ruiné u . L'une de ces
exèdres est inventoriée entre la tSloa du bas. et le dromos, ce qui doit être un indice lopo-
graphique; d'autres sont nommées pres de l'isideion, qui serait - sans assurance - le Temple
C. Ce ne sont pas non plus des sièges en plein air, puisque l'une d'entre elles possède un .murt.
Ces structures sont encombrèes d'ex-volo (statuettes, vases, couronnes), et il est fort probable
qu'il s'agit aussi, au moins pour certaines, de salles de banquets, nécessaires dans un culte où ce
rituel collectif joue un grand rôle -. On nolera encore que là comme au gymnase ou il l'Agora
des Italiens, les exèdres servent volontiers d'écrins ou de niches â statues".
Le relevé et l'analyse des attestations déliennes aboutissent inévitablement à contester,
ainsi que l'a fait S. SeUis, les définitions conventionnelles, le plus souvent restrictives, de

(17) WU.L, ibid. (surtout fig. 53).


(18) WILL, o. l'., p. 74-75.
(19) WILL, o. c., p. 49-59.
(20) J.-M. DENnER, f~ molif du ~1lqucl rouchi .. (1982).
(21) WILL, o. c.. p. 114-119.
(22) Ainsi à Chypre: T. O. M1Tf'O'W, Tht l1luriplio1l' of Kourio1l (1971), p. 207 nO 107: Trajan pourvoit il la
tonstruction de eînll eddres-aalletl de banquets dan! le INInetullire d·Apol1on-II)·Iat.è!. En revanthe, tlne in!Criplion
bilingue de Palmyre distingue bien l'andron, nal1e de ban(luelo, et une partie de cet ensemble appelêe t:udra : te serait
alon, oomme le suppose Er. Will, une tnîeheo dans la paroi du fond du bfItîment (Sgria 60 [19831 p. 69-81).
(23) Wi remarque nt de Ph. BRIJNEAIJ, RCII 102 (1978). p. 140. On pourrait entore prkiller que contrairement
au,.; oikoi, les itUpon-Nllell de banquelllOnt des eonsécnlions privees. Voir il ee sujet nos rubriquetllan.ao:TÔp<O-o et olxo<;,
infM.
(24) CD Iffi. fig. 86, INIlle C.
(25) En aUendant. voir CI) 100. surtout fig. 82. el nOlJlI!IKI., Culin igyplic1l6. p. 48-64. Pour VALLOIS, Ar'l:hi-
t«lure 1. p. 93, tun ne lNIit si tes blUimenll appartiennent au Sarallieion ou â la rêgion du DromOlo.
(26) Pour un dlh·eloppernenl., voir nolre rubrique Gtx~. Înfffl.
(27) En roeeurt1!nee. le ClIS le plu! fameu:\: est celui de la V~nus de Milo. dont la dédiesce mentionne une e,.;Mra
ou .nieheo spécialement ruile l)Our elle: A. PASQIJIF.M. 1.0 l'~nu. de Milo et le. Aphrodite. du t.Amure (1985), p. 3fhJ7.
- 130-

l'exèdre: le sens de «banc public édifié en plein ain n'est pas le seul ni le plus courant, et l'on
ne peut pas non plus se contenter d'écrire que c'est l'appellation habituelle, en Grèce, pour une
pièce de forme semi-circulaire 2ll •

h,~A,,'i, Tt
(1~~X~s)

petite laite ou volige: 144, A, l. 58 : en 304 (?) av. J.-C., pour le Dioskourion, mtôÀlrw;, 45 dr.,
l. 62 : transport de -roc yeToo: XIX! -roc,. xIXÀO:!J.TôIXç >«lt -rocç È'I't"t6À'ij-ro:,.; 145, 1. 21 : du bois Id,. bttôÀlJ-r&,.
't"i)ç ,xyop«,.; 199, A, 1. 44: transport, à partir d'une oikia, de 36xtoV XIX! ÈmôÀ'ij-ro:,.; 204, 1. 40:
pour le four, rnt6À'ijuç, 1. 42-43 (lacune),!. 44 : -roù,. È:'I't"t6À'ij-ro:,. oU!J.'I't"pUJo:vn; 372, A, 1. 109 : en 200
av. J .-C., -roTç -roc,. 30xoù" ~eÀxuocrmv xo:t È'I't"tÎ)À'ij-ro:" XIX! -rwv !J.EM6pwv; 442, A, 1. 'J5l7 : réception de
tuiles et de bois dont 2300 È'I't"t6À'ij-ro:ç; 444, B, 1. 102-103 : en 177 av. J.-C., fourniture de bois,
dont 2000 È'I't"t6À'ij-ro:ç... 260 autres pour la axlJvoO~xlJ, 2000 pour la Kréné Minoé; 461, Bb, l. 58 :
transmission de xeplX!J.l3wv XIX! È'I't"tl:6]À~-rwv; 1416, BI, 1. 7 : au milieu du Ile siècle av. J .-C., dans
des instructions aux locataires de maisons, Et 30xoZ,. [d] ÈmÎ)À'ijotv Et oo:vtOtV xo:uo-rpW[!J.]î:vlX, 1. 9 : d
olfllJxtaxot,. et ÈJ!{C)Ai1T~ (= pour È'I't"t6À'ij1't 7) d xo:M!J.!J.O:1't.
Le terme Èm6Àlj" est très rare en dehors des inscriptions, et même dans ce cas, il est assez
nettement délien. Cette situation explique la perplexité et le désaccord des commentateurs :
pour LSJ, c'est, au genre masculin et en poésie depuis Homère, la «barre d'un verrou., mais à
Délos ce serait une • traverse • (angl. cross-beam); de son côté, Hodge 1 déclare d'abord que les
textes ne laissent pas discerner le sens du mot, avant de pencher pour de • minces planches de
revêtement •. C'était déjil l'avis de Dittenherger, lorsqu'il assimilait è:m6À'ij"f~ et xIXM!J.!J.O:"fo: 2 :
mais dans SOli commentaire au compte 144, Durrbach repoussait celle interprétation et optait
pour des« traverses., en se rêférant il deux inscriptions attiques. Il est vrai qu'il ne connaissait
pas les autres attestations déliennes : en effet, rien ne prouve a priori que le terme doive avoir
exactement la même signification dans chacun de ses emplois, l'Èm6Àljç n'étant rien de plus
qu'une «pièce posée sur une autre., d'après la formation du mot (bttUÀÀw).

(28) Suggestion de HUSSON, Oikia, p. 73sq. : p'Ûurlant, les papyrus ne suggèrent pas non plus une forme semi-
circulaire, I)our cette salle aux fonctions très dive~~ en Êgypte. Reste que nombreux sont les prchéQlogues ou
3ntilluisants qui 3880cient systéll'3ti1IuenH:nt. l'exèdre li 13 forme semi-circulaire, par ex. Fr. GI.ASRR, dans Dit Wasur-
vusorgllilg anfiku Stadfe (1987), p. 124.
(1) Woodtoork of Greek Roofs, p. 121.
(2) Sylloge". 587. n. 54 (= tG 11". 1û72).
- 131- ~TfI'UpIOV

A Délos, comme il. Éleusis 3 ou dans l'inscription des Murs d'Athènes4, les tl"C~6Àij't1!:Ç sont
toujours nommées en association avec d'autres pièces de charpente et de couverture, et plus
particulièrement avec les pièces les plus légères, ou même avec les tuiles. Vallois avait déjà
remarqué qu'elles sont fréquemment associées aux XŒÀŒj..iiatç, le .lit de roseaux. qui forme la
dernière couche sous les tuiles, qu'en outre elles sont «très nombreuses et d'un prix infime'~,
par rapport aux autres pièces porteuses: en conséquence il proposait d'y voir - du moins il.
Délos - des petites • lattes' ou des minces «voliges •. Le fait que le mot tl"C~oÀ1jç se rencontre en
même temps que XIÎ.ÀUflf.l.Œ dans 1416, B l, n'est pas une objection, dans la mesure où ce dernier
terme s'applique il. n'importe quelle. planche de revêlemenb, aussi bien un coffrage qu'un
planchéiage ou un couvercle de caisson de plafond. Assurément le texte de l'inscription des
Murs d'Athénes fait davantage songer il. des traverses (ail. Querhôlzer), mais la succession des
termes dans le compte d'Éleusis suggère il nouveau des .Iattes_ pour supporter les XŒÀŒ!J.~tÇ, les
«traverses. étant alors désignées par l!J.lÎ.vnç.
En raison de la complexité du vocabulaire contemporain de la charpenterie, nous vou-
drions qU'ÈmôÀ1jç corresponde précisément à un terme actuel. Mais de leur côté les Grecs se
contentaient d'un mot impliquant une superposition, sans plus, la fonction exacte de cette
pièce élant laissée il. l'appréciation de chacun.

ÈmypO+w : voir ypo.+~

È'n"ituyos : voir kEpo.....is

È'n"L8uplOV ou È'n"leupov, 1'0

applique de porte: 142,1. 41 : en 308-306 av. J.-C., pour l'Asclépieion? (restitution de Vallois)
bn]Oupwv ÈÀEqJ&.V'tW[ov; 165, 1. II : pour les portes contre-vent du Temple d'Apollon, Xilt
(;mlMpwv; 421, 1. 77, 424,1. 9, 435, 1. 3, 439, a, 1. 49, et461, Ba, 1. 58: au Ile sièCle av. J.-C.,
dans l'inventaire du Temple d'Apollon, &.PyUPLOV -::0 1ttp~YE'oI6!J.EVOV &.1t0 t'wv ÈmMpwv; 1417, C,
1. 86 : dans un état de locations, t'orv (?) [È}tLOu[p(o~?}v.
L'adjectif Èl"CLMpwç, .posé, ou «appliqué sur une portet, se rencontre dans une inscription
attique et dans un compte d'Épidaure l . Il est substantivé il. Délos sous deux formes, avec ou
sans iota.

(3) IG "', 1672, 1. 64-65 (1 !llAç vaut 1 drachme; 10 hI"l6),~nç valent 1 drachme; l ",p",Tijp, 1 dr. et 4 oboles),
193 ; ~,j),lt &üo... XIII hnll),ijnl; dxoa~~ ct<; -ro~ lmO[~]. .. "<ùc<,,,i:3cç. On notera le parallélisme QveC l'inscription délienne 204,
1. 40 ; 'pour le foun.
(4) IG 1fi, 463, 1. 62 ; o,s "'~ XIIT'I~y});aT"[.J anyciau amu[a...] XII' bt<&l.lla}t~ Tqll)clç N).),iS{~], ,là où il n'y a pas de
couverture en auvent. qu'il fasse une couverture avec dea petites poutres et des traverses en les posant les unes sur les
autreSl.
(5) Architecture Il,2, p. 401.
(1) IG Il', 1408, 1. 20 (inventaire du Parthénon); Jj),o.]... hr.Wpl.O'; IG IV', 110, A, 1. 22: c1a7tUl",~ !,....&up("'.., .des
écua appliqués sur les portes-.
- 132-
Selon le Luikoll d'ÛRt..ANoos4TRAvLos, qui suit LSJ, bt~OUp(~)oY serail. un équivalent
d'ùdp6upoy, le .. Iinleaut. Mais le conlexle des exemples déliens inlerdit d'accepter cell.e inter-
prélation: dans 165, 1. Il, la mention de l'epilhyrion sur les porles contre-venl du Temple
d'Apollon intervient après celle de toute une série de pieces métalliques, et suggere une simple
eapplique de porle •. Oans 142, 1. 41, cetle applique t est en ivoire, ce qui n'a rien pour sur4
prendre puisqu'a été consignée la fournil.ure de 10 mines .. d'ivoire pour le porlaih du Temple
d'Apollon', alors que les nombreuses autres appliques inventoriées dans le même edifice sont
argenl.ées.
En fail., le sens de .. linl.eau. pour bttOupO\l ne semble allesl.é que pour des inscriptions
chrêl.iennes de Syrie 4 •

ÈtTUCOYU1tol : voir à.>"Oleta~

ÈmkotrÎl; ÎtTUCOtTTtol voir ItOttTW

CtTUJ(u)po'i, (,

cheville: 504, A, 1. 16: en 279 av. J.-C., dans le devis du plafond du Temple d'Apollon, tp&.TY~
XlJ.1'«ÀIXOttW tm.6por.ç.

Le sens est suggére par Hesychius : È7t(oupo~... XlXt T,Àm ~uÀl'-K.l~, t des chevil1es ... et des clous
en bois •. Oans le devis délien, il s'agit de cheviller les tcaissonSt, 1fI1X't'WUO. Le terme, rare, est.
toutefois employé Il plusieurs reprises dans les comptes du Temple d'Asclépios à Épidaure l, il
est également connu de Héron d'Alcxondric, Aut., 16,2.

ÈtTlOKc1tTTW : voir O'KOtTTW

(2) toIais VAI.UleS, A,.dIl1«11J"~ Il.2. p. 4~56, pense qlJ~ le mol m&~~ peul.voir ici un sens collectif.
(3) 287, A, l. 118: ~ dl; rll f(.:.p:lwlu<.
(4) Voir A. \\'ILHeul. JOAI2S (1933), p. 57.
(1) tG IV", l, 102,1.63,73,301 : dans ce eontexl~, ce sonl des • chevilles. Cil metal.
- 133-

f.1fUnrCU7TPOV: poignit ou marl~au d~ porl~ : dans les invenlaires, au milieu du Ile siècle av.
J.-e., - Nëorion: 1403, 8b l, 1. 44: MpwfLlll/iov iI:<rnL:nt«a}tprJ: 1ttp~TjPYUPwfLéva. MCÀij 300;-
Hcraion : 1403, Bb Il, 1. 8 : i7t(a-n(<<a·tpov Ev . Œam3tax«ç Tptiç] (même Cormule : 1417, A Il, I. 24;
1426, B Il, 1. 24; 1442, 8, 1. 46; 1443, B Il, 1. 114); - Temple d'Apollon: 1403, Ab Il,
1. 80-81 : [bd=«a-rprJ: ŒvOCY.W}t« 7ttP~lJPYUPW!J.tWl Mo arJ:7tpŒ; 1413, b, 1. 22-23 : 7trn.: il:x WÜ ŒvOc{Y.!OU
TOÜ &pw't"tpi<; bt~=&a-rpou 3â.x't"UÀo~? a.xprJ: qouow ? iv]u>"ij, wü 8t: 8tç~i<; bn=«a-rpou TG [rXvOl]IL~ov;
1439, Abc l, l. 46·48: btan:«a[TPP. [3uo &.V)OtILW't"« (même formule: 1441, A 1,1. 66; 1450, A,
1. 48); 1430, i, 1. 3 : 'l"OÜ bnod.oTpOU TO &vOtILW'l"6v; 1428, Il, J. 66 : wdpvç ropy6voç ~ à;7to TOÜ
il:7t~a7t«a't"pov WÜ 6vpWILot't"OÇ (mème rormule: 1429, B Il, 1. 11; 1430, r,
J. 23; 1433,1. 14);-
Aphrodision: 1412, a, 1. 31 : XŒ't"p07ITOV ;(otÀxoüv XrJ:L il:7t(Q""I'[otaTpov, J. 33 : OUpot~ TOÜ WlOÜ p67ITpoV
l7t'=otaTPOV l;(o\JGlX~ (mèmes rormules: 1414, a Il, 1. 8 cll3; 1417, A Il,1. 10 ell6; 1426,8 Il,
l. 18); - Létoon: 1417, A 1,1. Ill, 112: bdanlXaTplX ;(otÀXi 300.
~TrTpoY : marteau d~ porle, heurtoir : voir ci-dessus, Aphrodision.
Gcn,,6Ur'"l; àcn,,6!CJlclOV : disque 1 : - prodomos du Néorion : 1403, Bb l, 1. 42, 43 : 4 &=t!tmuu
lx't"U7tov qoua:u tlxoJvuc6v (Ieclure el reslilulion de J. TnEm:ux d'après Vallois, CRAf 1987,
p. 170 el 177); - prodomos du Temple d'Apollon: 1403, Ab Il, J. 81 ; 1413, b, 1. 25--26; 1439,
AlK l, 1. 48; 1441, A 1,1. 67; 1450, A, 1. 48; 1456,1. 2; - Temple aux sepl slalues : 1409, Ba,
Il, 1. 53; 1410, b, 1. 3; - Lél.oon : 1412, a, 1. II; 1417, A, l, 1. III; - Temple d'Aphrodite :
1412, a, 1. 31, 33; 1414, a Il,1. 7, 14; 1417, A Il,1. 8-10; 1423, Ba Il, 1. 23; 1426, B Il,l. 18;
- Temple d'Agalhé Tyché, portes inlérieures el exlérieures : 1403, Bb 1,1. 42-43,48-49, Bb Il,
1. 23, 26; 1417, A Il, J. 43,46; 1426, B Il, 1. 47, 53; 1440, A, 1. 18; 1442, B, 1. 40, 43; 1443, B
JI, 1. 110, 114; - Héraion : 1417, A Il, 1. 24; 1426, B Il, 1. 24-25, 1. 33 ;1442, 8, 1. 46; -
Arl.émision dans la Nésos : 1448, J. 22.
• 'p.os: anneau (de porl~): 320, B, 1. 67; 1426, B Il, 1. 12 (inventaires).
Les vanlaux des principaux lemples de Oélos possédaienl en applique une imporlanle
garniture de mélal, donl un ou même deux I:7tLQ""I'[ota-rpr.t. De ce mot, les comples d'Epidaure
connaissenl, pour la grande porle du Temple d'Asclépios, la variante dtVl't"r.tlcrrljp •. Une énuméra-
tion de Pollux (X, 22) «au sujel des accessoires de porles.: 't"tl 7ttpt 't"1l<; Oupot<;... ~r.tÀr.t~&.YPIXI,
XÀC'ffiplX, t7tL(f7tota-rpOV Xott p67tTpov, suggère de lrad uire hdO"7'l:otaTpo~ par. poignée t, à dirrcrencier du
p67tTPOV qui esl propremenl le .marleau de porlet, comme on peul encore le voir dans ce
commentaire de Plularque, De curiositale, 516 e : IillŒ vüv ILÈv dot 6vpwpo!, 7t«>"rJ:~ 3i p67ITplX
XPOOO!J.1tV1X 7tpOç Tr.tU; MplXl<; «ra&tJa~v 7tIXPttlltV, u'il y a aujourd'hui des porliers, il y avail aulrefois
des marleaux que l'on heurlail conlre la porle pour averl.ir de sa venue.'. I\lais à Délos
bti:=!Xa-rpov semble bien employé pour les deux fonetions : lirer la porle, d'après la racine qui se
relrouve dans le verbe aTt&.w, t: lire.. - c'esl alors une t: poignée. - , el demander )'ouverlure en

(1) Je repnmds. ell la complHanl, la liste êlablie plIr VAI.I.ors, Archiledure Il,2, p. 453. n. 3. Ce dernierchoisil
de tr;aduire ~ par lécu 1. tenne certefl plus oonfonne au !len. premier du mol. mais qui n'e"oque pli. le ronnal
circulaire, en Idisqueo. de cet ornement.
('2) IG IV2, 10'l. 1. 1. 79.
(3) Aul~ aUe$lalions de ~~P'l"' : Euripide, Ion, 1612: Xenophon, IIG, VI. 4, 36; L)'lias, VI. 1 (anneau pour
attacher un cheval).
- 134-

frappant- dans ce cas, c'est un tmarteau •. Cette double fonclion est confirmée par l'expres-
sion conjointe pompov iltLcntlltO"TPOV, dans J'inventaire de l'Aphrodision de Stésiléos. Hesychius
aussi assimile pompov ,.. TO bdO"1t"IXO"TPOV T1jç OUplltç . ivLOL, xplxov. En outre, les epispas/ra déliens
sont fréquemment associés il des aspidiskai ou t disques., sur lesquels ils sont parfois fixés pour
mieux résonner à la frappe. On remarque d'ailleurs la même ambivalence pour la forme hn(f7t"llt*
0"TI]p 4. Il n'empêche que le mot ne désigne pas toujours un accessoire métallique: c'est ainsi
que dans la Seplante, blcrnlXO"Tpov représente un rideau de porte~.
Les epispaslra sont connus par les descriptions des inventaires épigraphiques aussi bien
que par l'exploration archéologique 8. Selon le cas, c'est une pièce plus ou moins complexe, et
celles du Temple d'Apollon, au nombre de deux, à droite et à gauche, sont particulièrement
remarquables: ce sont des poignées qu'il est permis d'imaginer comme des tiges verticales
ornées, au niveau de la jonction avec la porte, d'une Œ.O"7ttStO"x'l en forme de tête de Gorgone
émcrgeant d'une palmette à cinq feuilles, motif semblable il celui de certaines anses de vases en
métal, il moins qu'il ne faille y voir une petite tête de Gorgone 7 sur un disque, comme sur les
portes du tumulus de Langaza, avec une palmette mobile (?)8.
Ces àcrnti%:JxlXt ou àcrnLIHaxtll ll , nombreux il Délos, n'apparaissent en dehors de l'île sainte
que dans l'épigraphie d'Égine 10, qui utilise aussi la langue attique; ils correspondent en fait
aux IXO"1t"llh:ç ou .écus. épidauriens l1 , Les aspidiskai des inventaires déliens sont en bronze,
parfois doré (ainsi au Néorion) ou argenté (Temple d'Apollon), Vallois a noté que ces disques
sont quelquefois plus nombreux que les epispaslra, et que ceux du Temple d'Apollon se dis-
tinguent par leur richesse, Devant ces portes dont la garniture risquait d'être dérobée 12, la
présence de grilles ou de dispositifs contre-vent était certes tout à fait justifiée.
Pour imaginer l'erret sur les temples déliens, il faut sc tourner vers les portes en marbre des
tombeaux macédoniens, qui reproduisent des structures en bois, et à la porte récemment trou-
vée à Cassopé 13 : on y voit des disques de petit calibre, alignés par dizaines sur les bords - ce
sont alors, en réalité, des têtes de clous - , et d'autres plus grands, au centre du vantai\.
Ceux-là, au nombre de un à quatre, ont non seulement un rôle décoratif, mais peuvent recevoir,
comme nous l'aVOns vu, un marteau de porte (ainsi pour 1417, A II, 1. 10 : È1t"lO"1t"lltO"Tpov XlltAxOÛV
àO"7tLSLaxtOV lxov ; à Épidaure: &'crn(SIX XlXt &.V7tIX~a-ôiPiX), ou encore un • anneau t, xtpxoç, pour tirer le
vantail.

(4) Voir OHLANoos-TRAVLOS, Le:ûkon, s,u. !l;llrnŒO"T"IlP, dont I-Iérodote, VI, 91; lG Il', 167'2, 1. 123 (~leusis); 10
Souda : rn""'<ll>"t"ijp~, T(;,V llupwv TOc l;p<lO"'llI.WtW-Œ (l13ijpl<l, ,,\'~V Oc'lGl>tÀ.llln"ŒI l<Œl !l;IT16nŒI ij mJÀ'l, .Ies ferrures clouées, por
lesquelles s'ouvre et se ferme 10 (KIrte •.
(5) E:x:ode, 26, 36, commenté por A. PELLETIER, .Le 'voile du temple' de Jérusalem en termes de métier', ReG 77
(1964), p. 70-75. Mais l'auteur en déduit à lort le même sen!! (KIur le!! inscriptions déliennes, et traduit 1439, A l, 1. 46,
par .Ies courtines il neun.
(6) V,'d.I,01S, Archiledure 11, 2, p. 452-453.
(7) Le rôle a(KItropaTque de celle tê"'" de Gorgone ,,'est plus il démontrer: cr. le catal. Images de la G()rg()ne
(Hibli'othêque nationule, Cabinet des Médaille!!, Paris, 1985), surtout p. 46 nO 25, et DAGR, '.v. Janua, p. 608 fig. 4136.
(8) Voir la descrilltion de Th. M"'CRIIlV, .Un tumulus macédonien Il LangazlII, JDAl26 (1911), p. 193-215,
surtout p. 205sq. La riche garniture métollique de ces (KIrtes intére!lse directement notre pro(KIs. Dans le groupe de!!
epispnslra originaux, on pourrait ajouter celui trouvé il Olynthe, un .bronze door-knocker or handle in the form of a
bird nying. (E:tcavalions a/ O/ynlhus VIII, pl. 'n, 3).
(9) Il ,,'est pas certain qu'il faille aco;order une valeur particulière au diminutif.
(10) IG IV, 1588, 1. 21.
(II) IG IV', 102, 1. 1. 77. et 110, A. 1. 9, 22,
(12) Cf. Cicéron, De sigllis, 56, 124 : c'est. ce qlle lit. Verrés, pour la garniture de bronze, d'or, et d'ivoire, du
Temple d'Athéna Il Syracuse.
(13) OR..... Nnos, Molériallz de cons/ructioll l, p. 105-106; ajouter la porte de la tTombe de Philippe., dans
M. ANIlRONIKOS, Veryino, The Roy(ll Tambs (1984). p. lOI. Pour la port.e de Cassopé, reconstituée sur le modèle de celle
de l'Héroon de Calydon. en marbre, avec deux U!lpidis~'"i, voir 1l0f:PFNER-Scllw... NnNRR, /lOIlI und Sfodl im k/(Iuis-
chen Griechen/olt/l, p. 117, fig. 116 et. 117.
- 135-

Mais les vanlaux du Néorion élaient particulièrement remarquables: ils étaient ornés d'un
portrait en relief qui pourrait être celui d'un diadoque, pense J. Tréheux 14, en se rélérant aux
appliques circulaires en bronze d'un coffre conservé au Musée archéologique de Naples. L'tlot
des Bronzes de Délos, qui a livré des cabochons en mélal de diverses tailles, destinés à des
meubles, renfermait aussi un médaillon-portrait, iX't\ll1:Ov dJ(ov~l(oV, à côté d'une tête de lion
tenant dans sa gueule un anneau 15. Le site d'Ûlynthe a produit une pièce du même genre l',
cependant qu'à Priène a été découvert un disque avec un buste d'Éros en son centre, sous un
anneau 17.

épislasjon : 98, A, 1. 71 : en 375-373 av. J .-C., ti.r; bUo"l(tuY)v 1'0 iTl:~o"1'<Xo"(o; 1412, a, 1. 21 ; 1417, A l,
1. 143; 1423, Ba II, 1. 2: au milieu du Ile siècle av. J.-C., dans l'inventaire du gymnase.
A Délos, le lieu où se réunissaient les épistates, au IVe siècle, est nommé dans un compte
lacunaire de dépenses, sans le moindre détail susceptible de nous renseigner sur la forme et la
situation de cet épistasion. En savons-nous plus sur l'epistasion du gymnase?
Pour J. Tréheux, l'épistate du gymnase, ten même temps qu'il entrainait les athlètes,
était chargé de la surveillance de l'établissement et présent en permanence. t. J. Delorme
remarque que J. Audiat 'paraît implicitement considérer que ce sont les surveillants des exer-
cices., avant de rappeler qu'à Samos, par exemple, les épistates des gymnases étaient ,des
magistrats supérieurs, équivalents ou remplaçants du gymnasiarque. t . C'est sans doute parce
qu'il y voyait de simples surveillants qu'Audiat leur assignait comme local le portique Est, qui
donnait une bonne vue sur tout l'établissement 3 . Pour sa part Delorme a l'impression que
l'inventaire de Kallistratos place l'épistasion 'parmi les pièces du portique Nord, ce qui exclut
qu'on puisse le confondre avec le portique oriental. 4 • Il préfère • laisser la question en suspense,
le vestibule A, proposé par Vallois en même Lemps que l'exèdre B 5, ne lui paraissant pas très
«convenable pour des organes administratifs •. De son côté, J. Tréheux note que l'on y a mis
des objets hors d'usage, ce qui exclut pour lui le portique Est, galerie idéale d'exposition.
Précisément, en se fondant sur la récente analyse de Tréheux, qui suit le parcours des
administrateurs, en sens inverse des aiguilles d'une montre, Ph. Bruneau vient de montrer que
l'épistasion doit indubitablement être localisé en A, qui se trouve être, avec sa «belle porte de
marbre., un important carrefour entre le gymnase et le stade'.

(14) CRAl 1987, p. 173.


(15) G. SrEBEflT, El. diliennes, Bell Suppl. 1 (1973), p. 569-570, surtout 564-565, nO 4 (Hermès, ou Ptolémée
Phillldelphe divinisé, selon F. Queyrel) et 6.
(16) E;r;cavalirNls al Olynlhus VIII, pl. 71, 2. Signalons encore un objet analogue il Langaza, JDAI26 (1911),
p. 199, fig. 8.
(17) J. RAEDER, Priene, Funde aus einer grieehischen Sladl im Berlinu AnlikMmuseum (1984), p. 69 Ilg. 7 a.
(1) BeH 112 (1988), p. 587-589.
(2) Gymnasian, p. 356,
(3) Le gymna'e, EA f) 28, p. 30.
(4) a. c., p. 152.
(5) Archilecture l, p. 177.
(6) BCll 114 (1990), p. 580-581.

"
-136-

épistyle, archilrave : 104-4, bA, 1. 6 : au milieu du IVe siècle av. J,-C., dans un acle d'adjudica-
tion, nÎl~v 't"6)'11 bna't"1JÎI!wv; 104-5, A, 1. 22-24: dans un acte d'adjudication, btta]'t"ÛÎI~ 't'oi"ç x!oatV
È:py6:o{6a:~; 199, A, 1. 100: en 274 av, J,-C., faire 'l'à È1ttan{ÎI~ov 't'où Ba:x?]xlou; 219, A, l. 44
vernissage des portes de la palestre XlLt't'O: bt~awÎl~; 290, A, 1. 178 : pour l'entrée du théâtre, des
goujons de bronze... d.:; 't"à. hua't"ÛÎI~a:; 366, A, 1. 8 : vers 207 av. J ,-C., pour la Salle hypostyle, 't'à.
!(ma}ruÀ~ xlLl 'l'o:ç 80xoù.:; 't'IX':; &n6:vw, 1. 14 et 45; 403, 1. 28 : en 189 av. J.-C., du bois de chêne en
rondins dç 't"à. bna-ruÀta:; 500, A, 1. 13 (sing.) et 15 (pl.) : en 297 av, J ,-C., dans le devis du Temple
d'Asclépios.
Dans tout le monde grec, à toutes époques, la pièce horizontale qui surmonte (È1tL) les
colonnes ou les pilastres (a"t'ÙÀoç) et les relie est dite È1t~a-ruÀtO'IIl. Au lerme français transcrit du
grec, • épistyle _, esl parfois substitué «architrave l, tiré du latin lrabs, la • poutre f,
'E1t~a't"ÛÀ~ov peut également s'appliquer à l'assise qui prolonge, sur un mur, l'épistyle d'une
colonnade" comme dans le devis du Temple d'Asclépios, où l'épistyle fait bien le lour de
l'édifice. Le mot vaut pour chaque bloc en particulier comme pour l'ensemble, ainsi qu'en
témoigne clairement la même inscription délîenne 3 , laquelle montre encore qu'il ne faut pas y
voir l'entablement complet, frise comprise, puisque c'est seulement plus loin qu'il est question
des métopes el des triglyphes, qui surmonlent l'épistyle 4 .
L'épigraphie confirme que certains de ces épistyles sont en bois: c'est le cas dans 104-4,
bA, où il y est question de bois fournis. non équarrisl. Ils ont alors régulièrement besoin d'un
badigeonnage protecteur ou à.Àwfll) (219, A, 1. 44). Mais les inscriptions donnent par ailleurs peu
de renseignements sur ces pièces, et il faut se tourner vers l'exploration archéologique pour en
savoir davantage. On s'aperçoit ainsi que l'architrave en bois est dominante dans les maisons
d'habitation, et plus généralement sur les colonnades des cours~, mais pour les constructions
civiles, et en particulier les temples, ce sont des blocs souvent monolithes - c'est-à-dire: sans
antithéma ni coupe horizontale - ct d'ordre dorique qui sont employés'.

(1) A la riche rubrique du Laikrm d'ÙRLANDOS-TRAVLOS, on peut encore ajouter lm. EphesQs, IK Il, n~ 434, 473,
528 (au I)rytanée : l<Co:pII.À«iç ~t in.[a'NP.(oo.Ç >«li t....[lI{o<ç, .leg chapiteaux, leg épistyleg et les figureso), 1384 (....{OY<ll( ~k ro
np/mv),o~ K<:tt (,j),<VCl [bt<ITrl»1h. ~t 8oKov.;, .des colonneg pour le IITQpylée, des épistyles en bois et des poutreu), 3852.
(2) Néanmoins, dans de nombreux aulres cas, l'épistyle ne se prolonge pas sur les mUI1l : exemples dans VALLOIS,
Architecture 11, l, p. 213-215.
(3) Et les comptes du Temple de Delilhes au IV' siècle: cf, BOUSQUET, CIl) Il, nO 31, l. 29, et 34 Il, J. 74-75:
bt<a'N),(w~ 1(. Cette constatation Ilermet de préciser le sens de l'hapax i,,,,d... ~, employé dallS une dédicace chypriote du
Il' siécle av, J .-C., où il est questioll de .trei7.e il'l<,JoY<ll( pour le portique 0 (T. B, MITFORO, AJA 65 [1961], 1), 112-113;
le mot ne figure ni dans LSJ, ni da ilS le l..aik(Jn d'QRI.ANOOS- TRAVLOS); l'éditeur écarte le sens d'archilrave, auquel on
sonb'll sponlanément sur le modèle d'in<an..),lov, et propose la traduction .chapiteau o. Mais on comprendrait mieux que
le donaleur ait offert .trei7.e blocs d'épistyleo, d'auwnt plus que le mol K!W~ comprend le plus souvent le chapiteau, et
se rallporle rarement au rût seul.
(4) Cf. les nombreuses dédicaces inscrites en Asie Mineure gur des blocs d'épistyle: .0 bt<an.Àwv >«li .ov bt' a.,j.ou
xoal'ov, • l'épistyle et la frise au-dessugo (MAMA VIII, 439-444). A Synnada, sous Septime-Sévère et Caracalla (Bul/. ip.
39,4(5), le mot yt:<aa«""'Àov se lit pour un monument votif 1\ double colonne: peut-être a-t-on voulu signifier par cette
expreaaioll l'entablement complet, monolithe?
(5) EAI) VIII, 2, p. 256, 1<I"is dans la Maison de l'Hcrmès, les épistyles étaient en poros : Bef{ 77 (1953), p. 466.
(6) VAU.OIS, Architecture 11, 1, Il. 22lsq.
- 137-

"
E1I'OLKlOY, TO,

bâlimenl ou abri agricole: 1416, B l, 1. 14: au milieu du Ile siècle av, J,-C" dans une liste de
bâtiments que les locataires doivent entretenir, T:itlv È7toU'LitlV et (T:]itlv bd T:OtO:; XWp(OLO:; eL T:itlv xi)1tWV,
B II, 1. 12 : le locataire de l'isthme de Mykonos construira il. ses frais un btOlXLOV LXIlVÔV.
'E1tOLX(~Wsignifie, implanter une maison., ainsi dans un bail de Thespies 1 , Quant aux deux
attestations déliennes du substantif t1tobuov, elles ne renseignent guère, a priori, sur la nature et
la taille de ce bâtiment; tout au plus voyons-nous que les È7tOtX(or. se trouvaient' sur les ter-
rains •. C'est finalement par élimination, gràce à la liste des différents types de locaux donnée
en 1416, B l, \. 13-14, que le sens de tbàtiment agricole., déjà suggéré par 1416, B II,\. 12,
finit par s'imposer. Ce sens se retrouve dans d'autres inscriptions grecques et dans des papy-
rus!; il y côtoie celui de tvillage. ou .hameau., de toute façon exclu il Délos 3 , Mais nous ne
savons pas s'il fait référence, dans 1416, à une construction isolée ou à quelques-uns des nom-
breux locaux qui sont installés sur un domaine agricole, ou encore il. l'ensemble de ces bâti-
ments d'habitation et d'exploitation.

tl
È1I'wpo4! l i.
(lmwpo+i:o, tl)

È1I'wfJO+1s : charpente de comble: 287, A, 1. 62 : en 250 av. J .-C., enlever la fiente des pigeons oX7tO
TIjç mwpoopLSOO:;; 290, A, 1. 171 : faire -rljv t1twpoopŒor. du Temple de Déméter,
U1I'wfJO+i:u: charpente de comble: 161, A, 1. 51: en 279 av. J.-C" dans le Porinos naos,

(1) M. FEYlIL, Bell 60 (1\)36), p. 182, 1. 24.


(2) lG XIV, 645, l. 146 (Tables d'I-Iéraçlée): l<; 8i '\",), i'll"ol..,1X Xp-lj=.... IX. ~w.ol( i~ '\",),v olxo8of'lav; HUSSON, Oikia,
p. 83-84 (textes d'epoque bY7.antine). Le mot apparaltlliusieul'!j fois dans la loi douanière de la province d'Asie, trouvée
il Éphèse (II. ENl;;F.UlANN - D. KNtlHm, l':A 14 [HI89.D, au simple ~ens de .billiment (d'habitation) •.
(3) POUf le sens de .village. ou • hameau t, voir les exemples donnés dans QIlI,ANVOs-TllAVI.OS, f~J:ikQn, '.Q.
i'II"ob"ov. Mais pour Strabon (XI, 3, 1), l'inteqm\tation .village' conviendrait mieux que celle, adoptée dans cette
rubrique, de • bâtiment agricole., car il écrit que l'Iherie >re distingue par des villes "IXI i'll"o."Elll(.
-138-

Alors qu'bt"wpo<p!c:; est un hapax qui a la même valeur qu'mopoq>la: ou mwpoq>La:, employé
dans les comptes de l'Érechtheion l, Û1t"WpOq>La: se retrouve dans les comptes du Temple d'Asclé-
pios à Épidaure!, dans un décret hellénistique de Cymé (dans ces deux cas sous la forme
ù1t"wpuq>la:)3, une inscription de Lydie4, et dans la littérature~.
Dans l'inscription d'Épidaure, on oppose le 'plafond., TOt... ôpOq>Ot... TOt... ù1t"É...epee, à la .char-
pente., Ù1t"WPUq>LIX, el dans le décret de Cymé, c'est aussi le sens de .charpente. qui s'impose (le
«toilt proprement dit, ôpo<p~, étant nommé à part, ainsi que les tuiles), Et si les hiéropes déliens
précisent que j'Ù1t"WP0'flLIX du Porinos naos, qui a coùt.e 1300 drachmes, nécessite du bois et des
tuiles, c'est sans doute qu'il Il fallu changer ou ajouter des tuiles lors des travaux sur la
charpente, Ainsi donc, Ù1t"WP0'flLIX ne désigne nullement la «toiture inférieure., le plafond, par
rapporta une È1t"wp0'flllX qui serait la «toiture supérieure., la charpente'. Notons toutefois que la
traduction par «toilt, au sens large, paraît mieux convenir pour les exemples relevés dans
Appien et dans Diodore de Sicile, tandis que l'adjectif ÙTl:Wp6'flLOC:; signifie simplement. sous le
toit. 7 ,
Pour le sens d'È1t"wpoq>la: ou È1t"wp0'fllc:;, les mentions déliennes ne donnent pas d'indication,
c'est le contexte des comptes de l'Érechtheion qui suggére le sens de ,charpente de comble. 8 • Il
est donc justifié de dire qU'È1t"Wpo<p(G!. et ù1t"wpoq>llX sont employés avec la même signification: ce
qui n'est illogique qu'en apparence, pour nos esprits modernes, car ôp0'fl~ pouvant signifier
tantôt le 'plafond f, tantôt le «toit f, la charpente se trouvera toujours, selon le cas, en dessous
(Ù1t"-) ou au-dessus (m~) de l'un ou de l'autre Il, Celle synonymie a priori curieuse trahit aussi une
caractéristique souvent méconnue de l'architecture grecque: c'est la coutume de laisser la
charpente visible, non cachée par un plafond. Dans les temples, le plafond ne se rencontre en
principe que sur les galeries du péristyle, le pronaos et l'opisthodome, où les caissons contri-
buent a l'esthétique. On peut alors considérer que les termes mwpoq>Lç et û1t"wp0'fllcr. visent autant
que possible à distinguer la charpente de l'ôpo'fl~ - plafond.

Èpyo.~o.... u~; ÈPYUC7lU : voir ipyov

alelier: 104-8, B, J. lO-11 : au milieu du IVe siècle av. J.-C., dans un étal de locations,
Èpy}Xcr[-riJ]p{r.cr. ? & ft.. 'A1t"]O[}.P.w...lou; 199, D, 1. 37: en 274 av. J,-C" [T]oÜ ÈpYG!.aTIJp!ou?; 362, B,
1. 9: hypothèque sur la maison de Polybos, au bord de la mer, et sur l'ergaslerion ; 396, A,

(1) TG 1", 474, 1. 81 ; Ti( i:7tO"""'~~ .. ."or.!m<o~ "",1 hlfLŒYTGlç Œ6h<>Ç; 475, 1. 248 ; i:ç Ti:-; i:n:Gpl>IjI~~ ht~vr ... ~ i:P'Y....u.ç.
(2) TG IY', l, 102, l, l. 42; TŒ~ 117t..,p"1'l«.: TŒ~ i:P'Y<l"("~ •• Ie travail préparatoire de la charpente •.
(3) Il. MALA Y, EA 2 (1983), p. 2, 1. 4-5 ; rlj~ TE im... p"1'~~ !UTIXX<tTII~<l' x<:d -rlj~ 1CCp6.1U"""'~ IUTIIIl~iY<l<, ,réparer la
charpenle et remetlre en place les tuileu.
(4) J. KRll.-A. von PIlRrotRIlSTRIN, Berich/ ükr eine fJl, Heist in f.ydien, nO 14.
(5) An/h. Pal" YI, 2 (Simonide): Il propos du toil du Temple d'Athena; Appien, Be, 4, 13; i:~ ""'~~u;
im"'P0'l'!II~, ,dallS les toits enrumeu; Diodore de Sicile, XVIII, 26 : (description du char funèbre d'Alexandre) ù7t6 III TIro
""''''p0'l'~~ TI<lp'6).o~ Tf., IpYG~ llpIY"/,ç xp"""ik;, • !lOua le loit, tout au long de l'ouvrage, il y avait une corniche en on.
(6) Rellla~lue déjà raite I)ar P. CAVVAnlAS, F'ouillts d'Epidol.lre (1891), p. 87.
(7) C'est un adjectif rare; voir les atlestations d'ORLANIlOS-TRAVT.OS, uzikon, s.v., qui traduit par 'couvert..
Dans Philostrate, VA, 237, l'expre!lSion Ù7t... pb'l"G~ {ij"Tp"~ s'applique trés précisément à un .odéon •.
(8) lIonGR, Woodwork ofGruk Roofs, p. 118, écarte avec rai!lOn le sens de ,witt proposé par LSJ. Nous ne
retiendrons pas non plus lu suggestion de VAI.I,OIS, Ref{ 53 (1929), p. 272-273; .L'/:n:... p""'t.; doit être une pièce de
,'b..,po'l'l<r.., uvee \111 sens voisill de .fall..ge., 'I)ontre faltière., car d'..prés le prix payé le travail est important.
(9) Yoir notre rubrique I>p~, infra.
- 139- i:pyUCJ1"1jPIOY

1. 46 : en 194 av. J .-C., hypot.hèque sur l'ergaslerion et. la maison sur les Rochers; 406, B, 1. 3 :
Till ohdQI.I o",Jv 'I"(-;'n 'Ttpoa6]vn ipyocaTIlp!w~, 1. 10 : bd TW~ iprrOCO"TIlptM W~ Y&~TOVtUt:[~ otxtoc ?]; 460, s,
1. 38 : - [t'Ttl 'l"W]1 ipyocaTIl[p!w~; 1416, B l, 1. 12 : au milieu du Ile siècle av. J.-C., on spècifie que
les locat.aires doivent. remplacer les tuiles des ergasleria, 1. 13 : vernissage à la poix de divers
bâtiments loués, dont des ergasteria, 1. 20-21 : le mur des maisons et des ergasieria, 1. 53 : suite
des clauses de locations des maisons, des ergasteria et des terrains, 1. 64 : Èpyoca'l""f)ploc Mo xa.i ,,!X
ù7t[6y&~a.?, 1. 87-88: location de npya.aTIjpwv '1"0 'Ttpo.r; 'l"WL ... , 1. 97 (et 101): location d'un autre
ergasterion, B Il, 1. 36: location de l'ergasLerion près du Poulydamas; 1417, B Il, 1. 142:
location de l'ergasierion '1"0 E;(6ILEVOV TOÜ ~waIÀdo1J, 1. 152 et 156 : location d'un ergaslerion, C,
1. 31-32 : location du 'l"6'Ttoc:; près de l'ergaslerion de Kaibon, 1. 77 : le mur mitoyen des ergasleria
des Théandridai; 1419,1. 4 : dans un contrat de prêts hypothécaires, 'l"WV Èpya.a'fT)plwv (lacune).

Définition.

Comme Apollon possède plusieurs èpYMTIjpta., les comptes des hiéropes et. surtout les listes
de location données dans 1416, B l, permettent de préciser le sens de ce mot. L'ipya.ariJpwv
diffère en principe de l'o!xoc:;, l'olx!a., et l'orxYJlLoc; il ne concerne pas les entrepôts du port, tout en
pouvant s'élever en bord de mer (362, B, 1. 9). Alors qu'à Athènes Eschine parle des tergasleria
situés le long des rue5t', à Délos ce n'est pas nécessairement le cas: ce local peut aussi être
situé en dehors ou à la lisière de la ville, comme celui qui dépend de la maison bd nt'l"pOCtr; (396,
A, 1. 46), probablement un amas de granit (?). L'èpYIXGTIjptov semble être le plus souvent atte-
nant à un autre local, en principe une unité d'habitation, olx!lX, alors nommée en premier (406,
B, 1. 3 ct 10; 1417, B Il, 1. 142; ct l'expression ÈpYlXa'l""f)pto\l '1"0 'Ttp6r; ...); dans un cas (396, A,
1. 46), c'est même lui qui est cité avant l'habitation, peut-être pour signifier qu'il constitue
l'élément principal de l'ensemble; ce rapprochement èpYlXaTIjptov - olx!a. est confirmé par les
fouilles!. Les textes dé liens ne précisent pas la taille de ce local, mais ils suggèrent à quel
niveau il était situé; comme dans le passage déjà cité d'Eschine, c'était sans doute au rez-de-
chaussée 3 , d'après un détail du contrat de location 1416, B l, 1. 64, qu'il convient de corriger
légèrement, car on y parle d'!pYIXGTIjptlX xlXl T!X Ü7t[6YEIIX : la restitution surprend, puisque nos
inscriptions emploient seulement xa.TclYEwc:; pour un local «souterrain •. Ne faut-il pas restituer
de préférence ù7t[epwllX, il les pièces à l'étage., qui pouvaient servir d'habitation pour l'artisan ou
pour ses esclaves·, à moins d'être louées à partS?
A côté des ateliers dépendant d'une maison, on en trouve appartenant à un sanctuaire,
comme l'tpYlXa'l""f)plo\l du Poulydamas~. Il peut néanmoins s'agir d'un bâtiment qui semble indé-
pendant, et qui est suffisamment connu pour être un repère topographique: ainsi pour l'atelier
de Kaibon, 1417, C, 1. 31-32. Et si la restitution de 104-8, B, 1. 10-11, est exacte, il est permis
de louer un groupe d'ateliers, ce que confirme l'existence des «ateliers de céramique qui appar-
tenaient à EuphantoH, [TOC] XEplX~Eîoc & 11\1 Eù<p&.[V't"o] (98, B, 1. 33), et surtout celle des ergasteria
des Théandridai, propriété d'Apollon consistant en plusieurs chambres situées près des Propy-
lées, et dont la destination exacte reste inconnue 7. Il est toutefois probable que certains de ces

(1) Contre Timorque, 124 : ~wv hrl b30~ l:P'Ya.(lTljplwv.


(2) EAD VIII, l, p. 215: .partout où nous croyons pou \loir signaler un atelier, c'est dans une habilalion que
nous le trouvons inslallh.
(3) Qn comparera une inscriplion d'Aphrodisias: AfA MA VIII, 498, 1.13: GtXGç... al '\"oiçna.p'a.ù-rov l:pya.(lTljp(!G\ç]
8,crrtyGI.Ç 8Û<1IV, .le bâtiment... et le long de celui-ci les ateliers sur deux niveaux, li l'Ouest..
(4) Ceux-ci sont considérh comme faisant partie de l'al.<:lier, ainsi que paraissent le montrer deux inscriptions
attiques, /G Il', 2747 et 2748 : 6poç l:P'Ya..."lp1ou xa.l &..3pa.nGllwv na<pa.fd\'Wv btl. ),""••.
(5) Voir nos rubriques Ka.~&Y.l.Oç el ùncpwlov, infra.
(6) Cf. aussi /GR l, 1101 (Kôm-el-Gizeh) : [t)cpov 'A'Ppo8Iowv xa.ll:py<l.a't"/jiaa..
(7) = GD 8; d'après V,U.I.OIS, Archiltclure l, 1). 55 (.déllÔt de matkriauxo?).
- 140-

ergasfl!ria étaient des dépôts pour matériaux de construction, voire des ateliers provisoires de
chantier: c'est en eHelle sens du mot dans les comptes d'Épidaure et certaines inscriptions de
l'Acropole d'Athènes 8 , cependant que notre Kaibon est un entrepreneur', et que la propriété
dite b'd nhpcuç, nantie d'un è:pylXo"'ri]p~OV (396, A, 1. 46), pourrait bien avoir un rapport avec des
carrières.

Remarques sur la fréquence du mot.


Les mentions d'è:pYIXO"'ri]ptOV dans les inscriptions dCliennes peuvent paraître reH'IlivemenL
peu nombreuses. Il esL vrai qU'l;lles sonL souvenL remplacées par le banal à:v8pwv sous l'Indépen+
dance, el, aux époques aLhéniennes, par un t.erme donnanL la desLinat.ion exade de J'aLelier :
aux ateliers de céramique ajout.ons celui. de foulon~, YVIX<pE~OV 10, • de forgeron., XIXÀxEtOV (98, B,
1. 35; 104-8, B, 1. 17; 104-11, A, 1. 23), ou o"t8lJPE~OV (290, 1. 129),. de Lissage., 10"Ttoppclqnov (1416,
8 l, l. 92), .de charpenLerie., nx't'ovEtOV (1417, B II, 1. 163)11, qui Lous nécessiLaienL un assez
grand espace et. des insLailaLions particulières, Une auLre explication du nombre peu élevé des
ergasleria cités peut résider dans le fait. que l'.indust.rie. délienne n'était guère développée, et
que l'artisan ne disposait p3S toujours d'un local différencié 12 : c'esL ainsi qu'en 287, A, 1. 38,
est. louée une «maison sacrée ~ 00 XIXÀXEUEt nIXPIA-EV[Wv, et il en va de même pour les andronia des
domaines ruraux, à la fois ateliers et, sans doute, locaux d'habitation pour les esclaves ou
travailleurs de petite condiLion. Dans ce cas l'ÈpYIlO"'ri]pWV - ou ce qui en tient lieu - ne diffère
pas vraiment des divers oikos, oikia et. o(xlJlA-ll, comme le règlement 1416, B l, en donnait
l'impression; et. de leur côté, P. Durrbach et P. Roussel pensaient que l'expression employée à
propos d'un ergasferion dans 1417, B Il, 1. 142, devait. être considérée comme équival3nt à la
formule plus courante OtX(1X 1] ~Yjç (-rijç LWo"~À,dIlÇ), dans 400, 1. 10-12, et 442, A, 1. 141-142. Du
moins peut-on est.imer qu'il y avait. tout de même une cerLaine ditrérence entre les oikemala et
les ergasferia : les premiers pouvant s'ouvrir sur l'Agora 13 et servant au commerce de détail, les
deuxièmes, qui demandent plus de place, concernant d'abord la fabrication, conformément à
l'étymologie 14.

(8) Voir les rHérences données par MAfITI1'i, Manuel, p. 172. C'est aussi le principal sens retenu par ORLA1'iIlOS-
TRAVI.OS, Luikon.
(9) Dans 287, A, 1. 118, il fournit du bois.
(10) Voir la rubrique j\'<lqlciov, supra.
(11) Voir la rubrique nl<~o'4iov, infra. Pour le probléme posé par la traduction de aoA'1pciov, voir cette rubrique,
in(ra.
(12) HUSSON, Oikia, p. 84-86, rait la même conslatation pour l'~gypte: dans les papyrus, 'peu de textes éta-
blissent un rapport explicite entre un lp'l'Ill<Tt'"l)p~o~ et un logementf, car ,souvent, locaux proressionnels et piéces
d'habitation étaienl plus ou mOillS confondun.
(13) Contrairement aux oikemulu, aucun trgaslerion délien n'est explicilemellt associé au portique d'une agora.
On en connait pourt..ant de nombreux exemples ailleurs: L. ROIIERT, RPhil 55 (1929), p. 146, cite les portiques de
Thyatire _< ",ci li' a........i<; i",""",;;;~ otx'I'riJP<Ill, tet les locaux d'artisans il l'intkrieuft, ou encore IGR 111, 112 (Sébastollo-
lis) : dédicace de rljv "",oh... [",ci Bi] lP'YIllCl"l"ÏiPl.<I.,
(14) CHA1'iTRAI1'iE, La (ormalioll des l'loma en yrtc ancien, p. 62-63 : le mot est formé sur une racine verbale,
tP'l'''!;O;o.llll, avec le suffixe de lieu -"l"ÏiP'o~, fréquent en ionien-atlique et dans la koiné, et souvent en liaison avec un nom
d'agent (ici, i"'llla"l"Ïi~).
- 141- Ipyov

Ëpyov, Ta
(ÉpyQto.. u~; Èpyualu, i)

Épyov (souvent au pl. lpyoc, T6.) 1 : - travail architectural, construction: 104·4, aA, 1. 9, II, 12 : au
milieu du IVe siècle av. J.-C., dans un cahier des charges, /) !J.wOwO"6.!J.e:vor; TO lpyov ; 150, B, 1. 8 :
&:.voc[y ]p6.<}oc~ T~r; O"I.lyypoclf'~r; TWV Ëpyw[v], 1. 10 : xoct T&.8E &ÀÀoc Ëpyoc t~i8o!J.e:( v] (même formule : 158, A,
1. 54; 203, A, l. 79-80; 287, A, 1. 89); 161, A, 1. 46, 51 ; en 279 av. J.-C., fournir tout ce qu'il
faut e:t.:; T~ Ëpyoc, 1. 48, 53 : payement pour ceux qui ont fait TI% ~!J.tO"1J TWV Ëpywv, 1. 54, 60, 61, 64,
81: payement auvnHaocat ôi: TO Ëpyov (mème formule: 169,1. 8; 199, A, 1. 80, 82, 88, 94, 98,
106; 287, A, L 96-97; 290, 1. 163); 163, A, 1. 26: dr; TI% v7t'6Àomoc Ëpyoc TOÛ 6E6.TPOU, Bg, 1. 14
ayant pris en adjudication TO lp[yov ; 165, L 2 : ayant terminé TI% tv4tlf'Omoc TWV lpywv; 199, D,
L 41 : xocl TO Ëpyov &VE!J.~aOWO"OC!J.EV; 203, A, 1. 84, 86, 87, 93, 94 : en 269 av. J .-C., payement
auvrEÀe:aoc!J.ÉvM ôÈ Tà ~!J.t<l"'7J TWV lpywv; 287, A, 1. 99 : en 250 av. J .-C., compte des briques Èv TW~
lpyw~; 365, 1. 23 : en 208 av. J.-C., l'architecte Gorgos ayant réceptionné T&-.Ip'(oc (variante dans
500, B, l. 7; bm8&-.v] 80x~!J.ocaOl}~ T& Ëp'(oc; 502, A, 1. 21); 2627, 1. 4: en 110-109 av. J.~C., au
Sanctuaire syrien, TO lp[yov.
- chanlier : 290,1. 181 : il l'Asclépieion, on apporte TOUr; ÀlOou.:; btt TO lpyov.
Èpyo.~0J!Q~: - lravailler (en architecture), construire: 507, 1. 6 : vers 250 av. J.-C., dans un
devis pour un édifice indéterminé, tpyocO"iXa{Ow 8i: TO lpyov], 1. 13 : ÈpyocCl!:aOwaocv ôi: 7t'iiaocv ~!J.l!:pa.[v],
1. 15 : e:t&v ôi: !J.~ tpyiXCllTOC~ Xoc[T]& T&-. ye:YPoc!J.!J.tvoc.
- travailler, façonner (une pierre ou une poutre; stade final avant la pose) : 144, A, 1. 100 :
&.yocy6v't"t xocl Èpyocaoc!J.Évw~; 156, A, 1. 71 : peu avant 282 av. J .-C., Èpyocaoc!J.Évotr; [-r1jv] 6po[lf'1)v; 161,
A, 1. 51 : dans le Porinos naos, -r1jv 01tWp0lf'tocv tpya.aocaOoct xocl bnOûvoc~ (même formule: 163, A,
1. 18; 290, 1. 171),1. 71 : pour Nikon et son fils Èpyocaoc!J.é:VQ~':; hl TOÛ xtOVor; ~!J.Épocr; 860,1. 80 : dans
le Temple d'Asclépios, pour celui qui a pris en adjudication TOC':; 'l'tocpocE't"Œocr; tpya.o"oco"Ooc~ ; 203, A,
1. 45 : en 269 av. J .~C., tpyocaoc!J.Évw~ &.VTt6Tj(!J.)OC t'l'tt T&-.':; 'l'tuÀOC.:;; 287, A, 1. 51 : ipyocaoc!J.ÉVQ~':; XOCL
&.'(ocyoûa~v; 290, 1. 169 : pour le Temple de Déméter, Èpyocaoc!J.tVWt XOCt OtvTt; 297, A, 1. II et 13 :
(lacune) - TO ~!J.uau xoct ipyoxaoc[!J.]é:v[M]; 366, A, 1. 8, 10, 12, 45 : dans la Salle hypostyle, ipya.aoc-
aOoc~ XOXt tmOâvoct T&-. Èma-ruÀtoc XOCt TOÙ':; Boxou.:;; 372, A, 1. 114 : en 200 av. J .-C., pour des socles, TOt.:;
&:ve:véyxoca~ XOCL Èpyoxaoc!J.ÉvM, 1. 142 : dans l'Ekklésiastérion, ÈpyiXaoca6oc~ XOCt Ott'VOCt a-ruÀoMTYJv; 505,
1. 2 : dans un devis pour le théâtre, ipyiXae:TOCt O&-.XO\).:;.
ÈPYUOla: façonnage, lravail de préparation (avant la pose): 287, A, 1. 94: en 250 av. J.-C.,
ipyocatoc de la partie supérieure du théâtre; 365, 1. 24 : pour la Salle hypostyle, Èp'(ocatoc des
chapiteaux, 1. 36 : tpyocaLox des dalles de stylobate; 384, B, 1. 31 : XOCt Èp'(ocatoc (lacune); 502, A,
1. 22 : vers 297 av. J .-C., dans une adjudication, dokimasia de aU!J.'l'tpaocv -r1jv ÈpyocaLocv; 504, B,
1. 2 (lacune); 505,1. 1 (restitué); 507,1. 9: dans un devis, !J.tÀTOÀO'(WV ['l'tiiaocv 1"1])'01 Èp'(ocatocv XOCL
~é:wv.

Lorsque les comptes des hiéropes abordent le chapitre des payements pour travaux de
construction, revient constamment le mot lp'(ov, au singulier ou au pluriel. Dans ce cas, il est
question est du • travail. architectural dans son ensemble: conformément aux différents
contrats, les hiéropes, avant de procéder aux payements fractionnés, s'assurent que la • moitié
du travail. a été faite, puis le Heslct, el enfin que le travail a bien été tlerminé. (O"I.lvre:Àtw).

(1) L'extrême fréquence du mot à Délos nous (1 obligée à fuire un choix.


- 142-
Dans certains cas, le mot fp'Y0v peut même se traduire directement par _construction.:
ainsi lorsqu'on déclare qu'un artisan a .entrepris â forfait., (y.t.066<.JJ1«~), ou _pris en adjudica-
tion. (ipyoÀll6tw) .0 (Prov. Mais il ne semble pas qu'fpyo\/ puisse avoir à Délos le sens propre de
_bâtiment., largement attestê â l'époque impériale, par exemple en Asie Mineure'. En
revanche, il arrive que l'fpyo\/ soit précisêment le _chantiert oû se fait le travail (290, 1. 181).
De la même famille, le verbe ipyâ.1;:oy.«~ désigne au départ la même opération: • faire le
travail de conslrucLion., comme il apparait clairement dans 507,1. 13, 15. Mais l'examen des
autres attestations' montre que ce verbe s'applique le plus souvent à un certain stade de la
construction, celui du travail préparatoire ou façonnage des blocs, après le transport depuis la
carrière et juste avant la pose, d'après la formule globale !P'Yâ.a«aO«~ x«1 (tr't\)lk!\/on, fréquente
dans les adjudical.ions·. Au lieu de pierres il peut aussi être quesl.ion de bois, comme dans 366,
A, 1. 8, el. probablement 290,1. 169. On comparera l'inscripl.ion relative au Prostoon de Philon
à Éleusis, ou il est demandé de ,travailler l.rois chapiteaux l, bdxp«vlX ipy&.alXcrOlXt TpUx (JG 1Il,
1666, 1. 89). Mais à Didymes, on disl.ingue les pièces qui demandenl. une sculpture, un mode-
lage : chapil.eaux, moulures (le verbe esl. alors X«TIX'YÀÛIf,l(Al), de celles qui sont plates et lisses,
auxquelles on esl.ime que convient le verbe ipy6:1;:0lLlXt'. Toujours en dehors de Délos, les inscrip-
tions sont parfois plus précises et ajoutent un préfixe, pour signifier quelle partie de l'Ep'Y0v est
en cause: on peut reneontrer èÇcP'Y&.1;:O!!IX~, • accomplir la phase finale du travail architedural.',
ou même à.'It'I:P'Y6:1;:O!!IX~, _enlever 1'&.'lt'CP'Y0V1 (= la gaine qui protège pendanl. le transport).
'EpyilCoy..r.u est alors l'équivalent de • faire l'ip'YIXaLa.,. Comme le verbe dont il est dérivé à
l'aide de l'abondant suffixe -aUx, ce substantif se retrouve dans un grand nombre d'inscriptions
architecturales 1 :
- lG P,474 Il,1. 155 (Érechtheion): hey.U:pyov W; 41a.ç !py«crl«.;, _la moitié du travail prepa-
ratoire de lissage.,
- lG IV·, l, 102, 1. 8, 22, 36, 42 (Épidaure) : ÈP'YlXaLa. de différentes parties du bAtiment,
- lG VII, 3073, 1. 92,96, 160 (Trézène): ip'YlXaL2. XII:! aUv8wlÇ, _le travail préparatoire et
l'assemblage.,
- Didyma Il, nO 41, 1. 33 : Ècpyll.aL2.c; a!pov3uM.Jv, .Ie travail préparatoire des tambours •.
Le contexte dans lequel le mot ipylXaL2. est employé montre qu'il désigne la phase ultime de
la taille des blocs, lesquels sont arrivés dégrossis de la carrière et vont maintenant être préparés
sur le chantier, en vue de la 'pose" O~a~c;, ou de .l'assemblage., au....e~at.Ç. Il signifie que les
dimensions des pierres sonl établies, que les faces de joints latérales el le lit de pose sont dressés
avec leurs cadres d'anathyrose (mais le lit d'attenl.e, avec son cadre, est souvent taillé après la
mise en place de toute l'assise, pour plus de précision 8), que les cuvettes des crampons et des
goujons sont creusées. Le devis 507 est relativement clair il ce sujet: c'est seulement après
l'i:P'YlXa(1X et la pose qu'interviennent le dressage au rouge et le ravalement définitif, pour lequel
on utilisera le niveau et la règle, afin d'arriver il l'horizontale, avec des angles parfaits. Les

~) Phl$ieul't exemples donnès par L. AOBRflT, lJotummb de "A.ie mineul't muidionale (1966), p. 61-63, 64, et
surtout lIelleniw IV, p. 12 o. 1. Voir aussi Bull. #.p. 46-47, 42, et A. 8EflI'<AND, lk Kopltu à Koueir (lm), p. 91 et n. 9.
(3) Il faut txl:lure les dMieaees 1709 et 1n5 : 01. ~ .....pq-......... lpy.v:~ dkigne non pa. les .entrepreneurs. de
l'Agora THnlgone, mai., ici, des nqoeianlll.
(4) Voir notre rubrique rl&r...... in(ro. CL la rormule des complet! de Delphes: BousQuu. CID Il, n' 49 A 1.1.2:
&p8o(aM«'tU).; [1Vo !py~ x.2.t 6i{p.]n.
(5) r.r ex. mdl/m/J Il, n' 39, 1. 19-20.
(6) C'est.insi que le dêcret d'Ëpigenk qui rqle les tra\'.ux il l'e:reeht~ion dit de meUre en place les.piket
linies et li demi nnies'. ~lfI'Y~ w f~.
(7) Lillle non exhaustive. an trouve", de nombreu5tll l'Ht.rences dans OllLANDOI-T"AYLOS, ~ikon, •. It.
(8) DAux·II"NSJlI'I, FIJ Il, I.e Trhor Ik Siphn~. p. 40. Ptl&i!! il DiIO!l, les il'~gul,ritk dans la taille de nombreux
blocs d'une mf:me 'Aiee etletlliinuO!Iil.t.8 du cadre d',nllthyroee ,u lit suptrieul' montrent que l'on n',y,it pn loujoun
ce genre de !lOuei.
-143-

comptes de l'f:rechtheion donnent à ce lout dernier stade le nom d'htLpYŒO'LŒ, avec le verbe
htt:py&.~0f.llX~ '.
L'ergasia représente donc un gros travail, qui demande du temps, surlout lorsqu'elle
concerne des colonnes ou des éléments moulurés. Dans le cas de la Salle hypostyle, l'ergasia des
ch3pite3uX est donc adjugée avant 13 krépis et avant celle du stylob3te, avant même le creuse-
ment des tr3nchées pour les colonnes et l'érection de celles-ci (365, 1. 24 sq.). Il est vrai qu'en
principe, il ne doit guère être nécessaire de rectifier la sculpture des chapiteaux après la pose,
alors que les cannelures des colonnes ne sont creusées qu'une fois tous les tambours superposés.
On voit que le terme est plus précis el concret que le simple tpYO\l. Bien que l'ergasia
nécessite encore, dans la majorité des cas, quelques coups de ciseaux complémentaires, sans
oublier le polissage, elle représentlLtout de même le stade le plus important du travail, celui qui
permet de juger de l'aspect délinitif de la construction: c'est pourquoi elle est suivie de la
.vérilicationt, 80)ttf.llXO'tlX, par l'architecte et les épistales (502, A, 1. 22).

f:aTlUTOPIOV, TO

salle de banquet: 139,1. 12: le toit de l'hestiatorion; 144, A, 1. 68 : en 304 (?) av. J.-C., des
tuiles pour l'hestiatorion de l'Asclépieion, 1. 70 : 1tŒPŒlW\lulO'Œ\lTL [T](O}v TOt'X,O\l "Coi) ~G'tLŒTOp(OU ...
&:Àdo.jllX\I"'n '1'0 ~O'T\.O'.T6p~o", 1. 101 : tO'T~a.TOplou xcd 1tpUTa....[Û]OU; 154, A, 1.4: en 279 av. J.-C.,
badigeonnage à la poix des portes et des fenêtres des heslialoria; 161, A, J. 98 : en 279 av. J.-C.,
dans le Dioskourion, réparer les portes de l'hestiatorion, 1. 114 : rendre étanche le loit. de
l'hestiatorion dans la Nésos; 163, A, J. 34 : le mur de l'hestîatorion du Kynthion, J. 41 :
réparer Tà: 'd:Y"fJ -roi) tO'T~lXTOptOU; 165, J. 43 : dans l' Asclépieion ?, "Coü i:O'T~1X ?}toptou 1tOtplXxo,,~.xO'Ot}rn ;
219, A, 1. 18 (complété par J. TRÉHEUX, REG 1986, p. 298) vers 272 av. J.-C., mïTI)pLO\l hd 1'0
tO"'t[LlXT6pL]O\l?; 1030, 1. 5 (complété par SOIWl.OWSKI, l..SCG Suppt., nO 51) : règlement très
lacunaire concernant les hestiataria.

Définition et illustration.

'EO'T(IX, ~ le foyer de la maison t, a donné naissance à ~o"n.xw, -recevoir à son foyen, dont est
dérivé le nom d'agent É(rnilTwp, .l'hôte qui offre un banqueh, et c'est ce dernier mot qui est à
l'origine d'ÉO'TLIXT6p~o", .Ia salle de b3nquelt 1 . Les inscriptions de Délos nomment précisément
au moins cinq hestialoria : à l'Asclépieion, au Prytanée, au Dioskourion, dans l'Artémision de
la Nésos, au Kynthion. Leur fonction de salles de banquets publics peut être confirmée par la
mention éventuelle de tables et de lits que l'on répare (144, A, 1. 65-66, 71), et par la présence
de fenêtres (154, A, 1. 4). Pour le reste, aucune précision n'est donnée quant il. leur aménage-
ment: tout au plus peut-on supposer que ces hestia/aria ont chacun une couverture en tuiles-
donc à double pente - , comme celle de l'Asclépieion, étant donné la fréquence avec laquelle il

(9) Cf. II. L.. TTRR ...... NN .• 'E".p,a~.a6"" und VerwH"dte~ •. AM 34 (1909), p. 363-368.
(1) D'après CH"NTIl"INR, f)icliOn/tairt ~lymQIQgiqut.
- 144-

est question de faire ou refaire le toit de l'édifice. A l'exception des salles du Prytanée et du
Kynthion, les édifices ainsi mentionnés sont loin d'être bien connus, l'emplacement de l'hestia-
lorion de la Nésos est même lout à fait inconnu. Pour cc qui est du Dioskourion, G. Roux 2 voit
dans le premier état du • lem pIe A t un hestiatorion à eschara, de plan barlong, avec des tables
citées dans 144, A; quant à l'hestiatorion de l'Asclépieion, ce serait le péristyle Sud, d'après
une proposition de RoI. Étienne, qui s'oppose par là à G. Roux 3.
A priori, le nombre peu élevé d'heslialoria signalés dans l'épigraphie délienne peut sur~
prendre; de fait, il doit être confronté avec les données des fouilles, qui ont mis au jour des
salles de banquets assez nombreuses, comme il est normal dans un sanctuaire accueî11ant
quantité de gens de passage. Cette situation n'est pas sans poser des problèmes, et un règlement
mal conservé (1030) traite de la conduite à lcnir dans les bâtiments du sanctuaire, les heslialo-
ria, ct, semble-t-il, les dortoirs ou hôtelleries. Mais quelle forme avaient exactement ces édifices
édifiés aux frais de la cité, puis de particuliers, au départ pour sacrifier à l'antique coutume
religieuse de la consommation des victimes? On sait ( qu'ils présenlcnt des caractères spéci-
fiques (mais non obligatoires) pourvues d'une porte désaxce pour tenir compte de la place
d'un lit, ou encore précédées d'un portique, les salles de banquets ont un sol lavable pour
évacuer les déchets, et lorsqu'elles ne sont pas meublces de lits-ban quelles en pierre, un petit
socle court le long des murs, pour protéger les pieds des lits en bois de l'humidité!'. C'est ainsi
que le pseudo-Thesmophorion de Vallois (= GD 48) devrait être, selon une hypothése de
G. Roux 8 , généralement bien accueillie, .1'Hestiatorion des I<éienst vu par Hérodote': pour
.des raisons de chronologie, de topographie de typologie. (le plan convient pour l'installation
de lits face à un prostoon, el il exisle un exutoire pour l'eau).

Les synonymes d'hestiatorion.

Dans ces conditions, plusieurs piéces du Sanctuaire syrien, dites ÈE)8poc dans les inscrip-
tions, sont effectivement des salles de banqueLs8, ct il en va de même pour d'autres dénommées
oikos : par exemple à l'Hérakleion, ou nu Kynthion, avec les oikoi de Zeus et d'Athéna, dont le
premier.est auparavant (163, A, 1. 34) dit hestiatorion'. Il y avait en outre au Kynthion un
IJ.l1y~ptO'l, c'est-à-dire une cuisine pour les banquets rituels 10. L'heslîatorion du Prytanée, men-

(2) • Problèmes délienst, BOf 105 (1981), p. 41-55. Discussion par Ph. BRUNEAU, GD, p. 259-200.
(3) RoI. f:TIENNIl-J.·P. Bn"UN, Téflos 1 (1986), p. 168-169. n. 354.
(4) Voir Er. WILL, t Banquel,.$ et salles de bllnquel,.$ dans les culles de la Grèce et de l'Empire romaint, Mélufl9t8
P. Gollarl (1976), p. 353-362; M. S. GOI.llSTEIN, The Se/ling of Ihe Rilual Meal in Greek Sancluaries : 6OO.J(j{) B.C. (1978);
Ch. BÔIIKER, FeslfJankell und griechi.dle Archifeklur. X enia 4 (1984); brève synthèse récente par f:TrENN~:-BR"UN, a. C.,
p. 165-170, à partir des hcslia/oriu de TéllOS mentionnèsdnns STR"IWN (X, 5). Enfin, P. SCHMITT-PANTE'. a soutellU en
1987 à Lyon Il Ulle thèse d'éUil intilulée /.0 cilé au banquel (non vidi).
(5) D'autres traits peuvent encore se rencontrer, comme la présence d'un foyer ou de fenêtres: 1I10nl que I"ac·
cumulation de ces indices dans un même b~timent .signet pour ainsi di1"(l la salle de ba'Hluet, on n'en dira pas aulant
de I"existence d'un seul de ces caraclères. Le plan barlong ou carré est fréquent dans les Cyclades, et le portique à
chambres est venu d'Attique, le Péloponnèse pre/érant la cour péristyle, mais RoI. ~TIENNE et J.-P. BR"UN, Q. C.,
p. 169, 1"(llèvcnt justement que les pistes sont brouillées par les échanges qui ont eu lieu d'une région il l'autre.
(6) G. Roux, .Salles de banquets il Délos., Ê/. déliennes, BOf Suppl. 1 (1973), Il. 525-5&4.
(7) IV, 34-35. Dans le GD, Ph. Bruneau et J. Ducal. veulent bien accellter de voir dans ce bâtiment un hestialo-
rion, mais pas forcément celui des Kéiens. Certes, on pourrait penser que l'appareil très parliculier des mUni, qui se
1"(llrouve précisément à I{éa, va en faveur de cette hypothése (ÉTIENNE-Bn"uN, o. C., p. 168 n. 353), mais cet appareil à
pilcUes (pi. XVIII, (3), qui est relativement bien connu en Attique dès le v' siècle, ne semble pa~ caractéristique de
celle 7.one des Cyclades; voir W. MOI.I.ER-WIENER, Griuhisches Bauwesm in dtr A nlike (1988), p. 72 (. Leitermauer-
werkt).
(8) Voir "otre rubrique U;c3plX. supra.
('i)) Pour de~ délails. voir nolre rubrique oIxo~, infra.
(10) Voir 1" rubrique "'''·Y'I,io~. "tfra.
- 145-
tionné comme tel en 144, A, l, 101, sera peut-être dit &'PXELO\l dans les inventaires postérieurs de
l'époque athénienne, à la suite d'un changement de destination des réduits au fond de la salle Il,
Enfin, il est bien possible la Salle hypostyle, dénommée Stoa du Posideion, ait été à l'occasion
une salle de banquet, pour la réunion annuelle des Poseideia 12.
La faible fréquence du mot ÉGTtŒ:t"6pLO\I dans les inscriptions dêliennes (il est notable qu'on
ne le trouve pas dans les textes d'époque athénienne, mais uniquement sous l'Indépendance),
par rapport aux nombreux bâtiments du site que l'on pourrait qualifier de ce nom, s'explique
donc par l'existence de plusieurs autres tel'mes désignant la salle de banquet. Pour être celui
qui a survécu en grec moderne 13, et dans la langue archéologique lorsque des salles de banquets
sont en cause, le mot hestiatorion n'a pas joui d'une grande faveur en grec ancien il est admis
que le plus ancien exemple connu se rencontre dans une inscription de Sicyone, de la fin du
Vie siècle - début du v e siècle 14, mais en gagnant l'époque romaine les Anciens auront ten-
dance à lui préférer, outre le classique o!xoç, les termes Èl;t8poc, TpLXl.WO\l (ou une autre division
numérique) et 8tt1t\ltG-djptO\l I~.

Èo"Xa.pa.; ÈO"Xa.pUhov; Èo"Xa.plOV; ÈO"Xa.pl'i; ÈO"Xa.pWv voir IlwlJ-o'i

euthynléria, assise de réglage: 163, B, l. 17 : en 276 av. J.-C., t]ù6uV'r7lptoc T1jç(lacune); 165,1. 31
dans le Temple d'Asclépios, des pierres pour rij'l tù6u'l'n)p(Il\l 'l'OÜ ~1JÀ6.J[J.Il'l'Oç; 507 bis, 1. 18, 19 : en
248 av. J.-C., dans un devis pour l'Asclépieion.
Cette assise, qui forme transition entre les fondations et le mur (ou, selon le cas, le départ
du mur), et marque par conséquent le niveau du sol, est nommée dans de nombreuses inscrip-
tions architecturales, en général plus explicites que les brèves attestations déliennes,
Le rôle de l'euthyntéria est bien défini: H'est l'assise sur laquelle s'opère, à la régie ou au
niveau de maçon, le nivellement qui établit l'assiette de l'édifice ~ l, C'est une des particularités
de la construction grecque, et à partir de l'époque classique il est exceptionnel qu'elle fasse
défaut 2. Dans la pratique, ce peut être une assise reposant directement sur le rocher 3, ou située
entre les fondations ct la krépis, comme il Éleusis 4, la plinthe ou le socle des murs, eomme il

(Il) Voir notre rubrique 1t?U"tŒ~4;:"~, infra.


(12) BnUNE"'u, CUllt3, p. '264.
(13) 1\I:'ls HU sens de <restauranto, ce qui e~t autre chose qu'une ~alle pour des banqueLs IlUblics.
(14) Citée par r. SCHMITT-P... NTF,I" <Ranquet et cité grecquet, MEFRA 97 (1985), p. 139,
(15) Une inscription de Thasos, en COUI'I:I de publication par Il. Duchêne, connaît en ce sens <JII!L,,6(H"~. 'A~apw~
peut aus~i s'appliquer il une ~alle de banquets publics, et pa~ seulement il une salle de réception privée: voir rlOtre
rubrique,3uprtJ.
(1) M"'ATlN, Manuel, p. m els(l, (nolre commentaire doit beaucoup:l ce chapitre bien documenlé). Voir aussi
CU"'NTRMNE, Dic/ion/lUire élymoiOflique : venant d'tù61k <droit., l'EOOu''''iPUr. désigne aussi bien la ,place du gouvernail.
que la «hase du muT'. Selon EIIRAT, Fuchllusdruckt, il existerait un synonyme:l Gorfou : /l,(l"'.l«~p(w, ~"ti b.""pOWI"lT"o;
lpy",aUr.o; (lG IX, 1,691,1. 2), Illai~ dans ce contexte tres lacunaire, on doit pouvoir S'Cil teuÎr au sens normal de
trdévement. pour b.7t6p!lw""",
(2) A Délos, il l'époque archaj'I'le, elle mamlue ou est incomplète: VM.I_01S, Archilecture Il. 1, p. 12-13.
(3) Par ex.' 1101. F;T'P,NNE-J.-P. BII"'UN, Ténos 1 (1\:186), Il. 15, état Il de 1" fontaine.
(4) fG Ill, 1671,1. 11 : x",; ~Œ.; J;r.4f1M(a«]l.<; ~W[" ><p1jdaw~l ><"'< -rijo; .000""ipW:o;, _et les degres de la krépis et de l'llS!!ise
de réglage •.
- 146-

Didymes' ou à Delphes' el à l'Arsenal du Pirée 1 , el même le slylobale propremenl dil, au·


dessus d'une umu6u"""lP!a., à Livadie '.
Elle se distingue des fondations par l'emploi d'une pierre diHérente, plus dense, et par le
fail que ses dalles sont liées par des scellements horizontaux et des goujons: comme on peut
le voir dans le Temple d'Apollon à Délos, elle forme autour de l'édifice une grille solide qui
doit permellre l'implantation des parties supérieures, sous lesquelles elle est en légére saillie
(pl. VIII, 25).

tEÛYO~ : voir .EpcLf&l~

de Mie, principul : 500, A, 1. 30 : en 297 av. J.-C., dans le devÎS du Temple d'Asclépios, bn-rl6t«;
llYtll)o"Louo:; Ilt.. Ilto"ou Ilijxoç TtTp«7tOM.Ç.

Dans ce devis, il esl demandé, au moment de l'installation des frontons, de • poser sur les
corniches avanl et arrière les blocs de lête au centre l, c'est-à-dire les orthostates du milieu, les
plus hauts, qui seront suivis des • blocs d'anglet (xtpxl3ux(ouç, restitué l. 31), d'une longueur
supérieure aux premiers. C'eslla technique habiluelle pour la pose des fronlons, quel que soit le
nombre lotal d'ol'lhostates employés!.
La forme YjYI!:1l0VlOO:; (I..Wo.; étant sous-entendu) est une particularité délienne, au lieu du
substantif Yjytll~.l\I ou 6:YtIlW"', qui se renconlre normalement en Attique ou à Êpidaure lorsqu'on
veut qualifier des tuiles d'égout! (celles qui sont mises en place les premières, qui, guident.-

(5) Où cib~.P<"'iO( ().l&ç) est une pielT'l'J de la plinthe du mur: lJidyma 1l, nO 39. 1. Il.
(6) ROUIOUF:T, CI/) Il, 0° 56 1 R.I. 81 : cl< ri> "Fr~ ~ ~l ri> ~'Nl~ Til; c~~, _pour la barriêre autour
de la moulure de l'euthyntéria. (c'est l'nsise mouluree toUS les orthostates du Temple d'Apollon).
(ï) IG 111. 16611. 1. 16-17: lldt; ~~ 'nIi<; -rotX~. -ayant. posé l'euthyntéria pour les muru, el 1.19: bd 1'i',ç
~~ ~pcl 6p8oGTh«:;. _que l'on pose des orthos~tes ur l'euth)·ntéri•• ; voir aUSIi 1. 29 el 40-41.
(8) IG VII, 3073, 1. lOf) et 111. el le commentaire de J. A. RU!'lnGMRn, Cfauico tf MtdiotfllJlio8 (19-16), p. 1-43.
surtout p, 4-Î. L'~pl«esL alol1l une assise non "isible. wU$le ni\'e/lU du toi, eLclui esL entaillée pour faire place.
1'cùl7""""pla.
(1) V.U••.01S, An:hil«/urt 11. 2, p. J:J9.
(2) IG Il", 167"2, l. 200:1 ("oit aU$Si 1617. b. 1,303-:_15, 3O'J); fG IV", un. 1. 1. 100. et 110, ,1, 1. 11 (I\Ullf'OIlO,
No/n, Il,3'?.l, tl'llduil Ilar u.nlélhu: ma;s ce rnoL désigne Illus préc;sêment h, pl8(lue qui rerme l'extrémite du
~ 147-

la mise en place des autres), ou encore, au Temple d'Apollon à Delphes, des parpaings
T,y0IA.CU -
spéciaux, pour les murs du sekos ' . Le terme n'existe donc que par opposition il d'autres
épilhètes, comme tiyù.a.îotO, au sens de tCouranht, ou encore XE:px~3w;îOl;, .de coin •.

grille: 199, A, 1. 55; 287, A, 1. 75 : en 250 av. J .-C., on cure l'Tj61l0C; du réservoir de l' Inopos.
C'est la seule attestation architecturale connue de ce terme qui, dans les inventaires,
s'applique il une .passoire. l . Il doit donc désigner, il l'entrée d'une canalisation d'adduction
(dite ici ttapu(nc;), une sorte de tgrîlle. destinée il retenir les déchets l, fonction qui nécessite un
n~ttoyage régulier pour éviter l'engorgement. Dans le Quartier du Théâtre, Chamonard parle
seulement d'une terapaudine de plomb. pour arrêter les matières solides sur le trajet des
conduites d'alimentation des citernes 3 : il la vérité, notre grille pouvait être aussi bien en terre
cuite qu'en mêlai, el dans les deux cas, il n'y a ricn d'êlonnant il ce que cet accessoire banal ne
soit pas parvenu jusqu'à nous.
Appelait-on aussi TjOlloc; les dalles taillées il cette lin? Par exemple, il Sidé, on a percé dans
une dalle de la rue une élégante rosace il six branches, formant une petite grille concave·.

~Ao., ô
(a.Ka.v8wTÔÇ, -"l. -ov j l~>"lÇ, 1\)
~>"Oçl :dou,lêlededou :-pouruneporte: 144,A,1. 71; 147,A,1.4; 161,A,1.67; 165,1. 12
et 27; 199, A, 1. 21; 287, A, 1. 79; 1403, Bb l, 1. 45, 48; 1412, a, 1. 31, 36, 46; 1413, b, 1. 21;
1417, A Il,1. 9, 56, B l, 1. 145; 1423, bu Il,1. 23, Bb l, 1. 4; 1426, B Il, 1. Il,24; 1439, Ab<,
1. 45; 1442,B, 1. 33,45; 1455, 1. 9;-pourla scénedu théâtre: 199,A, 1. 91-92(274 av. J.-C.);
- pour divers bàtiments ou une de leurs parties: 290, 1. 81-84 (en 246 av. J.-C., pour l'oikema
du krenophylax), 159 (xylorna de l'Héracleion); 372, A, 1. 90 (en 200 av. J.-C., pour le néoko-
rion); 1403, Bb Il, 1. 20 (pour le lryphaktos du Temple d'Agathé Tyché, nommé à plusieurs
reprises); - pièces inventoriées dans des édifices: 320, B, 1. 67;, 1409, Ba Il, 1. 55.

couvre-joint d·égout). Suivant les recommandations du t. Il du Diclionnairll milhodique de GlI'iouvl:J-MAlIT1N, qui s'en
tient It rUSllge des archil.etles, couvreun et charpentiel1l. j'ai udoplé l'expreuion. tuiln d'égout. 16 où les arcMologues
ont coutume de dire ttuiles de rive •.
(3) Cr. J .-1". BOMMKI.... KR, Bell 107 (1983), p. 210, et ROUSQUP:T, CID Il, p. 114 (mais le .ens de t ttte d·ante. ou
.bloe d'angle. retenu par r~diteur est peu probable: 011 aurait alol'l y.........,o&, comme le rel~ve Roux, Amphidionie,
p. 2(2). Pour 58 part, le l-uikon d'ORLANOOI-TRAVLOI.•. /I.~, consid~re a tort que le terme te rapporte toujoul1l à
dn lerres cuites archiledurale-, et cite ~galemenl, en ce tens. l'exemple de Delphes.
(4) Voir la rubrique ~<o.;. lupra.
(1) 199. H, 1. 91, parmi des vases en tout genre.
('l) VALLOIS, Ardliledure l, p. 202, où est recu!lé. juste lilre le ten! de tVanne. propoM par LSJ.
(3) EAD VIII, 2, p.343, ng. 216.
(4) Die lVauer~,.,orgung anliker Sladte Il (1987), p. 161 ng.32. Même s)'Slême dans le lh~Atre de OionylOl à
Ath~nes : notre pl. X, 33.
(1) Je n'ai !Ms jugé nêteqaire. pour ce terme, de donner une liste exhausli~'e, penli8nt qu'il valait mieux regrou-
11er quelques exemplet signifiÇlltifs. J 'a; aussi lai!i!lé de oot~ let cloul tervant 6 nxer les éléments du char des Oiony ies.
ou dh'el1l ex-~'oto et accellllOireti ne rele~'ant pas de l'architecture.
~>..o.. - 148-
È~>"l~:me de clou 165,1. 12-13 et 27-28 : en 276 av, J,-C., pour les porles contre-vent du
Temple d'Apollon,
è"(QyeWTO~: en forme de feuille d'acanthe: 1403, Ab, 1. 79; 1439, Abc l, 1. 45; 1450, A, 1. 47
(milieu du Ile siècle av. J.-C.; inventaire du Temple d'Apollon) : WPW!J.IX !x.ov ~),ouç 'lt"EPtllPYUpw-
flEVOUÇ ,xX.IXvOW"t"OVÇ,

Les nombreux clous mentionnés dans les comptes et inventaires dé liens n'offrent a priori
aucun trait remarquable. Ils sont distingués des 'lt"tp6vlXt ou ,chevilles, broches. (dans 320, 8, 67,
et 440, A, 1. 32), ainsi que de toutes sortes d'autres petits éléments de fixation 2, La matière
n'est généralement pas précisée, mais on sait que ceux du lryphaktos du Temple d'Aga thé
Tyché sont en fer, et l'on trouve aussi, plus r3rement, le bronze; dans ce cas, si des clous sont
inutilisés, la valeur du métal et peut-être leur taille expliquent qu'ils soient entreposés et
inventoriés.
La plupart de ces clous sont destinés à des portes, ou du moins des structures en bois,
comme les lits; il en va de même dans les inscriptions d'autres régions, où la mention de clous
est en général liée il. des travaux de menuiserie ou d'ébénisteries. Les clous restent alors le plus
souvent visibles, en guise d'ornement. Même à l'époque de l'Indépendance, où l'on distingue
~Àoç et &'fllÀ{Ç, les ~ÀOt n'étaient pas que de simples pièces de fixation pour les lattes des van-
taux. Que l'on songe, par exemple, aux seules portes contre-vent du Temple d'Apollon, qui ont
besoin de 432 clous, pour 288 drachmes, En tout cas, sous la domination athénienne, tous ces
Yt),Ol mentionnés pour des portes sont manifestement des. têtes de clous. ornementales, Ce sens
de • tête de clou. pour YtÀoç n'est d'ailleurs pas propre 3UX inventaires et aux comptes dé liens, il
remonte aux poémes homériques 4, Il se développe magnifiquement il. Délos, où le 6vPWflIX du
Temple d'Apollon est pourvu de soixante .têtes de clous argentées, en forme de feuille
d'acanthe., c'est-à-dire qu'elles sont en bronze recouvert. d'une feuille d'argent et s'épa-
nouissent. comme un petit bouquet d'acanthe~, Le goût des 3nciens Grecs pour ce motif orne-
mentai est bien connu; tout~fois les fouilles, qui ont livré plusieurs types de clous décoratifs,
n'ont donné aucune pièce exactement de cetle forme'.
La longueur de certains clous retrouvés, pour la plupart recourbés, permet d'estimer
qu'une fois la tête décorative en place, la tige de fer qui dépassait de l'autre côté de la porte
était repliée dans le bois, ce qui assurait une fixation aussi complète que par un rivet, tout en
préservant la tête d'un martelage excessif qui ne pouvait que l'abimer 7 • Aujourd'hui encore,
quelques vieilles portes de maisons paysannes, en Grèce du Nord, présentent ce riche aligne-
ment de clous il. tige repliée, qui maintiennent solidement les lattes avant de les décorer 8 ,

(2) Dont le ~en8 n'e~t pas toujours bien d~ir: voir les réflexions de VALLOIS, Archileclure Il. 2, p. 452-456.
(3) G. RotJx, Bell 80 (1956), Il. 508 n. 6, cite les clous de la charpente de l'Arsenal du Pirée, rie solivage du
chemin de ronde sur les murs d'Athènes, la porte du Temple d'Asclépios il Épidaure •. Les clou~ dans les assises de
pierre llOnt rares,
(4) Voir LSJ, el OnLANI)Os-TRAVLO~, 1..eziko/l, '.11.
(5) VAU,OIS, Archileclure Il, 2, p. 452, parle de.30 clous il tête el,ineuse argentée, imitant peut-être des fleurs de
chardon ou d'artichaut •.
(6) Voir EAD27, n""C 116: dou il tête en forme de bouclier, C 119-121 : en forme de balustre. Mais les feuillcs il
bords lancêolès, du genre feuille de vigne, sont frétluenles en ~PI,lique: C 102, et même type d'objet dans
H.-P. FRANCFORT, Fouilfe.d'Af Khanoum 111,2(1984), pl. XXI, nO 1 (sur celte planche, le nO 21 est un pied de meuble
ell bronze figurant ulle polle de lion surmontée d'une reuille d'acanthe; même type de décor en acanthe pour un pied
de table en marbre dans EAD 18, nO 137-147). Dans Ezcallalion. al Olynlhus VIII, pl. 70, n"" 5-8, et X, pl. 70·74
(p. 3'l3-329), on trouve de nombreux spécimens de t.êtes de clou en .chapeau chinois., ou simplement convexes: en
outre, duns le tome VI r l, p. 258 n. 25, il est prècisé que dans les inscriptions .t.hese bosses on t.he Ileads of t.he nails
('lj/..Q() were clllled xw3û«( (lG 11 1, 1457, 1. 14: 1544, 1. 38).: le mot XÜI/lû«, .tête de pa volt, est errectivement un
synonyme attitlUe d'!'I'"I)/..(~ el désigne une forme particulière de tête de clou.
(7) Schéma explicatif dans J. RAEDER, Prime, Funde uu. tiner gritchi.chm Siadi (1983), p. 15, fig. 5.
(8) E.-L. SCIIWANDNF:R, dans IVohnUlrg.buu im A lIerlum. Oisku"il)/len mr Archliologischen RIJll(orschUlrg 3 (1978),
p. 108 fill:. 3.
- 149-

"'~U(ûkÀlOV : voir O+Ov&uAos

"''''lTEAits : voir à.pyos

8â.KOS. Ô

siege: 142, 1. 30, 32: roù{e; O}Xxoue; roü VEW roü 'A'It'6)JwJvoe;; 150, A, 1. 10: pour le théAtre, !M.xoue;
['It'OtVtl1IlL Xa:TIl (JUnpa:ll~fL, 1. 19; 161, A, 1. 82: netloyer l'orchestra du théâlre xa:l roùe; Oa.xouç;
163, aA, 1. 25 : Tlie; Èpro).a:6la:e; roü OmTpou TWV Oa.xwv; 165, 1. 46 : 1'0'1 Oixov oX'It'a:ra:(16VTt ix TOÜ
'Al1x).'l'J1ttdou; 290,1. 186 : pour le théâtre, r61J.1l0uc; lllÀxoüC; 1tOL~aa:vn dc; TOÙC; O&'XOUI;; 291, b, 1. 14,
17, d, 1. 13·14; 505, 1. 1,2,13,21 (dans un devis pour le théâtre).
On sait que la construction du théâtre de Délos, et plus parliculièrement celle de la cavea,
s'est échelonnée sur de longues années, dans le courant du Ille siècle avant notre ère. H. Bulle 1
considérait que les sièges mentionnés dans les comptes les plus anciens devaient être en bois, et
la livraison de pierres pour les gradins aurait seulement commencé en 269 av. J.-C. (compte
2(3). Mais R. Vallois a faiL remarquer! que pour la confection des sieges dont il est question
dans 150, A, 1. 10 et suiv., en 297 av. J.-C., une somme importante a été versée à un entrepre-
neur de Paros, qui est sans nul doute un marbrier. Ces gradins de marbre ont manifestement
été installés par tranches, des sièges provisoires étant déployés dans l'intervalle sur les panies
non construites. Le devÎs 505, dont la date exacte ne peut être precisée, concerne l'aménage·
ment des gradins, ou plus exactement de leurs substructions (1. 14, 20 : il est demandé de
raffermir le sol), mais le texte conserve est trop obscur pour que nous puissions en savoir
davantage.
Dans la cavea, la première rangée était faiLe de grands sièges il dossier, pour les personnali-
tés; venaient ensuite vingt·six gradins jusqu'au promenoir, surmontés de dix-sept. aut~es. A
Délos, le terme global OiXOL ne rait pas de dist.inctiOIl ent.re cel! différenls types de sièges, avec
ou sans dossier"; quant aux xp'I'J'It'i3E( dont il est question dans 203, A, 1. 95, il s'agit. précisé-
ment, comme l'écrit Vallois·, des gradins, rormés par l'ensemble socles et dalles de sièges.
Mais tous les 8«XOL mentionnés dans les comptes se rapporl.enl-ils au théâtre? Malgre l'avis
de Ph. H. Davis', on ne saurait exclure d'emblée que des sièges aient bien été commandés pour

(1) U,,'erlilchunge,. an gri«hiuhtn Theo/ern (1928). p. 181·182.


(2) Archit«lure l, p. 231-232.
(a) Alors llue pour Photius, l..aikon : 6ci.XGl· 6p<1YGL, 1UL6t3""'I, lIOit des siègell il dossier. Dansl'in!Kription relative il
la construction du thèAlre d'e:pidllure, BUIlYOIID, Nale., p. 2!/'J, voit dans les 6wltcU (8, 1. 15) let Kuls .troneu du
premicr rang, 1I111is le lexte est mal conservé et trop peu explicite l}Our que cette interprétation IlUislIIl èlre aS8urée.
(4) Archilt(lure l, p. 'l33 Il. 2. Voir aussi nolre rubrique xPl'j1tt.:, infra.
(5) AJA 41 (1937), p. lœ.
- 150-

le Temple d'Apollon (ou ses alentours ?), comme il est dit dans 142, J. 30 et 32, dans un contexte
il est vrai très lacunaire. Nous ne savons pas non plus à quel édifice était destiné le 6axoç
transporté depuis l'Asclépieion (165, 1. 46); F. Robert· a supposé avec vraisemblance que le
site avait servi de relais entre les carrières et la ville, et que l'on avait pu y travailler certaines
pierres.

- chambre recufée : - dans une maison urbaine: 161, A, 1. 110 : dans l'oikia de Hiérakos, 80xo'll
uJ't"oOÉv'n 1"W~ Ooc),&:f-lw~; 290, 1. 126: en 246 av. J.-C., dans l'oikia d'Episthénès, construire une
porte [mJ 1"0'11 O&:),OCf-lO'll (même formule pour la maison d'Orthoklès, 402, 1. 4); - dans le sanc-
tuaire de la Nèsos? : 158, A, 1. 64 : en 282 av. J .-C., réparer les portes du thalamos 1"OÙ otxij-
f-loc"t"oç 1"OÙ Cv TIj~ &.'IIOCMo"E~; - dans un domaine inconnu 145,1. 19; 204, 1. 40: -roùç 6ocÀ&:f-louç;
356 bis, B, 1. 21 ; 373, A, 1. 39; 440, B, 1. 20; - à CharCleia : 287, A, 1. 170; 373, B, J. 11 :
6ocMf-louç 800 TEOUPWtLÉvouç, t'li "t"WL hl 80xov È:O""t"UÀwfJ.ivov; - Dionysion : 287, A, 1. 160; 373, A,
1. 43 : 1 thalamos; - Nikau Choros : 287, A, 1. 156; 373, B, 1. 6 et 445, 1. 22 : 1 thalamos;-
Pyrgoi 287, A, 1. 172-173: 2 thafamoi; - Panormos: 287, A, 1. 168; 374, Ab, 1. 4; 440, B,
1. 20: 1 thalamos; 452-467: restitué, d'après M. BRUNET, BeR 1990, p. 679; - Charoneia
287, A, 1. 164; 374, Aa, 1. 3-4, ct 403, 1. 49-50: 6CJ.À&.fJ.ouç Mo; - Skitoneia : 287, A,!. 162, et
374, Ab, 1. 9-10 : 2 tha/amoi; - Soloé-Korakiai : 287, A, 1. 150; 351, 1. 13, et 374, B, 1. 14 : 2
tha/amoi après le kleision, et 1 après la pièce à l'étage; - Hippodromos : 287, A,!. 144, et 403,
1. 53 : l thalamos; - Kéramcion : 287, A, 1. 146 : 1 thalamos; - Limnai : 287, A, 1. 158, et
374, Aa, 1. 12: 2 thafamoi; - Rhamnoi 287, A, 1. 155, et 374, Aa, 1. 27: 2 ihalamoi;-
Phoinikès : 287, A, 1. 151-152: Ithalamos; - Lykoneion : 351, 1. 19: 2 6ocMfJ.ouç dont un avec
porte.
- chapelle intérieure: 145, 1. 24 : on a badigeonné le linteau du 6&:Mf-lOÇ ô 'toi) vaoi) où ô xo),00"o6ç;
199, A, 1. 80: en 274 av. J.-C., TO: xUfJ.ih~oc TO: [bd TOi)] O[CJ.)']iXf-lou où 0 4l0~'II~~.
Déjà connu chez Homère ou il désigne la chambre de la jeune fille, et finalement celle des
époux, c'est-à-dire la pièce la plus reculée, où la maîtresse de maison conserve les richesses dont
elle a la garde l, le OiXMtLoç est une pièce bien attestée à Délos, avec deux sens possibles du mot,
l'un domestique, l'autre religieux.

Le thalamos domestique.
Les inscriptions ne précisent pas en quoi consistaient exactement les fhalamoi des maisons
urbaines, mais ils ne devaient guère différer de ceux des domaines ruraux d'Apollon, sur les-
quels nous sommes assez bien renseignés. Comme dans l'oikia de Hiérakos, les ihalamoi des
domaines sont entretenus, puisque la charpente de ['un d'eux (Charéteia) est soutenue par un
poteau. Il est exceptionnel qu'un domaine n'en possède pas 2 : c'est donc une pièce quasi
indispensable, pour laquelle la présence ou l'absence de porte lors de la location est, semble-t-il,
sans signification, mais cette pièce est d'autant plus importante qu'elle est toujours une des
premières nommées, en principe après le kleision 3. Ce groupement n'est sans doute pas le fait

(6) EAIJ 2Q. p. 1().1-105.


(1) Gd .. XXI,!. 8-9, et 23,1. 4lsq. Le mot est S3ns étymologie ll88UrOO.
(2) C'est le cas de Leimon.
(3) Seul Rhamnoi fait exception: les deux 1M1o.0:I-'0\ sont nommés II III tin, entre l'éllllJle et les vignes.
~ 151 ~

du hasard, et peut être interprété, d'après R. Vallois4, comme une variante de la formule
employée pour Kérameion (287, A, L 146): tun kleisÎon avec porte, ayant un thalamos avec
porte~, c'est-à-dire que le thalamos devait être, au moins dans ce cas, une chambre située au
fond ~ du kleision; de toute façon, la pièce dépendait d'une manière ou d'une autre du kleision
pour son accès. Ce sont parfois même deux chambres qui dépendent ainsi de la salle principale,
el à Soloé-Korakiai, où l'on compte trois lhafarnoi, le troisième appartient à l'étage, ce qui
constitue une exception. De son côté, Kent pense que si le thalamos est effectivement présenté,
dans certains cas, comme .. an inner room that was part of a larger structure.', il faut néan-
moins y voir une pièce indépendante ou ouvrant directement sur la cour lorsque la liste des
hiéropes la donne sur le même plan que le kleision, simplement il la suite, Il n'empêche que le
sens habituel du mot thalamos hors de l'ile sainte paraît donner raison à Vallois lorsqu'il
déclare ne trouver «aucun thalamos qui ait été manifestement une pièce indépendante., car le
mot évoque toujours .. la partie la plus reculée d'un édifice., une zone secrète, une resserre, qui
est parfois même souterraine 7. II est normal qu'une pièce qui peut aussi bien servir de chambre
nuptiale que de «magasin. pour les richesses domestiques ne donne pas sur l'extérieur, mais
qu'il faille passer par ou devant une autre structure pour l'atteindre - ce qui rejoint finale-
ment l'indication de 158, A, 1. 64, A Délos, le thalamos a dù garder cette double fonction
attestée chez Homère, car les maisons el les domaines de l'île sainte ne possèdent pas de
TŒ!J.ttZO'" s.
Jusqu'à présent, les fouilles effectuées dans des fermes déliennes n'ont pas permis d'opérer
un rapprochement entre le plan au sol et les indications de l'épigraphie; la fonction des pièces
dégagées reste énigmatique',
Quant au aa.ÀllIJ.O~ de J'o(~'1lJ.llnommé dans 158, A, 1. 64, nous Ile pouvons pas décider à coup sûr s'il se
trouve bien dans la Nésos; d'après le contexte, Ph. Bruneau penche toutefois pour l'affirmative ID, Or un
oikerna dans un sanctuaire peut représenter un logement pour un agent du culte mais aussi un local de
dépôt, peut-être justement avec une pièce bien fermée ail (ond, d'où la mention de OUPIXL,

Le thalamos d'un temple,

D'abord employé pour l'architecture domestique, le terme a été quelquefois étendu à


l'architecture religieuse: là aussi, il s'agit d'une piéce qui n'est pas directement accessible,
donc une sorte d'adyton. C'est ainsi que pour Lucien, De dea Syria, 31, le 6&.ÀIX!J.or; est la partie

(4) Anhittclure l, p, 213-214.


(5) Les chambres en enfilade sont, aujourd'hui encore, un trait assez caractéristique de l'arehitecture domestique
grecque.
(6) Temple Esfalu, p. 297.
(7) G. Roux, BCl1 105 (1981), p. 62 et n, 43, qui renvoie il J,-P. Vil RNA NT, Mythe el peruü chez lu Grtc' (1974,
2< éd.), p. 152-154 : exemples dans Homère, Sophocle, Euripide, oil il s'agit de l'antre de Trophonios. Voir aussi
CHANTRA1NI>, Diclionnaire élymol(){lique: _chambre intérieure de la maison, chambre de la maltresse de maison,
chambre oil l'on enferme les provisions et les objels precieux., et les références d'QRtANDOS-TRA VLOS, J.ezikon, '.V., en
y 8joutant une inscription heJlénistique de Camarina, republiee par G. MANl;;ANARO, pp 246 (1989), Il. 199: oixla.v
=...qœ)/j1X (...) KŒI .Œ~ IXU),1t.; bc 'OU lW.rX[",}o...,,rov KŒI 'fil 'l'pijv ><Otl .ŒV ",':'M;V: l'édileur voit dans ,la cour il partir du
thalamos. la zone des femmes.
(8) Alors que le sens originel de _chambre nuptiale. est prédominant, HUSSON, Oikia, p. 87-88, pense que dans
les papyrus le mot n'a pas Clé employé pour 10 chambre il coucher. Pour sa JHIrt, PESANDO, Oikos e Kluis, fait
juslement remarquer que, le langage homérique ne distinguant pas les différenles fonctions de la pièce, c'est l'introduc-
lion tardive, il l'époque classique, du mot 't'O'.fLU:Iov comme' magasin I>our les objels précieux _, (lui permettra éventuelle-
ment d'établir une différenciation. Pour l'emploi particulier du terme ":lfl\,rOV il Délos, voir notre rubrique, infra,
(9) D'aprés M. RRUNET, BCIl 111 (1987), p. 644-646, et r 12 (1988), p. 787-791 (fouille de la ferme_aux jambages
de granit.), et REG 102 (1989), p. Xll-Xlll.
(10) Culle', p. 185-186.

"
-152-

du temple syrien où trônaient les idoles, seuls les prêtres y avaient accès. En conséquence, Er.
Will estime que l'on peut nommer thalamos l'espèce de resserre surélevée qui se trouve au fond
de la chapelle des propylées du Sanctuaire syrien Il. On comparera un passage de Pline l'An-
cien, HN (VIII, 185), où les 66:ÀIXjJ.0~ sont des sortes de chapelles abritant le boeuf Apis, cepen-
dant que l'idee de sacré et de reculé se retrouve dans deux mots de la même famille, attestés à
Éphèse: 6Cl),6:jJ.lj,« Kultnische~, et 6Cl),ClflE(ç, qui a peut-être la même signification, si ce n'est pas
une .chambre mortuaire~12. De ce sens religieux, plus tardivement attesté que le premier, les
inscriptions de Délos nous oHrent deux exemples, dans l'édifice dit YClOÇ où 0 xo),00"06ç (145,1. 24;
c'est en fait la cella qui est désignée du nom de 66:ÀIXfloÇ 13), et dans le Pythion (199, A, 1. 80), où
le thalamos renferme un palmier)·.
Les emplois deliens du mot 66:ÀClfloÇ nc constituent donc pas une originalité par rapport
aux mentions rencontrées ailleurs, mais ils aident à préciser les sens de ce terme qui n'est pas
toujours distingué du banal olxoç.

8ÉUTPOV : lhédlre : 142,1. 27; 150, A, 1. 10; 158, A, 1. 78; 159,1. 30; 161, A, 1. 42,65,81-82; 162,
A,l. 53; 163, A, 1. 25~26; 199, A, 1. 39,51,99; 203, A, 1. 38,43,71,79,82,85,95, B, 1. 14; 204,
1. 51, 56,59; 205, Ba,!. 28; 287, A, 1. 46, 50, 92; 290, 1. 176, 179, 181, 184, 188; 291, b, 1. 14,
16, c, 1. 16, d, 1. 13; 505,1. 2; 680, 1. 12; 1052, 1. 19; 1070; 1498,1. 14 (proclamation d'une
couronne d'or f-Y "tw~ tv &a"tE~ Ocl"tpw~); 1506, 1. 8 (auditions données dans le théâtre)); 1507, J. 39
(séance de l'ekklèsia, comme dans 1497 bis, a, 1. 5; 1504,1. 52); 2628: en 108-107 av. J.-C.,
souscription pour l'édification du 6ÉIX"tpoy dans le Sanctuaire syrien.
É1n8ÉaTpov: partie supérieure de la cavea du théâtre: 287, A, 1. 94, 120 (250 av. J.-C.)
Si le mot théâtre a en français le sens bien précis d'«édifice où ont lieu des représentations
dramatiques-., avec une structure architecturale particulière, il n'en a pas toujours été ainsi du
grec 6ÉCl"tpOY. D'après l'étymologie (mème racine que 6E6:oflClt, negarde , avec le suffixe instru-
mental -"tPOY), le ew."tpOY n'est rien d'autre que le «moyen pour regarde , c'est-à-dire le lieu où
se rassemblent les spectateurs. L'apparition du mot se situe dans la seconde moitié du
v e siècle!. En eHet, dans Hérodote (VI, 21), c'est simplement le groupe ou la masse des specta-

(11) EtH) 35, p. 109 et p. 40 fig. 32.


(12) Respectiyement dans ln •. EphefQ$ 2, IK, nO 462, 1. 7, et ln•. Eph~'QS 4, nO 1024, 1. 7. La traduction
.chamb,.." mortuai,..". p-our iktMll",t<; est prop.osée dans Bull. i:p. 89. 688, Il partir d'une autre inscription d'Asie Mineu,.."
(ce n'est donc l,as un hal,ax, comme il eat dit).
(13) F. COURBY, BCll 45 (1921), p. 201. Mais d'accord avec Ph. BIIUN""'U, Cul/n, p. M. on ne peut en conclure
que le motllerait synonyme de cella, car il contient une nuance supplémentaire.
(14) Pour VallQia, ce détail devait permeU"'" d'identifier le Pythion avec le Néorion : voir G. Roux, /. 1:. note 7.
Ce n'eat pas ici le lieu de se pronQncer sur ce problème délien, maia on rappellera que Ch. LE Roy, dans E/. di:limlles,
BCf/ Suppl. 1 (1973), p. 277-279, voit dans le palmier du Pythion, nQn un arbre symbolique en mewl (proposition toute
naturelle de I)urrbach et Schulhof), mais un Ilaimier véritable inslallé, CQmme les statues de ce temple, SQUS le
lanterneau, dans un thalamos délimité par une barrière Il claire-yoie; l'hypothèse n'a rien d'irréaliste, si l'on songe au
laurier probablement vivant qui se trouvait dans le creux du Temple d'Apollon Il Delphes et ai11eul'l:l : voir Cil dernier
lieu G. Roux, • Euripide témoin de Dclpheso, flQmmayt8 Ftslu!1ièrt. Cohius d'QrÜnfu/i.m~ 10 (1984), p. 9-10.
(I) J'ai rassemblé ici les attestations de l}W:"po", mais il va de soi que le tbéâtre est souvent évoqué par une de ses
parties (t:fX'lVÏ), etc.), chacune étant étudiée séllarément dans ce lexique.
(2) PQur l'histQrique du nwt, l'article l}W:"po.. de la RE, par FF.NHERRU8CH, est bien documenté mais erroné en
plusielll'l:l points; il doit être CQlllplélé ct corrigé avec les remarques de F. KOl.Il, Agora und Thrulu. Volks- und
- 153- &t:11TpoV

teurs, mais le même auteur emploie le terme, dans VI, 67, au sens de «lieu de rassemblement •.
Il semble que ee soit dans Thucydide (VIII, 93) que O~'t"pov a pour la première fois le sens de
théâtre comme lieu dramatique, constitué d'une orchestra, d'un bâtiment de scène, et de
gradins: il est ici question du théâtre de Dionysos à Athènes. Alors que le .théâtre. a certaine~
ment pris naissance dans l'orchestra 3, ce sont finalement les gradins qui ont étè sentis comme le
lieu le plus important, au point que c'est leur désignation qui s'est élargie à l'ensemble de
l'édifice.
Lorsque le mot se lit dans les inscriptions déliennes, dès la fin du IVe siècle av. J .-C., il n'y
a donc pas si longtemps qu'il s'applique précisément il un édil1ce d'un lype canonique, avec une
fonction spécifique. Mais ce sont deux 6éoc't"pcr. qui sont mentionnés par l'épigraphie, et sont
efrectivement visibles aujourd'hui. Le premier, situé dans la partie Sud de la ville (et donc dit
~v &(I"'t"E~)" est un véritable .théâtre., de type normal; il est relativement bien conservé.
Construit en partie contre une colline, pour la plus grande part dans le courant du Ille siècle av.
J.-C., il posséde ce qu'on attend d'un théâtre de l'époque hellénistique: pour les spectateurs,
une cavea en forme de fer il cheval, soutenue par un mur de marbre il gros bossages 5 , et pour
les acteurs, des bâtiments de scène, ces deux zones étant séparées par une orchestra dont la
surface se rapproche d'un cercle complet. Les inscriptions donnent une idée de la lenteur des
travaux, sous la surveillance des «épimélètes du théâtre.; elles signalent les multiples livrai-
sons de pierres et nomment les difrérents éléments de ce théâtre, ainsi que les machines éven-
tuellement utilisées (U;wO"'t"pov).
5.000 à 5.500 spectateurs pouvaient prendre place sur des gradins de marbre, auxquels ils
accédaient par des escaliers délimitant les kerkides ou «séries de gradins.; il peu près à mi-
hauteur, au-delà d'une diodos ou« promenoir., l'arc de cercle de la cavea se rétrécit pour former
1'!mOka.'t"po\l. Bien que ce terme ne puisse reprcsenter que la partie qui est au-dessus ou au
sommet de la cavea e, le dictionnaire LSJ a préféré comprendre «building adjoining a theatre l,
mais le déroulement chronologique des travaux monlre bien que les gradins sont alors en cours
d'installation, le promenoir ayant été tracé, et l'epifhealron est la dernière étape de la construc-
tion, avec ses pierres de couronnement. L'adjudication: 200 pieds, à 4 drachmes ft oboles 3/4 le
pied, correspond approximativement à la longueur d'un gradin, les autres rangées avaient donc
déjà été mises en place, puisque peu après, dans 291, h, 1. 30~31, il est question de terminer les
«pieds (c'est-à~dire les travaux) du théâtre •.
L'examen de la cavea amène à dix-sept le nombre des gradins de l'epilheu/ran; Vallois a pu
constater 7 que dans cette zone, «selon la règle, les kerkides etaient dèdoublées par un escalier
supplémentaire., et qu'elle possédait, derrière un parapet, une entrée particulière. Mais la
majorité des spectateurs pénétrait dans les lieux par deux autres eisodoi, constituées par les
grandes portes érigées de part et d'autre de l'orchestra. Un caniveau, sans doute le 8l«PPOUÇ des
comptes, faisait le Lour de l'orchestra pour amener les eaux de ruissellement dans une grande
citerne. Quant à la skéné, c'était une construction rectangulaire entourée d'une colonnade;
ceHe de l'Est appartient au proskenion (pl. XXII),

Feslvasammlung (1981), p. 3sq. Voir aussi H. PETERSRN, .WÔrter 7.us8mmengesehl mit AMri., Gloffa 64 (1986).
p. 212: le Ota't"pov est avant tout ~in ZuschauefTaum •.
(3) Voir notre rubrique &p;ri) p.., in(m.
(4) = GD 114. La publication approfondie scra fait.e par J.-Ch. MoreUi. En attendant, \loir l'analyse de VUI.OIS.
Architeclure l, Il.2'20-238; dans la bibliographie, ajouter O. A. Du_"I':, AB5A 45 (1950), p. 56-59. H. Bul.u>, dans
Unlasuchungen an griechisthen Thea/an (1928), rassemble commodément la plupart des inscriptions relatives il la
construction du théâtre de Délos, mais !leS interprétations sont parfois fautives (ainsi p<Jur les kerkidu de ce théâtre, où
il voit des .piliers.).
(5) Y. BP.QUIGNON et J. RJ>PI.AT. nell 51 (1927), p. 401-422, ont noté la faiblesse de ce mur, où cla majorité des
blocs ne sont que du placage (. ..), ils n·ont pas su résister fi III Iloussee de l'énorme rembl1.i intérieuft.
(6) Cf. O. A. WILKE, AB5A 43 (1948), p. 130: .There is evidently means the scats ahove the dia1.Omao.
(7) Archileclure 1. p. 221.
- 154-

Le deuxième Otot't"pov de Délos est celui du sanctuaire de la déesse syrienne (2628); il a été
édil1é à la lin du Ile siècle av. J.-C. sur une terrasse au Sud-Est de l'agglomération 8. ~galement
appuyé sur une paroi rocheuse, il ne pouvait pas non plus se passer d'un mur de soutènement.
Avec douze gradins en gneiss, répartis en cinq kerkides, la capacité de la cavea n'est évaluée
qu'à 700-750 personnes. Mais aucun bâtiment de scène ne bordaitl'orehestra circulaire, car ce
théâtre n'avait pas une fonction culturelle: intimement lié à la vie du sanctuaire, il servait à
l'ostentation des images divines (pl. XXIV).
De son cOté, si le grand théâtre de Délos était principalement destiné il des représentations
théâlrales ou à diverses auditions culturelles (1506), il s'avère que ce n'était pas sa seule
fonction. On y faisait aussi des proclamations honorifiques (1498), et enfin, lorsque l'ekklésias--
tèrion n'était pas utilisé à cet effet, c'était un lieu bien commode pour les assemblées du
peuple: boù.Tjoiot l'v "tWt Om-:-p(a)~, lit-on dans trois décrets du Ile siècle av. J.-C.
Les deux exemples déliens, avec ou sans skéné, monlrent bien que le mot a toujours gardé
son sens originel, non spécialisé, qui met l'accent sur la notion de regard et de spectacle'. On
s'explique ainsi pourquoi, il eleusis l', est nommée 6éot."tpov la partie du stade où sont installés
les spectateurs, cependant qu'à Alhènes, comme li Délos ou dans d'autres citès encore, l'assem-
blée du peuple peut se retrouver au Ot:.X"tpov 11. Pour sa part, l'avant-cour du Temple de 8a'al-
shamln li Sil' est qualifiée pâr une inscription de TYTR', c'est-à-dire de Otat,pov Il. Et il est
permis de comparer au .théatront du Sanctuaire syrien de Délos l'édifice qui Ranque l'Asclé-
pieion de Messène, un • théâtre. également destiné à des cérémonies cultuelles: il est cette fois
appelé 3IELX"tiJP~OV, c'est-à-dire .Iieu de représenlationu Il.
Dans ces conditions, la traduction automatique par .théUret, qui implique en français
une activité culturelle précise, n'est pas vraiment satisfaisante. Il peut alors paraltre légitime,
lorsqu'une ville possède plusieurs 6U"tplX, de distinguer le véritable théâtre, pOur les représenta-
tions dramatiques, et le .théatron., à fonction avant tout politique ou cultuelle - sans cher-
cher li dissimuler le caractére tout à fait artificiel de celte distinction".

8EtAt:(OAlOV : fondations, tranchée de fonda/ion: 290, 1. 195,202 : en 246 av. J .-C., à l'Asclépieion,
nettoyage du 61:fJ-clÀw\l du péristyle; 500, B, 1. 10 : en 297 av. J .-C., dans le devis du Temple
d'Asclépios, bpÛ~l:t "toû OI:fJ-l:Àqou]"tG ~&.60e; 't"pI:Ze; 7t"681Jte;; 505, 1. 20: dans un devis pour les gradins
du théôtre, &:\lIJtKotOiiplJt~ 81: "tW\l È7t"t 't"o a"tl:pl:ov OI:!LI:À{w(v; 507 bis, 1. 8: vers 250 av. J.-C., dans un
devis relotif à l'Asclépieion, 't"oZe; Oe:p.(t:]~>..[to~]e; TOU fJ-~V 'iO't"{OIJ, l. Il : &:VIlK&.OlJtpaW To'i"e; Oe:!Le:À{o~e;.

(8) Er. WIl.!., EAD 35, p. 61-67.


(9) C'est un 'pu/O/lIrium, comme l'avait déjà compris L. OVER, .The Olympian lhealron., JHS '28 (1906),
p. 2'50-270, à partir d'un pa!Wlgt! conlrovel'!lé de Xénophon. L'élude de ce pa_ge, et de quelques aulres où le ee....i/O..
n'esl pu ce {lue nous appelions un .lhéàll'u, a élé reprise pllr F. KRll'll'.INGBR, .Oas 9EATPON von Olympia.,
Fo"'chun~n und Funde. Fe,bchrifl B. Neubch (1980), p. 247-260.
(10) Syllogt'. 970, 1.8 (354-353 a". J.-C.): -rll llta..p"" tÔ bd TOÜ at'dtou. On t'explique de la même maniére
l'expretlllioll atiaw'Y ~.ee..Ti/O" (lGR IV, 861. à Laodicée du Lycos: éj>O(lue impl!riale).
(II) Voir Lysias, XIII. 32, Athénée, V. 213 d, el plus généralemenl W. A. MCOON"AI.D, The polilical M«/ing,
Plac~ of Ihe 01'«1." (1943), p.60S({.
(12) J. STARCKY, Syria 26 (1949), p. 64.
(13) A. ORI.ANl)()!I. PraklArchF.1 1959. p. rn : le II()ffi apl)aralt dans une inscription d'époque romaine.
(1,1) Voir lllll rinexions de R. GIl.;oUVt!l. I~ Ihialron li gradin, droit, el f'lHIbm d'Argo,. EIPtJ 6 (1972), p. 6 et n. 2 :
en grec l'ornme en latin, le mol.théàlru peul désigner des lieux lrès différenl.ll.
- 155-

8EI.l.E(L)MlWL5: êtablissemenl des fondations: 199, A, 1. 88 : en 274 av. J.-C., -M)" 6e:/Lû,!wa{"
È:YÀ}.tUvn t"Ol) nouÀuô6:/Lcr.V'TOç; 365, 1. 28 : en 208 av. J .-C., adjudication de la 6e:fJ.e:r.À!wa~ç pour les
colonnes de la Salle hypostyle.
A moins d'être directement installée sur le sol ou sur le rocher, une construction commence
par le creusement des fondations, destinées à supporter l'édifice en renforçant le terrain; elles
seront ensuite enterrées. Le mot6e:fJ.tÀto" ou 6e:JJ.e:!À~O"I, qui appartient au même radical *dheH-
que t"W'lJfJ.t et implique la notion de stabilité, est e.mployé dans lout le monde grec, il. toutes
époques, pour désigner l'ensemble des «fondationslt, c'est-à-dire la tranchée et les matériaux
qui la remplissent; il est souvent attesté au pluriel, comme en français. Le dérivé 6e:fJ.e:À!wa~ç est
plus récent et netlement plus rare 2 •
D'après les textes déliens, les fondations font l'objet de soins particuliers, comme en
témoigne l'inscription 500, B, ou est spécifiée la profondeur sur laquelle devront être creusées
celles du Temple d'Asclépios, une amende sera infligée s'il s'avère que le chiffre demandè n'a
pas été respecté. Dans la pratique, cetle profondeur est fonction de la hauteur et de l'impor-
tance du bâtiment, ainsi que de la nature du lerrain 3. L'idéal, de toute façon, est d'arriver
jusqu'au rocher 4 ; et qui connait Délos sait qu'il est assez vite atteint. Avant tout, il faut que la
tranchée de fondation soit nettoyée, c'est~à-dire que toute la terre, la pierraille et les divers
déchets, qui pourraient être un obstacle il. la pose, soient enlevés: le verbe «vcr.xcr.61X(pw revient
plusieurs fois il. Délos et ailleurs 5 pour désigner cette étape capitale du déblaiement. Alors
seulement le sol, au fond, pourra être. affermit, c'est-à-dire damé, pour obtenir une base solide
(505, l. 14 et 20), sur laquelle seront empilées des pierres ou sera déversé un remplissage'.
En principe, les fondations ne dessinent pas, ou rarement, un massif sous loutl'édifice, on
se contente de les installer sous les piéces porteuses, murs et colonnes. C'est pourquoi les
inscriptions déliennes évoquent la Oe:fJ.e:(t)À(watç, l'. établissement des fondations t, bien payé,
sous les colonnades de l'Asclépieion el de la Salle hypostyle. Pour celte dernière, il faut
comprendre que l'on prévoit, sous chaque fùt, un pilier de fondation, système habituel lorsqu'il
s'agit de colonnades intérieures 1.
Mais nos textes ne nous renseignent jamais sur la nature des matériaux qui constituent les
fondations et sur 13 manière dont ils étaient utilisés. Il faut pour cela se reporter aux détails
donnés par les fouilles 6.

(1) Cf. la Souda: 6&1"0...., ll~..n'Ol.


(2) Voir ORLo\Noos-TRAVLOS, Luikon, ',1>. 6&l"o.<ov et 6c1""u..a'l;. A partir de l'époque impériale, les dédicaces
indiquent fréquemment qu'une conslruction a été payée Cl< 1l~"IIÀ!Wv, t depuis les fondationH, c'est-à-dire tout entière li
partir des fondations, qui sont souvent celles d'une construction antérieure.
(3) Pour le travail en terrain mou, voir MARTIN, Manu~I, p. 313-315. Le rôle capital des fondations, les l''égles
qu'elles impliquent, n'ont pas été saisies d'emblèe par les constructeul'6; on a remarqué que les fondations de certains
édifices archaiques étaient conçues d'une maniére empirique el naïve, par simple empilement de gros blocs dans un sol
glissant, d'oil de gravp.s arraissements: G. GRIJBEN, tFundamenlierungsprobleme der ersten archaischen Bauten.,
Balhron. M~long~s Drerup...., Saarbrücker Sludi~n zur Archaologi~ und ail~n G~schichl~ 3 (1988), p. 159-172.
(4) Philon de Byzance, Bel., 79, 2-3 : il faut tcreuser jusqu'au rocher, jusqu'à l'eau ou jusqu'à un certain niveau,
ct avoir, de façon sùre, affermi cet el1droitle mieux possible. (trad, Y. Garlan).
(5) Voir .upra, notre rubrique <l_ltOl611.!pw (avec un autre emploi du terme).
(6) C'est le rôle du 3l.«l0l"'YIt6, : voir la rubrique xiU<~, infra.
(7) Voir MAIlTIN, A1onud, p. 313 fig. 145, et plus g(:lléralement W. MÛLLER-WIENRIl, Griuhisch~s Bou~.en in
d~r Anlik~ (198S), p. 61-64.
(8) VAu.ors, Archileclure Il, l, p. 11-49 : la nature des rnateriaux depend de l'époque.
"JaaUp05, epâ.V05 -156-

ironc à offrandes: les inscriptions en mentionnent cinq il Délos, celui du sanctuaire d'Apollon,
celui de l'Asclépieion, de l'Aphrodision, de l'Artémision en l'île, et du Sara pie ion 1.
Ehjo"lxup6ç est un de ces mols trompeurs, polysémiques. Son étymologie a été disculée 1 .
Alors que le &r,0'llup6ç esl courammenl considéré comme un édifice et traduit par, tréson 3 , il n'a
jamais cetle valeur dans les inscriplions déliennes, où la notion de ,trésor-édifice. est rendue
par le mot otxoç. Les cinq ~O'llupol attestés il Délos, et ouverts une fois par an, ne sont rien
d'autre que des troncs il oHrandes, c'est·à-dire une base en marbre ressemblant il un aulel rond,
avec une cavité intêrieure protégée par un lourd couvercle, parfois orné d'un serpent dit 'flUM~,
le 'gardien,·. Toutes sortes d'objets doivent s'y insinuer, puisqu'on précise que l'un d'eux est
nettoyé (148, 1. 67).
Ce sens de .tronc., ou quelquefois fosse rectangulaire il offrandes, est d'ailleurs habituel
dans le cas de culles oraculaires et guérisseurs!>.

8pûvos, (,

assise de couronnement: 161, A, 1. 49-50 en 279 av. J.-C., on retaille le 6piivoç du Temple
d'Apollon, et l'on pose par-dessus une 1'~wlll.
E. Fabricius avail déjà remarque 1 que les écrivains emploient le mot Opiivoç a pour désigner
une barre, un banc, un tabouret ou un objet analogue, mais qu'en épigraphie architecturale il
s'applique il une poutre plus ou moins longue. L'exemple habituellement avancé est celui de
l'inscription relative aux Murs d'Athènes, où les 6piivo~ sont les longrines horizontales cn bois ou

(1) Pour un relevé complel, voir le lableau dressé par BRUNF.AU. Cul/es, p. 365-367. Il remarque que la fouille a
livré encore d'aulres lroRCll, que la seule documenlalion épigraphique n'aurailllas permis de cOllnaflre.
(2) F. MÜLLER, dans .Quid fueril graece lNj""... p6~f, Mnemosyne N. S. 1.111 (lm), p. 448-449, proposail comme
étymologie Iheke ou afXJfheke (= pour trassemblen, 'renfermert) el l'ur (= l'qua ), CM les Ihesauroi peuvenl servir à
recueillir le fruil de la venle de l'eau. Celle proposition a bien évidemmenl Hé refusée l'Dr P. Chanlraine.
(3) Voir CIiANTRAINE, Dictionnaire élymologique: ,dépôl, magasin où l'on enferme provisions el objels précieux,
lrésort, el G. Roux, dans Temples el sancilwires (1984), p. 158 :. Vraisemblablemenl issu de la même racine que ,.œ..fL',
il exprime la fonelion prillcipale du lrésor comme Ull dépôl d'offnlllde (...). Il esl allesté en ce sens dans la dédicace du
lrésor de Cnide, dans Hérodole, Xénophon •. On pourrail ajouler ~Iésychius: &ljO'a.up6.;· ck; Œya.ï.fLih",v xa.IIP'1...a."",v i)
l.cpwv 1i'll;6!lco-<v otl<O~. Mais dans le vocahulaire pap)'rologique, le !hj"llup6~ esl plus precisémenl Ull 'grenien, souvenl
voûté (1-lussoN, Oikia, p. 91-93).
(4) Reproduclion dans D'RONNA, EAD 18, p. 368, el ROUSSRI., Cultes igypliem, 1). 89. Voir par exemple 1417, A
Il,1. 1'11·142: lllû;'llxll i'll;'6[IAW«ï.où ':"?lv l-I\"<lI,clp.r-.ov b:l wù !hjaa.upnij h 'l"W\ !4pa.mcl",~, dia varianle de 1'117, B l, 1. 93:
QlAlllt:Ù6v XIl! lllvï.a.xll 'll;cpl a.liff>v, ou encore 1426, B 11, 1. 45: lllv;'llxll It:ÙXOV. ['II;}<P~'1PY"P"'fl.hov. ROUSSEl., o. c., p. 88, a
juslemenl écarlé le sens parfois ProllOsé de. peUle grille basset pour lllv~, alors que LSJ lraduil par .chain, keeperf.
(5) Pour ~pidaure, voir R. MAI\T1N, BCIl 70 (1946), p. 36~-368, Roux, Arch. A r(Jo/ide, p. 118-119, elllour la Lex
Sacra de l'Asclépieion de Pergame, voir Bull. ép. 71, 555 (ail. Opferslock). K. TUCIlRI.T, dans Vorarbeilen zu einer
Topographie POil IJidyma, Is/Mill Beihefl9 (1973), a étudié le sens de !hlallup6~ li ProllOS d'une inscriplion du 11< siécle av.
J.-C., selon laquelle un <lronc il offrandes. esl dédié li l'AllOllon de Didymes (p. 40-'12, avec large hibliographie). En
dernier lieu, \'oir G. KAMINSIO .• Thesl.uroS., .I/JAI 106 (L99I), p. 63-181.
(1) Ilermes 17 (1882), p. 593.
(2) Qui apparaît peul-Hre déjà dans le mycénien la-ra-m, d'lIllrès la suggeslion de Y. flflRTIiL, Recherches sur le
vowbulaire descriptif de la colonne en grec ancien (mémoire de m"itrise dllcl)·I.. Paris IV, 1984), p. 43-44.
- 157- eupa, eupaios

chaînages qui assurent, il. intervalles réguliers, la cohésion des briques composant le mura, ou
encore le devis de l'Arsenal du Pirée, aux termes duquel les 6pCivo~ doivent être les poutres en
haut des murs, ou .tasseaux., qui supportent la charpente(. On pourrait ajouter le 7t"OlxD.or;
OpCi~or; peint sur les murs de la maison de Diotimos, en Égypte', et qu'il faut imaginer comme
une .bande. figurant une poutre située sous un xU!La."t"to~ et au-dessus du 6wpoX)a:~0~. De son côté,
Hésychius pose la définition du diminutif OpoX~(ov ' -ro ll7t"O "t"o~r; 'fIoX"t"./fuILoXO"L O"oXvL8wILoX, .Ies planches
sous les caissons •.
Ces exemples aident il. comprendre ce que représente le 6pCi~or; du Temple d'Apollon il.
Délos. Celui-ci est en pierre, comme l'indique la spécialité de l'artisan qui le retaille, Nikon, un
marbrier. Néanmoins, la tainia qui le surmonte est en bois d'orme, elle est posée par Deinokra-
tès, un charpentier '. En conséquence, F, Courby voit dans le OpCivor; l'. assise de couronnements
des murs de la cella, sur laquelle s'appuie, comme sur un banc ou une barre, un bandeau
continu posé sous le bord des caissons 7.

8upa., ,,; 8upu\os, -u, -av


(à.8upos, -av; a.8upwTos, -av; 8up~ov, Ta; 8upéK.l; tO'xÉ9upov, Ta; l''UKE).).WTaS, ..", -av; 1fpo11Vi!-
l''L8Es; lI'TÉfHoJO'~S, iJ)

8uput : - porte (= l'ensemble de la porte), van lait ou battant, baie;


- conlre-vent : dans l'expression OUpoXt lI'poTJVEI"L8Es, 165, 1. 4, 13; dans des inventaires, pour
protéger une image: 1426, A l, 1. 16 : Oupox~ (J.Îoxv OUX ÉXOV"t"IX,
8up~oy: petile porle: 154, A, 1. 26 (296 av. J.-C.),
à.9upos: démuni de porle : 287, A, 1. 147 et suiv, : en 250 av ..L-C., dans la description des
bâtiments des domaines, Le contraire est alors le participe passé u6upw(J.t~Or;, muni d'une porle,
a.9upwTos: - démuni de porte: 1416, BI, 1. 19: dans un état de locations, Otx~(J.oX't"oX... à6Upw't"l1;
- sans votel: pour une peinture, par ex. dans l'inventaire 1403, Bb l, 1. 93, Bb II, 1. 31.
9upuws : pourvu d'une porte: 165, 1. 6, 20 : t"o~ OuplXiov "t"oîxo~,
&upé.w: meUre une porle : 287, A, J. 146 et suiv., au participe passé, pour les bâtiments des
domaines (également "t"tOUpw(J.&VOr; dans 351, l. 12, 16, 19,21; 356 bis, B, 1. 26,35,37); 1416, B l,
1. 19: au milieu du Ile siècle av. J.-C., dans un élat de locations, ct otx~(J.oX"toX ll'lt"a.pxouow àOupw"t1X
[O]uPfucr[ouow],8 Il, 1. 45: pour une maison en ruines, È'fI' Wl OUPfuO"tL; 1426, B Il, 1. 20: dans
l'inventaire de l'Aphrodision, [o'lXOt] È~ "t(;'n ltpwt nOupw(J.éVOl XtplX(J.w"toL

(3) IG Il', 463, 1. 51. Cf. la definition de Pollux, X, 49 : epiyo~ . 't"& (,JI.« 't"& KI:tUV.I!O"'"1:t 'f"J~~ 'Il",...&EYO\I~ 'f"J!;(oo,;c;, .Ie~
poutre~ qui tiennent ferme~ les mul'!l en briques.,
(4) IG Ill, 1668, 1. 81. Voir au~~i 1672, 1. 208 (Eleusis) : 1~","«; K<l.l 6pii..", bd 'tG 'Ilp66upov 'toù ".,,,,xopto....
(5) P. Coiro Zen. 59445, 1. 5,
(6) 161, Il, 1. 56. 70: 161. A, 1. 'J6 el l'lI.
(7) EIIf) l'l, p. 75 n. 1. C<:lUe assise esl décrite p. 67, elle esl faite de carreaux el de parpaingll du modèle
ordinaire,
(1) L'extrême fré\luence du mol .. Délos, d'une lllllnière le plus souvent rêpélilive, fail que je n'en reproduis pas
ici toutes les ment,ions, et préfère recoorir d'emblée il une s~·n1.llèse,
8Upo, 8vpow," -158-

taxi8vpov: cadre, châssis (de porte ou de fenêlre) : 165,1. 9-12: en 276 av. J.-C., dans le Porinos
naos, faire la porte ltIXt rljlJ. l't.x(p]o&y ltIXt Tt! !<JX.tOupo... ltIXl rlj... )I.À(lJ.Œx« (...) y6Wpouç XlXÀXoûç dl; TO
t<JX.tOupo... (...) x«l Iillouç y6IJ.lflOuÇ iM.'t'Toue; Ir: cL:; Tt! loxiOupo... TO bd TW'" OupE3w..., 1. 59 : r:o).o... 8pûi'lO'"
cL:; TO taxi[Oupo...].
.,.a.Kù..AwTO~: grillagê : 442, B, J. 238: en 179 av. J.-C., paiement des 6ûp«ç P.«x.tÀÀWTŒÇ.
1J'TifHoNJl~ : doublure de panneau, panneau (?): 165, 1. 15 : x[6}fŒvn cL:; [TUVe; 1] y~y).ÛJ10uç flJ"
'l't"l'{ip ?]w~m TW'" Oupw... oô ni [br'T«] liYoiÀV.<lTll.
Avec ses dérivés, le mot BOpa: est l'un de ceux qui apparaissent le plus couramment dans les
inscriptions déliennes l . PlusÎeurs opérations peuvent être pratiquées sur les BOpa:~, qu'elles
appartiennent à des bàtiments civils ou religieux, ou encore à des domaines.

Caractères de la fJUpa.

Un artisan peut ètre payé pour .faire. les portes, 'IfO~~Ga.~ (dans le Pythion, 199, C, 1. 15),
les tposert ou les .reposert .après réparalion, bnOti'lCl~ (165, 1. 20). Ces portes sont souvent
entièrement en bois, cadre et battants, à moins qu'elles ne soient faites comme celles des
temples, qui ont un cadre en pierre quelquefois muni d'un fCoffrage. de bois, xov.6aTct6IJ.o".
L'essence de ce bois est rarement indiquée par les comptes (290,1. 164; 440, A, 1. 88: bois de
chêne pour les linteaux), une exception remarquable étant constituée par le porlail du Grand
temple d'Apollon, en marqueterie de bois précieux. Les battants sont composés de .planches.,
GI.l"E3tl; (165,1. 59) : celles-ci étaient, comme on peut le voir sur des représentations peintes, sur
des portes antiques en marbre, ou aujourd'hui encore sur d'anciennes maisons, réunies verti-
calement et maintenues par des traverses clouées dans le sens horizontal 1. A Délos, le .cadret
ou tchàssiSt de la porte se dit 6ûpnpo..., mais le terme peut aussi s'appliquer à l'embrasure, une
ambivalence qui n'existe pas pour taxiOupo..., d'après la formalion de ce mot qui est spécifique
des comptes des hiéropes, et peut concerner une fenêtre (165,1. 12) aussi bien qu'une porte.
Exceptionnellement, le mot 7tTipwau;, dont le sens habituel est. plumage., t aile t, désigne peut-
être, dans 165, 1. 15, un .panneau de portet ou plutôt une .doublure de panneau t, dont la
découpe par un artisan a coûté fort cher. L'achat de planches (ou plus généralement de bois,
r:ô).o:) peul aussi être motivé par une réparation; c'est d'ailleurs avant tout par le paiement.à
celui qui a réparé. qu'il est si souvent question de portes dans les inscriptions déliennes.
En dehors de ces perpétuelles réparations, l'entretien du bois des portes, rendu nécessaire
par la rigueur du climat délien, est assuré par une â.).o~'fI~ régulière ou. badigeon de poixt (204,
1. 57; 219, A, l. 44)'; parfois est utilisée la peinture à l'encaustique, plus onéreuse (290, 1. 145-
146; 2085-2086), Pour l'application de la poix, les hiéropes distinguent souvent la 6ûpa. et
l'ôl'ttpT6"'Il~o", le premier terme doit donc être compris plus précisément comme le • vantail t (158,
A,1. 78), à côlé du linteau. Ailleurs c'est la présence, dans la même phrase, d'un 6ûpwp.« ou d'un
OOptTPO"', qui permet de donner à %pllt le sens de vantaux, plutôt que de porte à double battant

(2) Pou, une étude d'ensemble, H. KLRNK, Oie onlike Tür (Diu. Gi_n. 1924), est. insurlisant.. Il doit. être
complété, pour la rorme des portell. par A. ROSINC-KoUE. 1 FrOhe griechillChe TOren l, JOA 1 93 (1978). p. 66-174, et
pour le CilS particulier du cMssis en bois des portes doriques, ptlr Il. BOSINC. 1 Dorische TOrrahmenl, &lhron.
Milangtf Orerup.,. ooorbrüeker Siudien :ur Archooiogie und allen !k.ehiehle 3 (1988), p. 107-114.
(3) En principe il ya trois traverses, une en haut et en I»s. et une troisiéme' mi-hauteur ou le plus !lOuvent un
peu plu. haut. Ce !lOnt les pikes dites ~"Y"" dans l"ipigTtlphie attique. qui oonnalt aUNi des .rmtvy<l (trn'enlCll de
renforcement en diagonale!): voir MAIRR. MauerilauinlCllri(ien Il, p. 91. Le climat de Doura-Europo!l a penni. la
conservation de quelques-uns de ce!! vantaux antiques (E.zœlHllion. allJura·F.ufOptn, Reporl6, pl. XXIX).
(4) Ln portes de la skéné du thélilre sont d'abord .,acl~l. (;;"~I (1.12. l. 46), uns doute pour preparer une
nouvelle couche de peinture ou plutôt de poix (I9'J. A. 1.37),
-159- 9Upa, 6upeÜo"

('287, A, 1. 78 et 100). Mais dans la majorité des cas, alors que le singulier Oûpll peut désigner
toute porte, même si elle est à deux battants (par ex., dans '287, A, 1. 74 et 79, rljv 6upIXv 'toti
'Arppo8uJLOU est bien une porte à deux baLLants, dite 6UpllC; dans 199, A, 1. 45-46), il n'est pas
possible de décider si le pluriel Oûpll~ se réfère à l'ensemble de la porte ou seulement aux deux
vantaux: pourquoi, en fait, le grec ancien serait-il moins ambigu dans cet emploi que la langue
française, où le terme +:porte~ peut recouvrir le seul vantail? En dernier lieu, le grec 6UPll,
comme le français • porte., peut se rapporter à l'.ouverture., la .baie.: en 159, A, 1. 51, celle
du prodomos du Temple d'Apollon est fermée par une barrière provisoire, et en 199, A, 1. 113,
celle du paidagogeion de la palestre est murée, comme l'avaient été certaines • petites porte".,
OUP" (154, A, 1. 26).

Les détails des fermetures.


Dans les inventaires de la seconde domimllion athénienne, il est régulièrement fait men-
tion des garnitures en métal des portes des temples, appliques et poignées plus ou moins
ouvragées, clous, en principe rlxés sur les traverses : &0"l'n8Laxll~, mLO"Itlla-rpll, hn6up~1l, ~Ào~,
XErpllÀll{5, Mais déjà auparavant, les portes apparaissaient par l'intermédiaire de leurs diverses
ferrures et gonds, iXyxuÀoI:I, yivE~IX, ylnÀu(J.o~, XllpX{VQ~ (?), <JXll(JTIlP(ll~, xo~v~x(ôtC; (165, l. II et 12;
372, A, 1. Ill), ou de leurs clés et verrous, XÂt{c;, ~llÀIXV&.YPIX, (J.OXMC;, XtÀwv~o" (199, A, 1. 111; 338,
Au, 1. 46). On précise alors si ces éléments se placent sur les • portes extérieures., ll;w 6Upll~, ou
+:intérieureS.t, fv80v OUpll~ (portes de la cella), comme au Létoon, à l'Aphrodision, ou au sanc-
tuaire d'Agathé Tyché, En raison de sa complexité, la porte principale du Temple d'Apollon a
même nécessité un • modèle l, 'lt"llp&.8t~YfUL 6upiilv, qui est inventorié en 269 dans l'Oikos des
Andriens (203, B, 1. 96), bien avant que ne soit entreprise pour de bon la construction des
vantaux et des chambranles, en bois de cèdre, orme, buis, cyprès (287, B, 1. 146 et suiv,), Le
cèdre a dO être affecté aux vantaux, comme dans un compte d'Éleusis 8 , le buis, le cyprès, ainsi
que l'ivoire, étant destinés comme aujourd'hui â la marqueterie, Quant aux porles extérieures
du Temple d'Apollon, c'est-à-dire celles du prodomos el de l'opislhodome, elles sont dénom-
mées .contre-venll, 6upou 'lt"P071VE(J.[8&Ç (165, 1. 4, 13) : ce sont donc de vèritables volets, ornés
d'une moulure en bois de tilleul et au-dessus de «croisillons., I)LX'nIIX? Ce n'est d'ailleurs pas
lant du vent qu'elles devaient protéger que des convoitises: la grande porte en bois rare, avec
ses appliques en mélal tout aussi précieux, élail en soi une oeuvre d'art qu'il valait mieux ne
pas laisser admirer de trop prés. Comme OUpLC;, 6Upll peut donc avoir le sens de • volet. s, el il
n'est pas étonnant que l'adject.if iX6upw'toc; signirle à Délos, tantôt .sans porte" tantôl hans
voleh, dans les listes d'ex~voto peints. Mais en dehors de cet exemple et de celui des eUpll~
(J.lllUÀÀW-rll(, simple .grille à deux baltants. (442, B, 1. 238)', les inscriplions déliennes ne nous

(5) Voir V.U. ..L01S, Archifulurc Il, 2, p. 452-456, et IIOS rubriques corres()Ondantes.
(6) /G Ill, 1672, J. 146: TO'.~ &upc<IÇ TII:iç lU3p(""'lç TlIïç TOÙ lhiallupoù, .pour les portes en cèdre du trésor •.
(7) On peut rllpprocher la rormule fM.p1ll TlPO"l)"&... l3~ de l'expression Tlp(1)"'..... ç W\XOi;, le .mur race au vent., dllns
Didyma JI, nO 25, A, l. 19 et 22.
(8) On comparera une inscription de Tinos qui évoque les • volets sur les fenètreu, 't'à.ç lMpOlÇ 't'à.ç bd ..;;'v llupl3w[v
(lG Xll 5, 872, 1. 37). Le sens de .vanne. est plus rare, par exemple dans l'adjectir ~~llupoç, cà six vallneSt, Ilpplique
daM plusieurs papyrus Il UII canal.
(9) Le sem de cet hapax ne fait pas de doute: il est dèrive du substantif .,.6.l<ÙJIQ< ou .,.ŒlUllov, la .grille. ou
.barrière Il pannellux ajourés., qui, dllTlsle Temple d'€!lidaure, isolait des ndèlesla statue chryséléphantine d'Asclé-
pios (lG IV', l, un, B l, l. 107, m, 298, 301). Pour une étude prédse du gree ~lU»oV, qui s donné directement le
latin mau//um, .mllrché., voir Cl. DE RUYT, Maullum (1983), p. 225-235; l'auteur signnle que d'apres Varron, Ung.
J.A/. V, 146, l'adjectif .... lUll<.>.. ok aurait servi, chez les Ioniens, Il désigner des portes de jardin: J(IIIt. o.fia horlorum
....lU»WTIi<; horlorum {vocanf]. Sous l'innuence romaine, le mot .,.6.K'»OV disparut peu à peu ell grec dans son sens de
telôture., et fut remplacé par la transcription du latin canet/lu. : d'où les uyxùJ.wTlIi &uPC<' d'Hésychius, qui SOllt alon
l'équivalent tardir de noa .... ullW't'<l.i llUp.".
8upa, 8upai:os -160-
renseignent guère sur des formes particulières de portes ou de fermetures des baies, comme le
font certains textes attiques et les papyrus 10. Le mot 1t"lXpIXTU"l'IXO'fJ.IX, qui désigne la fermeture
légère d'une baie par un rideau, n'est attesté il Délos que pour un pinea, mais l'utilisation de ce
genre de tenture a èté supposée il bon droit sur les cadres de certaines portes du Quartier du
Théâtre Il.

La porte comme meuble.

L'importance des portes dans les inscriptions déliennes, les soins spéciaux dont elles sont
l'objet, tout cela s'explique en grande partie par la pènurie de bois, en vertu de laquelle elles
sont considérées comme des biens mobiliers et non immobiliers 12. La construction d'un bâti-
ment n'implique donc pas qu'il soit fourni avec ses portes. Les marchands d'huile font fière-
ment remarquer, en 95 av. J.-C., qu'ils ont offert un temple et ses portes (dédicace 1714),
formule assez fréquente. Pour la même raison, lorsque des ballants sont enlevés et provisoire-
ment inutilisés, ils sont entreposés et font partie de l'inventaire d'un édifice-dépôt (1409, Ba Il,
1. 45; 1417, A 1,1. 73), les administrateurs tenant parfois il déclarer que ces OUpIXt 'ltc:r.Àc:r.v,d sont
«en bon éLat .., VytE!'; (1425, 1,1. 3). Le fait que les portes soient considérées comme des meubles,
au même titre qu'un coffre ou qu'un lit, justifie les prescriptions qui sont faites aux locataires
des «maisons sacrées .. (1416, BI, 1. 17-19): selon qu'elles sont louées avec ou sans porte, il
convient de réparer les ballants en mauvais éLat ou de «mettre une porte., Ovpow, lorsqu'il
n'yen a pas la. Enfin, dans la liste des domaines, les hiéropes signalent presque toujours si la
pièce ou le bâtiment est fourni «avec porte., n6vpwfJ.Évo,:;, ou «sans porte., «6vpo.:; (287, A,
1. 146sq.)14 : on constate que si les lhafarnoi, par exemple, sont indifféremment fournis avec ou
sans porte, le kleision est généralement loué muni d'une porte, au contraire du «paillen,
&'XUP6.lV; peut-être faut-il y voir l'indice de l'importance de cette salle commune, où les habi-
tants passent une bonne partie de leur temps. En revanche, on ne peut exclure que le pailler
n'ait jamais eu de porte, celle-ci n'étant pas nécessaire.
Seule la 6ôpIX c:r.ÔÀt!.1X fait automatiquement partie de chaque domaine, c'est même en prin-
cipe par elle que commence la description u. Kent a fait remarquer que la dirrérence était
grande entre la OUplX c:r.üÀtto.:; aLlestée dans la littérature grecque 1', «porte d'entrée .. de la maison,
ouvrant sur la cour centrale, et la OÔplX lXôÀdlX de Délos, qui est une véritable «porte de cou n,

(10) C'est dans les stèles de confiscation étudiées par W. K. P"lTCIIETT, .The Attic Slelaio, H~sp~rio 25 (1956),
p. 233-240, ou dans les papyrus (HUSSON, Oikio, p. 98-104), que l'on découvre la richellSe du vocabulaire grec anciell
pour distinguer les différenles sorles de porles : par ex., :rr,"poa.o~ 6Up'"' 'porte sur la ruet, :rrM"," llUp'", • porle latèrale 0,
l.éT",,,M>~ llUp,",' porle de la maisoll donllant sur la cour intérieure 0, l<p1J1'l't"Ïi llUp«,' porle 8ecrèle 0, Wp," of-tJ30a(~,. porte
peinle de manière il donner l'illusion de deux batt.llnts., llUp," a\bp~(M"o~, _porte il vantail couph (la partie supérieure
pouvant s'ouvrir !!éparément, comme \l'le fenêtre), 6ûp"'~ G'Iffllpo~3.~, .volets il coulisseS' (? pour les baies des hou-
tiques). Cerl.aÎns de ce8 lerme8 se retrouvent dans Pollux, Onomas/iron.
(Il) CHAMONAIlO, EAD VIII, 2, p. 268 : seuils sans traces de fermeture. Voir notre rubrique 1'l'"P,":rrt-rotafUl, infra.
(12) La remar(lue est valable pour loule la Gréee (et l'Égyple : HUSSON, Oikia, p. 96-97); cf. PRlTCHETT, H~sp~­
ria '25 (1956), p. 233 sq. : .In the Attic Slelai doors are lisled among the items of rurniture (...) The doors and roor tiling
did not belong permanently w the real eslate •. KENT, T~mples Eslal~s. p. 293-295, signale qu'aujourd'hui encore la
municipalité de Mykonos loue les fermes de Rhénée 8ans portes.
(13) CIIAMONARIl, EA D VIII, 1, p. 72, explique aussi la présence de baies murées, dans un Quartier aballdonné de
Délos, par le fait Que les porles, détachables, avaient été enlevées. Par la suile, les fouilleurs ont eu l'occasion de
signaler d'autres baies murées de la même façon (BCH 92 [H168], p. 681).
(14) 'A6upo~ parait spécifique de l'Indépendance détienne, la seconde domination athénienne préfêre &6ûpWTG<;,
dérivé du verbe il l'aide du suffixe -m, très productif. En littérature on remaNJue surlout &6upG<;.
(15) Voir la rubri(lue ",ôÀ-i), s"pra.
(16) KIlNT, Temples Eslales, p. 294 Il. 183, cile par ex. Plalon, Smp. 212 c, et Lysias, l, 17.
- lGI - 6upllTpov

ouverte dans un enclos. Les fouilleurs de la grande ferme de Vari restitucnt effectivement à
cette place une solide porte à double battant 17 •

Les données des fouilles.


Les indications épigraphiques viennent. donc compléter ce que nous apprennent les fouilles. Les
habitations déliennes ont conservé nombre de seuils et même de montants, qui nous renseignent bien sur
la forme des portes et les matériaux utilisés IS. Les encadrements des portes d'entrée des maisons sont en
principe en pierre, donc plus riches que ceux des baies interieures, qui se contentent souvent d'un mince
cadre en bois, ou d'une simple couche de stuc sur les abouts des pierres du mur. Les jambages de pierre
montrent une sensible inclinaison vers l'int.érieur, pour la valeur de laquelle il n'existe pas de règle
(pl. VUI, 26). D'après les traces visibles sur les seuils (feuillure, trous de gâches), les portes d'habitat.ion
s'ouvrent, de manière fa ne pas gêner la circulation, vers l'intérieur, comme celles des monuments puhlics
ou des dépôts, ces dernières devant néanmoins être fermées de l'extérieur. Elles sont d'ordinaire fa deux
vant.aux, quelle que soit. la largeur de la baie, qui peut. varier, à Délos, de 95 à 170 cm, les ouvert.ures des
boutiques ét.ant. les plus grandes; pour êt.re dét.achables sans difficultés, ces vant.aux en bois sont. habi-
tuellement. fixés en haut. et en bas par le syst.ème du t.ourillon tournant. dans une crapaudine l'. Dans leur
structure, les portes déliennes n'ont rien d'original; les mêmes constat.at.ions ont pu être faites sur
d'autres sites grecs, comme Olynthe lO .

8upnpov, 1'0

- baie, embrasure: 199, A, J. 49 : en 274 av. J.-C., lors des Nyktophylaxia, ['TO 6UPE}1'pov est
ouvcrt dans un mur et refermé après la fête (restitution de VALLOIS, Architecture l, p. 80 n. 4);
338, Ab, l. 90; 372, A, l. 94; 442, A, 1. 193;
- châssis, cadre (tout ou partie) : 161, A,!. 66-67 (en 279 av. J.-C., aux Propylées); 165,1. 62;
199, A, 1. 76, B, 1. 72; 287, A, 1. 77, 1. 100 (pour la Graphé), 1. 116, B, 1. 143 (pour le Temple
d'Apollon); 200, 1. 216; 428, 1. 7 (même expression, 427,1. 15; 439, a, 1. 84-85; 396, A, 1. 51;
442, B, 1. 228) : au début du Ile siècle av. J.-C., dans des invcntaires, phiales accrochées ÔTl:t:p 'TG
MpE"Tpo'l.
- porie d'enirée (poétique) : 1299,1. 57.
Pour Hésychius, MpE'TplX est simplement l'équivalent de MpIXL. Pourtant, Mprx est s3ns
conteste d'un emploi bC3UCOUP plus fréquent que son dérivé 1 Oupt'TPOV, d'autre p3rt il ne s'ap-
plique pas, semble-t~il, à la porte prise dans son ensemble, m3is à la structure qui contient les
vantaux, c'est-à-dire, selon le cas, à la ,baie., mais plus souvent encore au «cadre. de la porte
Uambages et linteau).
Pour le premier sens, .baie. ou tembrasure., l'épigraphie de Délos et celle d'Épidaure
fournissent quelques exemples très clairs. A Délos, il est plusieurs fois question de ces ouver-

(17) J. E. JONES, A. J. GRAHAM, L. H. SACK!':", .AR Attic Country House below the Cave or Pan at Vllri.,
ABSA 68 (1973), p. 355-452.
(18) VoirCIiAMONAflO, EAD VIII, 2, p. 261sq., et. Ch. LUNAS, • Inter duas jaRuas... ,, tl. diIienneB, BCII Suppl.
1 (1973). p. 291-328.
(19) Tandis que le système des charnières, attesté pour certains temples, ne permettait pas de détacher le vantail.
(20) Synthèse dans HOEPFNEn-SCHwAN"'l<H~Il. HauB und Siadi im klauischen Griuhenland, p. 65-66 (Olynthe),
117 (Call8opê), 260-261.
(1) Voir CIIANTRA'NE, JAl {ormalion des nomB en gru ancien, p. 332 : le 8urllxe -'tpov Il fourni dC1J termes !.ech-
niques, dont. IlUpnpov, mais la dérivation il partir de 1lUp« n'est pas claire.
-162-

t.ures failes dans un mur lors de la fête des yklophylaxia l, et qui sont ensuite murées:
3~llvn TO 6ûpnpo" xo:t ooLXo&fl"ÎjaOlvn (372, A, l. 94). A propos du Temple d'Asclépios, les
comptes d'Ëpidaure distinguent le 6ôpwfLll, expression qui s'applique il la grande porte propre-
ment dite, faite d'un cadre fixe et de vantaux, du OUpnpov, .l'embrasure. de cette porte'.
Le sens de ,cadre. ou .châssiu, en fait très voisin du premier, est probablement le plus
courant. Une inscription de Mytilène, relative à la construction d'un portique', explique bien
que les porles [c'est-à-dire, ici, les vantaux] ont été ajustées dans les cadres, WplX~" &.p!J.o~o(all~t;
't'OLe; Ouphpo~al. A Délos, certaines expressions sont aussi sans équivoque: un paiement est
effectué 'à celui qui a enlevé le châssis et posé les portes" 1'0 WptTpOV x«Ot),ov-rt xlXl %plXe; bn6!v-r1
(287, A, 1. 100), et des châssis de fenêtre en marbre sont commandés pour le péristyle de
l'Asclépieion (290, 1. 216). Pour le Pylhion, des menuisiers fournissent deux Wpt:'pIX (199, A,
1. 76). Quant aux phiales qui sont parfois exposées au-dessus des portes, c'est en réalité au-
dessus du cadre qu'elles sont suspendues, si l'on veut être précis. Dans certains cas, il semble
que 6ûpE't'pov s'applique, non pas il lout le cadre, mais à une de ses parties: les BUpE't'pIX qui sont
placés contre un pilier des Propylées, que l'on relève, doivent être des jambages (161, A,
1. 66-67), et. F. Gourby a même pensé que l'expression rljv bllpa~" 'mÜ &upnpou (287, A, 1. 116, et
B, l. 153) devait se traduire par le ,soulèvement du linteau., plutôt que le .soulèvement du
châssis. l .

'Up~&u~; 'upllhov : voir 'Upl~

'UPLOV : voir ,upa.

tupi., ~

(Sl'Upo~. -ov; 8upt.8f:u5. 0; 8ufX&ov, TG; Tr<lpG8ufX5. 1)

8upi~1 : - fenêtre (l'ensemble, ou le seul châssis) : 154, A, l. 48 : en 296 av. J.-C.,!c-n)" d<; rljv
Oup(3a, 1'OÜ bt' rO]pTVrtor.~ o(xou 7tot"ÎjalXv-r~; 165, l. 10-11, 12; 219, A, 1. 45; 354, 1. 68 : en 218 av.
J .-C., pOUf l' Inopos, 't'&.ç OUplXe; xlll 1'&.e; OUp(3llt;;
- pelile porte: 161, D, 1. 101 : pour les Propylées;
- niche: 1412, A 1,1. 19; 1416, A l, l. 88; 1417, A l, l. 137-138, B l, 1. 95: dans les inven-
taires du milieu du lit siècle av. J.-C., ev Oup(8~; 1443, B Il, 1. 52: Ou{p(}31Xt:; ht {'m(lM].
8upa&us: élément de chdssis de fenitre: 290, 1. 212: en 246 av. J.-C., pour le péristyle de
l'Asclépieion, 6upt.3ct<; M:u[x}oü ),(60u ck 6up(M.:; 7tr:vT"ÎlXOVT'(l. 3(60, )((le' ht«Gnl" O]upt3ct ltivn.
8upl8t.oy : petite fenêtre: 290, 1. 166 : dans un mUf du Temple de Déméter, w. lmip "l'li: 0up[E3l.ll '1
,x7t01mtTWl(OT-ll n

(2) BRUNEAU, Cul/a, p. 291 : ceLle fêle cél~bre le culle de Déméler et Coré.
(3) TG IV" 1, 102, 1.30: tib{30(] TÔ llvpéTl>O; voir Roux, Arch. Argolide, p. 126.
(4) TG XII 2, 14, 1. 7-8.
(!)) BCII 45 (1921), p. 197 : cetle supposition ne me paraIt toutefois pas nécessaire. De la même façon. dans un
décret hellénistique de Clara, 1 (1989). p. 93. L. et J. HORI\RT traduisent ",k 6Vpnp« par .Ies chamlmmle80: construilB
pour la grosse somme d'un talent, ces I)l,l'npo: ne doivent-ils pu plulOt rep~senler le clldre complet?
(1) Comme pour le mot Mfwa, je n'ai pas jugé nécessaire de reporter ici toutes les attestations.
- 163- 8up(ç

1TQpQeupi:~ : fenêtre de côté (de part et d'autre d'une porte) 163, A, 1. 4; 165,1. 14: en 276 av.
J .~C., 't".xç n«pa.6up18«c:; 't".xc:; iv 't"Wt TI u6tM; 354, 1. 64 : XÀdç E{tÇ 1"0] TI UOtOV ni' n«pa.&up(3t.

&i:8upoç : à deux baltants : 1403, Bb l, J. 47·48 : au milieu du Ile siècle av. J.+C., dans l'inven-
laire du Néorion, Mo 6up(8occ:; Xa.Àxiic:; 3t06[pouc:;.
Le grec ne possède pas de mol propre pour la • fenêlre. et sc contente du diminutif de &6pa..
Plulôl que la simple reconnaissance d'un schéma architectural semblable, faul-il y voir, comme
on l'a parfois suggéré, le renel de l'importance secondaire de cel élément? Cerles, dans les
édifices grecs, les fenêlres semblenl avoir élé relalivement peu nombreuses, en loul cas moins
présentes que les portes, qui sonl souvent la seule source de lumière - et qui peuvent d'ailleurs
être, comme aujourd'hui. des porles-fenêtres '. Mais les fenêtres ne sonl pas toujours conser-
vées, car les fouilles monlrent qu'elles étaient placées dans les hauteurs, de préférence à l'étage,
et de toute façon l'encadrement pouvait être en bois, matériau périssableS.
En tout cas, à Délos, les constructeurs semblent n'avoir pas été vraiment avares de
fenêtres: dès la fin du Vie siècle av. J.-C., les belles et multiples ouvertures du Monument aux
hexagones· (pl. IX, 29) en témoignenl, et les fenêtres sont loin d'être rares dans les habitations
de l'époque hellénistique, alors même qu'elles devaient, l'hiver venu, laisser le champ libre à de
sérieux courants d'airS. En outre, les inscriptions déliennes nous fournissent sur les fenêtres,
leur forme et leur emplacement, des données qui complètent bien celles des fouilles.

Emplacement des fenêtres.

Nous apprenons ainsi que dans les temples, des fenêtres peuvent nanquer la porte: c'est le
cas pour le Pori nos naos (165,1. 12: avec un taxWupov ou .châssis,e, et peut-être plus spéciale+
ment sa parlie supérieure, car on dit qu'il est .au-dessus des fenêlreSt), pour le Temple des
Athéniens (1409, Ba Il, 1. 53; 1410, b, 1. 3: «no 't""ijc:; 6up18oc:;), pour l'Aphrodision (219, A, 1. 47),
ou pour le Pythion, sous la forme de n«pa.Oup18tc:;. Le terme ne se renconlre pas en dehors de
Délos, mais n'a rien pour surprendre: on connail'lt"lXpIXOvplX, la • porte de côté" ct l'adjectif
na.p&6upoc:;, employé dans les comptes de Didymes, mais qui peut être substantivé comme. porte

(2) Il n'existe pa! de bonne synthèse sur les fenètres antiques; R. Hf:RRIG, Da, Fensler in der AN;hileklur des
Aller/ums (1929), est insuffisant, même complèté par un article du même auteur: 1Fenster an Tempeln und Monu~
mental Profaobauten f, JIJA 1 44 (1929), p. 224-262. Il raut donc constamment se reporter à des monographies de sites.
Voir I.outefois, en dernier lieu, les pratiques petils essais de Ch. LÔHR, .Griechische l-liiuser: Hor, Fenster, Türent. et
Ch. SKRABEI, • Fenster in griechischen Tempeln f, Lich! und Arehileklur (1990; \V .+D. Heilmeyer et \V, I-Ioepfner M,),
respectivement p. 10- Hl, et 35-42.
(3) C'est ainsi que le site de ThaSO!! n'a fourni aucune information sur cette sorte de baie; Y. GRANOJF.AN,
Recherches sur l'habifallhasien il l'époque grecque (1988), p. 404; on n'a pas non plus retrouvé de renHre à Olynthe, mais
HOEPFNf:R+SCHWANONEII, flaus und Sladi im klassischen Grieehen/and, p. 66 fig. 52, signalent quelques parastades si
petites (IU'elles n'ont pu appartenir qu'à une fenêtre.
(4) HELL.\lANN+fo'RA1SSf:, E'Af) 3'2, p, 39~42. Le Monument aux hexagones poSllède deux sortes d'ouvertures; les
.da!l!!ique.. fenêtres rectangulaires, Il volels, dont le linteau et l'appui (pl. IX, 29) sont des pierres massives et
dirrèrentes des blocs d'assise (contrairement aux jambages, qui sont aussi des Ilierres d'assise), et d'autre part des jounl
en forme de diabolo, apparemment situes au même niveau que les fenêtres normales. Ce curieux èdiflce avait rnanifes+
tement besoin d'une tarte aération, même si l'on admet qu'en cas de nécessité, on devait pouvoir boucher ces jours
avec de l'él.oupe, comme l'imagine E.+L. Schwandner IJOUr ceux d'Ammotopos en Ëpire. Oans Wohnungsbau im Aller-
lum. Diskussianen tur A rehao/agisehen Baufo.schullg 3 [1978], p. 109-111 et lig. 5-.-7), Schwandner pense que les jours en
archère devaient représenter le type de fenêtre le plu! ancien et le Illus courant, (lui pouvait cohabiter dans le même
èdifice avec le t)'pe plus évolué de l'ouverture carrée ou rectangulaire, laquelle, à l"image de la porle, se rerme avec des
battants.
(5) CHA)lONARD, EAD VIII, 2, p. 286!q.
(6) Le mot, qui appartient à la même racine (IU'ÜlXW, otellir., est étudié sous OUPIX, supra.
8UplS - 164-
de côté_, dans des papyrus el sur un linteau d'Andros'. La remarque a été faite il y a peu de
temps par M. Korrès, qui a mis en évidence J'existence de feriêtres dans le Parthénon, haut
placées de part et d'autre de la grande portes: contrairement à ce qui a souvent été écrit, les
Grecs ne dédaignaient pas d'éclairer assez nettement l'intérieur de leurs temples par les bas-
côtés, surtout à partir de l'époque classique et dans les cellas larges, si l'on songe aux temples
déliens et à l'Érechtheion Il. Ajoutons à cetle liste l'édifice GD 42, de lechnique athénienne, qui
possédait pour sa part des fenêtres à ébrasement inférieur, pratiqué dans l'allège 10. Quant au
Temple de Déméter, si l'on accepte la restitution de 290, 1. 166, il possédait aussi des jours ou
• pelites fenêtres t, Ovptô~ox Il.
Parmi les autres bâtiments publics susceptibles d'être percés de fenêtres, il faut relever,
pour d'évidentes raisons d'aération et d'éclairage, les salles de banquets (154, A, 1. 4, et peut-
être 139, C, 1. 13)12. Certes, la présence de fenêtres dans un édifice civil ne permet pas, à elle
seule, d'en conclure que celui-ci faisait fonction de salle de banquet: si J. Travlos a émis cette
hypothése pour la Pinacothèque d'Athènes, c'est avant tout parce que sa porte, encadrée de
fenêtres, est désaxée, sans doute pour faire place à des lits 13. A priori on pourrait aussi prendre
pour une salle de banquetl'ûikos des Déliens, pourvu de fenêtres (144, A, 1. 39), mais comme il
fermait à clé et qu'on y entreposait du bois, les fenêtres, bien closes par des volets, devaient
plutôt être celles d'un dépôt.
Dans les maisons d'habitation de l'île, Je percement d'une ou plusieurs fenêtres devait être
considéré comme un fait notable, c'est du moins ce que suggére, dans les comptes, l'expression
_la maison où il y a une fenêtre_(290, l. 125) : il s'agissait donc d'une singularitC qui permettait
de distinguer cetle maÎson des autres. Peut-être était-ce la seule, dans cette insu la, à posséder
une fenêtre sur rue (et une seule), en une position telle qu'elle ne pouvait passer inaperçue. Il
est probable que celle baie n'était pas un simple jour, elle devait avoir un encadrement archi-
tecturai remarquable, à moins que l'origin3lité de cette ouverture n'ait résidé que dans son
décor (à l'exemple de ce faux fronton appliqué au-dessus de la baie, d'après 154, A, 1. 47). De
fait, les quartiers d'habitation de Délos présentent sans réelle parcimonie des exemples de
fenêtres, sur rue ou à l'intérieur. Il est vrai qu'elles sont plus fréquentes à l'étage, ou sont
placées très en hauteur au rez-de-chaussée 14, car le souci de préserver l'intimité prime à ce
niveau, où elles donnaient plutôt sur la cour péristyle, comme dans la Maison de la Colline
(pl. VIII. 27) ou celle de l'Hermès. Il est sür que globalement, en Grèce, les fenêtres extérieures
n'étaient guère prisées, elles sc réduisaient souvent à des petites prises de jour: selon Aristote,
Ath., 50, les astynomes d'Athènes empêchaient _... d'avoir des fenêtres ouvrant sur la rue _, TOCC;
6uptâoxc; Etc; 1"1]\1 6âàv oX\IQ(yttv.

(7) In8. Pagamon, nO 237; IlusSON, Oikia, p. 103, lOS, et Bul/. ~p. 70,442:"0 Wpnpo~... " ..1 "Œ~ ""p"WPO\l~ 'Ep~,
(Andros). VALLOIS, Arehilulu~ 1. p. 41 n. 10, a sans doute raison de voir dans les " .. por.&upŒ~ du Pythion des (6upl/l~)
""'pa.6upo. percées en hauleur. car il faut un escalier pour les mettre en place.
(8) • Der Pronaos und die Pensler des Purthenono, I)ar/hmrm-Kongrcss Bastl, 1982 (1984), p. 47-54. La porte
principale était plus étroile que cel1e de l'0llisthodome. précisément Il cause de la I)lace occupée par les fenêtres. La
disposition des colonnes du péristyle et du pronaos était calculée de façon II. donner lu meilleure vue sur les fenêtres,
comme dans le Temple des Athéniens à Délos.
(9) Pour l'~rechtheion, ajouter aux grandes fenêtres six jours en archère étudiés par A. PAPANIKOl.AOU, Dei/ion
33 (HI78) [H184], p. 191-197.
(10) VAI.LOIS, Arehiteelure Il, 2, p. 465, parle simplement de jours en archère. G. Roux, Bell 103 (I979). 1). 123,
précise que l'ébrasure est creusée dans le bloe d'appui, comme au Trésor des Thébains II. Delphes.
(II) Le mot est très rare et apparemment lardif: Groponliques, XV, 6, 2; J. P. M1GNF., Patrologiagrua 65. 1288;
P.Ozy. 1ü.'2058, 24 (Vl< siècle ap. J.-C., au sens de • niche muraleo). C'est fXlurquoi la restitution, il Délos, me paraît
loin d'être assurée, elle ne vaut qu'exempli yralia.
(12) Il en va de même pour les andrl/ne. de l'architecture domestique: 1-loRPI'NIlIl·SCHWANDNEIl, /faus and Siadt
im klaui.chen Alfalam, p. ISO, recomtituent UI1 andron dans une maison de Priène, avec des fenêtres il ébrasement.
(13) J. THAvl.os, Pic/oriol Dic/ianary of Aneienl Alhens (HI71), p. 482, et 491, fig. 618-619.
(14) Elles sont à plus de 2 III au-dessus du niveau des salles ou de la rue; n'étant donc pllS, en principe, il hauteur
d'al)pui, elles sont aussi plus difficiles il fermer si nécessaire.
~ 165- 8upls

Structure des fenêtres.


Les fenêtres conservées sur le site de Délos sont de formes et de matériaux divers, pierre et
bois (surtout il. l'intérieur des habitations, où les tableaux sont aussi parfois un simple enduit de
stuc). Les inscriptions renètent cetle variété: les fenêtres en bois sont régulièrement entrete-
nues par &:ÀOtip~ (219, A, 1. 45), et parmi celles-ci, certaines sont en bois d'olivier (139, c, 1. 13) ou
en chêne (165, 1. 59), mais le marbre a été choisi pour celles du péristyle de l'Asclépieion (290,
1. 212 -213). C'est l'hapax OuptSt:ûc:; qui est employé il. celle occasion. Le surfixe n'aide pas il.
comprendre le mot li, mais dans la mesure où il y a cinq auptôtîc:; par ouverture, il est permis d'y
voir les cinq _éléments d'un châssis de fenêtre. il. meneau Uambages, linteau, appui, meneau).
L'existence de telles fenêtres a eté reconnue dans le Monument aux Taureaux, dans les maisons
du Quartier du Théâtre, et dans l'flot des Comédiens··. En(in, l'inventaire du Néorion parle
même de .fenêtres il. encadrement de bronze., Oup(ÔIXC:; XIXÀx.a,c:; (1403, Rb 1, 1. 47_48)17, en spéci-
fiant qu'elles sont ÔtOÛpouc:;, c'est-à-dire _à deux ballants. (ou .deux volets.), ces fenêtres
accompagnant sans doute les portes en imposte 18, un peu il. la manière des 6ûPlXt S~a.7tpt(J't'o~ ou
portes il. vantail coupè : «à deux battants. est la traduction qui s'impose ici, puisque l'adjectif
ôWupoc:; est bien attesté en ce sens dans des documents égyptiens, où il s'oppose il. lJ.oYbaupoc:; qui
qualifie l'ouverture - porte ou fenêtre -.il. un seul battante III.
Les traces de volets sont par ailleurs nombreuses sur les fenêtres des maisons d'habitation.
C'est ainsi que dans la Maison des Tritons, les volets pivotaient sur une barre de bois (ixe,
scellée aux extrémités, et étaient maintenus fermès par une gàche verticale. Ce mode de ferme-
ture de la baie s'oppose aux barreaux verticaux 20, tandis que les inscriptions parlent aussi de
nattes tendues en travers, pîJt7ttC:; t[tc:; 't'oc].:; eUplÔllC:; 't'oü t'lW7tOÜ (354, 1. 68). En outre, la mention de
StX't"Ull, c'est-à-dire de croisillons en bois, dans 165, 1. 4, montre que des sortes de clauslra
pouvaient aussi barrer des fenêtres déliennes 21.

(15) C""NTR"INE, La (orma/ion d~3 nom3 ~n 9ru anl:i~n, p. 126 : ayant surtout servi à former des noms de
per!;()nnes, le surfixe -CÔ<;; est en fait de sens ,assez vague •. Selon J.-L. PERPILLOU, U3 3ub./anfi(3 gree. ~n -cl~ (1973),
p. 115 et 384, llupt&.:~ serait tun doublet exceptionnel de llup(~', dans un sens spécialisé.
(16) VALLOIS, ArchifulUfe Il, 2, p. 466-467; EAI) VIII, 2, p. 296-'297: meneaux ten forme de parastllde ou de
demi-colonnette ionique adossée.; EAD 27, p. 45, 106, llOsq., 134.
(17) Cr. IG IfI, 1668, l. 37 (f:leusis): K<l<l MPI'-OOC< d~ l>d~~ llupt3"1<V.x«<; llup(h~ «PIlOffOÛ<I':Jt;.
(18) C'est l'interprétation proposée par J. TRÉIIEUX, CRAI 1987, p. 175. Néanmoins, dans le 8CH 113 (1989).
p. 274, G. Roux juge des impostes • trop hautes., il ,volets inaccessibles et dépourvus d'utilité.; il choisit de voir dans
llupL; 1aW<'ij at6upo~ une • grille mélallique il deux battants., devant la porte proprement dite de l'édifice. La traduction
proposée par J. Tréheux semble préférable, car ce genre de grille se dit normalement il Délos Xtyx1L;, et nulle part 6up(~
n'est attesté avec certitude en ce sens inhabituel; par ailleurs, des battants en imposte apportaient un complément
d'air et de lumière très appréciable, tout en élant contrôlable, car le loquet devait pouvoir se manoeuvrer avec une
llerche, comme dans les réalisations d'aujourd'hui.
(19) HUSSON, Oikill, p. 105, et 106, n. 1; ajouter la dédicace d'un linteau du gymnase de Théadelphie du
Fayoum: PRRISIGKR, Sammelbuch, 6157, cité par DELORMR, Gymno3ion, p. 201.
(20) EAD 27, p. 123 fig. 102. Voir aussi EAD VIII, 2, p. 292 fig. 166 (les trous de g>'.lnds sur l'appui indiquent la
présence de volets), p. 288 fig. 159. 2W fig. 163. et 293 Ilg. 168 (barreaux verticaux). En dehors de DéIOll, les volets sont
bien attestés sur les tours de garde, ou ce sont parfois des 6upta~ K<l<UP<l<KW{, d abattanh : bonne illustration dans
J. OBER, .Early Artillery Towers...•• AJA 91 (1987). p. 569-604.
(21) Voir la rubrique a1xT\Nl~, 3upra. Pour sa part, le verre en plaques pour vitres ne semble pas avoir été connu
avant le r" siècle ap .. J.-C., et principalement pour des thermes: voir D. SPRRI., .Glas und Licht in An::hitektur und
Kunst., Lich/ und Archi/ek/ur (1990: W.-O. IIeilmeyer et W. Hoepfner éd.), p. 61-70, où l'on rappelle le cas des 't'wu
attestés il e:pidaure, dans desllup!&.:~ (/G IV', 110, A, l. 43-44) : de véritables vitres étant exclues aux rV"_llIe siècles av.
J.-C., ces fermetures devaient être dans un molèriau tel que le marhre ou plutôt l'albâtre en plaques fines, qui laissent
légèrement passer la lumière.
- 166-

Autres sens de (Jupù;.

Toutefois, dans ces inscriptions, il s'avère que Oup!r; ne doit pas toujours être traduit par
~fenêtret. Le mot a pu être employé comme véritable diminutif de OUplX, au sens de .petite
portet, Vallois a proposé cette traduction pour les 6upt8eç du Porinos naos", mais j'avoue que
sa démonstration ne m'a pas convaincue; à l'inverse, il faut bien admettre que les 6upt8eç TOÜ
npon:uÀou (161, D, 1. 101) ne doivent pas être dîfrérenciées des 1tUÀt8e.; XIXWlXt, les tguichelst
signalés en 161, A, 1. 67, Ce n'est pas une particularité du vocabulaire des hiéropes, car on
retrouve ce sens de «petite porte t dans une inscription de Sta Lenika, en Crète 13.
0up!.; peut encore avoir un autre sens, celui-là généralement méconnu: il peut en effet
s'appliquer à une .niche muralet, sorte de réduit ouvert, ou même de petit placard (pl. vm,
28). Les inventaires de la seconde domination athénienne nous parlent à plusieurs reprises de
ces statuettes placées Èv Oup(lh, .dans une niche.; un fragment d'un de ces ex-vota, avec la
dédicace du donateur, a même èté conservé (1838). Les offrandes placées dans un renfoncement
du mur étaient le plus souvent appelées, dans les inventaires, &.. . &:&tj1J.1X È.... T(;'n TO(X.Wt (1417, A l,
1. 121), et peut-être la variante e.. . Oupt8t suppose-t-elle un volet de placard, contrairement aux
nichcs ouvcrtes de la Palestre du Lac, comme celle où Eurymanthès, vainqueur à la lampa dé-
dromie, a installé un hermès-pilier M . Nombreuses dans les maisons d'habitation, en général
situées assez haut (entre l,PO et 2 m), comme les fenêtres, les niches retrouvées étaient souvent
complétées par un cncadrement de stuc u .
Ce sens de .niche. convient parfois aussi pour d'autres inscriptions, par exemple un texte
de Samos, avec TlXîç tV1"otx.!Ot.; OupLatV, ~dans les niches murales t 2ll, un bref texte de Cyrène, et un
passage des comptes de Delphes 27. Il n'est pas rare dans les papyrus u .

8upOw : voir 8upo.

- grande porie, porfail (au sing.), porlail à double bailant (au pl.) : 145, 1. 13: dans l'Asclé-
pieion, ~UÀIX d.; 6UpWIJ.IXTIX; 287, A, J. 78 : en 250 av. J ,-C., au Temple des Athéniens, 1'0 6upwIJ.IX
xa.1"taxeu«~t1"o XlXt ÈtttnXtua.nlXVTt TIi.; OUPIX';, 1. 118 : de l' Ivoi re et.; 1'0 6upwlJ.lX; 403, 1. 12 (en 189 av.
J.-C., pour l'Arcbègésion); 1403, Ab Il, 1. 83-84: au milieu du Il~ siècle av. J.-C., dans l'inven-
taire du Temple d'Apollon, F.v SI; TIXZÇ lpÀtlXîç TOÜ OUpWIJ.IXTO';, Bb l, 1. 43 : dans le prodomos du
Néorion, [Sr.&. n-roÀwv OUpWlJ.]lXTIX (restitution de Vallois), 1. 44 : OUpWIJ.IX, 1. 47 : Oup[WIJ.IXTIX], Bb II,
1. 7 (Héra ion) : 6upwIJ.IX lx.ov 1)Àou.; X.IXÀXOÜÇ, 1. 32, 34 (oikoi du Cynthe); 1413, b, 1. 21 (Temple
d'Apollon); 1442, B, 1. 33 (Aphrodision); 1450, A, 1. 27: dans l'inventaire du Temple d'Apol-
lon, TOll ÈV1"Oç OUpWIJ.IXTO';; 2215 : au Sarapieion C, dédicace, à une date incertaine, de [TOÙÇ

(22) Archif~c1!1re 11, 2, p, 470.


(23) J. BOUSQUET, Bell 62 (1938), p, 401. Cf. M. WAEU\ENS, Die klânasialiuhen 7'ùr5Iân~.. , (1986); sur les
stèlès funéraires d'Asie Mineure orn~s de la représent.ation d'une porte, un exemplaire est dèsign6 par le mot &uplt;.
(M) J. TIIÉlIliUX, Bal 76 (1!l52), p. 585-591, avec clichés et dessins.
('25) CUAMONAfW, EAO VIII, l, 1).201, et VII', 2, p. 385.
(26) Publié HeU 5 (1881), p, 478-479, nO 2,1. 7, avec la traduction erronèe .fen6tres latéraleSf.
(27) SEG IX, 727, l, 1 (Cyrène): "t"'~ &UpŒcx.; Z.:.m.p(>~ .i'o'ilh,1I.1 "t1ltÏ<; 6cllti~; FD III, 4, nO 83; Aristocleidès cOnsacre
des u:po. dans Ulle &oplt;.
(28) HUSSON, Oikia, p. 117-118; une des .niches-placarda. est mentionn~ avec sa dé. Ces mêmes papyrua
donnent en outre ulle inrormation détaillée, inestimable, sur les fenêtres proprement dites, avec un vocabulaire rare ou
unique.
- 167-

1t1J)WVW; x[Clt] 'fa 6u[PWIA4'fCl; 2237 : vers 100 av. J.-C., au Sanctuaire syrien, (m... ",po" -ft 'fP
OupwlA4'fCl.
- ballan/, van/ail: 1423, Bb l, 1. 4 : dans un inventaire, OuPWIA4'fCl . nMbtOuow Jjl.Ol Xethoi â.
De ce relevé 1 se dégagent d'emblée deux constatations: le mot 6Upta)lA4 s'applique presque
exclusivement à des portes d'édifices religieux, des grandes portes qui imposent la traduction
.portail., d'autre part il recouvre en principe l'ensemble de la structure, cadre et vantaux.
Néanmoins, dans quelques cas, il parait bien s'appliquer plus spécialement au vantail, qui est
d'ordinaire rendu par OUpet. 9upW!LCl n'est donc pas un simple doublet de OUpCl, qui est aussi
beaucoup plus fréquent.
Contrairement à &ûPCl, dont il est dérivé à l'aide du surfixe augmentatif -1A4, 6VpwlA4 n'est en
effet jamais employé pour une maison ou un domaine, ni pour la palestre ou un abaton, il
parait réservé il des portes de sanctuaires et de temples, si l'on excepte les oikoi du Cynthe-
qui sont néanmoins aussi des bâLimenls religieux. Ce sont des portes qui se distinguent par leur
taille, mais aussi, dans certains cos, par leur décoration (incrustation d'ivoire pour le portail du
Temple d'Apollon). Dans les comptes de Delphes comme dans ceux de l'ÉrechLheion, d'Épi-
daure et de Didymes, la porte monumentale du temple se dit également 6VpWlolCl l, Les exemples
papyrologiques de 6VpW!J.Cl vont dans le même sens: le mot s'applique surtout à des portes d'une
taille au-dessus de la moyenne'. Il n'est pas non plus indifrérent de noter qu'à Délos comme
dans tout le monde grec à partir de l'époque hellénistique, c'est 6Upw!J-Cl qui est utilisé de
préférence dans les dédicaces et les consécrations, nOIl pas tant parce que l'objet s'y prèle
effectivement, mais surtout en raison de sa valeur emphatique' (2215; 2237 : les OupW!J.Cl'fCl de
ces deux dédicaces ne sont pas clairement localisés).
Le terme parait englober lous les éléments du portail, cadre compris, si l'on en juge
d'après les inventaires du Temple d'Apollon, qui parlent à plusieurs reprises des 'PÀla.t 'fOÛ
OupwlA4'toc;, les .jambages du portail.'. D'autre part, les comples difrérencient parfois le 6ûpta)lA4
des OUp:u, ces dernières devant alors être comprises comme les vantaux (145, 1. 13·14; 287, A,
1. 78). Mais les poignées et les appliques fixées, d'après les inscriptions, sur le 6Vpta)lA4 du Temple
d'Apollon montrent bien que les battants sont sentis comme la partie essentielle de la porte, et
l'on doit admettre que dans 1423, Bb l, 1. 4, les OuPW!LCl'fCl entreposés sont les seuls vantaux.
Dans les papyrus et dans quelques lexles épigraphiques d'époque impériale, ce sens restreint de
• vantail. a également pu être mis en évidence', au point qu'on est en droit de se demander si, à

(1) Comme pour llO;>lX et &upL;. je n'ai pas retrHnscrit toutes lea mentions que j'ai pu relever, en raison de leur
caractère répétitif.
(2) ORLANIl08-TRAVl.05, J.uikon, J.O. Celle porte est 1110" dite ",i'y1X 6Upwj.l«, non pllr redondance, mois pour la
distinguer des autres &upWj.l«nt.
(3) HUSSON, Oikia, p. 107.109.
(4) Le1i exemple1i, en général inscrils sur des linleoux, ne llIanquent pos: voir L. ROBERT, dans J. DES
GACNIER!l, R. GINOUVRs, L. KAHIl., LAodich du LyOOJ, le R!Jrnphh (1969), p. 254 n. 6 (liste de ~1'IX con8llc,"", au
thUtre d'Oropos, • Cyrène, Doura-Europos, ete.; ajouter la d~icace du gMInd tombeau de la nécropole de Palmyre :
TI> mi arr,À4t.nl ~ (Syria 1936, p. 260 1. 3D. Enfin, E. BERNA NO, lPE 60 (1985). p. 81-84, reatitue..o. ~ dans
une inscription méconnue de Koptos.
(5) Au contraire, Il. VAX E"rKNTII1'IIl.E et M. BoliGNAT, Kre/ika Cluonika 21 (1969), p. 28-3'2, publient une ins.-
cription de Sta Lenika : (-« lf6Au; T}it ll:1XGT&& m ~ (id&tjJUl:..,.t..o. ~T]œ ht...(4uc.... en traduisantlh!Jrornala
par tchambranleu, 0101'5 qu'. ma connaissance le mot (dont la restitution est d'ailleul'5 ici tm hypothétique) n'a
jamais ce sens restreint.
(6) Pour les papyrus, voir IIU5SON, OikÎII, p. 108. En épigraphie: JG II". 'MW: panni les bien. meubles non
rompris dans la location d'un local, il y a Ica ~ûb, ,w rll~ ~,w..o. &~]:Ir=.; WEl.l.ES dan, K"-'RUNG, Guasa,
nt 27 : dedicace d'un arc, T6(~0"J,"':'" 'ti,< ~,w~; IGR III, n-II27, Aera en Syrie: (n;. 6U)p.n... ut ù:
~T]œ ~:n. A Doura-Europos, c'est Alexandre ms d'EpinikOi qui, en 116-117 ap. J.-C., a restaurè tle temple
que son père a construit.. en rempl.çant les llI"pW"",tt d'origine qui av.ient été enlevés par les Romain. : e'élaient donc
les tvanlaux.: élude de ce texte par J. TRIXIIl(lR, Muopolamia 22 (1987), p. 187sq.

"
8upWv -'168-

Délos, dans 2215 et 2237, il ne faut paB aUBBi comprendre que seuls les vantaux sont en cause 7.
Mais il n'est pas interdit de traduire par «grande porte à double battanh, comme dans 1403, Bb
l, l. 43.
Il existe encore d'autres termes, à Délos, pour désigner une grande porte: l'tp6eupo", l'tp6-
:mJÀO'l, :mJÀW'I. Ils seront examinés en leur place, car ce ne Bont pas des portes ordinaires, mais de
vrais corps de bâtiments.

8upWv, 0

hall d'enlree, vestibule: 158, A, 1. 56 : en 282 av. J.-C., dans l'oikia Episthéneia, udpOupo"
Ul'tOOEZ"lXt ..Sn Ou[pSm], 1. 57 : dans l'Archégésion, construire 'Ûi'l Oupw'Ia (...) T0!ot 7tpo/; ,,6"0"; 402,
1. 8 : vers 190 av. J.-C., dans l'Archégésion, réparer ToX/; (...) WplX/; XlXl 't'OÙ/; OUPW"IX/;.
Formé à l'aide du suffixe locatif -w'" 6upw" désigne ce qui est couvert par le radical,
c'est-à-dire un «vestibule •. Pollux (1, 77) distingue 6upw'l des autres termes qui peuvent s'appli-
quer à une entrée : do"~6'r'l"w'l St 7tp60upa xa1 7tpOl'tUÀIX~IX, Xilt ..à" !ottv :mJÀW"11 )(IX1 Oupw'Ia XI1ÀoijG~, TO Blé
l'tOU :mJÀWPOÜ"TOÇ OtX7jjJ.11 :mJÀwptO'l, «pour ceux qui pénètrent il y a des porcheB et des propylées, et
on les appelle tantôt 'pylône' et vestibule, tantôt, quand c'est le local du portier, la loge •. Le
Oupw" a donc pour particularité de n'être pas en saillie par rapport à la porte, contrairement au
7tp66upo".
Le mot n'est pas inconnu dans les textes littéraires l et se rencontre aussi dans les P3PY-
rus'. Il est toutefois moins fréquent qu'un autre terme de la même famille: Gupwp6/;, le .por-
tien 3 •
Dans les inscriptions déliennes, en dehors du vestibule de la maison Episthéneia, où est
posé un linteau, on ne connaît par les hiéropes que les 6uPW"tl; de l'Archégésion, l'un d'entre eux
étant situé au Sud; Ph. Bruneau a proposé d'y voir une des portes du péribole, construit en
briques crues, de ce sanctuaire 4. Comme la restitution d'un véritable vestibule n'est pas envisa-
geable ici, peut-être faut-il seulement imaginer un auvent au-dessus de ces portes? Mais alors
que tous ces 6uPW"e:1; épigraphiques ne peuvent être aujourd'hui situés sur le terrain, quelques
maisons déliennes aident assez bien à se les représenter. La Maison du Lac et d'autres habita-
tions luxueuses, enfin certaines plus modestes mais parmi les plus tardivement construites,
présenl.ent, pour qui vient de la rue, un vestibule ou un couloir fermé de deux seuils successifs;
dans le cas de la Maison du Lac, on remarque même une petite pièce donnant sur ce «hall. et
qui devait tenir lieu de conciergerie. Le deuxième seuil est parfois remplacé par une simple
dalle sans feuillure, qui voulait peut-être seulement imiter un dispositif senti comme luxueux.
Ch. Llinas 6 a rapproché cette installation - inconnue à Olynthe', mais attestée à Théra et
Priène, comme prolongement du prothyron - de la phrase de Vitruve: Hic aulem locus inler
duas januas graece OVPWpe:LO" appellalur (VI, 7, 1). Constatant que ce terme grec, qui est en
réalité une correction de Giocondo 7, n'apparaît nulle part ailleurs, P. Ruffel 8 a proposé d'y
voir une simple méprise à partir de 6vpw", le vestibule, et nous aurions ainsi, à Délos, une bonne
illustration de la structure mentionnée dans les inscriptions.

(7) Malgré les objections de G. Roux, BCII 113 (1989). p. 266, la restitution [3là. IJTÛ"W~ 6upW!'-]cr.'l'<l. dans 1403, Rb
l, 1. 43, devrait donc pouvoir être maintenue.
(1) Sophocle, El., 328, DT, 1242, Frag. 649, 1.23; Plularque, Pyrrh., 34, 5.
(2) P. 110mb. 105, 1. 5 (cite dans HUSSON, Gikio, p. 119).
(3) Références dans &C(lva/ions al Glynihui XII, p. 31.
(4) Culf~s, p. 425. Mai~ ulle porte dans un mur de péribole devait plutôt se dire m,,,'1'
(5) • Inter <luas januoso... ÉI. dilùnnel, BCII Suppl. 1 (1973), p. 291 sq.
(6) E;tcuualiollS al Glynlhus VIII, p. 153 et n. 8, 9. et XII, p. 187-188.
(7) Les manuscrits portent la leçon 6upwpw~.
(8) • Mots grecs che7. Vitruve_, lIommages J. Bay~l. /AlomUI 72 (1984), p. 637.
-169-

UipOv: lieu consacré au culte: sanctuaire; temple; chapelle l .


Tf:I&ft'O'i: terrain, domaine : - domaine appartenant à un héros ou à une divinité: 156, A,
1. 23 : peu avant 282 av. J.-C., 't'Jou iax«pw~ TOU h "fWt "l"'t~~ TOU 'Apl'J'[Ytrou; 1299,1. 64 : dans
la Chronique du Sarapieion, fX.l!i01 xa.t n!JE'lOÇ; 1519, 1. 13-14,42,53 : au milieu du Ile siècle av.
J .-C., dans un acte des Hérakléistes pour Héraklès; 1520, 1. II : dans un décret concernant
l'f:tablissement des Poseidoniastes de 8érytos, pour Héraklès; 2551, 1. 4: dans un poème,
<1)0(601) Tq.l.M:~; - propriété rurale d'Apollon, mise en location: 93, 1. 19 et 22 : en 410-409 av.
J.-C., ttILEV« de Délos et de Rhénée (même formule: 94, 1. 7-8; 95, 1. 9, 13; 97 bis, 1. 5 -6; 98, A,
1. 27-29, 65,101; 104-11, A, 1. 8,15); 104-20, 1. 5: "fO dlU"OlO eXvcILtaOWo«!Ll:tv]; 143,8,1. 1 : en
310 av. J.-C., tCPtl "fCILboPl (même (ormule: 159, A, 1. 55); 144,8,1. 8: location de "ftl &ÀÀa.
"l"I:!1-É\ll1; 149, 1. 2 : location "fW\I 't'oû OtOÛ Tt!1-t\lW\I; 203, A, 1. 18 : en 269 av. J .-C., "fcl "l"t!1-ÉYl'J 't'tl "fOU
OtOU; 503, 1. 12: vers 300 av. J.-C., dans une ordonnance de locations, [up,[euTl'J]a«(\I}r(w\I] "fwy
[YtWPYOUVTW\I] 't'cl t'tM, 1. 14, 22, 23; 1296, A, 1. 4 : dans un décret, mention des esclaves ix T<dV
nILÉ\lwv "fWV ltcPW\I; - dans un poème, désigne l'Agora des Italiens: 2549, 1. 22 : 'hGtÀov dlU"O';;'
Plusieurs ltcp« sont mentionnés à Délos: avant tout celui d'Apollon, mais aussi celui d'Ar-
témis (1508), de l'Archégèle (147, A, 1. 10; 203, A, 1. 54), de Déméter (205, B, 1. 10; 290; 1. 89),
de Zeus Kynthios (154, A, 1. 45-46; 161, A, 1. 77), d'Agathé Tyché (1403, Bb Il, 1. 10), de
Sarapis (1510,1. 25), el celui d'Ortygie f (146, A, 1. 81).

Le hiéron ou sanctuaire d'Apollon.

Le lcp6v ou Isanctuaire. le plus fréquemment nommé est bien sùr celui d'Apollon, pour
lequel les hiéropes ne jugent pas nécessaire, en principe, de préciser le nom du dieu: ils diront
simplement 't'c lep6\1, car dans leur esprit il ne saurait y avoir de doute. Lorsqu'ils procèdent il
1'«Ào~ql'll périodique, ils enduiront donc les portes du nanctuaire et des autres sancluaircSt (158,
A,\. 78), tant il est vrai qu'existe avantlout celui d'Apollon.
Il est inléressanlde noter que l'expression tepO\I TOÜ 'AxOUc.J'IOI;, très rare sous l'Indépendance (203, A,
1. 4; 300, A, 1. 5 ; pour bien distinguer le tronc d'Apollon de ceux des autres dieux; voir aussi 1029,1. 6--7),
est plus courante sous les deux dominations at.héniennes, alors même que n'existe aucun risque de confu-
Ilion (par ex., 98, B, L 26; 1442, B, 1. 75; 1443, A l, 1. 7). On a aussi relevé 1 qu'après 314 l'assemblée des
Déliens a changé le formulaire de ses décrets, en mentionnant désonnaill les bienfaits la l'égard du
uanctuaire des Déliens. ou du uanctuaire situé il Déloll, alors qu'auparavant il n'était question que du
peuple délien. Pour les hiéropes, il va de soi que Ile sanctuaire. par excellence est celui d'Apollon, dont ils
se sont. approprié les inU:rêls et avec lequel ils ont une grande familiarité; on n'en saurait peuL-l:tre dire
autant. des administrateurs at.hénienll. C'est. d'ailleurs SOUilla seconde domination athénienne que -ro lcp6'1

(1) Le terme est excessivement fréquent il Délos, et ce IOnt presque loujoursles m~mes rormules qui ",viennent,
il a donc poru Ilréférllble de passer directement il une synthèse.
(2) Voit le8 conclusions de J. Tntl;HKlIx, .Ortygie-, IJeff 70 (1946), p. 560- 576.
(3) En dernier lieu, VIA'., Délm, Il. <J'l, avec la bibliographie et les références épigraphiques.
- 170-

peul, selon le contexte, se rapporter il un aulre sancluaire que celui d'Apollon: dans 1416, A 1,1. 35, el
2077, il ne peul s'agir que du Sarapieion, de même que dans 1417, A l, 1. 118, la ,w,lJ; .....ü kpoü appartient
sans conl.esLe ail sancluaire d'Anios, mais un peu plus loin, les,w,i3c( TOü kpoü de 1417, B Il, 1. 78, sont
bien celles d'Apollon.

Les dimensions d'un hiéron.

A priori, on pourrait penser que le neutre substantivé de l'adjectif kp6ç ne devrait pas
poser de problème d'interprélalion'. En réalité, la laille exacte du sanctuaire ainsi désigné
n'est pas toujours facile à préciser, il arrive qu'il se réduise à une simple chapelle. A Délos, dans
la lrès grande majorité des cas, le mot doit ëtre pris au sens large; lorsque les hiéropes parlent
de cl'Aphrodision situé dans le sanctuaire. (sous-i!ntendu : d'Apollon, dans 290,1. 84), et du
_portique du sanctuaire. (219, A, 1. 57), ou encore lorsqu'il est. question de choisir un emplace-
ment _dans le sanctuaire devant. le Temple d'Apollon. (1022,1. 7-8), on voit. que le hiéron du
dieu englobe un grand espace autour de ses t.rois temples, avec de mult.iples const.ructions en
tout genre, depuis les autels jusqu'aux t.résors. On y t.rouve aussi exposées quantité de stéles; le
texte des décrets ainsi aUichés prévoit. expressément. que la pierre, pour connaltre le maximum
de publicité, sera placée h 't"i"H ~I. C'est. cet ensemble qui est. réguliérement. purifié par le
sacrifice d'un porc, d'où l'expression xoIpoc; 't"à kpO'I xa.6â.p«.a&u, qui revient sans cesse dans les
comptes. De la même façon, on dira l'Asclépieion pour parler de l'ensemble du sanct.uaire
d'Asclépios, en le distinguant. du simple naos d'Asclépios' (159, A, l. 25; 1417, BI, 1. 102-103
eL 148).
Ajoutons qu'un sanct.uaire est normalement. délimité par un mur de péribole (97, l. 35:
TClX[O'l 't"o kpo), dont la porte est dite mJhl'l et. non OUplX ou OU~ILCl'; les inscriptions nous
apprennent que dans son état ancien, le mur du hiéron d'Apollon possédait. une superstructure
de briques crues (162, A, l. 4 : 't"oû kpoü otx08of!T,aar:'I'n 't"ày 7th[...oWOY 't"OIxoy). Les sanctuaires de
taille beaucoup plus modeste, comme le Thesmophorion ou le Posideion, ne sont pas dispensés
d'un péribole 7.
Il est toutefois des passages où le terme hiéron se rapporte, non à tous les édifices du
sanctuaire évoqué, mais à un seul d'entre d'eux. C'est ainsi que dans un inventaire du sanc-
tuaire d'Agathé Tyché est mentionné un .étage. U7t~p 't"à ~p6y, renfermant une caisse (1426, B
Il, 1. 56) : le temple proprement dit étant entouré de trois petites pièces, l'une d'entre elles,
pour laquelle l'éditeur propose de traduire hiéron par tSacristiet, a pu être surmontée d'un
étageS. Mais le passage pose probléme, car c'est le seul inventaire d'Agathé Tyché rédigé de
cette raçon. Tous les autres, qui distinguent les objets iy 't"(;:11 tcpi"n de ceux iv 't"WI 7tp086f!M (par
ex.: 1403, Bb II, 1. IOsq.), passent évidemment du temple, et même de sa cella, à son vesti-
bule; hiéron est dans ce cas synonyme de naos. Dans 290, 1. 77, une somme est versée aux
ouvriers qui onl nettoyé le • hiéron (d'Apollon) et. les oikoÎ », or ces derniers sont habituellement
englobés dans le premier terme lorsqu'il signifie tSonctuairet, il doit cette fois se rapporter au
temple lui-même. Mais dans 1441, A l, l. 59, iv TWI tCphll désigne clairement la cella du Temple
d'Apollon, dite plus loin, dans le même compte r., 't"WI "IXWI, par opposition il iv 't"wl7tp086f!wl. Et.

(4) Pour le sehll eXllct de~. dé;' connu en mycénien, e~ qui délligne lm généralemenlle ISilCre. ou 1consacre.,
par rapport il des mots moinll courants mail de lenll yoillin, comme 6cn.o<; (qui concerne l'allpei:l nonnalif du SIlCre),
cOOetf,(, IRflvOc, .vénérableo, &y.oc;, uainl., &yo.oc, 'pur., voir les articles d'A. MOTTl!, J. 80MPAIRR el A. \VAIITKLLR
danll la REG 102 (1989).
(5) Voir nolre rubrique _6<;, infra.
(6) Voir nolre rubrique ~"l. infru.
(7) BRU/lIIlAU, Cu/ll':', p. 'n7 el 259.
(8) GIJ 100, lig. 84. Cel étage a aU5!li pu servir pour la prière: d. Bull. ip. 73, 485.
- 171-
dans 1417, A II, 1. 21 et 25, le terme Héraion ne se rapporte pas au sanctuaire d'Héra, mais à la
cella même du temple, puisque les objets conservés derrière le eÛp6.lf.l1X sont distingués de ceux
rangés dans le prodomos ll .
Ce flottement n'a rien pour surprendre, il se retrouve dans l'emploi du mot tEp6... à
Didymes 'O , à Samothrace 'l , en Égypte 12 , et chez ~es auteurs comme Pausanias lB.

Le téménos.

Bien que téménos et hiéron soient fréquemment associés, voire confondus, les deux termes
ne sont pas, en principe, interchangeables: lorsque les hiéropes parlent tantôt du hiéron de
l'Archégète (147, A, 1. 10: on l'entoure d'un mur d'enceinte; 203, A, 1. 54), tantôt de son
téménos (l56, A, 1. 23), ils envisagent dans le premier cas son «sanctuaire Il proprement dit, et
dans le second le« lopin de terre t, le «terrain & qui appartient li l'Archégète, bref son «domaine t.
Les deux mots se recoupent, mais ne se superposent pas véritablement.
C'est en remontant à l'étymologie de "ttf.lI!:"Oc; et à ses premiers emplois que nous arriverons
à mieux comprendre ce qui différencie ces deux termes. Issu de la même racine que Ttf.l"6.l, le
teménos représente une «portion de territoire coupée, separée du reste, l', pour être constituée
en un domaine de type spécial, réservé, dont le bénéficiaire est un être hors pair, roi, chef de
guerre ou dieu. Ce n'est donc pas, a l'origine, un terme spécifiquement religieux 15, contraire-
ment à tEp6c;, qui chez Homère s'applique à tout ce qui est considéré comme appartenant à la
puissance divine. Le téménos royal, source de revenus, était déjà connu dans les tablettes
mycéniennes de Pylos et caractérisait une certaine situation politique et sociale Il, avant d'être
appliqué plus spécialement aux propriétés personnelles que l'on accorde aux héros et aux
dieux. C'est ainsi que dans l'Établissement des Poséidoniastes de Bérytos un téménos, «ter-
raint, est concédé à Héraklès (1520), et les Hérakléistes de Tyr avaient fait de même de leur
cÔté, dans un -r6l"COc; (1519). En poésie on parlera donc tout aussi bien, au sens emphatique, du
léménos des Italiens pour désigner leur «agorat (2549,1. 22), que du téménos d'Apollon Phoi-
bos (2551 : à Claros?).

(9) Enfin, il est évident que lorsqu'on inventorie des objets dans un hiéron, ceux-ci doivent être conservés dans
un Mifice en particulier, et la ou les clh de ce hiéron, signalées li la fin de l'énumération (voir SUpNI ), ne seront pas
celles d'un mur de péribole, mais celles du bâtiment nommé hiéron. Par ex., dans 1417, A II, l. 47-48, l'expreMion b
t{(;i, K]v-.(l{"", qui désigne l'ensemble du sanctuaire du Cynthe, est aussitôt suivie d'une précision topographique: b "t(;i,
o!""" !~ lu 6 Oc6<;. Cf. 1417, BI, 1. 86-88, ou les administrateurs décomposent la mention. dans le Sarapieion t : .11 côUl
du naos t, _dans le pronaos t, .dans le naos •. 11 arrive toutefois que le .Sarapieion t doive se comprendre, d'une manière
plus restreinte, comme le temple ou naos même de Sarapis: ainsi dans 440, A, 1. 73-74, et 1. 84, oI"l>l; 1> ,,«\w..~ 1> Ttp6~ .(;i,
!:o:p"TtLdwL. Sur l'équivalence du Sarapieion avec le "0:1><; 'OU ~«p!Tt~O~, voir ROUSSEL, CulI~ i:gypli~ns, p. 227, 2506, 258,
où l'on signale également l'équivalence Isideion = "O:6~ '1(,,30~, Anoubideion = "O:6~ ·Avo~l.8o,.
(10) K. TucHRLT, Friih~ Dtnkmâler Roms in KI~inasitn, IslMill B~ih~f123 (1973), p. 23 (avec les références).
(11) P. M. FRASER, Samolhrau Il, 1 : Th~ Inscriptions on Sione (1960), p. 117-118, surtout Il. 4.
(12) E. BKRNAND, .Épigraphie grecque et architecture égyptienne li l'époque impériale., l1ommug~s à L. Ltrat
(1984), p. 85 : • Le temple lui-même est !lOuvent désigné par le terme hiéron (... ) qui doit s'entendre de l'édifice seul et
non être pris dans son acception étendue de sanctuaire •.
(13) Voir G. Roux, PCllllunias en Corinthie (1958), p. Il : le terme vague de tep6~ désigne chez P. tantôt un ....bc;,
tantôt un Tt.p(60).o,. Cf. l'étude lexicologique de M. CAsEvln dans Temp/~ el santluuc'res (1984, G. Roux éd.), p. 82-
85 :. T6 tep6,. dans la langue c1a!l8ique et ultérieure désigne un lieu conSllcré, qu'il soit ou non sménagé, qu'il comprenne
un temple ou non. Ainsi une caverne peut être un hiéron; le hiéron peut comprendre un temple et d'autres bUimenl.ao.
(14) H. VAN EPfRNTERRK,' Ti:mi:non, REG 80 (1967), p. 17-'26 : .les Minoens avaient pris aux Sumériens l'insti-
tution du terrain délimitét.
(15) M. CASEVIT1., O. C., p. 85-87.
(16) P. CAHLIKR, La royauli: en Gri:u avant AI~;x:andr~ (1984), p. 158 et suiv.
- 172-

En conséquence, on peut rencontrer un téménos sans hiéron, le mot ayant un sens avant
tout spaUal!? Mais le plus souvent un hiéron, lieu du culte, va se trouver dans un téménos,
comme chez Hérodote (Il, 169-170), où le Temple d'Athéna il Saïs en f:gypte, dit !p6v, est
englobé dans un ensemble plus vaste dénommé téménos. Inversement, dans le sanctuaire
d'Apollon il Delphes se trouve le teménos de Poséidon, car c'est la • portion de terrain,. accor-
dée à un autre dieu. Cette idée essentielle de .domaine prelevé sur l'ensemble des terres.
explique que le téménos puisse être une terre appartenant il un hiéron situé dans un autre lieu
et qui en tire des revenus: à Délos., le temenos ou domaine d'Apollon est bien plus vaste que
son hiéron, puisqu'il comprend quantité de propriétés dîtes «sacrées. (tEpO: 'fElJ.kVYJ), situées en
dehors du péribole, à Délos comme à Rliénée, et mises en location de la même façon que ses
immeubles, lEprxl otX(o;~18. M.-Th. Le Dinahet a remarqué l' que jusqu'en 432 av. J.-C. (=89,
1. 20), la terre de Rhénée était louée globalement, par la suite, à partir de 410 (= 93, 1. 19), il
sera toujours question de 'fElJ.kVYJ, au pluriel: elle en conclut que c'est juste avant cette date
qu'il faut placer .Ia scission en domaines de la terre sacrée., l'expulsion des Déliens en 422
ayant pu entrainer une réorganisation de la gestion de ces biens.
Il s'en faut pourtant que les deux termes soient toujours aussi nettement différenciés. A
partir du moment où un terrain est concédé à un dieu ou un héros, il devient sacré et peut être
un véritable sanctuaire. Pour parler du sanctuaire d'Athéna sur l'Acropole, Aristophane, Lys.,
483, emploiera tout naturellement l'expression tEpOV 'ftIJ.EVO,,20, et il est indéniable que dans bien
des cas, l'opposition topographique hiéron 1 téménos n'est pas clairement perceplible l l .

,. L' •• • .1
lkp~a. TQ.; lICpLOftOlEW; lICplO'lTOLTJOLS. '1

ikpla: échafaudage: 165,1. 17: en 276 av. J.-C., Œ7tO 'fWV !xp!wv Œ7tOXOILloOtO"t, 1. 34: du bois est
apporté WOTt"E d" txp~rx; 290, 1. 240 : IJ.toOWToïl; çUÀrx èvkYXlXotv d" 'fOC tXptlX; 442, A, 1. 234 : en 179
av. J.-C., on enlève TOC tXpLIX dans le Dodékathéon.

.
lkPLOffOlÉW:
- . faire un échafaudage: 290, 1. 241 : en 246 av. J.-C., pour la dorure d'une statue,
'fOL" tXPL07tOLll0OtOLV.
LkPLOftOî:TJOlS : confection d'un échafaudage: 290, 1. 240 : d" T1jv txp[~O'l'tÛIJOLV ?
C'est dans les comptes de l'f:rechtheion, où- sont employés non seulement tXptlX, mais aussi
le.s dérivés txptwILIX et !xpL6w l , qu'apparait clairement le sens d'.échafaudage., c'est-A-dire un
assemblage temporaire de pièces de bois horiwntales et verticales autour d'un bâtiment, pen-
dant sa construction, ou une statue, pendant sa confection. Les quelques attestations du mot
tXPLIX à Délos, avec le verbe composé !xpt07tO~kW2 et probablement l'hapax txpL01tolll(J~,,3,
montrent sans doute possible qu'il faut y voir le même sens fond3mental.

(17) Remarque de Ch. LE Roy, RA 1986, p. 285-286. il prQpos d'un règlement religieux de Xanthos, vers 200 av.
J.-C., contenant l'expression IL; "1"0 tLf'bv xal.m n~. Il donne d'autres exemples de cette association courante.
(18) 0'00, sans doute, la généralisation de VALLOIS. Archileclure l, p. 44:.A Délos les t"'I!J.tvq ne sont pas des
sanctuaires mais des domaines sacréu.
(19) Dans • Les domaines d'Apoliom, Dwûen hislaire el orchè%gie 105 (mai 1986), p. 72.
(20) Exemple donné par R. E. WVCIlIHl1.RY, AJJSA 55 (I%O), p. 62, li prQpos d'une inscription contenant les
deux termes.
(21) Selon A. WARTELLE, REG 102 (1989), p. 54, le mot n!J.CWlI; parait appartenir fi .l'ancienne langue grecque
plutôt qu'à la xO<~, oil iln'est plus guère en usage •. Il aurait un caraclère archaïque, voire archaisanl aux approches de
notre ère et par la suite. Des statistiques plus précises devraient être pouvoir faites.
(I) IG 1 1,374, l. 151, ou 1',472, IV, 1. 159.
(2) cr. lxPIOl'lO'+,OClvTCI:•• après avoir monté des échafaudages., dans Didyma Il, nO 42,1.6, et 43, 1. 21.
(3) Ce subswntif est très restitué, mais le contexte rend l'hypothèse conVainCllTlte. Elle est retenue par LSJ,
contrairement au J..e;cikon d'QRI.ANDos-T"Avl.os.
- 173-
On ne rencontre donc pas il Délos le sens de • bancs du thMtre., attesté en Attique', et qui s'ex-
plique par le fait que les planches formant les bancs de bois primitifs étaient soutenues par des sortes
d'échafaudages, plus exactement des .pieux. ou ~{,M bp6ri, pour reprendre la définition d'fxp14 donnée par
la Souda. Il ne saurait non plus être question d'un .chemin de ronde. temporaire comme dans l'inscrip-
tion des Murs d'Athènes li, valeur comparable à celle de • plate-forme. ou • galerie. supporté par des piliers
en bois, qui parait s'imposer dans un parchemin de Doura-Europos traitant du partage d'une maison
d'habitation '. Toutes ces interprétations se comprennent aisément à partir du sens premier: échafaudage
ou tribune temporaire en bois.

talle: 290, 1. 159 : cn 246 av. J.-C., pour un mur de l'Hérakleion, sciage d'un l~VT(l, 1. 174 :
pour la charpente du Temple de Déméter, une poutre équarrie en sapin, de huit pieds, d"
[~VT(l"; 442, A, 1. 235-236 (179 av. J .-C.).

A l'origine, le mot tfJ.oc" s'applique il une .courroie.·, mais dans les inscriptions archi-
tecturales ce sont des planches, ou plutôt des lattes, posées sur des poutres plus importantes.
Les comptes de l'Erechtheion et d'autres inscriptions attiques 1 sont relativement clairs sur ce
point: les tfol-ocv't"t", toujours fournis en grand nombre, se superposent aux alplpdoxo~, éventuelle-
ment sous le voligeage formé par les XMV!J.!J.(l'tIX 3.
A Délos, les !!J.oc"n" sont également nombreux (442, A, 1. 235-236), et leur taille est infé-
rieure il celle d'une poutre, 80x6<;, dans laquelle on peut scier plusieurs lattes (290, 1. 174). La
largeur et l'épaisseur des [~VTtÇ devaient varier d'une pièce à l'autre; en tout état de cause, la
traduction • madriers d'entretoisement., choisie par Vallois 4 , ne parait pas convenir, car elle
suggère une pièce relativement importante Ii. En outre, tous les ~!J.OCVTI!:Ç déliens ne sont pas
destinès il une charpente: c'est le cas pour 290,1. 174 et sans doute aussi pour 442, A, 1. 235-
236 (le paragraphe, très lacunaire, se termine par la mention de tuiles), mais non nfJ.OCç isolé de
290,1. 159 (pour un chainage, une boiserie?).

(4) Aristophane, Th., 3%, commenté par Roi. MARTIN .• Sur deux expressions techniques de l'architecture
grecque', RPhil 31 (1957), p. n-Sl, avec la reprise de toutes les atteslations littéraires et lexicographiquell d'txp"'. Les
plus anciens t"pl.« d'un théâtre, datés de la fin du vu" siècle av. J.-C. ont été repérés il Mélaponte : O. MERTENS, AA
1985, p. 645-671.
(5) F. E. WINTEIl,. lkris and katastegasma in the Walls of Atheno, Photniz 13 (1%9), p. 161-200, et GAilLAN,
Poliorûliqut, p. 345-346.
(6) Dura Europos, Final RtfWrb V, 1, Parchmtnls, nO 19, 1. 9. Les éditeurs hésilent quant il la traduction. Mais
des échafaudages me semblent exclus dans cette énumération des parties d'une maison; traduction el commentaire de
ce texte par C. SALlOU, .Les quatre fils de Polémocratés: archéologie et texle80, il paraltre dans Syria (1992).
(1) Od., 1,442; IV, 802.
(2) CASl\EY dans STEVI!NS-PATON, Tht Ertchlhtum. p.369 (sans xa.MfLILCI'rCl, car les tuiles de marbre reposent
directement sur les t~'<T&<:); IG 'l', 1668,1. 55 (traduction par RoI. MARTIN, REG 1967, p. 315-316), 16n, 1. 305. A
Épidaure: IG IV', l, 10'2, l. 97, le contexte lacunaire laisse un doute sur le sens; mais on ne comprend pas bien
pourquoi BURfORD, Nolts, p. 331, propose ici le sens .framework on cella doorso.
(3) D'aprés IG 11" 1672, 1. 64-65, un ,,,,Ii<; vaudrait dix fois plus qu'un l'1"\8À'l" ce dernier serait donc nettement
plus pelit. L'ÎlllICription des Murs d'AthénCll vient toutefois contredire cette impression, car IClIl.,.«vn.; s'y superposent
aux i'n6),~,"". eux-mémes placés sur les chevrons (voir le schéma de L. HASELBERGER, • Diicher griechischer Wehr-
tflrmeo, AM 1979, p. 107); dans ce cas, ce sont les '",.i'<T&<: qui formeraient le voligeage.
(4) ArchiltduF't Il.2, p. 400.
(5) GINOUVÈs-MARTIN, Dic/ilmnairt mélhodiqut l, p. '29.
- 174-

lTrVOS: four, fourneau: 204, 1. 40 : en 268 av. J.-C., des lattes Elc; TOV l7tV6v.
lTrVWv : fournil: - Pyrgoi: 287, A, 1. 173; - Charéteia: 287, A, 1. 171; 373, 8, 1. 14 (resti-
tué); - Panormos : 287, A, l. 168; 374, Ab, J. 5; 452, 1. 23 ; - Dionysion : 287, A, J. 161 ; _
Charoneia: 287, A, 1. 166; 356 bis, 8, 1. 38; 373, B, 1. 14 (restitué); 403, 1. 51; - Nikou
Choros: 287, A, 1. 157; 373, 8, l. 7-8; 445, 1. 23-24; - Hippodromos: 287, A, 1. 144; 403,
1. 53;- Phoinikès: 287, A, 1. 152;- Kérameion: -287, A, 1. 147;-Chersonésos: 461, 8b,
1. 56 ; - Thaléon (?) : 366, 8, 1. 11-12; - propriété inconnue: 338, Ab, 1. 79 : [TWV U1t")Ep6.m~V xcd
TOÙ l1t"vwvoC; X... 8t.a.xt:GcxcrO(ott]; sans. doute il. restituer dans 1406, B, 1. 13-14 : t1t")v<7JVot Xota' U1t"tpW[tov.

L'brv6c;, le «four de cuisson. ou «fourneau. domestique, est assimilé par diverses scholies et
gloses aux termes qui désignent le trou d'aération et d'éclairage J. Par là il se distingue du mot
brvwv, qui ne se rencontre qu'à Délos, dans des lisles de bâtiments du Ille siècle. Un peu plus de
la moitié des domaines ruraux possède un brvwv. Les hiéropes spécifient à l'occasion que cet
hrvwv, qui est souvent loué «sans portel, se trouve dans un jardin (Kérameion)', ou qu'il est
soutenu par un poteau (Charoneia), et qu'on y procède à des réparations. La mention de nlrv6w
est fréquemment rejetée il. la fin de l'énumération des bâtiments du domaine, sans que l'on
puisse en percevoir la raison exacte, landis qu'à Panormos, on le note entre le pailler et Je
• petit étage., enfin, dans une ferme située il. Mykonos, il est placé entre la bergerie et l'andro-
nion, et pourvu d'une porte. D'après tous ces détails, et la formation du mot à l'aide du suffixe
locatif -wv, l'brvwv est manifestemenl un local ou une construction particulière contenant le
four (angl. bake-house), et non une cheminée ou un dispositif permettant l'évacuation de la
fumée et qui se trouverait relégué dans une pièce ou il. l'angle d'une cour.
Sur le terrain, il. quoi peut correspondre, concrètement, un brvwv 3 ? La question se
complique du fait que dans la Grèce antique, la cuisine ne nécessitait pas une pièce spéciale:
quand on ne se contentait pas tout simplement de réchauds portatifs - ce mobilier en terre
cuite dont de nombreux fragments ont été retrouvés à Délos - , ou encore de petits fours sur
pieds, en deux parties favorisant une circulation de l'air chaud', le fourneau fixe pouvait être
caractérisé par un dÔme en terre avec une ouverture sur la face, ou encore un conduit de
cheminée plus ou moins large, qui n'est souvent qu'une section dans le plafond, au-dessus ou il.
proximité d'une table de cuisson faite d'un bloc avec une cavité, comme dans la reconstitution
des «cuisines. des maisons 0lynthiennes 5 • Un passage de la Samienne de Ménandre suggère

(1) Voir V. SVORQNOS-HAIJJIM"ICHALl5, • L'évacuation de la fumée dans les maisons grecques des v' et
Iv" siècleu, BCH 80 (1956), p. 483-506, surtout p. 502sq., oi! sont citès:
lillrpocration, •. v. t,.,.(,~, -ro !,-œyc~pcill", ~ l«.t~6K"), ~ 6 'PlX\/&;. Mépo~ on T'ijç olxlo.ç Tl. Mr61U"ll" ttlXjl' ~fli~ l''''Y~'p~io~,
tirn.., al KUp~ l~ -9j ><&:!,-~\IO~; Hésychius, s.~.lTtV6<;: K.i!,-~\IO~, <pOüp\lO~, 'l'œ~, x).{6otvoç, l""yclpCio~, Dans une inscription
de Cos, Syl/Wt', 1027, 1. 13, dalèe des IV"-lIl" sièclesllv, J.-C., le mot [,.,.(,~ signine .lucarne •. En tout cas il ne saurait
être a!lSimilé, comme on l'a parfois cru, aux .latrines., KOlt~~: voir il ce sujet L ROFlRHT,. Hèraclite et IJOn fourneau.,
O~ra Minora 3, p. 1538-1550.
(2) l:..[....c:.~ de Kérameion ne doit pas concerner un four pour la CUill80lI des céramiques, car contrairement li
"!,-,voç, lTtV6<; ne s'applique pos au four du potier ou du hriquetier.
(3) Je remereie O. Didelot pour nos discussions A ce sujet.
(4) M,-CI. AM"OURETII, Lt pain et l'huile dan. la GrotCt antiqUt (1986), p. 143sq" renvoie A un exemplaire de
l'Agora d'Athènes (P 2116), ainsi qu'A des terres cuites héotiennes du v< siècle, comme Louvrtl B 117. B. A. SPAlHŒS,
.The Greek Kikhen., JHS 82 (1962), p. 121-137, et 85 (1965), p. 162-163, parle Apeine des foun, surtout de la vaillSelle
de cuisine. .
(5) ROBINSON-GRAHAM, Ezcallalion. al Olynlhu. VIII, p.191 ng.14. A Thuos, d'après Y. GIIANIJJHAN,
Recherche•• ur l'habilallha.ien à l'tpoque gruque (1988), p. 413-414, on utiliSllit en principe des réehauds portatifs, les
fouilleurs n'ayant retrouvè que très rarement des foyers nxes, dèlimitès par des murets, et aucun four proprement dit.
- 175-
même l'existence de cuisines sous un auvent.: Et ..oum&:v~ov XIX"&:G"~OV, est.-il demande v. 75~76.
Peut.-êt.re les lat.tes ment.ionnées pour l'[me:; délien, dans 204, 1. 40, étaient.-elles dest.inées à une
sorte d'auvent au-dessus du four?
Il est notable que les publications déliennes ne mentionnent que rarement, et toujours
avec prudence, des cuisines. Reprenant les réserves de Chamonard, Delorme a cru reconnaître
une cuisine dans la pièce A' de la Maison de l'I-Jermès, car elle possède un pavement, elle est à
l'écart du centre de l'habitation, elle abrite un évier' : mais il n'est pas question, ici, d'un four
ou d'un foyer fixe, cette pièce serait plutôt un espace destiné à la préparation des aliments, la
cuisson ayant dû se faire avec des rèchauds portatifs 7, ou dans un four fixe situé ailleurs -
comme aux abords de la Maison des Comédiens, où le four (un dôme de terre effondré) se trouve
dans un angle de la cour BK '. Pour sa part, Ph. Bruneau a interprété comme une cuisine la
pièce A 1 dans la Maison des Tritons, qui conlenait, sur un sol en terre battue, deux fours en
terre et un réduit, le puits étant dans la pièce voisinee: ce type d'installation pourrait effec-
tivement être qualifié d'tmlcil'ol.
La fouille récente de la f ferme aux jambages de granit. 10 paralt., elle aussi, avoir permis de
mett.re au jour un t7t'o'wv. La palOtas donnant sur la cour k de la ferme est. bordée par une colonne
dans le prolongement d'un muret., elle formait ainsi un petit. local sans doute couvert. de tuiles.
On y a trouvé des éléments de réchauds mais aussi, dans un angle, un foyer fixe, et. dana l'angle
opposé, sur un socle de granit., un four conique en t.erre et f fragments de panse d'amphore
disposés en corolle •. Dans un domaine agricole, l'exist.ence de l'tmlWV se justifie par la nécessit.é
de nourrir un nombre relativement. important de personnes; il Yavait certes plus à cuire ici que
dans la plupart. des maisons urbaines, où un équipement léger pouvait suffire.
A côté de ces !7t'o'i:)'oItç, Délos a encore livré, dans le Quartier du Stade, une installation
complexe qui pourrait correspondre à un véritable restaurant, d'après sa ressemblance avec les
comptoirs de quelques boutiques pompéiennes (pl. IX, JO) 1\.

LTr1'b8po~O'li, b

(&+<a.., ~)

l1f1fOSpo~O'li : hippodrome, ch{Jmp de courses pour chevaux : 104-11, A, 1. 16-17 : dans la 2e moi-
tié du IVe siècle av. J .-C., location de '1::m63po!J.oç xott x~Tt(o<;; 104~19, A, 1. II : location de
T!t"lt6a(po!J.oç]; 104-26, A, 1. 9 : -rov t::mMpo!J.o[v] xlXl -dJ[v &'f'tO"LV]; 142, 1. 9 : "0'01 '1Tt(1t6]8po!J.ov; 149,
1. 2, et 152, B, 1. 6: location de "Toi) 'l::mo8p6!J.ou; 158, A, 1. 11 : en 282 av. J.-C., location ..oG
'l::mo8p6!J.ou xlXl rijç &:'f'tG«oJ<; (méme formule: 161, A, 1. 11; 162, A, 1. 9; 199, A, 1. 5-6); 287, A,

(6) BCH 77 (1953), p. 451 et n. 3


(7) Qui J!'Ouvaient, au bellOin, être transportés à l'étage: en erret, dans la Maison des Sceaux, G. Siebert a trouvé
à l'étage de la vaisselle de cuisine et de table, avec des amphores stockées (Bef! 112 [1988], p. 763). On imagine bien des
repas à l'aide de .barbeeueSf sur les terrasses, comme aujourd·hui.
(8) EAD 27, p. 10, pl. 2.
(9) EAD 27, p. 98.
(10) M. BRUNET, BCf! 113 (1989), p. 754-759, et fig. 14, 19.
(11) La destination de l'installation visible dans l'habitation BIde l' Insula 1 du Quartier du Stade, constituée
par une maçonnerie rassemblant quatre foyera qui communiquent entre eux, et possédant une ouverture pour le tirage,
restait neanmoins énigmatique pour A. PLASSART, BCf! 40 (1916), p. 170; il est certain que les ouverturell percées
dllnll dell dallell de gneiss recevaient des rédpienUi, mais était-<:e pour des alimenls ou pour les mixtures d'une teinture-
rie? Enfin, on ne se laissera pall abuser par le grand four (de potier?) à l'angle Nord-Oueat de la salle Sud de la Palestre
de Granit, sana doute postérieur à la phase d'activité de l'établissement: DELORME, EAD 25, p. 37.
- 176-

1..32: en 250 av. J.-C., location 'Toti !1mo8p6jJ.ou, 1. 78 : 'TOLC:; ŒplXa~v tx 'Toti 'hmo8p6fLou T1Jv v~(o)x6pov
'Toti KlXp1XTT(OU o(xou, 1. 143: état des lieux du domaine dit 'Imt68pOfL0C:;; 352, 1. 12: location TOti
'hnro8p6jJ.ou; 1417, B II, 1. 114: au milieu du Ile siècle av. J.-C., location du X1jl'tOV TOjJ.7t'p6npov
7t'p6aoV't<X 'TW~ 'l1t'1to8p6jJ.wt.
&+«aL'i : ligne de départ: voir ci-dessus, et 104-11, A, J. 17-18 : location de l'Œq;{ca~c:;.

Dès le IVe siècle, un lieu nommé '11t'1t68pojJ.oc:; figure parmi les domaines d'Apollon. D'après
la manière dont est formulée la location, il semble qu'il se constitue en réalité de trois parties 1 :
l'Hippodrome proprement dit, l'Aphesis, ou zone située aux alentours de la • ligne de déparlt,
et un .jardinlt, x1j7t'Oç. L'aphesis est même, il un moment, louée seule.
En tout cas le mot tmr68pojJ.oc:; n'apparaît jamais, à Délos, dans le cadre de jeux, comme on
pourrait s'y attendre d'après notre moderne .hippodromelt, qui évoque immédiatement un
grand bâtiment elliptique à gradins. Même la mention de la ligne de départ, qui existe dans les
hippodromes comme dans les stades grecs!, ne doit pas tromper. L"I1t'1t68pojJ.oc; délien est une
propriété d'Apollon parmi d'autres, plutôt modeste, avec une porte donnant sur une cour, et
des locaux pour les bêtes; d'après cette description qui nous est donnée au milieu du Ille siècle,
ce domaine se consacrait pour l'essentiel à l'élevage. Ainsi se confirme ce que les savants
intéressés par le sport ou les spectacles du cirque dans le monde gréco-romain avaient déjà eu
l'occasion de remarquerB : au contraire du circus romain, l'hippodrome grec n'avait pas en
principe de structure architecturale fixe, c'était, depuis le témoignage des poèmes homériques,
un simple champ, marqué par quelques bornes qui devaient, au moins pour une part, corres4
pondre à l'Œ1pca~c:; délienne f . Il était naturellement assez vaste et suffisamment plat pour conve-
nir de temps en temps à des courses de quadriges ou de chevaux montés, les spectateurs
pouvant s'installer sur une éminence voisine, mais dans l'intervalle de ces jeux d'origine aristo-
cratique il était banalement loué et mis en pâture. Le même phénomène a été signalé pour des
stades, qui présentent pourtant un encadrement architectural: ainsi à Livadie, où, vers 205 av.
J.-C., sont notées les recettes de !'arrermage du stade, après la célébration des Basileial>.
On peut considérer que l'hippodrome d'Olympie nous est à peu près connu, grâce à une
description de Pausanias; il avait des bornes de demi-tour ct des portillons de départ'. Au
Ille siècle av. J .-C., une inscription de Delphes parle aussi des kampleres de l'hippodrome 1. Seul
J'hippodrome du Mont Lycée, en Arcadie, est encore bien visible dans la courbe naturelle du
terrain, il y avait même des gradins pour les spectateurs, mais la ligne de départ n'a pas été
retrouvée 8.
Quant à l'hippodrome délien,.sans doute aménagé peu après la purification de 426', sa
situation a longtemps été controversée. C'est en cherchant une large bande de terrain point

(1) J. TRSHEUX, Bull. êp. 88, 873.


(2) Cf. DcnY8 d'Halicarnasse, Ani. Rom., VI, 94: ml 'l'OV IJ.CYla'I'ou [mmap6l.l0u ~PI.ldO'I'I, Ù1\'tp ~Ù'I'",ç '1'.7.1; li<piO'c..; : IG
III, 1035, J. 50 : "''i'iO'c..; 'l',,,ç &".6 'l'w'< Ô<rn>'1]Y(,>'< '\'tIÙ n~"~6't)'W(lï,,où :E'I'ClII!ou. Voir notre rubrique lXr'II'>'~ sous 0"1'6;/11.0", in(m.
(3) En dernier lieu: H. A. 1-!AIlHIS, Sporl in Greeu and Rome (1982), p. 161-172, où l'exemple délien est bien
analyllé; J. IL HUMPHHEY, Roman Cireule•. Artn/U (or Chariol Racing (1986), p. 7-12: .The nature or m08t Greek
hippodromes i8 al!lO doubtle88 responsible for the fact there is no known example of Greek Ciassicill hippodrome having
been converted inta a canonical - i.e. monument.al - Roman cireu$l.
(4) La mention, dans les compLe8 de Delphes {BOUSQUET, CID II. n" 76 Il, 1. 63, et n" 93, 1. 52), d'un archilecte
de l'hrn%<pt:a..;. 8alarié sur 7 mois, montre bien que c'e8t la zone de la ligne de départ. qui nécessit.ait des matériaux de
construction, et un certain entretien.
(5) BOl 25 (1901), p. 268 et 372.
(6) HUMI'HREY, I.e; J. EnERT, Nikephoros 2 (1989), p. 89-107.
(7) J. POUH.LOUX. El. delphiques, BCH Suppl. IV (1977), surtout p. 1061. 35-39 (= BOUSQUET, CID Il, nO 139),
et p. 120.
(8) M. JOST, Sancluaires et culles d'Arcadie, EIPêl9 (1985), p. 182.
(9) D'aprés Thueydide (111. HM. 6), c'est en erret aprè8 cette date que les Athénien8 instituèrent il Délos des
course!! de chevaux.
- 177-

trop accidentée, dépourvue de ruines, et en tenant compte de la présence d'un X~7rol;, qui
invitait à ne pas s'éloigner de la basse vallée de l'Inopos, que Ph. Bruneau a finalement opté
pour la zone à l'Est des palestres: «une très vaste esplanade, limitée par un puissant mur de
soutènement, probablement archaïque .10 (pl. IX, 31 et 32). Cet hippodrome a pu à une certaine
époque être désaffecté, car au Ile siècle av. J.-C, il n'est plus question que d'un «jardin proche
de l'ancien hippodrome •. J, Kent a même pensé 11 que les courses de chevaux avaient déjâ eté
supprimées sous l'Indépendance, les Apollonia ne mentionnant pas de prix pour les vainqueurs
à ce genre de courses; il rappelle aussi que dans un contexte de dépenses pour des bâtiments,
les hiéropes signalent qu'une néocore fut exhumée dans l'hippodrome, il en conclut que ce lieu
devait faire en 250 av. J.-C. l'objet de travaux de construction. Néanmoins, un compte de peu
antérieur parle d'une course tmno\J (203, A, 1. 67), et l'exhumation de la néocore a pu se faire en
bordure de l'hippodrome, sans impliquer à coup sùr l'abandon des courses.

LcnO~ : voir fAO..o.8pov

'ax_8upov : voir 8upu

ka.Ao.fAl~ : (petit) roseau, (au pL) claies de roseaux: 144, A, 1. 61 : en 304 (?) av. J.-C" l«lÀa./Ltatç
(...) cù;; Tèw i:axa.pwva., 1. 62 : 1ta.plXxo/Llfa)a.{at T)OC ycTaa. l«lt 'fOCl; XlXÀa.IJ.Taa.Ç XIX! 'fOCç È1n6À~'fa.ç ; 145,
1. 22 : prix riil; l«lM./LTaol;, 3 dr.; 156, A, 1. 28 : 2 xa.Àa.P.i'8cl;, 4 dr. 3 oboles, 1. 32, Xa.Àa.P.tl;, 1 dr.4
oboles; 182, 1. 5-6 : dans le gymnase, xIXÀClp.it:8IXç; 204, 1. 39 : en 268 av. J .-C., 4 XlXM.P.i'8CÇ, 4 dr. 1
obole; 219, A, 1. 52; 366, A, 1. 36 : vers 207 av. J.-C., achat de bois et de XIXÀIX. pour la Salle
hypostyle, 1. 40-41 : 130 XIXM.. pour 1 dr, chacune, 1. 49 : livraison de alp'lxtaxouç, XlXM.lJ.talXl;, et
xCPIXP.t8a.l; ; 369, A, 1. 16 : livraison de tuiles et de XlXM.P.TaCÇ.
k4AC1JlO$: roseau: 144, A, 1. 81 : sur le Temple de Déméter, X«ÀIXP.OV ~Tl:teiv'ft.

Les troseaux. sont souvent notés dans les comptes des hiéropes, avec d'assez forts écarts
de prix jusque dans un même texte, qui peuvent s'expliquer par des variations de qualité et de
taille. Mais y a·t-il une réelle différence entre les termes xa.Àa.IJ.(ç et x«Àa./LOç ? La valeur diminu-
tive du suffixe -t8- n'apparaît pas clairement. On notera surtout une plus grande fréquence de
xa.À1XP.tÇ, qui peut être traduit, au pluriel, par .c1aies de roseaux., et s'applique à l'emploi
architectural du matériau, alors que XMIXP.OÇ est simplement la désignation primaire de ce
matériau aussi solide que souple 1.

(10) GD 75, et BCH 103 (1979), p. 91-92, où l'auteur revient ~ur ce qu'il avait admi~ en 1968, dat.e il laquelle il
pensait que l'Hippodrome avait Hé déplacé et (lue sa localisation demeurait incertaine. Dans BCH 45 (1921), p. 531-
532, il eat question, sur l'emplacement aujourd'hui retenu, d'une _tribune présuméu, en granit, et d'éventuels restes
de .stalleso: ces remarques n'ont pas, pour l'instant, reçu confirmation.
(11) KENT, Temple Eda/eI, p. 255-'256, n. 30,
(Î) Cf. BEKKI>Il, Anec, Graeca, 269, 25 : l«l>'«I'<3a.ç, d.ç w. Mytll"-/;VŒ<; wH_., hui Œ.ro ..w ..... v yl...l......., • ~ 'mù.;
&.]),,,..où.; >t<Ù6.1'''U<; ,"où.; ~P(>. aWalf(Jl"-"v ,"wv ~M'I6laWV l«lu<r<pw..,.o.'"wv rijç "l.."ool"-la., : .Ies claies de roseaux, que nous
appelona aujourd'hui bra~es, parce qu'elles sont faites de roseaux: aoit les roseaux femelles utili!lès pour la liaiaon des
petites poutres qui couvrent la conatruction.,
- 178-
A Délos, les roseaux sont toujours attestés en rapport avec un loit. Au relevé que nous
donnons, déjà suffisamment explicite, peuvent être ajoutées quelques précisions; dans 145, la
ligne precédant la mention des roseaux (1. 22) signale des bn6>.~ - comme c'était déjà le cas
dans 144, A, 1. 62 - , et celle qui suit des 3oxoUç; dans 156, A, 1. 28, les X«Àl:l1-ti3cç voisinent avec
l'operation de la SOp<ûGLÇ, avant d'aboutir à l'apport de .petil.e8 poutreu, SOXl4. Ces roseaux
font donc partie de la dernière couche du loi t, au voisinage des tuiles. €ventuellement placés
au-dessus des bn6>.iynl; qui formaient voliges', ils constituaient un matelas isolant sous les
tuiles de terre cuite, dont l'erficacité était augmentée par la couche d'argile de la SOpwau;'. Leur
emploi est également connu à Delphes', et a subsisté jusque de nos jours.

ICcUU~~, TO

(1Ta.pa.KcUU~~a., Ta)

KcUUI'I'U: - pelile planche de revêtemenl : 144, A, 1. 42 : en 304 (1) av. J.-C., dans l'Oikos des
Déliens, Tijt 30XWl XlÎÀUfJ.1Ul1ro\TJGIXY't"t; 145, 1. 12, pour couvrir les Propylées, ~UÀIX dc; [3]6xux xa.l
aql'ij~)U1.t XlXÀÛI-tIUl't[IXJ; 15fi, A, 1. 72 : peu avant 282 av. J.-C., dans la palestre, Tà. XlXÀUJ.LJ.LIXTIX xlXl
T'OÙ/; a'f/~)U1.C;, 1. 82; 1416, B l, l. 9: au milieu du Ile siècle av. J.-C., dans des instructions
données à des loeataires, <p1X,....wIA-IXGtV et GtpllK{axOLÇ et èfL{6)À~t et XlXÀÛ!J.!LiXTl.
- couvercle (de caisson de plafond): 165,1. 22: en 276 av. J.-G., pour le plafond du Pythion,
TW!J. nJ.{lv6cJ{w.... "l"à. GeCJ'J'j"lt'6"l"1X XI:d "l"w'Y XlXÀUIA-~"'l"loiV W. zpljt1;OV't"1X )U1.lW: 7ro{llGIXvn..

1TClfKLKCUU......U : coffrage: 442, A, 1. 229 : en 179 av. J .-C., pour les portiques de l'Hérakleion, du
bois IEk T[ôJ1t«pIXXŒ>.u~ TO :ItlXprt TIX'ü; xoupa.'ü;.
Formés sur la même racine que le verbe XlXÀU:ltTW, les XlXÀu!J.IUl"l"1X ne peuvent être que des
• planches de revêtemenlt. Dans la pratique, elles sont utilisées à des fins diverses l . Le plus
souvent, il doit s'agir de voliges t interposées entre la charpente proprement dite et les tuiles, et
dans ce cas, il est malaisé de les distinguer des hn6>.~ : dans les consignes données aux
locataires des. immeubles sacres l, l'emploi de è!J.6>.iJç (ou btt6>.iJc;) sur le même plan que x.&Àul-4o'-IX
dans 1416, B l, 1. 9, peut s'expliquer par l'allusion à une planche de revêtement d'un autre
type, peut-être un coffrage ou un planchéiage plutôt qu'un couvercle de caisson de plafond, car
le terme tplÎT'lWIUl, donné dans la même énumération, doit en principe désÎgner l'ensemble du
caisson 3. Encore que Photius assimile les )U1.ÀÛIA-IA-IXTIX à des tpIXT'lWIA-IXTIX, en renvoyant à Arislo-
phane '.
(2) Pour VAI.LOIS, Archilec/uNl TI. 2, p. 401-402, leal,n6).~ devaient être placêt aur leal«Ù.Oll/-'i&;, S8na doute
paree que Iel! premiel'll sont moins chel'll que Iel! lleeondea - ce qui en l'occurrence ne signifie rien, car la matiêre n'est
paala même-, et peut-être aUMi d'apm l'énumération de 144, A, 1. 62. Mais nous Nlvons par maint8 exemples que les
inscriptions ne 8uivent pat néce88airement l'ordre de la con,tl"Uction lonqu'elle. donnent une liste de fournitures. De
son côté, H, LATTRIl/olANN, BeR 32 (1908), p. 291 et 301-302, voit bien \ea rotleaux clouét sur lea voligea.
(a) RoU!l(, Amphic/ionü:, p. 214 : ton interp<l8llit entre la charpente et lea tuile. det daiet de l'ORaux enduites
d'une couche d'argile (...). Ce tmatelau avait un double avanlage: 118 platlicité ablorbait le. imgulariléll del! tuilet,
éliminant Iel! rilMlues de cal:lllure, et lea collait en quelque sorte • la toiture; d'aulr-e part, excellent isolant thennique, il
empêchait le boit de trop lnIv.iller sous l'effet dei karU de tempf;r-atuI"U. Voir auaei notl'e rubrique 3op6w, .upra.
(4) BouSQulIT, CID Il, n- 56 l, 1.11,13: ~ (t'Out-entendu:~,comme dan, IUrodote, l, 79). Voir le
commentaire de G. Roux, Bell 80 (1956), p. 514-516.
(1) P.r exemple, pour f.ire de!! volet8 ou des plaques de dallage; voir 1. rubrique ~ dans ORl..ANI)()8.-
TRAVLOS, I.-ikon. (m.i, lei n!lférenCel .ux inscription' d'J::pid.ure concernent des couvercles de caiSllOn, non des
petites pl.nchet). Voir ,uui les remarques de VALLOIS, Archiltdure 11,2, p. 400.
(2) Comme pour l'Arsenal du Pi~, IG II', 1668, l. 57, et peuWtl'e à Delphel: BouSQulIT, CID 11, n- 113, 1. 3
(t pikeB de couverluru).
(3) Voir 1. rubrique "'~, in(ro.
(4) Le vert d'Aristophane dit: .:w; m ltV."l'+""-rloLl; m 0Ùt0-0I f'pc9CV (dans Axlcu Comiâ Graeei, III, 2, Arillophone.,
p.6b n- 70 [1984D.
- 179-

Dans la description du plafond du Pythion, le mot xocÀufolfoloc se rapporte sans aucun doute
possible à un couvercle de caisson, dont sont donnés d'autres exemples dans les comptes de
l'Érechtheion et ceux du Temple d'Asclépios fi Épidaure 5 • Largement ventilé par des fenêtres
et un lanterneau, le plafond 1 du Pythion devait souffrir des precipitations, et il fallut assez tôt
remplacer les • parties pourries. des caissons, O'tG1]Tl:OTIX, par d'autres «neuveSl, XIXtVOC.
Enfin, le composé Tl:IXPIXXOCÀUfol(J.!X doit s'entendre précisément d'un coffrage le long de cer-
tains. abouts de poutres., XOUpIXL. Cette acception ne se ren'contre pas ailleurs. Le mot se disant
en général de tout ce qui couvre, il peut aussi désigner un rideau ou un voile, au propre comme
au figuré'.

ICcV.UTr""P, 0
(~U>"W8plQio'i)

lCo,>"UTr"ftlP : (luile) couvre-joint: 203, A, l. 45 : en 269 av. J .-C., "t"à.l; XEplXfol(31Xl; XlXL "t"oùl; XIXÀUn:-rijPIXl;
d'O "t"à. Âw3txoc; 287, B, 1. 154 : 114 xocÀ. non employés; 372, A, 1. 163 : réception de xtpIX. et XIXÀ.
(de même, 400, 1. 43); 403, 1. 7 : tTl:t6évn xoc(Àun:Tijpoc'O?, L 39 : xtpIX. et XIXÀ. ; 439, b, 1. 22 : dans
l'inventaire de 1'0ikos des Déliens, XIXÀ. ct Tl:OCP&:pou<;; 440, A, 1. 79-81,83-85,90; 444, B, 1. 109 :
en 177 av. J .-C., XtpIX. et XIXÀ. ; 456, A, L 4, 5, 6 : réception de XtplX. et XlXÀ.
~U>"W8plQio'i : en forme de pierre de meule: 456, A, 1. 4 : en 173 av. J .-C., réception de XtpOCfol(OIX<;
et XlXÀUn:TijPOCl; foluÀw6ptoc(ou'O.

Les couvre-joints.

Les hiéropes distinguent toujours soigneusement les üuiles de dessous., xtPlXfol!3t<;, des
• couvre-joints l, xocÀun:Tijpt'O. Formé sur la racine de XlXMTl:TW, avec le suffixe -TIjp qui a pu donner
naissance fi des noms d'objets, xlXÀun:TIJp est le terme employé dans tout le monde grec pour ce
genre de tuile (pl. X, 34) 1. Dans la couverture de type laconien, le couvre-joint était de profil
curviligne, comme pour 1'0ikos des Naxiens z, tandis que dans le type corinthien le profil
extérieur était pentagonal, comme dans des maisons d'habitation mais aussi nombre d'édifices
civils ou religieux 3.
On sait qu'à Délo"" les tuiles étaient en général achetées par 'pairel, Ce:UYOl;, celle-ci
comprenant la tuile de dessous et le couvre-joint correspondant; notons que les 114 xlXÀun:TijPIE'O
signalés en 287, B, L 154, pour être restés inemployés, provenaient vraisemblablement des 255
paires acquises la même année, d'après 287, A, 1.111·114. Existait-il sur l'île des pièces où le
couvre-joint et la tuile de dessous ne faisaient qu'un? C'est ce que laisse supposer l'expression
xtpocfoll<; bdCuyo<;, employée à propos de la toiture de la Salle hypostyle, dans 366, A, 1. 21 et 23.
11 est possible d'y voir, soit un simple êquivalent ou une variante de la formule Xe:POCfolLOWV

(5) CASKt;y dllns STEVENS-PATON, Tht Eruhfhtum. p. 353 fig. 189, et p. 366-368. Pour f:pidaure, voir IG IV', 1,
10'2,1. 57, 58, 68, 77, 267, 271. oiJ l'on précise qu'ils sont, selon le ClIS, Ilvec ou sons figures.
(6) En bois et mllrbre? VALLOIS, Archilulurt 11, 2, p. 400 n. 4, pense en eUet que seules les plinthes et les
moulures étaient en bois. les dalles du couvercle étant en mllrbre, Cllr ces x!Ù."fLl"a:ra. sont distingués du resle.
(7) Exemples en littérature, dllns LSJ.
(1) On le trouve une seule fois il ~pidaure, à propos d'un enduil sur les couvre-joints: XII]).unTilP....V 7rpŒC'\"pv
XQ'Viot.,f~v .•. , d'après BUIWOIlD, Nolt., p. 315, 1. 5.
(2) P. COUIIBIN, EAD 33, pl. 15 et 62.
(3) EAD V1J1, 2, p. 319 et 320, fig. 196 el 197.
-180-

l:cVrOç;4, Soit plutôt un type particulier, ou la tuile plate ferait corps avec son couvre-joint: si la
formation du mot bdl:~ç; plaide en faveur de la pièce unique, contre celle hypothèse, retenue
par Vallois·, il faut rappeler que la fouille de la Salle hypostyle n'a donné que des tuiles plates
du type couranl el une tuile d'arètier', Il n'en demeure pas moins que la pièce unique, dite
4tuile à couvre-joint., existe â coup sOr ailleurs: déjà allestées dans l'épigraphie attique avec
l'expression fxoUO'GU TÔV (x]IlÀU7t'rijpll ~YI:fJ.6VI:ç; 7, des tuiles de ce type, aussi bien en terre cuite
qu'en marbre, ont effectivement été retrouvées au cours de fouilles en plusieurs points du
monde grec, alors même que ce modèle devait être plus fragile que la tuile simpleS.

Un type particulier de couvre-joint,

Tandis que les inscriptions attiques donnent le nom du I:couvre-joint à antéfixe., xcùmtT'ijp
tiv6tILWTOt;' (pl. X, JS), celles de Délos livrent un hapax dont le sens est loin d'être évident:
lLuÀw6PWOÇ;, dèrivé de l'adjectif fJ.uÀwOpbç;, .qui concerne la meule •. L'hypothèse de Vallois, qui
y voyait une pièce en lave comme les meules gisantes de Délos, laisse sceptique 10, et l'on peut
préférer comprendre que ce couvre-joint est, en forme de pierre de meule, Il. A partir de là, il
est possible de considérer que ce couvre-joint est concave, et de l'interpréler comme une pièce
de noue - c'est le parti que prend Durrbaeh dans son commentaire aux ID -, ou d'opter pour
l'interprétation d'A. Jardé, qui relourne ce couvre-joint pour en faire une tuile faitière, en
forme de selle II; toutefois, afin d'arriver à ce sens, Jardè est obligé de corriger fJ.UÀWOptlX(OUÇ; en
fJ.1I:).1l6p~IX{OUÇ;. Mais outre que toutes les meules ne sont pas concaves, les rouilles montrent que
bien souvent les tuiles de noue ne se distinguent pas du type courant de couvre-joint, tout
simplement retourné Il. Aucune interprétation n'est donc vraiment satisfaisante 14.

I(cLÀX'l. "
(I(piww, TÔ; XCÙl.I(Lov, TÔ)

I(cLÀX'l : raselle : 161, A, 1. 73 : en 279 av. J.-C., sur le plafond du Temple d'Asclépios, "t'r1 xp('IIl.
MuXWaIXvn. xo{t] 't'à.ç; xtiÀX~ XPUO'WO"IXV'ft, 44 dI'.

(4) Voir la rubrique llCp«,",~, infro.. Le prix d'unt! >U:PIZfLU; bt!~u-roc est il (leu prèllie même (lue celui d'un "'P"lll&,;,~
ta\i-yoç (5 oboles).
(5) Archileclure 11, 2, Il,377.
(6) gAD 2, p. 4243.
(7) IG Il', 1627 b, 1,300, Ce !!ont ici de- tuile- d'êgout, non de. tuiles courantell.
(8) RHerences dans OHLANOOS, /da/tri(Juz de œnliruclion 1. p.92 n. 1 et 2 (Acropole d'Athènes, e:leusis,
Delphes, Calydon, Corinthe, Trézène, Olympie, 8assae). Voir auasi O. WIKAIŒlm, ,Ancient Roor-Tiles, -US(! and
Function', Op. Ath. XVII (1988), p. 200-216. surtout p. 211 (,Combination Til",), N. K. CooJ'RR, The lk~lopmenl of
Roof Rt~lmtnt in I~ Ptloponnut (1989), p. 20-21, et. N. A. WINTRIl, da nI FinI Inttrnalion(J1 ConfU't!net on Archaic
Gr-uk An;hiltdural TtrNKOlltu, IIt~ptrio 59 (1900), p. 18-20 : ce type est inconnu dans le s).,t.eme laconien, On y
ajouul1I le cas particulier des tuile- l1Iyonnanle!l de la Tholos de Delphe-, avec 1,2 ou même 3 couvre-joints tlillea
dans le mê.me bloc: G. Roux, BeH 76 (1gel2), p, 442-483.
(9) IG Il', 1627,1.310, et. 1677 b, 1. 306, jNIr allusion à la jNIlmette qui Be drel!le sur la plaque de fermet.ure de ce
eouvl'&-joint. de rive.
(10) An:hil«lure Il,2, p. 376 n. 3 : il dklare avoir vu dans la Paltfltre de Granit. un opelit.eouvre-joint. fait d'une
matière noire analoguee. Ce doit tout de même ê.tre une exception.
(11) DRONNA, gAD 18, p, 124: ,Les complet de 173 menlionnent des X<Ù.'J'7t'rij~ ,",u)"t.t6pu.l!ou.:;, tuiltll creu!1e9
lIervant.li l'koulement dtfl eaux; leur nom indillUe qu'elles rap(lelaient 111 forme de ce1I meuletus primitiveso,
(12) DAGR, '.11. Tutum n, 6. L'inleqlrétation est n:pri!le par MAI1TIN, Manuel, p. 75.
(13) Ainsi il Thasos: voir Y. Gn"NOJ""N, Tluhuche• • ur l'habilallhasien (1988), p. 31l1.
(14) Voir les n:marques de M.-F. Billot Il ce sujet dans G1NOU"f;:s-M"'lTIN, Dictionnaire mtlhodique Il, p, 180
n. 159.
-181-

m~lal : 290, 1. 56; 366, A, 1. 3 : vers 207 av. J.-C., sur le plafond du
xc:L>.l(loY : (pe.lile.) rose.l/e. e.n
Néorion, èmaxw«aGU T« lœÀxlor. Tà. ('It"It1tOJ-nlxm, 84 dr. et 3 oboles.
I(p(yoy: (orne.me.nl e.n forme. de.) lys: voir I(6.ÀX'I, ci-dessus.
On sait que l'épistyle du Trésor de Siphnos l , celui du Portique des Caryatides, ainsi que
les monLants et le linteau de la grande porLe Nord de l'~rechtheion, sans oublier certains
caissons de plafond, étaient ornés d'appliques Rorales ou • rosettes. dites, dans les compLes de
construction du b:\Liment, x4ÀXl'J ou lful'J'. Tout en étant d'abord le nom du murex, wXl'J
désignait aussi une fleur très utilisée par les Anciens pour la confection de couronnes, le chry-
santhe.mum coronarium ou marguerite couronnée'. Transcrits dans le marbre, ces ornements
floraux bénéficient d'une dorure qui devait se faire avec des .feuilles., r.hllÀ«. De même, aux
caissons du plafond du Temple d'Asclépios il Délos étaient suspendues des X«).XIII pour les-
quelles on paye un bon prix la dorure. La formule se retrouve à Épidaure, pour le décor du
Temple d'Asclépios: X«).XIX~ xlll rXO"'t"!PŒI; XpUo"WcrIXI~. Mais il Délos, au lieu d'étoiles, ce sont des
~lylU, xptV(l, qui sont associés aux rosetLes, et par souci de réalisme on les .bI3nchilt, ),cux6w,
avec une fine couche de stuc ou de lait de chaux.
Le plus beau décor de plafond de ce type est conservé dans le péristyle de la Tholos d'Épidaure, où
jaillissent d'un bouquet d'acanthes, d'une part des lys, d'autre part des rosettes, qui diffèrent de celles
appliquèes sur le cadre de la portel,

Quant au mot XœÀx(O\l, il signifie habituellement. vase", récipient. en cuivre ou en bronze,


mais dans la pratique il peut s'appliquer â tout objet en mêlai'. Si bien que dans certains cas,
lù.xLo\l peut être considéré comme un diminutif de WIl'J pour désigner des rosetLes qui cetle
fois doivent être en métal, mais ne sont pas nécessairement plus petites que les xiÂIllt; comme
souvent en grec, il n'est pas certain que le suffixe -10'11 avait véritablement ici une valeur
réductrice. A Épidaure, des lœÀxlor. sont associés il des feuilles d'acanthe 7, c'est pourquoi la
traduction. rosetLe. a généralement Hé reLenue. A Délos, des XlXÀXlor. sont tombés du plafond du
Néorion et il faut les réparer: cetLe fois encore, il doit s'agir de fleurons .

....~P", ~
<tuM" ~)

l(u.,uipG : voûte. : 1893 ; au Kynthion, consécration de ri)... Xa:fLdpŒ'II.


arc (?) : 1839, 1. 9~1O; en 115-114 av. J,-C" sur un claveau, consécration au Nym-
+c:L>.lS : -
phaion de TYj." ~ŒÀtôlX xIXl TO OÛPWfJ.IX;

(1) DAUX-IIA.NB!':N, FD 11, u Trisor de Siphrlf», p. 157 et 100.


(2) CASKEY dans STEVENS-PATON, The Erechlheum, p. 364, avec un dèvelop()ement que je rtprends en partie ici.
Le noLt.emenl des COllllOnllell .'ellplique pllr une mélalhke d'aspiration (mais on trouve également X&),10.., pIIr Il!Iliimila-
tion).
(3) AÎns; que l'éerit DiOlCOride (IV, 58): lPUO:b80llo~ ~ X.uu..;, Belle reproduction dans Il. BAUMANN, Le oouquel
d'Alhino. Ln plan~. dan, /0 mythologie d forlgne' (1984), p, 8& et lig, 162.
(4) IG IV t , 1. 102, 1. 83.
(0) Illustration dans La Griu Clonique (L'uniNrt du (ormn), p. 64, lig.~.
(6) Méme en plomb, comme le aign:.le 8. ~h-:n;;n, d.nl ,XÙJlw., XiVJdo., IO"~ el XdxLcr. X~., Alli IUJ
XVII Congnuo Inkr. di Papir-ologia (Naples, 1984). Ill, p. IJ03.I3OB,. propoa des chudièrea (xdxci«) pour le bain,
qui d'.pm les papyrus 'laient. en plomb, au moins' partir du mO liècle av, J.-C. Elle nppelle auui que .dk Homere,
x.ù.>ccG< et. x~ ligninent. (~'WI et. (~, tans ..ererence exelusÎ'IIe au cuivre ou au bronu •.
(7) IG IV l, l, 102, 1. 242. Le l.uilron d'ORI.-'ND05-TR,,"VLOIUdopt.e. tort. pour celle ligne l'orthographe xùx"'~,
et. la donne encore pour plusieun paillages des ÎnscriptÎons de Délos, qui portent xù.ldoY et. ne concernent pas, â
l'exception de 366, A, 1. 3, des .rosetle", architecturales. En ..ealité le mot xùX"'" n'est attesté que comme aeholie
littéraÎre, au sens de .neur couleur de pourpre •.
- 182-

- passage voûté (?) : 2310, 1. 8 : en 96-95 av. J .-C., sur le mont Cynthe, consécration de t"o]
fJ-Œytpéov [XŒL "l"oX]" "l"pŒ1t"éÇOt" XOtl TYjv 4<OtÀ(80t;
- niche (?) : 2055, 2056 : en 117-116 av. J .-C., au Sara pie ion B, consécration de "l"0r." 4<OtÀt8Œ" XOtl
"l"OÙ" ~wfJ-oùç xcr.l TYjv Œvâ:6Ototv; 2229, 1. 10 : en 112-111 av. J .-C., au Sanctuaire syrien, consecra-
tion de 4<cr.Àt8Ot" à Aphrodite Hagné.

Kamara, la voûte.

C'est vers 80-60 av. J.-C. qu'un Italien a fait les frais d'une XOtfJ-OtPΠdans le sanctuaire de
Zeus Kynthios, et la dédicace a été gravée sur un «petit bloc de marbre blanc trouvé au
sommet du Cynthe&, d'après le lemme des ID. A. Plassartl a rapporté le texte à quelques
marbres incurvés, dont une clé de voûte figurant une étoile, et qui, assemblés en plein cintre,
ont pu former l'arc de tête de cette voûte: ils ont été découverts sur le versant Sud-Ouest de la
terrasse, là, sans doute, où s'élevait cette kamara, dont la structure exacte et la destination
demeurent inconnues (pl. XX. 66. a-b).
En dehors de cette dédicace, il n'existe pas d'autre attestation, à Délos, du terme XotjJ.OtpŒ,
alors que des 4<cr.À(" ou 4<0tÀ,t8~" sont mentionnées Il quatre reprises, toujours à une date assez
tardive. De fait, les deux termes sont de plus en plus fréquemment utilisés dans le monde grec à
partir de la fin de ['époque hellénistique: le premier s'applique alors à tout ce qui est voüté 2 ,
tandis que le deuxième est polysémique. La plus ancienne attestation connue de XotjJ.OtpOt se
trouve chez Hérodote (l, 199); elle concerne un chariot couvert, dans lequel les nobles dames de
Babylone étaient amenées au temple.pour le rite de la prostitution; le même mot est d'ailleurs
appliqué par Diodore (XVIII, 26) à la couverture du char funébre d'Alexandre. On remarquera
qu'en effet XotjJ.â:pcr. et ses dérivés sont surtout courants dans les inscriptions funéraires pour les
voûtes des tombeaux 3, mais quand il s'agit d'un portique, ils peuvent aussi désigner une
boutique voûtCe·, et la dédicace délienne trouve un pendant dans une brève inscription de
Kios 6 , aux termes de laquelle Aurélios Julianos a également fait élever TYjv xOtjJ.â:pcr.v. Les kama-
rai sont d'autre part bien attestées en f:gypte, où les maisons ont souvent des pièces voûtées,
construites côte à côte si ce sont des magasins ou des celliers',

Les diverses nuances de q;a.).lr:;.

Alors que la signification globale du synonyme 4<OtÀ{ç ne pose pas de problème, c'est sa
valeur exacte, dans chaque attestation, qui est plus difficile à déterminer'. Le thème 4<a.À-
s'applique à tout objet en forme de cercle interrompu (c'est-à-dire, principalement, des forceps
ou des ciseaux, qui dans l'Antiquité ont la forme d'un U), et finalement, par extension, il un

(I) EAD Il, p. 112, avec dessin !!ommllire.


(2) D'après Hésychius : 66).0" xupk..>, Io'h ","~pol, • tholos: e"llctement une voûte.; Pollux, X, 52 : d, ai x,""o:""'cr"
_1 otty<Vl"t<l x..l ","f.lO:P,"1.
(3) Nombreux exemples donnèll par KUBINSKA, Monuml!nls (unü(Jiru (index), ainsi que BUCKU~Il-RoBINSON,
&rdis VII, l, nO s 154, Hw, 163, 168.
(4) JG V, 203 (Isthme) ; dédicace de ri)~ "."oli~ ri)~ ltpO<; "Cn ""',"31w< aù~ 'rot.: lUx<lIl4Pwf.livol.l; oIxo." .le portique li côté
du stade avec ses piè<.:es voiltéeso. On comparera, au Pr~·tancion d'f;phèse, "Ii.; ltpoa:xc<[l'-i-ol>:/; ""'1'-]6:"", aùv =": >d~I.I;,
.Ies voûtes (lui y !!ont rattachées, avec leurs locaux, (lns. EphtsOI, IK, nO 462).
(5) Inl. KiQI, IK, nO 38.
(6) HUSSON, Oikiu, p. 122-128.
(7) Je résume ici le riche article de.l. TAILI.MlOAT, .Le thème oj>a).-, {où,.- en grec...•, REG 91 (1978), p. 1-11.
L'urigine de ce thème grec est il rechercher dans le mycénien pasaro, .anneau •.
- 183-
anncau fermé, d'où, en architecture, le sens de ,collier en métal, pour des colonnes', et surtout
d'arc dièdre ou d'arc brisé, qui a engendre celui de .voûte ou galerie voûlêe - qu'elle soit en
encorbellement (angl. corbel vault), une technique ancienne et relativement simple, ou en
berceau (angl. barrel ou tunnel vault), une technique plus complexe qui nécessite une ,clé de
voûte, - , et même le sens de niche. L'emploi relativement fréquent du mot ~k, à Délos
comme en dehors de l'Ile, illustre bien toutes ces nuances de sens. Sophocle utilise le mot à
propos d'un égout', et Platon pour un tombeau souterrain l'. Et les grottes artificielles ou
caveaux voûtés servant de lieux de culte dionysiaques sont normalement désignés par les
termes livrpo'l, ardjAcuo'l, [J.U16ç ou ~ClÀu;Il. Les galeries voûlêes ou vomitoires sous les gradins du
théâtre. sont aussi dites ~ClÀl3cç, comme le montrent une inscription d'Aphrodisias Il et une
remarque de Pollux, IV, 123 : Idp'lSi 6~a:t"pou mû,k x~d ~ClÀ(ç, 'parties du théâtre: la peLite porte
et la galerie voûtée •. La psolis mentionnée pour le stade de Delphes est interprétée par
P. Aupert, à la suite de J. Pouîlloux, en tenant compte de l'emploi du mot pour les théâtres et
en se remémorant le passage voûté à J'entrée du stade d'Olympie, comme un ,passage voûté
provisoire. pour entrer dans ce stade 13, une construcLion légére en bois il laquelle J'arc de
triomphe d'Hérode Atticus devait donner un aspect définilîr. Enfin, de même que xo:!L&Prx, ~ClÀ(ç
et ses dérivés peuvent concerner une boutique voûtée dans un portique 14. Quant au sens de
niche, pour un relief, une statue, ou tout autre objet, il ressort clairement d'une inscription de
Doura et d'une autre de Palmyre U.

Les psalides de/rennes.


En recensant, à la suite d'Orlandos·', les multiples emplois architecturaux du mot~,
Er. Will remarque que ec'est exceptionnellement qu'on peut en montrer une du doigt,!"', et
que dans la majorilê des cas le sens exact est loin d'être évident. Il est bien vrai qu'à DtHos,
dans la dédicace 1839, l'association avec le mol Wpw[J.4 fait a priori plutôt penser à un arc
surmonlant les jambages, et Vallois va jusqu'à traduire l'ensemble par, une porle arquée et des
vantaux" en signalant que la pierre ainsi inscrile, eplus haute il droite qu'à gauche, est. sans
doute un claveau ,li. Mais le fait que nous nous trouvions dans un sanctuaire des Nymphes, où

(8) Dans la &pianl~, Ez., XVII, 10-11 (exemple cité 1)llr J. Taillard3t, qui signale également des ~ ou
_"nneaux m~talliques. dana Ezod~, X XX, 4). Cet! cercles ne doivent plIa être confondus avec les IlnneleIA du chapiteau
dorique, dant le nom en grec noua reste inconnu. II faut donc corriger ce qu'écrivent GINOUVll:8-MAIlT1N, Dictionnaire
mélhodique l, p. 152 n. 162 {en (Ilit, d'lIprès LSJ): _40cù.{ç deaigne une moulure ronde soua un chapiteau, peut-être un
IIstragale •.
(9) Dilns sa piece perdue des 1.AlC(Wlll~, fr. 338 Snell, 367 Pennon (cité pllr Pollux, IX, 49): tTI"~~ 3'la",;t.C" 4oor,).E3«,
_naus llvons pénètrè dans une étroite gillerie voûtée..
(JO) Lois, 947 d : &lJx.,,~ 31 {mil yijc œ(,'l'OÎI; &!pylZO"~~ et...., ~l&x 'It(KlIlf,XYJ ),{6w~ 'ltoT4w~, _que le tombt!llu construit
l)Our eux IIOUS lerTe lIOit une gillerie voûtée, allangée, en pierTes IlbsorbanWu.
(II) E. CocHI> DI> LA Fl>flTF:, dans R«herch~. sur le. religion. dan. l'anliqui(t c1a"Îqu~ (1980, R. Bloch éd.),
p. 116-117 et n. 27.
(12) LI> BAJt-WAOOINGTON et FouCAnT, Voyage archéolOfliqu~ en Grice el en A,;e M"neure III, p. 371, nO 1586.
(13) P. AUPEIIT, FD Il, I..e Slod~, p. 94-137 el 166-167; J. POUII.LOUX, t.i. delphiqu~•• Bell Suppl. IV (1977),
p. 119.
(14) En Asie Mineure, Pap. Amer. !Xh. Aillen. III, p. 112, n' 187,1.8: n;.lI"roCh -rw..1<Cl6w.ro dxo<n. ~.w ni n
<Ilr.T,< ~p<:l mr. -r..... 4o<z().;.u.~, ,le portique de vingt cinq colonnes et les boutiques qui l'Y trouvent a"ec la
voûte., Ce sens de tvoûte. est pllrlois précise par un adjectif de la famille de kamara: Strabon (XVI, l, à) ~r1e de
~ t n ~':'O!t; hri. ~ ~, evoOles en berullu ediOén lur des pilier....
(Hl) F. CU'lOST. Fouille. dl Douro, p. 356, n' 2;' Pillmyre, c....NTIN&Au.ln~nla..re dn inKripiion. d~ Palmyre,
IV, n' 2 : l'in~riptiQn de III tour 69, ..., n ~ ~, ne peut l'appliquer qu'aux imagea dei! morts pl.des dans la
niche au-<leuus de la port.e.
(16) Mol~rÎauz d~ ton.lrudion Il, p. 235sq.
(17) ,Quelques ~nigmes dans les inscriptions délienne.., t.1. d~litnnts. Bell Suppl. 1 (1973), p. à94-596.
(18) Archil«lure 1. p. 166 n. à.

"
- 184-
l'on peut s'attendre à des installations hydrauliques dans le cadre d'un caveau voûté ou d'une
grolle, artificielle ou non 1$, impose de ne pas exclure totalement des sens possibles celui de
grolle voûtée où jaillit l'eau, les deux mots, o./Ilx.},1811 et 6upw/l-l1, étant alors dissociés. On connaît
eUectivement de nombreuses fontaines où l'arrivée de l'eau se f<lit p<lr un passage otÎ un cave3U
voûté 10, Et il n'en est que plus navrant de ne pouvoir connaître l'emplacement de ce Nym-
phaion. Toutefois, l'intéressante supposition de R. Vallois, qui le place sur les penles de la
colline du théâtre, près d'une des carrières de marbre 21 , n'est justement pas en contradiction
avec l'hypothèse • grotte. ou .caveau voûté. - qui est tout de même, reconnaissons-le, moins
satisfaisante que celle d't:arc. sur une porte.
Venons-en aux autres o./I(lÀ(ô~ç déliennes, Celle qui est dédiée au Cynthe, dans 2310, en
même temps qu'un magireQn et des tables, pourrait être une tonnelle provisoire pour des
banquets, ainsi que le propose judicieusement M,-F. Basiez". Par ailleurs, Er. Will a proposé
de voir t3 dans les psalides des inscriptions jumelles 2055 et 2056 les petites niches toujours
visibles de part et d'autre des murs latéraux de l'escalier qui méne au Sarapieion B, et qui est
encadré au départ de deux aul.els maçonnés, ~wfJ.oL L'hypothèse est tout il. fait tentante, encore
que les niches existantes paraissent être le fruit d'une restauration moderne: dans quelle
mesure est-elle justifiée? Admettons néanmoins que l'auteur de cetle restauration n'ait pas fait
preuve de trop de fantaisie. Dans ce cas, les psafides du Sanctuaire syrien (2229) pourraient
bien être aussi des niches, pour des lampes ou d'autres objets".
L'impossibilité où nous nous trouvons d'interpréter avec assurance les diverses o./I(lÀ(ô~ç
déliennes contraste avec la relative abondance des arcs retrouvés à Délos, et impose de se
demander comment les habitants nommaient ces structures. 'Ao./I(ç est, semble-t-il, exclu au sens
d'.arc en plein cintre. avant l'époque romaine2!>. Qualifiait-on de 0./111),1.0:; les arcades monolithes
ou cintres du gymnase 28, l'arc il. claveaux ornés des bonnets des Dioscures, dans la Salle
hypostyle, et les multiples arcs des citernes domestiques, sans parler de celle du théâtre, un des
fleurons de l'architecture délienne, datable du Ille siècle av. J.-C. (pl. XI, 36)? Un peu plus
récenle (Ile siècle) est la porte il. cintre en gneiss de la Palestre de Granit. Vallois mentionne
plusieurs arcs du même genre dans des maisons d'habitation 27, auxquels on peut ajouter un arc
en poros sur une porte de la Maison il. une seule colonne, et celui de la Maison des Comédiens,
sur un porche au pied d'un escalier t8 . Les voûtes proprement dites, XotfJ.6:pl1~ (ou 0./I(l),18~0:;?),
élaiel)t peut-être un peu moins nombreuses, ou en tout cas moins visibles: signalons, outre la
grande voûte en échine de l'antre du Cynthe, avec deux grandes dalles se contrebutant, la
voûte en berceau de la • citerne. de la synagogue 2i, quelques rares boutiques, ou celliers,

(19) Voir SETTIS, Eudra e ninfeti, p. 7018q. (symllosium de Pt.olémèe 11), et notl'{l rubrique wf''P-i:o~, infra.
(20) Voir les planches commodément rassemblées dans Pr. GLAslm, Anlike Brunnenbaulen (KPHNAI) in Gril-
chen/and (1983).
(21) ArdilectuNl l, p. 106, approuvé par BRUNEAU, Cul/u, p. 436-437.
(22) BASLEZ, Rtligicms orienfalu, p. 263-264. Mais l'auteur va peut-être un peu loin en voulant ijlol"ll assimiler
<j>dk; et oikos, au sens de salle de banquet,
(23) 1. c.
(24) Er, WILl., EAD 35, p. 102 : .des niches dont la fonction pouvait être utilitoire et comme on en voit dans les
maiSOnS de Dé108. Ce (lui fait htisiler à les chercher dans l'exèdre du nord-ouest, c'est leur multiplicité •.
(25) Voir notre rubrique &o+ok, supra.
(26) Dans EAD 28, il partir de ces cintres du gymnase, Ph. Bruneau et Ch. L1inas ont insisté sur la différence
entre les arcs et les cintres: d'un côté .Ies assemblages de claveaux., de l'autre • l'évidement d'Un linteau horizontal,
monolithe ou dilithe •. Et de citer quelques autres cintres déliens, jU8qu'alol"ll restés inédits.
(27) Archilecture l, p. 264.
(28) Références aux structures courbes dans le Cf), p. 50, et calalogue dans Th. D. BOYD, The Arch ond Ihe Vaull
in Gruk Architecture (Thèse Indiana Univenily, 1976, Xerox Un;v. Microfilms, Ann Arhor, 1990), p. 35-40.
(29) Détails dans BRUNEAU, Culies, p. 480-482, el pl. Il (coupes).
- 185- ........
également couverts d'une valUe en berceau., trois celliers voûtés en poros à l'Ouest de la
petite cour de l'Hôtellerie du thélltre l l , et la salle de bain tardive de la Palestre du Lac".

Origine et diffusion des arcs et des voûtes.


Le problème de l'origine des arcs et des voûles, de leur apparition et leur extension en
Grèce ne saurait donc être éludé ici. Pour sa part, Sénèque refusait de reconnaître dans Démo-
crite d'Abdère l'invenleur de l'arc appareillé, au ~ siècle, ainsi que le rapporle Posidonios, le
maltre de Cicéron. De fait, tous les savants s'accordent pour reconnaitre à ces structures
courbes une ancienne origine orientale, peut·êlre mésopotamienne puisqu'on trouve des voûles
à Babylone U , mais on sait que les voûtes, normalement en briques et en encorbellement (ou
plutôt en «las de charget), élaient aussi bien connues dans l'ancienne Égypte", et Luckhard
rappelle que le mot kamara se retrouve dans l'arabe gamar u . Les plus anciennes voûtes de
Grèce sont des structures souterraines, comme celle de la Terrasse d'Attale à Delphes, .enrobée
dans un remblai de terre qui compense en partie par sa poussée les poussées inverses des
berceauxt; il cetle remarque, G. Roux ajoute U que «l'apparition en Grèce de la voûte en
berceau de pierres appareillées, sur le modèle des voûtes orienlales en briques crues, n'est pas
actuellement datable avec précision t. Th. D. Boyd a voulu ratlacher l'introduction de la voûte
en Grèce aux campagnes d'Alexandre en Asie, où ses ingénieurs ont pu admirer ce genre de
constructions. En réalité, les liens entre la Grèce et l'Asie ne datent pas de cette époque, el
avant la tombe de Philippe Il à Vergina, vers 336 av. J.-C., on pourrait citer la voûle d'entrée
au Stade de Némée, attribuée à l'époque de Philippe Il (7)17, ou encore celle de l'hérôon de
Cassopé, daté «vers 350t-, si l'on acceple l'idée que cet. hérôon doit être celui du fondateur de
la cité, dont le synoicisme est placé un peu avant 350. Plus anciennement encore, nous avons
déjà évoqué l'emploi du terme ~«ÀL; par Sophocle el Platon, dans la seconde moitié du
~ siècle: mais s'agil-i1, dans ces deux cas, d'une «vraiet voûle en berceau ou d'un simple arc
dièdre en encorbellement."? La question principale est: comment el quand s'est fait le passage
à la technique du voussoir? Pour l'instant la séquence chronologique n'est pas fixée.
Il est certain que les Grecs connaissaient la voûte avant les expéditions d'Alexandre, qui
ont dû contribuer à la populariser. Mais il peut parallre prématuré, comme le font les
auteurs de la publication des fouilles de Cassopé, qu'en ajoutant à la voûle de ce tombeau l'arc
de la porte Ouest de la ville, on a des raisons de penser que ce serait à partir de l'~pire que l'arc
el la voûle appareillés se sont répandus dans le reste de la Grèce, en commençant par les
«lombes royales t de Macédoine. Celles-ci tiennent certainement une place de premier rang dans

(30) CHA)lONAHO, EAD VIII. 2. p. 338 et 283, lleuls exemples dans le Quartier du Th~atre.
(31) VALLOIS, Arehil«lun T, p. 264 n. 6.
(32) EAD 25, p. 97-99 (evoOte tur lauillt). Dans EAD JO, M.-Th. CoUILLOUO souligne IUllli l'importance du
motif de l'are en plein cintre «ur les st.elel runeraires de RMnM:.
(33) Voir R. Bp.5IiNVAL, T«hnolOfie de la ooûle dall' fDriMI aneiM (1984), et G. W. VAN BRCI(, _Arehes and
Vaul~ in the Aneient Near Ea«t •• Scitnli/it: Amu., July 119 (1987). p. 78-85.
(34) S. CLARKE - R. ENGELRACH, Anûenl Egyp/ian MafllOnry (1930), p. 18111q.
~) P. LUC:I(HAHO, Da. PrilHllhau. im plalemàiKhen und ..vmiKhM Atgyplen (1914), p. 43-45.
(36) FD Il. t.a lerraue d'Allalt, p. 138 et n. 2.
(37) S. G. MII.LBH, l1upuia 47 (1978), p. 84-88; 48 (1979), p. 96-103. La datation repoae tur un gnfflto nom-
m«nt un certain T~lelltas, dont 1« victoire aux jeux est, de rait. datee de aI.:WO av. J.-C. Miller ajoute comme indice la
rorme dei leltres, mais on tait que le crilère est dillCutable.
(38) I-fOEPPNER-ScHWA/'.'ONBH, lIau. und Sladl "m klu....Khtn Griedmland, p. I03-HI6.
(39) E. A. FRIiORICI(SMHV'>II. AJA 85 (1981), p.333-334, penche pour la premi~re Interpretation, mais Ph.
W. LF.:HloIANN, AJA 86 (1982), p. 438-440, prl!rère III seconde.
Kavav{!>, KaVWv - 186-

cet.t.e diffusion, et. l'on admet.tra que la t.radit.ion qui fait de Démocrite d'Abdére, un Macédo-
nien, l'invent.eur de ceUe t.echnique, doit. bien avoir un fondement. quelconque 40.
Est-ce toutefois à l'influence macédonienne que l'on peut. rapporter les arcs et voütes
dé liens, inaugurés dés le Ille siècle av. J .-C., et. surtout nombreux à partir du Ile siècle&!? Dans
ce domaine la prudence s'impose, car la chronologie et les modalités de l'intervention des
Antigonides dans les Cyclades ne sont. pas connues avec une parfait.e précision. On objectera, en
outre, que les édifices ouvert.ement. construits à Délos au nom des Antigonides ~ le Portique
dit. d'Antigone, celui dit. de Philippe, et le Néorion ~ ignorent les st.ructures courbes. Au
contraire, le Monument des Taureaux (Néorion, ou Pythion de R. Vallois) présentait peut-être,
au lanterneau du t.halamos, un arc dièdre qu'on a parfois voulu rattacher à une influence
égyptienne 42. A priori, il était en effet tout aussi légitime de s'interroger sur un éventuel apport
égyptien à Délos que sur une influence macédonienne, à partir de la voüte il. double pente
de l'antre du Cynthe, que l'on considère généralement comme un sanctuaire fondé sous
Ptolémée II en l'honneur d'Héraklès 43 ; ct par ailleurs des travaux récents ont montré que la
evraie_ voûte appareillée était également bien connue des architectes égyptiens, au moins il.
l'époque saïte, sinon plus tôt encore'". Pour l'heure cette question complexe parait devoir
rester en suspens.

KQYWv : ~ règle de' maçon: 104-4, aA, 1. 4 : au milieu du IVe siècle av. J .-C., dans le cahier des
charges du Temple athénien, xIXv[6v} ),tetv[wJt ope&.; 504, A,!. 3: en 279 av. J.-C., dans le devis
du plafond du Temple d'Apollon, mot entièrement restitué; 507, 1. 11 : dans un devis pour un
édifice indéterminé, 1tpàç [lhIXôlj'f"l]v XIXt xIXv6vll.
~ barre, barreau: 158, A, 1. 60 : en 282 av. J.-C., paiement à Deinocratès, qui a fait des
Xllv6(vllÇ]; 199, At 1. 29: en 274 av. J.-C., dans la palestre, des clous pour "t"àv xIXv6voc et-rijv
xÀ((J.IXXOC, 1. 35 : dç "t"oùç XOCV6VllÇ (à propos de portes 1),1. 59 : 16 a<p"l(x)taxOt [dç "t"oùç] XllvOVIXÇ, pour
les skenai du théâtre; 1409, Ba Il, 1. 44 dans un inventaire, xllv6vllÇ II.
Kavovis: pelile moulure plaie: 1403, Bb l, 1. 48 : au milieu du Ile siècle av. J.-C., dans un
inventaire, sur la porte du Néorion, x.]oc),xi XIXt XIXvov{8OC XOCt ~),ouç,
8la.c;TJ'"lS: niveau: voir ci-dessus, Ka.VWV.
Déjà chez Homère, le mot XllVWV avait des sens techniques t.rès divers, à partir de l'idée
première de _bagueUe droite _1. Dans un contexte architectural il représente couramment une

(40) Ces tombes de Macédoine nous offrent. the earliest and, at the same time, the most numerous examples of
the lise of vaulted construction techniques in Greek architecture., nole R. A. TOMl.lNSON, dans .The Architectural
context of the Macedonillil vaulled Tamils., ABSA 82 (19S7), p. 3œ>-312, L'auteur penche nettement pour une origine
macédonienne des arcs et vOI)1.es Ill)pareillés. Sur ce sujet, je n'ai pu consulter li temps K. DOftNISCH, Griechische
Bogenlore. Enlslchung und Verbrciluny des griuhischen Kûlslûngewolbes (DiSller1., Erlangen, 1982).
(41) VALLOIS, Archilcclurt l, p. 264sq .
. (42) P. GILBl':llT,. Influence de l'art égyptien sur l'art grt<: li Délos., AIPhO 14 (HlM), surtout p. 196-199. Pour
la retltitution - lrè~ hypothétique, soulevant des difficultés - de l'arc dièdre du Pythion, voir VAI.LOIS, Archilte/urt l,
p.278sq.
(43) VALLOIS, Archilte/urt l, p. 269sq, : après avoir rappelé que le monde mycénien connaissait déjà l'arc dièdre
en encorbellement, l'auteur se demande toutefois si, dans le cas de l'arc de l'antre du Cynthe, _la courbe peu profonde
des deux vel'llan\..l! ne serait pas uue imitation des modèles égyptiens, comme les I)lafonds légèrement cintrélU (p. 275).
(44) S. EL-NAGGAIl, us sysUmes de couoremenf dans /'arelli/ce/ure de l'tgyple pharaonique: les (Joules (Thèse
d'état dactyl.. Paris IV, 1989), Toutefois, l'auleur ne croit pas li une influence égyptienne sur la Grèce, dans ce
domaine,
(1) CHANTHAINI':, Dicli(lnnaire étymologique, S.(J,
- 187-

.règle. : cet outil, en général métallique, permet de s'assurer de la parfaile horizontalité d'une
assise, au moment de sa mise à niveau. Des prescriptions particulières pour son emploi sont
données dans le devis de Livadie : il faudra la polir régulièrement, afin qu'elle demeure
conforme à la .règle-élalont conservée dans le sanctuaire'.
Dans deux inscriptions déliennes, c'est clairement à cette règle qu'il est fait allusion: elle
est ici en pierre (104-4, aA, 1. 4) et utilisée en association avec le • niveau t, 3146~ .. (507, 1. Il).
Celui-ci est en forme de A, et fonctionne avec un fil à plomb'.
Mais cette traduction usuelle pour XIX%I\I ne convient pas toujours. Ainsi dans 199, A,
1. 59 : pourquoi taillerait-on des. règleu pour les sktl1ai du théâtre, en masse, dans seize pièces
de bois·? Le même compte, 1. 29, mentionne des clous fournis pour un kanon, ce qui exclut une
règle. L'objet est d'ailleurs vraisemblablement en bois, comme J'escalier mis sur le même plan.
Toujours dans le compte J99, on parle encore de XIX...o\lI1Ç à la 1. 35, et il semble bien qu'il soit
question de portes, dans ce contexte lacunaire. Dans tous les cas - et aussi pour 158, A, 1. 60,
car Deinocratès est un menuisier - , ce sont certainement des. barres. ou des. barreaux. qu'il
faut c'omprendre 5, Et même les deux Xll'tÔlIllt; de l'inventaire 1409, Ba Il, l, 44, sont très pro-
bablement, d'après le contexte, de simples. barres- en bois.
Le sens de • barreau t est bien attesté en f:gypte, il propos de fenêtres'. Quant au diminutif
XlXYO'IIU;, dans une inscription d'f:leusis 7 comme dans l'inventaire délien 1403, Bb l, 1. 48, c'est
sans nul doute une petite barre, qui sert de moulure d'encadrement pour une porte. En fait,
XIX'IIWII el XllYOIIU; doivent pouvoir s'appliquer à ioule espèce de • barre t, dans n'importe quelle
matière (il commencer par la tige de roseau), quel qu'en soit, dans le détail, l'usage exact. C'est
ce qui explique que dans l'inscription du Prostoon de Philon il Éleusis', ltllYOIIU; puisse se
comprendre comme l'assise moulurèe, de faible épaisseur, qui forme antilhéma derrière les
triglyphes.

KG'"!).t:Wv : voir KUTUYWylOV

souterrain (adj.) : 156, A, l. 33 : peu avant 282 av. J.-C., dans l'oikia Sosileia, paiement il ceux
qui ont nettoyé la terre ix 1"WII Xll1"llydwII otX1jf.l.ihWII, 1. 35 (restitué par Ph, H, Davis); 170, 1. 6 :
[1"1i x~1"&,YE:~ll otx~[(Lll1"I)'., el 1. 9-10,

(2) IG VII, 3073, l, 123-125,


(3) Poids de iii • plomb (_ ~),';'MIt») dans DEONNA, EAD 18, n- 577, et niveau en A avet ni • plomb, lenu
au-dessus d'un aulel par un arti"n, dan. O.;OI'lI'lA, tlnstrumenta de métier sur un relief de Dilo.., Bell 56 (1932),
p. 421 sq. et pl. 'n.
(4) Maigri l'avis de NAnTIN, Manuel, p. 184 n. 5. Et "n. eiler les exemples dtlient, le dictionnaire LSJ len
lient généralement au ten. de trègle..
(5) VALLOIS, Ardtil«:lun Il,2, p. 4O'l n. 8, propose de voir prkisément des t"bliérell' d.n. les konone. de 199,
A, 1. 59, mai. l'hypothbe parait. gTtltuite.
(6) ,Barreaux de fenêlrellt dans PSI 5, M7, 9. qui vont. de pair 'V\'le rexpression ~ 6upl.3cI;, tfenêlrell il
barreaux t, dans le méme lext.e, et dan. P. Mi,h. Zen. 38, 6 (illustration dllns HUSSON, Oikia, fig. 16).
(7) IG 11", 1672, 1. 156: dl; .....,..tb; lt41 t...-ri ....~ 6Î>p4lÇ. Voir egalement Aristole, Alh., XXXI, 13, 16. Le
diminutir _"'"""", plu. rare, .'applique aUMi il une pelile barre dans Philon de Byunee, &1" 76, 15, et Héron
d'Alexandrie, &1., 224, 24.
(8) IG 11", 1666, A, 1. 16.
- 188-
Alors que l'adjectif xor:r«ycwc; ou -r1X~~ se rencontre fréquemment dans les papyrus l, il n'en
va pas de même à Délos. Les inscriptions et les restes matériels sont en accord sur ce point: les
locaux lSoulerrainst - qu'ils soient entièrement ou seulement à demi enterres, puisque
XIlT«yIUOC; s'emploie dans les deux cas - sont plutôt rares sur l'Ile. Certains ne sont d'ailleurs
pas de vrais sous-sols, comme ceux de l'-=:tablissement des Poséidoniastes de 8érytos, qui
résultent d'un terrain en pente et constituent en fait, sur la rue du Sud, un rez-de-chaussée
servant de magasins ou d'entrepôts 1. Comme véritables sous-sols, nous ne pouvons guère signa·
1er que les quatre pièces ouvertes dans la zone Ouest du Sarapieion C.
En dècrivant ces dernières, P. Roussel 1 établit un timide rapprochement avec une inscrip-
tion trouvée à proximité et mentionnant un mégaron : or les fUllXpa. sont définis par Hésychius
comme des XIXTâ:YCLO~ olxijacLC; XIll ~llpIXOplX, et par Eustathe dans le Thesaurus à peu près de la
même manière: XlXTŒYlXtŒ otxij""IXTIX 6ij""Yrt"poC; xlXl ntpat';l6\/1lC;. Toutefois, dans l'état actuel de
notre documentation, rien ne permet d'afl1rmer que les chambres souterraines du Sarapieion C
servaient bien au culte, pour l'initiation, et n'étaient pas de simples entrepôts·.
Il est en tout cas certain que les xlXTllytLIX otXijJ-lIXTIX de 170, 1. 6, n'ont rien à voir avec ceux
du Sarapieion C : ce sont les mêmes que ceux de l'oikia Sosileia, déjà cités dans le compte 156,
qui d'après le recollage de Ph. H. Davis ne fait en réalité qu'un avec 170. Ces pièces, où de la
terre s'est amoncelée et que l'on. doit nettoyer, pouvaient servir de dépôts ou de débarras,
comme nos sous-sols ou caves d'aujourd'hui. Il n'est pas non plus exclu qu'il s'agissait d'un
local commercial, d'un atelier; l'épigraphie de l'Asie Mineure en oHre des exemples 1.

(ICCl1l'1'fA.CloV, TO; CcvWv, 0; 'lfClv&ICClov. TO)


ICCl1l'1'fA.ciov: boulique ou l'on vend du vin t-l de l'ipicerie, bazar, taverne: 156, A, 1. 15 : en 282 av.
J .-C., ho{XLOV TOÜ XIX'm)uIou (cf. 158, A, 1. 21 : T(;)~ olxlj!L&"t"w~ lv ote; "E'tl«Joc; xa:1t7j).Wt~).
KClTClYWylOV : auberge, hôtellerie: 219, A, 1. 84 : vers 271 av. J .-C., [TOÜ XIX}rIXYWY!OU?
CEVWv: auberge, hôtellerie: 104-32, 1. 3: au milieu du IVe siècle av. J.-C., location du ~EV[wv?)

'lfuv60Kclov : auberge, hôlellerie : 104-1 l, A, 1. 30 : au milieu du IVe siècle av. J.-C., location de
olxllXL Il, 1T1X~aOXIIo[~.

Le bazar-kapélion.
Parmi les boutiques de détail ouvertes à Délos, quelques-unes devaient être comparables,
toutes proportions gardëes, aux petits XlX1t7juIIX ou même à certains, périptères. de la Grèce

(1) HU8IlON, Oikicz, p. 131-133 (epoquee romaine et bYlllnline).


(2) Ch. PICARD, EAD 6, p. 54 lig. 47, et p. 11a-118. La destination tet aMUrfl= ~r la trouvaille de nombreux
contrepoids en plomb.
(3) Culin igJlplj~n., p. 55, 136-137.
(4) Voir notre rubrique ~, infra.
(5) Voir MAMA VIII, 356, l. Hl (Kar-a-Apc) : lpy-"lP"'"" x.:Ittycuo.. ; BucKum·RoflINSOS, &rdi. VII, l, n· 12,
1.5: ve", 100 ap. J.-C, ett mentio"net, danl on portiqoe. one texedret avec une apoth~ue • deux nivNuX" et. one
au~ _ ~ Danl 1416, 8 1, 1. 64, Durrbach et Roo_1 rtlIlilu~nt : lpyllG"ri;pI& &ûo:u.l im{&ya..? : maie ce &trait le
lieul ex-emple, • Delot, d""tlryc",.. au lieu de x.:IT«yclO", c'est pourquoi on imagine plutôt des nl.elien avec leu'" pièces il
l'Haget, .m(~.
- 189-

d'aujourd'hui, qui ne se contentent pas de vendre toutes sortes de menus objets, comestibles ou
non, mais alignent encore quelques chaises et tables pour ceux qui veulent consommer sur
place. L'emploi du terme par les écrivains attiques montre bien que ce commerce, dans l'Anti-
quité déjà, tenait à la fois de l'épicerie, ou plutôt du bazar(angl. relail shop), et de la taverne 1.
Le local qui était. loué pour celte activité n'était. rien d'autre qu'un ou plusieurs o'CxllfLlZ, sur
lesquels les textes déliens ne nous donnent pas plus de précisions. Chamonard, dans son étude
du Quartier du ThéAtre S , a noté que les boutiques sont des petites chambres simplement.
enduites de stuc blanc, ouvertes le long des rues passagères, certaines possédant. une deuxième
pièce en arrière ou à l'étage. Des ~1t'l]ÀE'ia:, qui répondent aux nècessités élémentaires des
pèlerins, devaient exister dans tous les sanctuaires, ils sont en tout cas clairement atLestés à
OroposJ.
On a pu écrire que le Xll1t'l]ÀIELOV êlait en fait une hôtellerie, comme le Tl:ŒMOXlELOV : sous
prétexte qu'on y sert. de la boisson, el que des crimincls ou des esclaves y t.rouvèrent asile 4. Si
le XŒ1t'l]ÀIELOV a pu jouer ce rôle, ce ne dcvait être qu'occasionnellement; c'est ce qui scmble
ressortir des analyses de Platon dans ses Lois: après avoir distingué Xll1t'l]ÀlEu'nx6c; et mxvô6)U:1Ja~c;
(842 d), il déclare que les Xll1t'l]ÀIELŒ peuvent, sur des routes désertes, loger des voyageurs en
détresse (918 d - 919 b). Il faut s'en tenir à l'ét.ymologie : ainsi que le rappelle Pollux (VII, 16),
le Tl:Œ'II3oxûov est bien une hôtellerie parce qu'il .reçoit tout. (Tl:ŒVÔOX-), y compris ceux qui
cherchent un !iL pour dormir, tandis que les mots commençant par Xll1t'l]À· (et rapprochés par
Hésychius de x.Œ1t'l], ~ -rpOlPfJ) n'évoquent. a priori rien d'autre que le commerce de détail'.

Les diverses auberges et hôtelleries.

De fait, 1't«v30Xl:LO'll et les mots de la même famille paraissent. être, jusqu'à l'époque impé-
riale, les termes les plus courants pour désigner une auberge ou une hôtellerie, si l'on considére
les attestations dans Timocréon (l, 10), au début du ~ siècle av. J.-C., puis dans divers écri-
vains attiques, et finalement en Syrie'. A Délos, c'est dans un acte d'époque athénienne qu'est
attesté un 7tG:v30XlELOV, dont le dieu est. propriétaire, el qu'il met en location (sans que nous
connaissions les termes exacts du contrat: durée, prix). Il n'y a rien d'étonnant à ce qu'un
grand sanctuaire possède ce genre de local, la même situation se produit à Delphes 1. De toute
façon, une île comme Délos, à la fois lieu de pèlerinage et place de commerce, devait. offrir plus
d'une auberge aux gens de passage, étant admis que ce local, qui relève du commerce, doit être
distingué d'une salle de banquet, dont la fonction est au départ religieuse, et qui a été erêée par
une cité ou par un groupe de particuliers; était·il permis, en outre, de passer la nuit dans un

(1) Anstophllne, l.y•. , 427, el Ec., 154 (lrllduil dllnl III CUF pllr ,cllbllrel.); Ly,ill!, 1,24 : on llchM,e des torches
dlln. un ~'tI. Le terme ne le lil pli! dans les poèmes homériques, pllrce que III chose n'exisuil plil. Pour la
dislinction d'llYe<: les llulret (ormes de commerce, voir M. l. F'INKELSTEIN .• "E4<1topcç, N«VdljJlC<, llnd KI",...,).o.;;. C/Ph
30 (1005), p. 320-336.
(2) EAD VIII, l, p.207tq.
(3) LEONAflP05, ArchEph 1923, p.36 n- 123. 1. 18.
(4) V. EHRENBERO, T~ People of Ari./ophllne. (1951), p. 113-116; M. ROSTOvnP.I'f', Sociol IInd Ecorwmie 110".-
lory o{ lM Htlltno".lie World (1941) Ill. p. 1628.... 196; Ch. lIAIlICIIT,' liel1eni!tillChe InllChrirten au. dem !Iel"llion yon
Bamo.., AM 87 (1972). p. 220. La Soudll ll!l!limile llu!l!li : ltro&oxM~ . 'lJ u~ . ~ ffllt,(c.orflo:u ltMz<.
(b) Je reprends iei les conclu.ions de L. H. KRAYNAK, IIOf/tlltriu o{ Ancitnl Grwu (Thèle Berkeley, 1984,
Xerox Uniy. Microfilm., Ann Arbor, 1986), p. Il sq. M~me ,'il ornel, enlre .utres, le .... ~ délien, ce lrlly.il esl
une synlhèle utile pllr.et! nombreu_ ri:fèrenees, d'lIulllnt plus que le Lezikon d'Om.ANOO8- TflA \'LOS llli_ de e6t.é lea
moa ..........,uü>'tI, ~x.rio>o, el f;1M>3o"""'tI.
(6) Aristophane, RII .• &lO (un vol de p.IIinsll lieu dans un pandokeion); Démosthène, 19, 158. Tous UlI te!llimonill
IIOnt IKttés dans KnAYNAK, o. e, IIYe<: ceux concernant la Syrie chrétienne (n- 96-97).
(7) BoUSQUBT, CID Il. n- 71, 1. 38 (332 lIY. J.-C.): n.u 'A"""~njDç -*><.,1",,1, (tUl't'iipctl; ~...
- 190-

hestiaLorion? Les lits n'y avaient pas, pour autant que l'on sache, cette destination '. Mais il est
probable que les voyageurs ne recouraient il une hôtellerie que s'ils ne pouvaient pas faire jouer
la solidarité ethnique ou professionnelle : l'~tablissement des Bérytiens, qui, avec sa forme
complexe et originale, était tout à la fois une bourse du commerce, une salle de reunion, un lieu
de culte et une hôtellerie, devait convenir à certains (pl. xxn. II' 57).
En dehors d'un 'ltIX'I3olU'i"ov clairement attesté, les inscriptions déliennes mentionnent aussi,
mais avec moins de certitude, un (CoIWV, sous la première dominalion athénienne, et un
Xll"l"«YWY~O\l, sous l'Indépendance, Lous deux appartenant à Apollon (à vrai dire, rien n'assure
que le pandokeion et le kalagogion ne soient pas un seul et même édifice). La restitution (r.{W\I]
doit être preféree, dans 104-32,1. 3, à l'hypothése (CoI[oBoxc'i"o\l] suggérée par l'éditeur des/D, car
il est établi que ce mot rare apparait pour la premiére fois chez Artémidore (l, 4), c'est-à-dire au
II~ siècle de notre ère; il se conservera jusqu'au début du Moyen Age en Occident, où le xellodo·
chium est un hôtel gratuit pour les pèlerins, tandis que (~6x~o\l est le terme usuel, en grec
moderne, pour un hOtel de qualité. Pour S8 part ~C\lW\l désigne, à l'origine, la chambre d'hOte
dans les maisons privées; l'hospitalité au sein des familles est en erret de tradition en Grèce,
comme on peut le voir dans le monde homérique, et au moins jusqu'à l'époque où la cité sc
développe et s'arrermit, arraiblissant du même coup le système archaïque des relations d'indi-
vidu à individu'. Le sens. de chambre d'hôte pour (CoIW\I a longtemps prevalu 10, mais une
inscription du milieu du I~r siècle ap. J .·C., en Palestine 11 (et peut-être un passage de Pollux,
IX, 50, où 7t<l'<'&xci'O\l et (~\I sont mis sur le même plan), semble parler du (~\I comme d'une
habitation complète - donc comparable à un 7t<lv3oni'o\l.
Pour être moins employé que 1t<lv30xei'o\l, le terme XllW:YWytO\l n'en a pas moins connu une
assez belle fortune en grec ancien Il; en définitive, c'est d'ailleurs lui que les archéologues et
architeclefl emploient le plus volontiers pour parler d'une auberge ou hôtellerie antique. Cette
faveur est sans doute due au fait que Thucydide nous a laissé une brève mais fort intéressante
description du kalagogion de Platées, qui sert aujourd'hui de rèférence pour toute interpréta-
tion de ruines susceptibles d'avoir èté une hôtellerie: t: ••• On édifia près du sanctuaire d'Héra
une hôtellerie carrée de deux cents pieds de côté; des chambres furent ménagées sur Lout le
pourtour du bâtiment, au rez-de-chaussée et au-dessusi (111,68).
Il n'existait pas, semble-t-il, une réelle diHérence de sens entre les mols 1t<l'<'&XCW\I et
Xll"l"«yWytO\l; c'est avec peine que L. Kraynak, dans sa synthèse consacrée aux hôtelleries
grecques, s'emploie il. en chercher. Néanmoins, les emplois connus de kalagogion, .Ie lieu où l'on
descend l, ne paraissent pas entachés du mépris qui entoure souvent le pandokeion, le lieu où
l'on reçoit tout l, c'est-à-dire n'importe qui. On se rappelle que dans Phèdre, 259 a, le katagogion
est simplement un abri ou un asile agréable, dans la verdure, près d'une fontaine, alors que
l'édifice de logement proprement dit est toujours désigné par Platon comme pandokeion (ainsi
dans les Lois), et n'a pas droit il sa considération. Dans Xénophon, Oec., 3, 12, X(l"l"lXywy~o\l n'a
aucune valeur péjorative, ni dans Thucydide. Au contraire, le mot 1tIX\l8oxc'i"o\l s'applique
souvent à un endroit mal fréquenté, en particulier dans le théâtre d'Aristophane, ou encore
dans Théophraste, Char., 6, 5. Mais la synonymie est artirmée dans AeHus Aristide, Sacred
Tales, 5, 2-5; dans la Souda: X(l1"<lYCiln . 1t<lP« 'Hp036"l"M 1t1Xv3oxci'o\l, et dans le wikon de
Photius: 1t<lv30xci'o.... Xll"l"lXyWytO\l. L'un comme l'autre peuvent être un établissement apparte·
na nt â une cité et surtout à un sanctuaire ", ils logent les bêtes, fournissent souvent matelas,

(8) Il est. impoaible de Buivre lIuG qui, dans Il RE, '.11. pandokûon, a!lllimile l'hesti.lorion des Kéieq et. les
.ulla Itnlialorio de Df:10lI à des pandaUia. Voir notre robrique l<rn.2....&pu>Y, 'upra.
(9) Voir Ph. GAUTHIHfl, Sgmbofa. Ln tlro"I"' d la ju.liœ dan. la Grh antique (19'n), p. 18sq.
(10) Teslimoni. d.ns KHAYNAK. o. c., p. 15-16, et p. 220-221. Ajouter Plalon, Ti., 20 c.
(II) SEG VIII, n· 170: le prUre Théodotm a construit la Iynagogue, le E""" et. des maiBOns.
(12) Voir les t.elt.imonia de KflAYNAK, O, c. Ils p~ominenL au v" siècle .... J.oC.
(13) Xénophon, Ote., 3, 12 (l(4~); DemOBlhene, 19, 158-9 ('11:....&.uio-.).
- 191-

lampes et nourriture, mais ce n'est pas toujours le cas, et certains voyageurs jugent prudent de
transporter avec eux tout le nécessaire dans les pandokeia 14. Ils ne doivent évidemment pas
s'attendre à une chambre individuelle, et la promiscuité devait être source de désagréments en
tout genre Il. Plus généralement, la mauvaise réputation de ces pandokeia, où se rencontrent
des voleurs et surtout des prostituées 18, est un lieu commun de la littérature grecque. Il est sür
qu'à partir du moment où les hôtelleries se sont développées en Grèce - c'est-à-dire, si l'on
considère les testimonia écrits, à partir du ve siècle av. J ,-C, - , elles devaient être davantage
utilisées par les hommes de condition inférieure, les t:genUemen. continuant à profiter du
système des relations individuelles. Toutefois personne, pas même Platon 17, ne pouvait nier la
nécessité de ces lieux d'hébergement, non seulement dans les sanctuaires, mais dans les villes,
prés des portes l8 , ou le long des routes désertes; c'est pourquoi les hôtelleries COnnurent une
grande extension dans l'Orient romain, avant de donner naissance aux khanis ou earavansé-
rail~ de J'époque turque u. Elles étaient également connues dans l'Égypte ptolémaïque, sous les
formes équivalentes XtlTil),U!J.tl, XllT&.ÀU(J~Ç et XllTtlÀufJo&.nO'l:lO.

Les données des fouilles.


Dans l'agglomération délienne, au moins un bâtiment peut à bon droit être interprété
comme une hôtellerie. Et le fait qu'il soit situé hors du sanctuaire n'est pas en contradiction
avec une éventuelle appartenance il Apollon. La grande résidence GD 113, située au Sud du
théâtre, est faite d'au moins quarante-cinq chambres (mais la fouille des faces Sud et Est n'a
pas été terminéeS!), réparties sur deux niveaux, Est et Ouest, réunis par un escalier, Le niveau
supérieur, il l'Est, forme galerie sur les quatre côtés d'une grande cour, percée de la plus
profonde citerne découverte à Délos (capacité: env. 280 mS), cependant que le niveau inférieur,
pourvu de deux puits, a des pièces ouvertes sur la rue, suivant le système délien des boutiques.
L'établissement, décoré de luxueux reliefs en stuc, possède en outre de grandes latrines (salle
39) et peut-être des bains (salle 6). Il a été compris comme une hôtellerie dés la fouille du
Quartier du théâ